Sauvegarde et Réplication avec PostgreSQL
Sauvegarde et Réplication avec PostgreSQL
DBA3 · Administration
État : Le manuel complet est importé en français : 408 pages, révision 26.09, 11 chapitres navigables, 28 illustrations locales, 6 TP et 6 chapitres de solutions.
Présentation
Synthèse de la fiche : Cette formation donne les clés pour définir une politique de sauvegarde, sauvegarder et restaurer les données, utiliser les outils PITR, mettre en place des serveurs de secours, répliquer physiquement et logiquement, maîtriser les bascules et reconstruire une instance.
Informations clés
| Rubrique | Détails |
|---|---|
| Durée | 3 jours (21 heures) en présentiel, ou 5 matinées (17,5 heures) à distance. |
| Tarifs | Inter-entreprises : 2250 € HT par stagiaire Intra-entreprise : 9250 € HT pour 8 stagiaires maximum |
| Source | Page de formation Dalibo |
Objectifs
- Sauvegarder et restaurer ses données
- Utiliser les outils de gestion de sauvegarde PITR
- Mettre en place un ou plusieurs serveurs de secours
- Répliquer physiquement et logiquement les données PostgreSQL
- Maîtriser les procédures de failover
- Reconstruire une instance
Public concerné
Ce programme s’adresse aux utilisateurs·rices confirmé·es et aux administrateurs·rices de bases de données (DBA) ayant déjà une bonne connaissance de PostgreSQL ou d’un autre SGBD.
Prérequis
Pour toute demande d’inscription, un test QCM sera envoyé par email avant la formation afin de vérifier les prérequis suivants :
- Notions de base en langage SQL
- Bonne connaissance de PostgreSQL
La formation Dalibo DBA2 (Administration PostgreSQL avancée) est conseillée.
Thèmes abordés
- Point-In-Time Recovery
- Sauvegarde et restauration
- Outils : Pitrery, pgBackRest, Barman
- Hot Standby : installation et paramétrage
- Bascules : failover et failback
- Réplication logique
Documents Markdown
Ces deux pages reprennent le contenu des petits PDF dans le format de lecture OINK ; la mise en page de formulaire est adaptée au Markdown.
Documents locaux
Sources originales
- Page de formation
- Répertoire public du manuel
- HTML original
- PDF complet
- EPUB original
- PDF sans TP
- EPUB original
- Fiche descriptive PDF originale
- Questionnaire original
- Informations pratiques
- Licence CC BY-NC-SA 2.0 France
Différence entre le manuel complet et la version sans TP
Le PDF complet compte 408 pages ; le fichier no-tp compte 340 pages, soit 68 pages de moins.
| Élément | Manuel complet | Version no-tp |
|---|---|---|
| Révision PDF | 26.09 | 26.09 |
| Blocs de travaux pratiques | 6 | 6 |
| Chapitres de solutions | 6 | 0 |
Dans cette collection, le nom no-tp ne signifie généralement pas « aucun TP » : les énoncés des travaux pratiques restent présents, tandis que les chapitres de solutions sont retirés. Les pages et certains numéros de section sont ensuite recomposés.
- Le manuel complet convient à une formation en salle, aux ateliers pratiques et à la correction autonome des exercices.
- La version
no-tpconvient à une lecture plus courte lorsque les corrigés ne sont pas nécessaires. - Les deux fichiers suivent la même trame pédagogique générale ; la version courte n’est pas une nouvelle formation.
Voir la comparaison détaillée des versions.
Manuel et chapitres
Les PDF complets sont conservés dans les documents locaux. Le texte intégral du manuel complet est maintenant publié dans 11 pages de chapitre, dans l’ordre original, avec les TP et les solutions conservés. Les figures disponibles dans le PDF ont été extraites dans static/images/dba3/manual/ et les références de chapitres utilisent des chemins OINK stables.
Suivi : l’importation du texte intégral est terminée. Les contrôles locaux Hugo/Oink et les vérifications Markdown/YAML sont effectués sur cette édition ; une relecture éditoriale fine des détails de mise en page PDF, des tableaux et des quelques sorties terminales reste recommandée.
Formations liées
Avant-propos, licence et versions couvertes
Avant-propos, licence et versions couvertes
Ce chapitre reprend les pages liminaires du manuel complet : informations d’édition, avertissement aux lecteurs, remerciements, forme du manuel, licence et versions couvertes.
| Champ | Valeur |
|---|---|
| Formation | DBA3 |
| Titre | PostgreSQL Sauvegardes et Réplication |
| Révision | 26.09 |
| Versions couvertes | PostgreSQL 14 à 18 |
| PDF complet | /downloads/dalibo/manuals/dba3-handout.pdf |
Sur ce document
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Formation | DBA3 |
| Révision | 26.09 |
| ISBN | N/A |
| https://dali.bo/dba3_pdf | |
| EPUB | https://dali.bo/dba3_epub |
| HTML | https://dali.bo/dba3_html |
| Slides | https://dali.bo/dba3_slides |
Vous trouverez en ligne les différentes versions complètes de ce document. Les solutions de TP ne figurent pas forcément dans la version imprimée, mais sont dans les versions numériques (PDF ou HTML).
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- Source 1 : mailto:formation@dalibo.com
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Forme de ce manuel
Les versions PDF, EPUB ou HTML de ce document sont structurées autour des slides de nos formations. Le texte suivant chaque slide contient le cours et de nombreux détails qui ne peuvent être donnés à l’oral.
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- Source 2 : http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/fr/legalcode
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Marques déposées
PostgreSQL® Postgres® et le logo Slonik sont des marques déposées 3 par PostgreSQL Community Association of Canada.
Versions de PostgreSQL couvertes
Ce document ne couvre que les versions supportées de PostgreSQL au moment de sa rédaction, soit les versions 14 à 18. Sur les versions précédentes susceptibles d’être encore rencontrées en production, seuls quelques points très importants sont évoqués, en plus éventuellement de quelques éléments historiques. Sauf précision contraire, le système d’exploitation utilisé est Linux.
1 PostgreSQL : Politique de sauvegarde
PostgreSQL : Politique de sauvegarde
Le texte qui suit est importé du PDF complet et conserve les exemples, les listes, les références et les éléments pédagogiques de la version 26.09.

1/ PostgreSQL : Politique de sauvegarde
Photo de l’incendie du datacenter OVHcloud à Strasbourg du 10 mars 2021 fournie gracieusement par l’ITBR67 1 . Cet incendie a provoqué de nombreux arrêts et pertes de données dans toute la France et ailleurs 2 .
- Source 1 : https://itbr67.fr/
- Source 2 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Incendie_du_centre_de_donn%C3%A9es_d%27OVHcloud_%C3%A0_Strasbourg
1.1 Introduction
- Le pire peut arriver
- Politique de sauvegarde
1.1.1 Au menu
- Objectifs
- Approche
- Points d’attention
1.2 Définir une politique de sauvegarde
- Pourquoi établir une politique?
- Que sauvegarder?
- À quelle fréquence sauvegarder les données ?
- Quels supports?
- Quels outils ?
- Vérifier la restauration des sauvegardes
Afin d’assurer la sécurité des données, il est nécessaire de faire des sauvegardes régulières. Ces sauvegardes vont servir, en cas de problème, à restaurer les bases de données dans un état le plus proche possible du moment où le problème est survenu. Cependant, le jour où une restauration sera nécessaire, il est possible que la personne qui a mis en place les sauvegardes ne soit pas présente. C’est pour cela qu’il est essentiel d’écrire et de maintenir un document qui indique la mise en place de la sauvegarde et qui détaille comment restaurer une sauvegarde. En effet, suivant les besoins, les outils pour sauvegarder, le contenu de la sauvegarde, sa fréquence ne seront pas les mêmes. Par exemple, il n’est pas toujours nécessaire de tout sauvegarder. Une base de données peut contenir des données de travail, temporaires et/ou faciles à reconstruire, stockées dans des tables standards. Il est également possible d’avoir une base dédiée pour stocker ce genre d’objets. Pour diminuer le temps de sauvegarde (et du coup de restauration), il est possible de sauvegarder partiellement son serveur pour ne conserver que les données importantes. La fréquence peut aussi varier. Un utilisateur peut disposer d’un serveur PostgreSQL pour un entrepôt de données, serveur qu’il n’alimente qu’une fois par semaine. Dans ce cas, il est inutile de sauvegarder tous les jours. Une sauvegarde après chaque alimentation (donc chaque semaine) est suffisante. En fait, il faut déterminer la fréquence de sauvegarde des données selon :
- le volume de données à sauvegarder et/ou restaurer;
- la criticité des données ;
- la quantité de données qu’il est « acceptable » de perdre en cas de problème. Le support de sauvegarde est lui aussi très important. Il est possible de sauvegarder les données sur un disque réseau (à travers SMB/CIFS ou NFS), sur des disques locaux dédiés, sur des bandes ou tout autre support adapté. Dans tous les cas, il est fortement déconseillé de stocker les sauvegardes sur les disques utilisés par la base de données. Ce document doit aussi indiquer comment effectuer la restauration. Si la sauvegarde est composée de plusieurs fichiers, l’ordre de restauration des fichiers peut être essentiel. De plus, savoir où se trouvent les sauvegardes permet de gagner un temps important, qui évitera une immobilisation trop longue. De même, vérifier la restauration des sauvegardes de façon régulière est une précaution très utile.
1.2.1 Objectifs
- Sécuriser les données
- Mettre à jour le moteur de données
- Dupliquer une base de données de production
- Archiver les données
L’objectif essentiel de la sauvegarde est la sécurisation des données. Autrement dit, l’utilisateur cherche à se protéger d’une panne matérielle ou d’une erreur humaine (un utilisateur qui supprimerait des données essentielles). La sauvegarde permet de restaurer les données perdues. Mais ce n’est pas le seul objectif d’une sauvegarde. Une sauvegarde peut aussi servir à dupliquer une base de données sur un serveur de développement, de test ou de préproduction. Elle permet aussi d’archiver des tables. Cela se voit par exemple dans le cadre des tables partitionnées, où l’archivage de la table la plus ancienne permet ensuite sa suppression de la base pour gagner en espace disque. Un autre cas d’utilisation de la sauvegarde est la mise à jour majeure de versions PostgreSQL. Il s’agit de la solution historique de mise à jour (export/import). Historique, mais pas obsolète.
1.2.2 Différentes approches
- Sauvegarde à chaud en SQL (ou logique)
- Sauvegarde physique des fichiers à froid
- Sauvegarde à chaud des fichiers + journaux
- niveau baie
- pg_basebackup
- Sauvegarde physique & PITR
À ces différents objectifs vont correspondre différentes approches de la sauvegarde. La sauvegarde logique permet de créer un fichier texte de commandes SQL ou un fichier binaire contenant le schéma et les données de la base de données, à chaud (sans arrêt de l’activité de la base). C’est une méthode très sûre, mais souvent trop longue. La sauvegarde au niveau système de fichiers permet de conserver une image cohérente de l’intégralité des répertoires de données. Pour garantir cette cohérence, elle n’est simplement possible qu’à froid (base arrêtée), ce qui est rarement possible de nos jours. La sauvegarde à chaud des fichiers est cependant possible avec quelques précautions, notamment l’archivage des journaux. PostgreSQL fournit un outil avec quelques limitations mais très simple pour cela : pg_basebackup .

Une autre alternative est le snapshot de baie (avec les mêmes précautions, ou avec des outils comme Veeam ou Commvault…), ce qui est très intéressant avec les grosses bases de données. Les méthodes précédentes ne donnent qu’une image à un moment donné de la base. Les sauvegardes PITR sont une évolution de la sauvegarde physique, où la restauration peut se faire à n’importe quel moment du passé. Suivant les prérequis et les limitations de chaque méthode, il est fort possible qu’une seule de ces solutions soit utilisable. Par exemple :
- si le serveur ne peut pas être arrêté, la sauvegarde à froid est exclue d’office;
- si la base de données est très volumineuse, la sauvegarde logique devient très longue ;
- si l’espace disque est limité et que l’instance génère beaucoup de journaux de transactions, la sauvegarde PITR sera difficile à mettre en place. Rien n’interdit d’utiliser plusieurs méthodes à la fois pour différents besoins.
1.2.3 RTO/RPO
La politique de sauvegarde découle du :
- RPO (Recovery Point Objective) : Perte de Données Maximale Admissible
- faible ou importante?
- RTO (Recovery Time Objective) : Durée Maximale d’Interruption Admissible
- courte ou longue ?
Le RPO et RTO sont deux concepts déterminants dans le choix des politiques de sauvegardes. La RPO (ou PDMA 3 ) est la perte de données maximale admissible, ou quantité de données que l’on peut tolérer de perdre lors d’un sinistre majeur, souvent exprimée en heures ou minutes. Pour un système mis à jour épisodiquement ou avec des données non critiques, ou facilement récupérables, le RPO peut être important (par exemple une journée). Peuvent alors s’envisager des solutions comme :
- les sauvegardes logiques (dump) ;
- Source 3 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Perte_de_donn%C3%A9es_maximale_admissible
- les sauvegardes des fichiers à froid. Dans beaucoup de cas, la perte de données admissible est très faible (heures, quelques minutes), voire nulle. Il faudra s’orienter vers des solutions de type :
- sauvegarde à chaud;
- sauvegarde d’instantané à un point donnée dans le temps (PITR) ;
- réplication asynchrone, voire synchrone. La RTO (ou DMIA 4 ) est la durée maximale d’interruption du service. Dans beaucoup de cas, les utilisateurs peuvent tolérer une indisponibilité de plusieurs heures, voire jours. La durée de reprise du service n’est alors pas critique, on peut utiliser des solutions simples comme :
- la restauration des fichiers;
- la restauration d’une sauvegarde logique (dump). Si elle est plus courte, le service doit très vite remonter. Cela nécessite des procédures avec un minimum d’acteurs et de manipulation :
- réplication;
- solutions HA (Haute Disponibilité). Plus le besoin en RTO/RPO sera court, plus les solutions seront complexes à mettre en œuvre - et chères. Inversement, pour des données non critiques, un RTO/RPO long permet d’utiliser des solutions simples et peu coûteuses.
1.2.4 Industrialisation
- Évaluer les coûts humains et matériels
- Intégrer les méthodes de sauvegardes avec le reste du SI
- sauvegarde sur bande centrale
- supervision
- plan de continuité et de reprise d’activité
Les moyens nécessaires pour la mise en place, le maintien et l’intégration de la sauvegarde dans le SI ont un coût financier qui apporte une contrainte supplémentaire sur la politique de sauvegarde. Du point de vue matériel, il faut disposer principalement d’un volume de stockage qui peut devenir conséquent. Cela dépend de la volumétrie à sauvegarder, il faut considérer les besoins suivants :
- Stocker plusieurs sauvegardes. Même avec une rétention d’une sauvegarde, il faut pouvoir stocker la suivante durant sa création : on ne doit purger les anciennes sauvegardes une fois qu’on est sûr que la sauvegarde s’est correctement déroulée.
- Source 4 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dur%C3%A9e_maximale_d%27interruption_admissible#RTO
- Avoir suffisamment de place pour restaurer sans avoir besoin de supprimer la base ou l’instance en production. Un tel espace de travail est également intéressant pour réaliser des restaurations partielles. Cet espace peut être mutualisé. On peut utiliser également le serveur de pré-production s’il dispose de la place suffisante.
Avec une rétention d’une sauvegarde unique, il est bon de prévoir 3 fois la taille de la base ou de l’instance. Pour une faible volumétrie, cela ne pose pas de problèmes, mais quand la volumétrie devient de l’ordre du téraoctet, les coûts augmentent significativement.
L’autre poste de coût est la mise en place de la sauvegarde. Une équipe de DBA peut tout à fait décider de créer ses propres scripts de sauvegarde et restauration, pour diverses raisons, notamment :
- maîtrise complète de la sauvegarde, maintien plus aisé du code;
- intégration avec les moyens de sauvegardes communs au SI (bandes, externalisation…);
- adaptation au PRA/PCA plus fine.
Enfin, le dernier poste de coût est la maintenance, à la fois des scripts et par le test régulier de la restauration.
1.2.5 Documentation
- Documenter les éléments clés de la politique :
- perte de données
- rétention
- durée de restauration
- Documenter les processus de sauvegarde et restauration
- Imposer des révisions régulières des procédures
Comme pour n’importe quelle procédure, il est impératif de documenter la politique de sauvegarde, les procédures de sauvegarde et de restauration ainsi que les scripts.
Au strict minimum, la documentation doit permettre à un DBA non familier de l’environnement de comprendre la sauvegarde, retrouver les fichiers et restaurer les données le cas échéant, le plus rapidement possible et sans laisser de doute. En effet, en cas d’avarie nécessitant une restauration, le service aux utilisateurs finaux est généralement coupé, ce qui génère un climat de pression propice aux erreurs qui ne fait qu’empirer la situation.
L’idéal est de réviser la documentation régulièrement en accompagnant ces révisions de tests de restauration : avoir un ordre de grandeur de la durée d’une restauration est primordial. On demandera toujours au DBA qui restaure une base ou une instance combien de temps cela va prendre.
1.2.6 Règles 3-2-1 et 3-2-1-1-0
- 3 exemplaires des données
- 2 sur différents médias
- 1 hors site
- 1 stockage immuable (hors ligne?)
- 0 sauvegarde non testée
- RAID & réplication ne sont pas des sauvegardes!
- Le cloud n’est pas une solution magique !
- perte de datacenters
- ransomwares
L’un des points les plus importants à prendre en compte est l’endroit où sont stockés les fichiers des sauvegardes. Laisser les sauvegardes sur la même machine n’est pas suffisant : si une défaillance matérielle se produit, les sauvegardes peuvent être perdues en même temps que l’instance sauvegardée, rendant ainsi la restauration impossible.
1.2.6.1 Règle 3-2-1
Il est conseillé de suivre au moins la règle 3-2-1 : 3 exemplaires des données sur 2 supports physiques différents au moins, dont 1 hors site. Les données elles-mêmes sont le premier exemplaire. Les deux copies doivent se trouver sur des supports physiques différents (et de préférence sur un autre serveur) pour parer à la destruction du support original (notamment une perte de disques durs). La première copie peut être à proximité pour faciliter une restauration.
Des disques en RAID ne sont pas une sauvegarde! Ils peuvent parer à la défaillance d’un disque, pas à une fausse manipulation ( rm -rf / ou TRUNCATE malheureux). La perte de la carte contrôleur peut entraîner la perte de toute la grappe. Un conseil courant est de choisir des disques de séries différentes pour éviter des défaillances simultanées.
Le troisième exemplaire doit se trouver à un autre endroit, pour parer aux scénarios les plus catastrophiques (cambriolage, incendie…). Selon la criticité, le délai nécessaire pour remonter rapidement un système fonctionnel, et le budget, ce troisième exemplaire peut être une copie manuelle sur un disque externe stocké dans un coffre, ou une infrastructure répliquée complète avec sa copie des sauvegardes à l’autre bout de la ville, voire du pays. Pour limiter la consommation d’espace disque des copies multiples, les durées de rétention peuvent différer. La dernière sauvegarde en date peut résider sur la machine, les cinq dernières sur un serveur distant, et une autre sur des bandes déposées dans un site sécurisé tous les mois.
1.2.6.2 Règle 3-2-1-1-0
La règle 3-2-1 a été déclinée au fil du temps en plusieurs variantes 5 . La plus connue, la variante 3-2-1-1-0, ajoute deux règles.
Une des copies doit être « immuable », c’est-à-dire non modifiable en cas d’attaque délibérée. C’est le cas de certains services « S3 Object Lock », non modifiables au moins durant un certain temps. C’est aussi le cas d’une sauvegarde air gapped, par exemple sur un disque dur stocké dans un coffre.
Plus important encore : aucune erreur de restauration n’apparaît dans les différentes copies. Cela suppose que vous avez bien vérifié que vous avez les procédures pour restaurer vos données et qu’elles sont complètes et cohérentes.
1.2.6.3 Dangers et pérennité
De la même manière qu’un RAID n’est pas une sauvegarde, un serveur répliqué n’est pas une sauvegarde. Certes, il permet de parer à certaines pannes, mais il réplique aussi les erreurs de manipulation ( DROP TABLE ).
Stocker vos données dans le cloud n’est pas une solution miracle : un datacenter peut brûler entièrement 6 . Il faut donc bien vérifier que votre hébergeur sauvegarde les données sur un autre site. Ce n’est pas forcément suffisant : en 2024, Google Cloud a effacé par erreur tout le cloud privé (deux zones) de l’assureur australien UniSuper 7 , qui n’a pu remonter son infrastructure que grâce à des sauvegardes hors de ce cloud.
Ne vous reposez pas sur votre fournisseur. N’hésitez pas à faire vous-même une copie de vos données, sur un autre site ou dans un deuxième cloud totalement indépendant.
Il ne faut pas non plus sous-estimer le risque d’une attaque (piratage, malveillance ou ransomware…), qui s’en prendra aussi à toute sauvegarde accessible en ligne. En 2023 l’hébergeur danois CloudNordic a perdu toutes les données de ses clients à cause d’un ransomware 8 .
Une copie physique hors ligne est donc chaudement recommandée pour les données les plus critiques.
- Source 5 : https://www.baculasystems.com/fr/blog-fr/regles-de-sauvegarde-321-vs-3211-vs-32110/
- Source 6 : https://dali.bo/20210310-ovh-incendie-strasbourg
- Source 7 : https://youtu.be/3GOAUyipnM4
- Source 8 : https://dcmag.fr/cloudnordic-le-datacenter-qui-a-perdu-toutes-les-donnees-de-ses-clients-lors-dune-attaque-parransomware/
1.2.7 Fichiers de configuration
- Sauvegarder les fichiers de configuration
- Et vos scripts
- paramétrage
- sauvegarde
- maintenance
La sauvegarde ne concerne pas uniquement les données. Il est également fortement conseillé de sauvegarder les fichiers de configuration du serveur et les scripts d’administration. Ces scripts sont notamment ceux de maintenance pour diverses opérations (techniques ou fonctionnelles), ou ceux de sauvegarde eux-même. Le paramétrage est parfois géré par l’outil d’industrialisation (Ansible, Docker Compose…), par un outil externe (Patroni…), ou versionné quelque part. L’idéal est copier les fichiers avec les sauvegardes. On peut parfois inclure ces scripts dans une sauvegarde au niveau système, vu que ce sont de simples fichiers. Les principaux fichiers de PostgreSQL à prendre en compte sont : postgresql.conf , postgresql.auto.conf , pg_hba.conf , pg_ident.conf . Ils sont parfois dans le PGDATA avec les données, parfois pas. Ils ont des clauses d’inclusion pour utiliser d’autres fichiers. Cette liste n’est en aucun cas exhaustive. Il s’agit donc de recenser l’ensemble des fichiers et scripts nécessaires si l’on désirait recréer le serveur depuis zéro. Il faut prévoir le pire des cas, où l’infrastructure a disparu aussi.
1.2.8 Tester la restauration
- De nombreuses catastrophes auraient pu être évitées avec un test
- Validation de la procédure
- Estimation de la durée
Même si les sauvegardes se déroulent correctement, il est indispensable de tester la restauration, et de vérifier qu’elle se déroule sans erreur. Une erreur de copie lors de l’externalisation peut, par exemple, rendre la sauvegarde inutilisable. Just that backup tapes are seen to move, or backup scripts are run for a lengthy period of time, should not be construed as verifying that data backups are properly being performed. Que l’on voit bouger les bandes de sauvegardes, ou que les scripts de sauvegarde fonctionnent pendant une longue période, ne doit pas être interprété comme une validation que les sauvegardes sont faites.
(NASA.gov, Lessons learned #1781, https://llis.nasa.gov/lesson/1781)
Le test de restauration permet de vérifier l’ensemble de la procédure :
ensemble des objets sauvegardés;
intégrité de la copie;
liste et ordre des commandes à passer pour une restauration complète. La rejouer régulièrement vous évitera de découvrir la procédure dans l’urgence, le stress, voire la panique, alors que vous serez harcelé par de nombreux utilisateurs ou clients bloqués. Ce stress peut vous faire faire des erreurs. Le test permet aussi de connaître la durée de restauration, une information toujours utile. Si elle est trop importante, il faudra peut-être revoir ou optimiser la méthode de sauvegarde. Pour se faire la main, restaurer régulièrement les bases de test ou de préproduction à partir des sauvegardes de la production est une bonne idée. Il est conseillé que développeurs et testeurs aient des données aussi proches que possible de la production à disposition. Nous rencontrons régulièrement en clientèle des scripts de sauvegarde qui ne fonctionnent pas, et jamais testés. Vous trouverez sur Internet de nombreuses histoires de catastrophes qui auraient été évitées par un simple test. Entre mille autres :
une base disparaît à l’arrêt et ses sauvegardes sont vides 9 : erreur de manipulation, script ne vérifiant pas qu’il a bien fait sa tâche, monitoring défaillant;
perte de 6 heures de données chez Gitlab en 2017 10 : procédures de sauvegarde et de réplication incomplètes, complexes et peu claires, outils mal choisis ou mal connus, sauvegardes vides et jamais testées, distraction d’un opérateur - Gitlab a le mérite d’avoir tout soigneusement documenté 11 . Voir aussi :
Sauvegarder c’est bien, restaurer c’est mieux (Blog Dalibo, 2024) 12
Source 9 : http://www.pgdba.org/post/restoring_data/#a-database-horror-story
Source 10 : https://about.gitlab.com/2017/02/01/gitlab-dot-com-database-incident/
Source 11 : https://about.gitlab.com/2017/02/10/postmortem-of-database-outage-of-january-31/
Source 12 : https://blog.dalibo.com/2024/03/29/world_backup_day_restauration.html
1.3 Conclusion
- Les techniques de sauvegarde de PostgreSQL sont :
- complémentaires
- automatisables
- La maîtrise de ces techniques est indispensable pour assurer un service fiable.
- Testez vos sauvegardes!
L’écosystème de PostgreSQL offre tout le nécessaire pour effectuer des sauvegardes fiables. Le plan de sauvegarde doit être fait sérieusement, et les sauvegardes testées. Cela a un coût, mais un désastre détruisant toutes vos données sera incommensurablement plus ruineux.
1.4 Quiz
2 Sauvegarde physique à chaud et PITR
Sauvegarde physique à chaud et PITR
Le module conserve les procédures de sauvegarde et de restauration, puis les deux sections de travaux pratiques et leurs solutions. Pour les mécanismes internes, voir aussi la politique générale de sauvegarde et le chapitre pg_basebackup.

2/ Sauvegarde physique à chaud et PITR
2.1 Introduction
- Sauvegarde traditionnelle
- sauvegarde pg_dump à chaud
- sauvegarde des fichiers à froid
- Insuffisant pour les grosses bases
- long à sauvegarder
- encore plus long à restaurer
- Perte de données potentiellement importante
- car impossible de réaliser fréquemment une sauvegarde
- Une solution : la sauvegarde PITR
La sauvegarde traditionnelle, qu’elle soit logique ou physique à froid, répond à beaucoup de besoins. Cependant, ce type de sauvegarde montre de plus en plus ses faiblesses pour les gros volumes : la sauvegarde est longue à réaliser et encore plus longue à restaurer. Et plus une sauvegarde met du temps, moins fréquemment on l’exécute. La fenêtre de perte de données devient plus importante. PostgreSQL propose une solution à ce problème avec la sauvegarde physique à chaud. On peut l’utiliser comme un simple mode de sauvegarde supplémentaire, mais elle permet bien d’autres possibilités, d’où le nom de PITR (Point In Time Recovery).
2.1.1 Au menu
- Rappel sur la journalisation
- Principe de la sauvegarde PITR
- Mise en place
- sauvegarde : manuelle, ou avec pg_basebackup
- archivage : manuel, ou avec pg_receivewal
- Restaurer une sauvegarde PITR
- Archivage & compression
- Des outils
Ce module fait le tour de la sauvegarde PITR, de la mise en place de l’archivage (manuelle ou avec l’outil pg_receivewal ) à la sauvegarde des fichiers (en manuel, ou avec l’outil pg_basebackup ). Il discute aussi de la restauration d’une telle sauvegarde. Nous évoquerons très rapidement quelques outils externes pour faciliter ces sauvegardes.

2.2 Rappel sur la journalisation
2.2.1 Journaux de transaction
- Write Ahead Logs (WAL)
- Chaque donnée est écrite 2 fois sur le disque !
- Avantages :
- sécurité infaillible (après COMMIT ), intégrité, durabilité
- écriture séquentielle rapide, et un seul sync sur le WAL
- fichiers de données écrits en asynchrone
- sauvegarde PITR et réplication fiables
Les journaux de transactions (appelés souvent WAL) sont une garantie contre les pertes de données. Il s’agit d’une technique standard de journalisation appliquée à toutes les transactions, pour garantir l’intégrité (la base reste cohérente quoiqu’il arrive) et la durabilité (ce qui est validé ne sera pas perdu). Ainsi lors d’une modification de donnée, l’écriture au niveau du disque se fait généralement en deux temps :
- écriture des modifications dans le journal de transactions, avec écriture forcée sur disque (« synchronisation ») lors d’un COMMIT ;
- écriture dans le fichier de données bien plus tard, lors d’un « checkpoint ».
Ainsi en cas de crash :
- PostgreSQL redémarre;
- il vérifie s’il reste des données non intégrées aux fichiers de données dans les journaux (mode recovery);
- si c’est le cas, ces données sont recopiées dans les fichiers de données afin de retrouver un état stable et cohérent;
- PostgreSQL peut alors s’ouvrir sans perte des transactions validées lors du crash (une transaction interrompue, et donc jamais validée, est perdue). Les écritures dans le journal se font de façon séquentielle, donc sans grand déplacement de la tête d’écriture (sur un disque dur classique, c’est l’opération la plus coûteuse). De plus, comme nous n’écrivons que dans un seul fichier de transactions, la synchronisation sur disque, lors d’un COMMIT , peut se faire sur ce seul fichier, si le système de fichiers le supporte. Concrètement, ces journaux sont des fichiers de 16 Mo par défaut, avec des noms comme 0000000100000026000000AF , dans le répertoire pg_wal/ de l’instance PostgreSQL (répertoire souvent sur une partition dédiée).
L’écriture définitive dans les fichiers de données est asynchrone, et généralement lissée, ce qui est meilleur pour les performances qu’une écriture immédiate. Cette opération est appelée « checkpoint » et périodique (5 minutes par défaut, ou plus). Divers paramètres et fonctionnalités peuvent altérer ce comportement par défaut, par exemple pour des raisons de performances. À côté de la sécurité et des performances, le mécanisme des journaux de transactions est aussi utilisé pour des fonctionnalités très intéressantes, comme le PITR et la réplication physique, basés sur le rejeu des informations stockées dans ces journaux. Pour plus d’informations :
PostgreSQL et ses journaux de transactions 1 , Guillaume Lelarge, GNU/Linux Magazine n°108 (septembre 2008), encore d’actualité pour l’essentiel.

2.3 PITR
- Point In Time Recovery
- À chaud
- En continu
- Cohérente
2.3.1 Sauvegarde physique
Image de la base au niveau des fichiers
Une sauvegarde PITR est d’abord une sauvegarde physique, c’est-à-dire une image au niveau des fichiers. Sont copiés (presque) tous les fichiers de toutes les bases :
- d’abord bien sûr les fichiers des tables, y compris leur fragmentation et leurs espaces vides ;

- les index complets;
- les vues matérialisées compilées;
- tous les tablespaces;
- les fichiers de configuration (selon le système) :
- tous les fichiers techniques (par exemple le contenu de pg_xact/ )… L’image physique fait donc la même taille que l’instance d’origine. Une telle sauvegarde peut se faire sans problème à froid, base arrêtée, avec un outil aussi simple cp . À chaud ce n’est pas aussi simple. (À l’inverse, une sauvegarde logique faite avec pg_dump ou pg_dumpall ne copie que les données, et uniquement les définitions des index ou des vues matérialisées. Les objets (bases, tables…) peuvent être sélectionnés finement. À la restauration, la fragmentation a disparu, mais les index et vues matérialisées doivent être reconstruites. Cette restauration peut être très lente.)
2.3.2 Principe du PITR
Archiver tous les journaux et le base backup
PITR est l’acronyme de Point In Time Recovery, autrement dit restauration à un point dans le temps. C’est une sauvegarde à chaud et surtout en continu. Là où une sauvegarde logique du type pg_dump se fait au mieux une fois toutes les 24 h, la sauvegarde PITR se fait en continu grâce à l’archivage des journaux de transactions. De ce fait, ce type de sauvegarde diminue très fortement la fenêtre de perte de données. Bien qu’elle se fasse à chaud, la sauvegarde est cohérente. Les données à écrire dans les fichiers de données sont d’abord écrites dans un journal de transactions, que la transaction soit validée ou non. Les états des transaction y figurent aussi, ainsi que les résultats des opérations de maintenance et d’administration ( VACUUM , ANALYZE , gestion des rôles…). Les journaux de transactions contiennent donc toutes les modifications survenant sur les fichiers de données, pour les objets utilisateurs comme pour les objets systèmes. Pour reconstruire un système, il suffit donc d’avoir ces journaux et d’avoir un état des fichiers du répertoire des données à un instant t (base backup). Toutes les actions effectuées après cet instant t pourront être rejouées en demandant à PostgreSQL d’appliquer les actions contenues dans les journaux. Les opérations stockées dans les journaux correspondent à des modifications physiques de fichiers, il faut donc partir d’une sauvegarde au niveau du système de fichier, un export avec pg_dump n’est pas utilisable. Il est donc nécessaire de conserver ces journaux de transactions. Or PostgreSQL les recycle dès qu’il n’en a plus besoin. La solution est de demander au moteur de les archiver ailleurs avant ce recyclage. On doit aussi disposer de l’ensemble des fichiers qui composent le répertoire des données, y compris les tablespaces si ces derniers sont utilisés. La restauration a besoin des journaux de transactions archivés. Il n’est pas possible de restaurer avec la seule sauvegarde des fichiers de la base (et encore moins de revenir à un point donné).
Pour être cohérente, une sauvegarde a toujours besoin d’être complétée par les journaux émis pendant qu’elle copiait les fichiers.
Une fois la sauvegarde des fichiers restaurée, et la configuration réalisée pour rejouer les journaux archivés, il sera possible de retrouver une instance cohérente.
2.3.3 Restauration PITR
- Les journaux de transactions contiennent toutes les modifications
- Il faut les archiver
- …et avoir une image des fichiers à un instant t (base backup)
- La restauration se fait en restaurant cette image
- puis en rejouant les journaux
- dans l’ordre
- sans trou
- entièrement
- au moins jusqu’au point de cohérence
- toute l’activité de la base
- tous… ou jusqu’au moment voulu
Comme les journaux redéroulent toute l’activité depuis le début de la sauvegarde PITR, ils doivent impérativement être rejoués dans l’ordre de leur écriture (et donc de leur nom), et leur contenu entier est appliqué.
Tout ce qui a pu modifier les fichiers de données a été écrit dans les journaux, et est donc reproduit pendant le rejeu. Par exemple, si pendant la vie de la base une table a été créée, remplie puis supprimée, le rejeu des journaux reproduira exactement les modifications des fichiers de la base. De même pour les opérations de maintenance liées aux VACUUM , réindexations, analyses de statistiques, etc.
Une fois rejoués les journaux générés pendant la sauvegarde, la base atteint le « point de cohérence » : elle est utilisable. On peut ensuite continuer à rejouer tout ou partie des journaux générés par la suite. Ces journaux peuvent être très nombreux et représenter des jours d’activité de l’instance PostgreSQL. Le rejeu sera bien sûr beaucoup plus rapide. Le rejeu s’arrête quand :
- les journaux à rejouer sont épuisés : on est revenu à l’état final de la base juste avant la restauration;
- ou bien si le DBA a demandé à s’arrêter à un moment précis, par exemple avant une fausse manipulation.
Répétons qu’il est critique de ne perdre aucun journal. S’il en manque un, ou s’il est inutilisable, la restauration n’ira pas plus loin, les journaux suivants ne seront pas rejoués. La base sera cohérente et utilisable uniquement si l’on a pu réappliquer au moins les journaux générés pendant la sauvegarde (point de cohérence).
2.3.4 Avantages du PITR
- Sauvegarde à chaud
- Choix du moment d’arrêt du rejeu
- Moins de perte de données
- Grandes bases : plus réaliste que pg_dump
Tout le travail est réalisé à chaud, que ce soit l’archivage des journaux ou la sauvegarde des fichiers de la base. En effet, il importe peu que les fichiers de données soient modifiés pendant la sauvegarde, car les journaux de transactions archivés permettront de corriger toute incohérence par leur application. Le rejeu des journaux permet de choisir précisément le moment où s’arrêter. Le DBA peut décider de rejouer :
- tous les journaux, par exemple pour revenir à l’état de la base avant une panne du disque ;
- jusqu’avant une fausse manipulation (un DROP TABLE malencontreux par exemple), en précisant l’heure ou la transaction précise;
- jusqu’à un point de sauvegarde, par exemple avant un batch de nuit qui a échoué ;
- jusqu’au point de cohérence seulement, par exemple pour créer une base de données de test à partir de la sauvegarde de la production.
Autre avantage majeur, la sauvegarde PITR est le système de sauvegarde qui occasionne le moins de perte de données (RPO). Avec l’archivage continu des journaux de transactions, la fenêtre de perte de données est très fortement réduite. Plus l’activité est intense, plus la fenêtre de temps est petite, car les fichiers des journaux sont de taille fixe, et ils ne sont archivés que complets. (On peut forcer l’archivage à intervalles réguliers pour réduire encore les pertes en période calme.)
Une perte nulle (RPO) ne se réalise qu’avec une autre instance secondaire utilisant la réplication synchrone, ou éventuellement avec l’outil pg_receivewal .
À l’inverse, une sauvegarde logique avec pg_dump entraîne une perte de données bien plus importante, car elle est généralement quotidienne. Si pg_dump est lancé à 3 h et que le souci imposant la restauration a lieu à 12 h, on perd 9 heures de données. Pour les grandes bases de données (centaines de gigaoctets ou plus), une sauvegarde logique est difficilement envisageable, et une restauration est interminable. Une sauvegarde PITR est généralement plus rapide à faire et à restaurer.
2.3.5 Inconvénients du PITR
- Sauvegarde/restauration de l’instance complète
- Impossible de changer d’architecture (même OS conseillé)
- Nécessite un grand espace de stockage (données + journaux)
- Interdiction de perdre un journal
- Risque d’accumulation des journaux
- dans pg_wal/ si échec d’archivage… et arrêt si plein !
- dans le dépôt d’archivage si échec des sauvegardes
- Plus complexe
Le premier inconvénient vient directement du fait qu’on copie les fichiers : la sauvegarde et la restauration concernent l’instance complète. Il est impossible de ne restaurer qu’une seule base ou que quelques tables. La restauration se fait impérativement sur la même architecture (x86/ARM, 32/64 bits, little/big endian). Il est même fortement conseillé de restaurer dans la même version du même système d’exploitation, sous peine de devoir réindexer l’instance ensuite (à cause d’une différence de définition des locales entre deux versions majeures d’une distribution). De plus, une sauvegarde PITR nécessite un plus grand espace de stockage. Non seulement il faut sauvegarder les fichiers, y compris les index et la fragmentation, mais aussi tous les journaux de transactions sur une certaine période, ce qui peut être volumineux (en tout cas beaucoup plus que des pg_dump ). La volumétrie des journaux dépend fortement de l’activité.
En cas de problème dans l’archivage et selon la méthode choisie, l’instance ne voudra pas effacer les journaux non archivés. Il y a donc un risque d’accumulation de ceux-ci. Il faudra donc surveiller la taille du pg_wal . En cas de saturation, PostgreSQL s’arrête! Si un journal est perdu ou corrompu, la restauration ne pourra jamais aller au-delà de ce journal. Le risque augmente avec le nombre de journaux conservés.
Pour réduire le risque de perte d’un journal, et aussi pour accélérer le temps de rejeu, il est conseillé de procéder à des base backups (complet, différentiels… selon l’outil) assez fréquemment.
Enfin, la sauvegarde PITR est plus complexe à mettre en place qu’une sauvegarde pg_dump . Elle nécessite plus d’étapes, une réflexion sur l’architecture à mettre en œuvre et une meilleure compréhension des mécanismes internes à PostgreSQL pour en avoir la maîtrise.
2.4 Copie physique à chaud ponctuelle avec pg_basebackup
(Non PITR)
2.4.1 Introduction à pg_basebackup
- Simple & efficace
- Fourni avec PostgreSQL
- Réalise les 2 étapes d’une sauvegarde
- « base backup »
- journaux nécessaires (mais pas plus)
- fichiers ou archives
- Pas de reprise si échec
- Pas de PITR
- peut servir de base
- Configuration : streaming (rôle, droits, slots)
- Restauration : décompresser/copier la sauvegarde
2.4.1.1 Introduction
pg_basebackup est un produit qui a beaucoup évolué dans les dernières versions de PostgreSQL. Ce qui suit est une présentation très succinte.
pg_basebackup est simple à mettre en place et à utiliser, et permet d’éviter de nombreuses étapes que nous verrons par la suite. De plus, il est livré avec PostgreSQL, et le paramétrage par défaut le rend immédiatement utilisable.
Il permet de sauvegarder toute l’instance, à distance, via deux connexions de réplication :
- une pour les données ;
- une pour les journaux de transactions qui sont générés pendant la copie.
Au final, la sauvegarde comprend les fichiers et les journaux nécessaires. Elle peut être compressée.
2.4.1.2 Limitations
pg_basebackup convient pour une copie complète unique. Sa sauvegarde incrémentale est peu adaptée à l’utilisation par un DBA. Il ne sait pas réutiliser une sauvegarde interrompue. pg_basebackup ne permet pas de continuer à archiver les journaux. Il utilise le protocole de réplication pour récupérer les journaux de transactions nécessaires à une sauvegarde, et uniquement eux, et pas les suivants. Il n’est donc pas capable de gérer le PITR. Il ne parallélise pas ses opérations de copie.
2.4.1.3 Utilisations
pg_basebackup convient parfaitement pour une copie ponctuelle, à chaud, d’une base pas trop énorme. C’est parfois suffisant. Il peut aussi servir de base à un outil ou un script pour la copie des fichiers de l’instance, qui est la partie la plus pénible à scripter. La partie archivage est plus simple. Barman, notamment, utilise pg_basebackup.
2.4.1.4 Mise en place
Configuration : pg_basebackup nécessite des connexions de réplication. De plus, par défaut et de manière transparente, il utilise aussi un slot de réplication temporaire, une technique qui fiabilise la sauvegarde ou la réplication en indiquant à l’instance quels journaux elle doit conserver. Avec la configuration de PostgreSQL par défaut, tout est en place :
Ensuite, il faut configurer le fichier pg_hba.conf pour accepter la connexion du serveur où est exécuté pg_basebackup. Dans la configuration par défaut, il y a en général cette ligne qui permet au moins de faire une copie en local avec l’utilisateur système postgres :
(noter la base replication). Il vaut mieux un utilisateur dédié à la connexion de réplication (au sens de la base de données) séparé, nommé ici sauve. Il faut donc ajouter cette ligne :
Il faut créer cet utilisateur dédié :
Dans un but d’automatisation, le mot de passe finira souvent dans un fichier .pgpass ou équivalent.
2.4.1.5 Exemple de sauvegarde
La commande suivante :
- lance pg_basebackup , ici en lui demandant une archive au format tar ;
- archive les journaux en utilisant une connexion de réplication par streaming;
- force le checkpoint pour gagner quelques minutes;
- implicitement, utilise un slot de réplication temporaire pour sécuriser l’opération.
644320/644320 kB (100%), 1/1 tablespace
Le résultat est ici un ensemble des deux archives :
total 4163772 -rw——- 1 postgres postgres 659785216 Oct 9 11:37 base.tar -rw——- 1 postgres postgres 16780288 Oct 9 11:37 pg_wal.tar
D’autres archives peuvent apparaître s’il y a des tablespaces supplémentaires. Une sauvegarde avec –format=plain donne une image complète, non compressée, du PGDATA, répertoire pg_wal compris (par défaut). C’est l’idéal pour obtenir un clone du répertoire de données.
Noter que les fichiers de configuration ne sont PAS inclus s’ils ne sont pas dans le PGDATA. Attention donc sur Debian, Ubuntu et leurs versions dérivées.
2.4.1.6 Restauration
pg_basebackup n’a pas d’options de restauration. La copie des données est suffisante, éventuellement après décompression, et doit être placée manuellement à la place du PGDATA à (re)créer. Au démarrage, l’instance repère qu’elle est une sauvegarde restaurée et réapplique les journaux (ou va les chercher si elle est configurée ainsi). L’instance restaurée contient au final les données telles qu’elles étaient à la fin du pg_basebackup et est donc utilisable. La récupération d’autres journaux relève ensuite de la configuration de PostgreSQL. L’outil est développé plus en détail dans notre module BK50 2 .
- Source 2 : https://dali.bo/bk50_html
2.5 Archivage des journaux & archiver
2.5.1 Rappel des étapes d’une sauvegarde PITR
- D’abord :
- archivage des journaux de transactions
- Puis : sauvegarde des fichiers
- pg_basebackup
- ou manuellement (outils de copie classiques)
Une sauvegarde PITR demande peu d’étapes. La première chose à faire est de mettre en place l’archivage des journaux de transactions. Généralement on utilisera l’archivage classique avec le paramètre archive_command, mais il existe une alternative nommée pg_receivewal.
Lorsque cette étape est réalisée (et fonctionnelle), il est possible de passer à la seconde : la sauvegarde des fichiers. Là aussi, il y a différentes possibilités :
- manuellement (c’est une copie de fichiers);
- pg_basebackup;
- son propre script;
- un outil extérieur.
2.5.2 Méthodes d’archivage
Deux méthodes :
- Généralement :
- processus interne archiver
- Alternative :
- pg_receivewal (flux de réplication)
La méthode historique, et la plus utilisée toujours, utilise le processus archiver . Ce processus fonctionne sur l’instance sauvegardée et fait partie des processus du serveur PostgreSQL. Seule sa (bonne) configuration incombe au DBA, notamment le paramètre archive_command .
Une autre méthode existe : pg_receivewal . Cet outil livré aussi avec PostgreSQL se comporte comme un serveur secondaire, tournant sur un autre serveur. Il reconstitue les journaux de transactions à partir du flux de réplication. Elle est plus rarement utilisée (l’outil barman par exemple l’utilise), car les bases critiques ont déjà un serveur en réplication, en général. Chaque solution a ses avantages et inconvénients.
2.5.3 Choix du répertoire d’archivage
- À faire quelle que soit la méthode d’archivage
- Attention aux droits d’écriture dans le répertoire
- la commande configurée pour la copie doit pouvoir écrire dedans
- et potentiellement y lire
Dans le cas de l’archivage historique, le serveur PostgreSQL va exécuter une commande, dont le rôle sera de copier les journaux à l’extérieur de son répertoire de travail :
- sur un disque différent du même serveur (à éviter);
- sur un disque d’un autre serveur (montage réseau, transfert par SSH, bucket S3…) ;
- sur des bandes… L’exemple pris ici utilise le répertoire /mnt/nfs1/archivage comme répertoire de copie. Ce répertoire est en fait un montage NFS. Il faut donc commencer par créer ce répertoire et s’assurer que l’utilisateur système postgres peut écrire dedans :
Dans le cas de l’archivage avec pg_receivewal , c’est cet outil qui va écrire les journaux dans un répertoire de travail. Cette écriture ne peut se faire qu’en local. Cependant, le répertoire peut se trouver dans un montage réseau (NFS…).
2.5.4 Processus archiver : configuration (1/4)
Préalables :
- Dans postgresql.conf :
- wal_level = replica
- archive_mode = on (ou always )
Après avoir créé le répertoire d’archivage, il faut configurer PostgreSQL pour lui indiquer comment archiver. Niveau d’archivage : La valeur par défaut de wal_level est adéquate :
Ce paramètre indique le niveau des informations écrites dans les journaux de transactions. Avec un niveau minimal , les journaux ne servent qu’à garantir la cohérence des fichiers de données en cas de crash. Dans le cas d’un archivage, il faut écrire plus d’informations, d’où la nécessité du niveau
replica (qui est celui par défaut). Le niveau logical , nécessaire à la réplication logique 3 , convient également. Mode d’archivage : Il s’active ainsi sur une instance seule ou primaire :
(La valeur always permet d’archiver depuis un secondaire. Avec on , l’instance n’archive les journaux que si elle est primaire.) Le changement nécessite un redémarrage.
2.5.5 Processus archiver : configuration (2/4)
La commande d’archivage :
- Dans postgresql.conf :
- archive_command = ‘… une commande …’
- ou : archive_library = ‘… une bibliothèque …’ (v15+)
2.5.5.1 Archive_command
Enfin, une commande d’archivage doit être définie par le paramètre archive_command . archive_command sert à archiver un seul fichier à chaque appel. PostgreSQL l’appelle une fois pour chaque fichier WAL, impérativement dans l’ordre des fichiers. En cas d’échec, elle est répétée indéfiniment jusqu’à réussite, avant de passer à l’archivage du fichier suivant.
2.5.5.2 Archive_library
Signalons pour mémoire, qu’il existe une alternative : le paramètre archive_library . Il indique une bibliothèque partagée qui fait ce travail d’archivage. Sur le papier, une bibliothèque en C est plus puissante et performante. PostgreSQL fournit une librairie basic_archive 4 , qui tient plus de la démonstration. Notre blog présente un autre exemple fonctionnel 5 avec une extension en C, capable de compresser les journaux de transactions. Cependant, à notre connaissance (à l’été 2026), aucun outil courant n’utilise encore cette fonctionnalité, qui est sans doute plutôt utilisée par des opérateurs cloud. En production, on ne voit guère qu’ archive_command .
- Source 3 : https://dali.bo/w5_html
- Source 4 : https://docs.postgresql.fr/current/basic-archive.html
- Source 5 : https://blog.dalibo.com/2023/07/28/hackingpg2.html
L’utilisation simultanée de archive_command et archive_library est interdite depuis PostgreSQL 16.
2.5.6 Processus archiver : configuration (3/4)
- Exemples d’ archive_command :
- Ne pas oublier de forcer l’écriture de l’archive sur disque
- Code retour de l’archivage entre 0 (ok) et 125
PostgreSQL laisse le soin à l’administrateur de définir la méthode d’archivage des journaux de transactions suivant son contexte. Si vous utilisez un outil de sauvegarde, la commande vous sera probablement fournie. Une simple commande de copie suffit dans la plupart des cas. La directive archive_command peut alors être positionnée comme suit :
Le joker %p est remplacé par le chemin complet vers le journal de transactions à archiver, par exemple pg_wal/00000001000000A900000065 . Le joker %f correspond au nom du journal de transactions une fois archivé, par exemple 00000001000000A900000065 . La commande réellement exécutée ressemblera donc à ceci :
En toute rigueur, une copie du fichier ne suffit pas. Par exemple, dans le cas de la commande cp , le nouveau fichier n’est pas immédiatement écrit sur disque. La copie est effectuée dans le cache disque du système d’exploitation. En cas de crash juste après la copie, il est tout à fait possible de perdre l’archive. Il est donc essentiel d’ajouter une étape de synchronisation du cache sur disque (ordre sync ). La commande d’archivage suivante est donnée dans la documentation officielle à titre d’exemple :
Cette commande a deux inconvénients. Elle ne garantit pas que les données seront synchronisées sur disque. Et si le fichier existe ou a été copié partiellement à cause d’une erreur précédente, la copie ne s’effectuera pas.
Cette protection est une bonne chose. Cependant, il faut être vigilant lorsque l’on rétablit le fonctionnement de l’archiver suite à un incident ayant provoqué des écritures partielles dans le répertoire d’archive, comme une saturation de l’espace disque.
Il est aussi possible de placer dans archive_command le nom d’un script bash, perl ou autre. L’intérêt est de pouvoir faire plus qu’une simple copie. On peut y ajouter la demande de synchronisation du cache sur disque, ou de la gestion d’erreur plus complexe. Il peut aussi être intéressant de tracer l’action de l’archivage, ou de compresser le journal avant archivage.
Dans vos commandes et scripts, il faut s’assurer d’une chose : la commande d’archivage doit retourner 0 en cas de réussite et surtout une valeur différente de 0 en cas d’échec. Si le code retour de la commande est compris entre 1 et 125, PostgreSQL va tenter périodiquement d’archiver le fichier jusqu’à ce que la commande réussisse (autrement dit, renvoie 0). Tant qu’un fichier journal n’est pas considéré comme archivé avec succès, PostgreSQL ne le supprimera ou recyclera pas! Il ne cherchera pas non plus à archiver les fichiers suivants.
De plus si le code retour de la commande est supérieur à 125, le processus archiver redémarrera, et l’erreur ne sera pas comptabilisée dans la vue pg_stat_archiver ! Ce cas de figure inclut les erreurs de type command not found associées aux codes retours 126 et 127, ou le cas de rsync , qui renvoie un code retour 255 en cas d’erreur de syntaxe ou de configuration du ssh.
Il est donc important de surveiller le processus d’archivage et de faire remonter les problèmes à un opérateur. Les causes d’échec sont nombreuses : problème réseau, montage inaccessible, erreur de paramétrage de l’outil, droits insuffisants ou expirés, génération de journaux trop rapide…
À titre d’exemple encore, les commandes fournies par pgBackRest ou barman ressemblent à ceci :
Enfin, le paramétrage suivant archive « dans le vide ». Cette astuce est utilisée lors de certains dépannages, ou pour éviter le redémarrage que nécessiterait la désactivation de archive_mode .
2.5.7 Processus archiver : configuration (4/4)
- Dans postgresql.conf (suite) :
- période maximale entre deux archivages
- archive_timeout = ‘… min’
Si l’activité en écriture est très réduite en volume, il peut se passer des heures entre deux archivages de journaux. Il est alors conseillé de forcer un archivage périodique, même si le journal n’a pas été rempli complètement, en indiquant un délai maximum entre deux archivages :
(La valeur par défaut, 0, désactive ce comportement.) Ainsi, la perte de données maximale sera de cette durée. Comme la taille d’un fichier journal, même incomplet, reste fixe (16 Mo par défaut), la consommation en terme d’espace disque sera plus importante (la compression par l’outil d’archivage peut compenser cela), et le temps de restauration plus long.
2.5.8 Processus archiver : lancement
- Redémarrage de PostgreSQL
- si modification de wal_level et/ou archive_mode
- ou rechargement de la configuration
Il ne reste plus qu’à indiquer à PostgreSQL de recharger sa configuration pour que l’archivage soit en place (avec SELECT pg_reload_conf(); ou la commande reload adaptée au système). Dans le cas où il a fallu définir wal_level = replica ou archive_mode = on , il faudra relancer PostgreSQL.
2.5.9 Processus archiver : supervision
- Vue pg_stat_archiver
- pg_wal/archive_status/
- fichiers .ready et .done
- Archivage dans l’ordre des fichiers
- Taille de pg_wal
- si saturation : Arrêt!
- Traces
PostgreSQL archive les journaux impérativement dans l’ordre où ils ont été générés.
S’il y a un problème d’archivage d’un journal, les suivants ne seront pas archivés non plus, et vont s’accumuler dans pg_wal ! De plus, une saturation de la partition portant pg_wal mènera à l’arrêt de l’instance PostgreSQL!
La supervision se fait de quatre manières complémentaires. Taille : Si le répertoire pg_wal commence à grossir fortement, c’est que PostgreSQL n’arrive plus à recycler ses journaux de transactions : c’est un indicateur d’une commande d’archivage n’arrivant pas à faire son travail pour une raison ou une autre. Ce peut être temporaire si l’archivage est juste lent. Les causes classiques sont un réseau saturé, une compression des journaux trop lente, ou des écritures trop intenses. Si l’archivage est complètement bloqué (à cause d’un disque saturé par exemple), ce répertoire grossira indéfiniment. Vue pg_stat_archiver : La vue système pg_stat_archiver indique les derniers journaux archivés et les dernières erreurs. Dans l’exemple suivant, il y a eu un problème pendant quelques secondes, d’où 6 échecs, avant que l’archivage reprenne :
Comme dit plus haut, pour que cette supervision soit fiable, la commande exécutée doit renvoyer un code retour inférieur ou égal à 125. Dans le cas contraire, le processus archiver redémarre et l’erreur n’apparaît pas dans la vue!
L’ordre SELECT pg_switch_wal() force un changement de journal, et donc l’archivage du journal en cours, à condition qu’il y ait eu une activité minimale. Cette commande est pratique pour tester.
Traces : On trouvera la sortie et surtout les messages d’erreurs du script d’archivage dans les traces (qui dépendent bien sûr du script utilisé) : 2020-01-17 18:24:18.427 UTC [15431] LOG: archive command failed with exit code 3 2020-01-17 18:24:18.427 UTC [15431] DETAIL: The failed archive command was:
[Receiver=3.1.2] 2020-01-17 18:24:19.456 UTC [15431] LOG: archive command failed with exit code 3 2020-01-17 18:24:19.456 UTC [15431] DETAIL: The failed archive command was:
[Receiver=3.1.2] 2020-01-17 18:24:20.463 UTC [15431] LOG: archive command failed with exit code 3
C’est donc le premier endroit à regarder en cas de souci ou lors de la mise en place de l’archivage. pg_wal/archive_status : Enfin, on peut monitorer les fichiers présents dans pg_wal/archive_status . Les fichiers .ready , de taille nulle, indiquent en permanence quels sont les journaux prêts à être archivés. Théoriquement, leur nombre doit donc rester faible et retomber rapidement à 0 ou 1. Le service ready_archives de la sonde Nagios check_pgactivity 6 se base sur ce répertoire.
- Source 6 : https://github.com/OPMDG/check_pgactivity
2.6 Archivage avec pg_receivewal
2.6.1 Pg_receivewal : principe
- Alternative à archive_command
- Copie les journaux via le protocole de réplication
- au fil de l’eau
- Slot de réplication obligatoire
- Synchrone possible
- Pour RPO à 0 sans secondaire
pg_receivewal est une alternative à l’ archiver . L’outil se fait passer pour un serveur secondaire utilisant la réplication en flux (streaming replication). Il reçoit en continu les journaux de transactions, et les reconstitue en local. Il fonctionne habituellement sur un autre serveur, où seront archivés les journaux. Pour ne perdre aucune transaction, on peut utiliser une réplication synchrone (paramètres
latence des transactions. Il est fortement conseillé d’ajouter un slot de réplication pour ne perdre aucun journal. Penser au paramétrage associé pour éviter que l’arrêt de pg_receivewal n’entraîne une dangereuse accumulation des journaux sur le primaire. pg_receivewal est assez peu utilisé. De fait, une base assez importante pour avoir besoin d’un RPO à zéro a en général aussi un secondaire synchrone. Il est un composant de l’outil de sauvegarde PITR barman. Les auteurs de pgBackRest préfèrent garder l’ archive_command car ils peuvent ainsi mieux paralléliser des débits élevés, et aussi compresser le flux de journaux à la source. Rien n’interdit de doubler un outil PITR classique avec pg_receivewal, mais la purge des journaux copiés en double reste à la charge du DBA.
2.7 Sauvegarde PITR manuelle
2.7.1 Étapes d’une sauvegarde PITR manuelle
- 3 étapes :
- fonction de démarrage
- copie des fichiers par outil externe
- fonction d’arrêt
- Exclusive : simple… & obsolète! (< v15)
- Concurrente : plus complexe à scripter
- Aucun impact pour les utilisateurs; pas de verrou
- Préférer des outils dédiés qu’un script maison
Une fois l’archivage en place, une sauvegarde à chaud a lieu en trois temps :
- l’appel à la fonction de démarrage;
- la copie elle-même par divers outils externes (PostgreSQL ne s’en occupe pas);
- l’appel à la fonction d’arrêt.
La fonction de démarrage s’appelle à partir de la version 15 mais avait
pour nom auparavant. De la même façon, la fonction d’arrêt s’appelle
La sauvegarde exclusive était une méthode simple, et cela en faisait le choix par défaut. Il suffisait d’appeler les fonctions concernées avant et après la copie des fichiers. Il ne pouvait y en avoir qu’une à la fois. Elle ne fonctionnait que depuis un primaire.
À cause de ces limites et de différents problèmes, la sauvegarde exclusive est déclarée obsolète depuis la 9.6, et n’est plus disponible depuis la version 15. Même sur les versions antérieures, il est conseillé d’utiliser dès maintenant des scripts utilisant les sauvegardes concurrentes.
Tout ce qui suit ne concerne plus que la sauvegarde concurrente.
La sauvegarde concurrente peut être lancée plusieurs fois en parallèle. C’est utile pour créer des secondaires alors qu’une sauvegarde physique tourne, par exemple. Elle est nettement plus complexe à gérer par script. Elle peut être exécutée depuis un serveur secondaire, ce qui allège la charge sur le primaire.
Pendant la sauvegarde, l’utilisateur ne verra aucune différence (à part peut-être la conséquence d’I/O saturées pendant la copie). Aucun verrou n’est posé. Lectures, écritures, suppression et création de tables, archivage de journaux et autres opérations continuent comme si de rien n’était.
La description du mécanisme qui suit est essentiellement destinée à la compréhension et l’expérimentation. En production, un script maison reste une possibilité, mais préférez des outils dédiés et fiables : pg_basebackup, pgBackRest…
Les sauvegardes manuelles servent cependant encore quand on veut utiliser une sauvegarde par snapshot de partition ou de baie, ou avec rsync (car pg_basebackup ne sait pas synchroniser vers une sauvegarde interrompue ou ancienne), et quand les outils conseillés ne sont pas utilisables ou disponibles sur le système.
2.7.2 Sauvegarde manuelle - 1/3 : pg_backup_start
- un_label : texte
- fast : forcer un checkpoint ? )
L’exécution de pg_backup_start() peut se faire depuis n’importe quelle base de données de l’instance. (Rappelons que pour les versions avant la 15, la fonction s’appelle pg_start_backup() . Pour effectuer une sauvegarde non-exclusive avec ces versions, il faudra positionner un troisième paramètre 7 à false .) Le label (le texte en premier argument) n’a aucune importance pour PostgreSQL (il ne sert qu’à l’administrateur, pour reconnaître le backup). Le deuxième argument est un booléen qui permet de demander un checkpoint immédiat, si l’on est pressé et si un pic d’I/O n’est pas gênant. Sinon il faudra attendre souvent plusieurs minutes (selon la configuration du déclenchement du prochain checkpoint, dépendant des paramètres et checkpoint_timeout et de la rapidité d’écriture imposée par max_wal_size checkpoint_completion_target ).
La session qui exécute la commande pg_backup_start() doit être la même que celle qui exécutera plus tard pg_backup_stop() . Nous verrons que cette dernière fonction fournira de quoi créer deux fichiers, qui devront être nommés backup_label et tablespace_map . Si la connexion est interrompue avant pg_backup_stop() , alors la sauvegarde doit être considérée comme invalide. En plus de rester connectés à la base, les scripts qui gèrent la sauvegarde concurrente doivent donc récupérer et conserver les informations renvoyées par la commande de fin de sauvegarde. La sauvegarde PITR est donc devenue plus complexe au fil des versions, et il est donc recommandé d’utiliser plutôt pg_basebackup ou des outils la supportant (barman, pgBackRest…).
- Source 7 : https://docs.postgresql.fr/14/continuous-archiving.html#BACKUP-LOWLEVEL-BASE-BACKUP-EXCLUSIVE
2.7.3 Sauvegarde manuelle - 2/3 : copie des fichiers
- Cas courant : snapshot
- cohérence? redondance?
- Sauvegarde des fichiers à chaud
- répertoire principal des données
- tablespaces
- Copie forcément incohérente (la restauration des journaux corrigera)
- rsync et autres outils
- Ignorer :
- postmaster.pid , log , pg_wal , pg_replslot et quelques autres
- Ne pas oublier : configuration!
La deuxième étape correspond à la sauvegarde des fichiers. Le choix de l’outil dépend de l’administrateur. Cela n’a aucune incidence au niveau de PostgreSQL. La sauvegarde doit comprendre aussi les tablespaces si l’instance en dispose. Snapshot : Il est possible d’effectuer cette étape de copie des fichiers par snapshot au niveau de la baie, de l’hyperviseur, ou encore de l’OS (LVM, ZFS…).
Un snapshot cohérent, y compris entre les tablespaces, permet théoriquement de réaliser une sauvegarde en se passant des étapes et
redémarrage brutal. Pour une sauvegarde PITR, il faudra cependant toujours encadrer le snapshot des appels aux fonctions de démarrage et d’arrêt ci-dessus, et c’est généralement ce que font les outils comme Veeam ou Tina. L’utilisation d’un tel outil implique de vérifier qu’il sait gérer les sauvegardes non exclusives pour utiliser PostgreSQL 15 et supérieurs.
Le point noir de la sauvegarde par snapshot est d’être liée au même système matériel que l’instance PostgreSQL (disque, hyperviseur, datacenter…) Une défaillance grave du matériel, ou un bug de la baie, peut donc emporter, corrompre ou bloquer la sauvegarde en même temps que les données originales. La sécurité de l’instance est donc reportée sur celle de l’infrastructure sous-jacente : il vaut mieux que celle-ci soit répliquée sur plusieurs sites. Une copie parallèle, hors infrastructure, des données de manière plus classique reste conseillée pour éviter un désastre total, et pour parer à la malveillance.
Copie manuelle :
La sauvegarde se fait à chaud : il est donc possible que pendant ce temps des fichiers changent, disparaissent avant d’être copiés ou apparaissent sans être copiés. Cela n’a pas d’importance en soi car les journaux de transactions corrigeront cela (leur archivage doit donc commencer avant le début de la sauvegarde et se poursuivre sans interruption jusqu’à la fin). Il faut s’assurer que l’outil de sauvegarde supporte cela, c’est-à-dire qu’il soit capable de différencier les codes d’erreurs dus à « des fichiers ont bougé ou disparu lors de la sauvegarde » des autres erreurs techniques. tar par exemple convient : il retourne 1 pour le premier cas d’erreur, et 2 quand l’erreur est critique. rsync est très courant également.
Sur les plateformes Microsoft Windows, peu d’outils sont capables de copier des fichiers en cours de modification. Assurez-vous d’en utiliser un possédant cette fonctionnalité (il existe différents émulateurs des outils GNU sous Windows). Le plus sûr et simple est sans doute de renoncer à une copie manuelle des fichiers et d’utiliser pg_basebackup . Exclusions : Des fichiers et répertoires sont à ignorer, pour gagner du temps ou faciliter la restauration. Voici la liste exhaustive (disponible aussi dans la documentation officielle 8 ) :
- postmaster.pid , postmaster.opts , pg_internal.init ;
- les fichiers de données des tables non journalisées (unlogged) ;
- pg_wal , ainsi que les sous-répertoires (mais à archiver séparément!) ;
- pg_replslot : les slots de réplication seront au mieux périmés, au pire gênants sur l’instance restaurée;
- pg_dynshmem , pg_notify , pg_serial , pg_snapshots , pg_stat_tmp et pg_subtrans ne doivent pas être copiés (ils contiennent des informations propres à l’instance, ou qui ne survivent pas à un redémarrage);
- les fichiers et répertoires commençant par pgsql_tmp (fichiers temporaires);
- les fichiers autres que les fichiers et les répertoires standards (donc pas les liens symboliques). On n’oubliera pas les fichiers de configuration s’ils ne sont pas dans le PGDATA.
2.7.4 Sauvegarde manuelle - 3/3 : pg_backup_stop
Ne pas oublier !!
- true : attente de l’archivage )
La dernière étape correspond à l’exécution de la procédure stockée SELECT * FROM pg_backup_stop() .
N’oubliez pas d’exécuter pg_backup_stop() , de vérifier qu’il finit avec succès et de récupérer les informations qu’il renvoie! Cet oubli trop courant rend vos sauvegardes inutilisables !
PostgreSQL va alors :
- marquer cette fin de backup dans le journal des transactions (étape capitale pour la restauration);
- forcer la finalisation du journal de transactions courant et donc son archivage, afin que la sauvegarde (fichiers + archives) soit utilisable même en cas de crash juste l’appel à la fonction :
été archivé avec succès. La fonction renvoie :
- le lsn de fin de backup;
- un champ destiné au fichier backup_label ;
- un champ destiné au fichier tablespace_map .
Ces informations se retrouvent aussi dans un fichier .backup mêlé aux journaux :
START WAL LOCATION: 22/2B000028 (file 00000001000000220000002B) STOP WAL LOCATION: 22/2FE5C788 (file 00000001000000220000002F)
BACKUP METHOD: streamed BACKUP FROM: master START TIME: 2019-12-16 13:53:41 CET LABEL: rr START TIMELINE: 1 STOP TIME: 2019-12-16 13:54:04 CET STOP TIMELINE: 1
Il faudra créer le fichier tablespace_map avec le contenu du champ spcmapfile :
134141 /tbl/froid 134152 /tbl/quota
… ce qui n’est pas trivial à scripter. Ces deux fichiers devront être placés dans la sauvegarde, pour être présent d’entrée dans le PGDATA du serveur restauré. À partir du moment où pg_backup_stop() rend la main, il est possible de restaurer la sauvegarde obtenue puis de rejouer les journaux de transactions suivants en cas de besoin, sur un autre serveur ou sur ce même serveur. Tous les journaux archivés avant celui précisé par le champ START WAL LOCATION dans le fichier backup_label ne sont plus nécessaires pour la récupération de la sauvegarde du système de fichiers et peuvent donc être supprimés. Attention, il y a plusieurs compteurs hexadécimaux différents dans le nom du fichier journal, qui ne sont pas incrémentés de gauche à droite.
2.7.5 Sauvegarde de base à chaud : pg_basebackup
Outil de sauvegarde pouvant aussi servir au sauvegarde basique
- Backup de base ici sans les journaux :
-D /var/lib/postgresql/backups/
pg_basebackup a été décrit plus haut. Il a l’avantage d’être simple à utiliser, de savoir quels fichiers ne pas copier, de fiabiliser la sauvegarde par un slot de réplication. Il ne réclame en général pas de configuration supplémentaire. Si l’archivage est déjà en place, copier les journaux est inutile ( –wal-method=none ). Nous verrons plus tard comment lui indiquer où les chercher. L’inconvénient principal de pg_basebackup reste son incapacité à reprendre une sauvegarde interrompue ou à opérer une sauvegarde différentielle ou incrémentale, du moins avant PostgreSQL 17.
2.7.6 Fréquence de la sauvegarde de base
- Dépend des besoins
- De tous les jours à tous les mois
- Plus elles sont espacées, plus la restauration est longue
- et plus le risque d’un journal corrompu ou absent est important
La fréquence dépend des besoins. Une sauvegarde par jour est le plus commun, mais il est possible d’espacer encore plus la fréquence. Cependant, il faut conserver à l’esprit que plus la sauvegarde est ancienne, plus la restauration sera longue, car un plus grand nombre de journaux seront à rejouer.
2.7.7 Suivi de la sauvegarde de base
- Vue pg_stat_progress_basebackup
round(100.0*backup_streamed/backup_total::numeric,2) AS “%” FROM pg_stat_progress_basebackup \gx
backup_streamed tablespaces_total
La vue pg_stat_progress_basebackup permet de suivre la progression de la sauvegarde de base, quelque soit l’outil utilisé, à condition qu’il passe par le protocole de réplication. Cela permet ainsi de savoir à quelle phase la sauvegarde se trouve, quelle volumétrie a été envoyée, celle à envoyer, etc.

