Initiation au langage SQL
Initiation au langage SQL
DEV1 · Développement et SQL
État : Manuel complet publié en français, révision 26.09, 364 pages PDF et 8 chapitres navigables
Présentation
Synthèse de la fiche : Cette formation permet d’acquérir les compétences fondamentales du langage SQL : comprendre le modèle relationnel et un schéma, manipuler les données, extraire et sécuriser les données et écrire des requêtes complexes.
Informations clés
| Rubrique | Détails |
|---|---|
| Durée | 3 jours (21 heures), uniquement en présentiel. |
| Tarifs | Inter-entreprises : 2250 € HT par stagiaire Intra-entreprise : 9250 € HT pour 8 stagiaires maximum |
| Source | Page de formation Dalibo |
Objectifs
- Comprendre le modèle relationnel et la structure d’un schéma
- Ajouter, modifier et supprimer des données
- Extraire et sécuriser les données
- Écrire des requêtes SQL complexes (jointure, union, tri, etc.)
Public concerné
Cette formation s’adresse aux utilisateurs·rices de PostgreSQL ayant besoin d’acquérir ou d’améliorer leurs compétences en langage SQL.
Prérequis
Aucune compétence technique particulière n’est requise pour cette formation.
Thèmes abordés
- Typologie des bases
- Création d’objets et mises à jour
- SQL avancé pour le transactionnel
- SQL pour l’analyse de données
Documents Markdown
Ces deux pages reprennent le contenu des petits PDF dans le format de lecture OINK ; la mise en page de formulaire est adaptée au Markdown.
Documents locaux
Sources originales
- Page de formation
- Répertoire public du manuel
- HTML original
- PDF complet
- EPUB original
- PDF sans TP
- EPUB original
- Fiche descriptive PDF originale
- Questionnaire original
- Informations pratiques
- Licence CC BY-NC-SA 2.0 France
Différence entre le manuel complet et la version sans TP
Le PDF complet compte 364 pages ; le fichier no-tp compte 332 pages, soit 32 pages de moins.
| Élément | Manuel complet | Version no-tp |
|---|---|---|
| Révision PDF | 26.09 | 26.09 |
| Blocs de travaux pratiques | 5 | 5 |
| Chapitres de solutions | 5 | 0 |
Dans cette collection, le nom no-tp ne signifie généralement pas « aucun TP » : les énoncés des travaux pratiques restent présents, tandis que les chapitres de solutions sont retirés. Les pages et certains numéros de section sont ensuite recomposés.
- Le manuel complet convient à une formation en salle, aux ateliers pratiques et à la correction autonome des exercices.
- La version
no-tpconvient à une lecture plus courte lorsque les corrigés ne sont pas nécessaires. - Les deux fichiers suivent la même trame pédagogique générale ; la version courte n’est pas une nouvelle formation.
Voir la comparaison détaillée des versions.
Manuel et chapitres
Le manuel complet de 364 pages (révision 26.09) est publié dans l’ordre original sous forme de 8 chapitres indépendants. Les chapitres contiennent les 5 blocs de travaux pratiques, leurs 5 sections de solutions, les exemples SQL et les 20 assets graphiques locaux extraits du PDF complet.
Avant-propos, licence et informations éditoriales
Avant-propos, licence et informations éditoriales
Sur ce document
| Formation | Formation DEV1 |
| Titre | Initiation au langage SQL |
| Révision | 26.09 |
| ISBN | N/A |
| https://dali.bo/dev1_pdf | |
| EPUB | https://dali.bo/dev1_epub |
| HTML | https://dali.bo/dev1_html |
| Slides | https://dali.bo/dev1_slides |
Vous trouverez en ligne les différentes versions complètes de ce document. Les solutions de TP ne figurent pas forcément dans la version imprimée, mais sont dans les versions numériques (PDF ou HTML).
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Nos formations PostgreSQL sont issues de nombreuses années d’études, d’expérience de terrain et de passion pour les logiciels libres. Pour Dalibo, l’utilisation de PostgreSQL n’est pas une marque d’opportunisme commercial, mais l’expression d’un engagement de longue date. Le choix de l’Open Source est aussi le choix de l’implication dans la communauté du logiciel.
Au-delà du contenu technique en lui-même, notre intention est de transmettre les valeurs qui animent et unissent les développeurs de PostgreSQL depuis toujours : partage, ouverture, transparence, créativité, dynamisme… Le but premier de nos formations est de vous aider à mieux exploiter toute la puissance de PostgreSQL mais nous espérons également qu’elles vous inciteront à devenir un membre actif de la communauté en partageant à votre tour le savoir-faire que vous aurez acquis avec nous.
Nous mettons un point d’honneur à maintenir nos manuels à jour, avec des informations précises et des exemples détaillés.
Toutefois, malgré nos efforts et nos multiples relectures, il est probable que ce document contienne des oublis, des coquilles, des imprécisions ou des erreurs. Si vous constatez un souci, n’hésitez pas à le signaler via l’adresse formation@dalibo.com !
À propos de DALIBO
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Remerciements
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Forme de ce manuel
Les versions PDF, EPUB ou HTML de ce document sont structurées autour des slides de nos formations. Le texte suivant chaque slide contient le cours et de nombreux détails qui ne peuvent être donnés à l’oral.
Licence Creative Commons CC-BY-NC-SA
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Marques déposées
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Versions de PostgreSQL couvertes
Ce document ne couvre que les versions supportées de PostgreSQL au moment de sa rédaction, soit les versions 14 à 18.
Sur les versions précédentes susceptibles d’être encore rencontrées en production, seuls quelques points très importants sont évoqués, en plus éventuellement de quelques éléments historiques.
Sauf précision contraire, le système d’exploitation utilisé est Linux.
1 Introduction et premiers SELECT
Introduction et premiers SELECT
Préambule
- Qu’est-ce que le standard SQL ?
- Comment lire des données
- Quels types de données sont disponibles ?
Ce module a pour but de présenter le standard SQL. Il se concentre sur la lecture de données déjà présentes en base. Ceci permet aussi d’aborder la question des types de données disponibles.
Menu
- Principes d’une base de données
- Premières requêtes
- Connaître les types de données
Objectifs
- Comprendre les principes
- Écrire quelques requêtes en lecture
- Connaître les différents types de données
- et quelques fonctions très utiles
Principes d’une base de données
- Base de données
- ensemble organisé d’informations
- SGBD : Système de Gestion de Bases de Données
- Database Management System (DBMS) en anglais
- programme assurant la gestion et l’accès à une ou plusieurs bases de données
- SGBDR (ou RDBMS)
- modèle Relationnel
- assure la cohérence des données
Si des données sont récoltées, organisées et stockées afin de répondre à un besoin spécifique, alors on parle de base de données. Une base de données peut utiliser différents supports : papier, fichiers informatiques, etc.
Un Système de Gestion de Bases de Données (SGBD), ou Database Management System (DBMS) en anglais, assure la gestion d’une base de données informatisée. Il permet l’accès aux données, leur modification, et assure que ces opérations en conservent la cohérence.
On voit aussi parfois le sigle SGBDR pour les bases « relationnelles » comme MySQL/MariaDB, Oracle, PostgreSQL…
Type de bases de données
- Modèle hiérarchique
- Modèle réseau
- Modèle relationnel
- Modèle objet
- Modèle relationnel-objet
- NoSQL
Au fil des années ont été développés plusieurs modèles de données, que nous allons décrire.
Type de bases de données (1)
- Modèle hiérarchique
- structure arborescente
- redondance des données
- Modèle réseau
- structure arborescente, mais permettant des associations
- ex : Bull IDS2 sur GCOS
Les modèles hiérarchiques et réseaux ont été les premiers modèles de données utilisées dans les années 60 sur les mainframes IBM ou Bull. Ils ont été rapidement supplantés par le modèle relationnel car les requêtes étaient dépendantes du modèle de données. Il était nécessaire de connaître les liens entre les différents nœuds de l’arborescence pour concevoir les requêtes. Les programmes sont donc complètement dépendants de la structure de la base de données. Cependant, des recherches cherchaient déjà à rendre indépendantes la vue logique et l’implémentation physique de la base de données.
Type de bases de données (2)
- Modèle relationnel
- basé sur la théorie des ensembles et la logique des prédicats
- à partir des années 70
- standardisé par la norme SQL (1986)
- Modèle objet
- structure objet
- pas de standard
- Modèle relationnel-objet
- le standard SQL ajoute des concepts objets
Le modèle relationnel est issu des travaux d’Edgar F. Codd menés dans les laboratoires d’IBM à la fin des années 60. Ses travaux avaient pour but de rendre indépendant le stockage physique de la vue logique de la base de données. Mathématicien de formation, Codd s’est appuyé sur la théorie des ensembles et la logique des prédicats pour établir les fondements des bases de données relationnelles. Pour manipuler les données de façon ensembliste, il a mis au point le langage SQL. Ce langage a été développé dans les années 70, et est à l’origine du standard SQL, qui s’est répandu dans les années 80 et qui a rendu le modèle relationnel très populaire. La puissance de calcul du matériel de cette époque a permis la concrétisation de l’implémentation de cette couche d’abstraction entre modèle logique et stockage physique des données.
Le modèle objet est, quant à lui, issu de la mouvance autour des langages objets. Du fait de l’absence d’un standard avéré, le modèle objet n’a jamais été populaire et est toujours resté dans l’ombre du modèle relationnel.
La norme du modèle relationnel a néanmoins été étendue pour intégrer des fonctionnalités objets. On parle alors de modèle relationnel-objet. PostgreSQL en est un exemple, c’est un SGBDRO (Système de Gestion de Bases de Données Relationnel-Objet).
Type de bases de données (3)
- NoSQL : Not only SQL
- clé-valeur (Redis)
- graphe (Neo4J)
- document (MongoDB, CouchDB)
- orienté colonne (HBase)
- pas de norme de langage de requête
- Rapprochement relationnel/NoSQL
- PostgreSQL permet de stocker des documents (JSON, XML)
Les bases NoSQL sont une famille de bases de données qui répondent à d’autres besoins et contraintes que les bases relationnelles. Les bases NoSQL sont souvent des bases « sans schéma », la base ne vérifiant plus l’intégrité des données selon des contraintes définies dans le modèle de données. Chaque base de ce segment dispose d’un langage de requête spécifique, il n’y a ni standard ni norme.
Ce type de base offre souvent la possibilité d’offrir du sharding simple à mettre en œuvre. Le sharding consiste à répartir les données physiquement sur plusieurs serveurs pour paralléliser les traitements. En contrepartie, la durabilité des données n’est pas assurée, au contraire d’une base relationnelle qui assure la durabilité dès la réponse à un COMMIT. La cohérence des données entre nœuds est un autre sujet. Toute amélioration d’un outil sur ces points a évidemment un impact sur les performances.
Un des avantages des technologies NoSQL est qu’un modèle clé-valeur permet facilement d’utiliser des algorithmes de type MapReduce : diviser le problème en sous-problèmes traités parallèlement par différents nœuds (phase Map), puis synthétisés de façon centralisée (phase Reduce). Les bases de données relationnelles ne sont pas incompatibles avec MapReduce en soi. Simplement, le langage SQL étant déclaratif, il est conceptuellement opposé à la description fine des traitements qu’on doit réaliser avec MapReduce. C’est le travail de l’optimiseur d’effectuer ce genre d’opérations, et non celui du développeur.
Un meilleur argument des bases NoSQL est le côté schemaless, permettant d’enregistrer des documents sans trop se soucier de leur cohérence, de leur contenu, sans devoir réfléchir par avance à un format de données aussi rigide que peut l’être une table SQL. La flexibilité est un atout, mais il faut être conscient que le manque de cohérence ou de rigueur se paie. forcément plus tard.
La « mode » du NoSQL est un peu retombée ces dernières années. En effet, les bases de données classiques ont profité des progrès matériels (disques NVMe et nombreux cœurs sur un serveur, par exemple) ; la parallélisation est mieux gérée : par requête, sur des secondaires, voir avec du sharding; et les algorithmes se sont améliorés. Tout cela permet de procéder à des tâches de plus en plus lourdes tout en conservant les avantages d’un SGBDR : SQL standardisé, verrous bien gérés, cohérence forte des données.