2.8 Restaurer une sauvegarde PITR
Simple, mais à appliquer rigoureusement
2.8.1 Exemple de scénario : sauvegarde
Dans cet exemple, la sauvegarde a fini à 02 h du matin (le moment où une fonction pg_backup_stop() est appelée par un outil ou un script). La sauvegarde des fichiers de données s’est effectuée en parallèle de l’archivage des journaux, qui continue indéfiniment ensuite. À 06 h, le DBA a créé un « point de restauration », ainsi (le nom est arbitraire) :
26/9B000090
Ces points de restauration sont totalement optionnels, et peuvent être créés avant certaines opérations (par exemple un batch ou une mise en production), ou périodiquement. Une catastrophe quelconque frappe à 13 h et il faut restaurer.

2.8.2 Exemple de scénario : restauration
La ligne de temps de ce schéma correspond aux heures des transactions originales. Pour restaurer, le DBA copie la sauvegarde de base, modifie la configuration et démarre l’instance qui commence à rejouer les journaux. Elle atteint le point de cohérence (correspondant à la fin de la sauvegarde), et est donc dans l’état correspondant à la fin de la sauvegarde, donc comme à 02 h. Deux possibilités sont montrées ici :
- le DBA demande à redérouler les journaux jusqu’au point de restauration label , pour avoir une image de la base à 06 h ; 2. le DBA demande à redérouler les journaux jusque 12 h 55, juste avant la catastrophe.
Nous verrons qu’il lui suffira de choisir les bons paramètres (ici ou
2.8.3 Restaurer une sauvegarde PITR (1/5)
- S’il s’agit du même serveur
- arrêter PostgreSQL
- Nettoyer les répertoires des données
- y compris les tablespaces
- sauf outil travaillant en mode delta
La restauration se déroule en trois, voire quatre étapes suivant qu’elle est effectuée sur le même serveur ou sur un autre serveur. Dans le cas où la restauration a lieu sur le même serveur, les étapes préliminaires suivantes sont à effectuer. Il faut arrêter PostgreSQL s’il n’est pas arrêté. Cela arrive quand la restauration a pour but, par exemple, de récupérer des données qui ont été supprimées par erreur. Ensuite, il faut supprimer (ou archiver) l’ancien répertoire des données pour pouvoir y placer la sauvegarde des fichiers. Écraser l’ancien répertoire n’est pas suffisant, il faut le supprimer, ainsi que les répertoires des tablespaces au cas où l’instance en possède. (L’exception est l’utilisation d’outils capable de trouver les différences entre les fichiers à restaurer et ceux présents, pour gagner du temps, comme rsync ou pgbackrest restore –delta .) Cela est valable aussi pour chaque tablespace. Une exception : on peut vouloir mettre de côté le dernier WAL (incomplet) d’une instance que l’on restaure pour ne perdre aucune transaction (voir plus bas).
2.8.4 Restaurer une sauvegarde PITR (2/5)
- Restaurer les fichiers de la sauvegarde
- où ? (pas à la racine)
- Peut-être besoin de nettoyer les fichiers restaurés
- ex : pg_wal , postmaster.pid , log/
- un bon outil ne les a pas copiés
- Si restauration après crash :
- récupérer le dernier journal de transactions connu (si disponible)
La sauvegarde des fichiers peut enfin être restaurée. Il faut bien porter attention à ce que les fichiers soient restaurés au même emplacement, tablespaces compris.
Attention, pour des raisons de sécurité et de fiabilité, les répertoires choisis pour la restauration des données de votre instance ne doivent pas être à la racine d’un point de montage. Si un ou plusieurs points de montage sont dédiés à l’utilisation de PostgreSQL, positionnez toujours les données dans un sous-répertoire, voire deux niveaux en dessous du point de montage (eg. <point de montage>/<version majeure>/<nom instance> ).
Une fois cette étape effectuée, il peut être intéressant de faire un peu de ménage. Des outils comme pgBackRest ou Barman, ou un bon script, rendent cette étape inutile, car ils n’auront pas copié les fichiers inutiles. Par exemple, le fichier postmaster.pid peut poser un problème au démarrage. On peut supprimer les traces, si elles sont dans $PGDATA/log/ , pour éviter toute confusion entre l’ancienne et la nouvelle incarnation de l’instance, surtout si on restaure sur une nouvelle machine.
Si des journaux de transactions sont compris dans la sauvegarde ( $PGDATA/pg_wal/ ), il est préférable de les supprimer. De toute façon, PostgreSQL les ignorera s’ils sont dans les archives. La commande sera similaire à celle-ci :
Enfin, si on restaure après un crash, on peut chercher à récupérer le dernier journal en cours lors de l’arrêt, incomplet et qui n’a pu être archivé. S’il n’a pas disparu avec le disque par exemple, le récupérer peut permettre de sauver les transactions qui y figurent. Ce dernier journal sera pris en compte après le rejeu des journaux archivés, après l’échec de la restore_command sur ce journal.
2.8.5 Restaurer une sauvegarde PITR (3/5)
- Indiquer qu’on est en restauration
- fichier vide recovery.signal
- Commande de restauration
- restore_command = ‘… une commande …’
- directement dans pg_wal/
- dans postgresql.[auto.]conf
Quand PostgreSQL démarre après avoir subi un arrêt brutal, il ne restaure que les journaux en place dans pg_wal/ , puis il s’ouvre en écriture. Pour une restauration, il faut lui indiquer qu’il doit plutôt demander les journaux quelque part, et les rejouer tous jusqu’à épuisement, avant de s’ouvrir. Pour cela, il suffit de créer un fichier vide recovery.signal dans le répertoire des données.
Pour la récupération des journaux, le paramètre essentiel est restore_command . Il contient une commande symétrique des paramètres archive_command (ou archive_library ) pour l’archivage. Il s’agit d’une commande copiant un journal dans le répertoire des journaux pg_wal/ . Cette commande est souvent fournie par l’outil de sauvegarde PITR s’il y en a un. Si nous poursuivons notre exemple, ce paramètre pourrait être :
Cette commande est appelée après la restauration de chaque journal pour récupérer le suivant, qui est restauré, et ainsi de suite. Techniquement, la commande est lancée depuis le PGDATA, en remplaçant %f par le nom du journal attendu (par exemple 0000000100000098000000E0 ) et %p par pg_wal/RECOVERYXLOG . Ce dernier fichier sera ensuite renommé avec le nom du journal. Les traces montrent aussi que PostgreSQL cherche les fichiers d’historique des timelines, qui portent des noms comme 00000002.history , mélangés aux journaux dans le dépôt. S’il trouve un de ces fichiers, PostgreSQL le sauve temporairement sous le nom pg_wal/RECOVERYHISTORY . Il en a besoin
pour savoir quelle chaîne de journaux suivre quand il y a eu des restaurations ou bascules sur un secondaire (voir plus loin). Il n’y a aucune parallélisation prévue, mais des outils de sauvegarde PITR peuvent en faire en arrièreplan pendant l’exécution de la commande (par exemple pgBackRest en mode asynchrone ). Si le but est de restaurer tous les journaux archivés, il n’est pas nécessaire d’aller plus loin dans la configuration. La restauration se poursuivra jusqu’à ce que restore_command tombe en erreur, ce qui signifie l’épuisement de tous les journaux disponibles, et la fin de la restauration.
Au cas où vous rencontreriez une instance en version 11 ou antérieure : il faut savoir que la restauration se paramétrait dans un fichier texte nommé recovery.conf , dans le PGDATA, contenant recovery_command et éventuellement les options de restauration.
2.8.6 Restaurer une sauvegarde PITR (4/5)
- Jusqu’où restaurer :
- recovery_target_name , recovery_target_time
- recovery_target_xid , recovery_target_lsn
- recovery_target_inclusive
- Le backup de base doit être antérieur!
- Suivi de timeline :
- recovery_target_timeline : latest (en général)
- Et on fait quoi ?
- recovery_target_action : pause
- pg_wal_replay_resume pour ouvrir immédiatement
- ou modifier & redémarrer
Si l’on ne veut pas simplement restaurer tous les journaux, par exemple pour s’arrêter avant une fausse manipulation désastreuse, plusieurs paramètres permettent de préciser le point d’arrêt :
- jusqu’à un certain nom, grâce au paramètre recovery_target_name (le nom correspond à un label enregistré précédemment dans les journaux de transactions grâce à la fonction
jusqu’à une certaine heure, grâce au paramètre recovery_target_time ;
jusqu’à un certain identifiant de transaction, grâce au paramètre recovery_target_xid , numéro de transaction qu’il est possible de chercher dans les journaux eux-mêmes grâce à l’utilitaire pg_waldump (voir cet article 9 );
Source 9 : https://blog.hagander.net/locating-the-recovery-point-just-before-a-dropped-table-230/
- jusqu’à un certain LSN (Log Sequence Number 10 ), grâce au paramètre recovery_target_lsn , que là aussi on doit aller chercher dans les journaux eux-mêmes. Évidemment, il ne faudra choisir qu’un paramètre parmi ceux-là. Avec le paramètre recovery_target_inclusive (par défaut à true ), il est possible de préciser si la restauration se fait en incluant les transactions au nom, à l’heure ou à l’identifiant de transaction demandé, ou en les excluant. Dans les cas complexes, nous verrons plus tard que choisir la timeline peut être utile (avec
Exemples de paramétrage :
Ces restaurations à un moment précis ne sont possibles que si elles correspondent à un état cohérent d’après la fin du base backup, soit après le moment du pg_stop_backup . Si l’on a un historique de plusieurs sauvegardes, il faudra en choisir une antérieure au point de restauration voulu. Ce n’est pas forcément la dernière. Les outils ne sont pas forcément capables de deviner la bonne sauvegarde à restaurer.
Il est possible de demander à la restauration de s’arrêter une fois arrivée au stade voulu avec :
C’est même l’action par défaut si une des options d’arrêt ci-dessus a été choisie : cela permet à l’utilisateur de vérifier que le serveur est bien arrivé au point qu’il désirait. Les alternatives sont promote (ouverture en écriture après le rejeu) et shutdown . Si la cible est atteinte mais que l’on décide de continuer la restauration jusqu’à un autre point (évidemment postérieur), il faut modifier la cible de restauration dans le fichier de configuration, et redémarrer PostgreSQL. C’est le seul moyen de rejouer d’autres journaux sans ouvrir l’instance en écriture. Si l’on est arrivé au point de restauration voulu, un message de ce genre apparaît : LOG:recovery stopping before commit of transaction 8693270, time 2021-09-02 11:46:35.394345+02 LOG:pausing at the end of recovery HINT:Execute pg_wal_replay_resume() to promote.
(Le terme promote pour une restauration est un peu abusif.) pg_wal_replay_resume() - malgré ce que pourrait laisser croire son nom ! - provoque ici l’arrêt immédiat de la restauration, donc ignore
les opérations contenues dans les WALs que l’on n’a pas souhaités restaurer, puis le serveur s’ouvre en écriture sur une nouvelle timeline.
Attention : jusque PostgreSQL 12 inclus, si un recovery_target était spécifié mais n’était toujours pas atteint à la fin du rejeu des archives, alors le mode recovery se terminait et le serveur était promu sans erreur, et ce, même si recovery_target_action avait la valeur pause ! (À condition, bien sûr, que le point de cohérence ait tout de même été dépassé.) Il faut donc être vigilant quant aux messages dans le fichier de trace de PostgreSQL! Depuis PostgreSQL 13, l’instance détecte le problème et s’arrête avec un message FATAL : la restauration ne s’est pas déroulée comme attendu. S’il manque juste certains journaux de transactions, cela permet de relancer PostgreSQL après correction de l’oubli.
La documentation officielle complète sur le sujet est sur le site du projet 11 .
2.8.7 Restaurer une sauvegarde PITR (5/5)
- Démarrer PostgreSQL
- Rejeu des journaux
- Vérifier que le point de cohérence est atteint!
- Ne jamais effacer recovery.signal volontairement
La dernière étape est particulièrement simple. Il suffit de démarrer PostgreSQL. PostgreSQL va comprendre qu’il doit rejouer les journaux de transactions. Les éventuels journaux présents sont rejoués, puis est appelé pour fournir
d’autres journaux, jusqu’à ce que la commande ne trouve plus rien dans les archives. Les journaux doivent se dérouler au moins jusqu’à rencontrer le « point de cohérence », c’est-à-dire la mention insérée par pg_backup_stop() . Avant ce point, il n’est pas possible de savoir si les fichiers issus du base backup sont à jour ou pas, et il est impossible de démarrer l’instance. Le message apparaît dans les traces et, dans le doute, on doit vérifier sa présence : 2020-01-17 16:08:37.285 UTC [15221] LOG: restored log file “000000010000000100000031”… 2020-01-17 16:08:37.789 UTC [15221] LOG: restored log file “000000010000000100000032”… 2020-01-17 16:08:37.949 UTC [15221] LOG: consistent recovery state reached at 1/32BFDD88 2020-01-17 16:08:37.949 UTC [15217] LOG: database system is ready to accept read only connections
- Source 11 : https://www.postgresql.org/docs/current/runtime-config-wal.html#RUNTIME-CONFIG-WAL-RECOVERY-TARGET
2020-01-17 16:08:38.009 UTC [15221] LOG: restored log file “000000010000000100000033”…
Au moment où ce message apparaît, le rejeu n’est pas terminé, mais il a atteint un stade où l’instance est cohérente et utilisable. PostgreSQL continue ensuite jusqu’à arriver à la limite fixée, jusqu’à ce qu’il ne trouve plus de journal à rejouer ( restore_command tombe en erreur), ou que le bloc de journal lu soit incohérent (ce qui indique qu’on est arrivé à la fin d’un journal qui n’a pas été terminé, le journal courant au moment du crash par exemple). PostgreSQL vérifie qu’il n’existe pas une timeline supérieure sur laquelle basculer (par exemple s’il s’agit de la deuxième restauration depuis la sauvegarde du PGDATA). Puis il va s’ouvrir en écriture (sauf si vous avez demandé recovery_target_action = pause ). 2020-01-17 16:08:45.938 UTC [15221] LOG: restored log file “00000001000000010000003C” from archive 2020-01-17 16:08:46.116 UTC [15221] LOG: restored log file “00000001000000010000003D”… 2020-01-17 16:08:46.547 UTC [15221] LOG: restored log file “00000001000000010000003E”… 2020-01-17 16:08:47.262 UTC [15221] LOG: restored log file “00000001000000010000003F”… 2020-01-17 16:08:47.842 UTC [15221] LOG: invalid record length at 1/3F0000A0: wanted 24, got 0 2020-01-17 16:08:47.842 UTC [15221] LOG: redo done at 1/3F000028 2020-01-17 16:08:47.842 UTC [15221] LOG: last completed transaction was at log time 2020-01-17 14:59:30.093491+00 2020-01-17 16:08:47.860 UTC [15221] LOG: restored log file “00000001000000010000003F”…
2020-01-17 16:08:47.966 UTC [15221] LOG: selected new timeline ID: 2 2020-01-17 16:08:48.179 UTC [15221] LOG: archive recovery complete
2020-01-17 16:08:51.613 UTC [15217] LOG: database system is ready to accept connections
Le fichier recovery.signal est effacé pour ne pas poser problème en cas de crash immédiat. (Ne l’effacez jamais manuellement !) Le fichier backup_label d’une sauvegarde exclusive est renommé en backup_label.old .
2.8.8 Restauration PITR : durée
- Durée dépendante du nombre de journaux
- rejeu séquentiel des WAL
- Accéléré en version 15 (prefetch)
La durée de la restauration est fortement dépendante du nombre de journaux. Ils sont rejoués séquentiellement. Mais avant cela, un fichier journal peut devoir être récupéré, décompressé, et restauré dans pg_wal .
Il est donc préférable qu’il n’y ait pas trop de journaux à rejouer, et donc qu’il n’y ait pas trop d’espaces entre sauvegardes complètes successives. La version 15 a optimisé le rejeu en permettant l’activation du prefetch des blocs de données lors du rejeu des journaux. Un outil comme pgBackRest en mode asynchrone permet de paralléliser la récupération des journaux, ce qui permet de les récupérer via le réseau et de les décompresser par avance pendant que PostgreSQL traite les journaux précédents.
2.8.9 Restauration PITR : différentes timelines
- Fin de recovery => changement de timeline :
- l’historique des données prend une autre voie
- le nom des WAL change (ex : 00000002000000000000000C )
- fichiers .history
- Permet plusieurs restaurations PITR à partir du même basebackup
- Choix : recovery_target_timeline
- défaut : latest
Lorsque le mode recovery s’arrête, au point dans le temps demandé ou faute d’archives disponibles, l’instance accepte les écritures. De nouvelles transactions se produisent alors sur les différentes bases de données de l’instance. Dans ce cas, l’historique des données prend un chemin différent par rapport aux archives de journaux de transactions produites avant la restauration. Par exemple, dans ce nouvel historique, il n’y a pas le DROP TABLE malencontreux qui a imposé de restaurer les données. Cependant, cette transaction existe bien dans les archives des journaux de transactions. On a alors plusieurs historiques des transactions, avec des « bifurcations » aux moments où on a réalisé des restaurations. PostgreSQL permet de garder ces historiques grâce à la notion de timeline. Une timeline est donc l’un de ces historiques. Elle est identifiée par un numéro et se matérialise par un ensemble de journaux de transactions. Le numéro de la timeline est le premier nombre hexadécimal du nom des segments de journaux de transactions, en 8ᵉ position (le second est le numéro du journal, et le troisième, à la fin, le numéro du segment). Ainsi, lorsqu’une instance s’ouvre après une restauration PITR, elle peut archiver immédiatement ses journaux de transactions au même endroit, les fichiers ne seront pas écrasés vu qu’ils seront nommés différemment. Par exemple, après une restauration PITR s’arrêtant à un point situé dans le segment 000000010000000000000009 :
000000010000000000000007 000000010000000000000008 000000010000000000000009 00000001000000000000000A 00000001000000000000000B 00000001000000000000000C 00000001000000000000000D 00000001000000000000000E
00000001000000000000000F 000000010000000000000010 000000010000000000000011 000000020000000000000009 00000002000000000000000A 00000002000000000000000B 00000002000000000000000C 00000002.history
Noter les timelines 1 et 2 en 8ᵉ position des noms des fichiers. Il y a deux fichiers finissant par 09 : le premier contient des informations communes aux deux 000000010000000000000009 timelines mais sa fin ne figure pas dans la timeline 2. Les fichiers 00000001000000000000000A à 000000010000000000000011 contiennent des informations qui ne figurent que dans la timeline 1. Les fichiers 00000002000000000000000A jusque sont uniquement 00000002000000000000000C dans la timeline 2. Le fichier 00000002.history contient l’information sur la transition entre les deux timelines. Ce fichier sert pendant le recovery, quand l’instance doit choisir les timelines à suivre et les fichiers à restaurer. Les timelines connues avec leur point de départ sont suivies grâce aux fichiers d’historique, nommés d’après le numéro hexadécimal sur huit caractères de la timeline et le suffixe .history , et archivés avec les journaux. En partant de la timeline qu’elle quitte, l’instance restaure les fichiers historiques des timelines suivantes pour choisir la première disponible. Une fois la restauration finie, avant de s’ouvrir en écriture, l’instance archive un nouveau fichier .history pour la nouvelle timeline sélectionnée. Il contient l’adresse du point de départ dans la timeline qu’elle quitte, c’est-à-dire le point de bifurcation entre la 1 et la 2 :
Puis l’instance continue normalement, et archive ses journaux commençant par 00000002 . Après une seconde restauration, repartant de la timeline 2, l’instance choisit la timeline 3 et écrit un nouveau fichier :
Ce fichier reprend les timelines précédemment suivies par l’instance. En effet, l’enchaînement peut être complexe s’il y a eu plusieurs retours en arrière ou restauration. À la restauration, on peut choisir la timeline cible en configurant le paramètre recovery_target_timeline . Il vaut par défaut latest , et la restauration suit donc les changements de timeline depuis le moment de la sauvegarde. Pour choisir une autre timeline que la dernière, il faut donner le numéro de la timeline cible comme valeur du paramètre recovery_target_timeline . Les timelines permettent ainsi d’effectuer plusieurs restaurations successives à partir du même base backup, avec des retours en arrière, et d’archiver vers le même dépôt sans mélanger les journaux. Bien sûr, pour restaurer dans une timeline précise, il faut que le fichier .history correspondant soit encore présent dans les archives, sous peine d’erreur.

Un changement de timeline ne se produit que lors d’une restauration explicite, et pas en cas de recovery après crash, notamment. (Cela arrive aussi quand un serveur secondaire est promu : il crée une nouvelle timeline.) Il y a quelques pièges :
- Le numéro de timeline dans les traces, ou affiché par pg_controldata , est en décimal. Mais les fichiers .history portent un numéro en hexadécimal (par exemple 00000014.history pour la timeline 20). On peut fournir les deux à recovery_target_timeline ( 20 ou ‘0x14’ ). Attention, il n’y a pas de contrôle!
- Attention sur les anciennes versions : jusque PostgreSQL 11 compris, la valeur par défaut de recovery_target_timeline était current : la restauration se faisait donc dans la même timeline que le base backup. Si entre-temps il y avait eu une bascule ou une précédente restauration, la nouvelle timeline n’était pas automatiquement suivie !
2.8.10 Restauration PITR : illustration des timelines
Ce schéma illustre ce processus de plusieurs restaurations successives, et la création de différentes timelines qui en résulte. On observe ici les éléments suivants avant la première restauration :
- la fin de la dernière sauvegarde se situe en haut à gauche sur l’axe des transactions, à la transaction x12 ;
- cette sauvegarde a été effectuée alors que l’instance était en activité sur la timeline 1. On décide d’arrêter l’instance alors qu’elle est arrivée à la transaction x47 , par exemple parce qu’une nouvelle livraison de l’application a introduit un bug qui provoque des pertes de données. L’objectif est de restaurer l’instance avant l’apparition du problème afin de récupérer les données dans un état cohérent, et de relancer la production à partir de cet état. Pour cela, on restaure les fichiers de l’instance à partir de la dernière sauvegarde, puis on modifie le fichier de configuration pour que l’instance, lors de sa phase de recovery :
- restaure les WAL archivés jusqu’à l’état de cohérence (transaction x12 ) ;
- restaure les WAL archivés jusqu’au point précédant immédiatement l’apparition du bug applicatif (transaction x42 ). On démarre ensuite l’instance et on l’ouvre en écriture, on constate alors que celle-ci bascule sur la timeline 2, la bifurcation s’effectuant à la transaction x42 . L’instance étant de nouveau ouverte en écriture, elle va générer de nouveaux WAL, qui seront associés à la nouvelle timeline : ils n’écrasent pas les fichiers WAL archivés de la timeline 1, ce qui permet de les réutiliser pour une autre restauration en cas de besoin (par exemple si la transaction x42 utilisée comme point d’arrêt était trop loin dans le passé, et que l’on désire restaurer de nouveau jusqu’à un point plus récent). Un peu plus tard, on a de nouveau besoin d’effectuer une restauration dans le passé - par exemple, une nouvelle livraison applicative a été effectuée, mais le bug rencontré précédemment n’était toujours pas corrigé. On restaure donc de nouveau les fichiers de l’instance à partir de la même sauvegarde, puis on configure PostgreSQL pour suivre la timeline 2 (paramètre recovery_target_timeline = 2 ) jusqu’à la transaction x55 . Lors du recovery, l’instance va :
- restaurer les WAL archivés jusqu’à l’état de cohérence (transaction x12 ) ;
- restaurer les WAL archivés jusqu’au point de la bifurcation (transaction x42 );
- suivre la timeline indiquée (2) et rejouer les WAL archivés jusqu’au point précédant immédiatement l’apparition du bug applicatif (transaction x55 ). On démarre ensuite l’instance et on l’ouvre en écriture, on constate alors que celle-ci bascule sur la timeline 3, la bifurcation s’effectuant cette fois à la transaction x55 . Enfin, on se rend compte qu’un problème bien plus ancien et subtil a été introduit précédemment aux deux restaurations effectuées. On décide alors de restaurer l’instance jusqu’à un point dans le temps situé bien avant, jusqu’à la transaction x20 . On restaure donc de nouveau les fichiers de l’instance à partir de la même sauvegarde, et on configure le serveur pour restaurer jusqu’à la transaction x20 . Lors du recovery, l’instance va :
- restaurer les WAL archivés jusqu’à l’état de cohérence (transaction x12 ) ;
- restaurer les WAL archivés jusqu’au point précédant immédiatement l’ apparition du bug applicatif (transaction x20 ).
Comme la création des deux timelines précédentes est archivée dans les fichiers history, l’ouverture de l’instance en écriture va basculer sur une nouvelle timeline (4). Suite à cette restauration, toutes les modifications de données provoquées par des transactions effectuées sur la timeline 1 après la transaction x20 , ainsi que celles effectuées sur les timelines 2 et 3, ne sont donc pas présentes dans l’instance.
2.8.11 Après la restauration
- Bien vérifier que l’archivage a repris
- et que les archives des journaux sont complètes
- Ne pas hésiter à reprendre une sauvegarde complète
- Bien vérifier que les secondaires ont suivi
Une fois le nouveau primaire en place, la production peut reprendre, mais il faut vérifier que la sauvegarde PITR est elle aussi fonctionnelle. Ce nouveau primaire a généralement commencé à archiver ses journaux à partir du dernier journal récupéré de l’ancien primaire, renommé avec l’extension .partial , juste avant la bascule sur la nouvelle timeline. Il faut bien sûr vérifier que l’archivage des nouveaux journaux fonctionne. Sur l’ancien primaire, les derniers journaux générés juste avant l’incident n’ont pas forcément été archivés. Ceux-ci possèdent un fichier témoin .ready dans pg_wal/archive_status . Même s’ils ont été copiés manuellement vers le nouveau primaire avant sa promotion, celui-ci ne les a pas archivés.
Rappelons qu’un « trou » dans le flux des journaux dans le dépôt des archives empêchera la restauration d’aller au-delà de ce point !
Il est possible de forcer l’archivage des fichiers .ready depuis l’ancien primaire, avant la bascule, en exécutant à la main les archive_command que PostgreSQL aurait générées, mais la facilité pour le faire dépend de l’outil. La copie de journaux à la main est donc risquée. De plus, s’il y a eu plusieurs restaurations successives, qui ont provoqué quelques archivages et des apparitions de timelines dans le même dépôt d’archives, avant d’être abandonnées, il faut faire attention au paramètre recovery_target_timeline ( latest ne convient plus), ce qui complique une future restauration.
Pour faciliter des restaurations ultérieures, il est recommandé de procéder au plus tôt à une sauvegarde complète du nouveau primaire.
Quant aux éventuelles instances secondaires, il est vraisemblable qu’elles doivent être reconstruites suite à la restauration de l’instance primaire. (Si elles ont appliqué des journaux qui ont été perdus et n’ont pas été repris par le primaire restauré, ces secondaires ne pourront se raccrocher. Consulter les traces.)

2.9 Archivage & compression
- Limiter la volumétrie des journaux sauvegardés
- Quels sont les outils PITR ?
2.9.1 Réduire le nombre de journaux sauvegardés
- Monter
- checkpoint_timeout
- max_wal_size
L’un des problèmes de la sauvegarde PITR est la place prise sur disque par les journaux de transactions. Si un journal de 16 Mo (par défaut) est généré toutes les minutes, le total est de 23 Go de journaux par jour, et parfois beaucoup plus. Il n’est pas forcément possible de conserver autant de journaux. Un premier moyen est de reduire la volumétrie à la source en espaçant les checkpoints. Le graphique ci-dessus représente la volumétrie générée par un simple test avec pgbench (OLTP classique donc) avec checkpoint_timeout variant entre 1 et 30 minutes : les écarts sont énormes.
La raison est que, pour des raisons de fiabilité, un bloc modifié est intégralement écrit (8 ko) dans les journaux à sa première modification après un checkpoint. Par la suite, seules les modifications de ce bloc, souvent beaucoup plus petites, sont journalisées. (Ce comportement dépend du paramètre
full_page_writes 12 , activé par défaut et qu’il est impératif de laisser tel quel, sauf peut-être sur ZFS.) Espacer les checkpoints permet d’économiser des écritures de blocs complets, si l’activité s’y prête (en OLTP surtout). Il y a un intérêt en performances, mais surtout en place disque économisée quand les journaux sont archivés, aussi accessoirement en CPU s’ils sont compressés, et en trafic réseau s’ils sont répliqués. Un exemple figure dans ce billet du blog Dalibo 13 . Par cohérence, si l’on monte checkpoint_timeout , il faut penser à augmenter aussi max_wal_size , et vice-versa. Des valeurs courantes sont respectivement 15 minutes, parfois plus, et plusieurs gigaoctets. Il y a cependant un inconvénient : un écart plus grand entre checkpoints peut allonger la restauration après un arrêt brutal, car il y aura plus de journaux à rejouer, parfois des centaines ou des milliers.
2.9.2 Compresser les journaux de transactions
- wal_compression = on
- moins de journaux
- un peu plus de CPU
- à activer : pglz ( on ), lz4 , zstd (v15+)
- Outils de compression standards : gzip , bzip2 , lzma …
- attention à ne pas ralentir l’archivage
PostgreSQL peut compresser les journaux à la source, avec le paramètre wal_compression (hélas désactivé par défaut). La compression est opérée par PostgreSQL au niveau de la page, avec un gros gain en volumétrie (souvent plus de 50 % !). Les journaux font toujours 16 Mo (par défaut), mais ils sont moins nombreux. Cela accélère la réplication et la reprise après un crash. Cette compression des journaux est totalement transparente pour l’archivage ou la restauration. Le prix est une augmentation de la consommation en CPU, souvent négligeable. Cependant, cette compression ne concerne que les insertions de blocs de données complets, donc pas l’intégralité des journaux. Les algorithmes de compression disponibles sont (depuis PostgreSQL 15) : pglz , lz4 ou zstd . on est le synonyme de pglz … qui est sans doute le moins bon des trois, surtout en terme de consommation CPU. Ce petit test de Michael Paquier 14 montre que l’impact sur le taux de compression est assez faible. Une solution complémentaire est la compression à la volée des journaux archivés dans l’ archive_command . Les outils classiques comme gzip , bzip2 , lzma , xz , etc. conviennent. Tous les outils PITR incluent plusieurs de ces algorithmes. Un fichier de 16 Mo aura généralement une taille compressée comprise entre 3 et 6 Mo. Cette compression reste utile même si wal_compression est activé.
Cependant, attention au temps de compression des journaux : en cas d’écritures lourdes, une compression élevée, mais lente, peut mener à un retard conséquent de l’archivage par rapport à l’écriture des journaux, jusque saturation de pg_wal/ , et arrêt de l’instance. Il est courant de se contenter de gzip -1 ou lz4 -1 pour les journaux, et de ne compresser agressivement que les sauvegardes des fichiers de la base.
2.10 Outils de sauvegarde PITR
- Ne réinventez pas la roue!
- Avantage des outils éprouvés :
- gestion des backups & de leur rétention
- commande sûre pour l’archivage
- commandes pour la restauration
- nombreuses optimisations
- tranquillité d’esprit
Il n’est pas conseillé de réinventer la roue et d’écrire soi-même des scripts de sauvegarde PITR. En effet, il faut prévoir de nombreux cas et bien gérer les erreurs. La sauvegarde concurrente est également difficile à manier.
Des outils reconnus existent, dont nous évoquerons brièvement les plus connus parmi ceux qui sont libres. Ils ne font pas partie du projet PostgreSQL à proprement parler, et doivent être installés séparément. Il en existe d’autres, parfois payants.
Les outils décrits succinctement plus bas permettent :
- d’archiver aisément et en sécurité;
- de procéder aux sauvegardes;
- de gérer leur rétention;
- de gérer celle des journaux associés ;
- de compresser et optimiser finement sauvegardes complètes et archives;
- de restaurer avec un outil éprouvé.
Ces outils ne sont pas adaptés à l’utilisation de snapshots. Il faudra se tourner vers des outils propriétaires pour cela.
Leur philosophie peut différer, notamment en terme de centralisation ou de compromis entre simplicité et fonctionnalités. Ces dernières s’enrichissent d’ailleurs au fil du temps.
2.10.1 PgBackRest
- Gère la sauvegarde et la restauration PITR
- pull ou push, multidépôts
- mono- ou multiserveur
- Indépendant des commandes système
- protocole dédié
- Sauvegardes complètes, différentielles ou incrémentales
- Compression, multi-dépôts
- Multithread, sauvegarde depuis un secondaire, archivage asynchrone…
- Projet mature
pgBackRest 15 est un outil de gestion de sauvegardes PITR écrit en C, par David Steele. Le code source 16 est sous licence MIT. Il met l’accent sur les performances avec de gros volumes et les fonctionnalités, au prix d’une complexité à la configuration :
- un protocole dédié pour le transfert et la compression des données ;
- des opérations parallélisables en multithread;
- la possibilité de réaliser des sauvegardes complètes, différentielles et incrémentales selon les besoins et contraintes de durées;
- la possibilité d’archiver ou restaurer les WAL de façon asynchrone, et donc plus rapide;
- la possibilité d’abandonner l’archivage en cas d’accumulation et de risque de saturation de pg_wal ;
- la gestion de dépôts de sauvegarde multiples (pour sécuriser, ou avoir plusieurs niveaux d’archives);
- le support intégré de dépôts S3 ou Azure;
- le support d’un accès TLS géré par pgBackRest en alternative à SSH;
- la sauvegarde depuis un serveur secondaire;
- le chiffrement des sauvegardes;
- la restauration en mode delta, très pratique pour restaurer un serveur qui a décroché mais n’a que peu divergé;
- la reprise d’une sauvegarde échouée. pgBackRest n’utilise pas pg_receivewal pour garantir la sauvegarde du dernier journal (non terminé) avant un sinistre. Les auteurs considèrent que dans ce cas un secondaire synchrone est plus adapté et plus fiable. Le projet est très actif et considéré comme fiable, et les fonctionnalités proposées sont intéressantes. Pour la supervision de l’outil, une sonde Nagios est fournie par un des développeurs : check_pgbackrest 17 .
- Source 15 : https://pgbackrest.org/
- Source 16 : https://github.com/pgbackrest/pgbackrest
- Source 17 : https://github.com/pgstef/check_pgbackrest/
2.10.2 Barman
- Gère la sauvegarde et la restauration
- mode pull
- multiserveurs
- Une seule commande ( barman )
- Et de nombreuses actions
- list-server , backup , list-backup , recover …
- Utilise pg_basebackup , pg_receivewal
- Utilisé par CloudNativePG
barman est un outil créé par 2ndQuadrant (racheté depuis par EDB). Il a pour but de faciliter la mise en place de sauvegardes PITR. Il gère à la fois la sauvegarde et la restauration. La commande barman dispose par exemple de ces actions :
- list-server , pour connaître la liste des serveurs configurés;
- backup , pour lancer une sauvegarde de base;
- list-backup , pour connaître la liste des sauvegardes de base;
- show-backup , pour afficher des informations sur une sauvegarde;
- delete , pour supprimer une sauvegarde;
- recover , pour restaurer une sauvegarde (la restauration peut se faire à distance).
À la différence de pgBackRest, barman repose sur les outils internes de PostgreSQL :
- pg_basebackup pour la copie des fichiers;
- pg_receivewal (optionnellement) pour streamer les journaux à archiver.
Il supporte aussi les dépôts S3 ou blob Azure. Un outil annexe, barman-cli-cloud 18 , permet de sauvegarder directement dans le cloud sans serveur Barman dédié. Cet outil est inclus dans l’opérateur Kubernetes CloudNativePG, également issu d’EDB. Voir : Site web de barman 19
2.10.3 WAL-G
- Successeur de WAL-E, par Citus Data & Yandex
- Orientation cloud
- Aussi pour MySQL et SQL Server
- Source 18 : https://docs.pgbarman.org/release/3.19.1/user_guide/barman_cloud.html
- Source 19 : https://www.pgbarman.org/
WAL-G 20 est une réécriture d’un ancien outil assez populaire, WAL-E, par Citus 21 et Yandex, et actif.
De par sa conception, il est optimisé pour l’archivage des journaux de transactions vers des stockages cloud (Amazon S3, Google, Yandex), la compression multiprocesseur par différents algorithmes 22 et l’optimisation du temps de restauration. Il supporte aussi MySQL/MariaDB et SQL Server (et d’autres dans le futur).
2.10.4 Autres outils de l’écosystème
- De nombreux autres outils existent
- …ou ont existé
- pitrery, WAL-E, OmniPITR, pg_rman, walmgr…
Du fait du dynamisme du projet, l’écosystème des outils autour de PostgreSQL est très changeant. À côté des outils évoqués ci-dessus, que nous recommandons, on trouve de nombreux projets autour du thème de la gestion des sauvegardes.
Certains de ces projets répondent à des problématiques de manière plus sûre ou spécifique.
D’autres sont assez anciens et plus guère maintenus, comme WAL-E 23 , remplacé par WAL-G. D’autres ont été rendus inutiles par l’évolution de PostgreSQL ces dernières années, comme walmgr, de la suite Skytools 24 ; ou OmniPITR 25 ; ou encore Pitrery 26 , de Nicolas Thauvin, issu du labo R&D de Dalibo, encore supporté jusque fin 2026 et jusque PostgreSQL 14, qui s’appuyait uniquement sur la sauvegarde concurrente et visait la simplicité d’utilisation pour des bases de taille petite ou moyenne. D’autres enfin sont simplement peu actifs et peu rencontrés en production, par exemple pg_rman 27 , développé par NTT.
- Source 20 : https://github.com/wal-g/wal-g
- Source 21 : https://www.citusdata.com/blog/2017/08/18/introducing-wal-g-faster-restores-for-postgres/
- Source 22 : https://wal-g.readthedocs.io/
- Source 23 : https://github.com/wal-e/wal-e
- Source 24 : https://wiki.postgresql.org/wiki/SkyTools
- Source 25 : https://github.com/omniti-labs/omnipitr
- Source 26 : https://dalibo.github.io/pitrery/
- Source 27 : https://github.com/ossc-db/pg_rman
2.10.5 Définir ses besoins
- Sauvegardes physiques ? Logiques?
- Sauvegarde locale (NFS?) / distante (SSH? S3 ?)
- Push/pull?
- Ressources à disposition ?
- Accès? OS/environnement?
- Rétention?
- Compression? Performances?
- Pérennité, historique?
- Supervision ?
Le choix d’un outil de sauvegarde est structurant. Il faut bien définir ses besoins. Signalons d’abord qu’une sauvegarde logique ( pg_dump , pg_back 28 ) répond déjà à bien des besoins. Toutes les bases n’ont pas besoin de la complexité du PITR. Où les sauvegardes doivent-elles être stockées? Un partage NFS est courant, un S3 l’est aussi à présent. A-t-on besoin de sauvegardes différentielles/incrémentales, l’outil les gère-t-il? Quelles ressources sont à disposition ? Y a-t-il un serveur de sauvegardes dédié ? Si oui, a-t-il la puissance pour compresser fortement une grosse base, ou faut-il que ce soit fait à la source, auquel cas les ressources doivent être du côté du serveur de base de données ? Ou accepte-t-on des sauvegardes plus volumineuses? La capacité de gérer la compression et la parallélisation de l’archivage face à des écritures massives est importante. pgBackRest a d’abord été conçu pour ce besoin. Vise-t-on un RPO de zéro? Un réplica est-il disponible ? Peut-il servir à faire la sauvegarde? De quel type d’accès aux serveurs de bases de données dispose-t-on? Le mode pull est-il acceptable? recommandé? Quel est l’environnement? La plupart des outils sont diffusés par le PGDG sur les grandes distributions Linux; mais CloudNativePG impose (pour le moment) barman-cli-cloud . Quel est l’historique et la pérennité de l’outil envisagé? On ne confie pas une chose aussi importante que la sauvegarde à un outil apparu récemment, peu utilisé et mal documenté. Enfin, sait-on correctement superviser les sauvegardes (fraîcheur des sauvegardes, « trous » dans les journaux)?
- Source 28 : https://github.com/orgrim/pg_back
2.11 Conclusion
- Une sauvegarde
- fiable
- éprouvée
- rapide
- continue
- Mais
- plus complexe à mettre en place que pg_dump
- qui restaure toute l’instance
Cette méthode de sauvegarde est la seule utilisable dès que les besoins de performance de sauvegarde et de restauration augmentent (Recovery Time Objective ou RTO), ou que le volume de perte de données doit être drastiquement réduit (Recovery Point Objective ou RPO).
2.11.1 Questions
N’hésitez pas, c’est le moment !
2.12 Quiz
2.13 Installation de PostgreSQL depuis les paquets
COMMUNAUTAIRES
L’installation est détaillée ici pour Rocky Linux 8 et 9 (similaire à Red Hat et à d’autres variantes comme Oracle Linux et Fedora), et Debian/Ubuntu. Elle ne dure que quelques minutes.
2.13.1 Sur Rocky Linux 8, 9 ou 10
ATTENTION : Red Hat, CentOS, Rocky Linux fournissent souvent par défaut des versions de PostgreSQL qui ne sont plus supportées. Ne jamais installer les packages postgresql , postgresql-client et postgresql-server ! L’utilisation des dépôts du PGDG est fortement conseillée.
Installation du dépôt communautaire : Les dépôts de la communauté sont sur https://yum.postgresql.org/. Les commandes qui suivent sont inspirées de celles générées par l’assistant sur https://www.postgresql.org/download/linux/redhat/. Il n’y a guère que les informations de version qui diffèrent en fonction de :
- la version majeure de PostgreSQL (ici la 18) ;
- la distribution (ici Rocky Linux 9) ;
- l’architecture (ici x86_64, la plus courante). Les commandes sont à lancer sous root :
Installation de PostgreSQL 18 (client, serveur, librairies, extensions) :
Les outils clients et les librairies nécessaires seront automatiquement installés. Une fonctionnalité avancée optionnelle, le JIT (Just In Time compilation), nécessite un paquet séparé.
Création d’une première instance : C’est optionnel, mais il est conseillé de déclarer PGSETUP_INITDB_OPTIONS , notamment pour forcer les traces en anglais. Depuis la version 18, les sommes de contrôle sont automatiquement activées.
Ce dernier fichier permet de vérifier que tout s’est bien passé et doit finir par : Success. You can now start the database server using:
Chemins :
Objet Chemin
Binaires /usr/pgsql-18/bin Répertoire de l’utilisateur postgres
PGDATA par défaut /var/lib/pgsql/18/data Fichiers de configuration dans PGDATA/ Traces dans PGDATA/log
Configuration : Modifier postgresql.conf est facultatif pour un premier lancement. Commandes d’administration habituelles : Démarrage, arrêt, statut, rechargement à chaud de la configuration, redémarrage :
Test rapide de bon fonctionnement et connexion à psql :
Démarrage de l’instance au lancement du système d’exploitation :
Ouverture du firewall pour le port 5432 : Voir si le firewall est actif :
Si c’est le cas, autoriser un accès extérieur :
(Rappelons que listen_addresses doit être également modifié dans postgresql.conf .) Création d’autres instances : Si des instances de versions majeures différentes doivent être installées, il faut d’abord installer les binaires pour chacune (adapter le numéro dans dnf install … ) et appeler le script d’installation de chaque version. l’instance par défaut de chaque version vivra dans un sous-répertoire numéroté de /var/lib/pgsql automatiquement créé à l’installation. Il faudra juste modifier les ports dans les postgresql.conf pour que les instances puissent tourner simultanément.
Si plusieurs instances d’une même version majeure (forcément de la même version mineure) doivent cohabiter sur le même serveur, il faut les installer dans des PGDATA différents.
- Ne pas utiliser de tiret dans le nom d’une instance (problèmes potentiels avec systemd).
- Respecter les normes et conventions de l’OS : placer les instances dans un nouveau sousrépertoire de /var/lib/pgsqsl/18/ (ou l’équivalent pour d’autres versions majeures). Pour créer une seconde instance, nommée par exemple infocentre :
- Création du fichier service de la deuxième instance :
- Modification de ce dernier fichier avec le nouveau chemin :
- Option 1 : création d’une nouvelle instance vierge :
- Option 2 : restauration d’une sauvegarde : la procédure dépend de votre outil.
- Adaptation de /var/lib/pgsql/18/infocentre/postgresql.conf (port surtout).
- Commandes de maintenance de cette instance :
- Ouvrir le nouveau port dans le firewall au besoin.
2.13.2 Sur Debian / Ubuntu
L’installation ne varie quasiment pas selon les versions de Debian et Ubuntu. Ce qui suit a été testé sur Debian 10 à 13 et Ubuntu LTS 22.04 et 24.04. Sauf précision, tout est à effectuer en tant qu’utilisateur root. Référence : https://apt.postgresql.org/ Installation du dépôt communautaire : L’installation des dépôts du PGDG est prévue dans le paquet Debian postgresql-common :
gnupg2 postgresql-common
Ce dernier ordre créera le fichier du dépôt /etc/apt/sources.list.d/pgdg.list adapté à la distribution en place. Installation de PostgreSQL 18 : La méthode la plus propre consiste à modifier la configuration par défaut avant l’installation : Dans /etc/postgresql-common/createcluster.conf , paramétrer au moins les traces en anglais. Depuis la version 18, les sommes de contrôle sont automatiquement activées.
Puis installer les paquets serveur et clients et leurs dépendances :
La première instance est automatiquement créée, avec un nom ( main par défaut‘), déclarée comme service à lancer au démarrage du système, puis démarrée.
Ver Cluster Port Status Owner Data directory Log file 18 main 5432 online postgres /var/lib/postgresql/18/main /var/log/postgresql/postgresql-18-main.log
● postgresql@18-main.service - PostgreSQL Cluster 18-main Loaded: loaded (/usr/lib/systemd/system/postgresql@.service; enabled-runtime; preset: enabled) Active: active (running) since Fri 2026-01-30 15:18:43 UTC; 2min 13s ago …
L’utilisateur système postgres peut y accéder immédiatement. Chemins :
Objet Chemin
Binaires /usr/lib/postgresql/18/bin/
Objet Chemin
Répertoire de l’utilisateur postgres/var/lib/postgresql PGDATA de l’instance par défaut /var/lib/postgresql/18/main Fichiers de configuration dans /etc/postgresql/18/main/ Traces dans /var/log/postgresql/
Configuration Modifier postgresql.conf est facultatif pour un premier essai. Démarrage/arrêt de l’instance, rechargement de configuration : Debian fournit ses propres outils, qui demandent en paramètre la version et le nom de l’instance :
Démarrage de l’instance avec le serveur : C’est en place par défaut, et modifiable dans /etc/postgresql/18/main/start.conf . Ouverture du firewall : Debian et Ubuntu n’installent pas de firewall par défaut. Statut des instances du serveur :
Ver Cluster Port Status Owner Data directory Log file 18 main 5432 online postgres /var/lib/postgresql/18/main /var/log/postgresql/postgresql-18-main.log
Test rapide de bon fonctionnement et connexion à psql :
Destruction d’une instance :
Création d’autres instances : Ce qui suit est valable pour remplacer l’instance par défaut par une autre, par exemple pour activer les sommes de contrôles (checksums) avant la version v18 :
- optionnellement, permet de mettre en
place tout d’entrée les messages en anglais, le format des traces, l’emplacement séparé pour les journaux ou les checksums pour une version inférieure à 18 :
- créer une instance :
Il est également possible de préciser certains paramètres du fichier postgresql.conf , voire les chemins des fichiers (il est conseillé de conserver les chemins par défaut) :
– –data-checksums –waldir=/ssd/postgresql/18/infocentre/journaux
- adapter au besoin /etc/postgresql/18/infocentre/postgresql.conf ;
- démarrage :
2.13.3 Accès à l’instance depuis le serveur même (toutes distributions)
Par défaut, l’instance n’est accessible que par l’utilisateur système postgres, qui n’a pas de mot de passe. Un détour par sudo est nécessaire :
Type “help” for help.
Ce qui suit permet la connexion directement depuis un utilisateur du système : Pour des tests (pas en production!), il suffit de passer à trust le type de la connexion en local dans le pg_hba.conf :
localall postgres trust
La connexion en tant qu’utilisateur postgres (ou tout autre) n’est alors plus sécurisée :
dalibo:~$ psql -U postgres
Type “help” for help.
Une authentification par mot de passe est plus sécurisée :
- dans pg_hba.conf , paramétrer une authentification par mot de passe pour les accès depuis localhost (déjà en place sous Debian) :
(Ne pas oublier de recharger la configuration en cas de modification.)
- ajouter un mot de passe à l’utilisateur postgres de l’instance :
dalibo:~$ sudo -iu postgres psql
Type “help” for help.
Enter new password for user “postgres”: Enter it again:
dalibo:~$ psql -h localhost -U postgres Password for user postgres:
Type “help” for help.
- Pour se connecter sans taper le mot de passe à une instance, un fichier .pgpass dans le répertoire personnel doit contenir les informations sur cette connexion :
localhost:5432:*:postgres:motdepassetrèslong
Ce fichier doit être protégé des autres utilisateurs :
- Pour n’avoir à taper que psql , on peut définir ces variables d’environnement dans la session voire dans ~/.bashrc :
Rappels :
- en cas de problème, consulter les traces (dans
/var/lib/pgsql/18/data/logou/var/log/postgresql/); - toute modification de
pg_hba.confoupostgresql.confimpliquant de recharger la configuration peut être réalisée par une de ces trois méthodes en fonction du système :

2.14 Introduction à pgbench
pgbench est un outil de test livré avec PostgreSQL. Son but est de faciliter la mise en place de benchmarks simples et rapides. Par défaut, il installe une base très simple, génère une activité plus ou moins intense et calcule le nombre de transactions par seconde et la latence. C’est ce qui sera fait ici dans cette introduction. On peut aussi lui fournir ses propres scripts.
La documentation complète est sur https://docs.postgresql.fr/current/pgbench.html. L’auteur principal, Fabien Coelho, a fait une présentation complète, en français, à la PG Session #9 de 2017 29 .
2.14.1 Installation
L’outil est installé avec les paquets habituels de PostgreSQL, client ou serveur suivant la distribution. Sur les distributions à paquets RPM (RockyLinux…), l’outil n’est pas dans le chemin par défaut, il faudra fournir le chemin complet (qui ne sera pas répété ici) :
Il est préférable de créer un rôle non privilégié dédié, qui possédera la base de donnée :
- Source 29 : https://youtu.be/aTwh_CgRaE0
Le pg_hba.conf doit éventuellement être adapté. La base par défaut s’initialise ainsi (ajouter
avec 10 millions de lignes dans la table principale pgbench_accounts :
Liste des relations
2.14.2 Générer de l’activité
Pour simuler une activité de 20 clients simultanés, répartis sur 4 processeurs, pendant 100 secondes :
Pour afficher, ajouter –debug :
VALUES (134, 78, 3789437, -3455, CURRENT_TIMESTAMP);
À la fin, s’affichent notamment le nombre de transactions (avec et sans le temps de connexion) et la durée moyenne d’exécution du point de vue du client ( latency ) :
scaling factor: 100 query mode: simple number of clients: 20 number of threads: 4 duration: 10 s number of transactions actually processed: 20433 latency average = 9.826 ms
Modifier le paramétrage est facile grâce à la variable d’environnement PGOPTIONS :
2>/dev/null
latency average = 6.992 ms
Des tests rigoureux doivent durer bien sûr beaucoup plus longtemps que 100 s, par exemple pour tenir compte des effets de cache, des checkpoints périodiques, etc.
2.15 Travaux pratiques
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/i2_solutions.
2.15.1 Pg_basebackup : sauvegarde ponctuelle & restauration
But : Créer une sauvegarde physique à chaud à un moment précis de la base avec pg_basebackup , et la restaurer.
NB : Ce TP a été mis à jour pour la version 18 de PostgreSQL. Adapter les chemins pour les autres versions au besoin. Dans ce qui suit, la plupart des commandes seront à lancer en tant que postgres, les ordres sudo nécessitant un utilisateur privilégié. Vous aurez besoin de plusieurs terminaux sous postgres (application, sauvegardes, restauration), et d’un terminal pour l’utilisateur privilégié..
Préparer la réplication dans postgresql.conf et pg_hba.conf :
- activer l’archivage;
- simuler un archivage fonctionnel avec /bin/true comme valeur pour la commande d’archivage ( archive_command ) ;
- autoriser les connexions de réplication en streaming en local.
Pour insérer des données :
- en arrière-plan dans un autre terminal, générer de l’activité avec pgbench en tant qu’utilisateur postgres :
- surveiller l’évolution de l’activité sur la table pgbench_history , par exemple ainsi :
En parallèle, sauvegarder l’instance avec :
- pg_basebackup au format tar, compressé avec gzip;
- sans oublier les journaux ;
- avec l’option –max-rate=10M pour ralentir la sauvegarde;
- le répertoire de sauvegarde sera /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak ;
- surveiller la progression dans une autre session avec la vue système adéquate.
Une fois la sauvegarde terminée : quels sont les fichiers générés?
Arrêter la session pgbench ;
Noter l’heure exacte de dernière modification dans pgbench_history .
Arrêter l’instance.
Faire une copie à froid des données (par exemple avec cp -rfp ) vers /var/lib/pgsql/backups/data.afroid (cette copie resservira plus tard).
Vider le répertoire des données ;
Restaurer la sauvegarde pg_basebackup en décompressant ses deux archives ( tar -C … -xzf … ) dans le répertoire de données original ;
Redémarrer l’instance.
Une fois l’instance restaurée et démarrée, vérifier les traces : la base doit accepter les connexions.
Quelle est la dernière donnée restaurée (dans pgbench_history ) ? Y a-t-il un écart? Est-ce normal?
Tenter une nouvelle restauration depuis l’archive pg_basebackup sans restaurer les journaux de transaction. Que se passe-t-il? Consulter le fichier backup_label .
(Optionnel) Copier une partie des journaux sauvegardés dans pg_wal et tenter un démarrage. Que se passe-t-il?
(Optionnel) Chercher l’enregistrement suivant parmi les journaux avec :
Restaurer à nouveau la sauvegarde par pg_basebackup . Quelle est la timeline?
2.15.2 Pg_basebackup : sauvegarde ponctuelle & restauration des journaux
suivants
But : Coupler une sauvegarde à chaud avec pg_basebackup et l’archivage
Si après le TP précédent l’instance n’est pas fonctionnelle, remettre en place la copie à froid de l’instance depuis /var/lib/pgsql/backups/data.afroid.bak/ .
Configurer l’archivage vers un répertoire /archives , par exemple avec rsync . Configurer la commande de restauration inverse; Démarrer PostgreSQL.
Générer à nouveau de l’activité avec pgbench : en tant qu’utilisateur postgres :
Vérifier que l’archivage fonctionne dans le répertoire /archives , dans les traces et dans la vue pg_stat_archiver .
En parallèle, lancer une nouvelle sauvegarde avec pg_basebackup au format plain (non compressé).
Utiliser pg_verify_backup pour contrôler l’intégrité de la sauvegarde.
À quoi correspond le fichier finissant par .backup dans les archives?
Arrêter pgbench et noter la date des dernières données insérées.
Effacer le PGDATA; Restaurer la sauvegarde précédente sans les journaux ; Configurer la restore_command ;. Créer le fichier recovery.signal ; Démarrer PostgreSQL.
Vérifier les traces, ainsi que les données restaurées une fois le service démarré.
Vérifier quelles données ont été restaurées.
2.16 Travaux pratiques (solutions)
2.16.1 Pg_basebackup : sauvegarde ponctuelle & restauration
NB : Ce TP a été mis à jour pour la version 18 de PostgreSQL. Adapter les chemins pour les autres versions au besoin. Dans ce qui suit, la plupart des commandes seront à lancer en tant que postgres, les ordres sudo nécessitant un utilisateur privilégié. Vous aurez besoin de plusieurs terminaux sous postgres (application, sauvegardes, restauration), et un pour l’utilisateur privilégié.
Préparer la réplication dans postgresql.conf et pg_hba.conf :
- activer l’archivage;
- simuler un archivage fonctionnel avec /bin/true comme valeur pour la commande d’archivage ( archive_command ) ;
- autoriser les connexions de réplication en streaming en local.
On n’aura pas encore besoin de l’archivage ici. S’il est déjà actif, on peut se contenter d’inhiber ainsi la commande d’archivage (cela économise le redémarrage suite à modification de archive_mode ) :
dans /var/lib/pgsql/18/data/postgresql.conf (pour les paquets RPM du PGDG ; sur Debian/Ubuntu, le postgresql.conf est dans /etc/postgresql/18/main/). Vérifier l’autorisation de connexion en réplication dans pg_hba.conf. Si besoin, mettre à jour la ligne en fin de fichier :
Cela va ouvrir l’accès sans mot de passe depuis l’utilisateur système postgres. Redémarrer PostgreSQL :
(Sous Debian, le nom du service est plutôt postgresql@18-main .)
Pour insérer des données :
- en arrière-plan dans un autre terminal, générer de l’activité avec pgbench en tant qu’utilisateur postgres :
- surveiller l’évolution de l’activité sur la table pgbench_history , par exemple ainsi :
Les commandes suivantes créent une base de 1,5 Go :
L’option suivante ne sert qu’à accélérer les tests (ne pas utiliser en production au risque de perdre quelques données en cas de crash) :
Celle-ci génère quelques centaines de transactions/seconde, limitées par un processeur :
En parallèle, sauvegarder l’instance avec :
- pg_basebackup au format tar, compressé avec gzip;
- sans oublier les journaux ;
- avec l’option –max-rate=10M pour ralentir la sauvegarde;
- le répertoire de sauvegarde sera /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak ;
- surveiller la progression dans une autre session avec la vue système adéquate.
(Le répertoire de sauvegarde correspond à une installation par défaut sur un Linux Red Hat ou similaire. Adapter le chemin sur un système Debian/Ubuntu.) En tant que postgres :
1583675/1583675 kB (100%), 1/1 tablespace
Évidemment, en production, il ne faut pas sauvegarder sur le même serveur, et encore moins le même disque, que les données. La progression peut se suivre depuis psql avec :
\x on
\watch 1
backup_streamed
tablespaces_total
backup_streamed
tablespaces_total
…
La sauvegarde devrait durer trois minutes.
Une fois la sauvegarde terminée : quels sont les fichiers générés?
Les fichiers générés sont : ls -lha /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak
… -rw——-. 1 postgres postgres 180K Sep 4 16:58 backup_manifest -rw——-. 1 postgres postgres 88M Sep 4 16:58 base.tar.gz -rw——-. 1 postgres postgres 5.1M Sep 4 16:58 pg_wal.tar.gz
On obtient donc :
- une archive de la sauvegarde « de base » ;
- une archive des journaux nécessaires;
- un fichier manifeste JSON contenant les sommes de contrôles des fichiers archivés. Ce dernier peut se consulter avec :
… { “Path”: “base/1/3466”, “Size”: 0, “Last-Modified”: “2026-09-04 06:17:19 GMT”, “Checksum-Algorithm”: “CRC32C”, “Checksum”: “00000000” }, …
- Arrêter la session pgbench ;
- Noter l’heure exacte de dernière modification dans pgbench_history .
L’activité avec pgbench s’arrête avec un simple Ctrl-C. Noter l’heure de dernière modification :
max
2026-09-04 17:31:09.360418
- Arrêter l’instance;
- Faire une copie à froid des données (par exemple avec cp -rfp ) vers /var/lib/pgsql/backups/data.afroid (cette copie resservira plus tard).
En tant qu’utilisateur privilégié :
En tant qu’utilisateur postgres :
Ce répertoire de données correspond à une installation par défaut sur un Linux Red Hat, Rocky Linux ou similaire. Sur un système Debian/Ubuntu, les données sont par défaut dans
- Vider le répertoire des données ;
- Restaurer la sauvegarde pg_basebackup en décompressant ses deux archives ( tar -C … -xzf … ) dans le répertoire de données original ;
- Redémarrer l’instance.
On restaure dans le répertoire de données l’archive de base, puis les journaux dans leur sousrépertoire pg_wal/ . La suppression des traces est optionnelle, mais elle évite de mélanger celles d’avant et celles d’après la restauration. En tant qu’utilisateur postgres :
-xzf /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/base.tar.gz
-xzf /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/pg_wal.tar.gz
ls -l /var/lib/pgsql/18/data/pg_wal/
total 49152 -rw——-. 1 postgres postgres 16777216 Sep 4 16:32 000000010000000000000059 -rw——-. 1 postgres postgres 16777216 Sep 4 16:33 00000001000000000000005A -rw——-. 1 postgres postgres 16777216 Sep 4 16:33 00000001000000000000005B drwx——. 2 postgres postgres 80 Sep 4 17:06 archive_status drwx——. 2 postgres postgres 6 Sep4 16:32 summaries
En tant qu’utilisateur privilégié :
Une fois l’instance restaurée et démarrée, vérifier les traces : la base doit accepter les connexions.
En tant postgres ou root : tail -F /var/lib/pgsql/18/data/log/postgresql-*.log
… … LOG:listening on Unix socket “/tmp/.s.PGSQL.5432” … LOG:database system was interrupted; last known up at 2026-09-04 17:29:08 CEST … LOG:starting backup recovery with redo LSN 0/5106DCA8, checkpoint LSN 0/510F5D78, on timeline ID 1 … LOG:redo starts at 0/5106DCA8 … LOG:completed backup recovery with redo LSN 0/5106DCA8 and end LSN 0/54FF3C88 … LOG:consistent recovery state reached at 0/54FF3C88 … LOG:redo done at 0/54FF3C88 system usage: CPU: user: 0.08 s, system: 0.07 s, elapsed: 0.16 s … LOG:checkpoint starting: end-of-recovery immediate wait … LOG:checkpoint complete: wrote 8353 buffers (51.0%), wrote 3 SLRU buffers; 0 WAL file(s) added, 0 removed, 4 recycled; write=0.292 s, sync=0.634 s, total=0.985 s; sync files=23, longest=0.622 s, average=0.028 s; distance=65096 kB, estimate=65096 kB; lsn=0/55000028, redo lsn=0/55000028 … LOG:database system is ready to accept connections …
PostgreSQL considère qu’il a été interrompu brutalement et part en recovery. Noter en particulier la mention consistent recovery state reached : la sauvegarde est bien cohérente.
Quelle est la dernière donnée restaurée (dans pgbench_history ) ? Y a-t-il un écart? Est-ce normal?
max
2026-09-04 17:29:44.286013
Il y a un petit écart. Grâce aux journaux ( pg_wal ) restaurés, l’ensemble des modifications survenues pendant la sauvegarde ont bien été récupérées. Par contre, les données générées après la sauvegarde n’ont, elles, pas été récupérées. Il aurait fallu des journaux postérieurs à la sauvegarde.
Tenter une nouvelle restauration depuis l’archive pg_basebackup sans restaurer les journaux
de transaction. Que se passe-t-il? Consulter le fichier backup_label .
En tant qu’utilisateur privilégié :
-xzf /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/base.tar.gz
ls /var/lib/pgsql/18/data/pg_wal/
Il n’y a plus les journaux :
summaries
Et le redémarrage donne :
Job for postgresql-18.service failed because the control process exited with error code. See “systemctl status postgresql-18.service” and “journalctl -xeu postgresql-18.service” for details.
Pour trouver la cause, il faut aller chercher dans les traces : tail /var/lib/pgsql/18/data/log/postgresql-*.log
… LOG:starting backup recovery with redo LSN 0/5106DCA8, checkpoint LSN 0/510F5D78, on timeline ID 1 … LOG:invalid checkpoint record … FATAL: could not locate required checkpoint record at 0/510F5D78 … HINT:If you are restoring from a backup, touch “/var/lib/pgsql/18/data/recovery.signal” or “/var/lib/pgsql/18/data/standby.signal” and add required recovery options. If you are not restoring from a backup, try removing the file “/var/lib/pgsql/18/data/backup_label”. Be careful: removing “/var/lib/pgsql/18/data/backup_label” will result in a corrupt cluster if restoring from a backup. … LOG:startup process (PID 30842) exited with exit code 1 … LOG:terminating any other active server processes … LOG:shutting down due to startup process failure … LOG:database system is shut down
PostgreSQL ne trouve pas les journaux nécessaires à sa restauration à un état cohérent, le service refuse de démarrer. Il a trouvé le point de départ 0/5106DCA8 dans le fichier backup_label créé au début de la sauvegarde, mais aucun checkpoint postérieur dans les journaux (et pour cause).
START WAL LOCATION: 0/5106DCA8 (file 000000010000000000000051)
BACKUP METHOD: streamed
BACKUP FROM: primary START TIME: 2026-09-04 17:29:08 CEST LABEL: pg_basebackup base backup START TIMELINE: 1
Supprimer le backup_label permettrait peut-être de démarrer l’instance mais celle-ci serait alors dans un état incohérent! Il y a de bonnes chances que le démarrage s’achève par : … LOG:database system was interrupted; last known up at 2026-09-04 17:29:08 CEST … LOG:invalid checkpoint record … PANIC: could not locate a valid checkpoint record at 0/510F5D78 … LOG:startup process (PID 31394) was terminated by signal 6: Aborted … LOG:terminating any other active server processes … LOG:shutting down due to startup process failure … LOG:database system is shut down
En résumé : la restauration n’est pas possible sans les journaux !
(Optionnel) Copier une partie des journaux sauvegardés dans pg_wal et tenter un démarrage. Que se passe-t-il?
Décompression des journaux dans /tmp :
Copie des premiers : mv /tmp/000000010000000000000051 /var/lib/pgsql/18/data/pg_wal/ mv /tmp/000000010000000000000052 /var/lib/pgsql/18/data/pg_wal/ …
La base redémarrera… mais on a une bonne chance d’avoir ensuite ce message puis un arrêt : … LOG:restarting backup recovery with redo LSN 1> - le répertoire de sauvegarde sera /var/lib/psql/backups/data.bb.bak ;/4980DC78 … LOG:database system was not properly shut down; automatic recovery in progress … LOG:redo starts at 1/4980DC78 … LOG:redo done at 1/D0FFFC10 system usage: CPU: user: 4.45 s, system: 4.51 s, elapsed: 9.43 s … FATAL: WAL ends before end of online backup … HINT:All WAL generated while online backup was taken must be available at recovery. … LOG:startup process (PID 33428) exited with exit code 1 … LOG:terminating any other active server processes … LOG:shutting down due to startup process failure … LOG:database system is shut down
Il faut vraiment tous les journaux. (Optionnel) Chercher l’enregistrement suivant parmi les journaux avec :
PostgreSQL attend de trouver l’enregistrement BACKUP_END posé par pg_backup_stop() . Pour le chercher il faut avoir tous les journaux archivés :
Recherche dans les journaux, en fournissant les deux bornes : cd /tmp
rmgr: XLOG len (rec/tot):
34/ 34, tx: 0, lsn: 0/54FF3C60, prev
0/54FF3C38, desc: BACKUP_END 0/5106DCA8
BACKUP_END 0/5106DCA8 indique de quel backup il s’agit.
L’entrée 0/54FF3C38 indique le journal final, et il finit donc par 54 … et désigne ainsi le dernier journal de l’archive. Si l’on affiche tout le journal avec :
il finira par ceci : rmgr: XLOG len (rec/tot):
34/ 34, tx: 0, lsn: 0/54FF3C60, prev
0/54FF3C38, desc: BACKUP_END 0/5106DCA8 rmgr: XLOG len (rec/tot):
24/ 24, tx: 0, lsn: 0/54FF3C88, prev
0/54FF3C60, desc: SWITCH
indique une demande de changement de journal, (provoquant ensuite un éventuel archivage).
Restaurer à nouveau la sauvegarde par pg_basebackup . Quelle est la timeline?
Pour repartir d’une base propre : En tant qu’utilisateur privilégié :
-xzf /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/base.tar.gz
-xzf /var/lib/pgsql/backups/data.bb.bak/pg_wal.tar.gz
En tant qu’utilisateur privilégié :
La timeline est visible par divers moyens :
- le premier numéro non-zéro dans les noms des journaux ;
- l’utilitaire système pg_controldata ;
- et au plus simple :
prev_timeline_id
full_page_writes
next_multixact_id
next_multi_offset
oldest_xid_dbid
oldest_active_xid
oldest_multi_xid
oldest_multi_dbid
checkpoint_time
En l’occurence, après un simple redémarrage sans recovery_signal , la timeline reste la même qu’avant.
2.16.2 Pg_basebackup : sauvegarde ponctuelle & restauration des journaux
suivants Si après le TP précédent l’instance n’est pas fonctionnelle, remettre en place la copie à froid de l’instance depuis /var/lib/pgsql/backups/data.afroid.bak/ .
Vérifier qu’il est possible de se connecter par psql .
Configurer l’archivage vers un répertoire /archives , par exemple avec rsync ; Configurer la commande de restauration inverse; Démarrer PostgreSQL.
Créer un répertoire d’archivage, s’il n’existe pas déjà, et vérifier que postgres a les droits nécessaires pour l’utiliser :
Là encore, en production, ce sera plutôt un partage distant. L’utilisateur système postgres doit avoir le droit d’y écrire. La commande d’archivage se définit dans postgresql.conf :
et on peut y définir aussi tout de suite la commande de restauration :
Si archive_mode n’était pas déjà à on , il faut redémarrer (sinon reload suffit) :
(Sous Debian, le nom du service est plutôt postgresql@18-main .) Vérifier le bon démarrage :
Générer à nouveau de l’activité avec pgbench : en tant qu’utilisateur postgres :
Cela devrait générer quelque centaines de transactions par seconde selon la machine.
Vérifier que l’archivage fonctionne dans le répertoire /archives , dans les traces et dans la vue pg_stat_archiver .
ls -lha /archives
… -rw——-. 1 postgres postgres 30M Jan 5 18:32 0000000100000000000000BB -rw——-. 1 postgres postgres 30M Jan 5 18:32 0000000100000000000000BC -rw——-. 1 postgres postgres 30M Jan 5 18:32 0000000100000000000000BD …
Si cela ne fonctionne pas, il faut aller voir les traces dans le dernier fichier en date sous
ou dans /var/log/postgresql/postgresql-18-main.log (paquets Debian).
Par exemple, une erreur de frappe dans archive_command peut donner ces messages :
…ERROR: invalid value for parameter “archive_command”: “rsync % p /archives/%f” …DETAIL: String contains unexpected placeholder “% “. …WARNING: archiving write-ahead log file “0000000100000000000000C5” failed too many times, will try again later
La vue pg_stat_archiver doit indiquer que les erreurs d’archivage sont plus anciennes que les succès, comme ci-dessous. pg_switch_wal() peut aider à forcer un archivage si l’activité est trop faible.
0/CC1232A8
-[ RECORD 1 ]——+—————————–archived_count
last_archived_wal
last_failed_wal
last_failed_time
En parallèle, lancer une nouvelle sauvegarde avec pg_basebackup au format plain (non compressé).
En tant que postgres :
1586078/1586078 kB (100%), 1/1 tablespace
La taille de la sauvegarde sera bien sûr nettement plus grosse qu’en tar compressé.
Utiliser pg_verify_backup pour contrôler l’intégrité de la sauvegarde.
Si tout va bien, le message sera lapidaire :
backup successfully verified
S’il y a un problème, des messages de ce genre apparaîtront : pg_verifybackup: error: “global/TEST” is present on disk but not in the manifest pg_verifybackup: error: “global/2671” is present in the manifest but not on disk pg_verifybackup: error: “postgresql.conf” has size 29507 on disk but size 29506 in the manifest
À quoi correspond le fichier finissant par .backup dans les archives?
En effet, parmi les journaux archivés, figure ce fichier : ls -1 /archives
… 000000010000000100000003 000000010000000100000003.00D75CA8.backup 000000010000000100000004 …
Son contenu correspond au futur backup_label :
START WAL LOCATION: 1/3D75CA8 (file 000000010000000100000003)
BACKUP METHOD: streamed BACKUP FROM: primary START TIME: 2026-09-04 19:38:34 CEST LABEL: pg_basebackup base backup START TIMELINE: 1
Arrêter pgbench et noter la date des dernières données insérées.
max
2026-09-04 19:42:17.531995
Effacer le PGDATA; Restaurer la sauvegarde précédente sans les journaux ; Configurer la restore_command ; Créer le fichier recovery.signal ; Démarrer PostgreSQL.
- La sauvegarde étant au format plain, il s’agit d’une simple copie de fichiers. En tant que postgres :
- Si ça n’a pas déjà été fait, paramétrer la restore_command en sens inverse de l’ archive_command dans postgresql.conf , éventuellement postgresql.auto.conf .
(Un cp aurait pu convenir aussi.)
- Créer le fichier recovery.signal :
- Démarrer le service :
Vérifier les traces, ainsi que les données restaurées une fois le service démarré.
Les traces sont plus complexes à cause de la restauration depuis les archives :
tail -F /var/lib/pgsql/18/data/log/postgresql-Mon.log
… … LOG: database system was interrupted; last known up at 2026-09-04 19:40:40 CEST … LOG: creating missing WAL directory “pg_wal/archive_status” … LOG: creating missing WAL directory “pg_wal/summaries”
PostgreSQL s’est aperçu que ces fichiers n’avaient pas été restaurées de l’archive.
directory (2)
at main.c(1327) [sender=3.2.5] … LOG: starting backup recovery with redo LSN 1/3D75CA8, checkpoint LSN 1/4E03970, on timeline ID 1
Les messages d’erreur de rsyncne sont pas inquiétants : celui-ci ne trouve simplement pas les fichiers demandés par la restore_command . PostgreSQL sait ainsi qu’il n’y a pas de fichier 00000002.history et donc pas de timeline de ce numéro. Il devine plus loin qu’il a restauré tous les journaux quand la récupération de l’un d’entre eux échoue. Les erreurs sur les fichiers 00000001.history et 00000002.history sont normales. PostgreSQL cherche ces fichiers pour voir quel est l’enchaînement des timelines et quelle est la dernière. Puis il restaure les premiers journaux : … LOG: restored log file “000000010000000100000004” from archive … LOG: restored log file “000000010000000100000003” from archive … LOG: starting archive recovery … LOG: redo starts at 1/3D75CA8 … … … LOG: restored log file “00000001000000010000001B” from archive … LOG: redo in progress, elapsed time: 10.20 s, current LSN: 1/1AFE9938 … … LOG: redo in progress, elapsed time: 20.32 s, current LSN: 1/2FFEB818 … … … LOG: restored log file “000000010000000100000041” from archive … LOG: restartpoint starting: wal … LOG: restored log file “000000010000000100000042” from archive … LOG: redo in progress, elapsed time: 30.20 s, current LSN: 1/41FF2AC8 … … … LOG: restored log file “00000001000000010000004F” from archive … LOG: restored log file “000000010000000100000050” from archive … LOG: completed backup recovery with redo LSN 1/3D75CA8 and end LSN 1/4FE2B368 … LOG: consistent recovery state reached at 1/4FE2B368 … LOG: database system is ready to accept read-only connections
contenait 00000001000000010000004Fl’enregistrement (comme BACKUP_END lerévélerait pg_waldump ). À ce stade, la base est cohérente et utilisable.
Les journaux suivants ont été générés pendant la sauvegarde et sont restaurés jusqu’à épuisement : … LOG: restored log file “000000010000000100000051” from archive … … … LOG: restored log file “000000010000000100000070” from archive
or directory (2)
at main.c(1327) [sender=3.2.5]
or directory (2)
at main.c(1327) [sender=3.2.5] … LOG: redo done at 1/706EF970 system usage: CPU: user: 6.26 s, system: 5.25 s, elapsed: 52.45 s … LOG: last completed transaction was at log time 2026-09-04 19:42:43.073467+02 … LOG: restored log file “000000010000000100000070” from archive
directory (2)
at main.c(1327) [sender=3.2.5] … LOG: selected new timeline ID: 2 … … LOG: archive recovery complete … LOG: restartpoint complete: wrote 2073 buffers (12.7%), wrote 6 SLRU buffers; 0 WAL file(s) added, 13 removed, 20 recycled; write=5.397 s, sync=2.311 s, total=7.987 s; sync files=20, longest=1.512 s, average=0.116 s; distance=540672 kB, estimate=540672 kB; lsn=1/63141140, redo lsn=1/45022D00 … LOG: recovery restart point at 1/45022D00 … DETAIL: Last completed transaction was at log time 2026-09-04 19:42:43.073467+02. … … LOG:
… LOG:
file(s) added, 0 removed, 44 recycled; write=0.291 s, sync=0.995 s, total=1.543 s; sync files=12, longest=0.971 s, average=0.083 s; distance=720756 kB, estimate=720756 kB; lsn=1/71000028, redo lsn=1/71000028 … LOG: database system is ready to accept connections
Les dernières lignes montrent une dernière recherche de fichiers d’historiques qui auraient pu apparaître entre temps. Il n’y a plus rien à suivre. Il y a bascule sur une nouvelle timeline, et un checkpoint. Noter que les journaux portent bien une nouvelle timeline numérotée 2 : ls -l /var/lib/pgsql/18/data/pg_wal/
… -rw——-. 1 postgres postgres 17777217 Jan 5 18:43 000000020000000100000023 -rw——-. 1 postgres postgres 17777217 Jan 5 18:43 000000020000000100000024 -rw——-. 1 postgres postgres 42 Jan 5 18:43 00000002.history drwx——. 2 postgres postgres 35 Jan 5 18:43 archive_status
Vérifier quelles données ont été restaurées.
Cette fois, toutes les données générées après la sauvegarde ont bien été récupérées :
max
2026-09-04 19:42:17.531995
3 pg_basebackup
pg_basebackup
Ce chapitre reprend la présentation complète de pg_basebackup et renvoie aux mécanismes PITR du chapitre précédent : sauvegarde physique à chaud et PITR.

3/ Pg_basebackup
3.1 Introduction
pg_basebackup, l’outil simple et efficace pour la copie physique à chaud pg_basebackup est un produit qui a beaucoup évolué dans les dernières versions de PostgreSQL. pg_basebackup est simple à mettre en place et à utiliser. De plus, il est livré avec PostgreSQL, et le paramétrage par défaut le rend immédiatement utilisable. S’il a des limitations qui n’en font pas le premier choix pour une sauvegarde PITR, il a quand même de plus en plus d’atouts.
3.1.1 Au menu
- Copie physique à chaud
- Formats de sauvegarde
- Compression
- Avantages/inconvénients
- Utilisation possible pour
- le PITR
- créer un secondaire
3.2 Utilisation de pg_basebackup
Cas prévu : la sauvegarde ponctuelle physique à chaud
3.2.1 Présentation
- Intégré à PostgreSQL
- Buts :
- copie physique à chaud cohérente
- créer facilement un secondaire
- Ni restauration ni PITR incluses
pg_basebackup 1 est une application cliente intégrée à PostgreSQL, au même titre que pg_dump ou pg_dumpall .
pg_basebackup a été conçu pour permettre l’initialisation d’une instance secondaire, et il peut donc être utilisé pour effectuer facilement une sauvegarde physique ponctuelle. Celle-ci inclut les fichiers et journaux nécessaires pour une restauration telle que l’instance était à la fin de la sauvegarde.
pg_basebackup ne permet pas à lui seul de procéder à des sauvegardes PITR, mais peut aider à les mettre en place. Il peut aussi être à la base d’outils permettant le PITR (par exemple barman). Ces outils s’occupent également de l’archivage des journaux générés pendant et après la sauvegarde initiale. Cela permet une restauration dans un état postérieur à la fin de cette sauvegarde.
Lisez bien la documentation de pg_basebackup 2 pour votre version précise de PostgreSQL, des options ont changé de nom au fil des versions.
Même avec un serveur un peu ancien, il est possible d’utiliser un pg_basebackup récent, en installant les outils clients de la dernière version de PostgreSQL.
- Source 1 : https://docs.postgresql.fr/current/app-pgbasebackup.html
- Source 2 : https://docs.postgresql.fr/current/app-pgbasebackup.html
3.2.2 But
- Réalise les différentes étapes d’une sauvegarde
- via 1 ou 2 connexions de réplication + slots de réplication
- « base backup » & journaux nécessaires
- Copie intégrale
- image de la base à la fin du backup
- peut servir de base pour du PITR plus tard
pg_basebackup est un produit qui a beaucoup évolué dans les dernières versions de PostgreSQL. De plus, le paramétrage par défaut le rend immédiatement utilisable. Il permet de réaliser toute la sauvegarde de l’instance, à distance, via deux connexions de réplication :
- une pour les données ;
- une pour les journaux de transactions qui sont générés pendant la copie. Il est simple à mettre en place et à utiliser, et permet d’éviter de nombreuses étapes. Il gère la compression côté serveur ou client, et la sauvegarde incrémentale de manière encore peu pratique. Ci-dessous figurent toutes les options disponibles (en version 18). Nous en verrons la plupart.
pg_basebackup prend une sauvegarde binaire d’un serveur PostgreSQL en cours d’exécution.
Usage : pg_basebackup [OPTION]…
Options contrôlant la sortie : -D, –pgdata=RÉPERTOIRE reçoit la sauvegarde de base dans ce répertoire
-i, –incremental=ANCIENMANIFESTE réalise une sauvegarde incrémentale -r, –max-rate=TAUX taux maximum de transfert du répertoire de données (en Ko/s, ou utiliser le suffixe « k » ou « M ») -R, –write-recovery-conf écrit la configuration pour la réplication -t, –target=CIBLE[:DETAIL] cible de sauvegarde (si autre que client) -T, –tablespace-mapping=ANCIENREP=NOUVEAUREP déplace le répertoire ANCIENREP en NOUVEAUREP
transactions
inclut les journaux de transactions requis avec la méthode spécifiée -z, –gzip compresse la sortie tar
compresse sur le client ou le serveur comme indiqué -Z, –compress=none ne compresse pas la sortie tar
Options générales :
exécute un CHECKPOINT rapide ou réparti (par défaut)
-l, –label=LABEL configure le label de sauvegarde -n, –no-clean ne nettoie pas en cas d’erreur -N, –no-sync n’attend pas que les modifications soient proprement écrites sur disque -P, –progress affiche la progression de la sauvegarde -S, –slot=NOMREP slot de réplication à utiliser -v, –verbose affiche des messages verbeux -V, –version affiche la version puis quitte
utilise cet algorithme pour les sommes de contrôle du manifeste
encode tous les noms de fichier dans le manifeste en hexadécimal
sauvegarde côté serveur
sauvegarde
temporaires
ne vérifie pas les sommes de contrôle
configure la méthode pour synchroniser les fichiers sur disque -?, –help affiche cette aide puis quitte
Options de connexion : -d, –dbname=CHAÎNE_CONNEX chaîne de connexion -h, –host=HÔTE hôte du serveur de bases de données ou répertoire des sockets -p, –port=PORT numéro de port du serveur de bases de données -s, –status-interval=INTERVAL durée entre l’envoi de paquets de statut au serveur (en secondes) -U, –username=UTILISATEUR se connecte avec cet utilisateur -w, –no-password ne demande jamais le mot de passe -W, –password force la demande du mot de passe (devrait survenir automatiquement)
Rapporter les bogues à pgsql-bugs@lists.postgresql.org. Page d’accueil de PostgreSQL : https://www.postgresql.org/
3.2.3 Mise en place
- postgresql.conf :
- pg_hba.conf :
hostreplication usersvg 192.168.0.42/32 scram-sha-256
pg_basebackup nécessite des connexions de réplication. De plus, par défaut et de manière transparente, il utilise aussi un slot de réplication temporaire, une technique qui fiabilise la sauvegarde ou la réplication en indiquant à l’instance quels journaux elle doit conserver.
Avec la configuration de PostgreSQL par défaut, tout est en place :
Ensuite, il faut configurer le fichier pg_hba.conf pour accepter la connexion du serveur où est exécuté pg_basebackup . Dans la configuration par défaut, il y a en général cette ligne qui permet au moins de faire une copie en local avec l’utilisateur système postgres :
localreplicationall peer
(noter la base replication).
Il vaut mieux un utilisateur dédié à la connexion de réplication (au sens de la base de données) séparé, nommé ici sauve. Il faut donc ajouter cette ligne :
hostreplication sauve 127.0.0.1/32 scram-sha-256
Il faut créer cet utilisateur dédié :
\password sauve
Dans un but d’automatisation, le mot de passe finira souvent dans un fichier .pgpass ou équivalent.
3.2.4 Exemple de sauvegarde
-D /var/lib/postgresql/backups/
- Attention aux fichiers de configuration
- Possible aussi depuis un serveur secondaire
La commande précédente :
- lance pg_basebackup, ici en lui demandant une archive au format tar ;
- archive les journaux en utilisant une connexion de réplication par streaming;
- force le checkpoint ;
- implicitement, utilise un slot de réplication temporaire pour sécuriser l’opération.
Le résultat est ici un ensemble des deux archives :
total 4163772 -rw——- 1 postgres postgres 659785216 Oct 9 11:37 base.tar -rw——- 1 postgres postgres 16780288 Oct 9 11:37 pg_wal.tar
La première contient le PGDATA. Les journaux sont dans la deuxième. D’autres archives peuvent apparaître s’il y a des tablespaces supplémentaires.
Une sauvegarde avec –format=plain (format par défaut) donne une image complète, non compressée, du PGDATA, répertoire pg_wal compris (par défaut). C’est l’idéal pour créer le répertoire de données et y démarrer tout de suite un secondaire.
Attention : les fichiers de configuration ne sont pas inclus s’ils ne sont pas dans le PGDATA. Cela concerne donc en priorité Debian, Ubuntu et leurs versions dérivées.
Noter que pg_basebackup peut très bien réaliser une sauvegarde à partir d’une instance secondaire.
3.2.5 Restauration
- Aucun automatisme
- éventuellement créer l’instance
- Juste copier vers le bon PGDATA
- éventuellement décompresser journaux/tablespaces
- fichier tablespace_map
- Fichiers de configuration?
- Configuration adaptée à la restauration
L’emplacement cible de la sauvegarde doit être vide. En cas d’arrêt avant la fin, il faut donc tout recommencer de zéro. C’est une limite de l’outil. Si l’on a utilisé des sauvegardes incrémentales, il faut utiliser pg_combinebackup pour reconstituer une sauvegarde complète utilisable (voir plus loin). Si l’on a une archive, il faut la décompresser. Il faut aussi décompresser l’archive associée contenant les journaux, à moins qu’il soit prévu de les récupérer autrement ( restore_command ). S’il y a d’autres fichiers pour des tablespaces, il faut les décompresser, et adapter le fichier tablespace_map si les chemins diffèrent pour que l’instance en tienne compte au démarrage.
Pour restaurer sur une instance existante, il suffit de remplacer le PGDATA corrompu ou perdu par le contenu de l’archive complète de la base source.
Ne pas oublier les fichiers de configuration s’ils ne font pas partie de la sauvegarde (notamment sur Debian/Ubuntu).
S’il s’agit d’une nouvelle instance (par exemple car le serveur a changé), il faut créer l’instance de la manière habituelle, l’arrêter, et remplacer son répertoire PGDATA par cette sauvegarde. Il faut prévoir aussi la configuration propre à une restauration :
- recovery.signal ;
- lignes adéquates dans postgresql.conf , notamment la restore_command . ou la configuration propre à la réplication :
- standby.signal ;
- lignes adéquates dans postgresql.conf , notamment restore_command , primary_conninfo …;
- paramétrage propre à une instance répliquée.
L’option –write-recovery-conf (voir plus loin) peut faciliter la création de la configuration de réplication.
Si la copie doit être une instance indépendante (par exemple une copie de la production pour du développement), ne pas oublier de modifier l’archivage pour que les journaux ne se mélangent pas! Au démarrage, l’instance repère qu’elle est une sauvegarde restaurée. Elle réapplique les journaux présents. L’instance restaurée contient au final les données telles qu’elles étaient à la fin du pg_basebackup. LOG:database system was interrupted; last known up at 2026-08-27 16:12:00 CEST LOG:starting backup recovery with redo LSN B/90000028, checkpoint LSN B/90000088, on timeline ID 1 LOG:redo starts at B/90000028 LOG:completed backup recovery with redo LSN B/90000028 and end LSN B/90000130 LOG:consistent recovery state reached at B/90000130 LOG:redo done at B/90000130 system usage: CPU: user: 0.00 s, system: 0.00 s, elapsed: 0.00 s LOG:checkpoint starting: end-of-recovery fast wait LOG:checkpoint complete: end-of-recovery fast wait: wrote 0 buffers (0.0%), wrote 3 SLRU buffers; 0 WAL file(s) added, 0 removed, 1 recycled; write=0.002 s, sync=0.001 s, total=0.006 s; sync files=2, longest=0.001 s, average=0.001 s; distance=16384 kB, estimate=16384 kB; lsn=B/91000028, redo lsn=B/91000028 LOG:database system is ready to accept connections
L’instance n’ira chercher les journaux suivants que si elle est configurée explicitement ainsi.
3.3 Options de pg_basebackup
3.3.1 Formats de sauvegarde
- –format plain
- arborescence identique à l’instance sauvegardée
- –format tar
- 3 archives : PGDATA, journaux, tablespaces
- compression :
- -z
- -Z client-lz4
- -Z server-zstd:6
Le format par défaut de la sauvegarde est plain , ce qui signifie que les fichiers seront créés tels quels dans le répertoire de destination (ou les répertoires en cas de tablespaces). C’est idéal pour obtenir une copie immédiatement utilisable, par exemple pour créer un secondaire. Pour une archive à proprement parler, préférer l’option –format tar . pg_basebackup génère alors par défaut :
- une archive base.tar pour le PGDATA de l’instance;
- une archive
<oid>.tar pour chaque tablespace éventuel; - une archive pg_wal.tar avec les journaux nécessaires à une sauvegarde cohérente. Compression de la sauvegarde : À partir de la version 15, il est possible de demander la compression de la sauvegarde avec un grand niveau de personnalisation :
- algorithme de compression parmi gzip , lz4 et zstd ;
- rapidité de la compression hors parallélisme;
- niveau de compression;
- parallélisation de la compression;
- localisation de la compression (serveur ou client). L’option -z compresse avec gzip , l’algorithme par défaut et historique… et sans doute le moins bon. Le taux se définit plutôt avec -Z1 à -Z9 . Préférez zstd ou lz4 . On peut choisir de compresser sur le serveur ou sur le client (donc après passage par le réseau). Les options sont alors par exemple -Z client-lz4 , -Z server-zstd , en rajoutant par exemple :1 à :9 pour le taux de compression.
Cela permet de gérer différents scénarios selon que le CPU ou le réseau est le facteur limitant lors d’une sauvegarde, et entre taille et temps de compression.
3.3.2 Récupération des journaux
- Défaut : –wal-method stream
- par streaming, slot de réplication par défaut
- –wal-method fetch
- en une phase, un fichier, pas de slot
- –wal-method none
- pas de journaux (si copiés par ailleurs)
- archive alors non cohérente
pg_basebackup sait récupérer les fichiers WAL nécessaires à la restauration de la sauvegarde sans passer par la commande d’archivage. Il connaît deux méthodes : L’option par défaut est –wal-method stream (en abrégé -X stream ) : les WAL sont récupérés mais en streaming pendant la sauvegarde. Cela utilise un wal sender supplémentaire sur le serveur (au besoin, le paramètre max_wal_senders doit être augmenté).
Avec l’option –wal-method fetch (ou -X fetch ) : les WAL générés pendant la sauvegarde sont demandés une fois la copie des fichiers terminée. Aucun slot n’est utilisé. L’utilisation est rare (par exemple avec –target plus bas).
Par contre, -X none peut être utile si la récupération des journaux est déjà gérée en parallèle (généralement par archive_command ou archive_library). Attention ! l’archive réalisée par pg_basebackup n’est alors pas « complète », et ne peut pas être restaurée sans ces archives des journaux. Il faudra indiquer où aller les chercher avec restore_command.
3.3.3 Slot de réplication
- Par défaut : slot temporaire
- Pour un secondaire :
- créer le slot
- –slot nom_du_slot –create
- à utiliser rapidement
Par défaut, pg_basebackup crée un slot de réplication temporaire sur le serveur pour sécuriser la sauvegarde. Le serveur conserve donc les journaux nécessaires jusqu’à ce qu’ils soient récupérés et inclus dans la sauvegarde pour qu’elle soit complète. Le slot disparaît une fois celle-ci terminée. Si cela suffit pour une sauvegarde, ce peut être insuffisant pour la mise en place d’une instance secondaire. En effet, rien ne garantit que tous les journaux nécessaires sont encore sur le primaire quand le
secondaire démarre et tente de se resynchroniser avec lui, et il n’y a pas forcément d’archivage PITR disponible. Pour ce cas, pg_basebackup sait utiliser un slot permanent, qu’on lui indique avec --slot nom_du_slot. pg_basebackup peut le créer lui-même avec --create, ce qui est le plus simple. Si l’on préfère le créer préalablement, il suffit d’exécuter la requête suivante :
Après la sauvegarde, le slot n’est pas supprimé et conserve les journaux générés jusqu’à ce qu’un secondaire se rattache à ce slot et consomme les journaux. Rappelons qu’un slot initialisé mais inutilisé doit être rapidement supprimé pour ne pas mener à une dangereuse accumulation des journaux ! Le secondaire ne doit donc pas tarder à être mis en place pour qu’il commence à consommer les journaux du primaire.
3.3.4 Intégrité
- Fichier manifeste
- pg_verifybackup
- –manifest-checksums=CRC32C|SHA523|NONE
- Vérification des checksums de l’instance
3.3.4.1 Manifeste
Par défaut, pg_basebackup crée un manifeste dans l’archive (fichier backup_manifeste ), contenant la liste des fichiers sauvegardés, leur taille et une somme de contrôle. Cela permet de vérifier la sauvegarde avec l’outil pg_verifybackup . Ce dernier fonctionne sur une sauvegarde au format plain ou décompressée depuis son ajout, et sur une sauvegarde au format tar depuis la version 18.
L’algorithme par défaut de la somme de contrôle, CRC32C, suffit pour détecter une erreur technique accidentelle. D’autres algorithmes plus sécurisés (et plus consommateurs en CPU) permettent de parer à une manipulation volontaire (généralement malveillante) de la sauvegarde, par exemple avec --manifest-checksums=SHA512. L’algorithme NONE désactive le contrôle.
3.3.4.2 Vérification des sommes de contrôle
Une sauvegarde avec pg_basebackup entraîne la vérification des sommes de contrôle de l’instance, si elles sont en place (ce qui est fortement conseillé). Ainsi la sauvegarde n’hérite pas d’une corruption existante car l’outil tombe en erreur.
L’option –no-verify-checksums autorise la sauvegarde d’une instance où une corruption est détectée (la sauvegarde reste problématique, mais on peut ainsi tester la récupération sur une copie physique, ou sauver l’essentiel).
3.3.5 Cible de la sauvegarde
- Généralement :
- répertoire vide ou fichier
- là où pg_basebackup est lancé
- ex : -D /backups/erp_prod
- –target=server:/backups/erp_prod
- –target=blackhole
- tests
Généralement on veut sauvegarder vers un répertoire vide ou une archive. À partir de la version 15, l’option –target permet de spécifier où la sauvegarde doit être réalisée. Par exemple, l’option –target=server:/backups/erp_prod crée la sauvegarde dans le répertoire indiqué directement depuis le serveur. On ne se connecte ainsi ni au serveur de la base ni au serveur cible de la sauvegarde. Il y a quelques restrictions : le format doit être tar ; l’utilisateur employé pour la réaliser doit être membre du rôle pg_write_server_files ; et la méthode de récupération des WAL doit être fetch ou none .
Des destinations peuvent être ajoutées par des extensions. basebackup_to_shell 3 est fournie à titre d’exemple et permet d’exécuter une commande à l’issue d’une sauvegarde.
3.3.6 Copie en vue d’un réplica
- –write-recovery-conf
- pré-configure le streaming d’un réplica
Si pg_basebackup est utilisé pour créer la base d’un serveur secondaire, utiliser –write-recovery-conf préconfigure le paramétrage du streaming dans la sauvegarde pour une connexion immédiate en streaming au serveur que l’on vient de sauvegarder.
Concrètement :
- un fichier vide standby.signal est créé dans la sauvegarde (indiquant que ce sera un secondaire);
- dans postgresql.auto.conf apparaît ceci en dernière ligne :
Il s’agit tout simplement de la chaîne de connexion utilisée pour faire la copie. Le reste de la configuration ( restore_command , primary_slot_name …) reste à la charge du DBA.
3.3.7 Autres options
- Limite de débit :
- –max-rate=10M
- Checkpoint immédiat :
- –checkpoint-fast
- Adapter le chemin des tablespaces : –tablespace-mapping=
<vieuxrep>=<nouveaurep> - Et des journaux : –waldir=chemin
3.3.7.1 Débit
Le débit de la sauvegarde est configurable avec l’option –max-rate= ( -r ) pour limiter l’impact sur l’instance ou le réseau. Par exemple, –max-rate=10M limite le débit à 10 Mo/s. Cette restriction de débit ne concerne pas les journaux transférés en parallèle ( -X stream ), mais leur volumétrie est en général faible.
3.3.7.2 Checkpoint déclenché
Un checkpoint est un préalable à la sauvegarde. Pour gagner un peu de temps, ajouter –checkpoint=fast le déclenche immédiatement et permet de gagner quelques minutes. C’est à éviter sur une machine aux écritures très chargées.
3.3.7.3 Tablespaces
Il est possible de modifier sur la cible les chemins des éventuels tablespaces avec l’option --tablespace-mapping=<vieuxrep>=<nouveaurep> (ou -T).
Sans cette option, en format plain, pg_basebackup ne génère plus tous les fichiers dans le répertoire cible : il cherche à copier les tablespaces en local avec le même chemin que sur le serveur, ce qui n’est pas forcément possible (ni souhaitable pour une sauvegarde). Exemple de copie d’un tablespace qui est dans /var/lib/postgresql/ sur le serveur d’origine vers /mnt/tbl/froid en local :
Le lien symbolique dans pg_tblspc est adapté. (Évidemment, il ne faut pas déplacer les fichiers sauvegardés sans remodifier ce lien symbolique.) Dans le cas d’une sauvegarde tar, le tablespace est une archive séparée, et le chemin indiqué est en dur dans le fichier tablespace_map dans l’archive principale base.tar :
Cet exemple montre que les tablespaces compliquent l’administration. Rappelons que leur utilisation n’est pas encouragée, à moins de posséder des disques fonctionnant à des vitesses différentes, ou de dédier un tablespace aux fichiers temporaires.
3.3.7.4 Journaux
De même, on peut relocaliser le répertoire des fichiers WAL avec l’option –waldir=<nouveau chemin> .
3.3.8 Supervision de la sauvegarde
- –progress
- Vue pg_stat_progress_basebackup
Pour suivre le déroulement de la sauvegarde depuis un terminal, il existe l’option –progress ( -P ). Il existe aussi une vue très utile pour ce suivi : pg_stat_progress_basebackup 4 . Elle affiche par
exemple ces deux étapes :
backup_streamed
tablespaces_total
…
backup_streamed
tablespaces_total
3.3.9 Sauvegardes incrémentales
- v17+
- À recombiner avec pg_combinebackup
- Plutôt destiné à être utilisé par un outil
La principale limitation de pg_basebackup avant PostgreSQL 17, est qu’il ne permet pas de réaliser une sauvegarde incrémentale, juste une image complète de la base. À partir de PostgreSQL 17, pg_basebackup sait créer des sauvegardes incrémentales et différentielles (selon ce qu’on lui fournit comme backup de référence au lancement de la sauvegarde). En vue de la restauration, ces sauvegardes peuvent se combiner avec un outil nommé pg_combinebackup , mais les fonctionnalités sont encore un peu sommaires. Ce mode est plutôt destiné à être la base d’autres outils plus conviviaux. pg_combinebackup recrée une sauvegarde complète à partir d’une première complète et de sauvegardes incrémentales. Il se contente de vérifier que l’enchaînement est bon et n’aide pas à déterminer ce dont on a besoin pour une restauration à un moment donné (comme le fait pgBackRest par exemple). La copie de fichiers pour reconstituer un PGDATA est longue, mais des options comme –clone permettent d’utiliser des fonctionnalités de copy on write de certains systèmes de fichier.
3.4 Résumé des avantages/inconvénients
3.4.1 Avantages
- Simple; inclus dans le projet
- Transfert des WAL nécessaires pendant la sauvegarde
- Slot de réplication automatique (temporaire voire permanent)
- Limitation du débit
- Relocalisation des tablespaces
- Fichier manifeste
- Vérification des checksums
- Sauvegarde possible à partir d’un secondaire
- Compression côté serveur ou client, plusieurs algorithmes
- Emplacement de la sauvegarde (client/server/blackhole)
- Suivi : pg_stat_progress_basebackup
3.4.2 Limitations
- Streaming nécessaire
- Pas de configuration de l’archivage
- Pas de politique de rétention des sauvegardes
- Pas de politique de rétention des journaux
- Sauvegarde incrémentale peu conviviale
- Pas de gestion de la restauration
Le streaming n’est pas une contrainte forte, toute instance PostgreSQL en est capable par défaut. L’outil exige tout de même deux connexions le temps de la sauvegarde (monter max_wal_senders au besoin). L’archivage n’est pas géré par pg_basebackup. Il ne récupère par streaming que les journaux nécessaires à la cohérence de sa sauvegarde. Contrairement aux outils de PITR classiques, pg_basebackup ne permet pas de continuer à archiver les journaux. Il n’utilise le protocole de réplication que pour récupérer les journaux de transactions nécessaires à sa sauvegarde. Il faut paramétrer archive_command (ou archive_library ) et gérer soi-même les journaux pour les sauvegardes PITR. Gérer la rétention n’est peut-être pas aussi simple que purger des journaux de plus de quelques jours. Il faut aussi vérifier qu’aucun journal nécessaire à la restauration ne manque. Cependant, un outil ou un script peut utiliser pg_basebackup pour réaliser la première copie des fichiers d’une sauvegarde d’instance (c’est le cas de barman), ou pour créer un secondaire (ce que fait
La gestion des sauvegardes (rétention, purge…) n’est pas prévue dans l’outil. pg_basebackup n’effectue pas non plus de lien entre les WAL archivés et les sauvegardes effectuées (il archive ceux générés pendant la copie avec l’option -X , c’est tout). Il ne sait faire des sauvegardes incrémentales qu’à partir de PostgreSQL 17. pg_basebackup n’offre pas d’outil ni d’option pour la restauration. La copie est en fait directement utilisable, éventuellement après déplacement et/ou décompression.
Ajouter recovery.signal ne doit pas être oublié pour que PostgreSQL sache qu’il a peut-être d’autres journaux à récupérer! Sinon l’instance s’ouvre une fois rejoués les journaux présents. Dans l’idéal, restore_command sera déjà prête dans le postgresql.conf .
Si le but est de monter un serveur secondaire de l’instance copiée, ne pas oublier –write-recovery-conf ( -R ).
3.5 Conclusion
- pg_basebackup : simple et efficace
- Parfois, pas besoin de plus
- Si ça se complique, voir pgBackRest & concurrents
pg_basebackup est un outil à connaître. Pour des besoins simples (volumétrie raisonnable, rétention aisée), il peut éviter de sortir l’« artillerie lourde » comme pgBackRest. Cependant, attention à ne pas redévelopper un outillage complexe audessus de pg_basebackup : il vaut mieux se tourner vers un outil plus complet.
3.5.1 Questions
N’hésitez pas, c’est le moment !
3.6 Quiz
4 Sauvegarde PITR avec pgBackRest
Sauvegarde PITR avec pgBackRest
Le texte complet décrit pgBackRest, sa configuration, ses dépôts, sa supervision et le TP avec solution. Les références au PITR renvoient au chapitre 2.

4/ Sauvegarde PITR avec pgBackRest

4.1 PgBackRest
4.1.1 PgBackRest - Présentation générale
- David Steele (Crunchy Data)
- Langage : C
- Licence : MIT (libre)
- Type d’interface : CLI (ligne de commande)
4.1.2 PgBackRest - Fonctionnalités
- Gère la sauvegarde et la restauration PITR
- pull ou push, multidépôts
- mono- ou multiserveur
- Indépendant des commandes système
- protocole dédié
- Sauvegardes complètes, différentielles ou incrémentales
- Compression, multi-dépôts
- Multithread, sauvegarde depuis un secondaire, archivage asynchrone…
- Projet mature
pgBackRest 1 est un outil de gestion de sauvegardes PITR écrit en C, par David Steele. Le code source 2 est sous licence MIT. Il met l’accent sur les performances avec de gros volumes et les fonctionnalités, au prix d’une complexité à la configuration :
- Source 1 : https://pgbackrest.org/
- Source 2 : https://github.com/pgbackrest/pgbackrest
- un protocole dédié pour le transfert et la compression des données ;
- des opérations parallélisables en multithread;
- la possibilité de réaliser des sauvegardes complètes, différentielles et incrémentales selon les besoins et contraintes de durées;
- la possibilité d’archiver ou restaurer les WAL de façon asynchrone, et donc plus rapide;
- la possibilité d’abandonner l’archivage en cas d’accumulation et de risque de saturation de pg_wal ;
- la gestion de dépôts de sauvegarde multiples (pour sécuriser, ou avoir plusieurs niveaux d’archives);
- le support intégré de dépôts S3 ou Azure;
- le support d’un accès TLS géré par pgBackRest en alternative à SSH;
- la sauvegarde depuis un serveur secondaire;
- le chiffrement des sauvegardes;
- la restauration en mode delta, très pratique pour restaurer un serveur qui a décroché mais n’a que peu divergé;
- la reprise d’une sauvegarde échouée.
pgBackRest n’utilise pas pg_receivewal pour garantir la sauvegarde du dernier journal (non terminé) avant un sinistre. Les auteurs considèrent que dans ce cas un secondaire synchrone est plus adapté et plus fiable.
Le projet est très actif et considéré comme fiable, et les fonctionnalités proposées sont intéressantes.
Pour la supervision de l’outil, une sonde Nagios est fournie par un des développeurs : check_pgbackrest 3 .
4.1.3 PgBackRest - Sauvegardes
- Type de sauvegarde : physique/PITR (à chaud)
- Type de stockage : local, push ou pull
- Planification : crontab (ou autre)
- Compression des WAL
pgBackRest gère uniquement des sauvegardes physiques.
La technique utilisée pour la sauvegarde repose sur le mécanisme interne standard et historique :
avec de nombreux contrôles et optimisations.
L’archivage des journaux se fait bien sûr en permanence et utilise le paramètre classique
- Source 3 : https://github.com/pgstef/check_pgbackrest/

4.1.4 PgBackRest - Sauvegardes « push »
Le serveur « pousse » sauvegardes & archives
Et les « tire » lors d’une restauration
La sauvegarde s’effectue soit en local (push), soit vers un serveur distant (push) Dans le cas du push, la cible est :
soit un stockage local des sauvegardes (à déconseiller si c’est le seul dépôt, car la sauvegarde ne doit pas être au même endroit que la base) ;
soit un montage réseau, généralement NFS, parfois CIFS;
soit un dépôt externe accessible par les protocoles SFTP 4 , S3 ou compatible 5 , Azure 6 , GCS 7 . La planification des sauvegardes peut être faite par n’importe quel outil de planification de tâches, le plus connu étant cron .
Source 4 : https://pgbackrest.org/configuration.html#section-repository/option-repo-sftp-host
Source 5 : https://pgbackrest.org/configuration.html#section-repository/option-repo-s3-bucket
Source 6 : https://pgbackrest.org/configuration.html#section-repository/option-repo-azure-account
Source 7 : https://pgbackrest.org/configuration.html#section-repository/option-repo-gcs-bucket