Enfin, les SGBDR ont intégré quelques fonctionnalités NoSQL, en premier lieu le stockage des documents JSON, ce qui permet de les utiliser là où ils sont pertinents (schémas flexibles).
Le choix d’un outil résulte donc d’un arbitrage entre différentes priorités.
Modèle relationnel
- Indépendance entre la vue logique et la vue physique
- le SGBD gère lui-même le stockage physique
- Table ou relation
- Un ensemble de tables représente la vue logique
Le modèle relationnel garantit l’indépendance entre la vue logique et la vue physique. L’utilisateur ne se préoccupe que des objets logiques (pour lire ou écrire des enregistrements), et le SGBD traduit la demande exprimée avec des objets logiques (tables, vues, fonctions…) en actions à réaliser sur des objets physiques (fichiers, sockets, mémoire…).
Les objets logiques sont appelés des relations. Ce sont généralement les tables, mais il existe d’autres objets qui sont aussi des relations (les vues par exemple, mais aussi les index et les séquences).
Caractéristiques du modèle relationnel
- Théorie des ensembles
- Logique des prédicats
- Logique à 3 états
- Vrai, Faux,
NULL(= inconnu)
- Vrai, Faux,
Le modèle relationnel se base sur la théorie des ensembles. Chaque relation contient un ensemble de données et ces différents ensembles peuvent se joindre suivant certaines conditions.
La logique des prédicats est un sous-ensemble de la théorie des ensembles. Elle sert à exprimer des formules logiques qui permettent de filtrer les ensembles de départ pour créer de nouveaux ensembles (autrement dit, filtrer les enregistrements d’une relation).
Cependant, tout élément d’un enregistrement n’est pas forcément connu à un instant t. Les filtres et les jointures doivent donc gérer trois états lors d’un calcul de prédicat : vrai, faux ou « inconnu ».
Astuce
Cette dernière valeur est aussi connue comme NULL, et son utilisation dans les conditions est parfois délicate.
Pour un humain ou pour l’application, NULL peut signifier : « inconnu », « non pertinent » ou « non encore renseigné ».
ACID
Gestion transactionnelle : la force des bases de données relationnelles :
- Atomicité (Atomic)
- Cohérence (Consistent)
- Isolation (Isolated)
- Durabilité (Durable)
Les propriétés ACID sont le fondement même de toute bonne base de données. Il s’agit de l’acronyme des quatre règles que toute transaction (c’est-à-dire une suite d’ordres modifiant les données) doit respecter :
- A : Une transaction est appliquée en « tout ou rien ».
- C : Une transaction amène la base d’un état stable à un autre.
- I : Les transactions n’agissent pas les unes sur les autres.
- D : Une transaction validée sera conservée de manière permanente.
Les bases de données relationnelles les plus courantes depuis des décennies (PostgreSQL bien sûr, mais aussi Oracle, MySQL, SQL Server, SQLite…) se basent sur ces principes, même si elles font chacune des compromis différents suivant leurs cas d’usage, les compromis acceptés à chaque époque avec la performance et les versions.
Atomicité :
Une transaction doit être exécutée entièrement ou pas du tout, et surtout pas partiellement, même si elle est longue et complexe, même en cas d’incident majeur sur la base de données. L’exemple basique est une transaction bancaire : le montant d’un virement doit être sur un compte ou un autre, et en cas de problème ne pas disparaître ou apparaître en double. Ce principe garantit que les données modifiées par des transactions valides seront toujours visibles dans un état stable, et évite nombre de problèmes fonctionnels comme techniques.
Cohérence :
Un état cohérent respecte les règles de validité définies dans le modèle, c’est-à-dire les contraintes définies dans le modèle : types, plages de valeurs admissibles, unicité, liens entre tables (clés étrangères), etc. Le non-respect de ces règles par l’applicatif entraîne une erreur et un rejet de la transaction.
Isolation :
Des transactions simultanées doivent agir comme si elles étaient seules sur la base. Surtout, elles ne voient pas les données non validées des autres transactions. Ainsi une transaction peut travailler sur un état stable et fixe, et durer assez longtemps sans risque de gêner les autres transactions.
Il existe plusieurs « niveaux d’isolation » pour définir précisément le comportement en cas de lectures ou écritures simultanées sur les mêmes données et pour arbitrer avec les contraintes de performances ; le niveau le plus contraignant exige que tout se passe comme si toutes les transactions se déroulaient successivement.
Durabilité :
Une fois une transaction validée par le serveur (typiquement : COMMIT ne retourne pas d’erreur, ce qui valide la cohérence et l’enregistrement physique), l’utilisateur doit avoir la garantie que la donnée ne sera pas perdue ; du moins jusqu’à ce qu’il décide de la modifier à nouveau. Cette garantie doit valoir même en cas d’événement catastrophique : plantage de la base, perte d’un disque… C’est donc au serveur de s’assurer autant que possible que les différents éléments (disque, système d’exploitation…) ont bien rempli leur office. C’est à l’humain d’arbitrer entre le niveau de criticité requis et les contraintes de performances et de ressources adéquates (et fiables) à fournir à la base de données.
NoSQL :
À l’inverse, les outils de la mouvance (« NoSQL », par exemple MongoDB ou Cassandra), ne fournissent pas les garanties ACID. C’est le cas de la plupart des bases non-relationnelles, qui reprennent le modèle BASE (Basically Available, Soft State, Eventually Consistent, soit succintement : disponibilité d’abord ; incohérence possible entre les réplicas ; cohérence… à terme, après un délai). Un intérêt est de débarrasser le développeur de certaines lourdeurs apparentes liées à la modélisation assez stricte d’une base de données relationnelle. Cependant, la plupart des applications ont d’abord besoin des garanties de sécurité et cohérence qu’offrent un moteur transactionnel classique, et la décision d’utiliser un système ne les garantissant pas ne doit pas être prise à la légère ; sans parler d’autres critères comme la fragmentation du domaine par rapport au monde relationnel et son SQL (à peu près) standardisé. Avec le temps, les moteurs transactionnels ont acquis des fonctionnalités qui faisaient l’intérêt des bases NoSQL (en premier lieu la facilité de réplication et le stockage de JSON), et ces dernières ont tenté d’intégrer un peu plus de sécurité dans leur modèle.