La sauvegarde (ordre pgbackrest backup ), la restauration ( pgbackrest restore ), et l’archivage ( pgbackrest archive-push dans l’ archive_command ) se font depuis le serveur PostgreSQL, en général le primaire.
4.1.5 PgBackRest - Sauvegardes « pull »
Le serveur de sauvegarde « tire » les sauvegardes
L’archivage reste en « push »
Restauration depuis le serveur PostgreSQL
Dans le cas du pull, la cible est un serveur de sauvegarde séparé. La configuration des accès doit être faite dans les deux sens entre le serveur PostgreSQL et ce serveur de sauvegarde, que ce soit en SSH ou en TLS. Les sauvegardes (ordre pgbackrest backup ) s’effectuent depuis ce serveur de sauvegarde. La planification des sauvegardes peut être faite par n’importe quel outil de planification de tâches, le plus connu étant cron . L’archivage ( pgbackrest archive-push dans l’ archive_command ) continue de se faire en mode push depuis le primaire PostgreSQL généralement. La restauration ( pgbackrest restore ) s’effectue toujours sur le serveur PostgreSQL à restaurer.
4.1.6 PgBackRest - Restauration
- Exécutée sur le serveur de BDD (pull)
- où que soit le serveur
- Point dans le temps :
- date
- identifiant de transaction
- timeline
- point de restauration ( pg_create_restore_point() )
- pgBackrest copie et prépare
- PostgreSQL fait la restauration
La restauration d’une sauvegarde peut se faire soit localement, si les sauvegardes sont stockées en local, soit à distance. Dans ce dernier cas, les données à restaurer sont récupérées via S3, SSH… selon le dépôt. Si l’on remonte assez loin dans le temps, pgBackRest sait généralement repérer la sauvegarde à réinstaller. Il modifie le fichier postgresql.auto.conf , en paramètrant notamment la restore_command . La est également un appel à pgBackRest (ordre
Par défaut, pgBackRest prévoit de restaurer tous les journaux qu’il a archivé. Mais comme dans toute sauvegarde PITR, plusieurs types de points dans le temps peuvent être utilisés comme cible de restauration :
- la date;
- un identifiant de transaction;
- une timeline;
- un point de restauration créé par un appel préalable à la fonction pg_create_restore_point() , par exemple avant un batch de nuit ou une migration.
4.1.7 PgBackRest - Installation
- Accéder au dépôt communautaire PGDG
- paquet pgbackrest
- Même version sur :
- tous les serveurs PostgreSQL
- celui de backup
- Mises à jour assez fréquentes
- les appliquer rapidement
pgBackRest est disponible sur le dépôt communautaire maintenu par la communauté PostgreSQL pour les systèmes d’exploitation disposant des gestionnaires de paquets au format deb (Debian, Ubuntu…) 8 ou rpm (Red Hat, Rocky Linux, CentOS, Fedora…) 9 . Il est recommandé de manière générale de privilégier une installation à partir de ces paquets plutôt que par les sources, essentiellement pour des raisons de maintenance. pgBackRest doit être installé :
- sur le serveur d’où PostgreSQL archive ses journaux (presque toujours le serveur primaire);
- sur les serveurs où PostgreSQL peut être restauré
- serveurs primaire et secondaires
- serveurs de test ou développement copies physiques de la production (attention à la configuration pour éviter un conflit dans les sauvegardes avec la production);
- sur le ou les serveurs de sauvegarde si séparés. Un inconvénient de l’outil est que les fichiers de configuration sont indépendants entre les différentes machines. Ils n’ont pas à être strictement identiques, même si c’est conseillé. C’est au DBA de conserver synchrones les parties importantes.
Il est impératif que les versions de pgBackRest soient les mêmes sur toutes les machines. Sinon, pgBackRest tombera en erreur.
Si un serveur de sauvegardes est utilisé, la mise à jour de sa version de pgBackRest implique donc la mise à jour de l’outil sur les serveurs PostgreSQL, sauf à gérer soi-même plusieurs versions différentes sans les paquets, ce qui n’est pas conseillé. Les mises à jour de pgBackRest sont assez fréquentes (tous les deux ou trois mois au moins), sans calendrier prévisionnel. Elles apportent parfois des fonctionnalités, et corrigent des bugs. L’application rapide des nouvelles versions est généralement conseillée.
- Source 8 : https://apt.postgresql.org/pub/repos/apt/
- Source 9 : https://yum.postgresql.org/
4.1.8 PgBackRest - Utilisation
Usage:
pgBackRest n’a qu’un seul exécutable. Il possède différentes commandes en argument selon l’action voulue : archivage ou restauration de journaux, sauvegardes, restauration, expiration de sauvegardes, vérifications, gestion des dépôts des stanzas, etc… Ces différentes commandes seront détaillées ultérieurement.
4.1.9 PgBackRest - Stanza
- Stanza = instance répartie dans un cluster (groupe de serveurs)
- la même pour primaire & secondaire
- Ex : erp_prod , dwh
- sans n° de version
Pour désigner les instances à sauvegarder, pgBackRest repose sur la notion de « stanza ». Il s’agit de la configuration comprenant une instance PostgreSQL avec ses différentes bases de données (cluster en terminologie PostgreSQL), réparties sur plusieurs serveurs primaire et secondaires (cluster au sens de « grappe »). La stanza est l’unité de sauvegarde et restauration de pgBackRest. Une stanza est définie par son nom et ses accès à PostgreSQL (connexion, chemin des fichiers).
Un serveur primaire et ses secondaires abritent en général une seule stanza, avec le même nom de stanza dans leurs fichier de configuration, puisque l’instance primaire peut basculer ou être restaurée ou copiée sur n’importe lequel de ces serveurs. Les différentes bases de données d’une instance sont bien sûr dans la même stanza, et sont archivées, sauvegardées et restaurées ensemble. S’il y a des serveurs secondaires, ne créez qu’une seule stanza pour le primaire et ses secondaires. S’il y a plusieurs instances sur un serveur, il faut leur créer des stanzas séparées. Le nom de la stanza est important et doit être significatif car il sera utilisé lors des tâches d’exploitation pour identifier le cluster cible. Ne nommez pas une stanza d’après le nom du serveur hébergeant le primaire, mais plutôt selon le nom fonctionnel de l’instance : erp_prod , dwh_europe … Le numéro de version de PostgreSQL est à proscrire car une stanza peut être conservée après une migration majeure. On ne peut pas renommer une stanza après sa création. Une instance PostgreSQL restaurée physiquement depuis sa sauvegarde peut continuer à sauvegarder et archiver ses journaux dans la même stanza. Les mécanismes de PostgreSQL s’occupent de gérer les timelines dans un même dépôt. Un serveur de sauvegardes peut héberger plusieurs stanzas, de versions majeures différentes. Chacune doit être déclarée dans la configuration de pgBackRest sur le serveur. Chaque stanza a ses répertoires de données, et doit être sauvegardée/purgée séparément.
4.1.10 PgBackRest - Emplacement des fichiers de configuration
- /etc/pgbackrest/pgbackrest.conf
- /etc/pgbackrest.conf
- pgbackrest –config=…
- /etc/pgbackrest/conf.d/*.conf
- pgbackrest –config-include-path=…
Le fichier de configuration est de type INI. pgBackRest le cherche dans /etc/pgbackrest/pgbackrest.conf ; à défaut il regarde aussi
Pour faciliter la maintenance et la lisibilité, la configuration peut être éclatée dans des fichiers *.conf dans /etc/pgbackrest/conf.d , ou un autre chemin à préciser par –config-include-path .
4.1.11 PgBackRest - Sections
[global:archive-push] , [global:archive-get]
- Stanzas :
- [nomstanza1]
- [nomstanza2] …
- Surcharges :
- entre sections
- en CLI par –nom-option
La section [global] liste les paramètres de configuration globaux. Les stanzas suivent, chacune dans une section à son nom. Il n’y en aura en général qu’une sur un serveur PostgreSQL, mais plusieurs sur un serveur de sauvegardes. Elles peuvent surcharger certains des paramètres précédents. Exemple de début de configuration sur un serveur hébergeant 3 instances à sauvegarder :
[erp_prod]
[crm_prod]
[referentiel]
Nous verrons que l’on peut ajouter des sections dédiées à une fonctionnalité, notamment [global:archive-push] , [global:archive-get] pour adapter la configuration de l’archivage et de la récupération des journaux. pgBackRest permet aussi de surcharger en ligne de commande. Par exemple, si la configuration contient start-fast=y , il est possible de changer cette valeur en l’ajoutant à la ligne de commande ainsi :
Dans les traces de pgBackRest (ou de PostgreSQL pour l’archivage), on trouvera souvent toutes les options utilisées. Par exemple pour une commande d’archivage, dans les traces de pgBackRest : ——————-PROCESS START——————- 2026-08-25 14:22:42.960 P00 INFO: archive-push:async command begin 2.59.1: [/var/lib/postgresql/17/main/pg_wal] –archive-async –archive-push-queue-max=10GB –compress-level=1 –compress-type=zst –exec-id=2713036-a79b88a0 –log-level-console=off –log-level-file=detail –log-level-stderr=off –log-path=/var/log/pgbackrest –pg1-path=/var/lib/postgresql/17/main –process-max=3 –repo1-host=srvbak1 –repo2-host=srvbak2 –repo1-host-config=/etc/pgbackrest/pgbackrest.conf –repo1-host-type=ssh –repo2-host-type=ssh –repo1-host-user=postgres –repo2-host-user=postgres –repo2-path=/home/postgres_backups/depot2 –spool-path=/var/spool/pgbackrest –stanza=prod
4.1.12 PgBackRest - Configuration PostgreSQL : archivage
- postgresql.conf
Comme d’habitude, il est nécessaire d’activer l’archivage des journaux de transactions en positionnant le paramètre archive_mode à on . wal_level (le niveau d’enregistrement d’informations
dans les journaux de transactions) est normalement déjà au moins à replica (il ne doit pas être à minimal ).
La commande d’archivage est fournie par pgBackRest, et n’a généralement besoin que de la stanza :
Au besoin ajouter –config=/chemin/vers/pgbackrest.conf .
Comme pgBackRest n’archive que des journaux complets, il vaut mieux penser à mettre un archive_timeout adapté au RPO accepté, pour forcer un archivage au moins toutes les quelques minutes. Si le RPO est nul (aucune perte de données enregistrées n’est admissible), les auteurs recommandent d’utiliser un secondaire synchrone 10 .
4.1.13 PgBackRest - Configuration globale
- Dans pgbackrest.conf :
De nombreux paramètres 11 sont disponibles. Citons les principaux.
4.1.13.1 Repo1-path
Les paramètres commençant par repo1- traitent du premier serveur de sauvegardes (appelé dépôt de sauvegardes). S’il y en a un deuxième, ce sera repo2-* , etc.
Dans le cas simple d’un montage en local (disque local ou NFS notamment), repo1-path est juste le chemin où seront stockées les sauvegardes et les journaux archivés. Nous verrons plus loin les dépôts distants et la rétention. Parmi les paramètres liés à un dépôt, citons par exemple repo1-cipher-pass (passphrase à utiliser pour chiffrer/déchiffrer le répertoire des sauvegardes).
- Source 10 : https://github.com/pgbackrest/pgbackrest/issues/2233#issuecomment-1831406999
- Source 11 : https://pgbackrest.org/configuration.html
4.1.13.2 Process-max
C’est le nombre de processus maximum à utiliser pour la compression, la copie et la décompression des sauvegardes. Pour profiter aussi du parallélisme dans l’archivage ou la restauration des journaux, il faudra également activer le mode asynchrone ( archive-async=y ). Ce paramètre est souvent surchargé plus loin suivant la tâche ou la stanza.
4.1.13.3 Traces
log-level-console et log-level-file , par défaut à warn et info , définissent respectivement le niveau de traces des commandes dans le terminal et le niveau stocké dans le fichier de traces. Il est conseillé d’être assez verbeux (au moins info , et même detail , voire debug ).
4.1.14 PgBackRest - Exemples de déclaration de dépôts
Ci-dessus figurent les déclarations de trois dépôts différents. Il est possible d’en déclarer plusieurs, même si la plupart du temps un seul suffit. Chaque type de dépôt possède différents paramètres décrits dans la documentation 12 .
4.1.15 PgBackRest - Rétention
- Type de rétention des sauvegardes complètes
- Nombre de sauvegardes complètes
- Nombre de sauvegardes différentielles
- Expiration sur demande :
4.1.15.1 Type de rétention
L’option repo1-retention-full-type permet de configurer la politique de rétention des sauvegardes complètes. Elle peut prendre deux valeurs :
- count : nombre de sauvegardes à conserver (valeur par défaut);
- time : nombre de jours pendant lequel on doit pouvoir restaurer, c’est-à-dire que l’on doit avoir au moins une sauvegarde plus vieille que ce nombre de jours.
4.1.15.2 Exemple de rétention par le nombre
Une configuration classique pour une sauvegarde complète (full), lancée une fois par semaine, avec une rétention d’un mois, et des sauvegardes différentielles (diff ) quotidiennes dont on ne veut garder que deux, est :
Si une cinquième sauvegarde full est faite avec succès, la plus ancienne est supprimée, avec les différentielles et incrémentales qui en dépendent.
Le maximum de deux sauvegardes différentielles est global, parmi toutes celles dépendant de sauvegardes complètes différentes. La plus ancienne est au besoin supprimée.
4.1.15.3 Rétention selon le temps
Voici un exemple pour illustrer le mode de rétention time , dont le fonctionnement n’est pas très intuitif. Si l’on dispose des trois sauvegardes complètes suivantes :
- F1 : 25 jours;
- F2 : 20 jours;
- F3 : 10 jours.
Avec une rétention de 15 jours, seule la sauvegarde F1 sera supprimée. F2 sera conservée, car il doit exister au moins une sauvegarde de plus de 15 jours pour garantir de pouvoir restaurer pendant cette période.
Par contre, la rétention pour les sauvegardes différentielles ne peut être définie qu’en nombre.
4.1.15.4 Sauvegardes incrémentales
Les sauvegardes incrémentales ne peuvent avoir une rétention, car, dès qu’il y en a deux à la suite, la dernière dépend de celles d’avant.
Elles disparaissent avec les sauvegardes différentielles et complètes dont elles dépendent.
4.1.15.5 Expiration des sauvegardes et journaux
La suppression des plus anciennes sauvegardes n’a lieu qu’en cas de succès d’une nouvelle sauvegarde.
Lorsqu’une sauvegarde complète expire, toutes les sauvegardes différentielles et incrémentales qui en dépendent disparaissent également.
Les journaux devenus inutiles, car ne dépendant plus d’aucune sauvegarde, sont aussi effacés.
4.1.15.6 Expiration sur demande
Pour faire de la place, on peut supprimer une sauvegarde précise (full ou différentielle) en la précisant avec –set (le code peut se trouver avec pgbackrest info ). L’alternative –oldest désigne la plus vieille sauvegarde full du dépôt. Exemples :
Dans tous les cas, pgBackRest exige de conserver au moins une sauvegarde full par dépôt.
4.1.16 PgBackRest - Accès au dépôt par SSH
- Échange des clés SSH entre instances ( postgres ) & le dépôt
- Accès depuis serveurs PostgreSQL au serveur de sauvegarde :
- Accès depuis le serveur de sauvegardes aux instances : … [nomstanza]
Si le stockage des sauvegardes se fait sur un serveur tiers, pgBackRest peut accéder au dépôt par SSH depuis l’instance, pour archiver les journaux ou restaurer une sauvegarde ou les journaux. Le serveur de sauvegardes, à l’inverse, sera celui où la sauvegarde sera exécutée. Il aura besoin de se connecter par SSH au serveur d’où seront copiés les fichiers de données (souvent le primaire, mais ce peut être un secondaire). Il a également besoin d’une connexion par SSH au serveur primaire lors d’une sauvegarde (au moins pour déclencher des archivages et pg_backup_start() ). Il faut donc une authentification SSH par clé sans mot de passe, et un échange des clés publiques entre les différents serveurs hébergeant toutes les instances PostgreSQL des différentes stanzas et le serveur de sauvegarde.
- Sur les serveurs PostgreSQL : adapter les paramètres
repo1-host*dans la configuration de pgBackRest pour accéder au serveur :
Il existe plusieurs paramètres 13 pour utiliser des certificats, ou indiquer un chemin spécifique du binaire pgbackrest, etc.
- Sur le serveur de sauvegardes, pour une connexion au primaire :
4.1.17 PgBackRest - Configuration TLS
Alternative au SSH :
- {repo1|pg1}-host-type = tls
- Certificats à fournir
- Service dédié sur serveurs PG et serveur de sauvegardes
Il existe une alternative à l’utilisation de SSH : l’activation d’un service pgbackrest accessible par TLS sur le serveur de sauvegarde et les serveurs PostgreSQL. L’intérêt est de ne plus dépendre de SSH. Il n’y a plus qu’un service géré intégralement par pgBackRest. Le paramétrage est décrit complètement dans la base de connaissance Dalibo 14 . En résumé :
- La fonctionalité s’active avec repo1-host-type=tls , pg1-host-type=tls (et non ssh ). tls (défaut : ssh )
- La configuration du serveur sur chaque machine se fait ensuite avec les paramètres tls-* : IP d’écoute, clients autorisés, certificats (à générer ou faire générer);
- Des certificats doivent aussi être rensignés pour repo1-* et pg1-* .
- Un service systemd dédié doit être lancé sur chaque machine.
4.1.18 PgBackRest - Configuration par stanza
[erp_prod]
Chaque section [stanza] , sur un serveur PostgreSQL ou un serveur de backup définit :
- Source 14 : https://kb.dalibo.com/sauvegardes/pitr/pgbackrest/pgbackrest/#une-alternative-au-ssh-tls
- pg1-path : l’emplacement du répertoire de données sur le serveur;
- pg1-port , pg1-database , pg1-socket-path : le port, l’utilisateur ou la socket locale pour se connecter (si pas ceux par défaut).
Sur un serveur de backup, on aura aussi dans chaque [stanza] :
- pg1-host , pg1-host-port , pg1-host-user pour les accès SSH
- éventuellement, des champs pour les certificats SSL;
- alternativement, une configuration tls .
D’autres paramètres 15 existent, par exemple pour le chemin de la configuration ou de l’exécutable.
Chaque configuration de la partie globale peut être surchargée par stanza .
Il est également possible d’ajouter ici des recovery-option afin de personnaliser les options du postgresql.auto.conf qui sera généré automatiquement à la restauration d’une sauvegarde.
4.1.19 PgBackRest - Initialiser le répertoire de stockage
- Initialisation par stanza :
- Vérification :
La commande d’initialisation doit être lancée sur le serveur où se situe le répertoire de stockage après que la stanza ait été configurée dans pgbackrest.conf .
La commande check valide que pgBackRest et le paramètre archive_command sont correctement configurés. Les commandes pg_create_restore_point(‘pgBackRest Archive Check’) et
pgBackRest vérifie qu’il arrive bien dans le dépôt.
4.1.20 PgBackRest - Effectuer une sauvegarde
- Déclencher une nouvelle sauvegarde :
- –type=full , –type=diff , –type=incr
- La plupart des paramètres peuvent être surchargés
La sauvegarde est lancée depuis le serveur de sauvegarde s’il existe. Si le serveur PostgreSQL a accès à celui-ci directement (montage NFS…), on peut lancer la sauvegarde depuis celui-ci.
Exemple de sortie d’une sauvegarde complète :
P00 INFO: backup command begin 2.19: –log-level-console=info
P00 INFO: execute non-exclusive pg_start_backup() with label “pgBackRest backup started at 2019-11-26 12:39:26”: backup begins after the next regular checkpoint completes P00 INFO: backup start archive = 000000010000000000000005, lsn = 0/5000028 P00 INFO: full backup size = 24.2MB P00 INFO: execute non-exclusive pg_stop_backup() and wait for all WAL segments to archive P00 INFO: backup stop archive = 000000010000000000000005, lsn = 0/5000100 P00 INFO: new backup label = 20191126-123926F P00 INFO: backup command end: completed successfully P00 INFO: expire command begin 2.19: –log-level-console=info
P00 INFO: expire full backup 20191126-123848F P00 INFO: remove expired backup 20191126-123848F P00 INFO: expire command end: completed successfully
pgBackRest va alors :
- se connecter au primaire et appeler pg_backup_start() ;
- déclencher un checkpoint (si start-fast=y ), ou en attendre un ;
- déclencher un archivage, et vérifier que le journal arrive dans le dépôt dans un temps raisonnable (30 s par défaut) (ce qui implique que l’ archive_command fonctionne);
- copier les fichiers;
- appeler pg_backup_stop() ;
- attendre que tous les journaux nécessaires soient archivés (ceux générés pendant la sauvegarde);
- supprimer les anciennes sauvegardes selon les règles de rétention.
4.1.20.1 Types de sauvegarde
Les sauvegardes complètes ( –type=full ) sont une copie des fichiers de données. Une copie complète ne dépend d’aucune autre. Les sauvegardes différentielles ( –type=diff ) ne contiennent que les différences par rapport à la sauvegarde commplète précédente. Elles sont donc en général plus petites et rapides à réaliser qu’une complète, mais chaque nouvelle sauvegarde différentielle est plus grosse que la précédente au fur et à mesure que la dernière complète est ancienne. Une sauvegarde différentielle disparaît si la sauvegarde complète précédente disparaît. Les sauvegardes incrémentales ( –type=incr ) ne contiennent que les différences par rapport à la dernière sauvegarde, quelle qu’elle soit. En général, elles seront donc plus petites que des différentielles, mais on ne peut supprimer une sauvegarde incrémentale sans supprimer les incrémentales suivantes, qui en dépendent.
Il est très fréquent d’effectuer une sauvegarde full le week-end, et des diff , parfois des incr chaque jour de la semaine. Mais les volumétries de chaque type de sauvegarde dépendent beaucoup de la proportion de la base mise à jour chaque jour, et si l’on met souvent à jour les mêmes données.
La commande backup se charge automatiquement de supprimer les sauvegardes devenues obsolètes, et celles qui en dépendent. Quant aux journaux, ils sont archivés en permanence, donc non inclus à proprement parler dans la sauvegarde. Par défaut, tous les journaux depuis le début de la plus ancienne sauvegarde conservée sont conservés. Ils permettent de restaurer la base telle qu’à n’importe quel moment entre la fin de ce plus ancien backup et le présent. (Des options existent pour purger des journaux intermédiaires entre des backups mais nous ne conseillons pas leur utilisation.)
4.1.21 PgBackRest - Autres options de sauvegardes
La sauvegarde accepte de très nombreux paramètres. Ils sont souvent dans pgbackrest.conf sous la forme ci-dessus. Cette liste reprend leur version en option de ligne de commande :
- –archive-copy : archive les WAL dans la sauvegarde en plus de les mettre dans le dépôt de WAL, pour garantir une sauvegarde cohérente (option « légèrement paranoïaque » selon la documentation de pgBackRest);
- –backup-standby : déclenche la sauvegarde depuis un serveur secondaire, qui assumera les entrées/sorties, mais l’archivage continuera à partir du primaire. La présence de l’instance secondaire peut être préférée ( prefer ) ou requise ( y ) ;
- –no-online : fait une sauvegarde à froid;
- –resume : reprend une sauvegarde précédemment arrêtée pour une raison ou une autre en conservant les fichiers qui n’ont pas changés (option activée par défaut, elle représente un gros avantage sur pg_basebackup);
- –start-fast : exécute un checkpoint dès le lancement du backup pour éviter d’attendre quelques minutes qu’il se déclenche ; l’activer pose rarement un souci ;
- –archive-timeout : ce délai règle le temps pendant lequel pgBackRest attend l’archivage des journaux nécessaires en fin de sauvegarde, avant de tomber en erreur : en effet, le défaut de 30 s peut être trop court si la sauvegarde a lieu à un moment où l’archivage a du mal à suivre. Il est possible d’ajouter des annotations aux sauvegardes comme ceci :
L’annotation peut être observé en affichant les informations du backup set.
4.1.22 PgBackRest - Lister les sauvegardes
- Lister les sauvegardes présentes et leur taille
- ou une sauvegarde spécifique (backup set)
Exemple de sortie des commandes :
4.1.23 PgBackRest - Dépôts multiples
- Plusieurs dépôts simultanés possibles, tous types
- sauvegarde & rétention indépendants
- archivage sur tous les dépôts (asynchrone conseillé!)
- –repo1-option=… , appel avec –repo=1
pgBackRest permet de maintenir plusieurs dépôts de sauvegarde simultanément 16 . Un intérêt est de gérer des rétentions différentes. Par exemple un dépôt local contiendra juste les dernières sauvegardes et journaux, alors qu’un deuxième dépôt sera sur un autre site plus lointain, éventuellement moins cher, et/ou une rétention supérieure. Les propriétés des différents dépôts (type, chemin, rétention…) se définissent avec les options repo1-path, repo2-path, etc. Par exemple, cette configuration définit un dépôt sur un montage NFS et un autre accessible par SSH, avec deux rétentions différentes :
Désigner un dépôt particulier sur la ligne de commande se fait avec –repo=1 , par exemple. Une sauvegarde se fait toujours vers un seul dépôt, explicitement désigné. De même pour une restauration. Cependant, l’archivage des journaux est simultané sur tous les dépôts à la fois.
L’archivage asynchrone est fortement conseillé dans ce cas pour paralléliser les accès, et éviter qu’un dépôt lent ralentisse la diffusion sur les autres!
Les types de dépôts supportés sont ceux montés sur le serveur ou accessibles par ssh, NFS (avec la même attention aux options de montage que pour PostgreSQL 17 ), CIFS (avec des restrictions sur les liens symboliques ou le fsync), mais aussi ceux à base de buckets : S3 ou compatible, Google Cloud, et Azure Blob. Pour les détails, voir la conférence de Stefan Fercot à la PGSession 14 de 2021 18 (slides 19 ).
- Source 17 : https://docs.postgresql.fr/current/creating-cluster.html#CREATING-CLUSTER-FILESYSTEM
- Source 18 : https://dali.bo/pgsession14_conf_pgbackrest
- Source 19 : https://pgsessions.com/assets/archives/pgs14_depots_sauvegarde_multiples_avec_pgBackRest.pdf
4.1.24 PgBackRest - Compression
Variantes possibles selon les différentes étapes :
pgBackRest permet de compresser différemment les sauvegardes complètes et les archives. Il n’est pas forcément conseillé de mélanger les algorithmes de compression comme ci-dessus, mais il est courant d’ajuster le taux de compression. En effet, une sauvegarde effectuée la nuit sur une serveur inactif peut prendre le temps (et les processeurs) pour compresser au maximum. L’archivage doit être le plus rapide possible, et ne peut mobiliser beaucoup de processeurs : le taux de compression peut se réduire dans [global:archive-push] , qui ne concerne que l’archivage. L’algorithme et le taux idéaux pour une installation dépendent des données et des contraintes en temps et place, c’est à tester au cas par cas.
4.1.25 PgBackRest - Mode asynchrone
Parallélisation de l’archivage/restauration :
- Gros gain en temps
PostgreSQL archive ou restaure les journaux un par un, en appelant l’ archive_command et en attendant qu’elle ait terminé. En cas de succès il passe au journal suivant; sinon il retente l’appel avec le même journal. Par défaut, pgBackRest travaille donc sur un journal à la fois, sur sa compression puis sur sa copie. Le mode asynchrone accélère les choses. Il s’active dans pgbackrest.conf avec :
pgBackrest sauvegarde (ou restaure) alors les WAL de manière asynchrone, sans suivre l’enchaînement strict des ordres de PostgreSQL, Il tente d’archiver de manière proactive les journaux qui suivent celui en cours d’archivage, et en utilisant plusieurs processus. Quand PostgreSQL demande à archiver les journaux suivants, pgBackrest peut lui répondre instantanément que c’est fait. Cette technique permet de paralléliser compression et téléchargement (upload) des journaux, au lieu de faire l’un puis l’autre pour chaque journal. À l’inverse, lors d’un rejeu après restauration, pgBackRest peut récupérer et décompresser plusieurs journaux simultanément. Il peut alors les fournir à PostgreSQL immédiatement quand celui-ci demande à les restaurer. Ce système est transparent pour PostgreSQL, qui travaille toujours journal par journal. Tout se passe dans le spool géré par pgBackRest ( spool-path ). L’archivage asynchrone des journaux ne crée que des fichiers vides dans ce répertoire, et pour la restauration une volumétrie de quelques gigaoctets suffit en pratique (paramètre archive-get-queue-max ). Il est possible de régler ce mécanisme, notamment en précisant le nombre de processus dans la clause [global:archive-get] . En effet, il vaut mieux ne pas être trop agressif sur la récupération des journaux, car le réseau limite souvent. Deux processus qui téléchargent et décompressent en parallèle permette déjà un très gros gain de temps au rejeu. La valeur de [global:archive-push] dépend du nombre de journaux à archiver, du taux de compression demandé, du nombre de dépôts, du nombre de processeurs disponibles, du délai tolérable pour archiver tous les journaux lors des pointes d’activité… Il faudra tester, et là aussi voir si le goulot d’étranglement n’est pas le réseau.
4.1.26 PgBackRest - Sécurité contre la saturation de pg_wal
- Abandon de l’archivage si trop de retard :
- Sauvegarde à relancer!
Le paramètre archive-push-queue-max permet d’abandonner l’archivage si le retard d’archivage dépasse le seuil indiqué. Cela permet de ne pas saturer la partition de pg_wal/ , et de provoquer l’arrêt de l’instance.
Quand cela arrive, pgBackRest ment à PostgreSQL en lui disant que les journaux en attente sont archivés. On ne pourra donc plus restaurer à un moment postérieur à cet événement, et une sauvegarde en cours à ce moment échouera. Des serveurs secondaires en log shipping sans streaming décrocheront, car ils ne recevront jamais une partie des journaux.
Ce paramètre protège la production, mais il faudra refaire une sauvegarde (complète, différentielle ou incrémentale) le plus vite possible ! (Sinon, la prochaine sauvegarde planifiée remettra la situation d’équerre.)
Évidemment cette situation doit rester exceptionnelle, mais peut permettre de ne pas faire échouer certains gros imports, par exemple. Il est conseillé d’utiliser la sonde check_pgbackrest 20 pour surveiller l’apparition de « trous » qui pourraient ainsi apparaître dans la suite des journaux archivés.
4.1.27 PgBackRest - Bundling et sauvegarde incrémentale en mode block
- Regrouper les petits fichiers dans des bundles
- Sauvegarde incrémentale en mode block (requiert le bundling)
« Bundling » des petits fichiers Si une instance contient de nombreux petits fichiers (base aux nombreuses toutes petites tables, rempli à cause de pg_commit_ts àon , très nombreuses petites track_commit_timestamp partitions, chacune avec des fichiers annexes…), il est possible de les regrouper par paquets.
Les bundles ne sont pas conservés en cas de backup interrompu puis redémarré. Les fichiers doivent être re-sauvegardés lors de la relance. Bundles et hard-links ne peuvent pas être utilisés ensemble. Cette fonctionnalité est particulièrement utile avec un stockage comme S3 où le coût de création de fichier est prohibitif. Sauvegarde incrémentale en mode bloc
- Source 20 : https://github.com/dalibo/check_pgbackrest
La sauvegarde incrémentale par bloc permet plus de granularité en divisant les fichiers en blocs qui peuvent être sauvegardés indépendamment. C’est particulièrement intéressant pour des fichiers avec peu de modifications, car pgBackRest ne sauvegardera que quelques blocs au lieu du fichier complet (les tables et index sont segmentés en fichiers de 1 Go). Cela permet donc d’économiser de l’espace dans le dépôt de sauvegarde et accélère les restaurations par delta. La sauvegarde incrémentale par bloc doit être activée sur tous les types de sauvegardes : full, incrémentielle ou différentielle. Cela aura pour impact de rendre la sauvegarde full un peu plus grosse du fait de la création de fichier de cartographie des blocs. En revanche, les sauvegardes différentielles et incrémentielles suivantes pourront utiliser cette cartographie pour économiser de l’espace. La taille du bloc pour un fichier donné est définie en fonction de l’âge et de la taille du fichier. Généralement, les fichiers les plus gros et/ou les plus anciens auront des tailles de bloc supérieures. Si un fichier est assez vieux, aucune cartographie ne sera crée. Cette fonctionnalité nécessite le bundling et s’active ainsi :
4.1.28 PgBackRest - Restauration : commande
- dans postgresql.auto.conf :
La commande pgbackrest restore se lance toujours sur le serveur où l’instance PostgreSQL doit être restaurée. pgbackrest.conf doit y être présent et correctement configuré, ou alors il faudra reprendre toutes les options en ligne de commande ( –repo1-path , –process-max , etc…)
Exemple de sortie :
Il vaut mieux prendre l’habitude de toujours préciser –pg1-path pour savoir ce qu’on va exactement écraser. C’est obligatoire si on resture sur un autre serveur dans un autre chemin.
Comme pour toute restauration PITR, pgBackRest ajoute un fichier recovery.signal et un fichier backup_label indiquant d’où redémarrer la restauration.
pgBackRest ajoute des lignes à la fin du postgresql.auto.conf dans le PGDATA restauré, au moins celle définissant la restore_command . Celle-ci appelle pgbackrest archive-get .
4.1.29 PgBackRest - Restauration : option
- Nombreuses options à la restauration, notamment :
- –delta (gros gain de temps parfois)
- –db-exclude / –db-include (ne restaure pas tout!)
- –archive_mode=off (sécurité)
- –target / –type
L’option –delta permet de ne restaurer que les fichiers qui seraient différents entre la sauvegarde et le répertoire de données déjà présent sur le serveur. Elle permet de gagner beaucoup de temps pour reprendre une restauration qui a été interrompue pour une raison ou une autre, pour resynchroniser une instance qui a récemment « décroché », ou pour restaurer une version de l’instance légèrement antérieure ou postérieure. Si une restauration en delta n’est pas possible, pgBackRest affiche un message et bascule sur une restauration normale.
--db-exclude nombase est un gros point fort de pgBackRest. D’habitude, une sauvegarde PITR restaure intégralement une instance. Les paramètres --db-exclude / --db-include permettent de définir quelles bases restaurer et lesquelles ne pas restaurer. Les bases négligées seront corrompues (fichiers vides) et devront être supprimées (DROP DATABASE baseperdue).
Ne pas utiliser ces options pour restaurer votre production! L’option ne doit servir qu’à restaurer sur une autre instance.
--archive_mode=off est une sécurité pour éviter qu’une instance copiée de la production ne se mette à archiver vers le dépôt d’origine si l’on oublie d’adapter la configuration avant.
La cible à restaurer peut être spécifiée avec –target , associé à –type . Nous allons voir plus bas des exemples.
Dans tous les cas, les options qui se trouvent dans pgbackrest.conf et en ligne de commande se retrouvent sous la forme de paramètres dans postgresql.auto.conf dans le PGDATA (qui surcharge ce que peut contenir postgresql.conf ).
4.1.30 PgBackRest - Exemple de restauration à une date précise
Par exemple, pour restaurer à une date précise sur une timeline précise, on utilisera --type=time et --target='…' pour l’heure.
Optionnellement, pour des cas un peu complexes où il y a eu plusieurs bascules et rejeux dans le passé récent, on peut préciser la timeline à suivre ( –target-timeline ) et la sauvegarde à utiliser (paramètre –set , où le nom de la sauvegarde se trouve avec pgbackrest info ). Dans postgresql.conf , on trouvera donc :
pgBackRest va notamment reconstruire la restore_command à partir des paramètres utilisés pour la restauration.
4.1.31 PgBackRest - Exemple de restauration d’un secondaire
- Ajoute recovery.signal , restore_command
- Pour streaming, dans pgbackrest.conf :
Avec –type=standby , on demande à pgBackRest de paramétrer l’instance restaurée comme un nouveau secondaire, ou pour restaurer un secondaire qui a décroché (auquel cas –delta sert souvent).
Si le chemin du répertoire de données est différent de celui du primaire, il faut le préciser avec pg1-path .
Un recovery.signal est créé dans l’instance restaurée pour que l’instance sache d’entrée qu’elle est un secondaire.
En général on veut ajouter la connexion par streaming. Il faut préciser dans pgbackrest.conf la chaîne de connexion comme dans l’exemple ci-dessus, ou la passer en ligne de commande avec --recovery-option=primary_conninfo='…'.
4.1.32 PgBackRest - Mises à jour
- Mise à jour de pgBackRest
- faire en même temps sur toutes les machines
- Mise à jour mineure de PostgreSQL
- transparent
- Mise à jour majeure de PostgreSQL ( pg_upgrade )
- mise à jour des chemins
- pgbackrest –stanza=… stanza-upgrade
Mettre à jour pgBackRest n’implique pas de mise à jour des dépôts. La seule contrainte est de mettre à jour l’outil sur toutes les machines concernées en même temps : serveurs PostgreSQL et serveurs de sauvegarde.
Une mise à jour mineure de PostgreSQL est transparente. Les serveurs primaire et secondaire n’ont même à être sur la même version, pgBackRest ne s’en occupe pas.
Une mise à jour majeure est plus complexe. Si c’est une mise à jour par restauration logique ( pg_dump / pg_restore ) ou réplication logique, les deux versions sont des instances totalement différentes qui doivent avoir leur propre stanza définie.
S’il s’agit d’une mise à jour avec pg_upgrade , après la mise à jour de PostgreSQL il faut :
- adapter les fichiers de configuration, car le chemin a souvent changé, parfois le port ;
- lancer la commande suivante pour que pgBackRest ne se plaigne pas que l’instance a changé :
Les backups de l’ancienne version de PostgreSQL restent utilisables si l’on veut revenir en arrière (préciser –set ) mais bien sûr il faudra créer une instance de la bonne version, et il ne sera pas possible de redérouler les journaux au-delà du moment de la migration.
4.1.33 PgBackRest - Traces
- /var/log/pgbackrest : par stanza+commandes
- NOMSTANZA-archive-push-async.log
- NOMSTANZA-backup.log
- NOMSTANZA-expire.log
- Sur serveur TLS :
- /var/log/pgbackrest/all-server.log
- log-level-console , log-level-file
Les traces de pgBackRest vont par défaut dans /var/log/pgbackrest. Le propriétaire est postgres. Il y a un fichier pour chaque stanza et chaque commande. On trouvera donc par exemple ceci :
Une exception : les traces d’un serveur accédé par TLS vont toutes dans le même fichier
serveur) qui y écrit. Rappelons que le niveau de verbosité est réglé par le paramètre log-level-file (à mettre si possible à DETAIL ).
4.1.34 PgBackRest - Conclusion
- Un outil de sauvegarde très puissant
- Nombreuses options
Sa puissance et ses nombreuses options font de pgBackRest l’outil préféré de sauvegarde de Dalibo. Cette puissance induit cependant une certaine complexité, et il ne faudra donc pas hésiter à tester y compris les restaurations bien sûr.
4.2 Quiz
4.3 Travaux pratiques
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/i4_solutions.
4.3.1 Utilisation de pgBackRest (Optionnel)
But : Sauvegarder et restaurer avec pgBackRest.
Installer pgBackRest à partir des paquets du PGDG.
En vous aidant de https://pgbackrest.org/user-guide.html#quickstart :
- configurer pgBackRest pour sauvegarder le serveur PostgreSQL en local dans /var/lib/pgsql/backups ;
- le nom de la stanza sera instance_dev;
- prévoir de ne conserver qu’une seule sauvegarde complète.
Configurer l’archivage des journaux de transactions de PostgreSQL avec pgBackRest.
Initialiser le répertoire de stockage des sauvegardes et vérifier la configuration de l’archivage.
Lancer une sauvegarde complète. Afficher les détails de cette sauvegarde.
Ajouter des données :
- ajouter une table avec 1 million de lignes;
- forcer la rotation du journal de transaction courant ( pg_switch_wal ) pour s’assurer que les dernières modifications sont archivées;
- vérifier que le journal concerné est bien dans les archives.
Simulation d’un incident : noter l’heure puis supprimer tout le contenu de la table.
Restaurer les données telles que juste avant l’incident à l’aide de pgBackRest. Avant de redémarrer PostgreSQL, consulter les fichiers que pgBackRest a créé ou modifié dans le PGDATA. Redémarrer.
Vérifier les logs et la présence des données disparues.
4.4 Travaux pratiques (solutions)
4.4.1 Utilisation de pgBackRest
NB : Ce TP a été mis à jour pour PostgreSQL 17. Adapter le numéro de version dans les chemins au besoin.
Installer pgBackRest à partir des paquets du PGDG.
L’installation du paquet est triviale avec les paquets du PGDG :
En vous aidant de https://pgbackrest.org/user-guide.html#quickstart :
- configurer pgBackRest pour sauvegarder le serveur PostgreSQL en local dans
/var/lib/pgsql/backups; - le nom de la stanza sera
instance_dev; - prévoir de ne conserver qu’une seule sauvegarde complète.
Le ficher de configuration de pgBackRest est /etc/pgbackrest.conf. Le modifier ainsi :
Les chemins ci-dessus sont ceux par défaut des paquets RPM du PGDG. Sous Debian/Ubuntu, les données sont dans /var/lib/postgresql/17/main. Adapter les autres chemins en fonction.
Configurer l’archivage des journaux de transactions de PostgreSQL avec pgBackRest.
Le fichier de configuration de PostgreSQL doit être modifié au besoin ainsi :
Redémarrer PostgreSQL :
Initialiser le répertoire de stockage des sauvegardes et vérifier la configuration de l’archivage.
Sous l’utilisateur postgres :
Vérifier la configuration de pgBackRest et de l’archivage :
pgBackRest force ainsi un archivage :
Vérifier que l’archivage fonctionne en vérifiant que ce répertoire n’est pas vide :
On peut le vérifier aussi du côté PostgreSQL :
Autre méthode, regarder le nom du processus archiver, qui contient le nom du dernier journal archivé :
Lancer une sauvegarde complète. Afficher les détails de cette sauvegarde.
Noter le soin avec lequel pgBackRest vérifie que l’archivage est fonctionnel avant la sauvegarde, et l’attente du dernier journal avant d’assurer que la sauvegarde est terminée :
Lister les sauvegardes :
Ajouter des données :
- ajouter une table avec 1 million de lignes ;
- forcer la rotation du journal de transaction courant afin de s’assurer que les dernières modifications sont archivées ;
- vérifier que le journal concerné est bien dans les archives.
La table suivante fait 35 Mo, qui seront intégralement écrits dans les journaux :
Pour ce test, il est possible de forcer la rotation du journal avec pg_switch_wal. Dans la vie réelle, il y a de l’activité dans la base et le journal sera assez vite archivé. Sans cela, il pourrait ne pas être sauvegardé.
pg_switch_wal renvoie un LSN peu lisible, comme 0/E8000180, où E8 correspond à la fin du nom du journal. On peut ajouter pg_walfile_name() pour voir plus clairement le nom du journal à archiver :
Vérifier que le journal concerné est bien dans le répertoire de sauvegarde des archives de pgBackRest, soit dans notre exemple /var/lib/pgsql/backups/archive/instance_dev/17-1/. La copie devrait être ici instantanée, mais en production ça ne ne l’est pas forcément.
Simulation d’un incident : noter l’heure puis supprimer tout le contenu de la table.
Noter l’heure exacte avant de détruire des données :
Restaurer les données telles que juste avant l’incident à l’aide de pgBackRest. Avant de redémarrer PostgreSQL, consulter les fichiers que pgBackRest a créé ou modifié dans le PGDATA. Redémarrer.
D’abord, stopper PostgreSQL, sinon pgBackRest refusera de toucher aux données :
En tant que postgres, lancer la commande de restauration avec une heure juste avant la destruction des données :
Noter déjà le mode « delta » pour accélérer la restauration, et le type de restauration time avec une heure.
La restauration du base backup est un succès, mais il va falloir rejouer les journaux archivés. pgBackRest a créé ou modifié ces fichiers :
recovery.signalsignalera à PostgreSQL qu’il est en mode restauration, et pas en redémarrage après un crash ;postgresql.auto.confcontient des paramètres qui vont surchargerpostgresql.conf:
On y trouve :
- la
restore_commandpour récupérer les journaux dans le dépôt, commande que pgBackRest a préparé en fonction de sa configuration et des paramètres de la ligne de commande de restauration ; recovery_target_timeindique l’heure cible ;recovery_target_inclusive = 'false'arrête la restauration juste avant cette heure pour ne pas rejouer la destruction des données, le défaut étant de rejouer jusqu’à l’heure cible incluse ;recovery_target_action = 'promote'demande à PostgreSQL de s’ouvrir en écriture après le rejeu.
Démarrer PostgreSQL :
Attendre la fin de la restauration dans les traces :
Vérifier les logs et la présence des données disparues.
La trace ci-dessus indique bien :
- la restauration de divers journaux ;
- l’arrivée au point de cohérence qui permet au moins d’avoir une instance utilisable telle qu’à la fin du base backup (
consistent recovery state) ; - le changement vers une nouvelle timeline (
selected new timeline ID: 3), comme après toute restauration ; - et l’heure de fin de la dernière transaction rejouée (
last completed transaction was at …).
Les lignes perdues sont bien revenues :
Remarque : sans spécifier de --target-action=promote, on obtiendrait dans les traces de PostgreSQL, après restore :
5 Solutions de réplication
Solutions de réplication
Ce chapitre théorique reprend la comparaison des solutions de réplication et prépare les chapitres pratiques sur la réplication physique et logique.

5/ Solutions de réplication
Source de la photo : epSos.de 1 via Wikimedia 2 , licence CC-BY-2.0.
- Source 1 : https://www.flickr.com/photos/36495803@N05/3574411866/
- Source 2 : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Green_Elephants_Garden_Sculptures.jpg
5.1 Préambule
- Attention au vocabulaire!
- Identifier le besoin
- Keep It Simple…
La réplication est le processus de partage d’informations permettant de garantir la sécurité et la disponibilité des données entre plusieurs serveurs et plusieurs applications. Chaque SGBD dispose de différentes solutions pour cela et introduit sa propre terminologie. Les expressions telles que « cluster », « actif/passif » ou « primaire/secondaire » peuvent avoir un sens différent selon le SGBD choisi. Dès lors, il devient difficile de comparer et de savoir ce que désignent réellement ces termes. C’est pourquoi nous débuterons ce module par un rappel théorique et conceptuel. Nous nous attacherons ensuite à citer les outils de réplication, internes et externes.
5.1.1 Au menu
- Rappels théoriques & vocabulaire
- Réplication interne, physique ou logique
- Alternatives
Dans cette présentation, nous reviendrons rapidement sur la classification des solutions de réplication, qui sont souvent utilisés dans un but de haute disponibilité, mais pas uniquement. PostgreSQL dispose d’une réplication physique basée sur le rejeu des journaux de transactions par un serveur dit « en standby » (ou secondaire). Depuis la version 10 existe aussi une réplication logique, basée sur le transfert du résultat des ordres. Nous évoquerons rapidement des projets de réplication autour de PostgreSQL, et des alternatives à la réplication physique de PostgreSQL.
5.1.2 Objectifs
- Identifier les différences entre les solutions de réplication proposées
- Choisir le système le mieux adapté à votre besoin
Le but de cette présentation est de vous apporter les connaissances nécessaires pour comparer chaque solution et comprendre les différences fondamentales qui les séparent.
À l’issue de cette présentation, vous serez capable de choisir le système de réplication qui correspond le mieux à vos besoins et aux contraintes de votre environnement de production.
5.2 Rappels théoriques
- Termes
- Réplication
- synchrone / asynchrone
- symétrique / asymétrique
- diffusion des modifications
Le domaine de la haute disponibilité est couvert par un bon nombre de termes qu’il est préférable de définir avant de continuer.
5.2.1 Cluster, primaire, secondaire, standby…
- Cluster : ambiguïté!
- groupe de bases de données = 1 instance (PostgreSQL)
- groupe de serveurs (haute disponibilité et/ou réplication)
- Pour désigner les membres :
- Primaire/primary
- Secondaire/standby
Toute la documentation (anglophone) de PostgreSQL parle de cluster dans le contexte d’un serveur PostgreSQL seul. Dans ce contexte, le cluster est un groupe de bases de données, groupe étant la traduction directe de cluster. En français, on évitera tout ambiguïté en parlant d’« instance ».
Dans le domaine de la haute disponibilité et de la réplication, un cluster désigne un groupe de serveurs. Par exemple, un groupe d’un serveur primaire et de ses deux serveurs secondaires compose un cluster de réplication.
Le serveur, généralement unique, ouvert en écriture est désigné comme « primaire » (primary), parfois « principal ». Les serveurs connectés dessus sont « secondaires » (secondary) ou « standby » (prêts à prendre le relai). Les termes « maître/esclave » sont à éviter mais encore très courants. On trouvera dans le présent cours aussi bien « primaire/secondaire » que « principal/standby ».
5.2.2 Réplication asynchrone asymétrique
- Asymétrique
- écritures sur un serveur primaire unique
- lectures sur le primaire et/ou les secondaires
- Asynchrone
- les écritures sur les serveurs secondaires sont différées
- perte de données possible en cas de crash du primaire
- Exemples :
- réplication PostgreSQL par streaming (par défaut) ou log shipping
- réplication par trigger
Dans la réplication asymétrique, seul le serveur primaire accepte des écritures, et les serveurs secondaires ne sont accessibles qu’en lecture. Dans la réplication asynchrone, les écritures sont faites sur le primaire et le client reçoit une validation de l’écriture avant même qu’elles ne soient poussées vers le secondaire. La mise à jour des tables répliquées est différée (asynchrone). Le délai de réplication dépend de la technique et de la charge. L’inconvénient de ce délai est que certaines données validées sur le primaire pourraient ne pas être disponibles sur les secondaires si le primaire est détruit avant que toutes les données, déjà validées auprès des clients, ne soient poussées sur les secondaires. Autrement dit, il existe une fenêtre de temps, plus ou moins longue, de perte de données (qui entre dans le calcul du RPO). La réplication par streaming de PostgreSQL fonctionne par défaut dans ce mode. Il concerne aussi la réplication par log shipping. Les outils de réplication par trigger, plus rarement utilisés de nos jours (Bucardo ou Slony semblent abandonnés), fonctionnent aussi ainsi.
5.2.3 Réplication asynchrone symétrique
- Symétrique
- « multiprimaire »
- écritures sur les différents primaires
- besoin d’un gestionnaire de conflits
- lectures sur les différents primaires
- Asynchrone
- la réplication des écritures est différées
- perte de données possible en cas de crash du serveur primaire
- risque d’incohérences!
- Exemples :
- BDR (EDB) : réplication logique
Dans la réplication symétrique, tous les serveurs sont accessibles aussi bien en lecture qu’en écriture. On parle souvent de « multiprimaire ».
La réplication asynchrone, comme indiqué précédemment, envoie des modifications vers les autres membres du cluster mais n’attend aucune validation de leur part. Il y a donc toujours un risque de perte de données déjà validées si le serveur tombe sans avoir eu le temps de les répliquer vers au moins un autre serveur du cluster.
Ce mode de réplication ne respecte généralement pas les propriétés ACID (Atomicité, Cohérence, Isolation, Durabilité) car si une copie échoue sur l’autre primaire alors que la transaction a déjà été validée, on peut alors arriver dans une situation où les données sont incohérentes entre les serveurs. Généralement, ce type de système doit proposer un gestionnaire de conflits, de préférence personnalisable, pour gérer ces cas de figure.
PostgreSQL ne supporte pas la réplication symétrique nativement. Plusieurs projets ont tenté de remplir ce vide.
Par exemple, BDR 3 , de 2nd Quadrant (à présent EDB), se base sur la réplication logique et une extension propre au-dessus de PostgreSQL. BDR assure une réplication symétrique de toutes les données concernées de plusieurs instances toutes liées aux autres, et s’adresse notamment au cas de bases dont on a besoin dans des lieux géographiquement très éloignés. La gestion des conflits est automatique, mais les verrous ne sont pas propagés pour des raisons de performance, ce qui peut donc poser des problèmes d’intégrité, selon les options choisies. Les données peuvent différer entre les nœuds. L’application doit tenir compte de tout cela. Par exemple, il vaut mieux privilégier les UUID pour éviter les conflits. Les premières versions de BDR étaient sous licence libre, mais ne sont plus supportées, et la version actuelle (BDR4) est propriétaire et payante.
Si l’application le permet, il est possible de se rabattre sur un modèle où chaque instance est le point d’entrée unique de certaines données (par exemple selon la géographie), et les autres n’en ont que des copies en lecture, obtenues d’une manière ou d’une autre, ou doivent accéder au serveur responsable en écriture. Il s’agit alors plus d’une forme de sharding que de véritable réplication symétrique.
5.2.4 Réplication synchrone asymétrique
Asymétrique
écritures sur un serveur primaire unique
lectures sur le serveur primaire et/ou les secondaires
Synchrone
les écritures sur les secondaires sont immédiates
le client sait si sa commande a réussi sur plusieurs serveurs
Exemple : mode synchrone de la réplication physique de PostgreSQL
paramètres synchronous_commit et synchronous_standby_names
Dans la réplication asymétrique, seul le serveur primaire accepte des écritures, les secondaires ne sont accessibles qu’en lecture.
Dans la réplication synchrone, le client envoie sa requête en écriture sur le serveur primaire, le serveur primaire l’écrit sur son disque, il envoie les données au serveur secondaire attend que ce dernier l’écrive sur son disque. Si tout ce processus s’est bien passé, le client est averti que l’écriture a été réalisée avec succès. Concrètement, un ordre COMMIT rend la main une fois l’écriture validée sur plusieurs serveurs, généralement au moins deux (un primaire et un secondaire). On utilise généralement un mécanisme dit de Two Phase Commit ou « validation en deux phases », qui assure qu’une transaction est validée sur tous les nœuds dans la même transaction. Les propriétés ACID sont dans ce cas respectées.
Le gros avantage de ce système est qu’il n’y a pas de risque de perte de données quand le serveur primaire s’arrête brutalement et qu’il est nécessaire de basculer sur un serveur secondaire.
Le premier inconvénient majeur du mode synchrone est qu’il ralentit fortement les écritures, ne seraitce qu’à cause des latences réseau. Le second inconvénient est que la production peut être bloquée en écriture en cas de défaillance du serveur synchrone.
PostgreSQL permet d’ajuster ce ralentissement à la criticité. Par défaut (paramètre synchronous_commit à on ), la réplication synchrone garantit que le serveur secondaire a bien reçu la transaction, l’a écrite dans ses journaux et qu’elle a été synchronisée sur son disque ( fsync ), en plus de celui du primaire bien sûr. En revanche, ce mode ne garantit pas forcément que le secondaire a bien rejoué la transaction : il peut se passer un laps de temps où une lecture sur le secondaire serait différente du serveur primaire (le temps que le secondaire rejoue la transaction). Si c’est gênant, PostgreSQL dispose d’un mode ( synchronous_commit à remote_apply ) donnant la garantie que les modifications sont aussi rejouées et visibles sur le secondaire quand le COMMIT rend la main, au prix d’une latence supplémentaire. À l’inverse, on peut estimer qu’il est suffisant que les données soient juste écrites dans la mémoire cache du serveur secondaire, et pas forcément sur disque, pour être considérées comme répliquées ( synchronous_commit à remote_write ). La synchronicité peut être désactivée pour les requêtes peu critiques ( synchronous_commit à local , voire off ). Ce paramétrage peut être ajusté selon les besoins, requête par requête.
PostgreSQL permet aussi de disposer de plusieurs secondaires synchrones.
5.2.5 Réplication synchrone symétrique
- Symétrique
- écritures sur les différents serveurs primaires
- besoin d’un gestionnaire de conflits
- lectures sur les différents serveurs
- Synchrone
- les écritures sur les autres serveurs sont immédiates
- le client sait si sa commande est validée sur plusieurs serveurs
- risque important de lenteur!
- En avez-vous vraiment besoin ?
Ce système est le plus intéressant… en théorie. L’utilisateur peut se connecter à n’importe quel serveur pour des lectures et des écritures. Il n’y a pas de risque de perte de données, vu que la commande ne réussit que si les données sont bien enregistrées sur tous les serveurs. Autrement dit, c’est le meilleur système de réplication et de répartition de charge. Dans les inconvénients, il faut gérer les éventuels conflits qui peuvent survenir quand deux transactions concurrentes opèrent sur le même ensemble de lignes. On résout ces cas particuliers avec des algorithmes plus ou moins complexes. Il faut aussi accepter la perte de performance en écriture induite par le côté synchrone du système. PostgreSQL ne supporte pas la réplication symétrique, donc encore moins la symétrique synchrone. Certains projets évoqués essaient ou ont essayé d’apporter cette fonctionnalité. Le besoin d’une architecture « multiprimaire » revient régulièrement, mais il faut s’assurer qu’il est réel. Avant d’envisager une architecture complexe, et donc source d’erreurs, optimisez une installation asymétrique simple et classique, quitte à multiplier les serveurs secondaires, et testez ses performances : PostgreSQL pourrait bien vous surprendre! Selon les cas d’utilisation, la réplication logique peut aussi être utile.
5.2.6 Diffusion des modifications
- Par requêtes
- diffusion de la requête
- Par triggers
- diffusion des données résultant de l’opération
- Par journaux, physique
- diffusion des blocs disques modifiés
- Par journaux, logique
- extraction et diffusion des données résultant de l’opération depuis les journaux
La récupération des données de réplication se fait de différentes façons suivant l’outil utilisé. La diffusion de l’opération de mise à jour (donc le SQL lui-même) est très flexible et compatible avec toutes les versions. Cependant, cela pose la problématique des opérations dites non déterministes. L’insertion de la valeur now() exécutée sur différents serveurs fera que les données seront différentes, généralement très légèrement différentes, mais différentes malgré tout. L’outil Pgpool, qui implémente cette méthode de réplication, est capable de récupérer l’appel à la fonction now() pour la remplacer par la date et l’heure. En effet, il connaît les différentes fonctions de date et heure proposées en standard par PostgreSQL. Cependant, il ne connaît pas les fonctions utilisateurs qui pourraient faire de même. Il est donc préférable de renvoyer les données, plutôt que les requêtes. Le renvoi du résultat peut se faire de deux façons : soit en récupérant les nouvelles données avec un trigger, soit en récupérant les nouvelles données dans les journaux de transactions. Cette première solution est utilisée par un certain nombre d’outils externes de réplication, comme autrefois Slony ou Bucardo. Les fonctions des triggers étant écrites en C, cela assure de bonnes performances. Cependant, seules les modifications des données sont attrapables avec des triggers, les modifications de la structure ne sont généralement pas gérées. Autrement dit, l’ajout d’une table, l’ajout d’une colonne demande une administration plus poussée, non automatisable. La deuxième solution (par journaux de transactions) est bien plus intéressante car les journaux contiennent toutes les modifications, données comme structures. Il suffit au secondaire de réappliquer tous les journaux provenant du primaire pour être à l’image exacte de celui-ci. De ce fait, une fois mise en place, cette méthode requiert peu de maintenance. PostgreSQL l’offre nativement depuis longtemps. PostgreSQL permet le décodage logique des modifications de données correspondant aux blocs modifiés dans les journaux de transactions. L’objectif est de permettre l’extraction logique des données écrites permettant la mise en place d’une réplication logique des résultats entièrement intégrée, donc sans triggers. Les modifications de structures doivent encore être gérées à la main.
5.3 Réplication interne physique
- Réplication
- asymétrique
- asynchrone (défaut) ou synchrone (et selon les transactions)
- Secondaires (Hot Standby)
- disponibles en lecture seule
- cascade
- retard programmé, voire pause complète
La réplication physique de PostgreSQL est par défaut asynchrone et asymétrique. Il est possible de sélectionner le mode synchrone/asynchrone pour chaque serveur secondaire individuellement, et séparément pour chaque transaction, en modifiant le paramètre synchronous_commit .
La réplication physique fonctionne par l’envoi des enregistrements des journaux de transactions, soit par envoi de fichiers complets (on parle de log shipping), soit par envoi de groupes d’enregistrements en flux (on parle là de streaming replication), puisqu’il s’agit d’une réplication par diffusion de journaux.
Un serveur secondaire, ou hot standby, accepte les connexions et permet l’exécution de requêtes en lecture seule. Historiquement existaient aussi des secondaires dits « warm standby », en réplication permanente, mais où il était totalement impossible de se connecter. L’intérêt étant limité par rapport aux hot standbys, on n’en voit plus guère de nos jours.
Un secondaire peut récupérer les informations de réplication depuis un autre serveur secondaire (fonctionnement en cascade).
Le serveur secondaire peut aussi n’appliquer les informations de réplication qu’après un délai configurable, voire se mettre délibérément en pause (par exemple pour faciliter une sauvegarde logique).
5.3.1 Log Shipping
- But :
- envoyer les journaux de transactions à un secondaire
- Première solution disponible
- de nos jours, sécurité à côté du streaming
- Gros inconvénients :
- perte possible de plusieurs journaux
- latence à la réplication
- penser à archive_timeout ou pg_receivewal
Le log shipping consiste à envoyer les journaux de transactions terminés sur un autre serveur. Ce dernier est un serveur secondaire prêt à les rejouer. Cependant, un gros inconvénient du log shipping est qu’il faut attendre qu’un journal soit complètement écrit pour qu’il soit propagé vers le secondaire. Or, un journal de 16 Mo peut contenir plusieurs centaines de transactions! Si l’archivage a du retard (grosse charge, réseau saturé…), plusieurs journaux peuvent même être en attente. Le retard du secondaire par rapport au primaire peut donc devenir important, ce qui est gênant dans le cas d’un standby utilisé en lecture seule, par exemple dans le cadre d’une répartition de la charge de lecture.
En conséquence il est possible de perdre toutes les transactions contenues dans le journal de transactions en cours, voire tous ceux en retard, en cas de destruction physique des journaux sur le primaire, malgré une bascule de la production sur le secondaire (failover)
On peut cependant moduler le risque de diverses façons :
- sauf avarie très grave sur le serveur primaire, les journaux de transactions en attente peuvent souvent être récupérés et appliqués sur le serveur secondaire;
- on peut réduire la fenêtre temporelle de la réplication en modifiant la valeur de la clé de configuration archive_timeout . Au delà du délai exprimé avec cette variable de configuration, le serveur change de journal de transactions, provoquant l’archivage du précédent. On peut par exemple envisager un archive_timeout à 30 secondes, et ainsi obtenir une réplication à 30 secondes près. Attention toutefois, les journaux archivés font toujours 16 Mo, qu’ils soient archivés remplis ou non ;
- on peut utiliser l’outil pg_receivewal , qui écrit à distance les journaux de transactions à partir d’un flux de réplication. De nos jours, le log shipping est surtout utilisé pour sécuriser une réplication en streaming, surtout quand existe déjà une sauvegarde PITR et des archives des journaux de transactions.
5.3.2 Streaming replication
- But
- avoir un retard moins important sur le serveur secondaire
- Rejouer les enregistrements de transactions du serveur primaire par paquets
- paquets plus petits qu’un journal de transactions
- le secondaire reconstitue les journaux
L’objectif du mécanisme de la streaming replication est d’avoir un secondaire qui accuse moins de retard. En effet, comme on vient de le voir, le log shipping exige d’attendre qu’un journal soit complètement rempli avant qu’il ne soit envoyé au serveur secondaire.
La réplication par streaming diminue ce retard en envoyant les enregistrements des journaux de transactions au fur et à mesure des modifications, et non par journal complet. La liaison entre instances est directe : deux processus de PostgreSQL gèrent le transfert du contenu des journaux entre le serveur primaire et le serveur secondaire. Le secondaire peut appliquer les modifications immédiatement sans attendre un journal complet.
Ce flux est totalement indépendant de l’archivage des journaux, même s’il s’agit de transmettre les mêmes informations.
Les délais de réplication entre le serveur primaire et le serveur secondaire sont très courts : une modification sur le primaire sera en effet très rapidement répliquée sur un secondaire. Si le serveur primaire disparaît, la perte de données est très faible (sauf retard à cause d’une saturation quelconque).
Les fichiers des journaux sont reconstitués sur le secondaire à l’identique de ceux du primaire.
C’est une solution éprouvée et au point depuis des années. Néanmoins, elle garde les inconvénients habituels de la réplication physique : réplication de l’instance complète, architecture matérielle et version majeure de PostgreSQL forcément identiques entre les serveurs du cluster, etc.
5.3.3 Secondaire Hot Standby
- Serveur secondaire
- accepte les connexions entrantes
- requêtes en lecture seule et sauvegardes
- prêt à prendre le relai du primaire
- Différentes configurations selon les versions
- asynchrone ou synchrone
- application immédiate ou retardée
Un serveur secondaire accepte les connexions des utilisateurs et permet d’exécuter des requêtes en lecture seule.
Ce serveur peut toujours remplir le rôle de serveur de secours, tout en étant utilisable pour soulager le primaire : sauvegarde, requêtage en lecture…


5.3.4 Exemple
Cet exemple montre un serveur primaire en streaming replication vers un serveur secondaire (hot standby). Ainsi, les utilisateurs peuvent se connecter sur le serveur secondaire pour les requêtes en lecture et sur le primaire pour des lectures comme des écritures. Cela permet une forme de répartition de charge des lectures, la répartition étant gérée par le serveur d’applications ou par un outil spécialisé.
5.3.5 Réplication interne
Ce schéma contient les deux modes de réplication physique : streaming et log shipping. Un secondaire peut utiliser les deux au choix ou alternativement, mais pas en même temps. Sur ce schéma, le flux de réplication va du walsender de l’instance primaire au walreceiver du

secondaire. À noter qu’en pratique, c’est le secondaire qui initie la connexion avec le primaire, pas l’inverse. Le primaire archive ses journaux, et ces archives peuvent être transmises au secondaire. Souvent, le primaire archive pour les besoins d’une sauvegarde PITR, et c’est le secondaire qui va récupérer les journaux dans l’archive si le streaming n’est pas possible (par exemple en raison d’un retard trop important, ou si l’on vient de reconstruire ce secondaire). La purge des journaux archivés peut se faire de diverses manières. Ce peut être au bout d’un certain temps. Le secondaire peut effacer les journaux dont il n’a plus besoin (un outil comme pg_archivecleanup le permet). S’il y a couplage avec une sauvegarde PITR, c’est en général l’outil associé qui se charge de la rétention des journaux.
5.3.6 Réplication en cascade
Ce schéma illustre une réplication en cascade : un troisième serveur se connecte au secondaire et en reçoit le flux des journaux par le même mécanisme qu’entre primaire et secondaire. Il peut tout aussi bien utiliser le log shipping. Dans ce dernier cas, la question de la rétention des archives dans le dépôt commun devient plus complexe si elle n’est pas assurée par un outil de sauvegarde PITR.
5.4 Réplication interne logique
- Réplique les changements
- d’une seule base de données
- d’un ensemble de tables défini
- Principe Éditeur/Abonnés
Contrairement à la réplication physique, la réplication logique ne réplique pas les blocs de données. Elle décode le résultat des requêtes qui sont transmis au secondaire. Celui-ci applique les modifications issues du flux de réplication logique. La réplication logique utilise un système de publication/abonnement avec un ou plusieurs « abonnés » qui s’abonnent à une ou plusieurs « publications » d’un nœud particulier. Une publication peut être définie sur n’importe quel serveur primaire. Le nœud sur laquelle la publication est définie est nommé « éditeur ». Le nœud où un abonnement a été défini est nommé « abonné ». Une publication est un ensemble de modifications générées par une table ou un groupe de table. Chaque publication existe au sein d’une seule base de données. Un abonnement définit la connexion à une autre base de données et un ensemble de publications (une ou plus) auxquelles l’abonné veut souscrire. La réplication logique est disponible depuis la version 10 de PostgreSQL. Contrairement à la réplication physique, elle s’effectue entre instances primaires, toutes deux ouvertes en écriture avec leurs tables propres. Rien n’interdit à une instance abonnée pour certaines tables de proposer ses propres publications, même de tables concernées par un abonnement.
5.4.1 Réplication logique - Fonctionnement
- Création d’une publication sur un serveur
- Souscription d’un autre serveur à cette publication
- Limitations :
- DDL, Large objects, séquences, tables étrangères et vues matérialisées non répliqués
- peu adaptée pour un failover
Une « publication » est créée sur le serveur éditeur et ne concerne que certaines tables. L’abonné souscrit à cette publication, c’est un « souscripteur ». Un processus spécial est lancé : le logical replication worker. Il va se connecter à un slot de réplication sur le serveur éditeur. Ce dernier va procéder à un
décodage logique de ses propres journaux de transaction pour extraire les résultats des ordres SQL (et non les ordres eux-mêmes). Le flux logique est transmis à l’abonné qui les applique sur les tables. La réplication logique possède quelques limitations. La principale est que seules les données sont répliquées, c’est-à-dire le résultat des ordres INSERT , DELETE , UPDATE , TRUNCATE (sauf en v10 pour ce dernier). Les tables cible doivent être créés manuellement, et il faudra dès lors répliquer manuellement les changements de structure. Il n’est pas obligatoire de conserver strictement la même structure des deux côtés. Mais, afin de conserver sa cohérence, la réplication s’arrêtera en cas de conflit. Des clés primaires sur toutes les tables concernées sont fortement conseillées. Les large objects ne sont pas répliqués. Les séquences non plus, y compris celles utilisées par les colonnes de type serial . Notez que pour éviter des effets de bord sur la cible, les triggers des tables abonnées ne seront pas déclenchés par les modifications reçues via la réplication. En principe, il serait possible d’utiliser la réplication logique en vue d’un failover vers un serveur de secours en propageant manuellement les mises à jour de séquences et de schéma. La réplication physique est cependant plus appropriée et plus efficace pour cela. La réplication logique vise d’autres objectifs, tels la génération de rapports sur une instance séparée ou la migration vers une version majeure de PostgreSQL avec une indisponibilité minimale.
5.5 Réplication externe
- Outils les plus connus :
- Pgpool (réplication par SQL)
- Slony, Bucardo (par trigger, abandonnés)
- pglogical (logique)
- Niches
Jusqu’en 2010, PostgreSQL ne disposait pas d’un système de réplication évolué, et plus d’une quinzaine de projets ont tenté de combler ce vide. L’arrivée de la réplication logique en version 10 met à mal les derniers survivants. En pratique, ces outils ne comblent plus que des niches. La liste exhaustive est trop longue pour que l’on puisse évoquer en détail chacune des solutions, surtout que la plupart sont obsolètes ou ne semblent plus maintenues. Voici les plus connues :
Slony (réplication par trigger, éprouvé et fiable… mais qui n’est plus maintenu);
Bucardo (réplication par trigger, ne semble plus maintenu);
Pgpool (réplication d’ordres SQL parmi d’autres fonctionnalités; toujours actif) ;
pglogical 4 (réplication logique, toujours actif), une alternative à la réplication logique intégrée à PostgreSQL; Sont abandonnés Londiste, PGCluster, Mammoth Replicator/Replicator, Daffodil Replicator, RubyRep; pg_comparator, Postgres-X2 (ex-Postgres-XC)… Attention à ne pas confondre ces outils avec d’autres qui utilisent la réplication interne de PostgreSQL pour gérer un cluster de haute disponibilité, mais ne s’occupent pas de la réplication par eux-même. Citons repmgr 5 , PAF 6 ou Patroni 7 . Pour les détails sur ces outils et d’autres, voir le wiki 8 ou cet article : Haute disponibilité avec PostgreSQL 9 , Guillaume Lelarge, 2009.
Source 4 : https://github.com/2ndQuadrant/pglogical
Source 5 : https://dali.bo/w3_html#repmgr
Source 6 : https://dali.bo/w3_html#paf
Source 7 : https://dali.bo/hapat_pdf
Source 8 : https://wiki.postgresql.org/wiki/Replication,_Clustering,_and_Connection_Pooling
5.6 Sharding
- Répartition des données sur plusieurs instances
- Évolution horizontale en ajoutant des serveurs
- Parallélisation
- Clé de répartition cruciale
- Administration complexifiée
- Sous PostgreSQL :
- Foreign Data Wrapper
- PL/Proxy
- Citus (extension), et nombreux forks
Le sharding n’est pas de la réplication, ce serait même l’inverse. Le principe consiste à répartir les données sur plusieurs instances différentes, chacune étant responsable d’une partie des données, et ouverte en écriture. La volumétrie peut augmenter, il suffit de rajouter des serveurs. Plusieurs serveurs peuvent travailler en parallèle sur la même requête. On contourne ainsi le principal goulet d’étranglement des performances : les entrées-sorties. Le problème fondamental est la clé de répartitions des données sur les différents serveurs. Un cas simple est la répartition des données de nombreux clients dans plusieurs instances, chaque client n’étant présent que dans une seule instance. On peut aussi opérer une sorte de hash de la clé pour répartir équitablement les données sur les serveurs. Il faut aviser en fonction de la charge prévue, de la nécessité d’éviter les conflits lors des mises à jour, du besoin de croiser les données en masse, des purges à faire de temps à autre, et de la manière de répartir harmonieusement les écritures et lectures entre ces instances. C’est au client ou à une couche d’abstraction de savoir quel(s) serveur(s) interroger. PostgreSQL n’implémente pas directement le sharding. Plusieurs techniques et outils permettent de le mettre en place.
- Les Foreign Data Wrappers (et l’extension postgres_fdw en particulier) permettent d’accéder à des données présentes sur d’autres serveurs. La capacité de postgres_fdw à « pousser » filtres et jointures vers les serveurs distants s’améliore de version en version. Des tables distantes peuvent être montées en tant que partitions d’une table mère. Les insertions dans une
Le parcours simultané des partitions distantes est possible 12 . La réplication logique peut synchroniser des tables non distribuées sur les instances.
- PL/Proxy est une extension qui permet d’appeler plusieurs hôtes distants à la fois avec un seul appel de fonctions. Elle existe depuis des années. Son inconvénient majeur est la nécessité de
- Source 10 : https://pgdash.io/blog/postgres-11-sharding.html
- Source 11 : https://dali.bo/v1_html#tables-distantes-sharding
- Source 12 : https://dali.bo/workshop14_html#lecture-asynchrone-des-tables-distantes
réécrire tous les appels à distribuer par des fonctions, on ne peut pas se reposer sur le SQL de manière transparente.
Citus 13 est une extension libre dont le but est de rendre le sharding transparent, permettant de garder la compatibilité avec le SQL habituel. Des nœuds sont déclarés auprès du serveur principal (où les clients se connectent), et quelques fonctions permettent de déclarer les tables comme distribuées selon une clé (et découpées entre les serveurs) ou tables de références (dupliquées partout pour faciliter les jointures). Les requêtes sont redirigées vers le bon serveur selon la clé, ou réellement parallélisées sur les différents serveurs concernés. Le projet est vivant, bien documenté, et a bonne réputation. Depuis son rachat par Microsoft en 2019, Citus assure ses revenus grâce à une offre disponible sur le cloud Azure. Ceci a permis en 2022 de libérer les fonctionnalités payantes et de publier l’intégralité projet en open-source. Le sharding permet d’obtenir des performances impressionnantes, mais il a ses inconvénients :
plus de serveurs implique plus de sources de problèmes, de supervision, de tâches d’administration (chaque serveur a potentiellement son secondaire, sa réplication…);
le modèle de données doit être adapté au problème, limitant les interactions d’un nœud avec les autres; le choix de la clé est crucial ;
les propriétés ACID et la cohérence sont plus difficilement respectées dans ces environnements. Historiquement, plusieurs forks de PostgreSQL ont été développés en partie pour faire du sharding, principalement en environnement OLAP/décisionnel, comme PostgreSQL-XC/XL 14 , à présent disparu; ou encore Greenplum 15 , devenu depuis « VMWare Tanzu Greenplum ». Ces forks ont plus ou moins de difficultés à suivre la rapidité d’évolution de PostgreSQL : les choisir implique de se passer de certaines nouveautés. D’où le choix de Citus de la forme d’une extension. Ce domaine est l’un de ceux où PostgreSQL devrait beaucoup évoluer dans les années à venir, comme le décrivait Bruce Momjian en septembre 2018 16 .
Source 13 : https://www.citusdata.com/product
Source 14 : https://www.2ndquadrant.com/fr/resources-old/postgres-xl/
Source 15 : https://www.vmware.com/products/app-platform/tanzu-data-intelligence/greenplum
Source 16 : https://momjian.us/main/writings/pgsql/sharding.pdf
5.7 Réplication bas niveau
- RAID
- DRBD
- SAN Mirroring
Même si cette présentation est destinée à détailler les solutions logicielles de réplication pour PostgreSQL, on peut tout de même évoquer les solutions de réplication de « bas niveau », voire matérielles.
De nombreuses techniques matérielles viennent en complément essentiel des technologies de réplication utilisées dans la haute disponibilité. Leur utilisation est parfois incontournable, du RAID en passant par les SAN et autres techniques pour redonder l’alimentation, la mémoire, les processeurs, etc.
5.7.1 Raid
- Obligatoire
- Fiabilité d’un serveur
- RAID 1 ou RAID 10
- RAID 5 déconseillé (performances)
- Lectures plus rapides
- dépend du nombre de disques impliqués
Un système RAID 1 ou RAID 10 permet d’écrire les mêmes données sur plusieurs disques en même temps. Si un disque meurt, il est possible d’utiliser l’autre disque pour continuer. C’est de la réplication bas niveau. Le disque défectueux peut être remplacé sans interruption de service. Ce n’est pas une réplication entre serveurs mais cela contribue à la haute-disponibilité du système.
Le RAID 5 offre les mêmes avantages en gaspillant moins d’espace qu’un RAID 1, mais il est déconseillé pour les bases de données (PostgreSQL comme ses concurrents) à cause des performances en écriture, au quotidien comme lors de la reconstruction d’une grappe après remplacement d’un disque.
Le système RAID 10 est plus intéressant pour les fichiers de données alors qu’un système RAID 1 est suffisant pour les journaux de transactions.
Le RAID 0 (répartition des écritures sur plusieurs disques sans redondance) est évidemment à proscrire en production.
5.7.2 Drbd
- Simple / synchrone / Bien documenté
- Lent / Secondaire inaccessible / Linux uniquement
DRBD est un outil capable de répliquer le contenu d’un périphérique blocs. En ce sens, ce n’est pas un outil spécialisé pour PostgreSQL, contrairement aux autres outils vus dans ce module. Il peut très bien servir à répliquer des serveurs de fichiers ou de mails. Il réplique les données en temps réel et de façon transparente, pendant que les applications modifient leur fichiers sur un périphérique. Il peut fonctionner de façon synchrone ou asynchrone. Tout ça en fait donc un outil intéressant pour répliquer le répertoire des données de PostgreSQL. Pour plus de détails, consulter cet article 17 de Guillaume Lelarge dans Linux Magazine Hors Série 45. DRBD est un système simple à mettre en place. Son gros avantage est la possibilité d’avoir une réplication synchrone. Ses gros inconvénients sont sa lenteur, la non-disponibilité des secondaires, et un volume de données plus important à répliquer (WAL + tables + index + vues matérialisées…).
5.7.3 SAN Mirroring
- Comparable à DRBD
- Solution intégrée
- Manque de transparence
La plupart des constructeurs de baie de stockage proposent des systèmes de réplication automatisés avec des mécanismes de failover/failback parfois sophistiqués. Ces solutions présentent peu ou prou les mêmes caractéristiques, avantages et inconvéniants que DRBD. Ces technologies ont en revanche le défaut d’être opaques et de nécessiter une main d’œuvre hautement qualifiée.
- Source 17 : https://public.dalibo.com/archives/publications/hs45_drbd_la_replication_des_blocs_disques.pdf
5.8 Vers la haute disponibilité ?
5.8.1 Haute disponibilité avec bascule automatique
Une bonne idée ?
- Un collègue peu loquace et rigide
- et tout doit passer par lui
- Risque de cluster trop sensible (& déconnexions)
- En fait : complexification de l’administration
- watchdog, quorums, fencing, éviter les split brains
- formation, tests, documentation, communication
- Au final : est-ce plus fiable ?
Souvent « haute disponibilité » sous-entend la capacité du système à basculer automatiquement vers un serveur secondaire en cas de souci. Cela semble à priori une bonne idée, mais ce n’est pas toujours la chose à faire. Une bascule automatique ne rend pas inutile, la compréhension des mécanismes de PostgreSQL, bien au contraire. Un tel système décide d’une bascule selon des critères fixes. S’il est trop sensible (timeouts trop bas par exemple), une bascule inutile risque de survenir au moindre souci de latence, en forçant une déconnexion brutale des utilisateurs. À l’inverse, un humain va d’abord se renseigner avant de basculer, et il ne confond pas une période de maintenance avec un incident. Toutes les opérations doivent passer par ce système. Il vaut donc mieux qu’il soit aussi simple et compréhensible que possible, mais pour éviter les split brains et les SPOF, certains éléments doivent s’ajouter à PostgreSQL : DCS, systèmes de fencing, quorum… (pour les détails, voir le module W1 - Solutions de réplication 18 ). sans compter le reparamétrage automatique des outils externes à PostgreSQL comme le pooler ou les chaînes de connexion.
Paradoxalement, cette complexification multiplie les chances de défaillance ou d’erreur humaine. Il est fréquent d’observer plus d’erreurs humaines sur un cluster complexe que sur une architecture sans bascule automatique!
La connaissance concernant le cluster doit être partagée par plusieurs personnes afin de toujours être en capacité d’agir en cas d’incident. Noter que même si la bascule automatique fonctionne convenablement, il est fréquent de devoir intervenir dessus dans un second temps afin de revenir à un état nominal (en reconstruisant un nœud, par exemple). La documentation des procédures dans votre contexte exact est d’autant plus essentielle pour comprendre et réagir.
- Source 18 : https://dali.bo/w1_html
Si vous tenez vraiment à un système capable de basculer automatiquement vers un secondaire en cas de défaillance, Patroni nous semble l’outil qui concilie le mieux facilité et fiabilité avec une complexité acceptable. (Voir notre formation Patroni 19 ).
- Source 19 : https://dali.bo/hapat
5.9 Conclusion
Quelle que soit la solution envisagée :
- Bien définir son besoin
- Identifier tous les SPOF
- Superviser son cluster
- Tester régulièrement les procédures de failover (Loi de Murphy…)
Bibliographie :
- « Haute disponibilité, répartition de charge et réplication 20 » (documentation officielle)
5.9.1 Questions
N’hésitez pas, c’est le moment !
5.10 Quiz
6 Réplication physique : fondamentaux
Réplication physique : fondamentaux
Le contenu comprend la mise en place et l’administration de la réplication physique ainsi que le TP et sa solution. Les outils avancés sont détaillés dans le chapitre suivant.

6/ Réplication physique : fondamentaux
6.1 Introduction
- Principes
- Mise en place
- Administration
PostgreSQL dispose d’une mécanique de réplication en flux très complète. Ce module permet de comprendre les principes derrière ce type de réplication, sa mise en place et son administration.
6.1.1 Objectifs
- Connaître les avantages et limites de la réplication physique
- Savoir la mettre en place
- Savoir administrer et superviser une solution de réplication physique
6.2 Concepts / principes
6.2.1 Principe de la journalisation
- Les journaux de transactions contiennent toutes les modifications
- utilisation du contenu des journaux
- Le serveur secondaire doit posséder une image des fichiers à un instant t
- La réplication modifiera les fichiers
- d’après le contenu des journaux suivants
Chaque transaction, implicite ou explicite, réalisant des modifications sur la structure ou les données d’une base est tracée dans les journaux de transactions. Ces derniers contiennent des informations d’assez bas niveau, comme les blocs modifiés sur un fichier suite, par exemple, à un UPDATE . La requête elle-même n’apparaît jamais. Les journaux de transactions sont valables pour toutes les bases de données de l’instance. Les journaux de transactions sont déjà utilisés en cas de crash du serveur. Lors du redémarrage, PostgreSQL rejoue les transactions qui n’auraient pas été synchronisées sur les fichiers de données. Comme toutes les modifications sont disponibles dans les journaux de transactions et que PostgreSQL sait rejouer les transactions à partir des journaux, il suffit d’archiver les journaux sur une certaine période de temps pour pouvoir les rejouer.
6.2.2 Principales évolutions de la réplication physique
- 8.2 : Réplication par journaux (log shipping), Warm Standby
- 9.0 : Réplication en streaming, Hot Standby
- 9.1 à 9.3 : Réplication synchrone, cascade, pg_basebackup
- 9.4 : Slots de réplication, délai de réplication, décodage logique
- 9.5 : pg_rewind , archivage depuis un serveur secondaire
- 9.6 : Rejeu synchrone
- 10 : Réplication synchrone sur base d’un quorum, slots temporaires
- 12: Déplacement dela configuration du vers recovery.conf le postgresql.conf
- 13 : Sécurisation des slots (journaux)
- 15 : Rejeu accéléré
La mise en place de la réplication a été très progressive au fil des versions. Elle pouvait être simpliste au départ, mais elle est à présent au point, et beaucoup plus complète. L’historique permet d’expliquer certaines particularités et complexités.
La version 8.0, en 2005, contenait déjà tout le code qui permet aujourd’hui, après un crash du serveur, de relire les journaux pour rendre à nouveau cohérents les fichiers de données. Pour répliquer une instance, il a suffit d’automatiser l’envoi des journaux vers un serveur secondaire, qui passe son temps à les rejouer, journal après journal (log shipping), pour obtenir un serveur prêt à prendre le relai du primaire (Warm Standby).
Le serveur secondaire a ensuite été rendu utilisable pour des requêtes en lecture seule (Hot Standby).
La réplication a été ensuite améliorée : elle peut se faire en continu (streaming replication) et non plus journal par journal, pour réduire le retard du secondaire. Elle peut être synchrone, avec différents niveaux d’arbitrage entre performance et sécurité, et même s’effectuer en cascade, ou avec un délai, et cela en log shipping comme en streaming.
Puis, l’ajout des slots de réplication a permis au serveur primaire de connaître la position de ses serveurs secondaires, pour savoir quels journaux de transactions sont encore nécessaires.
En parallèle, différents éléments ont été apportés, permettant l’apparition de la réplication logique (qui n’a pas grand-chose à voir avec la réplication physique) en version 10.
L’outil pg_rewind a été ajouté pour faciliter la reconstruction d’un ancien serveur primaire, qui a un peu divergé du nouveau primaire, et que l’on veut raccrocher comme secondaire sans recopier toutes les données. Il peut utiliser un secondaire comme référence.
La version 10 ajoute la possibilité d’appliquer arbitrairement une réplication synchrone à un sousensemble d’un groupe d’instances (_quorum), et non plus juste par ordre de priorité, avec ce paramétrage :
À partir de PostgreSQL 10, les slots de réplication peuvent être temporaires, et ne durer que le temps de la connexion qui l’a créé.
La version 12 ne change rien sur le fond, mais opère une modification technique lourde : le fichier de paramétrage traditionnel sur le secondaire, recovery.conf , disparaît, et ses paramètres sont déplacés dans postgresql.conf (ou postgresql.auto.conf ), ce qui facilite la centralisation de la configuration, et évite d’avoir à redémarrer systématiquement après modification des paramètres concernés. Nous ne parlerons pas ici du paramétrage d’avant la version 12.
La version 13 supprime le plus gros inconvénient des slots de réplication en posant un maximum à la volumétrie qu’ils peuvent conserver ( max_slot_wal_keep_size ). En version 18, ce peut être aussi après un certain temps d’inactivité ( idle_replication_slot_timeout ).
La version 15 accélère le rejeu du log shipping.
Parallèlement à tout cela, les différents outils externes ont également beaucoup progressé, notamment pg_basebackup . Par exemple, celui-ci permet une sauvegarde incrémentale à partir de PostgreSQL 17.
6.2.3 Avantages
- Système de rejeu éprouvé
- Mise en place simple
- Pas d’arrêt ou de blocage des utilisateurs
- Réplique tout
Le gros avantage de la réplication par enregistrements de journaux de transactions est sa fiabilité : le système de rejeu qui a permis sa création est un système éprouvé. La mise en place du système complet est simple car son fonctionnement est facile à comprendre. Elle n’implique pas d’arrêt du système, ni de blocage des utilisateurs. L’autre gros avantage est qu’il réplique tout : modification des données comme évolutions de la structure de la base (DDL), séquences, large objects, fonctions… C’est une fonctionnalité que tous les systèmes de réplication logique (notamment par trigger) aimeraient avoir.
6.2.4 Inconvénients
- Réplication de l’instance complète
- Serveur secondaire uniquement en lecture
- Impossible de changer d’architecture
- Même version majeure de PostgreSQL pour tous les serveurs
De manière assez étonnante, l’avantage de tout répliquer est aussi un inconvénient : avec la réplication interne physique de PostgreSQL, il n’est pas possible de ne répliquer qu’une seule base ou que quelques tables. De même, il n’est pas possible de créer des objets supplémentaires sur le serveur secondaire, comme des index ou des tables de travail, ce qui serait pourtant bien pratique pour de la création de rapports ou pour stocker des résultats intermédiaires de calculs statistiques. Le serveur secondaire est vraiment réservé aux opérations de lecture seule (sauvegardes, répartition de la charge en lecture…) Ces limites ont motivé le développement de la réplication logique pour certains cas d’usage qui ne relèvent pas de la haute disponibilité. La réplication se passe au niveau du contenu des fichiers et des journaux de transactions. En conséquence, il n’est pas possible d’avoir deux nœuds du système de réplication avec une architecture différente. Par exemple, ils doivent être tous les deux 32 bits ou 64 bits, mais pas un mélange. De même, les deux nœuds doivent être big endian ou little endian, et doivent aussi être à la même version majeure (pas forcément mineure, ce qui facilite les mises à jours mineures). Pour éviter tout problème de librairie, il est même conseillé d’utiliser des systèmes les plus proches possibles (même distribution de même niveau de mise à jour).
6.3 Réplication par streaming
6.3.1 Mise en place de la réplication par streaming
- Réplication en flux
- Un processus du serveur primaire discute avec un processus du serveur secondaire
- d’où un lag moins important
- Asynchrone ou synchrone
- En cascade
Le serveur PostgreSQL secondaire lance un processus appelé walreceiver , dont le but est de se connecter au serveur primaire et d’attendre les modifications de la réplication. Le walreceiver a donc besoin de se connecter sur le serveur PostgreSQL primaire. Ce dernier doit être configuré pour accepter cette connexion. Quand elle est acceptée par le serveur primaire, le serveur PostgreSQL du serveur primaire lance un nouveau processus, appelé walsender . Ce dernier a pour but d’envoyer les données de réplication au serveur secondaire. Les données de réplication sont envoyées suivant l’activité et certains paramètres de configuration. Cette méthode permet une réplication plus proche du serveur primaire que le log shipping. On peut même configurer un mode synchrone : un client du serveur primaire ne récupère pas la main tant que ses modifications ne sont pas enregistrées sur le serveur primaire et sur le serveur secondaire synchrone. Cela s’effectue à la validation de la transaction, implicite ou lors d’un COMMIT . Enfin, la réplication en cascade permet à un secondaire de fournir les informations de réplication à un autre secondaire, déchargeant ainsi le serveur primaire d’un certain travail et diminuant aussi la bande passante réseau utilisée par le serveur primaire.
6.3.2 Serveur primaire (1/2) - Configuration
Dans postgresql.conf :
- wal_level = replica (ou logical )
- max_wal_senders = X
- 1 par client par streaming
- défaut : 10
- wal_sender_timeout = 60s
Il faut tout d’abord s’assurer que PostgreSQL enregistre suffisamment d’informations pour que le serveur secondaire puisse rejouer toutes les modifications survenant sur le serveur primaire. Dans certains cas, PostgreSQL peut économiser l’écriture de journaux quand cela ne pose pas de problème
pour l’intégrité des données en cas de crash. Par exemple, sur une instance sans archivage ni réplication, il est inutile de tracer la totalité d’une transaction qui commence par créer une table, puis qui la remplit. En cas de crash pendant l’opération, l’opération complète est annulée, la table n’existera plus : PostgreSQL peut donc écrire directement son contenu sur le disque sans journaliser. Cependant, pour restaurer cette table ou la répliquer, il est nécessaire d’avoir les étapes intermédiaires (le contenu de la table) et il faut donc écrire ces informations supplémentaires dans les journaux. Le paramètre wal_level fixe le comportement à adopter. Comme son nom l’indique, il permet de préciser le niveau d’informations que l’on souhaite avoir dans les journaux. Il connaît trois valeurs :
- Le niveau replica est adapté à l’archivage ou la réplication, en plus de la sécurisation contre les arrêts brutaux. C’est le niveau par défaut. L’optimisation évoquée plus haut n’est pas possible.
- Le niveau minimal n’offre que la protection contre les arrêts brutaux, mais ne permet ni réplication ni sauvegarde PITR. Ce niveau ne sert plus guère qu’aux environnements ni archivés, ni répliqués, pour réduire la quantité de journaux générés, comme dans l’optimisation ci-dessus.
- Le niveau logical est le plus complet et doit être activé pour l’utilisation du décodage logique, notamment pour utiliser la réplication logique. Il n’est pas nécessaire pour la sauvegarde PITR ou la réplication physique, ni incompatible. Le serveur primaire accepte un nombre maximum de connexions de réplication : il s’agit du paramètre max_wal_senders . Il faut compter au moins une connexion pour chaque serveur secondaire susceptible de se connecter, ou les outils utilisant le streaming comme pg_basebackup ou pg_receivewal . Il est conseillé de prévoir « large » d’entrée : l’impact mémoire est négligeable, et cela évite d’avoir à redémarrer l’instance primaire à chaque modification. La valeur par défaut de 10 devrait suffire dans la plupart des cas. Le paramètre wal_sender_timeout permet de couper toute connexion inactive après le délai indiqué par ce paramètre. Par défaut, le délai est d’une minute. Cela permet au serveur primaire de ne pas conserver une connexion coupée ou dont le client a disparu pour une raison ou une autre. Le secondaire retentera par la suite une connexion complète.
6.3.3 Serveur primaire (2/2) - Authentification
- Le serveur secondaire doit pouvoir se connecter au serveur primaire
- Pseudo-base replication
- Utilisateur dédié conseillé avec attributs LOGIN et REPLICATION
- Configurer pg_hba.conf :
scram-sha-256
- Recharger la configuration
Il est nécessaire après cela de configurer le fichier pg_hba.conf . Dans ce fichier, une ligne (par secondaire) doit indiquer les connexions de réplication. L’idée est d’éviter que tout le monde puisse se connecter pour répliquer l’intégralité des données. Pour distinguer une ligne de connexion standard et une ligne de connexion de réplication, la colonne indiquant la base de données doit contenir le mot « replication ». Par exemple :
user_repli 10.0.0.2/32 scram-sha-256
Dans ce cas, l’utilisateur user_repli pourra entamer une connexion de réplication vers le serveur primaire à condition que la demande de connexion provienne de l’adresse IP 10.0.0.2 et que cette demande de connexion précise le bon mot de passe au format scram-sha-256 . Un utilisateur dédié à la réplication est conseillé pour des raisons de sécurité. On le créera avec les droits suivants :
et bien sûr un mot de passe complexe. Les connexions locales de réplication sont autorisées par défaut sans mot de passe. Après modification du fichier postgresql.conf et du fichier pg_hba.conf , il est temps de demander à PostgreSQL de recharger sa configuration. L’action reload suffit dans tous les cas, sauf celui où max_wal_senders est modifié (auquel cas il faudra redémarrer PostgreSQL).
6.3.4 Serveur secondaire (1/4) - Copie des données
Copie des données du serveur primaire (à chaud !) :
- Copie généralement à chaud donc incohérente!
- Le plus simple : pg_basebackup
- simple mais a des limites
- Idéal : outil PITR
- Possible : rsync , cp …
- ne pas oublier pg_backup_start() / pg_backup_stop() !
- exclure certains répertoires et fichiers
- garantir la disponibilité des journaux de transaction
La première action à réaliser ressemble beaucoup à ce que propose la sauvegarde en ligne des fichiers. Il s’agit de copier le répertoire des données de PostgreSQL ainsi que les tablespaces associés.
Rappelons que généralement cette copie aura lieu à chaud, donc une simple copie directe sera incohérente.
pg_basebackup :
L’outil le plus simple est pg_basebackup . Ses avantages sont sa disponibilité et sa facilité d’utilisation. Il sait ce qu’il n’y a pas besoin de copier et peut inclure les journaux nécessaires pour ne pas avoir à paramétrer l’archivage.
Il peut utiliser la connexion de réplication déjà prévue pour le secondaire, poser des slots temporaires ou le slot définitif.
Pour faciliter la mise en place d’un secondaire, il peut générer les fichiers de configuration à partir des paramètres qui lui ont été fournis (option –write-recovery-conf ).
Malgré beaucoup d’améliorations dans les dernières versions, la limite principale de pg_basebackup reste d’exiger un répertoire cible vide : on doit toujours recopier l’intégralité de la base copiée. Cela peut être pénible lors de tests répétés avec une grosse base, ou avec une liaison instable. Toutefois, à partir de PostgreSQL 17, il permet une sauvegarde incrémentale.
Outils PITR :
L’idéal est un outil de restauration PITR permettant la restauration en mode delta, par exemple pgBackRest avec l’option –delta . Ne sont restaurés que les fichiers ayant changé, et le primaire n’est pas chargé par la copie.
Un script de copie reste une option possible. Il est possible de le faire manuellement, tout comme pour une sauvegarde PITR.
Une copie manuelle implique que les journaux sont archivés par ailleurs. Rappelons les trois étapes essentielles :
- le pg_backup_start() ;
- la copie des fichiers : généralement avec rsync –whole-file , ou tout moyen permettant une copie fiable et rapide;
- le pg_backup_stop() .
On exclura les fichiers inutiles lors de la copie qui pourraient gêner un redémarrage, notamment les fichiers postmaster.pid , postmaster.opts , pg_internal.init , les répertoires pg_wal , pg_replslot , pg_dynshmem , pg_notify , pg_serial , pg_snapshots , pg_stat_tmp , pg_subtrans , pgslq_tmp* . La liste complète figure dans la documentation officielle 1 .
6.3.5 Serveur secondaire (2/4) - Fichiers de configuration
- postgresql.conf & postgresql.auto.conf
- paramètres
- standby.signal (dans PGDATA)
- vide
Au choix, les paramètres sont à ajouter dans postgresql.conf , dans un fichier appelé par ce dernier avec une clause d’inclusion, ou dans postgresql.auto.conf (forcément dans le répertoire de données pour ce dernier, et qui surcharge les fichiers précédents). Cela dépend des habitudes, de la méthode d’industrialisation… S’il y a des paramètres propres au primaire dans la configuration d’un secondaire, ils seront ignorés, et vice-versa. Dans les cas simples, le postgresql.conf peut donc être le même.
Puis il faut créer un fichier vide nommé standby.signal dans le répertoire PGDATA , qui indique à PostgreSQL que le serveur doit rester en recovery permanent.
Au cas où vous rencontreriez un vieux serveur en version antérieure à la 12 : jusqu’en version 11, on activait le mode standby non dans la configuration, mais en créant un fichier texte recovery.conf dans le PGDATA de l’instance, et en y plaçant le paramètre
6.3.6 Serveur secondaire (3/4) - Paramètres
- primary_conninfo (streaming) :
- Optionnel :
- primary_slot_name
- restore_command
- wal_receiver_timeout
PostgreSQL doit aussi savoir comment se connecter au serveur primaire. C’est le paramètre primary_conninfo qui le lui dit. Il s’agit d’un DSN standard où il est possible de spécifier l’adresse IP de l’hôte ou son alias, le numéro de port, le nom de l’utilisateur, etc. Il est aussi possible de spécifier
le mot de passe, mais c’est risqué en terme de sécurité. En effet, PostgreSQL ne vérifie pas si ce fichier est lisible par quelqu’un d’autre que lui. Il est donc préférable de placer le mot de passe dans le fichier .pgpass , généralement dans ~postgres/ sur le secondaire, fichier qui n’est utilisé que s’il n’est lisible que par son propriétaire. Par exemple :
Toutes les options de la libpq sont accessibles. Par exemple, cette chaîne de connexion a été générée pour un nouveau secondaire par pg_basebackup -R :
S’y trouvent beaucoup de paramétrage par défaut dépendant de méthodes d’authentification, ou pour le SSL. Parmi les autres paramètres optionnels de primary_conninfo , il est conseillé d’ajouter application_name , par exemple avec le nom du serveur. Cela facilite la supervision. C’est même nécessaire pour paramétrer une réplication synchrone.
Si application_name n’est pas fourni, le cluster_name du secondaire sera utilisé, mais il est rarement correctement configuré (par défaut, il vaut 16/main sur Debian/Ubuntu, et n’est pas configuré sur Red Hat/Rocky Linux). De manière optionnelle, nous verrons que l’on peut définir aussi deux paramètres :
- primary_slot_name , pour sécuriser la réplication avec un slot de réplication;
- restore_command , pour sécuriser la réplication avec un accès à la sauvegarde PITR.
Le paramètre wal_receiver_timeout sur le secondaire est le symétrique de wal_sender_timeout sur le primaire. Il indique au bout de combien de temps couper une connexion inactive. Le secondaire retentera la connexion plus tard.
6.3.7 Serveur secondaire (4/4) - Démarrage
- Démarrer PostgreSQL
- Suivre dans les traces que tout va bien
Il ne reste plus qu’à démarrer le serveur secondaire. En cas de problème, le premier endroit où aller chercher est bien entendu le fichier de trace postgresql.log .
6.3.8 Processus
Sur le primaire :
- walsender … streaming 0/3BD48728 Sur le secondaire :
- walreceiver streaming 0/3BD48728
Sur le primaire, un processus walsender apparaît pour chaque secondaire connecté. Son nom de processus est mis à jour en permanence avec l’emplacement dans le flux de journaux de transactions : postgres: 16/secondaire1: walsender postgres [local] streaming 15/6A6EF408 postgres: 16/secondaire2: walsender postgres [local] streaming 15/6A6EF408
Symétriquement, sur chaque secondaire, un process walreceiver apparaît.
postgres: 16/secondaire2: walreceiver streaming 0/DD73C218
6.4 Promotion
6.4.1 Au menu
- Attention au split-brain!
- Vérification avant promotion
- Promotion : méthode et déroulement
- Retour à l’état stable
6.4.2 Attention au split-brain!
- Si un serveur secondaire devient le nouveau primaire
- s’assurer que l’ancien primaire ne reçoit plus d’écriture
- Éviter que les deux instances soient ouvertes aux écritures
- confusion et perte de données !
La pire chose qui puisse arriver lors d’une bascule est d’avoir les deux serveurs, ancien primaire et nouveau primaire promu, ouverts tous les deux en écriture. Les applications risquent alors d’écrire dans l’un ou l’autre…
Quelques histoires « d’horreur » à ce sujet :
de nombreux exemples sur diverses technologies de réplication 2 ;
post mortem d’un gros problème chez Github en 2018 3 .
Source 2 : https://github.blog/2018-10-30-oct21-post-incident-analysis
Source 3 : https://aphyr.com/posts/288-the-network-is-reliable
6.4.3 Vérification avant promotion
- Primaire :
Database cluster state: shut down Latest checkpoint’s REDO location: 0/3BD487D0
- Secondaire :
Database cluster state: in archive recovery Latest checkpoint’s REDO location: 0/3BD487D0
Avant une bascule, il est capital de vérifier que toutes les modifications envoyées par le primaire sont arrivées sur le secondaire. Si le primaire a été arrêté proprement, ce sera le cas. Après un CHECKPOINT sur le secondaire, on y retrouvera le même emplacement dans les journaux de transaction.
Ce contrôle doit être systématique avant une bascule. Même si toutes les écritures applicatives sont stoppées sur le primaire, quelques opérations de maintenance peuvent en effet écrire dans les journaux et provoquer un écart entre les deux serveurs (divergence). Il n’y aura alors pas de perte de données mais cela pourrait gêner la transformation de l’ancien primaire en secondaire, par exemple. En revanche, même avec un arrêt propre du primaire, il peut y avoir perte de données s’il y a un lag important entre primaire et secondaire : même si le rejeu va toujours jusqu’au bout avant le changement de timeline, les WAL qui n’ont pas pu être récupérés avant la déconnexion, ou après la récupération des archives (si le log shipping est en place) sont perdus pour le nouveau primaire.
Noter que pg_controldata n’est pas dans les chemins par défaut des distributions. La fonction SQL
primaire arrêté.
6.4.4 Promotion du standby : méthode
- Shell :
- pg_ctl promote
- SQL :
- fonction pg_promote()
Il existe plusieurs méthodes pour promouvoir un serveur PostgreSQL en mode standby. Les méthodes les plus appropriées sont :
- l’action promote de l’outil pg_ctl , ou de son équivalent dans les scripts des paquets d’installation, comme pg_ctlcluster sous Debian ;
- la fonction SQL pg_promote . Ces deux méthodes sont à préférer à la méthode historique du fichier de déclenchement (trigger file), qui existe encore jusque PostgreSQL 15 inclus. Le paramètre promote_trigger_file sur une instance secondaire définit un fichier dont l’apparition provoque la promotion de l’instance. Par sécurité, utiliser un emplacement accessible uniquement aux administrateurs.
6.4.5 Promotion du standby : déroulement
Une promotion déclenche :
- déconnexion de la streaming replication (bascule programmée)
- rejeu des dernières transactions en attente d’application
- récupération et rejeu de toutes les archives disponibles
- choix d’une nouvelle timeline du journal de transaction
- suppression du fichier standby.signal
- nouvelle timeline et fichier .history
- ouverture aux écritures
La promotion se déroule en bonne partie comme un recovery après restauration PITR. Une fois l’instance promue, elle finit de rejouer les derniers journaux de transaction en provenance du serveur principal en sa possession, puis se déconnecte de celui-ci (si l’on est encore connecté en streaming). Après la déconnexion, si une restore_command est configurée, toutes les archives disponibles sont récupérées et rejouées (en général, il n’y a pas d’archive contenant des WAL plus récents que le dernier récupéré en streaming ; mais des écritures lourdes et/ou un réseau trop lent peuvent entraîner un retard du streaming). Le dernier journal reçu de l’ancien primaire est souvent incomplet. Il est renommé avec le suffixe .partial et archivé. Cela évite un conflit de nom éventuel avec le même fichier issu de l’ancien serveur, qui a pu aussi être archivé, à un point éventuellement postérieur à la divergence. Ensuite, l’instance choisit une nouvelle timeline pour son journal de transactions. Rappelons que la timeline est le premier numéro dans le nom du segment (fichier WAL) ; par exemple une timeline 5 pour un fichier nommé 000000050000003200000031 . Le nouveau primaire choisit généralement le numéro suivant celui du primaire (à moins que les archives ne contiennent d’autres timelines de numéro supérieur, s’il y a eu plusieurs restaurations et retours en arrière, et il choisit alors le numéro suivant la dernière). Le choix d’une nouvelle timeline permet à PostgreSQL de rendre les journaux de transactions de ce nouveau serveur en écriture incompatibles avec son ancien serveur principal. De plus, des journaux
de nom différent permet l’archivage depuis ce primaire sans perturber l’ancien s’il existe encore. Il n’y a plus de fichier en commun même si l’espace d’archivage est partagé.
Les timelines ne changent pas que lors des promotions, mais aussi lors des restaurations PITR. En général, on désire que les secondaires (parfois en cascade) suivent. Heureusement, ceci est le paramétrage par défaut depuis la version 12 :
Un secondaire suit donc par défaut les évolutions de timeline de son primaire, tant que celui-ci n’effectue pas de retour en arrière.
L’instance crée un fichier d’historique dans pg_wal/ , par exemple 00000006.history pour la nouvelle timeline 6. C’est un petit fichier texte qui contient les différentes timelines ayant mené à la nouvelle. Ce fichier est immédiatement archivé s’il y a archivage. Enfin, l’instance autorise les connexions en lecture et en écriture.
6.4.6 Opérations après promotion du standby
- VACUUM ANALYZE conseillé
- calcul d’informations nécessaires pour autovacuum
Il n’y a aucune opération obligatoire après une promotion. Cependant, il est conseillé d’exécuter un
des tables et mettre à jour les statistiques sur les données. Or ces estimations faisant partie des statistiques d’activité, elles ne sont pas répliquées vers les secondaires. Il est donc intéressant de les mettre à jour après une promotion.
6.4.7 Retour à l’état stable
Si un standby a été momentanément indisponible :
- Rattrapage possible si tous les journaux sont disponibles :
- streaming depuis le primaire (slot, wal_keep_size )
- log shipping depuis les archives ( restore_command )
- ou les deux (si configurés)
- Sinon :
- « décrochage… »
- reconstruction nécessaire
Si un serveur secondaire est momentanément indisponible mais revient en ligne sans perte de données (réseau coupé, problème OS…), alors il a de bonnes chances de se « raccrocher » à son serveur primaire. Il faut bien sûr que l’ensemble des journaux de transactions depuis son arrêt soit accessible à ce serveur, sans exception.
Si le secondaire ne peut rattraper le flux des journaux du primaire, il peut rester ouvert en lecture, mais il ne rattrapera jamais le primaire. Il est donc irrécupérable et doit être reconstruit par l’une des méthodes précédentes, ce qui peut être long et lourd.
Le secondaire cherche ces journaux par log shipping et par streaming auprès de son primaire, s’ils sont configurés et fonctionnels. Si une méthode échoue, le secondaire tentera l’autre, alternativement, et indéfiniment jusqu’à obtenir les journaux nécessaires. Si une seule méthode est configurée, le secondaire ne tente bien sûr que celle-ci. Tant qu’une méthode fonctionne, le secondaire l’utilise jusqu’à ce qu’elle tombe en échec. En cas de réplication par streaming : Le secondaire utilise la primary_conninfo pour demander au primaire les journaux à partir de sa propre position dans le flux de journaux, successivement et dans l’ordre. Le primaire ne doit pas avoir recyclé ou supprimé ces journaux devenus inutiles après leur archivage et un checkpoint, ce qui peut ne prendre que quelques minutes. Si le primaire n’a plus le journal nécessaire, les deux instances afficheront cette erreur : ERROR: requested WAL segment 000000010000009900000045 has already been removed
On peut forcer le primaire à conserver des journaux pour un serveur secondaire :
- La première méthode est simple et consiste à définir un paramètre nommé wal_keep_size , pour que le primaire conserve toujours une certaine quantité de journaux, inutiles pour lui, au cas où un secondaire le demande.
- La méthode la plus propre consiste à créer un « slot de réplication » sur le primaire, et dédié à ce secondaire (paramètre primary_slot à définir sur celui-ci). Le primaire sait alors en permanence où en est son secondaire, et lui conserve toujours les journaux nécessaires. C’est très sûr, mais peut avoir des inconvénients. En cas de réplication par log shipping : Il faut que la restore_command fonctionne, que le stock des journaux remonte assez loin dans le temps (jusqu’au moment où le secondaire a perdu contact), et qu’aucun journal ne manque ni ne soit corrompu. Souvent, le secondaire utilise le log shipping depuis les archives PITR pour rattraper son retard, jusqu’à ce que l’archivage tombe en erreur après épuisement de tous les journaux disponibles; puis il bascule sur le streaming si c’est possible.
6.5 Conclusion
- Système de réplication fiable
- Simple à maîtriser et à configurer
La réplication interne à PostgreSQL est le résultat de travaux remontant aussi loin que la version 8.0. Elle est fondée sur des bases solides et saines. Cette réplication reste fidèle aux principes du moteur de PostgreSQL :
- simple à maîtriser ;
- simple à configurer;
- fonctionnelle;
- stable.
6.6 Quiz
6.7 Travaux pratiques
Ce TP suppose que les instances tournent sur la même machine. N’oubliez pas qu’il faut un répertoire de données et un numéro de port par serveur PostgreSQL. Dans la réalité, il s’agira de deux machines différentes : l’archivage nécessitera des opérations supplémentaires (montage de partitions réseau, connexion ssh sans mot de passe…).
6.7.1 Sur Rocky Linux 8 ou 9
6.7.1.1 Réplication asynchrone en flux avec un seul secondaire
But : Mettre en place une réplication asynchrone en flux. Ce TP a été mis à jour pour PostgreSQL 17, adapter le numéro de version au besoin.
Créer l’instance primaire dans /var/lib/pgsql/17/instance1 (port 5432).
Préparer la configuration de la réplication par streaming.
L’utilisateur dédié sera nommé repli.
Créer la première instance secondaire instance2, port 5433, avec son service systemd, par copie à chaud du répertoire de données avec pg_basebackup vers /var/lib/psql/17/instance2 .
Penser à modifier le port de cette nouvelle instance avant de la démarrer.
Démarrer instance2 et s’assurer que la réplication fonctionne bien avec ps .
Se connecter au serveur secondaire.
Créer quelques tables pour vérifier que les écritures se propagent du primaire au secondaire.
6.7.1.2 Promotion de l’instance secondaire
But : Promouvoir un serveur secondaire en primaire.
En respectant les étapes de vérification de l’état des instances, effectuer une promotion contrôlée de l’instance secondaire avec arrêt préalable propre du primaire.
Tenter de se connecter au serveur secondaire fraîchement promu.
Les écritures y sont-elles possibles ?
6.7.1.3 Retour à la normale
But : Revenir à l’architecture d’origine.
Reconstruire l’instance initiale ( /var/lib/pgsql/17/instance1 ) comme nouvelle instance secondaire en repartant d’une copie complète de instance2, en utilisant pg_basebackup .
Démarrer l’instance1 reconstruite.
Vérifier que les données précédemment insérées dans les tables créées plus haut sont bien présentes dans l’instance reconstruite.
Inverser à nouveau les rôles des deux instances afin que instance2 redevienne l’instance secondaire.
6.7.2 Sur Debian 12
6.7.2.1 Réplication asynchrone en flux avec un seul secondaire
But : Mettre en place une réplication asynchrone en flux.
Créer l’instance principale en utilisant pg_createcluster .
Vérifier la configuration de la réplication par streaming.
L’utilisateur dédié sera nommé repli.
Créer la première instance secondaire instance2, par copie à chaud du répertoire de données avec pg_basebackup vers /var/lib/postgresql/17/instance2 . Le répertoire dédié aux fichiers de configuration devra être copié.
Penser à modifier les chemins et le n° de port de cette nouvelle instance avant de la démarrer.
Démarrer instance2 et s’assurer que la réplication fonctionne bien avec ps .
Tenter de se connecter au serveur secondaire.
Créer quelques tables pour vérifier que les écritures se propagent du primaire au secondaire.
6.7.2.2 Promotion de l’instance secondaire
But : Promouvoir un serveur secondaire en primaire.
En respectant les étapes de vérification de l’état des instances, effectuer une promotion contrôlée de l’instance secondaire.
Tenter de se connecter au serveur secondaire fraîchement promu.
Les écritures y sont-elles possibles ?
6.7.2.3 Retour à la normale
But : Revenir à l’architecture d’origine.
Reconstruire l’instance initiale ( /var/lib/postgresql/17/instance1 ) commenouvelle instance secondaire en repartant d’une copie complète de instance2 en utilisant pg_basebackup .
Démarrer cette nouvelle instance.
Vérifier que les processus adéquats sont bien présents, et que les données précédemment insérées dans les tables créées plus haut sont bien présentes dans l’instance reconstruite.
Inverser à nouveau les rôles des deux instances afin que instance2 redevienne l’instance secondaire.
6.8 Travaux pratiques (solutions)
6.8.1 Sur Rocky Linux 8 ou 9
Cette solution se base sur un système Rocky Linux 8, installé à minima depuis les paquets du PGDG, et en anglais. Adapter les numéros de version dans les chemins à la version de PostgreSQL que vous utilisez.
- Le prompt # indique une commande à exécuter avec l’utilisateur root .
- Le prompt $ est utilisé pour les commandes de l’utilisateur postgres .
Au préalable, arrêter les instances précédemment créées sur le serveur :
6.8.1.1 Réplication asynchrone en flux avec un seul secondaire
- Créer l’instance primaire dans /var/lib/pgsql/17/instance1 (port 5432), avec le service systemd associé nommé instance1 (copier et modifier le fichier du service postgresql-17).
Le fichier du service est une copie du fichier du service par défaut, en changeant juste le chemin :
ou modifier à la main cette ligne dans /etc/systemd/system/instance1.service :
Création de la nouvelle instance :
Initializing database … OK
Cette instance doit démarrer. En cas de souci, vérifier qu’il n’existe pas une autre instance qui tourne sur le port 5432.
- Préparer la configuration de la réplication par streaming sur ce primaire.
- L’utilisateur dédié sera nommé repli.
Les versions par défaut des paramètres wal_level (à replica ) et max_wal_sender (à 10) suffisent, nous n’avons donc pas à modifier postgresql.conf .
Nous allons cependant modifier le fichier /var/lib/pgsql/17/instance1/pg_hba.conf pour que l’accès en réplication soit autorisé pour l’utilisateur repli : hostreplication repli 127.0.0.1/32 scram-sha-256
Cette configuration indique que l’utilisateur repli peut se connecter en mode réplication à partir de l’adresse IP 127.0.0.1 . L’utilisateur repli n’existant pas, il faut le créer (nous utiliserons le mot de passe « confidentiel ») :
Enter password for new role: Enter it again:
Configurer ensuite le fichier .pgpass de l’utilisateur système postgres :
Pour prendre en compte la configuration, la configuration de l’instance principale doit être rechargée :
- Créer la première instance secondaire instance2, port 5433, avec son service systemd, par copie à chaud du répertoire de données avec pg_basebackup vers /var/lib/psql/17/instance2 .
- Penser à modifier le port de cette nouvelle instance avant de la démarrer.
Créons le service systemd de la même manière que ci-dessus :
ou modifier à la main cette ligne dans /etc/systemd/system/instance2.service :
Utiliser pg_basebackup pour copier les données depuis l’instance primaire :
25314/25314 kB (100%), 1/1 tablespace
L’option -R (ou –write-recovery-conf ) de pg_basebackup a préparé la configuration de la mise en réplication en créant le fichier standby.signal ainsi qu’en configurant primary_conninfo dans le fichier postgresql.auto.conf :
Noter que ce dernier fichier fait référence au fichier de mot de passe ~/.pgpass . Sur la même machine il est partagé, mais sur un autre serveur il faudrait le recréer :
Puisqu’on travaille sur la même machine, il faut désormais positionner le port d’écoute dans le fichier de configuration, c’est-à-dire /var/lib/pgsql/17/instance2/postgresql.conf :
NB : en production, il y aura généralement des machines différentes, donc pas de besoin de changer le port. De plus, la configuration sera soit gérée dans un fichier extérieur au PGDATA (non écrasé à la copie) et appelé depuis postgresql.conf , soit adaptée par l’outil qui crée le secondaire (script, playbook…).
- Démarrer instance2 et s’assurer que la réplication fonctionne bien avec ps .
- Se connecter au serveur secondaire.
- Créer quelques tables pour vérifier que les écritures se propagent du primaire au secondaire.
Il ne reste désormais plus qu’à démarrer l’instance secondaire :
La commande ps suivante permet de voir que les deux serveurs sont lancés :
… 211738 /usr/pgsql-17/bin/postgres -D /var/lib/pgsql/17/instance1/ 211739 _ postgres: logger 211740 _ postgres: checkpointer 211741 _ postgres: background writer 211743 _ postgres: walwriter 211744 _ postgres: autovacuum launcher 211745 _ postgres: archiver last was 000000010000000000000012 211746 _ postgres: logical replication launcher 213912 _ postgres: walsender repli 127.0.0.1(56444) streaming 0/130001A0 …
213902 /usr/pgsql-17/bin/postgres -D /var/lib/pgsql/17/instance2/ 213904 _ postgres: logger 213905 _ postgres: checkpointer 213906 _ postgres: background writer 213907 _ postgres: startup recovering 000000010000000000000013 213908 _ postgres: walreceiver
Pour différencier les deux instances, il est possible d’identifier le répertoire de données (l’option -D ), les autres processus étant des fils du processus postgres principal. (Il serait aussi possible de configurer le paramètre cluster_name de chaque instance.)
Nous avons bien les deux processus de réplication en flux walsender et walreceiver . Créons quelques données sur le principal et assurons-nous qu’elles soient transmises au secondaire :
– 1 million de lignes et 35 Mo
On constate que le flux a été transmis :
Essayons de nous connecter au secondaire et d’exécuter quelques requêtes :
On peut se connecter, lire des données, mais pas écrire. Le comportement est visible dans les traces de l’instance secondaire dans le répertoire /var/lib/pgsql/17/instance :
PostgreSQL indique bien qu’il accepte des connexions en lecture seule.
6.8.1.2 Promotion de l’instance secondaire
- En respectant les étapes de vérification de l’état des instances, effectuer une promotion contrôlée de l’instance secondaire avec arrêt préalable propre du primaire.
Arrêt de l’instance primaire :
Vérification de sa dernière position dans le flux des journaux :
Database cluster state: shut down Latest checkpoint’s REDO location: 0/16D4E5C8
Même vérification pour l’instance secondaire, qui n’est pas arrêtée :
Database cluster state: in archive recovery Latest checkpoint’s REDO location: 0/16D4E5C8
L’instance principale est bien arrêtée, l’instance secondaire est bien en recovery et elle a bien rattrapé intégralement le flux du primaire. La promotion de l’instance secondaire se fait soit en ligne de commande :
waiting for server to promote…. done server promoted
soit en SQL :
- Tenter de se connecter au serveur secondaire fraîchement promu.
- Les écritures y sont-elles possibles ?
Connectons-nous à ce nouveau primaire et tentons d’y insérer des données :
Les écritures sont désormais bien possibles sur cette instance.
6.8.1.3 Retour à la normale
- Détruire puis reconstruire l’instance initiale ( /var/lib/pgsql/17/instance1 ) comme nouvelle instance secondaire en repartant d’une copie complète de instance2, en utilisant pg_basebackup .
Comme la bascule précédente a été contrôlée, il se pourrait que instance1 puisse être rattachée directement comme secondaire de instance2. Mais instance2 n’a pas forcément gardé assez de journaux. Nous allons donc reconstruire instance1 de zéro. Utilisons pg_basebackup comme précédemment pour copier les données de instance2, après avoir supprimé les fichiers de l’ancien primaire :
-h 127.0.0.1 -p 5433 -U repli
104385/104385 kB (100%), 1/1 tablespace
Dans /var/lib/pgsql/17/instance1 :
- créer le fichier standby.signal s’il n’existe pas déjà :
- contrôler postgresql.auto.conf (qui contient potentiellement deux lignes primary_conninfo !) :
- repositionner le port d’écoute dans le fichier /var/lib/pgsql/17/instance1/postgresql.conf :
Enfin, démarrer le service :
- Démarrer l’instance1 reconstruite.
- Vérifier que les données précédemment insérées dans les tables créées plus haut sont bien présentes dans l’instance reconstruite.
count
1000000
Les données créées sur instance2 après sa promotion sont bien présentes.
- Inverser à nouveau les rôles des deux instances afin que instance2 redevienne l’instance secondaire, sans reconstruire instance2.
Afin que l’instance 5432 redevienne primaire et celle sur le port 5433 secondaire, on peut ré-appliquer la procédure de promotion vue précédemment dans l’autre sens. Arrêt de l’instance primaire et vérification de son état :
Database cluster state: shut down Latest checkpoint’s REDO location: 0/1C000060
Vérification de l’instance secondaire :
Database cluster state: in archive recovery Latest checkpoint’s REDO location: 0/1C000060
Les deux instances sont bien synchronisées : Promotion de l’instance secondaire :
waiting for server to promote…. done server promoted
Afin que instance2 redevienne l’instance secondaire, il suffit de créer le fichier standby.signal et de démarrer le service, puisque la configuration du primary_conninfo dans postgresql.auto.conf est toujours là.
Vérifier les processus comme précédemment avec :
Créer des données sur instance1 (port 5432) doit provoquer leur apparition quasi-immédiate dans instance2.
6.8.2 Sur Debian 12
Cette solution se base sur un système Debian 12, installé à minima depuis les paquets du PGDG, et en anglais.
- Le prompt # indique une commande à exécuter avec l’utilisateur root .
- Le prompt $ est utilisé pour les commandes de l’utilisateur postgres .
La mise en place d’une ou plusieurs instances sur le même poste est décrite plus haut. Au préalable, nettoyer les instances qui auraient pu être créées sur le serveur.
6.8.2.1 Réplication asynchrone en flux avec un seul secondaire
- Créer l’instance primaire dans (port 5432) avec
pg_createcluster .
Creating new PostgreSQL cluster 17/instance1 … … Ver Cluster Port Status Owner Data directory // 17 instance1 5432 down postgres /var/lib/postgresql/17/instance1 //
Log file
Le répertoire des données se trouve sous /var/lib/postgresql/17/instance1 . Démarrer l’instance, soit avec :
soit explicitement via systemd :
- Vérifier la configuration de la réplication par streaming.
- L’utilisateur dédié sera nommé repli.
Au sein du fichier /etc/postgresql/17/instance1/pg_hba.conf , l’entrée ci-dessous montre que tout utilisateur authentifié (avec l’attribut REPLICATION ) aura accès en réplication à l’instance :
Bien que facultatif dans le cadre du TP, pour restreindre l’accès uniquement au rôle repli, il suffit de remplacer la valeur all dans le champ dédié aux utilisateurs, par repli :
Créer le rôle repli, qui sera dédié à la réplication, en lui affectant le mot de passe « confidentiel » :
Enter password for new role: Enter it again:
Configurer ensuite le fichier .pgpass de l’utilisateur système postgres :
Il faut recharger la configuration pour qu’elle soit prise en compte par l’instance :
- Créer la première instance secondaire instance2, par copie à chaud du répertoire de données avec pg_basebackup vers /var/lib/postgresql/17/instance2 .
- Penser à copier les fichiers de configuration.
- Penser à modifier le port de cette nouvelle instance avant de la démarrer.
Utiliser pg_basebackup pour créer l’instance secondaire :
-U repli
23134/23134 kB (100%), 1/1 tablespace
L’option -R ou –write-recovery-conf de pg_basebackup a préparé la configuration de la mise en réplication en créant le fichier standby.signal ainsi qu’en configurant primary_conninfo dans le fichier postgresql.auto.conf :
Sous Debian, les fichiers de configuration de l’instance sont sous /etc , il faut donc copier ceux d’instance1 :
Puis adapter la configuration présente dans le fichier postgresql.conf au nouveau nom d’instance :
Ce qui revient à modifier ces paramètres :
(Une méthode alternative aurait pu être de créer l’instance2 avec pg_createcluster , de l’arrêter et de supprimer ses données. On aurait cependant perdu toute configuration supplémentaire faite sur instance1.)
- Démarrer instance2 et s’assurer que la réplication fonctionne bien avec ps .
- Tenter de se connecter au serveur secondaire.
- Créer quelques tables pour vérifier que les écritures se propagent du primaire au secondaire.
Il ne reste désormais plus qu’à démarrer l’instance secondaire :
postgresql@17-instance2
La commande ps suivante permet de voir que les deux serveurs sont lancés :
La première partie concerne le serveur secondaire : PID CMD 5321 /usr/lib/postgresql/17/bin/postgres -D /var/lib/postgresql/17/instance2 -c config_file=/etc/postgresql/17/instance2/postgresql.conf 5322_ postgres: 17/instance2: checkpointer 5323_ postgres: 17/instance2: background writer 5324_ postgres: 17/instance2: startup recovering 000000010000000000000003 5325_ postgres: 17/instance2: walreceiver streaming 0/3000148
La deuxième partie concerne le serveur principal : PID CMD 4562 /usr/lib/postgresql/17/bin/postgres -D /var/lib/postgresql/17/instance1 -c config_file=/etc/postgresql/17/instance1/postgresql.conf 4563_ postgres: 17/instance1: checkpointer 4564_ postgres: 17/instance1: background writer 4566_ postgres: 17/instance1: walwriter 4567_ postgres: 17/instance1: autovacuum launcher 4568_ postgres: 17/instance1: logical replication launcher 5326_ postgres: 17/instance1: walsender repli 127.0.0.1(41744) streaming 0/3000148
Pour différencier les deux instances, il est possible d’identifier le répertoire de données (l’option -D ), les autres processus sont des fils du processus postgres principal. Le paramètre cluster_name , déjà configuré sous Debian, permet également de reconnaitre une instance parmi d’autres. Nous avons bien les deux processus de réplication en flux walsender et walreceiver . Créons quelques données sur le principal et assurons-nous qu’elles soient transmises au secondaire :
– 1 million de lignes et 35 Mo
On constate que le flux a été transmis :
Essayons de nous connecter au secondaire et d’exécuter quelques requêtes :
On peut se connecter, lire des données, mais pas écrire. Le comportement est visible dans le log de l’instance secondaire dans le fichier /var/log/postgresql/postgresql-17-instance2.log :
PostgreSQL indique bien qu’il accepte des connexions en lecture seule.
6.8.2.2 Promotion de l’instance secondaire
- En respectant les étapes de vérification de l’état des instances, effectuer une promotion contrôlée de l’instance secondaire avec arrêt préalable propre du primaire.
Arrêt de l’instance primaire :
Vérification de sa dernière position dans le flux des journaux :
Database cluster state: shut down Latest checkpoint’s REDO location: 0/3000148 Latest checkpoint’s REDO WAL file:
Même vérification pour l’instance secondaire, qui n’est pas arrêtée :
Database cluster state: in archive recovery Latest checkpoint’s REDO location: 0/3000148 Latest checkpoint’s REDO WAL file: 000000010000000000000003
L’instance principale est bien arrêtée, l’instance secondaire est bien en recovery et elle a bien rattrapé intégralement le flux du primaire. La promotion de l’instance secondaire se fait soit en ligne de commande :
soit en SQL :
- Tenter de se connecter au serveur secondaire fraîchement promu.
- Les écritures y sont-elles possibles ?
Connectons-nous à ce nouveau primaire et tentons d’y insérer des données :
Les écritures sont désormais bien possibles sur cette instance.
6.8.2.3 Retour à la normale
- Reconstruire l’instance initiale ( /var/lib/postgresql/17/instance1 ) commenouvelle instance secondaire en repartant d’une copie complète de instance2, en utilisant pg_basebackup .
Comme la bascule précédente a été contrôlée, il se pourrait que instance1 puisse être rattachée directement comme secondaire de instance2. Mais instance2 n’a pas forcément gardé assez de journaux. Nous allons donc reconstruire instance1 de zéro. Utilisons pg_basebackup comme précédemment pour copier les données de instance2, après avoir supprimé les fichiers de l’ancien primaire :
-h 127.0.0.1 -p 5433 -U repli
104385/104385 kB (100%), 1/1 tablespace
Vérifier la présence du fichier standby.signal . Contrôler postgresql.auto.conf (qui contient potentiellement deux lignes primary_conninfo !). Le fichiers de configuration de l’instance1 n’ayant quant à eux pas été modifiés, il n’est pas nécessaire d’adapter le port d’écoute de l’instance1 par exemple. Dans /var/lib/postgresql/17/instance1 :
- créer le fichier standby.signal s’il n’existe pas déjà :
- contrôler postgresql.auto.conf (qui contient potentiellement deux lignes primary_conninfo !) :
Enfin, démarrer le service :
- Démarrer cette nouvelle instance.
- Vérifier que les processus adéquats sont bien présents, et que les données précédemment insérées dans les tables créées plus haut sont bien présentes dans l’instance reconstruite.
Les processus adéquats sont bien présents :
6102_ postgres: 17/instance1: startup recovering 000000020000000000000007 6129_ postgres: 17/instance1: walreceiver streaming 0/70001F0 6130_ postgres: 17/instance2: walsender repli 127.0.0.1(60282) streaming 0/70001F0
En nous connectant à la nouvelle instance secondaire (port 5432), vérifions que les données précédemment insérées dans la table t2 sont bien présentes :
count
- Inverser à nouveau les rôles des deux instances afin que instance2 redevienne l’instance secondaire, sans reconstruire instance2.
Afin que l’instance 5432 redevienne primaire et celle sur le port 5433 secondaire, on peut ré-appliquer la procédure de promotion vue précédemment dans l’autre sens. Arrêt de l’instance primaire et vérification de son état :
Database cluster state: shut down Latest checkpoint’s REDO location: 0/70001F0 Latest checkpoint’s REDO WAL file: 000000020000000000000007
Vérification de l’instance secondaire :
Database cluster state: in archive recovery Latest checkpoint’s REDO location: 0/70001F0 Latest checkpoint’s REDO WAL file: 000000020000000000000007
L’instance principale est bien arrêtée, l’instance secondaire est bien en archive recovery et les deux sont bien synchronisées. Afin que instance2 redevienne l’instance secondaire, il suffit de créer le fichier standby.signal et de démarrer le service, puisque la configuration du primary_conninfo dans postgresql.auto.conf est toujours là.
Afin que instance2 redevienne l’instance secondaire, créer le fichier standby.signal , démarrer le service et vérifier que les processus adéquats sont bien présents :
6296_ postgres: 17/instance2: startup recovering 000000030000000000000007 6299_ postgres: 17/instance2: walreceiver streaming 0/7000380 6300_ postgres: 17/instance1: walsender repli 127.0.0.1(52208) streaming 0/7000380
Des données créées sur instance1 (port 5432) doivent apparaître quasi-immédiatement dans instance2.
7 Réplication physique avancée
Réplication physique avancée
Le contenu comprend la supervision, les conflits, la réplication synchrone, les slots, le log shipping et le TP avec solution.

7/ Réplication physique avancée
7.1 Introduction
- Supervision
- Fonctionnalités avancées
En complément du module précédent, il est important de bien superviser un cluster en réplication, d’en connaître les limites mais aussi d’appréhender toutes les possibilités offertes par la réplication physique.
7.1.1 Au menu
- Supervision
- Gestion des conflits
- Asynchrone ou synchrone
- Réplication en cascade
- Slot de réplication
- Log shipping
7.2 Supervision (streaming)
- Quelles vues et fonctions utilitaires?
- Comment voir et calculer le retard des secondaires?
7.2.1 Utilitaires pour le streaming
- pg_is_in_recovery() : instance en réplication?
- Calcul du retard en octets :
– primaire
- et en temps
– secondaire
Étant donné qu’il est possible de se connecter sur le serveur primaire comme sur le serveur secondaire, il est important de pouvoir savoir sur quel type de serveur un utilisateur est connecté. Pour cela, il existe une fonction appelée pg_is_in_recovery() : elle renvoie la valeur true si l’utilisateur se trouve sur un serveur en hot standby et false sinon. Retard en octets : Le calcul de la différence de volumétrie de données entre le primaire et ses secondaires (lag) peut-être effectué avec la fonction
fournit la position dans le flux de données du primaire. En récupérant la position sur le secondaire (au choix, dernière réception avec ou dernier rejeu avec
– sur le secondaire
13/A7DD670
– sur le primaire
) ;
1939 kB
Mais nous allons voir qu’il y a plus pratique. Retard en durée : Quand le retard d’un serveur secondaire sur son primaire est exprimé en octets, il n’est pas simple d’en appréhender l’amplitude. Le retard en durée est plus parlant. La fonction pg_last_xact_replay_timestamp() indique la date et l’heure de la dernière transaction rejouée. Soustraire la date et l’heure actuelle à cette fonction permet d’avoir une estimation sur le retard au rejeu d’un serveur secondaire sous la forme d’une durée.
Attention, si le primaire ne reçoit que des transactions en lecture, le flux de journaux n’est pas forcément complètement vide, mais pg_last_xact_replay_timestamp() ne s’incrémente alors pas sur le secondaire! now() - pg_last_xact_replay_timestamp() donnera alors une durée croissante dans le temps, même si le serveur secondaire n’a aucun retard.
7.2.2 Pg_stat_replication
client_hostname
backend_start
backend_xmin
sync_priority
Pour connaître l’état des différents serveurs secondaires connectés au serveur primaire, le plus simple est de récupérer les informations provenant de la vue pg_stat_replication du primaire. Elle permet de connaître l’état de tous les serveurs secondaires connectés en streaming (mais pas ceux déconnectés!). Il y a une ligne pour chacun d’entre eux, l’exemple ci-dessus porte donc sur un seul secondaire. La plupart des colonnes se comprennent aisément.
L’adresse IP du serveur est l’information principale pour distinguer les secondaires s’il y en a plusieurs.
Il est conseillé de le renseigner pour la supervision, (ou bien cluster_name ).
stateest à streaming quand tout va bien. Quand un secondaire vient de se connecter, state affiche catchup le temps de revenir au moins une fois à un lag nul.
sync_state vaut async dans le cas d’une réplication asynchrone. Avec une réplication synchrone, ce sera sync , potential ou quorum . Si la connection a échoué, la ligne n’existe simplement pas.
backend_start indique l’heure de connexion, et reply_time l’heure du dernier message envoyé par le secondaire.
Les quatre LSN permettent de suivre la réception, l’enregistrement et le rejeu sur le secondaire, grâce aux fonctions évoquées plus haut :
FROM pg_stat_replication ;
Le service streaming_delta de la sonde check_pgactivity 1 ne fait pas autrement pour suivre les volumétries à recevoir, à appliquer et à rejouer.
Les différents champs *_lag indiquent le retard temporel des secondaires, ce qui est très pratique pour repérer un secondaire en retard ou en pause.
mesure le délai entre l’enregistrement dans les journaux en local et la notification de write_lag l’enregistrement dans le cache disque du secondaire (ce délai est important en mode synchrone avec
flush_lag mesure le délai jusqu’à confirmation que les données modifiées soient bien écrites sur disque au niveau du serveur standby (ce délai est celui à suivre en mode synchrone avec
mesure le délai jusqu’au rejeu des transactions sur le secondaire, les rendant replay_lag est à visibles aux requêtes des utilisateurs (ce délai est à surveiller si
remote_apply )
La sortie d’écran plus haut indique que la réception des données sur le secondaire est rapide, mais le rejeu a 3 secondes de retard.
- Source 1 : https://github.com/OPMDG/check_pgactivity
7.2.3 Autres vues pour le streaming
- S’il y a un slot
- pg_replication_slots
- Sur le secondaire
- pg_stat_wal_receiver
pg_replication_slots : Toujours depuis le primaire, pour savoir où en sont les serveurs secondaires, éventuellement déconnectés, utilisant un slot de réplication, consulter aussi la vue pg_replication_slots :
pg_stat_wal_receiver : Sur le secondaire, on peut consulter aussi la vue pg_stat_wal_receiver pour voir la connexion en cours :
Noter que le primary_conninfo d’origine est complété de nombreux paramètres par défaut.
7.3 Supervision (log shipping)
7.4 Supervision du log shipping
- Le primaire ne sait rien
- Supervision de l’archivage comme pour du PITR
- pg_stat_archiver
- Secondaire :
- pg_wal_lsn_diff()
- traces
- calcul du retard manuel ( pg_last_wal_replay_lsn() )
Si le secondaire est en log shipping (par choix ou parce que le secondaire a trop de retard et a basculé dans ce mode), la supervision est plus compliquée. Le primaire étant déconnecté du secondaire, pg_stat_replication ne contiendra rien sur ce secondaire. Côté primaire, on vérifiera que l’archivage se fait correctement, notamment avec la vue pg_stat_archiver . Côté secondaire, les traces permettent de vérifier que les journaux sont récupérés et appliqués, ou de connaître la cause des erreurs : restore_command mal paramétrée, problème d’accès aux journaux, etc. Le calcul du retard ci-dessus reste possible, mais il faudra aller chercher où est le secondaire dans le flux des WAL en y exécutant la fonction pg_last_wal_replay_lsn() . Le service hot_standby_delta de la sonde check_pgactivity 2 facilite cela : elle se connecte au primaire et au secondaire, et calcule l’écart, pour lever une alerte au besoin. Il peut être utile de la déployer même sur une instance habituellement en streaming pour suivre un rattrapage long.
- Source 2 : https://github.com/OPMDG/check_pgactivity