Langage SQL
- Norme ISO 9075
- dernière version stable : SQL:2023
- Langage déclaratif
- on décrit le résultat et pas la façon de l’obtenir
- Traitement ensembliste
- par opposition au traitement procédural
- « on effectue des opérations sur des relations pour obtenir des relations »
Le langage SQL a été normalisé par l’ANSI en 1986 et est devenu une norme ISO internationale en 1987. La norme a subi plusieurs évolutions dans le but d’ajouter des fonctionnalités correspondantes aux attentes de l’industrie logicielle. Parmi ces améliorations, notons l’intégration de quelques fonctionnalités objets pour le modèle relationnel-objet (SQL-99), ou les puissantes « fonctions de fenêtrage » (SQL:2003, SQL:2008). Le dernier standard est SQL:2023.
Astuce
Le standard n’est suivi strictement ni par PostgreSQL ni ses concurrents. De nombreuses fonctionnalités apparaissent chez l’un ou l’autre avant d’être standardisées, si elles le sont. Chaque produit doit aussi gérer la compatibilité avec un historique parfois très ancien. PostgreSQL est le moteur qui se rapproche le plus du standard, au point de devenir une référence, mais possède néanmoins quelques écarts et de nombreuses extensions.
SQL est un langage
- Langage
- règles d’écriture
- règles de formatage
- commentaires
- Améliore la lisibilité d’une requête
Hormis la syntaxe, il n’y a pas de règles strictes concernant l’écriture de requêtes SQL (majuscules, minuscules, espaces…). Il faut néanmoins avoir à l’esprit qu’il s’agit d’un langage à part entière et, au même titre que ce qu’un développeur fait avec n’importe quel code source, il convient de l’écrire de façon lisible.
Recommandations d’écriture et de formatage
- Écriture
- mots clés SQL en MAJUSCULES
- identifiants de colonnes/tables en minuscule
- Formatage
- dissocier les éléments d’une requête
- un prédicat par ligne
- indentation
Cet exemple est tiré du forum postgresql.fr. Quelle est la requête la plus lisible ?
- celle-ci ?
- ou celle-ci ?
- ou encore celle-ci, réécrite avec pgFormatter ?
La base de données exécutera sans souci l’un comme l’autre code, avec bien sûr le même résultat.
Sans se tenir forcément à un format précis, il convient surtout d’adopter un style lisible, et cohérent avec le code SQL existant.
Commentaires
- Commentaire sur le reste de la ligne
- Commentaire dans un bloc
Une requête SQL peut être commentée au même titre qu’un programme standard.
Le marqueur -- permet de signifier à l’analyseur syntaxique que le reste de la ligne est commenté, il n’en tiendra donc pas compte dans l’analyse de la requête.
Un commentaire peut aussi se présenter sous la forme d’un bloc de commentaire, le bloc pouvant occuper plusieurs lignes :
Aucun des éléments compris entre le marqueur de début de bloc /* et le marqueur de fin de bloc */ ne sera pris en compte. Certains SGBDR propriétaires utilisent ces commentaires pour y placer des informations (appelées parfois hints) qui influencent le comportement de l’optimiseur, mais PostgreSQL ne possède pas nativement ce genre de mécanisme.
Les 4 types d’ordres SQL
- DDL
- Data Definition Language
- définit les structures de données
- DML
- Data Manipulation Language
- manipule les données
- DCL
- Data Control Language
- contrôle l’accès aux données
- TCL
- Transaction Control Language
- contrôle les transactions
- implicites si « autocommit »
Le langage SQL est divisé en quatre sous-ensembles qui ont chacun un but différent.
Les ordres DDL (pour Data Definition Language) permettent de définir les structures de données. On y retrouve les ordres suivants :
CREATE: crée un objet ;ALTER: modifie la définition d’un objet ;DROP: supprime un objet ;TRUNCATE: vide un objet ;COMMENT: ajoute un commentaire sur un objet.
Les ordres DML (pour Data Manipulation Language) permettent l’accès et la modification des données. On y retrouve les ordres suivants :
SELECT: lit les données d’une ou plusieurs tables ;INSERT: ajoute des données dans une table ;UPDATE: modifie les données d’une table ;MERGE: ajoute ou met à jour une ligne selon une condition ;DELETE: supprime les données d’une table.
Les ordres DCL (pour Data Control Language) permettent de contrôler l’accès aux données. Ils permettent plus précisément de donner ou retirer des droits à des utilisateurs ou des groupes sur les objets de la base de données :
GRANT: donne un droit d’accès à un rôle sur un objetREVOKE: retire un droit d’accès d’un rôle sur un objet
Enfin, les ordres TCL (pour Transaction Control Language) permettent de contrôler les transactions :
BEGIN: ouvre une transaction ;COMMIT: valide les traitements d’une transaction ;ROLLBACK: annule les traitements d’une transaction ;SAVEPOINT: crée un point de reprise dans une transaction ;SET TRANSACTION: modifie les propriétés d’une transaction en cours.
Les ordres BEGIN et COMMIT sont souvent implicites dans le cas d’ordres isolés, si l’« autocommit » est activé. Vous devez encadrer manuellement vos commandes avec BEGIN ; et COMMIT ; pour créer une transaction de plus d’un ordre. Le mode d’autocommit dépend en fait de l’outil client, et psql a un paramètre autocommit à on par défaut. Mais ce n’est pas forcément le cas sur votre configuration précise, et d’autres bases de données peuvent avoir un comportement par défaut inverse.
Le ROLLBACK est implicite en cas de sortie brutale (plantage…).
Noter que, contrairement à d’autres bases, PostgreSQL n’effectue pas de COMMIT implicite sur certaines opérations : les ordres CREATE TABLE, DROP TABLE, TRUNCATE TABLE… sont transactionnels, n’effectuent aucun COMMIT et peuvent être annulés par ROLLBACK.
Lecture de données
- Ordre
SELECT- lecture d’une ou plusieurs tables
- ou appel de fonctions
La lecture des données se fait via l’ordre SELECT. Il permet de récupérer des données d’une ou plusieurs tables (il faudra dans ce cas joindre les tables). Il permet aussi de faire appel à des fonctions stockées en base.
Syntaxe de SELECT
L’ordre SELECT est composé de différents éléments dont la plupart sont optionnels. L’exemple de syntaxe donné ici n’est pas complet.
La syntaxe complète de l’ordre SELECT est disponible dans le manuel de PostgreSQL.
Liste de sélection
- Description du résultat de la requête
- colonnes retournées
- renommage
- dédoublonnage
La liste de sélection décrit le format de la table virtuelle qui est retournée par l’ordre SELECT. Les types de données des colonnes retournées seront conformes au type des éléments donnés dans la liste de sélection.
Colonnes retournées
Liste des colonnes retournées
- expression
- séparées par une virgule
Expression
- constante
- référence de colonne :
table.colonne
- le résultat portera le nom de l’alias
Afin de pouvoir nommer de manière adéquate les colonnes du résultat d’une requête SELECT, le mot clé AS permet de définir un alias de colonne. Cet alias sera utilisé dans le résultat pour nommer la colonne en sortie :
Cet alias n’est pas utilisable dans le reste de la requête (par exemple dans la clause WHERE).
Dédoublonnage des résultats
- Dédoublonnage des résultats avant de les retourner
- à ne pas utiliser systématiquement
Par défaut, SELECT retourne tous les résultats d’une requête. Parfois, des doublons peuvent se présenter dans le résultat. La clause DISTINCT permet de les éviter en réalisant un dédoublonnage des données avant de retourner le résultat de la requête.
Il faut néanmoins faire attention à l’utilisation systématique de la clause DISTINCT. En effet, elle entraîne une déduplication systématique des données juste avant de retourner les résultats de la requête, ce qui va souvent consommer de la ressource mémoire, voire de la ressource disque si le volume de données à trier est important. De plus, cela va augmenter le temps de réponse de la requête du fait de cette opération supplémentaire.
En règle générale, la clause DISTINCT devient inutile lorsqu’elle doit trier un ensemble qui contient des colonnes qui sont déjà uniques. Si une requête récupère une clé primaire, les données sont uniques par définition. Le SELECT DISTINCT sera alors transformé en simple SELECT.
Dérivation
- SQL permet de dériver les valeurs des colonnes
- opérations arithmétiques :
+,-,/,* - concaténation de chaînes :
|| - appel de fonction
- opérations arithmétiques :
Les constantes et valeurs des colonnes peuvent être dérivées selon le type des données manipulées.
Les données numériques peuvent être dérivées à l’aide des opérateurs arithmétiques standards : +, -, /, *. Elles peuvent faire l’objet d’autres calculs à l’aide de fonctions internes et de fonctions définies par l’utilisateur.
La requête suivante permet de calculer le volume total en litres de vin disponible dans le stock du caviste :
Les données de type chaînes de caractères peuvent être concaténées à l’aide de l’opérateur dédié ||. Cet opérateur permet de concaténer deux chaînes de caractères mais également des données numériques avec une chaîne de caractères.
Dans la requête suivante, l’opérateur de concaténation est utilisé pour ajouter l’unité. Le résultat est ainsi implicitement converti en chaîne de caractères.
De manière générale, il n’est pas recommandé de réaliser les opérations de formatage des données dans la base de données. La base de données ne doit servir qu’à récupérer les résultats, le formatage étant assuré par l’application.
Différentes fonctions sont également applicables aux chaînes de caractères, de même qu’aux autres types de données.
Fonctions utiles
- Fonctions sur données temporelles :
- date et heure courante :
now() - âge :
age(timestamp) - extraire une partie d’une date :
extract('year' FROM timestamp) - ou
date_part('Y',timestamp) to_char(date, format): formatter l’affichage d’une date
- date et heure courante :
- Fonctions sur données caractères :
- longueur d’une chaîne de caractère :
char_length(chaine)
- longueur d’une chaîne de caractère :
- Compter les lignes :
count(*)
Parmi les fonctions les plus couramment utilisées, la fonction now() permet d’obtenir la date et l’heure courante. Elle ne prend aucun argument. Elle est souvent utilisée, notamment pour affecter automatiquement la valeur de l’heure courante à une colonne.
La fonction age(timestamp) permet de connaître l’âge d’une date par rapport à la date courante.
La fonction char_length(varchar) permet de connaître la longueur d’une chaîne de caractère.
Enfin, la fonction count(*) permet de compter le nombre de lignes. Il s’agit d’une fonction d’agrégat, il n’est donc pas possible d’afficher les valeurs d’autres colonnes sans faire appel aux capacités de regroupement des lignes de SQL.
Exemples
Affichage de l’heure courante (noter la présence du fuseau horaire) :
Affichage de l’âge du 1ᵉʳ janvier 2000 :
Affichage de la longueur de la chaîne « Dalibo » :
Affichage du nombre de lignes de la table vin :
Clause FROM
- Description des tables mises en œuvre dans la requête
- une seule table
- plusieurs tables jointes
- sous-requête
La clause FROM permet de lister les tables qui sont mises en œuvres dans la requêtes SELECT. Il s’agit souvent d’une table physique ou d’une vue, mais ce peut être aussi une vue matérialisée ou une sous-requête. Le résultat de leur lecture sera une table du point de vue de la requête qui la met en œuvre.
Plusieurs tables peuvent être précisées ici, généralement pour les associer avec une jointure.
Alias de table
Mot-clé
AS- optionnel :
reference_table alias
PostgreSQL permet de créer ses propres types de données. Les usages les plus courants consistent à créer des types composites pour permettre à des fonctions de retourner des données sous forme tabulaire (retour de type SETOF).