7.5 Conflits de réplication
7.5.1 Qu’est-ce qu’un conflit de réplication?
7.5.2 Détection des conflits de réplication
- Une requête en lecture pose des verrous
- conflit possible avec changements répliqués!
- Vue pg_stat_database_conflicts (secondaires)
- Traces :
- log_recovery_conflict_waits
Source des conflits :
Sur un primaire, le MVCC garantit qu’une requête ne sera pas gênée si elle lit des lignes dans des blocs qu’une autre requête est en train de modifier. Mais le primaire ne sait à priori rien des requêtes sur un secondaire. Sur ce dernier, un conflit peut survenir entre l’application des modifications provenant du primaire d’une part, et l’exécution d’une requête (en lecture seule) d’autre part. Comme les modifications de la réplication doivent s’enregistrer dans l’ordre de leur émission, si une requête bloque l’application d’une modification, elle bloque en fait l’application de toutes les modifications suivantes pour ce serveur secondaire. Un exemple simple de conflit est l’exécution d’une requête sur une base que la réplication veut supprimer. PostgreSQL attend un peu avant de forcer l’application des modifications. S’il doit forcer, il sera contraint d’annuler les requêtes en cours, voire de déconnecter les utilisateurs. Évidemment, cela ne concerne que les requêtes et/ou les utilisateurs gênants. Suivi des conflits : La table pg_stat_database_conflicts du catalogue système n’est renseignée que sur les serveurs secondaires d’une réplication. Elle contient le nombre de conflits détectés sur ce secondaire par type de conflit (conflit sur un tablespace, conflit sur un verrou, etc.). Elle contient une ligne par base de données :
WHERE datname=‘postgres’ ;
confl_snapshot
confl_bufferpin
confl_deadlock
Le total se retrouve dans pg_stat_database .
Le paramètre log_recovery_conflict_waits est à activer : il permet de tracer toute attente due à un conflit de réplication. Il n’est donc valable et pris en compte que sur un serveur secondaire.
7.5.3 Prévenir les conflits de réplication
- gênent le vacuum!
Gestion fine des délais pour réduire les conflits :
Avant d’appliquer un journal, ou extrait de journal, qui entre en conflit avec des requêtes en cours sur le secondaire, PostgreSQL attend un certain délai. et max_standby_archive_delay max_standby_streaming_delay sont des délais d’attente provenant respectivement du log shipping ou du streaming, Par défaut, c’est 30 secondes. Monter l’un ou l’autre de ces paramètres peut être suffisant si l’on peut tolérer que la réplication soit brièvement bloquée. Avant la version 16, il existait un paramètre vacuum_defer_cleanup_age qui demande au VACUUM d’attendre un certain nombre de transactions avant de recycler des lignes mortes. Ce paramètre a été supprimé car le calcul était délicat, et il générait de la fragmentation. Il était désactivé par défaut.
De manière plus fine (et plus simple), les serveurs secondaires peuvent envoyer des informations au serveur primaire sur les requêtes en cours d’exécution, pour tenter de prévenir au moins les conflits lors du nettoyage des enregistrements (action effectuée par le VACUUM ). Il faut pour cela activer le paramètre hot_standby_feedback (à off par défaut). Le serveur secondaire envoie alors des informations au serveur primaire à une certaine fréquence, configurée par le paramètre
Ces paramètres doivent être maniés avec précaution, car ils peuvent causer une fragmentation des tables sur le serveur primaire, certes pas forcément plus importante que si les requêtes sur le secondaire avaient été lancées sur le primaire. Attention notamment s’il y a un slot de réplication et
Gestion des déconnexions du secondaire Grâce à cet envoi d’informations, PostgreSQL peut savoir si un serveur secondaire est indisponible, par exemple suite à une coupure réseau ou à un arrêt brutal du serveur secondaire. Rappelons que si jamais le serveur secondaire est indisponible, le primaire coupe la connexion avec le secondaire après un temps déterminé par le paramètre wal_sender_timeout (1 minute par défaut), Pour éviter des coupures intempestives, il faut donc conserver wal_receiver_status_interval à une valeur inférieure à celle de wal_sender_timeout .
7.6 Contrôle de la réplication
- pg_is_wal_replay_paused() : statut
- Utilité :
- requêtes longues
- pg_dump depuis un secondaire
Lancer un pg_dump depuis un serveur secondaire est souvent utile pour ne pas charger le primaire, mais ce n’est pas simple à cause des risques d’annulation de requêtes en cas de conflits. L’exécution d’un pg_dump peut durer très longtemps et ce dernier travaille en exécutant des requêtes, parfois très longues (notamment COPY ) et donc facilement annulées même après configuration des paramètres max_standby_*_delay . Il faut donc pouvoir mettre en pause l’application de la réplication avec les fonctions suivantes :
- pg_wal_replay_pause() , pour mettre en pause la réplication sur le serveur secondaire où est exécutée cette commande;
- pg_wal_replay_resume() , pour relancer la réplication sur un serveur secondaire où la réplication avait été précédemment mise en pause;
- pg_is_wal_replay_paused() , pour savoir si la réplication est en pause sur le serveur secondaire où est exécutée cette commande. Ces fonctions s’exécutent uniquement sur les serveurs secondaires et la réplication n’est en pause que sur le serveur secondaire où la fonction est exécutée. Il est donc possible de laisser la réplication en exécution sur certains secondaires et de la mettre en pause sur d’autres. Plus généralement, cette technique est applicable pour figer des secondaires et y effectuer de très longues requêtes qui n’ont pas besoin des données les plus récentes enregistrées sur le primaire. Noter qu’il s’agit bien de figer le rejeu des journaux, pas leur transmission. Le serveur secondaire ainsi figé stocke les journaux et pourra les réappliquer plus tard. Même une réplication synchrone, dans sa version la moins stricte, reste ainsi possible.
7.7 Réplication synchrone
- Comment configurer?
- Comment limiter l’impact sur les performances?
7.7.1 Principe de la réplication synchrone
En synchrone, lors d’un COMMIT :
- le primaire attend l’enregistrement sur le secondaire :
- latence réseau
- temps de rejeu des journaux
- synchronisation sur le secondaire
- le secondaire est à jour en cas de bascule
- permet des secondaires qui renvoient le même résultat
- mais ralentit les écritures!
La réplication synchrone est fréquemment demandée sur tous les moteurs de bases de données. En réplication asynchrone, quand une transaction est validée, le serveur primaire rend la main à l’utilisateur lorsqu’il a fini d’enregistrer les données dans ses journaux de transactions sur disque. Il n’attend donc pas de savoir si le serveur secondaire a reçu les données, et encore moins si elles sont enregistrées sur son disque. Le problème survient quand le serveur primaire s’interrompt soudainement et qu’il faut basculer le serveur secondaire en serveur primaire. Les dernières données enregistrées sur le serveur primaire n’ont peut-être pas eu le temps d’arriver sur le serveur secondaire. Par conséquent, on peut se trouver dans une situation où le serveur indique une transaction comme enregistrée, alors qu’après le failover elle n’est plus visible. Avec une réplication synchrone, le serveur primaire ne valide la transaction auprès de l’utilisateur qu’à partir du moment où le serveur secondaire synchrone a lui aussi reçu/écrit/rejoué la donnée sur disque (selon le mode).
Le premier intérêt de la réplication synchrone est donc de s’assurer qu’en cas de failover, aucune donnée ne soit perdue. Le second intérêt peut être d’avoir des serveurs secondaires renvoyant exactement la même chose au même moment que le primaire.
Cependant, le coût peut être prohibitif.
L’immense inconvénient de la réplication synchrone est la latence supplémentaire due aux échanges entre les serveurs pour chaque transaction.
En effet, il ne faut pas seulement attendre que le serveur primaire fasse l’écriture, il faut aussi attendre l’écriture sur le serveur secondaire, sans parler des interactions et des latences réseau. Même si le coût semble minime, il reste cependant présent, et dépend aussi de la qualité du réseau : la durée d’un aller-retour réseau est souvent du même ordre de grandeur (milliseconde) que bien des petites transactions, voire plus élevée. Pour des serveurs réalisant beaucoup d’écritures, le coût n’en sera que plus grand. Le mode peut se choisir transaction par transaction, ce qui peut mitiger le problème. Mais la réplication d’une transaction synchrone doit attendre la réception, voire le rejeu, de toutes les transactions précédentes. Une grosse opération asynchrone peut donc ralentir la transmission ou le rejeu de transactions synchrones. Enfin, la réplication synchrone a un autre danger : si le serveur synchrone ne répond pas, la transaction ne sera pas validée sur le primaire. Du point de vue de l’application, un COMMIT ne rendra pas la main. PostgreSQL permet de déclarer plusieurs serveurs synchrones pour réduire le risque. Ce sera donc du cas par cas. Pour certains, la réplication synchrone sera obligatoire (due à un cahier des charges interdisant aucune perte de données en cas de failover). Pour d’autres, malgré l’intérêt de la réplication synchrone, la pénalité à payer sera intolérable. Nous allons voir les différentes options pour limiter les inconvénients.
7.7.2 Secondaires synchrones
- Par défaut : réplication physique asynchrone
- Secondaires synchrones :
- Plusieurs synchrones simultanés possibles
- ou un quorum
Par défaut, la réplication fonctionne en asynchrone. La mise en place d’un mode synchrone est très simple. Sur le(s) secondaire(s) synchrone(s) : Il n’y a rien à configurer de plus. Par contre il est crucial de sécuriser la disponibilité de l’instance. Sur le primaire : Comme le paramètre synchronous_commit est déjà à on par défaut, il ne reste qu’à déclarer les serveurs secondaires synchrones avec le paramètre synchronous_standby_names , en séparant par
des virgules les différentes instances secondaires synchrones. Il est possible d’indiquer le nombre de serveurs synchrones simultanés. Les serveurs surnuméraires sont des synchrones potentiels. Pour que s1 soit un secondaire synchrone, et que s2 et s3 le deviennent si s1 ne répond pas, on a plusieurs syntaxes au choix :
– syntaxe à ne plus utiliser
Dans l’exemple suivant, s1ets2 seront tous les deux synchrones, s3 ne le sera pas, sauf défaillance d’un des premiers.
- remplace la liste des secondaires :
Il est possible de se baser sur un quorum. Par exemple, pour que la transaction synchrone s’achève dès que 2 serveurs sur les 3 indiqués l’ont enregistrée, et quels qu’il soient, on écrira :
Si l’on ne veut pas spécifier les secondaires manuellement, cette syntaxe est très pratique :
Il est parfois nécessaire d’utiliser des guillemets droits :
La comparaison entre l’ application_name des connexions de réplication et la liste de serveurs spécifiée dans synchronous_standby_names n’est pas sensible à la casse, que l’on utilise des guillemets droits ou non. Il n’y a pas de validation des noms. En cas de faute de frappe, PostgreSQL cherchera donc à être synchrone avec un serveur non connecté, ce qui va bloquer les transactions. S’il existe des serveurs secondaires non listés dans synchronous_standby_names , ils seront implicitement répliqués de manière asynchrone, donc sans impact sur les performances. Mais comment indiquer le nom d’un serveur secondaire? Ce nom dépend d’un paramètre de connexion appelé application_name , que le client définit librement. Il doit apparaître dans la chaîne de connexion du serveur secondaire au serveur primaire, c’est-à-dire primary_conninfo , et différer pour chaque secondaire. Par exemple :
Sur le primaire, le nom apparaîtra dans la vue pg_stat_replication , champ application_name . Ce nom est indépendant de l’éventuel slot de réplication ( primary_slot_name ), même s’ils sont souvent identiques.
7.7.3 Niveau de synchronicité & performances
- Niveau de synchronicité :
SET synchronous_commit = off / local / remote_write / on / remote_apply
- Ajustable par base/utilisateur/session/transaction
- Risque de blocage du primaire à cause des secondaires!
Pour définir le mode de fonctionnement exact, synchronous_commit peut prendre plusieurs valeurs. En ordre croissant de sécurité, ce sont les suivantes : off : La transaction est directement validée dans le cache du serveur primaire, mais elle sera être écrite plus tard dans les journaux et sur le disque. Évidement, les secondaires ne sont pas synchrones non plus.
Ce paramétrage peut causer la perte des transactions non encore écrites dans les journaux si le serveur se crashe. La durée d’activité potentiellement perdue est d’au maximum 3 fois la valeur de wal_writer_delay (soit au total 0,6 s par défaut). Par contre, il n’y a pas de risque de corruption.
Même sans réplication, synchronous_commit = off offre de gros gains de performance dans le cas de nombreuses petites transactions,
C’est à savoir pour tous les cas où la perte des dernières transactions validées ne porte pas à conséquence grave (au milieu d’un batch que l’on relancera par exemple). On réduit en effet l’impact en performance de l’opération de synchronisation sur disque des journaux, sans risque de corruption de données.
On force le mode asynchrone. La transaction est validée lorsque les données ont été écrites et synchronisées sur le disque de l’instance primaire. En revanche, l’instance primaire ne s’assure pas que le secondaire a reçu la transaction. S’il n’y a pas de secondaire synchrone, on et local sont équivalents.
Si le primaire disparaît, il peut y avoir perte de transactions validées et non reçues par un secondaire. remote_write :
Le primaire synchronise ses journaux, bien sûr, et attend que les journaux soient écrits sur le disque du secondaire via le système d’exploitation, mais sans avoir demandé le vidage du cache système sur disque ( fsync ). Les informations sont donc écrites sur le disque du primaire, mais uniquement dans la mémoire système du secondaire. Il est donc possible de perdre des données si l’instance secondaire crashe en même temps que le primaire. remote_write impacte beaucoup moins les performances que la valeur on , et la fenêtre de perte de données est bien moins importante que le mode asynchrone, mais toujours présente. L’instance primaire ne s’assure pas non plus que le secondaire a rejoué la transaction. Le rejeu des journaux peut effectivement durer un certain temps. Deux requêtes exécutées au même moment sur le primaire et un secondaire peuvent renvoyer des résultats différents. Ce peut être important dans certains cas. Le délai que remote_write impose se mesure dans pg_stat_replication , champ write_lag . on (défaut) : Sans réplication synchrone, il s’agit du fonctionnement normal, où les journaux de transaction sont synchronisés sur disque ( fsync ) avant que la transaction soit considérée comme validée. Avec des secondaires synchrones, PostgreSQL attend que l’enregistrement associé au COMMIT soit écrit durablement dans les journaux de transactions des instances primaire et secondaire(s). L’impact en performances est donc assez lourd. Il n’y a donc pas de perte de données en cas de crash (sauf pertes des disques des deux, ou plus, ou des machines). La sécurité étant assurée par l’enregistrement des journaux, le primaire n’attend pas que le secondaire ait réellement rejoué les données pour rendre la main à son client. Le secondaire peut accuser un certain retard (voire avoir mis le rejeu de pause). Là encore, deux requêtes exécutées au même moment sur le primaire et un secondaire peuvent renvoyer des résultats différents. Le délai que synchronous_commit à on impose se mesure dans pg_stat_replication , champ flush_lag .
remote_apply : C’est le mode de synchronisation le plus poussé. Non seulement les modifications doivent être enregistrées dans les journaux du secondaire, et synchronisées sur son disque, mais le secondaire doit les avoir rejouées pour que PostgreSQL confirme la validation de la transaction au client. Cette méthode est la seule garantissant qu’une transaction validée sur le serveur primaire sera visible sur le secondaire. Évidemment, elle rajoute encore une latence supplémentaire. remote_apply n’est pas une garantie absolue que les serveurs primaire et secondaires renverront tous la même information au même moment : si un secondaire ne répond pas ou a du retard, la session sera bloquée sur le primaire, et son résultat n’y sera pas encore visible ; mais les secondaires qui fonctionnent bien auront déjà rejoué les données modifiées et les afficheront! Il n’y a aucune synchronisation entre différents secondaires, et un secondaire ne peut pas savoir que le primaire attend un
autre secondaire avant de valider la transaction. Ce problème est rare car une réplication synchrone est à éviter sur une liaison instable. Le délai que remote_apply entraîne se mesure dans pg_stat_replication , champ replay_lag .
Tableau récapitulatif :
| Valeur | Durée | Facteur contraignant (primaire) | Facteur contraignant (secondaire) |
|---|---|---|---|
off | 0 | Aucun | Aucun |
local | Selon disque | Écriture dans pg_wal | Aucun |
remote_write | write_lag | (idem) | Écriture dans la RAM du secondaire |
on | flush_lag | (idem) | Écriture dans pg_wal du secondaire |
remote_apply | write_lag | (idem) | Rejeu des données en RAM du secondaire |
Les valeurs en *_lag sont des champs de pg_stat_replication . Synchronicité différente suivant les cas :
synchronous_commit peut être défini dans postgresql.conf bien sûr, mais aussi par utilisateur, par base, par session, voire par transaction :
Il est conseillé de n’utiliser la synchronisation que pour les modifications les plus importantes et vitales, et la désactiver pour les cas où la performance en écriture prime, ou si vous pouvez relancer l’opération en cas de crash. À vous de définir la bonne valeur par défaut pour synchronous_commit , selon les données, les utilisateurs, les applications, et bien sûr l’impact sur les performances.
Par contre, pour modifier synchronous_standby_names , il vous faudra modifier postgresql.conf ou passer par ALTER SYSTEM , puis recharger la configuration. En cas de problème : Il faut savoir qu’en cas d’indisponibilité du ou des secondaire(s) synchrone(s), pour que des transactions synchrones bloquées puissent se terminer, le plus simple est de retirer le secondaire problématique de synchronous_standby_names depuis une autre session :
2 (s2,s3)
– s2 ne répond plus
Une alternative est de débrayer le mode synchrone. Cela désactivera aussi le mode synchrone vers d’autres secondaires encore en place.
Mais les sessions bloquées ne verront pas tout de suite le changement de configuration. Il faudra leur envoyer un signal pour qu’elles se terminent. Elles seront bien validées, dans les journaux du primaire au moins.
Apparaît alors le message suivant dans les traces : WARNING: canceling wait for synchronous replication due to user request DETAIL: The transaction has already committed locally, but might not have been replicated to the standby.
7.8 Réplication en cascade
7.8.1 Principe de la réplication en cascade
- Un secondaire peut fournir les informations de réplication
- Décharger le serveur primaire de ce travail
- Diminuer la bande passante du serveur primaire
Imaginons un système PostgreSQL installé à Paris et un serveur secondaire installé à Marseille. Il s’avère que le site de Marseille devient plus important et qu’un deuxième serveur secondaire doit y être installé. Si ce deuxième serveur secondaire se connecte directement sur le primaire à Paris, la consommation de la bande passante va doubler. PostgreSQL permet au deuxième serveur secondaire de se connecter au premier (donc en local dans notre exemple) pour récupérer les informations de réplication. La bande passante est ainsi mieux maîtrisée. La configuration d’un tel système est très simple. Il suffit d’indiquer l’adresse IP ou l’alias du serveur secondaire à la place de celui du serveur primaire dans le paramètre primary_conninfo du fichier postgresql.conf du deuxième serveur secondaire.
Si un secondaire est promu et devient primaire, cela n’a pas d’impact sur ses propres secondaires.
7.9 Délai à la réplication
7.9.1 Délai à la réplication
- Le secondaire peut appliquer les modifications avec un retard
- recovery_min_apply_delay = 1h
- Nombreux inconvénients
Si une durée est fournie à recovery_min_apply_delay , le secondaire peut attendre un certain temps avant d’appliquer les transactions. Le secondaire récupère toujours les journaux par streaming (à la rigueur log shipping) aussi vite que possible, et les stocke le temps nécessaire. Par contre, une entrée correspondant à un COMMIT n’est appliquée que si elle a l’âge requis, et les journaux suivants restent en attente. Il est donc possible de lire sur le secondaire des données déjà effacées sur le primaire. Les inconvénients sont assez nombreux :
- en cas de bascule, le secondaire promu a déjà les journaux et peut les restaurer, mais, selon le retard, cela peut être long et allonger le temps de bascule ;
- les transactions synchrones deviennent en pratique impossible ;
- les conflits de réplication sont potentiellement plus fréquents, car activer hot_standby_feedback rend intolérable l’impact sur la fragmentation du primaire;
- une sauvegarde PITR depuis le secondaire est allongée (car l’appel à pg_backup_start() n’y arrive qu’après le délai) ;
- le stockage des journaux sur le secondaire peut devenir problématique.
Certains utilisent cette fonctionnalité « au cas où » il y ait eu une fausse manipulation en production, pour récupérer des données sans avoir à restaurer la base ou l’instance entière. C’est possible, mais plutôt déconseillé sur un secondaire utilisé pour autre chose.
En effet, hors le côté bricolage, il faut tenir compte de la loi de Murphy : le délai prévu sera souvent trop court. Cette technique ne doit pas se substituer à la maîtrise de la restauration d’une instance complète. Pour d’autres détails, voir la documentation officielle 3 .
- Source 3 : https://docs.postgresql.fr/current/runtime-config-replication.html#GUC-RECOVERY-MIN-APPLY-DELAY
7.10 Décrochage d’un secondaire
7.10.1 Causes d’un décrochage
- Par défaut, le primaire n’attend pas les secondaires pour recycler ses WAL
- « Décrochage » si :
- liaison trop lente
- secondaire déconnecté
- secondaire trop lent à rejouer
- Le primaire ne peut plus alimenter le secondaire
- Reconstruction du secondaire nécessaire
Par défaut, le primaire n’attend pas que le serveur secondaire ait obtenu tous les journaux avant de recycler ses journaux. Le secondaire peut donc se retrouver à demander au principal des informations que celui-ci n’a même plus à disposition, car il a recyclé les journaux concernés. Cela peut arriver si la liaison est mauvaise, instable, ou si le secondaire a peiné à réappliquer les journaux pour une raison ou une autre, voire s’il a été déconnecté un certain temps. Le secondaire ne peut alors plus continuer la réplication : il « décroche » (tout comme après la perte d’un journal en log shipping). Ce phénomène peut intervenir même sur un serveur fraîchement copié, si le primaire évolue trop vite. Il faut reconstruire le secondaire, ce qui est peut être très gênant avec une base volumineuse. Une réplication synchrone ne protège pas de ce problème, car toutes les transactions ne sont pas forcément synchrones. De plus, l’impact en performance est sévère. Les paramètres
7.10.2 Éviter le décrochange
3 solutions :
- Archivage en plus du streaming
- utilisation automatique
- mutualisation avec sauvegarde PITR
- Slot de réplication
- Garder des journaux
- wal_keep_size
Il existe plusieurs moyens pour éviter le décrochage : L’archivage comme sécurisation du streaming
Une réplication par log shipping peut être configurée en plus de la réplication par flux. Comme une sauvegarde PITR du principal est très souvent en place, il ne coûte pas grand-chose de permettre au secondaire d’y puiser les journaux manquants. Ainsi, si la réplication par streaming décroche, le secondaire bascule sur la restauration par log shipping et va puiser dans le dépôt d’archives, dont l’historique couvre généralement plusieurs jours, voire semaines. Une fois le retard rattrapé, le secondaire ne trouvera plus de nouveaux journaux et rebasculera sur la réplication par streaming, qui fonctionnera à nouveau. Un inconvénient est qu’il faut bien penser à tester les deux modes de réplication pour ne pas avoir de mauvaise surprise le jour où le streaming décroche. Cette configuration est très fréquente, et même recommandée, surtout avec une sauvegarde PITR déjà en place. Slots de réplication Un secondaire peut informer son primaire de là où il en est au moyen d’un « slots de réplication ». Le primaire sait ainsi quels journaux sont encore nécessaires à ses secondaires et ne les recycle pas. Cette technique est également très courante. Nous allons la voir plus bas. Garder des journaux La dernière méthode est moins recommandée mais peut être utile : elle consiste à paramétrer
Les journaux de transaction bons à recycler seront en fait conservés temporairement à hauteur de la volumétrie indiquée. Un secondaire en retard a alors plus de chances que le primaire n’ait pas déjà effacé les journaux dont il a besoin. C’est le moyen le plus simple, mais il gaspille du disque de façon permanente. Surtout, il ne garantit pas d’éviter un décrochage si la quantité à conserver a été sous-estimée.
7.10.3 Sécurisation par log shipping
- archive_command / restore_command
- script par l’outil PITR
- ou cp , scp , lftp , rsync , script…
- Nettoyage
- rétention des journaux si outil PITR
- ou outil dédié :
La sécurisation par l’archivage consiste donc à permettre au serveur secondaire de rattraper son retard avant de redémarrer sa connexion de réplication.
Manuellement : Il suffit qu’ archive_command et restore_command soient correctement configurés et indiquent où copier les archives, et comment les récupérer. La mise en place est la même que lors de la mise en place d’une sauvegarde physique 4 . La restore_command est ignorée si le secondaire a rebasculé en streaming. Les serveurs secondaires ont cependant la responsabilité de supprimer les journaux devenus inutiles pour ne pas saturer l’espace disque. Afin d’automatiser ce nettoyage, on définit sur le secondaire le paramètre archive_cleanup_command . La commande qui s’y trouve est appelée périodiquement (même si le streaming fonctionne), après chaque restartpoint (l’équivalent d’un checkpoint sur un secondaire), afin de supprimer les archives devenues inutiles pour le secondaire. Généralement, on se contente d’appeler un outil dédié, nommé pg_archivecleanup 5 :
La situation se complique si un même dépôt d’archives est partagé par plusieurs secondaires… Avec un outil de sauvegarde PITR : La situation est plus simple s’il existe déjà une sauvegarde PITR par un outil comme pgBackRest ou barman 6 : archive_command comme restore_command sont fournies dans leur documentation.
La purge des journaux étant aussi gérée par cet outil on ne configurera bien sûr pas archive_cleanup_command !
7.10.4 Slot de réplication : mise en place
- Slot de réplication sur le primaire :
- max_replication_slots
- NB : non répliqué!
- création manuelle :
- Secondaire :
- dans postgresql.conf
- et rechargement de configuration
Le paramètre max_replication_slots doit être supérieur à 0. Par défaut il vaut 10, ce qui suffit souvent. S’il faut le modifier, un redémarrage est nécessaire.
- Source 4 : https://dali.bo/i2_html
- Source 5 : https://docs.postgresql.fr/current/pgarchivecleanup.html
- Source 6 : https://dali.bo/i4_html
Un slot de réplication se crée sur le primaire par un appel de fonction et en lui attribuant un nom :
Traditionnellement le nom est celui du secondaire qui va l’utiliser. Cela facilite la supervision mais n’a rien d’obligatoire. Sur le secondaire, on ajoute dans postgresql.conf la mention du slot à utiliser :
Puis il suffit de recharger la configuration du secondaire.
Un slot est propre à l’instance et ne fait pas partie des objets répliqués. Lors d’une restauration PITR ou une bascule, il doit fréquemment être recréé manuellement.
En cas de réplication en cascade, un secondaire peut avoir ses propres slots de réplication dédiés à ses propres secondaires.
7.10.5 Slot de réplication : avantages & risques
- Avantages :
- plus de risque de décrochage des secondaires
- supervision facile : pg_replication_slots
- utilisable par pg_basebackup
- Risque : accumulation des journaux
- danger pour le primaire!
- sécurité : max_slot_wal_keep_size , idle_replication_slot_timeout
- Risque : vacuum bloqué
- hot_standby_feedback ?
Le slot de réplication garantit au secondaire que son primaire ne recyclera pas les journaux dont il aura encore besoin. Le secondaire peut donc prendre un retard conséquent sans risque de décrochage. Il est facile de voir à quel point se trouve un secondaire avec la vue pg_replication_slots (noter les champs active et restart_lsn ), qui complète pg_stat_replication :
Avec pg_basebackup : pg_basebackup, déjà évoqué plus haut, utilise les slots pour garantir que sa sauvegarde sera complète. Ses options exactes varient suivant les versions. pg_basebackup est capable de créer ce slot (option –create-slot ) qui sera conservé ensuite. Risque d’accumulation des journaux : Par contre, les slots ont un grave inconvénient : en cas de problème prolongé sur un secondaire, les journaux vont s’accumuler sur le primaire, sans limitation de taille ni de durée, déclenchant une saturation de la partition de pg_wal dans le pire des cas - et l’arrêt du primaire. Certes, la supervision de l’espace disque fait partie des bases de la supervision, mais les journaux s’accumulent parfois très vite lors d’une mise à jour massive. Il est donc important de détruire tout slot dont le secondaire a été désactivé ou est hors ligne pour un certain temps (quitte à devoir reconstruire le secondaire) :
Les plus prudents se limiteront donc à une réplication par streaming classique sans slot, couplée au log shipping pour éviter le décrochage. Rappelons que l’archivage peut lui aussi laisser les journaux s’accumuler en cas de problème sur le serveur cible de l’archivage. Le paramètre max_slot_wal_keep_size permet de limiter la quantité de WAL conservés par les slots de réplication. Au-delà, le primaire ne garantit plus la conservation. Le secondaire risque à nouveau de décrocher, mais une longue indisponibilité ne risque plus de saturer le disque du primaire. C’était un souci fréquent avant PostgreSQL 13. À partir de la version 18, il est également possible d’invalider un slot s’il n’a pas été utilisé depuis une durée configurable avec le paramètre idle_replication_slot_timeout .
En production, il est conseillé de toujours définir max_slot_wal_keep_size (à une valeur élevée au besoin) si l’on crée un slot de réplication. En effet, l’expérience montre que les slots de réplication sont souvent oubliés.
Risque sur le vacuum sur le primaire : Le slot permet au primaire de mémoriser durablement la transaction où s’est arrêté le secondaire ( pg_replication_slots.xmin est renseigné), à condition que soit à
on .
Avec un slot de réplication actif et hot_standby_feedback à on , si le secondaire est durablement déconnecté, non seulement les journaux de transaction vont s’accumuler sur le primaire, mais le vacuum y sera inefficace jusqu’au rétablissement de la réplication de ce secondaire ou la destruction du slot! Ce problème de vacuum persiste même si l’on a paramétré max_slot_wal_keep_size ou idle_replication_slot_timeout pour éviter la saturation des journaux…
Selon l’utilisation, on peut donc préférer monter max_standby_streaming_delay plutôt que de laisser hot_standby_feedback à on .
7.11 Divergence entre instances
Nous avons évoqué jusqu’ici des instances qui suivaient le même flux de données, et comment y parvenir. Ce n’est plus possible en cas de « divergence », c’est-à-dire que le primaire et celui qui doit (re)devenir son secondaire n’ont pas suivi le même flux de journaux.
7.11.1 Quand y a-t-il divergence?
Il existe des enregistrements de journaux différents pour les mêmes LSN. Cas :
- Secondaire ouvert un temps en écriture (timeline propre)
- Ancien primaire qui a écrit après la promotion d’un secondaire
- En général sur timelines séparées
Un secondaire qui a bien « accroché » son primaire se synchronise automatiquement avec lui, que ce soit par streaming ou log shipping. C’est notamment le cas si l’on vient de le construire depuis une sauvegarde ou avec pg_basebackup , et que l’archivage ou le streaming alimentent correctement le secondaire. Cependant, il y a des cas où un secondaire ne peut être simplement raccroché à un primaire, notamment si le secondaire se croit plus avancé que le primaire dans le flux des journaux. Cela peut arriver pour plusieurs raisons. Un premier exemple est un secondaire qui est créé, et démarré en tant que primaire par erreur, même très brièvement, suite à une erreur de configuration (oubli du standby.signal notamment). Il a ouvert sa propre timeline et progressé de son côté dans le flux de journaux. Même reconfiguré comme secondaire, il ne pourra pas appliquer ce qui vient du primaire : les deux instances ont vécu des événements différents pour les mêmes LSN, dans deux timelines différentes. Un autre cas problématique est un ancien primaire que l’on veut transformer en secondaire de son ancien secondaire qui a été promu dans des conditions non idéales. Lors d’une bascule propre, l’ancien primaire a envoyé tous ses journaux par streaming au secondaire, ou les a au moins archivés, avant de s’arrêter ou d’être arrêté, et le secondaire promu les a récupérés puis tous rejoués, avant de s’ouvrir en écriture : les deux serveurs sont arrivés au même LSN dans le flux de données. L’ancien primaire, redémarré avec un standby.signal et la bonne configuration, peut donc appliquer directement les nouveaux LSN qui arrivent du nouveau primaire, même sur la nouvelle timeline. Mais si le primaire a été arrêté violemment, ou a été déconnecté sans revenir en ligne avant que son secondaire soit promu, donc sans pouvoir transmettre tous ses journaux, l’ancien secondaire n’a rejoué que ce qu’il a reçu, puis s’est ouvert en écriture sur une nouvelle timeline depuis un LSN moins avancé que celui où le primaire était finalement arrivé avant son arrêt définitif. Les deux serveurs ont donc « divergé », même pendant très peu de temps.
Les modifications présentes dans les journaux non envoyés au nouveau primaire doivent être considérées comme perdues.
Quand l’ancien primaire est reconfiguré comme secondaire et redémarré, il voit que sa timeline est plus avancée que la version qu’en a gardée le nouveau primaire. Là encore, pour un même LSN le contenu des journaux diffère entre les deux instances, et la réconciliation est impossible. La principale solution, et la plus simple, reste alors la reconstruction du secondaire à raccrocher.
7.11.2 Corriger une divergence
- Reconstruire les serveurs secondaires à partir du nouveau primaire :
- rsync , restauration PITR, pg_basebackup …
- Pour les divergences faibles :
- pg_rewind
Reconstruire un serveur secondaire passe par son arrêt et par les mêmes méthodes que la construction :
- recopier les données depuis le primaire avec pg_basebackup est envisageable, mais c’est souvent problématique pour les gros volumes;
- un outil de restauration PITR est une option préférable, car il permet de recréer le secondaire à un point précédant la divergence, et le processus de copie est optimisé (parallélisme, restauration d’un snapshot de baie…);
- si la divergence est très récente, on peut réduire la durée de reconstruction, grâce à la faible différence entre les deux instances, si l’outil gère les écarts ( rsync –whole-file , option
Une alternative à la reconstruction est l’utilisation de l’outil pg_rewind (livré avec PostgreSQL) pour « rembobiner » le secondaire, si tous les journaux nécessaires à l’opération sont disponibles et que la configuration de l’instance le permet. Ces outils et la reconstruction sont traités plus en détail dans W3 - Les outils de réplication physique 7 .
- Source 7 : https://dali.bo/w3_html
7.12 Synthèse des paramètres
7.12.1 Serveur primaire
Log shipping Streaming
max_wal_senders max_replication_slots
max_slot_wal_keep_size * idle_replication_slot_timeout
(*) paramètres indispensables, généralement modifiés par rapport à l’installation par défaut, ou d’utilisation fortement conseillés Ne figurent pas les paramètres disparus dans les toutes dernières versions, généralement inutilisés auparavant.
7.12.2 Serveur secondaire
Log shipping Streaming
(selon outil) primary_conninfo *
max_standby_archive_delay max_standby_streaming_delay
(*) paramètres indispensables, généralement modifiés par rapport à l’installation par défaut, ou d’utilisation fortement conseillés Ne figurent pas les paramètres disparus dans les toutes dernières versions, généralement inutilisés auparavant.
7.13 Conclusion
- Système de réplication fiable…
- et très complet
PostgreSQL possède de nombreuses fonctionnalités de réplication très avancées, telle que le choix du synchronisme de la réplication à la transaction près, ce qui en fait un système aujourd’hui très complet.
7.13.1 Questions
N’hésitez pas, c’est le moment !
7.14 Quiz
7.15 Travaux pratiques
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/w2b_solutions.
7.15.1 Réplication asynchrone en flux avec deux secondaires
But : Mettre en place une réplication asynchrone en flux avec deux secondaires. (Ce qui suit suppose qu’il existe déjà deux instances instance1 et instance2 issues du TP précédent.)
Créer un deuxième serveur secondaire instance3, avec son service systemd, avec l’outil pg_basebackup .
S’assurer que la réplication fonctionne bien et que les processus adéquats sont bien présents.
7.15.2 Slots de réplication
But : Mettre en place un slot de réplication. Les slots de réplication permettent au serveur principal de connaître les journaux encore nécessaires aux serveurs secondaires.
Créer un slot de réplication sur le primaire.
Configurer le deuxième secondaire pour utiliser ce slot.
Contrôler que le slot est bien actif.
Arrêter le deuxième secondaire instance3
Générer de l’activité (créer une table d’un million de lignes, par exemple).
Où sont conservés les journaux de transaction?
Forcer un CHECKPOINT . Quel est le journal le plus ancien sur le serveur principal?
Que se serait-il passé sans slot de réplication?
Démarrer le deuxième secondaire instance3.
Contrôler que les deux secondaires instance2 et instance3 sont bien en réplication par streaming avec la vue système adéquate.
Détruire le slot de réplication.
7.15.3 Log shipping
But : Mettre en place une réplication par log shipping.
Plutôt que d’utiliser un slot de réplication, configurer l’instance primaire pour qu’elle archive ses journaux de transactions dans /var/lib/pgsql/17/archives .
Vérifier que l’archivage fonctionne.
Configurer les instances secondaires pour utiliser ces archives en cas de désynchronisation. Ne pas oublier de redémarrer.
Simuler un décrochage de la deuxième instance secondaire.
Vérifier les journaux de transactions au niveau du serveur principal ainsi que les archives.
Redémarrer l’instance secondaire et observer ses traces pour suivre ce qu’il se passe.
Actuellement il n’y a aucun nettoyage des journaux archivés même s’ils ont été rejoués sur les secondaires. Quel paramètre modifier pour supprimer les anciens journaux ?
Si les deux secondaires puisaient leur journaux depuis le même répertoire d’archive, quel pourrait être le risque ?
7.15.4 Réplication synchrone en flux avec trois secondaires
But : Mettre en place une réplication synchrone en flux avec trois secondaires.
Créer un troisième serveur secondaire instance4 avec l’outil pg_basebackup , en streaming replication.
Passer la réplication en synchrone pour un seul secondaire (instance2).
Arrêter le secondaire synchrone.
Modifier des données sur le principal. Que se passe-t-il?
Redémarrer le secondaire synchrone.
Passer le deuxième secondaire comme également synchrone, en indiquant sur le primaire :
Arrêter le premier secondaire synchrone.
Modifier des données sur le principal. Que se passe-t-il?
Quel paramètre modifier pour avoir deux secondaires synchrones simultanément?
Vérifier que les deux secondaires sont synchrones.
Pour la suite du TP, configurer le paramètre application_name de l’instance instance4.
Ensuite, se baser sur la notion de quorum pour obtenir deux serveurs synchrones parmi les trois instances secondaires en utilisant :
7.15.5 Réplication synchrone : cohérence des lectures (optionnel)
But : Découvrir les mécanismes de mise en pause et de reprise de réplication.
- Exécuter la commande sur le premier secondaire
synchrone.
- Ajouter des données sur le principal et contrôler leur présence sur le secondaire. Que constatez-vous?
Est-ce que les instances sont bien synchrones (utiliser la vue pg_stat_replication )?
Relancer le rejeu et contrôler la présence des enregistrements sur les trois instances.
Quel paramètre modifier pour obtenir les mêmes résultats sur les trois instances?
Appliquer ce paramètre et effectuer la même opération (pause du rejeu puis insertion d’enregistrements sur le principal). Que se passe-t-il?
7.16 Travaux pratiques (solutions)
NB : Ce TP a été mis à jour pour RockyLinux 8. Adapter les numéros de version de PostgreSQL dans les chemins au besoin.
7.16.1 Réplication asynchrone en flux avec deux secondaires
(Ce qui suit suppose qu’il existe déjà deux instances instance1 et instance2 issues du TP précédent.)
Créer un deuxième serveur secondaire instance3, avec son service systemd, avec l’outil pg_basebackup .
À part les appels à systemctl , les opérations se font toutes en tant que postgres. Le service se crée comme les deux précédents, en copiant et modifiant le fichier service par défaut :
ou modifier à la main cette ligne dans /etc/systemd/system/instance3.service :
Nous allons utiliser la même méthode que précédemment pour créer le deuxième secondaire :
104425/104425 kB (100%), 1/1 tablespace
Créer le fichier standby.signal s’il n’existe pas déjà et adapter le port de l’instance primaire dans le postgresql.auto.conf de la nouvelle instance :
Dans le fichier /var/lib/pgsql/17/instance3/postgresql.conf , modifier le numéro de port de l’instance :
Et on peut enfin démarrer le deuxième secondaire :
S’assurer que la réplication fonctionne bien et que les processus adéquats sont bien présents.
Vérifions la liste des processus :
PID CMD 6845 /usr/pgsql-17/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/17/instance3/ 6847_ postgres: logger 6848_ postgres: startup recovering 00000003000000000000000E 6849_ postgres: checkpointer 6850_ postgres: background writer 6851_ postgres: stats collector 6852_ postgres: walreceiver streaming 0/E000060
5841 /usr/pgsql-17/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/17/instance2/ 5843_ postgres: logger 5844_ postgres: startup recovering 00000003000000000000000E 5845_ postgres: checkpointer 5846_ postgres: background writer 5847_ postgres: stats collector 5848_ postgres: walreceiver streaming 0/E000060
5684 /usr/pgsql-17/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/17/instance1/ 5686_ postgres: logger 5688_ postgres: checkpointer 5689_ postgres: background writer 5690_ postgres: stats collector 5792_ postgres: walwriter 5793_ postgres: autovacuum launcher 5794_ postgres: logical replication launcher 5849_ postgres: walsender repli 127.0.0.1(48230) streaming 0/E000060 6853_ postgres: walsender repli 127.0.0.1(48410) streaming 0/E000060
L’instance principale ( /var/lib/pgsql/17/instance1/ ) a bien deux processus et walsender chaque instance secondaire a son walreceiver .
7.16.2 Slots de réplication
- Créer un slot de réplication sur le primaire.
- Configurer le deuxième secondaire pour utiliser ce slot.
- Contrôler que le slot est bien actif.
Le nombre de slots de réplication par défaut suffit généralement :
max_replication_slots
10
La commande suivante permet de créer un slot de réplication sur le serveur principal :
Il faut ensuite spécifier le slot dans le fichier postgresql.auto.conf du serveur secondaire :
Puis redémarrer le serveur secondaire :
Sur le primaire, la vue pg_replication_slots permet de s’assurer que le slot est bien actif :
- Arrêter le deuxième secondaire instance3
- Générer de l’activité (créer une table d’un million de lignes, par exemple).
- Où sont conservés les journaux de transaction?
- Forcer un CHECKPOINT . Quel est le journal le plus ancien sur le serveur principal?
Pour générer de l’activité :
Cette table fait 35 Mo, et va donc nécessiter l’écriture ou la création d’au moins 3 journaux de transactions de 16 Mo. On les voit en regardant les journaux au niveau du serveur principal :
(…) -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:40 00000003000000000000000E -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:40 00000003000000000000000F -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:40 000000030000000000000010 -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:40 000000030000000000000011 -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:40 000000020000000000000012 -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:40 000000020000000000000013
(Au niveau SQL, la fonction SELECT * FROM pg_ls_waldir() ORDER BY 1 ; fonctionne aussi.)
On constate que le principal conserve les anciens journaux dans le répertoire pg_wal même après un checkpoint, alors qu’il n’en a plus besoin :
Le journal le plus ancien (ici 00000003000000000000000E ) est toujours présent.
- Que se serait-il passé sans slot de réplication?
Le serveur primaire aurait recyclé ses journaux inutiles après le checkpoint suivant (plus précisément, il aurait renommé puis écrasé les fichiers). À son redémarrage, le deuxième secondaire n’aurait pas pu récupérer des journaux indispensables à la réplication et les aurait attendu indéfiniment.
- Démarrer le deuxième secondaire instance3.
- Contrôler que les deux secondaires instance2 et instance3 sont bien en réplication par streaming avec la vue système adéquate.
client_hostname
backend_start
backend_xmin
sync_priority
client_hostname
backend_start
backend_xmin
sync_priority
La synchronisation a pu se faire rapidement. Forcer un CHECKPOINT et revérifier le répertoire des WALs :
(…) -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:44 000000030000000000000013 -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:40 000000030000000000000014 -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:40 000000030000000000000015 -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:40 000000030000000000000016 -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:41 000000030000000000000017 -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:41 000000030000000000000018 -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 16:41 000000030000000000000019
Le deuxième serveur secondaire ayant rattrapé son retard, le primaire peut enfin recycler ses anciens journaux : ceux affichés sont prêts à recevoir des données.
- Détruire le slot de réplication.
Les slots de réplication ont un grave inconvénient : en cas de problème prolongé sur un secondaire, les journaux vont s’accumuler sur le primaire, sans limitation de taille ni de durée, déclenchant une saturation de la partition de pg_wal dans le pire des cas - et l’arrêt du primaire. Il est donc conseillé de détruire tout slot dont le secondaire a été désactivé ou est hors ligne pour un certain temps (quitte à devoir reconstruire le secondaire). Ici, après avoir supprimé primary_slot_name du fichier de configuration et redémarré l’instance instance3 :
Une alternative à la destruction est le paramètre max_slot_wal_keep_size , qui définit à partir de quelle volumétrie PostgreSQL renonce à garder de vieux journaux conservés à cause d’un slot.
7.16.3 Log shipping
- Plutôt que d’utiliser un slot de réplication, configurer l’instance primaire pour qu’elle archive ses journaux de transactions dans /var/lib/pgsql/17/archives .
- Vérifier que l’archivage fonctionne.
NB : l’archivage sera configuré ici manuellement. En production, on conseille plutôt de profiter de la présence d’une sauvegarde PITR (pgBackRest, barman…). Tout d’abord, il faut créer le répertoire d’archivage :
L’utilisateur postgres doit avoir le droit de lire et écrire dans ce répertoire. Modifions maintenant le fichier /var/lib/pgsql/17/instance1/postgresql.conf pour que l’instance primaire archive les journaux de transactions :
La commande rsync n’est pas installée par défaut, il faut souvent l’installer. Le paquet se nomme simplement rsync dans toutes les distributions Linux habituelles.
Le paramètre archive_mode étant modifié, il nous faut redémarrer PostgreSQL :
Forçons PostgreSQL à changer de journal de transactions, pour voir si l’archivage fonctionne bien :
000000030000000000000013
total 16384 -rw——-. 1 postgres postgres 16777216 Nov 27 16:59 000000030000000000000013
Au fil de l’activité, les journaux vont s’accumuler à cet endroit. Pour superviser le bon déroulement de l’archivage, on peut suivre aussi le vue pg_stat_archiver : le dernier journal archivé doit être postérieur au dernier échec d’archivage.
- Configurer les instances secondaires pour utiliser ces archives en cas de désynchronisation. Ne pas oublier de redémarrer.
Maintenant que l’archivage fonctionne, configurons nos instances secondaires pour utiliser ces archives en cas de désynchronisation en ajoutant dans leurs postgresql.conf ou postgresql.auto.conf :
Penser à redémarrer ensuite les deux instances :
- Simuler un décrochage de la deuxième instance secondaire.
- Vérifier les journaux de transactions au niveau du serveur principal ainsi que les archives.
Pour simuler un décrochage de la deuxième instance secondaire, arrêter le service, générer de l’activité et forcer un CHECKPOINT :
Vérifier les journaux au niveau du serveur principal ainsi que les archives :
(…) -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 00000003000000000000001B -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 00000003000000000000001C -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 00000003000000000000001D -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 00000003000000000000001E -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 00000003000000000000001F -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 000000030000000000000020 -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 000000030000000000000021 -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 000000030000000000000022 -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 000000030000000000000023
(…) -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 00000003000000000000001B -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 00000003000000000000001C -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 00000003000000000000001D -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 27 17:21 00000003000000000000001E
- Redémarrer l’instance secondaire et observer ses traces pour suivre ce qu’il se passe.
(…) LOG:restored log file “00000003000000000000001B” from archive LOG:restored log file “00000003000000000000001C” from archive LOG:restored log file “00000003000000000000001D” from archive LOG:restored log file “00000003000000000000001E” from archive
No such file or directory LOG:started streaming WAL from primary at 0/1F000000 on timeline 3
Une fois le retard de réplication rattrapé grâce aux archives, l’instance secondaire se reconnecte automatiquement à l’instance primaire.
- Actuellement il n’y a aucun nettoyage des journaux archivés même s’ils ont été rejoués sur les secondaires. Quel paramètre modifier pour supprimer les anciens journaux ?
Le paramètre archive_cleanup_command permet de spécifier une commande exécutée à la fin d’un restartpoint (équivalent d’un checkpoint sur un secondaire). L’outil pg_archivecleanup est utilisé pour supprimer les journaux inutiles. Il faut évidemment penser à recharger la configuration des instances après changement de paramétrage. NB : archive_cleanup_command n’a d’intérêt que si les archives ne sont pas nettoyées autrement, par exemple par l’outil de sauvegarde PITR.
En générant de l’activité et en forçant des CHECKPOINT , le moteur va recycler ses journaux :
L’option -d permet d’avoir des informations supplémentaires dans les traces :
… pg_archivecleanup: keeping WAL file “/var/lib/pgsql/17/archives//000000030000000000000029” and later pg_archivecleanup: removing file “/var/lib/pgsql/17/archives//000000030000000000000013” pg_archivecleanup: removing file “/var/lib/pgsql/17/archives//000000030000000000000014” …
- Si les deux secondaires puisaient leur journaux depuis le même répertoire d’archive, quel pourrait être le risque ?
Le premier secondaire pourrait supprimer des journaux indispensables au deuxième secondaire. Sans ces journaux, la réplication du deuxième secondaire serait impossible et nécessiterait la reconstruction de celui-ci. Pour éviter cela, chaque secondaire doit posséder ses propres copies des journaux, ou la purge doit être opérée par un outil tiers (sauvegarde PITR généralement).
7.16.4 Réplication synchrone en flux avec trois secondaires
- Créer un troisième serveur secondaire instance4 avec l’outil pg_basebackup , en streaming replication.
Nous allons utiliser la même méthode que précédemment pour créer le deuxième secondaire :
-c fast
104425/104425 kB (100%), 1/1 tablespace
Créons le service systemd de la même manière que précédemment :
ou modifier à la main cette ligne dans /etc/systemd/system/instance4.service :
Créer le fichier standby.signal s’il n’existe pas déjà et adapter le port de l’instance primaire dans postgresql.auto.conf créé par la commande précédente :
Dans le fichier /var/lib/pgsql/17/instance4/postgresql.conf , modifier le numéro de port de l’instance :
Et on peut enfin démarrer le deuxième secondaire :
- Passer la réplication en synchrone pour un seul secondaire (instance2).
Nous allons passer le premier secondaire en tant que secondaire synchrone. Pour cela, il doit (configuration dans avoir un nom, indiqué par le paramètre de connexion
postgresql.conf ou postgresql.auto.conf ) :
Ensuite, nous devons indiquer dans la liste des serveurs synchrones dans
Il ne reste plus qu’à recharger la configuration pour les deux serveurs :
Vérifions l’état de la réplication pour les trois secondaires :
FROM pg_stat_replication \gx
backend_start
backend_start
backend_start
Nous avons bien un serveur synchrone (au milieu, avec l’état sync ) et deux serveurs asynchrones (état async ) non nommés.
- Arrêter le secondaire synchrone.
- Modifier des données sur le principal. Que se passe-t-il?
Exécutons une requête de modification :
La table est bien créée, sans attendre. Maintenant, arrêtons le serveur secondaire synchrone et faisons une nouvelle modification sur le principal :
La requête reste bloquée. En effet, le secondaire ne peut pas répondre à la demande de la réplication car il est éteint. Du coup, le principal est bloqué en écriture. Il faut soit démarrer le secondaire, soit modifier la configuration du paramètre synchronous_standby_names .
- Redémarrer le secondaire synchrone.
Démarrer le secondaire synchrone à partir d’un autre terminal : la requête sur le principal se termine.
- Passer le deuxième secondaire comme également synchrone, en indiquant sur le primaire :
Nous allons maintenant passer le deuxième secondaire en synchrone avec le application_name positionné à instance3 afin de les différencier. Ensuite ajoutons instance3 à la liste des secondaires synchrones sur l’instance principale.
Rechargeons la configuration du primaire :
FROM pg_stat_replication;"
backend_start
backend_start
backend_start
FIRST 1 (instance2,instance3)
Cette fois, les deux serveurs correspondent au synchronous_standby_names , et on peut constater qu’un serveur est sync et l’autre potential . On a demandé un seul serveur synchrone avec le principal. Si les deux serveurs avaient le même application_name , il n’y aurait eu qu’un seul serveur sync .
- Arrêter le premier secondaire synchrone.
- Modifier des données sur le principal. Que se passe-t-il?
Arrêt du premier secondaire synchrone :
FROM pg_stat_replication;"
backend_start
backend_start
Et faisons une modification sur le principal :
Cette fois, tout se passe bien. Le premier secondaire n’est pas disponible mais le second l’est. Il prend donc la suite du premier secondaire en tant que secondaire synchrone.
- Quel paramètre modifier pour avoir deux secondaires synchrones simultanément?
- Vérifier que les deux secondaires sont synchrones.
Dans notre cas :
Après un reload du principal on constate bien que les deux serveurs sont synchrones :
pg_stat_replication;"
backend_start
backend_start
backend_start
L’indisponibilité d’un seul des deux secondaires génére une attente lors d’écritures sur le primaire.
- Pour la suite du TP, configurer le paramètre application_name de l’instance instance4.
- Ensuite, se baser sur la notion de quorum pour obtenir deux serveurs synchrones parmi les trois instances secondaires en utilisant :
Configurer le application_name de l’instance instance4.
Ensuite, configurer dans /var/lib/pgsql/17/instance1/postgresql.conf :
On obtient alors un sync_state à la valeur quorum :
FROM pg_stat_replication;"
backend_start
backend_start
backend_start
7.16.5 Réplication synchrone : cohérence des lectures (optionnel)
- Exécuter la commande sur le premier secondaire
synchrone instance2.
- Ajouter des données sur le principal et contrôler leur présence sur le secondaire. Que constatez-vous?
c1 —- 1
id —-
id —- 1
id —- 1
La table est vide sur le premier secondaire synchrone mais elle est bien remplie sur les autres!
- Est-ce que les instances sont bien synchrones (utiliser la vue pg_stat_replication )?
- Relancer le rejeu et contrôler la présence des enregistrements sur les trois instances.
write_lsn, flush_lsn, replay_lsn, sync_state FROM pg_stat_replication;"
backend_start
backend_start
backend_start
Les serveurs secondaires sont bien en réplication synchrone avec la notion de quorum. On constate que tous ont bien reçu les enregistrements mais instance2 n’a pas rejoué les journaux. On réactive le rejeu sur le premier secondaire :
write_lsn, flush_lsn, replay_lsn, sync_state FROM pg_stat_replication;"
backend_start
backend_start
backend_start
Cette fois, instance2 a bien rejoué les journaux. Les enregistrements sont bien présents dans la table t4 :
id —- 1
- Quel paramètre modifier pour obtenir les mêmes résultats sur les trois instances?
Par défaut la réplication synchrone garantit qu’aucune transaction n’est perdue, mais elle ne s’assure pas que le secondaire synchrone a bien rejoué la transaction. Pour cela, il faut placer le paramètre
- Appliquer ce paramètre et effectuer la même opération (pause du rejeu puis insertion d’enregistrements sur le principal). Que se passe-t-il?
Dans /var/lib/pgsql/17/instance1/postgresql.conf :
Faire un rechargement de la configuration du serveur principal :
Cette fois la requête est bloquée, il faut relancer le rejeu sur au moins deux secondaires pour qu’elle puisse s’effectuer puisque nous avons demandé à avoir deux secondaires synchrones :
8 Les outils de réplication physique
Les outils de réplication physique
Le contenu comprend pg_rewind, pgBackRest, Barman, Patroni, repmgr, PAF et le TP avec solution. Pour le socle de réplication, voir les fondamentaux.