L’utilisation du type énuméré (enum) nécessite aussi la création d’un type spécifique. Le type sera alors employé pour déclarer les objets utilisant une énumération.
Enfin, si l’on souhaite étendre les types intervalles (range) déjà disponibles, il est nécessaire de créer un type spécifique.
La création d’un type scalaire est bien plus marginale. Elle permet en effet d’étendre les types fournis par PostgreSQL mais nécessite d’avoir des connaissances fines des mécanismes de PostgreSQL. De plus, dans la majeure partie des cas, les types standards suffisent en général à résoudre les problèmes qui peuvent se poser à la conception.
Quant aux types tableaux, ils sont créés implicitement par PostgreSQL quand un utilisateur crée un type personnalisé.
Exemples
Utilisation d’un type enum :
Création d’un type interval float8_range :
Conclusion
- Modèle relationnel : extrêmement efficace
- SQL : traitement d’ensembles d’enregistrements
- Pour les lectures :
SELECT - Nom des objets en minuscules
- Des types de données simples et d’autres plus complexes
Le standard SQL permet de traiter des ensembles d’enregistrements. Un enregistrement correspond à une ligne dans une relation. Il est possible de lire ces relations grâce à l’ordre SELECT.
Bibliographie
- Bases de données - de la modélisation au SQL (Laurent Audibert)
- SQL avancé : programmation et techniques avancées (Joe Celko)
- SQL : Au coeur des performances (Markus Winand)
- The Manga Guide to Databases (Takahashi, Mana, Azuma, Shoko)
- The Art of SQL (Stéphane Faroult)
Bases de données - de la modélisation au SQL
- Auteur : Laurent Audibert
- Éditeur : Ellipses
- ISBN : 978-2729851200
Ce livre présente les notions essentielles pour modéliser une base de données et utiliser le langage SQL pour utiliser les bases de données créées. L’auteur appuie ses exercices sur PostgreSQL.
SQL avancé : programmation et techniques avancées
- Auteur : Joe Celko
- Editeur : Vuibert
- ISBN : 978-2711786503
Ce livre est écrit par une personne ayant participé à l’élaboration du standard SQL. Il a souhaité montré les bonnes pratiques pour utiliser le SQL pour résoudre un certain nombre de problèmes de tous les jours. Le livre s’appuie cependant sur la norme SQL-92, voire SQL-89. L’édition anglaise SQL for Smarties est bien plus à jour. Pour les anglophones, la lecture de l’ensemble des livres de Joe Celko est particulièrement recommandée.
SQL : Au cœur des performances
- Auteur : Markus Winand
- Éditeur : auto-édité
- ISBN : 978-3950307832
- site Internet
Il s’agit du livre de référence sur les performances en SQL. Il dresse un inventaire des différents cas d’utilisation des index par la base de données, ce qui permettra de mieux prévoir l’indexation dès la conception. Ce livre s’adresse à un public avancé.
The Manga Guide to Databases
- Auteur : Takahashi, Mana, Azuma, Shoko
- Éditeur : No Starch Press
- ASIN : B00BUFN70E
The Art of SQL
- Auteur : Stéphane Faroult
- Éditeur : O’Reilly
- ISBN : 978-0-596-00894-9
- ISBN : 978-0-596-15971-9 (e-book)
Ce livre s’adresse également à un public avancé. Il présente également les bonnes pratiques lorsque l’on utilise une base de données.
Questions
N’hésitez pas, c’est le moment !
Quiz
Travaux pratiques
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/s10_solutions.
Requêtes simples :
Afficher l’heure courante, au méridien de Greenwich.
Afficher la date et l’heure qu’il sera dans 1 mois et 1 jour.
Extraire le mois courant et calculer le nombre de mois restant avant le mois de décembre.
Ajouter 1 au nombre de type réel ‘1.42’. Pourquoi ce résultat ? Quel type de données permet d’obtenir un résultat correct ?
Requêtes sur la base tpc :
Pour les questions suivantes, il faudra se connecter à la base de données tpc. Si vous ne l’avez pas déjà, la base tpc (dump de 31 Mo, pour 267 Mo sur le disque au final) et ses utilisateurs peuvent être installés comme suit :
Les mots de passe sont dans le script /tmp/tpc_roles.sql. Pour vous connecter :
Le schéma suivant montre les différentes tables de la base :

Avec psql, pour changer de base, vous pouvez lancer la méta-commande suivante:
Afficher le contenu de la table
paysen classant les pays dans l’ordre alphabétique.
Afficher les pays contenant la lettre
a, majuscule ou minuscule. Plusieurs solutions sont possibles.
Afficher le nombre lignes de commandes (table
lignes_commandes) dont la quantité commandée est comprise entre 5 et 10.
Pour chaque pays, afficher son nom et la région du monde dont il fait partie.
Afficher le nombre total de clients français et allemands.
Sortie attendue :
Afficher le numéro de commande et le nom du client ayant passé la commande. Seul un sous-ensemble des résultats sera affiché : les 20 premières lignes du résultat seront exclues et seules les 20 suivantes seront affichées. Il faut penser à ce que le résultat de cette requête soit stable entre plusieurs exécutions.
Sortie attendue :
Afficher les noms et codes des pays qui font partie de la région « Europe ».
Sortie attendue :
Pour chaque pays, afficher une chaîne de caractères composée de son nom, suivi entre parenthèses de son code puis, séparé par une virgule, du nom de la région dont il fait partie.
Sortie attendue :
Pour les clients ayant passé des commandes durant le mois de janvier 2011, affichez les identifiants des clients, leur nom, leur numéro de téléphone et le nom de leur pays.
Sortie attendue :
Pour les dix premières commandes de l’année 2011, afficher son numéro, sa date ainsi que son âge.
Sortie attendue :
Travaux pratiques (solutions)
Requêtes simples :
Afficher l’heure courante, au méridien de Greenwich.
Afficher la date et l’heure qu’il sera dans 1 mois et 1 jour.
Extraire le mois courant et calculer le nombre de mois restant avant le mois de décembre.
Ajouter 1 au nombre de type réel ‘1.42’. Pourquoi ce résultat ? Quel type de données permet d’obtenir un résultat correct ?
Le type de données real est un type numérique à virgule flottante, codé sur 4 octets. Il n’offre pas une précision suffisante pour les calculs précis. Son seul avantage est la vitesse de calcul. Pour effectuer des calculs précis, il vaut mieux privilégier le type de données numeric.
Requêtes sur la base tpc :
Pour les questions suivantes, il faudra se connecter à la base de données tpc. Si vous ne l’avez pas déjà, la base tpc (dump de 31 Mo, pour 267 Mo sur le disque au final) et ses utilisateurs peuvent être installés comme suit :
Les mots de passe sont dans le script /tmp/tpc_roles.sql. Pour vous connecter :
Le schéma suivant montre les différentes tables de la base :

Avec psql, pour changer de base, vous pouvez lancer la méta-commande suivante:
Afficher le contenu de la table
paysen classant les pays dans l’ordre alphabétique.
Afficher les pays contenant la lettre
a, majuscule ou minuscule. Plusieurs solutions sont possibles.
En terme de performances, la seconde variante sera plus rapide sur un volume de données important si l’on dispose du bon index. La taille de la table pays ne permet pas d’observer de différence significative sur cette requête.
Afficher le nombre lignes de commandes (table
lignes_commandes) dont la quantité commandée est comprise entre 5 et 10.
Autre écriture possible :
Pour chaque pays, afficher son nom et la région du monde dont il fait partie.
Afficher le nombre total de clients français et allemands.
À noter que cette syntaxe est obsolète, il faut utiliser la clause JOIN, plus lisible et plus complète, qui sera vue plus loin :
En connaissant les codes de ces pays, il est possible d’éviter la lecture de la table pays :
L’équivalent avec la syntaxe JOIN serait :
Afficher le numéro de commande et le nom du client ayant passé la commande. Seul un sous-ensemble des résultats sera affiché : les 20 premières lignes du résultat seront exclues et seules les 20 suivantes seront affichées. Il faut penser à ce que le résultat de cette requête soit stable entre plusieurs exécutions.
La syntaxe normalisée SQL impose d’écrire la requête de la façon suivante. La stabilité du résultat de la requête est garantie par un tri explicite, s’il n’est pas précisé, la base de données va retourner les lignes dans l’ordre physique qui est susceptible de changer entre deux exécutions :
Mais PostgreSQL supporte également la clause LIMIT :
Et l’équivalent avec la syntaxe JOIN serait :
Afficher les noms et codes des pays qui font partie de la région « Europe ».
Et l’équivalent avec la syntaxe JOIN serait :
Pour chaque pays, afficher une chaîne de caractères composée de son nom, suivi entre parenthèses de son code puis, séparé par une virgule, du nom de la région dont il fait partie.
Et l’équivalent avec la syntaxe JOIN serait :
Alternativement la fonction format peut être utilisée :
Pour les clients ayant passé des commandes durant le mois de janvier 2011, affichez les identifiants des clients, leur nom, leur numéro de téléphone et le nom de leur pays.
Le troisième module de la formation abordera les jointures et leurs syntaxes. Pour retrouver cette notion dans le manuel, voir la section sur les jointures. À l’issue de ce prochain module, la requête de cet exercice pourrait être écrite de la façon suivante :
Pour les dix premières commandes de l’année 2011, afficher son numéro, sa date ainsi que son âge.
2 Types de base
Types de base
- PostgreSQL offre un système de typage complet
- types standards
- types avancés propres à PostgreSQL
Préambule
- SQL possède un typage fort
- le type utilisé décrit la donnée manipulée
- garantit l’intégrité des données
- primordial au niveau fonctionnel
- garantit les performances
Menu
- Qu’est-ce qu’un type ?
- Les types SQL standards
- numériques
- temporels
- textuels et binaires
- Les types avancés de PostgreSQL
Objectifs
- Comprendre le système de typage de PostgreSQL
- Savoir choisir le type adapté à une donnée
- Être capable d’utiliser les types avancés à bon escient
Les types de données
- Qu’est-ce qu’un type ?
- Représentation physique
- Impacts sur l’intégrité
- Impacts fonctionnels
Qu’est-ce qu’un type ?
- Un type définit :
- les valeurs que peut prendre une donnée
- les opérateurs applicables à cette donnée
Impact sur les performances
- Choisir le bon type pour :
- optimiser les performances
- optimiser le stockage
Impacts sur l’intégrité
- Le bon type de données garantit l’intégrité des données :
- la bonne représentation
- le bon intervalle de valeur
Le choix du type employé pour stocker une donnée est primordial pour garantir l’intégrité des données.
Par exemple, sur une base de données mal conçue, il peut arriver que les dates soient stockées sous la forme d’une chaîne de caractère. Ainsi, une date malformée ou invalide pourra être enregistrée dans la base de données, passant outre les mécanismes de contrôle d’intégrité de la base de données. Si une date est stockée dans une colonne de type date, alors ces problèmes ne se posent pas :
^
Impacts fonctionnels
- Un type de données offre des opérateurs spécifiques :
- comparaison
- manipulation
- Exemple: une date est-elle comprise entre deux dates données ?
Types numériques
- Entiers
- Flottants
- Précision fixée
Types numériques : entiers
- 3 types entiers :
smallint: 2 octetsinteger: 4 octetsbigint: 8 octets
- Valeur exacte
- Signé
- Utilisation :
- véritable entier
- clé technique
Les smallint couvrent des valeurs de -32 768 à +32 767. Attention à ne réserver leur utilisation qu’à ce qui ne dépassera pas cette plage.
Les integer vont de -2,1 à +2,1 milliards environ. Ce n’est pas toujours suffisant. Les bigint sur 8 octets vont jusque environ 9,2 10¹⁸.
- Documentation officielle : Types entiers
Types numériques : flottants
- 2 types flottants :
real(=float4)double precision(=float8)
- Données numériques « floues »
- valeurs non exactes
- Utilisation :
- stockage des données issues de capteurs
Ces types n’ont pas de bornes mais une précision limitée.
real (4 octets) peut aller de 10⁻³⁷ à 10³⁷ avec une précision d’au moins six chiffres décimaux. Le type double precision a une étendue de 10⁻³⁰⁷ à 10³⁰⁸ avec une précision d’au moins quinze chiffres.