8/ Les outils de réplication physique
8.1 Introduction
- Les outils à la rescousse!
- (Re)construction d’un secondaire
- Log shipping & PITR
- Promotion automatique
Nous aborderons dans ce module différents outils externes qui peuvent nous aider à administrer notre cluster de réplication. (À noter : tout ce qui suit ne concerne que la réplication physique, à base de copie des fichiers de données, et non la réplication logique, qui fonctionne très différemment.)
8.1.1 Au menu
- (Re)construction d’un secondaire
- outils de copie
- pg_rewind
- Log shipping & PITR
- pgBackRest
- Barman
- Promotion automatique
- Patroni
- repmgr
- PAF
8.2 (re)construire un secondaire
Outils :
- pg_basebackup
- rsync
- outils PITR
- pg_rewind
8.2.1 (Re)construction d’un secondaire : pg_basebackup
- Simple et pratique
- …mais recopie tout!
est un outil éprouvé pour créer une sauvegarde physique, mais aussi un serveur
standby. Il est basé sur une réplication par streaming. Rappelons ses qualités et défauts dans le cadre de la réplication :
- il sait générer le postgresql.auto.conf et le standby.signal pour créer un secondaire en streaming (option –write-recovery-conf ) ;
- l’impact sur le réseau peut être limité grâce à l’option -r ( –max-rate );
- il peut poser ou utiliser un slot de réplication permanent pour éviter un décrochage dès le démarrage;
- il peut déplacer des tablespaces à un autre endroit (mapping);
- les journaux nécessaires peuvent être inclus et leur récupération sécurisée par un slot de réplication temporaire (c’est en général inutile pour (re)construire un secondaire). Par contre :
- pg_basebackup s’attend à créer un standby de zéro : le répertoire de données de destination doit être vide, répertoires des tablespaces compris : un ancien secondaire doit donc être détruit (penser à sauver la configuration!);
- il copiera à nouveau toutes les données, même si un ancien secondaire ou un ancien primaire presque identique existe;
- si la connexion est peu stable, le transfert échouera et sera à reprendre de zéro;
- les données transférées ne sont pas compressées avant la version 15 de PostgreSQL. (Re)construction : La sauvegarde générée, et si nécessaire décompressée, ne peut être utilisée directement pour créer une instance secondaire. Il faut :
- ajouter le fichier standby.signal dans le PGDATA;
- préciser comment récupérer les journaux ( restore_command ) ;
- et/ou paramétrer le streaming avec primary_conninfo , et éventuellement primary_slot_name .
Ces deux derniers points se paramètrent dans postgresql.conf ou postgresql.auto.conf .
Pour simplifier, pg_basebackup peut générer la configuration nécessaire dans le répertoire de la sauvegarde. Par exemple, il ajoutera ceci dans le postgresql.auto.conf :
Cette chaîne réutilise la chaîne fournie en appelant pg_basebackup , essaie de prévoir tous les types d’authentification, et positionne nombre de paramètres à leur valeur par défaut. Le plus souvent, utilisateur, port, hôte et passfile suffisent.
Si –slot=nom_du_slot a été précisé, apparaîtra aussi :
Le secondaire possède ainsi immédiatement toutes les informations pour se connecter au primaire. Il est tout de même conseillé de revérifier cette configuration et d’y ajouter la commande de récupération des archives si nécessaire.
8.2.2 (Re)construction d’un secondaire : script rsync
- Déconseillé si vous avez un autre outil
- Intérêts :
- reprendre des transferts interrompus
- compression
- Prévoir :
- pg_backup_start() / pg_backup_stop()
- rsync –whole-file
- les tablespaces
- ne pas tout copier!
- postgresql.conf
Selon les volumes de données mis en jeu, et encore plus avec une liaison instable, il est souvent plus intéressant d’utiliser rsync . En effet, rsync ne transfère que les fichiers ayant subi une modification. Le transfert sera beaucoup plus rapide s’il existe un secondaire, ou ancien primaire qui a « décroché ». Si le transfert a été coupé, rsync permet de le reprendre.
C’est évidemment plus fastidieux qu’un pg_basebackup direct, mais peut valoir le coup pour les grosses installations.
Voici un exemple d’utilisation :
Noter que l’on utilise –whole-file par précaution pour forcer le transfert entier d’un fichier de données en cas de détection d’une modification. C’est une précaution contre tout risque de corruption ( –inplace ne transférerait que les blocs modifiés). Les grosses tables sont fractionnées en fichiers de 1 Go, donc elles ne seront pas intégralement retransférées.
Lorsque la connexion utilisée est lente, il est courant de compresser les données pour le transfert (options -z / –compress et –compress-level , de 1 à 9), à ajuster en fonction du CPU disponible.
L’option –bwlimit limite au besoin le débit réseau.
Il faudra impérativement encadrer l’appel à rsync de pg_backup_start() et pg_backup_stop() , comme dans une sauvegarde PITR classique.
De nombreux fichiers ne doivent pas être copiés. La liste complète figure dans le module I2 - Point In Time Recovery 1 : https://dali.bo/i2_html ou la documentation officielle 2 . Les principaux sont postmaster.pid, et les sous-répertoires pg_wal, pg_replslot, pg_dynshmem, pg_notify, pg_serial, pg_snapshots, pg_stat_tmp et pg_subtrans, ainsi que pgsql_tmp*.
Pour créer le fichier postgresql.auto.conf , on peut prévoir un fichier modèle tout prêt, sous un autre nom, dans le répertoire PGDATA du serveur principal, qu’il suffira de renommer.
La liste des répertoires des tablespaces se trouve dans $PGDATA/pg_tblspc sous forme de liens symboliques pointant sur le répertoire du tablespace : on peut alors rendre le script générique pour la synchronisation des tablespaces.
Et il faudra bien tester!
Réinventer la roue avec ses propres scripts est rarement une bonne idée. Il est préférable d’utiliser des outils dédiés à la sauvegarde et la restauration qui se chargeront de tout ça.
- Source 1 : https://dali.bo/i2_html
- Source 2 : https://docs.postgresql.fr/current/continuous-archiving.html#BACKUP-LOWLEVEL-BASE-BACKUP
8.2.3 (Re)construction d’un secondaire : outil PITR
- Le plus confortable
- Ne charge pas le primaire
- Mode « delta »
Si l’on dispose d’un outil PITR, il permet souvent de créer un secondaire, et c’est généralement l’option la plus confortable.
L’exemple ci-dessus utilise pgBackRest pour créer un serveur secondaire dans le répertoire pointé. Les outils concurrents suivent le même principe.
Si le répertoire cible n’est pas vide (secondaire récemment décroché, ancien primaire, restauration échouée…), le paramètre –delta permet de ne copier que les différences entre la sauvegarde et le répertoire existant. Cela permet de gagner un temps précieux pour de grosses instances.
Pour simplifier, une bonne partie de ces options iront plutôt dans le fichier de configuration local
Les options de recovery demandées dans cet exemple apparaîtront dans le fichier postgresql.auto.conf , ainsi que la restore_command nécessaire pour récupérer les journaux :
Un autre intérêt de créer un secondaire depuis une sauvegarde PITR est de ne pas charger le serveur primaire : les fichiers sont copiés depuis le dépôt.
Il y a un petit inconvénient : la sauvegarde peut dater de plusieurs jours, donc il y aura plus de journaux à restaurer qu’en faisant une nouvelle copie du primaire. Dans le cas de pgBackRest, le mode « asynchrone » de restauration des journaux peut beaucoup accélérer les choses.
8.2.4 Pg_rewind
- Pour récupérer un primaire après bascule & divergence
- Évite la reconstruction complète
- Pré-requis :
- data_checksums = on
- ou wal_log_hints = on
- tous les WAL depuis la divergence
- full_page_writes = on (défaut)
- Revient au point de divergence
Le cas typique d’utilisation de pg_rewind est de résoudre la divergence entre un ancien primaire et le nouveau primaire après une bascule. Si la bascule n’a pas été propre, des informations ont été écrites sur l’ancien primaire, qui n’ont pas été transmises au nouveau avant la bascule. Cette divergence empêche de raccrocher simplement l’ancien primaire au nouveau comme secondaire : les enregistrements de journaux dont le LSN est postérieur à la promotion de l’ancien secondaire diffèrent entre les deux machines. Un autre cas est un secondaire ouvert brièvement en écriture par erreur, et qui a donc généré quelques entrées de journaux, et donc divergé de son primaire. Dans les deux cas, il faudrait en principe reconstruire le secondaire. Mais comme la divergence est courte, l’outil pg_rewind peut éviter cela. pg_rewind fait partie des outils livrés avec PostgreSQL. Sur l’instance, il nécessite soit la présence des checksums (qui doivent être mis en place à la création de l’instance, ou ajoutés instance arrêtée), soit l’activation du paramètre wal_log_hints , et tout cela suffisamment en avance avant la divergence. La volumétrie des journaux de transactions augmentera un peu. full_page_writes est aussi nécessaire, mais il est activé par défaut. Le serveur à récupérer doit être arrêté proprement. Si ce n’est pas le cas, pg_rewind le démarre en mode mono-utilisateur, puis l’arrête. Le serveur source (le nouveau primaire) doit être aussi arrêté proprement sur le même serveur, ou bien accessible par une connexion classique. L’utilisateur requis pour se connecter à la nouvelle primaire n’est pas forcément un superutilisateur. Le droit de se connecter ( LOGIN ) et d’exécuter les fonctions suivantes suffit : pg_ls_dir() , pg_stat_file() , pg_read_binary_file(text) et
pg_hba.conf utilisé pour une connexion de réplication classique ne suffit pas.
Sur l’instance à récupérer, pg_rewind analyse les journaux de transactions, depuis le checkpoint précédant la divergence jusqu’au moment où le serveur a été arrêté, pour y récupérer la liste des blocs modifiés. Les journaux à récupérer depuis le nouveau primaire doivent se trouver dans le répertoire pg_wal de l’instance à récupérer, à moins qu’une restore_command adéquate permette de récupérer les journaux manquants. pg_rewind récupère ensuite de la nouvelle instance primaire tous les blocs dont la liste a été générée
précédemment. Puis, il copie tous les autres fichiers, ce qui inclut ceux des nouvelles relations, les WAL, le contenu du répertoire pg_xact et les fichiers de configurations présents dans le répertoire de données. Seuls les fichiers habituellement exclus des sauvegardes ne sont pas récupérés. Pour finir, il crée un fichier backup_label et met à jour le LSN du dernier point de cohérence dans le control file. Une fois l’opération réalisée, l’instance est redémarrée et se met à rejouer tous les journaux depuis le point du dernier checkpoint précédant le point de divergence. Avant de redémarrer l’instance, il ne faut pas oublier de la configurer en tant que secondaire ( standby.signal , primary_conninfo …). L’outil a l’option –write-recovery.conf pour faire cela lui-même, mais il vaut mieux toujours contrôler. Notamment, pg_rewind ne peut pas savoir quel est le bon utilisateur à prendre pour la réplication. Documentation :
pg_rewind dans la documentation officielle 3
Source 3 : https://docs.postgresql.fr/current/app-pgrewind.html
8.3 Outils dédiés au log shipping & à la sauvegarde PITR
8.3.1 Réplication par log shipping sécurisée par la sauvegarde PITR
- Utilisation des archives pour :
- se prémunir du décrochage d’un secondaire
- une sauvegarde PITR
- Utilisation des sauvegardes PITR pour :
- resynchroniser un serveur secondaire
Une sauvegarde PITR est souvent mise en place en production : autant utiliser les journaux archivés pour sécuriser la réplication en streaming. Cela évite de rajouter un slot de réplication, ou permet de configurer un max_slot_wal_keep_size assez bas pour le slot. (À noter que la sécurisation par PITR ne concerne que la réplication physique. La réplication logique est basée sur le streaming et rend obligatoires des slots de réplication dédiés.) Il est aussi possible de se servir des sauvegardes PITR pour reconstruire un serveur secondaire plutôt que de réaliser la copie directement depuis l’instance principale.
8.3.2 PgBackRest
- pgbackrest restore
- –type=standby
- –recovery-option
- –delta (optionnel)
Il est possible d’utiliser certaines options (en ligne de commande ou fichier de configuration) de l’outil pgBackRest pour resynchroniser une instance secondaire à partir d’une sauvegarde PITR. Par exemple :
- –delta : ne recopiera que les fichiers dont la somme de contrôle ( checksum ) est différente entre la sauvegarde et le répertoire de destination, les fichiers qui ne sont pas présents dans la sauvegarde sont supprimés du répertoire de l’instance;
- –type=standby : crée le fichier standby.signal et ajoute la restore_command au fichier postgresql.auto.conf ;
- –recovery-option : permet de spécifier des paramètres particuliers pour la configuration de la restauration ( recovery_target_* …) ou de la réplication ( primary_conninfo …).
8.3.3 Barman
- barman recover
- –standby-mode
- –target-*
Il est possible d’utiliser certaines options de l’outil Barman pour resynchroniser une instance secondaire à partir d’une sauvegarde PITR. Par exemple :
- –standby-mode : crée le fichier standby.signal ; la restore_command peut également être ajoutée dans postgresql.auto.conf ;
- –target-* : permettent de spécifier des paramètres particuliers pour la configuration de la restauration ( recovery_target_* …).
8.4 Promotion automatique
Minimiser le temps d’interruption du service en cas d’avarie
8.4.1 Promotion automatique : vocabulaire
- SPOF : Single Point Of Failure
- Redondance : pour éviter les SPOF
- Ressources : éléments gérés par un cluster
- Split brain : deux primaires! et perte de données
- Fencing : isoler un serveur défaillant
- STONITH : Shoot The Other Node In The Head (voir Fencing)
- Watchdog : permet à un serveur de s’auto isoler
- Quorum : participe à la résolution des partitions réseau
Pour minimiser le temps d’interruption d’un service, il faut implémenter les éléments nécessaires à la tolérance de panne en se posant la question : que faire si le service n’est plus disponible ? Une possibilité s’offre naturellement : on prévoit une machine prête à prendre le relais en cas de problème. Lorsqu’on réfléchit aux détails de la mise en place de cette solution, il faut considérer :
- les causes possibles de panne;
- les actions à prendre face à une panne déterminée et leur automatisation;
- les situations pouvant corrompre les données. Les éléments de la plate-forme, aussi matériels que logiciels, dont la défaillance mène à l’indisponibilité du service, sont appelés SPOF dans le jargon de la haute disponibilité, ce qui signifie Single Point Of Failure ou point individuel de défaillance. L’objectif de la mise en haute disponibilité est d’éliminer ces SPOF. Ce travail concerne le service dans sa globalité : si le serveur applicatif n’est pas hautementdisponible alors que la base de données l’est, le service peut être interrompu car le serveur applicatif est un SPOF. On élimine les différents SPOF possibles par la redondance, à la fois matérielle, logicielle mais aussi humaine en évitant qu’une personne détienne toute la connaissance sur un sujet clé. Par la suite, on discutera de la complexité induite par la mise en haute disponibilité. En effet, dans le cas d’une base de données, éviter les corruptions lors d’événements sur le cluster est primordial. On peut se trouver dans une situation où les deux machines considèrent qu’elles sont le seul primaire de leur cluster (Split-Brain, avec écriture de données sur les deux serveurs simultanément, et la perspective d’une réconciliation délicate); ou bien entrent en concurrence pour un accès en écriture sur un même disque partagé. Pour se protéger d’une partition réseau, on peut utiliser un dispositif implémentant un Quorum. Chaque machine se voit allouer un poids qui sera utilisé lors des votes. En cas de coupure réseau, la
partition possédant le plus de votes a le droit de conserver les ressources actives, la ou les autres partitions doivent relâcher les ressources ou les éteindre. Pour éviter d’avoir des serveurs ou ressources dont l’état est inconnu ou incohérent (serveur injoignable ou ressource qui refuse de s’arrêter), on utilise le Fencing. Cette technique permet d’isoler une machine du cluster (« nœud ») en lui interdisant l’accès à certaines ressources ou en l’arrêtant. Cette deuxième solution est plus connue sous le nom de STONITH (Shoot The Other Node In The Head). Les techniques pour arriver à ce résultat varient : de la coupure de l’alimentation (PDU, IPMI), à la demande faite au superviseur d’arrêter une machine virtuelle. Une alternative est l’utilisation d’un Watchdog. Ce dispositif arrête le serveur s’il n’est pas réarmé à intervalle régulier, ce qui permet à un serveur de s’isoler lui-même. Pour finir, il est possible d’utiliser un dispositif appelé SBD (Storage Based Death) qui combine ces concepts et outils (fencing et watchdog). Un stockage partagé permet aux serveurs de communiquer pour signaler leur présence ou demander l’arrêt d’un serveur. Si un serveur n’a plus accès au disque partagé, il doit arrêter ses ressources ou s’arrêter si c’est impossible. Une solution de haute disponibilité robuste combine ces mécanismes pour un maximum de fiabilité.
8.4.2 Patroni
- Outil de HA
- Basé sur un gestionnaire de configuration distribué : etcd, Consul, ZooKeeper…
- Contexte physique, VM ou container
- Spilo : image docker PostgreSQL+Patroni
Patroni 4 est un outil de HA développé par Zalando, nécessitant un gestionnaire de configuration distribué (appelé DCS) tel que ZooKeeper, etcd ou Consul. Le daemon Patroni fait le lien entre le quorum fourni par le DCS, l’éventuelle utilisation d’un module watchdog, la communication avec les autres nœuds Patroni du cluster et la gestion complète de l’instance PostgreSQL locale : de son démarrage à son arrêt. Le watchdog est un mécanisme permettant de redémarrer le serveur en cas de défaillance. Il est ici utilisé pour redémarrer si le processus Patroni n’est plus disponible (crash, freeze, bug, etc). Zalando utilise Patroni principalement dans un environnement conteneurisé. À cet effet, ils ont packagé PostgreSQL et Patroni dans une image docker : Spilo 5 . Cependant, Patroni peut tout à fait être déployé en dehors d’un conteneur, sur une machine physique ou virtuelle. Une formation Dalibo complète existe sur Patroni : https://dali.bo/hapat
- Source 4 : https://github.com/zalando/patroni
- Source 5 : https://github.com/zalando/spilo
8.4.3 Repmgr
- Outil spécialisé PostgreSQL
- En pratique, fiable pour 2 nœuds
- Gère automatiquement la bascule en cas de problème
- health check
- failover et switchover automatiques
- Witness
L’outil repmgr 6 de 2ndQuadrant permet la gestion de la haute disponibilité avec notamment la gestion des opérations de clonage, de promotion d’une instance en primaire et la démotion d’une instance.
L’outil repmgr peut également être en charge de la promotion automatique du nœud secondaire en cas de panne du nœud primaire, cela implique la mise en place d’un serveur supplémentaire par cluster HA (paire primaire/secondaire) appelé témoin (witness). Cette machine héberge une instance PostgreSQL dédiée au processus daemon repmgrd , processus responsable d’effectuer les contrôles d’accès réguliers à l’instance primaire et de promouvoir le nœud secondaire lorsqu’une panne est détectée et confirmée suite à plusieurs tentatives échouées consécutives.
Afin de faciliter la bascule du trafic sur l’instance secondaire en cas de panne du primaire, l’utilisation d’une adresse IP virtuelle (VIP) est requise. Les applications clientes (hors administration) doivent se connecter directement à la VIP.
8.4.4 Pacemaker
- Solution de Haute Disponibilité généraliste
- Disponible sur les distributions les plus répandues
- Se base sur Corosync, un service de messagerie inter-nœuds
- Permet de surveiller la disponibilité des machines
- Gère le quorum, le fencing, le watchdog et le SBD
- Gère les ressources d’un cluster et leur interdépendance
- Extensible
Pacemaker associe la surveillance de la disponibilité de machines et d’applications. Il offre l’outillage nécessaire pour effectuer les actions suite à une panne. Il s’agit d’une solution de haute disponibilité extensible avec des scripts.
- Source 6 : https://www.repmgr.org/
8.4.5 Paf
- Postgres Automatic Failover
- Ressource Agent pour Pacemaker et Corosync permettant de :
- détecter un incident
- relancer l’instance primaire
- basculer sur un autre nœud en cas d’échec de relance
- élire le meilleur secondaire (avec le retard le plus faible)
- basculer les rôles au sein du cluster en primaire et secondaire
- Avec les fonctionnalités offertes par Pacemaker & Corosync :
- surveillance de la disponibilité du service
- quorum & Fencing
- gestion des ressources du cluster
PAF est le fruit de la R&D de Dalibo visant à combler les lacunes des agents existants. Il s’agit d’un produit opensource, disponible sur ce dépôt 7 et qui a rejoint la communauté ClusterLabs qui gère aussi Pacemaker.
- Source 7 : https://clusterlabs.github.io/PAF/
8.5 Conclusion
De nombreuses applications tierces peuvent nous aider à administrer efficacement un cluster en réplication.
8.5.1 Questions
N’hésitez pas, c’est le moment !
8.6 Travaux pratiques
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/w3_solutions.
Pour ces travaux pratiques, procéder à :
- la promotion de l’instance instance2;
- la reconstruction de l’ancienne instance primaire via pg_rewind ;
- la sauvegarde de l’instance instance2 avec pgBackRest;
- la promotion “par erreur” de l’instance instance3;
- la reconstruction de l’instance instance3 en se servant des sauvegardes pgBackRest.
8.6.1 (Pré-requis) Environnement
Pour ces TP vous devez avoir 3 instances (1 primaire, 2 secondaires en réplication). Au besoin, repasser en réplication asynchrone en désactivant le paramètre synchronous_standby_names de l’instance primaire.
PID CMD 3205 /usr/pgsql-14/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/14/instance3/ 3207_ postgres: logger 3208_ postgres: startup recovering 000000030000000000000038 3212_ postgres: checkpointer 3213_ postgres: background writer 3215_ postgres: stats collector 3216_ postgres: walreceiver streaming 0/38000060 3144 /usr/pgsql-14/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/14/instance2/ 3146_ postgres: logger 3147_ postgres: startup recovering 000000030000000000000038 3151_ postgres: checkpointer 3152_ postgres: background writer 3154_ postgres: stats collector 3155_ postgres: walreceiver streaming 0/38000060 2896 /usr/pgsql-14/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/14/instance1/ 2898_ postgres: logger 2900_ postgres: checkpointer 2901_ postgres: background writer 2902_ postgres: walwriter 2903_ postgres: autovacuum launcher 2904_ postgres: archiver last was 000000030000000000000037.00000028.backup 2905_ postgres: stats collector 2906_ postgres: logical replication launcher 3156_ postgres: walsender repli 127.0.0.1(47494) streaming 0/38000060 3217_ postgres: walsender repli 127.0.0.1(47502) streaming 0/38000060
flush_lsn, replay_lsn, sync_state FROM pg_stat_replication;"
-[ RECORD 1 ]—-+———–
Pour utiliser pg_rewind , il faut s’assurer que l’instance a été créée avec l’option –data-checksums . Dans le cas contraire, il faut activer wal_log_hints = on dans le postgresql.conf . Pour vérifier les valeurs en cours, exécuter en SQL !
ou utiliser l’outil shell pg_controldata :
Data page checksum version: 0
Par défaut, une instance est initialisée sans sommes de contrôle. Nous devons donc configurer le paramètre wal_log_hints à la valeur on . Lançons un checkpoint afin de s’assurer que les nouveaux journaux contiendrons les hints bits :
Si vous avez suivi correctement les travaux pratiques précédents, vous avez activé les checksums et obtenez donc le résultat suivant :
Data page checksum version: 1
8.6.2 Promotion d’une instance secondaire
But : Réaliser la promotion d’une instance secondaire. Contrôler que l’archivage est bien configuré sur l’instance instance2.
Arrêter l’instance principale pour promouvoir l’instance instance2.
Vérifier le répertoire d’archivage. Que contient-il?
8.6.3 Suivi de timeline
But : Comprendre la relation entre timeline et réplication. Nous avons donc :
l’ancienne instance primaire arrêtée;
l’instance instance2 promue;
l’instance instance3 qui est toujours secondaire de l’instance primaire arrêtée. Nous allons tenter de raccrocher l’instance instance3 au nouveau primaire.
Configurer instance3 pour qu’il se connecte au instance2.
Observer les traces de l’instance : que se passe-t-il?
8.6.4 Pg_rewind
But : « rembobiner » un ancien primaire avec pg_rewind . Nous allons maintenant expérimenter le cas où l’instance primaire n’a pas été arrêtée avant la bascule. Il peut donc y avoir des transactions dans la timeline 2 qui n’existent pas dans la timeline 3 ce qui rend impossible la mise en réplication avec le instance2. Comme décrit plus haut, pour utiliser pg_rewind , il faut s’assurer que l’instance a été créée avec l’option –data-checksums ou que le paramètre wal_log_hints est à on .
Redémarrer l’ancienne instance primaire (instance1).
Y créer une table t7 . Dans quelle timeline existe-t-elle?
Créer une table t8 sur instance2.
Arrêter instance1.
La resynchroniser avec instance2 à l’aide de pg_rewind .
Ne pas oublier de vérifier les fichiers de configuration.
Configurer cette instance resynchronisée en réplication depuis l’instance instance2.
Ne pas démarrer.
Démarrer. Observer les traces. Qu’est-il advenu des données insérées avant l’utilisation de pg_rewind ?
Vérifier que instance2 est bien le serveur principal des deux autres instances.
8.6.5 PgBackRest
But : Utiliser pgBackRest dans le cadre de la réplication.
Configurer pgBackRest pour sauvegarder votre nouvelle instance principale (instance2).
Effectuer une sauvegarde initiale.
Insérer des données et vérifier que des archives ont bien été générées.
Effectuer une promotion « par erreur » du serveur instance3, et y insérer des données.
Resynchroniser l’instance secondaire instance3 à l’aide de la sauvegarde de pgBackRest.
Vérifier enfin que la réplication entre instance3 et instance2 a bien repris.
8.7 Travaux pratiques (solutions)
8.7.1 (Pré-requis) Environnement
Pour ces TP vous devez avoir 3 instances (1 primaire, 2 secondaires en réplication). Au besoin, repasser en réplication asynchrone en désactivant le paramètre synchronous_standby_names de l’instance primaire.
PID CMD 3205 /usr/pgsql-14/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/14/instance3/ 3207_ postgres: logger 3208_ postgres: startup recovering 000000030000000000000038 3212_ postgres: checkpointer 3213_ postgres: background writer 3215_ postgres: stats collector 3216_ postgres: walreceiver streaming 0/38000060 3144 /usr/pgsql-14/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/14/instance2/ 3146_ postgres: logger 3147_ postgres: startup recovering 000000030000000000000038 3151_ postgres: checkpointer 3152_ postgres: background writer 3154_ postgres: stats collector 3155_ postgres: walreceiver streaming 0/38000060 2896 /usr/pgsql-14/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/14/instance1/ 2898_ postgres: logger 2900_ postgres: checkpointer 2901_ postgres: background writer 2902_ postgres: walwriter 2903_ postgres: autovacuum launcher 2904_ postgres: archiver last was 000000030000000000000037.00000028.backup 2905_ postgres: stats collector 2906_ postgres: logical replication launcher 3156_ postgres: walsender repli 127.0.0.1(47494) streaming 0/38000060 3217_ postgres: walsender repli 127.0.0.1(47502) streaming 0/38000060
flush_lsn, replay_lsn, sync_state FROM pg_stat_replication;"
Pour utiliser pg_rewind , il faut s’assurer que l’instance a été créée avec l’option –data-checksums . Dans le cas contraire, il faut activer wal_log_hints = on dans le postgresql.conf . Pour vérifier les valeurs en cours, exécuter en SQL !
ou utiliser l’outil shell pg_controldata :
Data page checksum version: 0
Par défaut, une instance est initialisée sans sommes de contrôle. Nous devons donc configurer le paramètre wal_log_hints à la valeur on . Lançons un checkpoint afin de s’assurer que les nouveaux journaux contiendrons les hints bits :
Si vous avez suivi correctement les travaux pratiques précédents, vous avez activé les checksums et obtenez donc le résultat suivant :
Data page checksum version: 1
8.7.2 Promotion d’une instance secondaire
Contrôler que l’archivage est bien configuré sur l’instance instance2.
Avec archive_mode à on , seule l’instance primaire effectue l’archivage des journaux de transaction. Arrêter l’instance principale pour promouvoir l’instance instance2.
Dans les traces, nous trouvons ceci :
Le serveur a bien reçu la demande de promotion, ensuite (si restore_command est spécifié) il cherche à rejouer les derniers journaux de transaction depuis les archives. Puis il vérifie la présence d’un fichier 00000003.history pour déterminer une nouvelle timeline.
Une fois ces opérations effectuées, il détermine la nouvelle timeline (ici, 4) et devient accessible en lecture/écriture :
Vérifier le répertoire d’archivage. Que contient-il?
Vu que le paramètre archive_mode était à on , seul le serveur primaire effectuait l’archivage. En effectuant la promotion de l’instance instance2, celle-ci est devenue primaire et archive donc vers le même répertoire! Il y a bien un archiver process :
Le répertoire d’archive contient :
(…) -rw——-. 1 postgres postgres 16M Nov 28 16:06 000000030000000000000039.partial -rw——-. 1 postgres postgres 84 Nov 28 16:06 00000004.history (…)
Le serveur a archivé le dernier journal avec le suffixe .partial : ceci afin d’éviter d’écraser un fichier journal si le primaire était toujours actif. Avant la version 9.5, il pouvait y avoir un conflit entre l’ancien primaire et le secondaire promu archivant au même emplacement. Le fichier 00000003000000000000002F aurait pu être écrasé. Voir : Archiving of last segment on timeline after promotion http://paquier.xyz/postgresql-2/postgres-9-5-feature-highlight-partial-segmenttimeline/.
8.7.3 Suivi de timeline
- Configurer instance3 pour qu’il se connecte au instance2.
- Observer les traces de l’instance : que se passe-t-il?
Dans les traces de instance3 : 2019-11-28 16:13:17.328 CET [3876] FATAL: could not connect to the primary server: could not connect to server: Connection refused Is the server running on host “127.0.0.1” and accepting TCP/IP connections on port 5432?
Le serveur ne sait pas que l’instance instance2 a été promue, il constate juste que l’instance primaire a été arrêtée. Modifions le paramètre primary_conninfo de l’instance instance3 pour pointer vers l’instance instance2 :
Après redémarrage de l’instance, on peut constater que la modification s’est appliquée sur la timeline : (…) LOG:database system is ready to accept read only connections LOG:started streaming WAL from primary at 0/2F000000 on timeline 4 LOG:redo starts at 0/390000A0
La table t6 existe bien et contient bien les enregistrements :
c1 —- 1
8.7.4 Pg_rewind
- Redémarrer l’ancienne instance primaire (instance1).
- Y créer une table t7 . Dans quelle timeline existe-t-elle?
Créons la table t7 sur instance1 :
- Créer une table t8 sur instance2.
Créons la table t8 sur instance2 :
La table t7 existe dans la timeline 3 mais pas dans la timeline 4. Nous allons donc utiliser l’outil pg_rewind . Il ne lit et ne copie que les données modifiées. L’outil identifie les blocs correspondants aux transactions « perdues ». Dans notre exemple, la table t7 n’est présente que sur la nouvelle instance. Ensuite il copie les blocs correspondants sur l’instance cible.
- Arrêter instance1.
- La resynchroniser avec instance2 à l’aide de pg_rewind .
- Ne pas oublier de vérifier les fichiers de configuration.
- Configurer cette instance resynchronisée en réplication depuis l’instance instance2.
- Ne pas démarrer.
Maintenant passons à pg_rewind . L’option -n permet d’effectuer un test sans modification :
On relance la commande sans l’option -n :
On constate qu’il a juste été nécessaire de copier 101 Mo au lieu des 370 Mo de l’instance complète. pg_rewind se connecte sur le serveur source et identifie le point de divergence. Ensuite, il liste les fichiers à copier ou supprimer. Puis il copie les blocs modifiés. Enfin il met à jour le fichier backup_label et le fichier pg_control.
Les fichiers postgresql.conf et postgresql.auto.conf provenant du instance2, il faut modifier le port ainsi que le primary_conninfo :
Créer le fichier standby.signal :
Et démarrer l’instance :
- Démarrer. Observer les traces. Qu’est-il advenu des données insérées avant l’utilisation de pg_rewind ?
Dans les traces :
La table t7 a bien disparu de l’instance resynchronisée :
- Vérifier que instance2 est bien le serveur principal des deux autres instances.
8.7.5 PgBackRest
- Configurer pgBackRest pour sauvegarder votre nouvelle instance principale (instance2).
Commencer par modifier :
Ensuite, recharger la configuration :
Modifier ensuite la configuration de pgBackRest dans /etc/pgbackrest.conf :
[instance_dev]
Vérifier que le répertoire où les archives et les sauvegardes seront stockées est bien vide ( /var/lib/pgsql/14/backups/ ). Initialiser le dépôt de pgBackRest et vérifier que l’archivage est fonctionnel :
P00 INFO: stanza-create command begin 2.20: –log-level-console=info
P00 INFO: stanza-create command end: completed successfully (463ms)
P00 INFO: check command begin 2.20: –log-level-console=info
P00 INFO: WAL segment 000000040000000000000039 successfully archived to ‘/var/lib/pgsql/14/backups/archive/instance_dev/14-1/0000000400000000/ 000000040000000000000039-9b054265590ac75cd70ba3ed5b1f47c113a69b84.gz’ P00 INFO: check command end: completed successfully
- Effectuer une sauvegarde initiale.
- Insérer des données et vérifier que des archives ont bien été générées.
Pour une première sauvegarde :
P00 INFO: backup command begin 2.20: –log-level-console=info
P00 INFO: execute non-exclusive pg_start_backup() with label “…”: backup begins after the requested immediate checkpoint completes P00 INFO: backup start archive = 00000004000000000000003B, lsn = 0/3B000060 P00 INFO: full backup size = 274.2MB P00 INFO: execute non-exclusive pg_stop_backup() and wait for all WAL segments to archive P00 INFO: backup stop archive = 00000004000000000000003B, lsn = 0/3B000138 P00 INFO: new backup label = 20200110-081833F P00 INFO: backup command end: completed successfully P00 INFO: expire command begin 2.20: –log-level-console=info
P00 INFO: expire command end: completed successfully
Insérer des données :
Forcer la génération d’un nouveau WAL et vérifier que des archives ont bien été générées :
0/3FD474E8
last_archived_wal
00000004000000000000003F
- Effectuer une promotion « par erreur » du serveur instance3, et y insérer des données.
- Resynchroniser l’instance secondaire instance3 à l’aide de la sauvegarde de pgBackRest.
De nouvelles données ayant été écrites, nous devons désormais reconstruire l’instance instance3 pour pouvoir la remettre en réplication avec instance2. Pour ce faire, nous pourrions utiliser comme précédemment. Nous allons ici utiliser les sauvegardes pgBackRest pour
reconstruire l’instance. La sauvegarde de l’instance primaire peut être restaurée sur la seconde instance avec les options
dans le répertoire de données. pgBackRest se charge de configurer les options de réplication dans le fichier postgresql.auto.conf .
P00 INFO: restore command begin 2.20: –delta –log-level-console=info
- Vérifier enfin que la réplication entre instance3 et instance2 a bien repris.
Modifier le port de l’instance instance3 avant de la démarrer et vérifier que la connexion de réplication est bien fonctionnelle :
9 Réplication logique
Réplication logique
Le contenu comprend la mise en place, l’exemple complet, l’administration, la supervision, la migration majeure et le TP avec solution.

9/ Réplication logique
9.1 Objectifs
- Réplication logique native
- connaître les avantages et limites
- savoir la mettre en place
- savoir l’administrer et la superviser
- Connaître d’autres outils de réplication logique
Nous verrons ici les principes derrière la réplication logique, les différences avec la réplication physique classique, sa mise en place, son administration et sa supervision. Historiquement sont apparus des outils de réplication logique externes à PostgreSQL, qui peuvent encore rendre des services.
9.1.1 Au menu
- Principes
- Mise en place
- Exemple
- Administration
- Supervision
- Migration majeure avec la réplication logique
- Limitations
9.2 Principes de la réplication logique native
- Résout certaines des limitations de la réplication physique
- Base sur le logical decoding
- Réplication partielle des données
- vers autre un PG différent/ouvert en écriture
- Préférer PostgreSQL >= 14 et le plus récent possible
La réplication physique, qui existe dans PostgreSQL depuis la version 9.0, fonctionne par application de bloc d’octets ou de delta de bloc. Elle a beaucoup évolué, mais possède quelques limitations difficilement contournables directement pour certains besoins. La réplication logique apporte des réponses à ces limitations depuis PostgreSQL 10. Seules des solutions tierces apportaient ce type de réplication à PostgreSQL auparavant. Les cas d’usage typiques de la réplication logique sont la copie partielle de données, et pas d’une instance entière, vers une instance PostgreSQL indépendante et ouverte en écriture. À proprement parler, la réplication logique entre instances n’est qu’un cas particulier du système de l’infrastructure de logical decoding. D’autres plugins permettent la réplication de données vers des systèmes totalement différents de PostgreSQL, ou encore le CDC (Change Data Capture). Pour l’instance origine comme pour l’instance cible, il est préférable d’utiliser une version récente de PostgreSQL (14 au moins, la dernière majeure de préférence) pour profiter des nombreuses améliorations et optimisations. Nous parlerons parfois des versions antérieures, même non supportées, si elles peuvent avoir une importance dans des migrations de version majeure.
9.2.1 Réplication physique vs. logique
Physique Logique
Instance complète Tables aux choix Par bloc Par ligne/colonnes Asymétrique (1 principal) Asymétrique / croisée Depuis primaire ou secondaire Depuis primaire ou secondaire (v16) Toutes opérations Opération au choix Réplica identique Destination modifiable Même architecture - Mêmes versions majeures - Synchrone/Asynchrone Synchrone/Asynchrone
Principe & limites de la réplication physique :
La réplication physique est une réplication au niveau bloc. Le serveur primaire envoie au secondaire les octets à ajouter/remplacer dans des fichiers. Le serveur secondaire n’a aucune information sur les objets logiques (tables, index, vues matérialisées, bases de données). Il n’y a donc pas de granularité possible, c’est forcément l’instance complète qui est répliquée. Il est impossible de ne répliquer que certaines bases ou que certaines tables. Un serveur secondaire est en lecture seule, il est donc impossible de créer des index spécifiques ou même des tables de travail, y compris temporaires.
De plus, un serveur secondaire ne peut se connecter qu’à un serveur primaire de même version majeure. On ne peut donc pas se servir de la réplication physique pour mettre à jour la version majeure du serveur. Enfin, il n’est pas possible de faire de la réplication entre des serveurs d’architectures matérielles ou logicielles différentes (32/64 bits, little/big endian, version de bibliothèque C, Windows vers Linux, etc.).
Réplication logique :
La réplication logique propose une solution à tous ces problèmes.
La réplication logique est une réplication du contenu des tables. Plus précisément, elle réplique les résultats des ordres SQL exécutés sur la table publiée et l’applique sur la table cible. Les lignes insérées, modifiées et supprimées sur le serveur d’origine sont répliquées sur la destination. La table cible peut être modifiée (index notamment), et son contenu différer de la table source.
Elle se paramètre donc table par table, et même opération par opération.
Elle est asymétrique dans le sens où il existe une seule origine des écritures pour une table. Il est possible de réaliser des réplications croisées où un ensemble de tables est répliqué du serveur 1 vers le serveur 2 et un autre ensemble de tables est répliqué du serveur 2 vers le serveur 1, ce qui est une forme limitée de multimaître. En version 16, la possibilité de filtrer l’origine d’une table permet d’éviter les boucles et d’alimenter la même table depuis deux instances différentes. Cette fonctionnalité est encore jeune et peut mener à des problèmes d’intégrité des données (voir notamment cet article de Brian Pace 1 ).
Comme la réplication physique, la réplication logique fonctionne par défaut, mais peut fonctionner en mode synchrone, si l’on accepte l’impact sur les performances en écriture.
La réplication logique peut avoir pour origine un serveur secondaire (lui-même en réplication physique) si l’origine et la destination sont sous PostgreSQL 16 ou supérieur.
La réplication logique permet de répliquer entre deux serveurs PostgreSQL de versions différentes, et ainsi de procéder à des migrations majeures.
Noter que le décodage logique permet d’écrire assez facilement des plugins de sortie alternatifs sans outil supplémentaire sur le serveur pour du Change Data Capture, ou pour récupérer les flux de données vers d’autres environnements n’ayant rien à voir avec PostgreSQL (voir plus loin).

9.2.2 Schéma de principe de la réplication logique
Ce schéma suppose deux instances PostgreSQL, toutes les deux ouvertes en écriture.
9.2.3 Quelques termes essentiels
- Serveur origine (publieur/éditeur)
- publication
- Serveur(s) abonné(s) (subscriber)
- abonnement/souscription (subscription)
Dans le cadre de la réplication logique, on ne réplique pas une instance vers une autre. On publie les modifications effectuées sur le contenu d’une table à partir d’un serveur. Ce serveur est le serveur d’origine, ou publieur (publisher). Sur ce serveur, on crée des « publications ». Une publication enregistre un jeu de modifications que d’autres serveurs pourront récupérer en s’abonnant (subscription). De ceci, il découle que :
- le serveur origine est le serveur où les écritures sur une table sont enregistrées pour publication vers d’autres serveurs;
- les serveurs intéressés par ces enregistrements sont les serveurs destinations ;
- un serveur origine doit proposer une publication des modifications;
- les serveurs destinations intéressés doivent s’abonner à une publication. Dans un cluster de réplication logique, un serveur peut avoir un rôle de serveur origine ou de serveur destination. Il peut aussi avoir les deux rôles. Dans ce cas, il sera origine pour certaines tables et destination pour d’autres. La réplication croisée sur une même table n’est possible que depuis la version 16.
Dans le texte qui suit, peuvent être utilisés indifféremment les termes publieur/éditeur/origine d’une part, abonné/souscripteur/destination d’autre part, ou encore abonnement/souscription, éventuellement en anglais.
9.2.4 Réplication logique et streaming
La réplication logique utilise le streaming :
- wal_level = logical
- Processus wal sender
- mais pas de wal receiver
- un logical replication worker à la place
- Décodage logique des journaux
- Asynchrone / synchrone
- Slots de réplication
La réplication logique utilise le même canal d’informations que la réplication physique : les enregistrements des journaux de transactions. Le transfert se fait par une connexion en streaming (ce n’est pas possible en log shipping). Pour que les journaux disposent de suffisamment d’informations, le paramètre wal_level doit être configuré avec la valeur logical .
Une fois cette configuration effectuée et PostgreSQL redémarré sur le serveur origine, le serveur destination peut se connecter au serveur origine dans le cadre de la réplication. Lorsque cette connexion est faite, un processus wal sender apparaît sur le serveur origine. Ce processus est en communication avec un processus logical replication worker sur le serveur destination.
Comme la réplication physique, la réplication logique peut être configurée en asynchrone comme en synchrone, suivant le même paramétrage ( synchronous_commit , synchronous_standby_names ). Rappelons que la réplication synchrone a un impact important sur les performances en écritures. Chaque abonné maintient un slot de réplication sur l’instance de l’éditeur. Par défaut, il est créé et supprimé automatiquement avec la souscription. L’utilisation de slots est obligatoire (contrairement à la réplication physique). La copie initiale des données crée également des slots de réplication temporaires. Contrairement à ce qui se passe en réplication physique, l’intégralité des journaux n’est pas transmise. Le walsender procède à un « décodage logique » des journaux, que la documentation définit ainsi : Le décodage logique correspond au processus d’extraction de tous les changements persistants sur des tables d’une base de données dans un format cohérent et simple à comprendre, qui peut être interprété sans une connaissance détaillée de l’état interne de la base de données.
Dans PostgreSQL, le décodage logique est implémenté en décodant le contenu des journaux de transaction (WAL), qui décrivent les changements au niveau stockage, dans un format spécifique tel qu’un flux de lignes ou des ordres SQL. Le décodage logique permet de n’envoyer aux abonnés que les informations qui concernent la table qu’ils ont demandée. Cela permet aussi de n’envoyer que les transactions validées lors du COMMIT (du moins dans les cas simples). Cette conversion est hélas un peu gourmande en processeur. En face, si l’abonné est une instance PostgreSQL, le rôle du logical replication worker est de retranscrire les modifications reçues dans les tables concernées.
9.2.5 Granularité de la réplication logique
- Par table
- toutes les tables d’une base
- toutes les tables d’un schéma (v15+)
- quelques tables spécifiques
- Granularité d’une table
- table complète
- même partitionnée
- uniquement certaines lignes/colonnes (v15+)
- Par opération
- INSERT , UPDATE , DELETE , TRUNCATE
La réplication logique propose une granularité à la table près, voire même un niveau en dessous. Une publication se crée en indiquant la table pour laquelle on souhaite publier les modifications. On peut en indiquer plusieurs. On peut en ajouter en modifiant la publication. Cependant, une nouvelle table ne sera pas ajoutée automatiquement à la publication, sauf dans deux cas précis : la publication a été créée en demandant la publication de toutes les tables (clause FOR ALL TABLES ) ou, à partir de la version 15, la publication a été créée en demandant la publication de toutes les tables d’un schéma (clause FOR TABLES IN SCHEMA ).
Il est possible d’ajouter une table partitionnée à une publication. Cette fonctionnalité permet de laisser à PostgreSQL le soin d’ajouter et maintenir à jour la liste des partitions dans la publication. Il est également possible de faire en sorte que les modifications soient publiées avec le nom de la partition finale ou celui de la table partitionnée. Cela permet plus de flexibilité en autorisant de répliquer des données entre des tables avec des structures hétérogènes (partitionnées ou non). Dans le cas d’une réplication depuis une table partitionnée vers une autre table partitionnée, l’agencement des partitions peut être différent. À partir de la version 15, la granularité est encore plus basse : il est possible de ne répliquer que certaines colonnes et que certaines lignes. La granularité peut aussi se voir au niveau des opérations de modification réalisées. On peut très bien
ne publier que les opérations d’insertion, de modification ou de suppression. Par défaut, tout est publié.
9.2.6 Possibilités sur les tables répliquées
- Possibilités
- index supplémentaires
- modification des valeurs
- colonnes supplémentaires
- triggers également activables sur la table répliquée
- Attention à la cohérence des modèles
- Attention à ne pas bloquer la réplication logique !
- pg_stat_subscription_stats (v15+)
- disable_on_error = on (v15+)
- aller au plus simple
La réplication logique entre deux instances PostgreSQL permet plusieurs choses impensables en réplication physique. Les cas d’utilisation sont en fait très différents. On peut rajouter ou supprimer des index sur la table répliquée. Il est possible de modifier des valeurs dans la table répliquée, sur le serveur abonné. Ces modifications sont susceptibles d’être écrasées par des modifications de la table source sur les mêmes lignes. Il est aussi possible de perdre la synchronisation entre les tables, notamment si on modifie la clé primaire sur l’abonné. Les triggers ne se déclenchent par défaut que sur la base d’origine. On peut activer ainsi un trigger sur la table répliquée :
Tout cela est parfois très pratique, mais peut poser de sérieux problèmes de cohérence de données entre les deux instances si l’on ne fait pas attention.
On vérifiera régulièrement les erreurs dans les traces. Une réplication bloquée réessaiera indéfiniment d’insérer ses lignes et peut provoquer l’accumulation de journaux de transactions sur le serveur d’origine, ou le décrochage complet de la réplication logique. Une désactivation automatique en cas d’erreur est possible : il faut activer disable_on_error = on dans les propriétés de la souscription (à partir de PostgreSQL 15).
La vue pg_stat_subscription_stats (à partir de PostgreSQL 15) permet de suivre les erreurs de réplication sur la destination :
Il faudra tout de même aller chercher le détail dans les traces. La réinitialisation se fait avec la fonction pg_stat_reset_subscription_stats(), avec en argument l’OID de la souscription, ou NULL pour tout réinitialiser.
- Source 2 : https://docs.postgresql.fr/current/monitoring-stats.html#MONITORING-PG-STAT-SUBSCRIPTION-STATS
Il est dangereux d’ajouter sur la destination des contraintes qui n’existent pas sur les tables d’origine! Elles ne sont pas forcément contrôlées à l’arrivée (clés étrangères, vérification par triggers…) puisque les triggers sont désactivés… Et si elles le sont, elles risquent de bloquer la réplication logique. De même, sur la destination, ajouter ou modifier des lignes soumises à des contraintes d’unicité peut empêcher l’insertion de lignes provenant de la source.
En cas de blocage, à cause d’une colonne absente, d’un doublon, d’une autre contrainte sur la cible ou pour une autre raison, il faut corriger sur la destination, puis laisser le stock de données bloquées s’insérer avant de pouvoir faire autre chose. L’alternative est de désactiver ou reconstruire la réplication, ce qui peut être long et poser des problèmes de réconciliation de données. Il existe quelques cas surprenants. Par exemple, une colonne remplie grâce à une valeur DEFAULT sur l’origine sera répliquée à l’identique sur la destination; mais une colonne calculée (clause GENERATED avec expression) sera calculée indépendamment sur l’origine et sur la destination, éventuellement différemment. Il est possible de créer une publication sur une table elle-même répliquée. La sécurité pour éviter des boucles n’a été ajoutée qu’avec PostgreSQL 16 4 .
Pour que la réplication logique fonctionne sans souci, il faut viser au plus simple, avec un modèle de données sur la destination aussi proche que possible de la source, soigneusement maintenu à jour à l’identique. Il faut éviter de modifier les tables répliquées. Au plus, se contenter d’ajouter sur la destination des index non uniques ou des colonnes calculées, et travailler autant que possible dans d’autres tables. Il est conseillé de prévoir dès le début le cas où cette réplication devra être arrêtée et reprise de zéro.
- Source 3 : https://docs.postgresql.fr/current/monitoring-stats.html#:~:text=pg_stat_reset_subscription_stats
- Source 4 : https://amitkapila16.blogspot.com/2023/09/evolution-of-logical-replication.html
9.2.7 Limitations de la réplication logique
- Pas de réplication des requêtes DDL
- à refaire manuellement
- être rigoureux et surveiller les traces!
- Pas de réplication des valeurs des séquences
- Pas de réplication des LO (table système)
- PK/UK conseillée pour les UPDATE / DELETE
- Coût CPU, disque, RAM
- Réplication déclenchée uniquement lors du COMMIT (< v14)
- Attention en cas de migration/bascule/restauration! (<v17)
La réplication logique n’a pas que des atouts, elle a aussi ses propres limitations. DDL et DML : La première, et plus importante, est qu’elle ne réplique que les changements de données des tables (commandes DML), et pas de la définition des objets de la base de données (commandes DDL). Une exception a été faite à partir de la version 11 pour répliquer les ordres TRUNCATE car, même s’il s’agit d’un ordre DDL d’après le standard, cet ordre modifie les données d’une table. L’ajout (ou la suppression) d’une colonne ne sera pas répliqué, causant de ce fait un problème de réplication quand l’utilisateur y ajoutera des données. La mise à jour sera bloquée jusqu’à ce que les tables abonnées soient aussi mises à jour. Pour éviter le blocage, il est préférable de commencer une opération d’ajout de colonne sur l’abonné, et une opération de suppression de colonne sur le publieur. D’autres opérations moins évidentes peuvent aussi poser problème, comme une contrainte ou un index supprimé sur l’origine mais pas sur la destination; ou un index fonctionnel dont la fonction n’est corrigée que sur la source.
Il faut être rigoureux et surveiller les erreurs dans les traces. Une table nouvellement créée ne sera pas non plus automatiquement répliquée. Les tables partitionnées, sur la source ou l’origine, ne sont bien gérées qu’à partir de PostgreSQL 13. Il n’y a pas de réplication des valeurs des séquences. Les valeurs des séquences sur les serveurs de destination seront donc obsolètes. Identification des lignes : Il faut que PostgreSQL sache opérer une correspondance entre les lignes des deux instances pour gérer correctement les opérations UPDATE et DELETE .
Il est donc chaudement conseillé qu’il y ait une clé primaire sur chaque table répliquée! Et en cas de désynchronisation, la présence de clés primaires facilitera beaucoup la détection des lignes manquantes. Sinon, il faut définir une clause REPLICA IDENTITY sur la table origine. Utiliser un index unique peut convenir :
Si vraiment on n’a pas le choix, on peut définir que l’ensemble des champs de la ligne servira à la correspondance :
Faute d’index, les mises à jour effectuent des Seq Scan sur la table de destination, ce qui généralement catastrophique pour les performances. Avec PostgreSQL 16 ou supérieur, un simple index B-tree ou hash sur la table destination peut permettre d’éviter ces Seq Scan 5 . Large Objects : Les Large Objects (pour le stockage de gros binaires) étant stockés dans une table système, ils ne sont pas pris en compte par la réplication logique. Il est préférable de passer par le type bytea pour les données binaires. Ressources : La réplication logique a un coût en CPU (sur les deux instances concernées) relativement important : attention aux petites configurations. Il y a également un coût en RAM et disque (voir plus bas). Latence : La réplication n’est par défaut déclenchée que lors du COMMIT sur le primaire. Nous verrons que cela peut être optimisé. Bascule : La situation peut devenir compliquée lors d’une restauration ou bascule d’un des serveurs impliqués, surtout avant PostgreSQL 17 (voir plus bas). Migration majeure : Il est délicat de faire une mise à jour majeure quand de la réplication logique est en place (sur le publieur comme l’abonné).
- pg_dump / pg_restore perd complètement les origines de réplication, et il faudra resynchroniser manuellement;
- pg_upgrade sait migrer un serveur sans casser la réplication logique, mais seulement si le serveur à migrer est déjà en version 17 au moins (voir la documentation pour le publieur 6 ou l’abonné 7 ).
- Source 5 : https://amitkapila16.blogspot.com/2023/09/evolution-of-logical-replication.html
- Source 6 : https://docs.postgresql.fr/current/pgupgrade.html#:~:text=mise%20%C3%A0%20jour%20des%20publieurs
- Source 7 : https://docs.postgresql.fr/current/pgupgrade.html#:~:text=mise%20%C3%A0%20jour%20des%20abonn%C3%A9s
9.3 Mise en place
Étapes :
- Configuration du serveur origine
- Configuration du serveur destination
- Création d’une publication
- Ajout d’une souscription
Nous allons voir les étapes de configuration dans le cas simple d’une publication origine alimentant un abonnement destination.
9.3.1 Configurer le serveur origine : utilisateur de réplication
logrepli XXX.XXX.XXX.XXX/XX scram-sha-256
En réplication logique comme physique, c’est toujours le serveur destination qui se connecte au serveur origine. Pour la réplication physique, on utilise plutôt les termes de serveur primaire et de serveur secondaire mais c’est toujours du secondaire vers le primaire, ou de l’abonné vers l’éditeur en réplication logique. Tout comme pour la réplication physique, il est nécessaire de disposer d’un utilisateur PostgreSQL capable de se connecter au serveur origine et capable d’initier une connexion de réplication. Voici la commande pour créer ce rôle :
Cet utilisateur doit pouvoir lire le contenu des tables répliquées. Il lui faut donc le droit SELECT sur ces objets, souvent simplement ceci :
Enfin, la connexion du serveur destination doit être possible sur le serveur origine. Il est donc nécessaire d’avoir une ligne du style :
logrepli XXX.XXX.XXX.XXX/XX scram-sha-256
en remplaçant XXX.XXX.XXX.XXX/XX par l’adresse CIDR du serveur destination. La méthode d’authentification peut aussi être changée suivant la politique interne. Suivant la méthode d’authentification, il sera nécessaire ou pas de configurer un mot de passe pour cet utilisateur. Ne pas oublier de recharger la configuration.
9.3.2 Configurer le serveur origine : PostgreSQL.conf
- wal_level = logical
- redémarrage
- logical_decoding_work_mem = 64MB
- en deçà : RAM jusque COMMIT
- puis disque
- ou transmission immédiate (v14+)
Niveau de journalisation :
Les journaux de transactions doivent disposer de suffisamment d’informations pour que le wal sender puisse envoyer les bonnes informations au logical replication worker . Le fichier postgresql.conf doit donc contenir :
Le défaut est replica , et il faudra donc sans doute redémarrer l’instance origine.
Paramétrage mémoire :
La réplication logique, contrairement à la réplication physique, n’est déclenchée que lors d’un
en cours, ce qui d’ailleurs peut ajouter beaucoup de délais de réplication pour les transactions longues.
Le paramètre logical_decoding_work_mem contrôle la quantité de mémoire allouée à un processus walsender pour conserver les modifications en mémoire. Au-delà, elles sont stockées sur le disque, ou parfois envoyées tout de suite au client (voir plus bas).
logical_decoding_work_mem vaut par défaut 64 Mo. Il peut être réduit pour baisser l’utilisation de la mémoire des walsender , ou augmenté pour réduire les écritures sur le disque.
Avant PostgreSQL 13 et l’apparition de ce paramètre, si une transaction possédait de nombreuses sous-transactions, chaque walsender pouvait allouer énormément de mémoire, menant parfois à une saturation. Voir https://www.enterprisedb.com/postgres-tutorials/postgres-13-logicaldecodingworkmem-and-how-it-saves-yourserver-going-out-memory pour les détails.
9.3.3 Configuration du serveur destination
- Création, si nécessaire, des tables répliquées
Sur le serveur destination, il n’y a pas de configuration à réaliser dans les fichiers postgresql.conf et pg_hba.conf . Ensuite, il faut récupérer la définition des objets répliqués pour les créer sur le serveur de destination. Un moyen simple est d’utiliser pg_dump et d’envoyer le résultat directement à psql pour restaurer immédiatement les objets. Cela se fait ainsi :
Il est aussi possible de sauvegarder la définition d’une seule table en ajoutant l’option -t suivi du nom de la table pour avoir son script, ou d’utiliser la clause –filter de pg_dump (à partir de PostgreSQL 17). On peut aussi récupérer le SQL généré, le modifier, et l’appliquer manuellement. Il est conseillé de déclarer l’objet sur la destination avec la même définition que sur l’origine, mais ce n’est pas obligatoire, tant que les mises à jour arrivent à se faire. Les index peuvent différer, des types être plus laxistes, des colonnes supplémentaires, générées ou pas, être ajoutées.
9.3.4 Créer une publication
Une fois que les tables sont définies des deux côtés (origine et destination), il faut créer une publication sur le serveur origine. Cette publication indiquera à PostgreSQL les tables répliquées et les opérations concernées. La clause FOR ALL TABLES permet de répliquer toutes les tables de la base, sans avoir à les nommer spécifiquement. De plus, toute nouvelle table sera répliquée automatiquement dès sa création.
À partir de la version 15, la clause FOR TABLES IN SCHEMA permet de répliquer toutes les tables du schéma indiqué sans avoir à nommer les tables spécifiquement. De plus, toute nouvelle table de ce schéma sera répliquée automatiquement dès sa création. (Il faudra tout de même rafraîchir l’abonnement sur le destinataire). Si on ne souhaite répliquer qu’un sous-ensemble, il faut spécifier toutes les tables à répliquer en utilisant la clause FOR TABLE et en séparant les noms des tables par des virgules. Depuis la version 15, il est possible de ne répliquer que certaines colonnes d’une table, par exemple ainsi :
Toujours depuis cette version, il est possible de ne répliquer que les lignes validant une certaine expression. Par exemple :
Par défaut, une table est répliquée intégralement, donc toutes les colonnes et toutes les lignes. La clause FOR TABLES n’est pas obligatoire, la publication peut être vide au départ. Cette publication est concernée par défaut par toutes les opérations d’écriture (INSERT, UPDATE, DELETE, TRUNCATE). Cependant, il est possible de préciser les opérations si on ne les souhaite pas toutes. Pour cela, il faut utiliser le paramètre de publication publish en utilisant les valeurs insert, update, delete et/ou truncate, en les séparant par des virgules si on en indique plusieurs.
Lorsque l’on publie les modifications sur une table partitionnée, PostgreSQL utilise par défaut le nom de la partition finale. Il est possible de lui demander d’utiliser le nom de la table partitionnée grâce à l’option publish_via_partition_root = true . Cela permet de répliquer d’une table partitionnée vers une table normale ou une table partitionnée avec un agencement de partitions différent.
9.3.5 Souscrire à une publication
- infos_connexion : chaîne de connexion habituelle
- Par : superutilisateur ou pg_create_subscription
Une fois la publication créée, le serveur destination doit s’y abonner. Il doit pour cela indiquer sur quel serveur se connecter et à quelle publication souscrire.
Chaîne de connexion : Le serveur s’indique avec la chaîne infos_connexion , dont la syntaxe est la syntaxe habituelle des chaînes de connexion avec host , port , user , password , dbname , etc. Droits : Pour créer ou modifier la souscription, il faut être superutilisateur, ou posséder le rôle pg_create_subscription (à partir de PostgreSQL 16). Dans ce dernier cas, il faut aussi le droit CREATE sur la base.
Il y a une subtilité pour le mot de passe : il doit être présent dans la chaîne de connexion ( password = motdepasse ), ce qui impose une méthode de connexion avec mot de passe (par exemple scram-sha-256 mais pas peer ou ldap ). Le superutilisateur n’a pas cette contrainte.
Une alternative est de créer la souscription en tant que superutilisateur en désactivant le mot de passe avant de changer le propriétaire :
Sans cela, PostgreSQL n’empêchera pas de transférer la propriété d’une souscription à un nonsuperutilisateur; mais l’obligation du mot de passe risque de poser divers problèmes lors des modifications de la souscription. Bien sûr, les accès aux tables répliquées ne nécessitent aucun droit sur les souscriptions même. Autres paramètres : Le champ nom_publication doit être remplacé par le nom de la publication créée précédemment sur le serveur origine. Les paramètres de souscription sont détaillés ci-dessous.
9.3.6 Options de la souscription (1/2)
Par défaut :
- connect = true
- connexion immédiate
- copy_data = true
- copie initiale des données
- enabled = true
- activation immédiate de la souscription
- create_slot = true
- création du slot de réplication
- slot_name =
<nom de la souscription> - nom du slot de réplication
Les options de souscription sont assez nombreuses et permettent de créer une souscription pour des cas particuliers. (Pour les détails, voir la documentation officielle 9 .) Par exemple, enabled = false permet de mettre en place la souscription sans la démarrer, par exemple le temps d’en modifier des paramètres.
Copie des données : par défaut, la création de la souscription provoque la copie des données déjà présentes dans les tables vers la destination. Ce peut être long et lourd. Il y a des cas où la destination possède déjà les données du serveur origine, ou bien ces données sont copiées par un autre moyen (pg_dump / pg_restore par exemple), ou encore les données précédentes ne nous intéressent pas. On peut alors mettre le paramètre copy_data à la valeur false dans la clause WITH de CREATE SUBSCRIPTION.
La réplication logique ne sait pas repérer et synchroniser les données « manquantes » sur la destination par rapport à l’origine. Ce rapprochement est de votre ressort. C’est bien sûr plus facile si l’on peut arrêter l’activité le temps de la réconciliation ou du rechargement des données.
Slots : Une souscription fonctionnelle est obligatoirement associée à un slot de réplication sur l’origine. Par défaut, ce slot est créé automatiquement. Il peut être utile de préciser le nom du slot que l’on désire utiliser ( slot_name ), ou d’interdire sa création automatique ( create_slot = false ) si l’on préfère le faire soi-même (avec la fonction pg_create_logical_replication_slot() sur l’origine). Exemple de syntaxe :
Cette technique peut également servir après la disparition d’un serveur destination, ou si la réplication logique a « sauté » (migration majeure, bascule…) Le nouveau serveur destination peut réutiliser le slot où il en était (la souscription ne doit pas avoir été supprimée). Il faut être certain que les données sur la nouvelle destination sont exactement à l’image de l’ancienne destination, ou faire la réconciliation manuellement.
9.3.7 Options de la souscription (2/2)
Par défaut :
- streaming = off
- true pour envoyer les modifications avant COMMIT
- évite de gros fichiers sur le primaire
- parallel : plusieurs workers (v16+)
- binary = off
- pour envoyer les données sous un format binaire
- disable_on_error = false
- désactivation de la souscription en cas d’erreurs détectées
- synchronous_commit = off
- surcharge synchronous_commit pour les wal sender
streaming : ce paramètre est très important pour les performances. Par défaut, le walsender de l’origine attend le COMMIT, et aussi d’avoir décodé toute la transaction, avant de l’envoyer aux abonnés. De grosses transactions peuvent alors entraîner de la consommation mémoire (jusque logical_decoding_work_mem), puis l’apparition d’énormes fichiers temporaires dans le répertoire pg_replslot du serveur d’origine. Depuis la version 14, le client peut demander l’envoi des données au fil de l’eau, sans attendre le COMMIT, dès que logical_decoding_work_mem est atteint. Le serveur destination stocke alors lui-même les données dans un fichier temporaire, et ne les rejoue qu’à réception du COMMIT.
Cette fonctionnalité doit s’activer explicitement avec le paramètre streaming au niveau de la souscription depuis le client :
ou :
Depuis PostgreSQL 16, on peut même paralléliser :
Dans ce cas plusieurs workers apparaissent pour appliquer les modifications en parallèle. S’il n’est pas possible de créer les workers car il y a déjà trop de background workers, on revient en pratique au fonctionnement de streaming = on .) binary Activer le mode binaire est potentiellement plus rapide, mais dépend beaucoup des types employés, qui ne peuvent pas tous être convertis.
9.4 Mise en place : exemple
- Réplication complète d’une base
- Réplication partielle d’une base
- Réplication croisée
Pour rendre la mise en place plus concrète, voici trois exemples de mise en place de la réplication logique. On commence par une réplication complète d’une base, qui permettrait notamment de faire une montée de version. On continue avec une réplication partielle, ne prenant en compte que 2 des 3 tables de la base. Et on finit par une réplication croisée sur la table partitionnée.
9.4.1 Serveurs et schéma
- 4 serveurs
- s1, 192.168.10.1 : origine de toutes les réplications, et destination de la réplication croisée
- s2, 192.168.10.2 : destination de la réplication complète
- s3, 192.168.10.3 : destination de la réplication partielle
- s4, 192.168.10.4 : origine et destination de la réplication croisée
- Schéma
- 2 tables ordinaires
- 1 table partitionnée, avec trois partitions
Voici le schéma de la base d’exemple, b1 :
PARTITION BY LIST (clepartition_t3);
1, 100) i;
9.4.2 Réplication complète
- Configuration du serveur origine
- Configuration du serveur destination
- Création de la publication
- Ajout de la souscription
Pour ce premier exemple, nous allons détailler les quatre étapes nécessaires.
9.4.3 Configuration du serveur origine (1/2)
- Création et configuration de l’utilisateur de réplication
- Fichier postgresql.conf
La configuration du serveur d’origine commence par la création du rôle de réplication. On lui donne ensuite les droits sur toutes les tables. Ici, la commande ne s’occupe que des tables du schéma public , étant donné que nous n’avons que ce schéma. Dans le cas où la base dispose d’autres schémas, il serait nécessaire d’ajouter les ordres SQL pour ces schémas. Les fichiers postgresql.conf et pg_hba.conf sont modifiés pour y ajouter la configuration nécessaire.
9.4.4 Configuration du serveur origine (2/2)
- Fichier pg_hba.conf
- En prod : mot de passe et .pgpass
- Redémarrer le serveur origine
Comme dit précédemment, les fichiers postgresql.conf et pg_hba.conf sont modifiés pour y
ajouter la configuration nécessaire. Le serveur PostgreSQL du serveur d’origine est alors redémarré pour qu’il prenne en compte cette nouvelle configuration.
La méthode d’authentification trust ne devrait jamais être utilisée en production, elle n’est là que pour la démonstration. La méthode recommandée est l’utilisation d’un mot de passe fort pour logrepli , stocké dans le fichier .pgpass de postgres sur le serveur destinataire (comme en réplication physique d’ailleurs).
9.4.5 Configuration des 4 serveurs destinations
- Création de l’utilisateur de réplication
- Création des tables répliquées (sans contenu)
Pour cet exemple, nous ne devrions configurer que le serveur s2 mais tant qu’à y être, autant le faire pour les quatre serveurs destinations.
La configuration consiste en la création de l’utilisateur de réplication (utile seulement pour s4). Puis, nous utilisons pg_dump pour récupérer la définition de tous les objets grâce à l’option -s (ou –schema-only ). Ces ordres SQL sont passés à psql pour qu’il les intègre dans la base b1 du serveur s2.
9.4.6 Créer une publication complète
- Création d’une publication de toutes les tables de la base b1 sur le serveur origine s1
On utilise la clause ALL TABLES pour une réplication complète d’une base.
9.4.7 Souscrire à la publication
- Souscrire sur s2 à la publication de s1
- Un slot de réplication est créé sur l’origine
- Les données initiales sont immédiatement transférées
Maintenant que le serveur s1 est capable de publier les informations de réplication, le serveur intéressé doit s’y abonner. Lors de la création de la souscription, il doit préciser comment se connecter au serveur origine et le nom de la publication. La création de la souscription ajoute immédiatement un slot de réplication sur le serveur origine. Par défaut, les données initiales de la table t1 sont immédiatement envoyées du serveur s1 vers le serveur s2.
9.4.8 Tests de la réplication complète
- Insertion, modification, suppression sur les différentes tables de s1
- Vérifications sur s2
- toutes doivent avoir les mêmes données entre s1 et s2
Toute opération d’écriture sur la table t1 du serveur s1 doit être répliquée sur le serveur s2. Sur le serveur s1 :
label_t1
Sur le serveur s2 :
count
100
label_t1
9.4.9 Réplication partielle
- Identique à la réplication complète, sauf…
- Créer la publication partielle
- Souscrire sur s3 à cette nouvelle publication de s1
La mise en place d’une réplication partielle est identique à la mise en place d’une réplication complète à une exception près : la publication doit mentionner la liste des tables à répliquer. Chaque nom de
Mise en place : Cela donne donc dans notre exemple :
Il ne reste plus qu’à souscrire à cette publication à partir du serveur s3 avec la requête indiquée. Vérification : Sur s3, nous n’avons que les données des deux tables répliquées :
count
100
count
1000
count
0
À noter que nous avons déjà les données précédemment modifiées :
label_t1
Maintenant, ajoutons une ligne dans chaque table de s1 :
Et vérifions qu’elles apparaissent bien sur s3 pour t1 et t2 , mais pas pour t3 :
label_t1
9.4.10 Réplication croisée
- Écrire sur une table sur s1
- et répliquer sur s4
- Écrire sur une (autre) table sur s4
- et répliquer sur s1
- Pour compliquer :
- on utilisera la table partitionnée
La réplication logique ne permet pas pour l’instant de faire du multi-maîtres pour une même table. Cependant, il est tout à fait possible de croiser les réplications, c’est-à-dire de répliquer un ensemble de tables de serveur s1 (origine) vers s4 (destination), de répliquer un autre ensemble en sens inverse, du serveur s4 vers s1. Pour rendre cela encore plus intéressant, nous allons utiliser la table t3 et ses partitions. Le but est de pouvoir écrire dans la partition t3_1 sur s1 et dans la partition t3_2 sur s4, simulant ainsi une table où il sera possible d’écrire sur les deux serveurs à condition de respecter la clé de partitionnement. Pour le mettre en place, nous allons travailler en deux temps :
- nous allons commencer par mettre en réplication t3_1 ;
- et nous finirons en mettant en réplication t3_2 .
9.4.11 Réplication de t3_1 de s1 vers s4
- Créer la publication partielle sur s1
- Y souscrire sur s4
- Configurer s4 comme serveur origine
- wal_level , pg_hba.conf
Rien de bien nouveau ici, il s’agit d’une réplication partielle. On commence par créer la publication sur le serveur s1 et on souscrit à cette publication sur le serveur s4. Cependant, le serveur s4 n’est plus seulement un serveur destination, il devient aussi un serveur origine. Il est donc nécessaire de le configurer pour ce nouveau rôle. Cela passe par une configuration similaire et symétrique à celle vue pour s1 :
- Fichier postgresql.conf :
(Si ce n’était pas déjà fait, il faudra redémarrer l’instance PostgreSQL sur s4).
- Fichier pg_hba.conf :
(Ne pas oublier de recharger la configuration.)
9.4.12 Réplication de t3_2 de s4 vers s1
- Créer la publication partielle sur s4
- Y souscrire sur s1
Là-aussi, rien de bien nouveau. On crée la publication sur le serveur s4 et on souscrit à cette publication sur le serveur s1.
9.4.13 Tests de la réplication croisée
- Insertion, modification, suppression sur t3 (partition 1) sur s1
- Vérifications sur s4 : les nouvelles données doivent être présentes
- Insertion, modification, suppression sur t3 (partition 2) sur s4
- Vérifications sur s1 : les nouvelles données doivent être présentes
Sur s1 :
Sur s4 :
Sur s1 :
9.4.14 Pg_createsubscriber
- Outil pour PostgreSQL 17 +
- Transforme un réplica physique (arrêté) en serveur abonné
- Une publication et un abonnement par base
- Pour :
- les grosses bases à répliquer intégralement
- version majeure identique
- migration majeure ( pg_createsubscriber + pg_upgrade )
Principe : Cet outil en ligne de commande apparu avec PostgreSQL 17 facilite la création d’une grosse instance en réplication logique. Le principe est de partir d’un serveur secondaire, donc en réplication physique, pour le transformer en instance indépendante et en réplication logique depuis son ancien primaire. Un secondaire physique est facile et rapide à créer, par exemple avec pg_basebackup , ou en restaurant une sauvegarde physique. Une fois la connexion en streaming en place, la copie des données du primaire est complète jusqu’à un point connu dans le flux de journaux. La rapidité de l’outil permet aussi d’éviter d’avoir à réappliquer la masse des modifications survenues pendant la première synchronisation logique des données. Celle-ci pourrait durer des heures, voire des jours et pendant ce temps les slots de réplication logique sur le serveur source sont bloqués, et peuvent accumuler de gros volumes de données. Opérations : Concrètement, une fois que le secondaire physique en place et a rattrapé son retard sur le primaire, il faut l’arrêter, et lancer pg_createsubscriber . Celui-ci a besoin de la connexion au primaire et du chemin de postgresql.conf (s’il n’est pas dans le PGDATA de la cible), et éventuellement de la liste
des bases à répliquer logiquement (par défaut : toutes), ou des noms des slots, abonnements et souscriptions. Après quelques vérifications, l’outil crée une réplication logique par base, donc à chaque fois une publication sur le primaire et une souscription sur le secondaire. Il désactive la réplication physique et change l’identifiant système de l’instance : on obtient donc bien deux instances indépendantes. Le point où la réplication physique s’est arrêtée dans le flux de journaux devient le point de départ de chaque réplication logique, grâce à la fonction pg_replication_origin_advance() 10 Bien sûr, tous les droits et paramétrages nécessaires aux réplications physique et logique doivent avoir été mis en place. Notamment, les nombres de slots et workers sur la source et la cible doivent être montés au moins au nombre de bases de données concernées, sans oublier les workers nécessaires à l’activité habituelle de la source. Il faut éviter de créer des ordres DDL (non répliqués) pendant l’opération. Après conversion, l’instance est totalement répliquée logiquement, et maintient la synchronisation. Si on ne veut pas tout répliquer, il est facile et rapide de supprimer les tables en trop. Pour le détail des vérifications, du paramétrage et du fonctionnement, voir la documentation officielle de pg_createsubscriber 11 . Cas d’utilisation : Pour une petite volumétrie, ou pour répliquer une petite partie d’une grande instance, ou encore si l’instance cible existe déjà, la technique classique est plus recommandée. Une limitation majeure de pg_createsubscriber est que les instances source et la cible, et l’outil lui-même, doivent avoir la même version majeure, et être au moins en version 17 de PostgreSQL. Pour un exemple complet, voir le workshop sur la version 17 12 Couplé à pg_upgrade , pg_createsubscriber peut déjà servir pour des migrations majeures de PostgreSQL 17 vers des versions supérieures (voir plus bas).
- Source 10 : https://docs.postgresql.fr/current/functions-admin.html#PG-REPLICATION-ORIGIN-ADVANCE
- Source 11 : https://docs.postgresql.fr/current/app-pgcreatesubscriber.html
- Source 12 : https://dali.bo/workshop17_html#outil-pg_createsubscriber
9.5 Administration
- Processus
- Fichiers
- Procédures
- Empêcher les écritures sur un serveur destination
- Que faire pour les DDL ?
- Gérer les opérations de maintenance
- Gérer les sauvegardes
Dans cette partie, nous allons tout d’abord voir les changements de la réplication logique au niveau du système d’exploitation, et tout particulièrement au niveau des processus et des fichiers. Ensuite, nous regarderons quelques procédures importantes d’administration et de maintenance.
9.5.1 Processus
- Serveur origine
- wal sender
- Serveur destination
- logical replication launcher
- logical replication worker
Tout comme il existe un processus wal sender communiquant avec un processus wal receiver dans le cadre de la réplication physique, il y a aussi deux processus discutant ensemble dans le cadre de la réplication logique. Le logical replication launcher est toujours exécuté. Ce processus a pour but de demander le lancement d’un logical replication apply worker lors de la création d’une souscription. Ce worker se connecte au serveur origine et applique toutes les modifications dont s1 lui fait part. Si la connexion se passe bien, un processus wal sender est ajouté sur le serveur origine pour communiquer avec le worker sur le serveur destination. Sur notre serveur s2, destinataire pour la publication complète du serveur s1, nous avons les processus suivant : postmaster -D /opt/postgresql/datas/s2 postgres: checkpointer process postgres: writer process postgres: wal writer process postgres: autovacuum launcher process postgres: bgworker: logical replication launcher postgres: bgworker: logical replication apply worker for subscription 16445
Le serveur s1 est origine de trois publications (d’où les 3 wal sender ) et destinataire d’une souscription (d’où le seul logical replication apply worker ). Il a donc les processus suivants :
postmaster -D /opt/postgresql/datas/s1 postgres: checkpointer process postgres: writer process postgres: wal writer process postgres: autovacuum launcher process postgres: bgworker: logical replication launcher postgres: bgworker: logical replication apply worker for subscription 16573 postgres: wal sender process logrepli [local] idle postgres: wal sender process logrepli [local] idle postgres: wal sender process logrepli [local] idle
9.5.2 Synthèse des paramètres sur le serveur origine
Paramètre Valeur
64MB ou plus logical_decoding_work_mem 0 (à ajuster) max_slot_wal_keep_size 0 (à ajuster) idle_replication_slot_timeout
max_wal_senders 10 (parfois à ajuster) max_replication_slots10 (parfois à ajuster)
À part les deux premiers, ces paramètres ont la même utilité que pour une réplication physique. Les valeurs par défaut sont généralement suffisantes, mais doivent parfois être augmentées.
Exception : max_slot_wal_keep_size doit être mis en place à une valeur élevée pour qu’un slot de réplication très en retard ou oublié ne sature le répertoire pg_wal du serveur origine.
9.5.3 Synthèse des paramètres sur le serveur destination
Paramètre Valeur
max_worker_processes 8 (parfois à ajuster) 4 (parfois à ajuster) max_logical_replication_workers 10 (parfois à ajuster) max_active_replication_origins
max_logical_replication_workers spécifie le nombre maximal de workers de réplication logique (leader, parallel, de synchronisation). Ils sont pris dans la réserve définie par max_worker_processes .
Si les valeurs sont trop basses, les réplications seront bloquées. Il faudra augmenter ces valeurs et redémarrer le serveur.
max_active_replication_origins permet de contrôler le nombre d’origine de réplication et donc de souscriptions sur un serveur (à partir de PostgreSQL 18).
9.5.4 Fichiers (serveur origine)
- 2 répertoires importants
- pg_replslot
- slots de réplication
- 1 répertoire par slot (+ slots temporaires)
- 1 fichier state dans le répertoire
- fichiers .spill (volumétrie!)
- pg_logical
- métadonnées
La réplication logique maintient des données dans deux répertoires : pg_replslot et pg_logical . pg_replslot contient un répertoire par slot de réplication physique ou logique. On y trouvera aussi des slots temporaires lors de l’initialisation de la réplication logique. contient aussi le résultat du décodage logique des modifications pour chaque tranpg_replslot saction en cours (fichiers .spill ), lorsque logical_decoding_work_mem n’est pas suffisant et que l’option streaming n’est pas activée. Ce répertoire peut donc atteindre une taille importante si le serveur exécute beaucoup de transactions longues avec du volume en écriture, ou si l’abonné met du temps à répliquer les données. Il est donc important de surveiller la place prise par ce répertoire. pg_logical contient des métadonnées et une volumétrie beaucoup plus faible.
À cela s’ajoutent les journaux de transaction conservés dans pg_wal/ en fonction de l’avancement des slots de réplication.
9.5.5 Empêcher les écritures sur un serveur destination
- Par défaut, toutes les écritures sont autorisées sur le serveur destination
- y compris écrire dans une table répliquée avec un autre serveur comme origine
- Problèmes
- serveurs non synchronisés
- blocage de la réplication en cas de conflit sur la clé primaire
- Solution
- révoquer le droit d’écriture sur le serveur destination
- mais ne pas révoquer ce droit pour le rôle de réplication!
Sur s2, nous allons créer un utilisateur applicatif en lui donnant tous les droits sur les tables répliquées, entre autres :
Maintenant, nous nous connectons avec cet utilisateur et vérifions s’il peut écrire dans la table répliquée :
C’est bien le cas, contrairement à ce que l’on aurait pu croire instinctivement. Le seul moyen d’empêcher ce comportement par défaut est de lui supprimer les droits d’écriture :
L’utilisateur u1 ne peut plus écrire dans les tables répliquées. Sans cette interdiction, on peut arriver à des problèmes très gênants. Par exemple, nous avons inséré dans la table t1 de s2 la valeur 103 :
Cette ligne n’apparaît pas sur s1 :
De ce fait, on peut l’insérer sur la table t1 de s1 :
Et maintenant, on se trouve avec deux serveurs désynchronisés :
- sur s1 :
- sur s2 :
Notez que le contenu de la colonne label_t1 n’est pas identique sur les deux serveurs. Ce n’est pas le seul problème : cette valeur insérée sur s1 va devoir être répliquée. Le processus de réplication logique n’arrive alors plus à appliquer les données sur s2, avec ces messages dans les traces : LOG:logical replication apply worker for subscription “subscr_complete” has started ERROR: duplicate key value violates unique constraint “t1_pkey” DETAIL: Key (id_t1)=(103) already exists. LOG:worker process: logical replication worker for subscription 16445 (PID 31113) exited with exit code 1
Il faut corriger manuellement la situation, par exemple en supprimant la ligne de t1 sur le serveur s2 :
Au bout d’un certain temps, le worker est relancé, et la nouvelle ligne est finalement disponible :
Dans des cas plus complexes et avec plus de données, la réconciliation des données peut devenir très complexe et chronophage.
9.5.6 Que faire pour les DDL?
- Les opérations DDL ne sont pas répliquées
- De nouveaux objets?
- les déclarer sur tous les serveurs du cluster de réplication
- tout du moins, ceux intéressés par ces objets
- Changement de définition des objets?
- à réaliser sur chaque serveur
Seules les opérations DML sont répliquées pour les tables ciblées par une publication. Toutes les opérations DDL sont ignorées, que ce soit l’ajout, la modification ou la suppression d’un objet, y compris si cet objet fait partie d’une publication.
Il est donc conseillé que toute modification de schéma soit effectuée sur toutes les instances d’un cluster de réplication. Ce n’est cependant pas requis. Il est tout à fait possible d’ajouter un index sur un serveur sans vouloir l’ajouter sur d’autres. C’est d’ailleurs une des raisons de passer à la réplication logique. Par contre, dans le cas du changement de définition d’une table répliquée (ajout ou suppression d’une colonne, par exemple), il est nettement préférable de réaliser cette opération sur tous les serveurs intégrés dans cette réplication.
9.5.7 Que faire pour les nouvelles tables?
- Créer la table sur origine et destination
- Éviter de modifier la publication à chaud
- bug d’invalidation du cache corrigé (≥ source v13)
- Publication FOR ALL TABLES / FOR TABLES IN SCHEMA
- prise en compte automatique ajouter la table aux souscriptions concernées : – origine
La création d’une table est une opération DDL. Elle est donc ignorée dans le contexte de la réplication logique. Si l’on veut la répliquer, il faut d’abord créer la table manuellement dans la base destinataire. Puis, plusieurs cas se présentent :
- si la publication a été définie FOR ALL TABLES , la nouvelle table sera prise en compte immédiatement;
- si la publication a été définie FOR ALL TABLES IN SCHEMA , et que la nouvelle table est dans le bon schéma, elle sera aussi prise en compte;
- si la publication liste les tables une à une, il va falloir l’ajouter manuellement à la publication ainsi :
Dans les deux cas, sur les serveurs destinataires, il va falloir rafraîchir les souscriptions :
Si l’on a oublié de créer la table sur le destinataire, cela provoquera une erreur : ERROR: relation “public.t4” does not exist
Si la publication contient des tables partitionnées, la même commande doit être exécutée lorsque l’on ajoute ou retire des partitions à une de ces tables partitionnées. Il est possible d’ajouter une table à une publication définie sur un schéma différent avec FOR ALL TABLES IN SCHEMA .
Exemple :
Sur le serveur origine s1, on crée la table t4 , on lui donne les bons droits, et on insère des données :
– optionnel pour les publications table à table
Sur le serveur s2, on regarde le contenu de la table t4 :
La table n’existe pas. En effet, la réplication logique ne s’occupe que des modifications de contenu des tables, pas des changements de définition. Il est donc nécessaire de créer la table sur le serveur destination, ici s2 :
Elle ne contient toujours rien. Ceci est dû au fait que la souscription n’a pas connaissance de la réplication de cette nouvelle table. Il faut donc rafraîchir les informations de souscription :
id_t4
Depuis sa création en version 10 et longtemps après, la réplication logique ne provoquait pas d’invalidation du cache des transactions en cours d’exécution alors que
étaient exécutées. Un correctif n’a été publié qu’en mai 2025 (versions 17.5, 16.9, 15.13, 14.18, 13.21). Le correctif est partiel sur PostgreSQL 13.21. Ce bug ne sera jamais corrigé sur les versions alors non supportées (avant PostgreSQL 13). L’impact de ce bug est, par exemple, que lorsque des transactions sont en cours et qu’une commande modifie une publication en y retirant ou ajoutant une table, la réplication logique peut continuer à répliquer des données alors que la table n’est plus dans la publication (et inversement!). D’autres opérations sur la publication sont également concernées, comme son renommage. Un contournement pour éviter ce problème est d’éviter d’exécuter ces commandes DDL alors que la base de données est sollicitée. Il faut donc privilégier une plage de maintenance pour ces opérations.
(Pour les détails, voir la discussion sur pgsql-hackers 13 , le correctif pour versions 14 et plus 14 , et le correctif pour la version 13 15 .)
9.5.8 Comment ajouter une nouvelle colonne?
- Ajouter la colonne sur l’abonné
- Puis ajouter la colonne sur le publieur
- Si le contraire : pas grave, la réplication reprendra une fois les colonnes ajoutées
Un publieur qui a une table avec plus de colonnes qu’un abonné posera problème à la première insertion de ligne ou modification de la colonne, et ce message apparaîtra dans les traces : ERROR: logical replication target relation “public.t4” is missing replicated column: “c9”
Le contraire n’est pas vrai : un abonné peut avoir une table ayant plus de colonnes que la même table sur le publieur. C’est un des intérêts de la réplication logique. Les colonnes n’ont pas non plus besoin d’être dans le même ordre sur les deux instances. Il est donc conseillé d’ajouter la nouvelle colonne sur l’abonné en premier lieu, puis de faire la même opération sur le publieur. Si jamais vous faites l’opération dans le sens inverse et qu’une ligne est insérée avant avoir terminé l’opération, la réplication sera en erreur jusqu’à ce que l’opération soit terminée.
- Source 13 : https://www.postgresql.org/message-id/flat/de52b282-1166-1180-45a2-8d8917ca74c6@enterprisedb.com
- Source 14 : https://git.postgresql.org/gitweb/?p=postgresql.git;a=commitdiff;h=4909b38af034fa4d2c67c5c71fd8509f870c1695
- Source 15 : https://git.postgresql.org/gitweb/?p=postgresql.git;a=commitdiff;h=247ee94150b6fe8906da51afadbedf8acf3c17cf
9.5.9 Comment supprimer une colonne?
- Supprimer la colonne sur le publieur
- Supprimer la colonne sur l’abonné
- Si le contraire : pas grave, la réplication reprendra une fois les colonnes supprimées
Comme indiqué ci-dessus, une table peut avoir plus de colonnes sur l’abonné, mais pas sur le publieur. De ce fait, pour supprimer une colonne, il convient de commencer par la supprimer sur le publieur, puis de la supprimer sur l’abonné.
Si jamais vous faites l’opération dans le sens inverse et qu’une ligne est insérée avant la fin de l’opération, la réplication sera en erreur jusqu’à ce que l’opération soit terminée.
9.5.10 Comment ajouter une nouvelle contrainte?
- Ajouter la contrainte sur le publieur
- Ajouter la contrainte sur l’abonné
- Si incohérence : bloquage de la réplication
L’ajout d’une contrainte identique sur les deux machines doit se faire d’abord sur le primaire. Sans cela, il y a une fenêtre pour que de nouvelles données violant cette contrainte soient insérées dans l’origine et bloquent la réplication.
Ajoutons que les contraintes ne sont pas obligatoirement les mêmes sur l’origine et la destination. Pour faciliter l’administration, c’est tout de même conseillé. Rappelons qu’une clé primaire ou unique est nécessaire pour repérer plus efficacement les lignes.
En cas de différence, il vaut donc mieux que les contraintes les plus strictes soient posées sur le publieur. Une ligne insérée sans problème sur l’origine et violant une contrainte sur la destination bloquera la réplication.
9.5.11 Comment corriger une erreur de réplication?
- Si les données diffèrent entre les serveurs, il faut corriger manuellement les données
- Si blocage
- publication arrêtée
- pas de recyclage des journaux → accumulation → danger!
- Puis, avancer le pointeur du slot de réplication
- fonction pg_replication_slot_advance()
- outil pg_waldump ou extension pg_walinspect
Voici un exemple complet de correction d’une erreur de réplication. Commençons par mettre en place une réplication logique entre deux serveurs s1 (port 5432) et s2 (port 5433). Cette réplication prend en compte la seule table de la base tests1. Dans la base tests1 sur le publieur (s1) :
Dans la base tests1 sur l’abonné (s2) :
À partir de maintenant, toute écriture sur s1 sera lisible aussi sur s2 :
You are now connected to database “tests1” as user “postgres” via socket in “/tmp” at port “5432”.
You are now connected to database “tests1” as user “postgres” via socket in “/tmp” at port “5433”.
Ajoutons maintenant une contrainte sur l’abonné :
You are now connected to database “tests1” as user “postgres”.
Tout ajout se passera bien, sur s1 et s2, tant que la contrainte est respectée :
You are now connected to database “tests1” as user “postgres” via socket in “/tmp” at port “5432”.
You are now connected to database “tests1” as user “postgres” via socket in “/tmp” at port “5433”.
Par contre, si la contrainte n’est pas respectée, l’ajout se fera uniquement sur s1 (qui n’a pas la contrainte) :
You are now connected to database “tests1” as user “postgres” via socket in “/tmp” at port “5432”.
You are now connected to database “tests1” as user “postgres” via socket in “/tmp” at port “5433”.
Les traces du serveur s2 nous expliquent pourquoi : LOG:logical replication apply worker for subscription “sub1” has started ERROR: new row for relation “t1” violates check constraint “t1_c2_check” DETAIL: Failing row contains (11, 11). CONTEXT: processing remote data for replication origin “pg_16390” during message type “INSERT” for replication target relation “public.t1” in transaction 748, finished at 0/1C442C8 LOG:background worker “logical replication worker” (PID 194674) exited with exit code 1
Ce message sera répété tant que l’erreur ne sera pas corrigée.
De plus, aucune autre donnée de réplication ne passera par ce slot de réplication tant que l’erreur n’est pas corrigée.
Par exemple, ces cinq lignes sont bien insérées dans la table t1 du serveur s1 mais pas dans celle du serveur s2 :
You are now connected to database “tests1” as user “postgres”.
You are now connected to database “tests1” as user “postgres” via socket in “/tmp” at port “5433”.
Ceci est très problématique, car les journaux de transactions ne pourront pas être recyclés sur le serveur s1 tant que le problème n’est pas réglé. Pour éviter une perte du service sur s1, il est donc essentiel de corriger le problème le plus rapidement possible.
Supprimer la contrainte résoudrait facilement et rapidement le problème… si la contrainte n’avait pas lieu d’être. Si, au contraire, cette contrainte est nécessaire, et si nous avons seulement oublié de l’ajouter sur le serveur s1, il faut pouvoir supprimer la ligne 11 sur s1, ajouter la contrainte sur s1 et reprendre la réplication sur s2. Voyons comment faire cela. La suppression de la ligne 11 est simple. Profitons-en en plus pour récupérer l’identifiant de transaction qui a créé la ligne :
You are now connected to database “tests1” as user “postgres” via socket in “/tmp” at port “5432”.
xmin
748
You are now connected to database “tests1” as user “postgres” via socket in “/tmp” at port “5433”.
La ligne 11 est bien supprimée du serveur s1 mais ça n’a pas débloqué pour autant la situation sur
le serveur s2. C’est normal. L’information d’ajout de la ligne est dans les journaux disponibles sur le serveur s2. Supprimer la ligne sur s1 ne supprime pas l’enregistrement de l’insertion préalable de cette ligne des journaux de transactions. En attendant, ajoutons la contrainte sur s1 pour ne plus avoir de « mauvaises » données insérées puis répliquées :
You are now connected to database “tests1” as user “postgres”.
Rétablissons maintenant la réplication sur le serveur s2. Nous ne voulons pas appliquer l’enregistrement qui insère la ligne 11 sur le serveur s2. (Sinon il serait possible de lever temporairement la contrainte, et laisser la ligne 11 s’insérer; puis le DELETE ci-dessus s’appliquerait, et on pourrait remettre la contrainte en place sur s2.) Pour cela, il faut pouvoir avancer le pointeur du prochain enregistrement à rejouer pour notre slot de réplication. Il existe une fonction dédiée : pg_replication_slot_advance() . Cette fonction prend en premier argument le nom du slot de réplication à modifier, et en deuxième argument la nouvelle position dans les journaux de transactions. Il va donc falloir trouver l’emplacement suivant dans la transaction qui a insérée cette ligne 11. Nous savons à quel emplacement le slot est bloqué grâce à la vue pg_replication_slots et son champ confirmed_flush_lsn , qui indique le dernier enregistrement reçu, mais pas forcément appliqué :
confirmed_flush_lsn
0/1C44248
Maintenant, il faut décoder les enregistrements après cet emplacement. Un premier outil pour ce faire est pg_waldump , en ligne de commande.
Un autre outil est l’extension pg_walinspect , apparue en version 15, qui permet d’interroger les journaux via du SQL, ce qui est bien plus souple. Il faut que les journaux soient encore sur le disque de l’instance, ce qui devrait être le cas avec une réplication logique bloquée. Voici ce que nous donne la fonction pg_get_wal_records_info() de cette extension pour les enregistrements allant de 0/1C40ED0 à la dernière position :
FROM pg_get_wal_records_info(‘0/1C44248’, pg_current_wal_lsn()) \gx
[…]
Les trois premiers enregistrements concernent la transaction 748 (colonne xid ). C’est bien cette transaction qui a ajouté la ligne 11, comme nous l’indiquait le résultat de la requête DELETE ainsi que le message dans les traces de PostgreSQL indiqué plus haut. Le premier enregistrement indique une insertion ( record_type à INSERT sur la table référencée 1663/16384/16389 (colonne block_ref ). Le premier numéro est l’OID du tablespace, le deuxième numéro est l’OID de la base de données et le dernier numéro est le refilenode de la table. Il se trouve que la table t1 a comme relfilenode 16389 :
relfilenode
16389
Le deuxième enregistrement indique une écriture dans un index B-tree. Il s’agit de l’index lié à la clé primaire sur la table t1 . Enfin, le troisième enregistrement concerne la validation de la transaction. La transaction 748 s’arrête à l’emplacement 0/1C442F8 . Nous devons donc avancer le slot de réplication sub1 à cet emplacement :
(sub1,0/1C442F8)
You are now connected to database “tests1” as user “postgres” via socket in “/tmp” at port “5433”.
Nous pouvons voir que la réplication a repris immédiatement et que les deux tables contiennent les mêmes données. Et on peut de nouveau ajouter des données :
You are now connected to database “tests1” as user “postgres” via socket in “/tmp” at port “5432”.
You are now connected to database “tests1” as user “postgres” via socket in “/tmp” at port “5433”.
9.5.12 Gérer les opérations de maintenance
- À faire séparément sur tous les serveurs
- VACUUM , ANALYZE , REINDEX
Dans la réplication physique, les opérations de maintenance ne sont réalisables que sur le serveur primaire, qui va envoyer le résultat de ces opérations aux serveurs secondaires. Ce n’est pas le cas dans la réplication logique. Il faut bien voir les serveurs d’une réplication logique comme étant des serveurs indépendants les uns des autres. Donc il faut configurer leur maintenance, avec les opérations VACUUM , ANALYZE , REINDEX , comme pour n’importe quel serveur PostgreSQL.
9.5.13 Gérer les sauvegardes & restaurations logiques
- pg_dumpall et pg_dump
- sauvegardent publications et souscriptions
- options –no-publications et –no-subscriptions
- Restauration d’une publication :
- nouveau slot de réplication!
- réconciliation de données à prévoir
- Restauration d’un abonnement :
- ENABLE et REFRESH PUBLICATION
- reprendre à zéro la copie… ou copier manuellement ?
Les sauvegardes logiques incluent les publications et souscriptions. Deux options ( –no-publications et –no-subscriptions ) permettent de les exclure. Par contre, les slots de réplication liées aux publications, et leur position dans le flux de transaction, ne sont pas sauvegardés. Cela peut poser problème pour une restauration sans perte. Après une restauration, il faudra soigneusement vérifier dans les traces que les réplications logiques ont repris leur fonctionnement, et qu’il n’y a pas de perte dans les données transmises. Restauration d’une publication Voici l’ordre SQL exécuté pour la restauration d’une publication complète :
Et ceux correspondant à la restauration d’une publication partielle :
La publication sera fonctionnelle, mais il peut être délicat d’y raccrocher les abonnements existants. Selon ce qui s’est passé, le slot de réplication a souvent disparu, et il peut être plus simple de recréer ces abonnements.
Si le slot manque, le recréer sur l’instance d’origine est possible :
Ces opérations sont obligatoirement manuelles. De toute façon, il faudra se poser la question de la resynchronisation des données. Généralement, l’origine aura été restaurée dans un état antérieur à celui déjà répliqué : les données répliquées à présent absentes de l’origine sont-elles toutes à conserver? Comment gérer les clés primaires qui vont souvent entrer en conflit?
Restauration d’une souscription
Pour une souscription, l’ordre SQL dans la sauvegarde est :
Contrairement à l’ordre exécuté manuellement à la création, celui-ci précise le nom du slot de réplication (au cas où il aurait été personnalisé) et désactive la connexion immédiate. Cette désactivation a pour effet de désactiver la souscription, de ne pas créer le slot de réplication et d’empêcher la copie initiale des données (dont nous n’avons pas besoin étant donné que nous les avons dans la sauvegarde, au moins en partie).
Une réplication restaurée est donc par défaut inactive. Une fois la sauvegarde restaurée et les vérifications nécessaires effectuées, il est possible d’activer la souscription et de la rafraîchir :
Ces opérations sont obligatoirement manuelles.
La restauration logique d’un abonnement revient à en créer un nouveau, et ne permet pas de savoir où la copie s’était arrêtée auparavant dans le flux des transactions : la copie des données sera intégralement relancée. Sans autre opération, et si le contenu des tables répliquées a été restauré, le contenu déjà présent bloquera la réplication (s’il y a une clé primaire) ou se retrouvera en double (sans clé primaire). Il peut être plus simple de ne pas restaurer les données sur la destination, ou de tronquer les tables avant le ENABLE , pour reprendre la copie à zéro. Une alternative est de ne pas effectuer la copie initiale :
auquel cas on risque d’avoir un « trou » entre les données restaurées et celles qui vont apparaître sur le publieur ; qu’il faudra corriger à la main dans les nombreux cas où cela est important.
9.5.14 Gérer les bascules & les restaurations physiques
Comme pour la réplication physique :
- Sauvegarde PITR
- publications et souscriptions
- slots?
- Slots perdus et « trous » dans la réplication si :
- bascule origine
- restauration origine
- restauration destination
- Contrôle délicat!
- interdire les écritures à ces moments?
- Bascule de la destination
- si propre, devrait mieux se passer
Pendant ces opérations, il est fortement conseillé d’interdire les écritures dans les tables répliquées pour avoir une vision claire de ce qui a été répliqué et ne l’a pas été. Les slots doivent souvent être reconstruits, et il faut éviter que les tables soient modifiées entre-temps. Restauration de l’instance d’origine : Cela dépend de la méthode de sauvegarde/restauration utilisée, mais la restauration du serveur origine ne conserve généralement pas les slots de réplication (qui sont périmés de toute façon). Il faudra recréer les slots, peut-être recréer les souscriptions, et pendant ce temps des trous dans les données répliquées peuvent apparaître, qu’il faudra vérifier ou corriger manuellement. Bascule de l’instance d’origine :
Ici, l’instance d’origine est arrêtée et un de ses secondaires est promu comme nouveau serveur principal. Les slots de réplication étant propres à une instance, il ne seront pas disponibles immédiatement sur la nouvelle origine. Il faudra aussi reparamétrer la connexion des abonnements. Il y a donc à nouveau un risque sérieux de perdre au moins quelques données répliquées. Restauration de l’instance de destination : Un slot de réplication sur l’origine garantit seulement que les journaux seront toujours disponibles pendant une indisponibilité du souscripteur. Ils ne permettent pas de revenir sur des données déjà répliquées. En redémarrant, les abonnements vont tenter de se raccrocher au slot de réplication de l’origine, ce qui fonctionnera, mais ils ne recevront que des données jamais répliquées. Là encore des « trous » dans les données répliquées peuvent apparaître si l’instance destination n’a pas été restaurée dans un état suffisamment récent! Bascule de l’instance destination : C’est le cas le plus favorable. Si la bascule s’est faite proprement sans perte entre l’ancienne destination et la nouvelle, il ne devrait pas y avoir de perte de données répliquées. Cela devra tout de même faire partie des contrôles. Mise à jour majeure par pg_upgrade : pg_upgrade ne sait pas conserver les slots de réplication quand il migre une instance, origine ou destination, qui n’est pas au moins en version 17 au départ (donc vers une version 18 ou supérieure). La réplication logique est alors à reconstruire.
9.5.15 Réplication logique depuis un secondaire comme origine
- Depuis PostgreSQL 16
- wal_level = logical sur le secondaire/origine
- Création de la publication toujours sur le primaire
- Le secondaire porte le slot et décode
- Latence supplémentaire
La réplication logique ne peut se faire depuis un serveur secondaire (lui-même en réplication physique) que si l’origine de la réplication logique (secondaires et primaire) est au moins sous PostgreSQL 16, mais pas forcément le destinataire.
La situation devient plus complexe, car on a deux modes de réplication (physique et logique). Il faut bien distinguer les trois instances primaire, secondaire/origine et destination.
Rappelons que les slots de réplication sont propres à une instance, qu’elle soit secondaire ou primaire. Le slot de réplication logique et le walsender associé sont à créer sur le serveur secondaire (origine), qui procédera au décodage logique, stockera les journaux au besoin, etc. et enverra les informations à l’instance destinataire. Comme le secondaire est en lecture seule, il faudra continuer à créer et détruire les publications sur le primaire. Le primaire ne verra aucun slot de réplication et ne connaîtra rien de l’instance abonnée destinatrice. Latence : Évidemment, la réplication logique est tributaire des délais (voire pause) dans le rejeu des journaux sur le secondaire, et la latence peut en souffrir. En cas de complète inactivité du primaire, la fonction suivante, exécutée sur le primaire, permet d’envoyer immédiatement dans les journaux le nécessaire pour une synchronisation des réplications logiques :
Promotion : Si le serveur secondaire origine est promu et devient un primaire, la réplication logique qui y est attachée fonctionne toujours.
9.5.16 Combien de réplications logiques?
- 1 publication logique = 1 walsender + 1 slot par abonné
- Chaque worker doit décoder les WAL
- attention au CPU et à la RAM!
- Risques de slots bloqués
- Contournements :
- regrouper les réplications
- réplication depuis un secondaire
- streaming = on
Il est possible de monter à plusieurs dizaines, voire une centaine, le nombre de réplications logiques depuis un même serveur origine. Chaque publication nécessite donc un walsender et un slot par abonné sur la source. Sur la destination apparaît un logical replication apply worker pour chaque abonnement. D’autres processus peuvent aussi apparaître pendant la synchronisation ( table synchronization worker ) ou en cas d’application en parallèle des transactions ( parallel apply worker ). On évitera donc de multiplier les réplications inutiles (par exemple en répliquant un schéma entier plutôt que chaque table séparément).
Il faudra parfois monter max_wal_senders et max_replication_slots sur le publieur, mais il n’y a pas besoin de monter max_connections . Sur la destination, il faudra vérifier max_replication_slots , max_logical_replication_workers , voire max_worker_processes . max_sync_workers_per_subscription ou (initialisation et parallélisation) peuvent max_parallel_apply_workers_per_subscription consommer encore d’autres workers. Prévoir donc de la marge. Et il faut être conscient que chaque worker doit décoder le flux de journaux communs, ne serait-ce que pour chercher ce qui l’intéresse. Il y a donc un coût en CPU et en RAM, voire en disque lors de transactions longues. Dans ce dernier cas, il faudra arbitrer entre l’impact sur la RAM et la création de fichiers temporaires sur disque avec le paramètre logical_decoding_work_mem , et penser à activer l’option streaming = on . S’il n’y a pas d’abonnement actif sur les tables répliquées, la consommation de ressources sera faible. Par contre, la présence de nombreux serveurs abonnés augmente le risque que certains slots bloquent le recyclage des journaux. Il vaut mieux définir un seuil maximal avec le paramètre max_slot_wal_keep_size , au prix de la désynchronisation de la réplication logique.
Depuis PostgreSQL 16, l’utilisation d’un serveur secondaire dédié est une option intéressante pour ce cas d’usage. Enfin, le paramètre idle_replication_slot_timeout peut être utilisé pour invalider les slots s’ils sont inactifs pendant une période configurable. Voir cette discussion sur plgsql-general en janvier 2024 16 .
9.6 Supervision
- Méta-données
- Statistiques
- Outils
9.6.1 Catalogues systèmes - méta-données
- pg_publication
- définition des publications
- \dRp sous psql
- pg_publication_tables
- tables ciblées par chaque publication
- pg_subscription
- définition des souscriptions
- \dRs sous psql
Dans la base origine : Le catalogue système pg_publication contient la liste des publications, avec leur méta-données :
Le catalogue système pg_publication_tables contient une ligne par table par publication :
publi_complete
publi_complete
publi_complete
publi_complete
publi_complete
On peut en déduire deux versions abrégées :
- la liste des tables par publication :
FROM pg_publication_tables GROUP BY pubname ORDER BY pubname ;
- la liste des publications par table :
FROM pg_publication_tables GROUP BY tablename ORDER BY tablename ;
Dans la base destinataire, il y a aussi un catalogue système contenant la liste des souscriptions :
9.6.2 État de la réplication
Dans la base destination :
- pg_subscription_rel
- statut de la copie/synchronisation
- La réplication fonctionne-t-elle?
- il y aura toujours un retard
- calcul par les LSN
Suivre l’état de la réplication logique par la suite est assez délicat. Les slots ou processus conservent et indiquent essentiellement des positions dans le flux des journaux de transaction de l’origine (LSN, pour Log Sequence Number, ou Numéro de Séquence de Journal). Ce flux avance à la moindre activité en écriture, y compris sur des tables non répliquées, des tables système, ou pour un simple VACUUM . La destination a son propre flux de journaux indépendant.
Sur un serveur actif, il devient compliqué de savoir où en est le retard. Il est fréquent de regarder les données elles-mêmes pour contrôler que les dernières lignes insérées sont bien là.
Depuis l’abonné, l’état de la synchronisation peut d’abord se suivre avec la table pg_subscription_rel 17 . Il faut être dans la bonne base de données. Il y a une ligne par abonnement et par table. Chaque table passe différents statuts : initialisation, copie, fin de copie, synchronisation, prête.
Dans l’exemple suivant, les tables suivantes sont pour la plupart en attente de copie. La copie de quatre tables est terminée, une est en cours, une vient tout juste de finir.
CASE srsubstate WHEN ‘r’ THEN ‘ready!’ WHEN ‘i’ then ‘initialize…’ WHEN ’d’ THEN ‘copying…’ WHEN ‘f’ THEN ‘copy finished’ WHEN ’s’ THEN ‘synchronized’ END AS etat, srsublsn FROM pg_subscription_rel pgr INNER JOIN pg_subscription s ON (s.oid=srsubid) ORDER BY srsubstate, srrelid::regclass;
Une fois la synchronisation initiale terminée et la réplication en place, les tables passent toutes en statut r (ready), et srsublsn (un LSN) n’est plus rempli par la suite.
Le statut ready ne signifie pas que le retard de données est rattrapé (il peut même être énorme), juste que la synchronisation a réussi et que la réplication fonctionne.
9.6.3 Vues statistiques (origine)
Sur l’origine :
- pg_stat_replication
- lag, retards, statut…
- pg_replication_slots
- slots de réplication : statut
- pg_stat_replication_slots
- volumes écrits/envoyés en streaming via les slots de réplication logique
pg_stat_replication : Le retard de réplication est visible ou calculable en utilisant les informations de la vue pg_stat_replication 18 sur le serveur origine. On y trouvera les réplications physiques et logiques. L’exemple suivant indique trois réplications logiques fonctionnelles (état streaming ).
client_hostname
backend_start
backend_xmin
sync_priority
-[ RECORD 2 ]—-+——————————
- Source 18 : https://docs.postgresql.fr/current/monitoring-stats.html#MONITORING-PG-STAT-REPLICATION-VIEW
client_hostname
backend_start
backend_xmin
sync_priority
client_hostname
backend_start
backend_xmin
sync_priority
Il y a quelques pièges dans le cas de la réplication logique :
- les champs *_lag (en secondes) peuvent être nulls ou vides alors que la réplication des données a du retard : il vaut mieux calculer la volumétrie à calculer à partir des LSN, avec
- ces volumétries ne sont pas forcément significatives en réplication logique, car celle-ci ne retransmet pas une grande partie de l’activité;
- lors des phases de synchronisation, il peut y avoir plusieurs connexions transitoires pour un même abonnement, avec des noms comme pg_16512_sync_16417_7473088524464008770 avec state à startup notamment;
- un état catchup peut aussi apparaître lors d’un rattrapage après déconnexion;
- si les secondaires (physique ou logique) sont déconnectés, la table est vide, il vaut mieux alors surveiller les vues sur les slots;
pg_replication_slots : La vue pg_replication_slots 19 est complémentaire de pg_stat_replication car elle contient des statuts :
…
indique l’endroit du flux de journaux à partir duquel la réplication logique a encore restart_lsn besoin des journaux de l’origine. La volumétrie peut se calculer ainsi :
FROM pg_replication_slots \gx
-[ RECORD 1 ]———-slot_name
active_pid
retard_vol
pg_stat_replication_slots : La vue pg_stat_replication_slots 20 , permet de suivre les volumétries (octets, nombre de transactions) écrites sur disque (spilled) ou envoyées en streaming, pour chaque slot :
spill_txns
spill_count
spill_bytes
stream_txns
total_txns
total_bytes
stats_reset
- Source 19 : https://docs.postgresql.fr/current/view-pg-replication-slots.html
- Source 20 : https://docs.postgresql.fr/current/monitoring-stats.html#MONITORING-PG-STAT-REPLICATION-SLOTS-VIEW
9.6.4 Vues statistiques (destination)
Dans la destination :
- pg_stat_subscription
- état des souscriptions
- pg_replication_origin_status
- statut des origines de réplication
- pg_stat_database_conflicts (si origine est un secondaire)
L’état des souscriptions est disponible sur les serveurs destination à partir de la vue pg_stat_subscription 21 :
last_msg_send_time
received_lsn est le dernier LSN du serveur origine (qui n’a rien à voir avec les LSN générés sur l’abonné) reçu, et à rapprocher de la valeur courante sur l’origine. L’abonné informe périodiquement le serveur origine du LSN atteint ( latest_end_lsn ), qui est forcément toujours un peu en retard par rapport au précédent dans une base active. Conflits de réplication sur un secondaire origine d’une réplication logique : Depuis PostgreSQL 16, un secondaire peut être origine d’une réplication logique. Comme dans une réplication physique classique, il devient alors possible d’avoir des conflits de réplication. Un conflit de réplication apparaît quand le primaire physique envoie des modifications sur des lignes que le secondaire aurait voulu garder encore un temps pour des requêtes en cours, ou ses abonnés. Dans une réplication physique classique, le conflit entraîne « juste » l’arrêt des requêtes sur le secondaire qui gênent la réplication. Mais si le secondaire est origine d’une réplication logique, celle-ci peut décrocher. Le problème apparaît surtout lors d’une modification dans le schéma de données. Le slot de réplication est alors invalidé, et le message suivant apparaît dans les traces de la destination :
- Source 21 : https://docs.postgresql.fr/current/monitoring-stats.html#MONITORING-PG-STAT-SUBSCRIPTION
L’option disable_on_error sur la souscription permet d’éviter qu’elle ne tente de se reconnecter en boucle. Le plus propre est de sécuriser la réplication entre primaire et secondaire physiques, en passant hot_standby_feedback à on sur le secondaire. Cela implique qu’un retard sur l’abonné du secondaire va se répercuter jusqu’au primaire physique, il faut donc toujours sécuriser le primaire en mettant un seuil dans max_slot_wal_keep_size .
Les conflits de réplication, physiques ou logiques, sont tracés dans la table pg_stat_database_conflicts du secondaire physique.
9.6.5 Outils de supervision
- check_pgactivity
- replication_slots
- check_postgres
- same_schema
Il est possible de surveiller le retard de réplication via l’état des slots de réplication, comme le propose l’outil check_pgactivity 22 Ici, il n’y a pas de retard sur la réplication, pour les trois slots :
Service : POSTGRES_REPLICATION_SLOTS Returns : 0 (OK) Message : Replication slots OK Perfdata : subscr_complete_wal=0File Perfdata : subscr_complete_spilled=0File Perfdata : subscr_t3_1_wal=0File Perfdata : subscr_t3_1_spilled=0File Perfdata : subscr_partielle_wal=0File Perfdata : subscr_partielle_spilled=0File
Faisons quelques insertions après l’arrêt de s3 (qui correspond à la souscription pour la réplication partielle) :
L’outil détecte bien que le slot subscr_partielle a un retard conséquent (8 journaux de transactions) et affiche le nombre de fichiers de débordement créés :
Service : POSTGRES_REPLICATION_SLOTS Returns : 0 (OK) Message : Replication slots OK Perfdata : subscr_t3_1_wal=8File
- Source 22 : https://github.com/OPMDG/check_pgactivity
Perfdata : subscr_t3_1_spilled=0File Perfdata : subscr_partielle_wal=8File Perfdata : subscr_partielle_spilled=9File Perfdata : subscr_complete_wal=8File Perfdata : subscr_complete_spilled=9File
Il est aussi possible d’utiliser l’action same_schema avec la sonde Nagios check_postgres 23 pour détecter des différences de schémas entre deux serveurs (l’origine et une destination).
- Source 23 : https://bucardo.org/check_postgres/
9.7 Migration majeure par réplication logique
- Possible entre versions 10 et supérieures
- Remplace la réplication par trigger (Slony, Bucardo…)
- Bascule très rapide
- Et retour possible
- Des limitations
- Futur : pg_createsubscriber + pg_upgrade (>v17)
La réplication logique rend possible une migration entre deux instances de version majeure différente avec une indisponibilité très courte. La base à migrer doit être en version 10 ou supérieure. La technique existe depuis longtemps, d’abord avec des outils de réplication par trigger comme Slony ou Bucardo (qui sont abandonnés).
Le principe est de répliquer une base à l’identique vers la nouvelle instance pendant que la production tourne, donc sans contrainte de temps majeure. Une fois les deux bases synchronisées, la bascule est très rapide : il suffit d’attendre que les toutes dernières données soient répliquées, et de connecter les applications au nouveau serveur. La réplication peut même être inversée pour garder l’ancienne production synchrone, permettant de rebasculer dessus en cas de problème, sans perdre les données modifiées depuis la bascule.
Les étapes sont :
- copie des structures et des objets globaux concernés;
- mise en place d’une publication sur la source et d’un abonnement sur la cible ;
- suivi de la réplication (lag entre les serveurs);
- arrêt des connexions applicatives;
- attente de la fin de la réplication logique;
- isolation de la base source des connexions applicatives ;
- synchronisation manuelle des valeurs des séquences (non répliquées) ;
- suppression de la publication et de l’abonnement;
- éventuellement création d’un abonnement et d’une publication en sens inverse;
- ouverture de la base cible aux applications.
Les restrictions liées à la réplication logique subsistent :
- les modifications de schéma effectuées pendant la synchronisation ne sont pas répliquées (cela est problématique si l’application elle-même effectue du DDL sur des tables non temporaires);
- les TRUNCATE depuis une base v10 ne sont pas répliqués;
- les Large objects et les séquences ne sont pas répliqués;
- il est fortement conseillé que toutes les tables aient des clés primaires;
- la réplication fonctionnant uniquement pour les tables « de base », les vues matérialisées sont à reconstruire sur la cible.
Cette méthode reste donc plus complexe et fastidieuse qu’une migration par pg_dump / pg_restore ou pg_upgrade . Migration majeure logique avec pg_createsubscriber : pg_createsubscriber peut servir pour des migrations majeures depuis PostgreSQL 17 (au moins) vers des versions 18 ou plus, avec une interruption de service minimale. pg_createsubscriber transforme un secondaire physique (de version identique à son primaire, facile et rapide à créer) en un réplica logique. C’est une instance indépendante qui peut être mise à jour avec pg_upgrade , tout en restant en réplication logique. En effet, pg_upgrade migre les slots de réplication logique (là encore si l’instance d’origine est au moins en version 17, qu’elle soit publieur 24 ou abonnée 25 , les versions précédentes de pg_upgrade obligent à resynchroniser les slots.) On s’épargne ainsi la complexe, délicate et longue synchronisation logique entre les deux serveurs. S’il faut réindexer (à cause d’un changement d’OS ou de glibc…), ce peut être fait sur le réplica, sans pression temporelle excessive, avant la bascule vers le nouveau serveur. Les Large Objects sont copiés par la réplication physique, ce qui peut être utile, mais la réplication logique ne les maintient pas!
- Source 24 : https://docs.postgresql.fr/current/pgupgrade.html#:~:text=mise%20%C3%A0%20jour%20des%20publieurs
- Source 25 : https://docs.postgresql.fr/current/pgupgrade.html#:~:text=mise%20%C3%A0%20jour%20des%20abonn%C3%A9s
9.8 Autres modules de décodage logique
- wal2json
- https://github.com/eulerto/wal2json
- postgres-decoderbufs (CDC de Debezium)
- https://github.com/debezium/postgres-decoderbufs
- Et d’autres
- Créez le vôtre!
- exemple : https://blog.dalibo.com/2024/02/26/hackingpg5.html
Il est parfaitement possible de créer un module de réplication logique qui correspond exactement à vos besoins. Un exemple basique mais fonctionnel, en C, est commenté en détail dans un billet du blog Dalibo en 2024 26 . Il se contente de tracer des changements, mais c’est un bon point de départ pour autre chose. Un autre exemple en C est fourni avec le code de PostgreSQL 27 (documentation 28 ). decoder_raw 29 , de Michael Paquier (un des committers de PostgreSQL) est un outil pour regénérer les requêtes, au code assez simple aussi. Le Wiki de PostgreSQL contient des liens vers plusieurs décodeurs logiques, dont le code peut servir de modèle. Beaucoup ne sont plus maintenus. Les deux décodeurs suivants (en C toujours) le sont, et ils figurent même dans les paquets du PGDG :
wal2json 30 permet de s’abonner à une table et de restituer ses modifications sous forme d’objets JSON, par transaction ou par tuple;
postgres-decoderbufs 31 est utilisé pour l’outil de CDC (Change Data Capture) de Debezium.
Source 26 : https://blog.dalibo.com/2024/02/26/hackingpg5.html
Source 27 : https://doxygen.postgresql.org/test__decoding_8c_source.html
Source 28 : https://docs.postgresql.fr/current/test-decoding.html
Source 29 : https://github.com/michaelpq/pg_plugins/tree/main/decoder_raw
Source 30 : https://github.com/eulerto/wal2json
Source 31 : https://github.com/debezium/postgres-decoderbufs
9.9 Rappel des limitations de la réplication logique native
- Pas de réplication : DDL, LO, valeurs de séquence
- Contraintes d’unicité obligatoires pour les UPDATE / DELETE
- Coût CPU, disque, RAM
- Réplication déclenchée uniquement lors du COMMIT (< v14)
- Que faire lors des restaurations/bascules?
Rappelons que la réplication logique native ne réplique pas les ordres DDL. Elle se base uniquement au niveau des données (donc les ordres DML, et TRUNCATE ). Les valeurs des séquences et les Larges Objects ne sont pas répliqués. Avant la version 13, il n’était pas possible d’ajouter une table partitionnée à une publication pour qu’elle et ses partitions soient répliquées. Il fallait ajouter chaque partition individuellement. Toujours avant la version 13, il n’était pas possible d’envoyer des données vers une table partitionnée. Pour les versions inférieures à 14, la réplication logique n’est déclenchée que lors d’un COMMIT , avec un délai de réplication pour les transactions longues. Pensez à streaming=on .
Enfin, la réplication logique doit tenir compte des cas de restauration, ou bascule, d’une des instances impliquées. Le concept de flux unique de transaction unique ne s’applique plus ici, et il n’est pas prévu de moyen pour garantir que la réplication se fera sans aucune perte ou risque de doublon. La mise en place de la réplication logique doit toujours prévoir ce qu’il faudra faire dans ce cas.
Certaines applications supporteront cette limite. Dans d’autres, il sera plus ou moins facile de reprendre la réplication à zéro. Parfois, une réconciliation manuelle sera nécessaire (la présence de clés primaires peut grandement aider). Dans certains cas, ce problème peut devenir bloquant ou réclamer des développements.
9.10 Conclusion
- Réplication logique simple et pratique
- …avec ses subtilités
La réplication logique de PostgreSQL apparue en version 10 continue de s’améliorer avec les versions. Elle complète la réplication physique sans la remplacer. Les cas d’utilisation sont nombreux, mais la supervision est délicate et il faut prévoir les sauvegardes/restaurations et bascules.
9.10.1 Questions
N’hésitez pas, c’est le moment !
9.11 Quiz
9.12 Travaux pratiques
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/w5_solutions.
9.12.1 Pré-requis
En préalable, nettoyer les instances précédemment créés sur le serveur. Ensuite, afin de réaliser l’ensemble des TP, créer 4 nouvelles instances PostgreSQL « instance[1-4] », en leur attribuant des ports différents :
PID CMD 7077 /usr/pgsql-16/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/16/instance4/ 7079_ postgres: logger 7081_ postgres: checkpointer 7082_ postgres: background writer 7083_ postgres: walwriter 7084_ postgres: autovacuum launcher 7085_ postgres: logical replication launcher 7056 /usr/pgsql-16/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/16/instance3/ 7058_ postgres: logger 7060_ postgres: checkpointer 7061_ postgres: background writer 7062_ postgres: walwriter 7063_ postgres: autovacuum launcher 7064_ postgres: logical replication launcher 7035 /usr/pgsql-16/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/16/instance2/ 7037_ postgres: logger
7039_ postgres: checkpointer 7040_ postgres: background writer 7041_ postgres: walwriter 7042_ postgres: autovacuum launcher 7043_ postgres: logical replication launcher 7015 /usr/pgsql-16/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/16/instance1/ 7016_ postgres: logger 7018_ postgres: checkpointer 7019_ postgres: background writer 7020_ postgres: walwriter 7021_ postgres: autovacuum launcher 7022_ postgres: logical replication launcher
Le schéma de la base b1 de l’instance origine (instance1) est le suivant. Noter que la table t3 est partitionnée.
PARTITION BY LIST (clepartition_t3);
generate_series( 1, 100) i;
generate_series(101, 300) i;
generate_series(301, 600) i;
9.12.2 Réplication complète d’une base
But : Mettre en place la réplication complète d’une base avec la réplication logique. Pour répliquer toute la base b1 sur le serveur instance2 :
Sur instance1, créer l’utilisateur de réplication logrepli et lui donner les droits de lecture sur les tables de la base b1.
Sur instance1, modifier la configuration du paramètre wal_level dans le fichier postgresql.conf .
Sur instance1, modifier la configuration des connexions dans le fichier pg_hba.conf .
Redémarrer instance1.
Sur instance2, créer la base b1.
Sur instance2, ajouter dans la base b1 les tables répliquées (sans contenu).
Sur instance1, créer la publication pour toutes les tables.
Sur instance2, créer la souscription.
Vérifier sur instance1, dans la vue pg_stat_replication l’état de la réplication logique.
Sur instance2, consulter pg_stat_subscription .
Vérifier que les tables ont le même contenu que sur instance1 et que les modifications sont également répliquées.
9.12.3 Réplication partielle d’une base
But : Mettre en place la réplication partielle d’une base avec la réplication logique. On veut répliquer uniquement les tables t1 et t2 de la base b1 sur le serveur instance3.
Sur instance1, créer la publication pour t1 et t2 .
Sur instance3, créer la base b1, les tables à répliquer, puis souscrire à la nouvelle publication de instance1.
Vérifier sur instance1, dans la vue pg_stat_replication l’état de la réplication logique.
Sur instance3, consulter pg_stat_subcription .
9.12.4 Réplication croisée
But : Mettre en place une réplication croisée avec la réplication logique. Pour répliquer la partition t3_1 du serveur instance1 vers le serveur instance4, puis répliquer la partition t3_2 du serveur instance4 vers le serveur instance2 :
Sur instance1, créer la publication pour la partition t3_1 .
Sur instance4, créer l’utilisateur de réplication.
Sur instance4, souscrire à cette nouvelle publication de instance1. Pour créer la table t3_1 , il faut aussi créer la table mère t3 .
Sur instance4, adapter la valeur du paramètre wal_level dans postgresql.conf .
Sur instance4, adapter les autorisations dans pg_hba.conf pour permettre une réplication depuis instance4.
Redémarrer instance4.
Sur instance4, créer la publication pour t3_4 . Il faudra importer la partition t3_4 et donner les droits de lecture à logrepli.
Sur instance1, souscrire à cette nouvelle publication de instance4.
Insérer des données dans t3_4 sur instance4 et vérifier que la réplication se fait de instance4 à instance1.
9.12.5 Réplication et partitionnement
But : Mettre en évidence des particularités de la réplication logique et du partitionnement.
Voici un exemple de réplication entre des tables qui n’ont pas le même schéma de partitionnement :
Sur instance1, créer une base bench_part .
Sur instance2, créer une base bench_part .
Sur instance1, utiliser pgbench pour créer la table pgbench_account
avec un partitionnement de type hash et cinq partitions.
Sur instance2, utiliser pgbench pour créer la table pgbench_account
avec un partitionnement de type range et trois partitions,
mais sans insérer de données.
Sur instance1, autoriser l’utilisateur de réplication à accéder aux tables.
Créer une publication pour toutes les tables de la base.
Sur instance2, créer la souscription associée. Que constatez-vous?
Sur instance1, supprimer la publication et la recréer avec l’option publish_via_partition_root .
Sur instance2, recréer la souscription.
Sur instance1 et instance2, compter les lignes dans chaque partition de pgbench_accounts . Qu’observez-vous?
9.13 Travaux pratiques (solutions)
9.13.1 Pré-requis
En préalable, nettoyer les instances précédemment créés sur le serveur. Ensuite, afin de réaliser l’ensemble des TP, créer 4 nouvelles instances PostgreSQL « instance[1-4] », en leur attribuant des ports différents :
PID CMD 7077 /usr/pgsql-16/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/16/instance4/ 7079_ postgres: logger 7081_ postgres: checkpointer 7082_ postgres: background writer 7083_ postgres: walwriter 7084_ postgres: autovacuum launcher 7085_ postgres: logical replication launcher 7056 /usr/pgsql-16/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/16/instance3/ 7058_ postgres: logger 7060_ postgres: checkpointer 7061_ postgres: background writer 7062_ postgres: walwriter 7063_ postgres: autovacuum launcher 7064_ postgres: logical replication launcher 7035 /usr/pgsql-16/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/16/instance2/ 7037_ postgres: logger 7039_ postgres: checkpointer 7040_ postgres: background writer 7041_ postgres: walwriter
7042_ postgres: autovacuum launcher 7043_ postgres: logical replication launcher 7015 /usr/pgsql-16/bin/postmaster -D /var/lib/pgsql/16/instance1/ 7016_ postgres: logger 7018_ postgres: checkpointer 7019_ postgres: background writer 7020_ postgres: walwriter 7021_ postgres: autovacuum launcher 7022_ postgres: logical replication launcher
Le schéma de la base b1 de l’instance origine (instance1) est le suivant. Noter que la table t3 est partitionnée.
PARTITION BY LIST (clepartition_t3);
generate_series( 1, 100) i;
generate_series(101, 300) i;
generate_series(301, 600) i;
9.13.2 Réplication complète d’une base
Sur instance1, créer l’utilisateur de réplication logrepli et lui donner les droits de lecture sur les tables de la base b1.
Sur instance1, modifier la configuration du paramètre wal_level dans le fichier postgresql.conf .
Sur instance1, modifier la configuration des connexions dans le fichier pg_hba.conf .
Redémarrer instance1.
Sur instance2, créer la base b1.
Sur instance2, ajouter dans la base b1 les tables répliquées (sans contenu).
Sur instance1, créer la publication pour toutes les tables.
Sur instance2, créer la souscription.
Vérifier sur instance1, dans la vue pg_stat_replication l’état de la réplication logique. Sur instance2, consulter pg_stat_subscription .
Sur instance1 :
client_hostname
backend_start
backend_xmin
sync_priority
Un utilisateur non superutilisateur n’aura accès qu’aux quatre premiers champs de cette vue, à moins qu’il fasse parti du groupe pg_monitor .
Sur instance2 :
last_msg_send_time
Vérifier que les tables ont le même contenu que sur instance1 et que les modifications sont également répliquées.
Toute opération d’écriture sur la base b1 du serveur instance1 est répliquée sur instance2. Sur instance1 :
label_t1
Sur instance2 :
count
100
label_t1
9.13.3 Réplication partielle d’une base
On veut répliquer uniquement les tables t1 et t2 de la base b1 sur instance3.
Sur instance1, créer la publication pour t1 et t2 .
Sur instance3, créer la base b1, les tables à répliquer, puis souscrire à la nouvelle publication de instance1.
Vérifier sur instance1, dans la vue pg_stat_replication l’état de la réplication logique.
Sur instance1 :
client_hostname
backend_start
backend_xmin
sync_priority
client_hostname
backend_start
backend_xmin
sync_priority
Sur instance3, consulter pg_stat_subcription .
Sur instance3 :
last_msg_send_time
9.13.4 Réplication croisée
Sur instance1, créer la publication pour la partition t3_1 .
Sur instance4, créer l’utilisateur de réplication.
Sur instance4, souscrire à cette nouvelle publication de instance1. Pour créer la table t3_1 , il faut aussi créer la table mère t3 .
Sur instance4, adapter la valeur du paramètre wal_level dans postgresql.conf .
Sur instance4, adapter les autorisations dans pg_hba.conf pour permettre une réplication depuis instance4.
Redémarrer instance4.
Sur instance4, créer la publication pour t3_4 . Il faudra importer la partition t3_4 et donner les droits de lecture à logrepli.
Sur instance1, souscrire à cette nouvelle publication de instance4.
Insérer des données dans t3_4 sur instance4 et vérifier que la réplication se fait de instance4 à instance1.
Sur instance1 :
Sur instance4 :
Sur instance1 :
9.13.5 Réplication et partitionnement
- Sur instance1, créer une base bench_part .
- Sur instance2, créer une base bench_part .
- Sur instance1, utiliser pgbench pour créer la table pgbench_account
- avec un partitionnement de type hash et cinq partitions.
- Sur instance2, utiliser pgbench pour créer la table pgbench_account
- avec un partitionnement de type range et trois partitions,
- mais sans insérer de données.
- Sur instance1, autoriser l’utilisateur de réplication à accéder aux tables.
- Créer une publication pour toutes les tables de la base.
- Sur instance2, créer la souscription associée. Que constatez-vous?
La commande échoue avec le message suivant : ERROR: relation “public.pgbench_accounts_5” does not exist
L’erreur fait référence à une partition qui n’existe pas sur la souscription. C’est normal puisque le schéma de partitionnement est différent. Un autre cas de figure peut se présenter : la partition existe, mais les lignes ne correspondent pas aux contraintes de partitionnement. Dans ce cas la souscription sera créée, mais des erreurs seront présentes dans les traces de PostgreSQL.
- Sur instance1, supprimer la publication et la recréer avec l’option publish_via_partition_root .
L’option de publication publish_via_partition_root permet de répondre à ce problème en publiant les modifications avec le nom de la partition mère.
- Sur instance2, recréer la souscription.
- Sur instance1 et instance2, compter les lignes dans chaque partition de pgbench_accounts . Qu’observez-vous?
Sur instance1, la répartition des lignes dans pgbench_account est la suivante :
Sur instance2, la répartition des lignes est la suivante :
On constate que toutes les lignes sont répliquées et qu’elles sont ventilées différemment sur les deux serveurs. Ce paramétrage peut également être utilisé pour répliquer depuis une table partitionnée vers une
10 Les formations Dalibo
Les formations Dalibo
Ces pages finales reprennent les informations de catalogue et de téléchargement présentes dans le PDF complet.

Les formations Dalibo
Retrouvez nos formations et le calendrier sur https://dali.bo/formation Pour toute information ou question, n’hésitez pas à nous écrire sur contact@dalibo.com.
Cursus des formations
Retrouvez nos formations dans leur dernière version :
- DBA1 : Administration PostgreSQL https://dali.bo/dba1
- DBA2 : Administration PostgreSQL avancé https://dali.bo/dba2
- DBA3 : Sauvegarde et réplication avec PostgreSQL https://dali.bo/dba3
- DEV1 : Initiation au langage SQL https://dali.bo/dev1
- DEVPG : Développer avec PostgreSQL https://dali.bo/devpg
- PERF1 : PostgreSQL Performances https://dali.bo/perf1
- PERF2 : Indexation et SQL avancés https://dali.bo/perf2
- HAPAT : Haute disponibilité avec PostgreSQL https://dali.bo/hapat
- CNPG1 : PostgreSQL & Kubernetes avec CloudNativePG https://dali.bo/cnpg1
Téléchargement gratuit
Les versions électroniques de nos publications sont disponibles gratuitement sous licence open source ou sous licence Creative Commons.
Fiche de formation
Cette page reprend le contenu de la fiche PDF originale de DBA3. La mise en page en colonnes, les pictogrammes et les lignes de formulaire ont été réorganisés en titres, listes et tableaux pour la lecture web.
Formation: Sauvegarde et Réplication avec PostgreSQL
Objectifs
Cette formation donne les clés pour :
- Sauvegarder et restaurer ses données
- Utiliser les outils de gestion de sauvegarde PITR
- Mettre en place un ou plusieurs serveurs de secours
- Répliquer physiquement et logiquement les données PostgreSQL
- Maîtriser les procédures de failover
- Reconstruire une instance
Thèmes abordés
- Point-In-Time Recovery
- Sauvegarde et restauration
- Outils : Pitrery, pgBackRest, Barman
- Hot Standby : installation et paramétrage
- Bascules : failover et failback
- Réplication logique
Public concerné
Ce programme s’adresse aux utilisateurs·rices confirmé·es et aux administrateurs·rices de bases de données (DBA) ayant déjà une bonne connaissance de PostgreSQL ou d’un autre SGBD.
Prérequis
Pour toute demande d’inscription, un test QCM sera envoyé par email avant la formation afin de vérifier les prérequis suivants :
- Notions de base en langage SQL
- Bonne connaissance de PostgreSQL
Formation conseillée : La formation Dalibo DBA2 (Administration PostgreSQL avancée) est conseillée.
Évaluation
Pendant la formation, des phases de travaux pratiques et de QCM ont lieu afin d’évaluer les acquis des stagiaires.
Organisation
| Rubrique | Détails |
|---|---|
| Référence | DBA3 |
| Fréquence indicative | 6 sessions inter-entreprises par an environ. |
| Durée | 3 jours (21 heures) en présentiel, ou 5 matinées (17,5 heures) à distance. |
| Parcours | DBA3 permet de poursuivre le cursus Administration avec HAPAT ou CNPG1. |
Retrouvez les dates de cette formation sur la page de formation.
Modalités
Cette formation est organisée sur 5 demi-journées, le matin de 9h00 à 12h30. Le rythme des sessions à distance est en effet dicté par celui des apprenant·es. Nous veillons à ce que les objectifs de chaque formation soient respectés. Un test de quelques questions chaque matin, à partir du deuxième jour, permettra de valider les acquis du stagiaire par rapport aux objectifs. La dernière demi-journée est consacrée essentiellement aux Questions / Réponses, ainsi qu’à la présentation des modules complémentaires non essentiels. Comme en présentiel, les sessions à distance alternent présentations théoriques et travaux pratiques. En inter : les serveurs pour faire les TP restent disponibles pour les stagiaires les après-midi.
Matériel pédagogique
- Inter-entreprises : PC individuel équipé, souris, bloc-notes, stylo, clé USB.
- Intra-entreprise : Une liste vous sera transmise sur simple demande à formation@dalibo.com.
Ressources pédagogiques complémentaires
- Manuel de formation
- Diaporama
- Cahier de TP
- Accès à la plateforme d’apprentissage de DALIBO
Un code vous sera remis à la fin de la formation afin de commander deux manuels de formation au choix. En format papier, ils seront livrés rapidement chez vous.
Parcours de formation
DBA3 permet de poursuivre le cursus Administration avec HAPAT ou CNPG1.
Tarifs
- Inter-entreprises : 2250 € HT par stagiaire
- Intra-entreprise : 9250 € HT pour 8 stagiaires maximum
Plus d’informations
La confirmation d’une session intervient au plus tôt un mois avant le premier jour, sous réserve de la participation de trois stagiaires minimum. Pour annuler votre inscription, contactez-nous 5 jours francs avant la session. Consultez la page des formations pour accéder aux informations suivantes :
- Dates des sessions
- Accès au siège de Dalibo pour les sessions inter-entreprises en présentiel
- Modalités d’évaluation
- Contact du référent Handicap
- Guide stagiaire COVID
- Règlement intérieur
- Conditions générales de vente (CGV)
- Registre public d’accessibilité
- Taux de satisfaction
- Prérequis pour les sessions intra-entreprise
Contact
Contactez notre référente Formation à formation@dalibo.com ou au +33 1 83 64 61 88.
DALIBO — 43 rue du Faubourg Montmartre — 75009 Paris — Tél. : 01 83 64 61 88 — contact@dalibo.com — www.dalibo.com — SARL coopérative à capital variable — SIRET : 483 247 862 00053 — NAF-APE : 6202A — RCS : Paris — numéro de TVA : FR28483247862.
Sources du PDF
Questionnaire des besoins
Cette page reprend le questionnaire PDF original de DBA3. Les cases à cocher et les zones manuscrites sont adaptées à la lecture et à la saisie en Markdown.
Informations administratives
| Champ | À remplir |
|---|---|
| Nom | |
| Prénoms | |
| Entreprise | |
| Date / période de formation souhaitée |
Vos attentes
Classez les objectifs par ordre de priorité (6 étant le plus important) :
| Priorité à renseigner | Objectif |
|---|---|
| Sauvegarder et restaurer ses données | |
| Utiliser les outils de gestion de sauvegarde PITR | |
| Mettre en place un ou plusieurs serveurs de secours | |
| Répliquer physiquement et logiquement les données PostgreSQL | |
| Maîtriser les procédures de failover | |
| Reconstruire une instance |
Sujet à traiter
Y a-t-il un sujet en particulier que vous voudriez voir traité ?
Informations ou besoins spécifiques
Y a-t-il une information que vous souhaitez nous transmettre pour faciliter le déroulement de la formation ? Avez-vous des besoins spécifiques (demandes personnelles, handicap…) ?
Votre identité professionnelle
Depuis combien de temps connaissez-vous et utilisez-vous PostgreSQL ?
- Moins de 1 an
- Entre 1 et 3 ans
- Plus de 3 ans
Quelle utilisation de PostgreSQL avez-vous ?
- Développement
- Administration
- ERP
- BI
- Autres :
Quel est l’environnement technique de PostgreSQL ?
- Systèmes d’exploitation
- Bare Metal
- Cloud
- Clients
- Machines virtuelles
- En local
- Autres :
Poste actuellement occupé :
- DBA
- Développeur
- Autres :
Informations professionnelles complémentaires
Support de formation
Les supports de nos formations sont disponibles gratuitement sur notre site à l’adresse https://www.dalibo.com/formations.
Avez-vous pu prendre connaissance du support de votre formation ?
- Oui
- Non
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