- Documentation officielle : Types flottants
Types numériques : numeric
- 1 type
numeric(…, …)
- Type exact
- mais calcul lent
- Précision choisie : totale, partie décimale
- Utilisation :
- données financières
- calculs exacts
Le type numeric est destiné aux calculs précis (financiers ou scientifiques par exemple) avec une précision arbitraire, avec une certaine lenteur et une consommation mémoire ou d’espace de stockage potentiellement plus grande que les types flottants.
- Documentation officielle : Nombres à précision arbitraire
Opérations sur les numériques
- Indexable :
>,>=,=,<=,< +,-,/,*, modulo (%), puissance (^)- Pour les entiers :
AND,OR,XOR(&,|,#)- décalage de bits (shifting):
>>,<<
- Attention aux conversions (casts) / promotions !
Toutes les colonnes de types numériques sont indexables avec des index standards B-tree, permettant la recherche avec les opérateurs d’égalité, supérieur ou inférieur.
Pour les entiers, il est possible de réaliser des opérations bit-à-bit :
Il faut toutefois être vigilant face aux opérations de conversion de type implicites et celles de promotion de type numérique. En effet un index portant sur un champ numérique ne sera compatible qu’avec ce type.
Par exemple, les deux requêtes suivantes ramèneront le même résultat, mais l’une sera capable d’utiliser un éventuel index sur id, l’autre non, comme le montrent les plans d’exécution :
Cela peut paraître contre-intuitif, mais la conversion est réalisée dans ce sens pour ne pas perdre d’information. Par exemple, si la valeur numérique cherchée n’est pas un entier. Il faut donc faire spécialement attention aux types utilisés côté applicatif. Avec un ORM tel qu’Hibernate, il peut être tentant de faire correspondre un BigInt à un numeric côté SQL, ce qui engendrera des casts implicites, et potentiellement des indexes non utilisés.
Choix d’un type numérique
integeroubiginteger:- identifiants (clés primaires et autre)
- nombres entiers
numeric:- valeurs décimales exactes
- performance non critique
float,real:- valeurs flottantes, non exactes
- performance demandée :
SUM(),AVG(), etc.
Pour les identifiants, il est préférable d’utiliser des entiers ou grands entiers. En effet, il n’est pas nécessaire de s’encombrer du bagage technique et de la pénalité en performance dû à l’utilisation de numeric. Contrairement à d’autres SGBD, PostgreSQL ne transforme pas un numeric sans partie décimale en entier, et celui-ci souffre donc des performances inhérentes au type numeric.
De même, lorsque les valeurs sont entières, il faut utiliser le type adéquat.
Pour les nombres décimaux, lorsque la performance n’est pas critique, préférer le type numeric: il est beaucoup plus simple de raisonner sur ceux-ci et leur précision que de garder à l’esprit les subtilités du standard IEEE 754 définissant les opérations sur les flottants. Dans le cas de données décimales nécessitant une précision exacte, il est impératif d’utiliser le type numeric.
Les nombres flottants (float et real) ne devraient être utilisés que lorsque les implications en terme de perte de précision sont intégrées, et que la performance d’un type numeric devient gênante. En pratique, cela est généralement le cas lors d’opérations d’agrégations.
Pour bien montrer les subtilités des types float, et les risques auquels ils nous exposent, considérons l’exemple suivant, en créant une table contenant 25 000 fois la valeur 0.4, stockée soit en float soit en numeric :
Si l’on considère la performance de ces opérations, on remarque des temps d’exécution bien différents :
Pour aller (beaucoup) plus loin, le document suivant détaille le comportement des flottants selon le standard :
Types temporels
- Date
- Date & heure
- …avec ou sans fuseau
Types temporels : date
date- représente une date, sans heure
- affichage format ISO :
YYYY-MM-DD
- Utilisation :
- stockage d’une date lorsque la composante heure n’est pas utilisée
- Cas déconseillés :
- stockage d’une date lorsque la composante heure est utilisée
Types temporels : time
time- représente une heure sans date
- affichage format ISO
HH24:MI:SS
- Peu de cas d’utilisation
- À éviter :
- stockage d’une date et de la composante heure dans deux colonnes
Types temporels : timestamp
timestamp(without time zone!)- représente une date et une heure
- fuseau horaire non précisé
- Utilisation :
- stockage d’une date et d’une heure
Le nom réel est timestamp without time zone. Comme on va le voir, il faut lui préférer le type timestamptz.
Types temporels : timestamp with time zone
timestamp with time zone=timestamptz- représente une date et une heure
- fuseau horaire inclus
- affichage :
2019-11-13 15:33:00.824096+01
- Utilisation :
- stockage d’une date et d’une heure, cadre mondial
- calculs tiennent compte des heures d’été aussi
- à préférer à
timestamp without time zone
Ces deux exemples ont été exécutés à quelques secondes d’intervalle sur des instances en France (heure d’hiver) et au Brésil :
On préférera presque tout le temps le type timestamptz à timestamp (sans fuseau horaire). Même si un seul fuseau horaire est utilisé, il permet de s’épargner le calcul des heures d’été et d’hiver !
Les deux types occupent 8 octets, le fuseau horaire ne coûte donc pas plus cher à stocker.
Types temporels : interval
interval- représente une durée
- Utilisation :
- exprimer une durée
- dans une requête, pour modifier une date/heure existante
Choix d’un type temporel
- Préférer les types avec timezone
- toujours plus simple à gérer au début qu’à la fin
- Considérer les types
rangepour tout couple « début/fin » - Utiliser
interval/generate_series
De manière générale, il est beaucoup plus simple de gérer des dates avec timezone côté base. En effet, dans le cas où un seul fuseau horaire est géré, les clients ne verront pas la différence. Si en revanche les besoins évoluent, il sera beaucoup plus simple de gérer les différents fuseaux à ce moment là.
Les points suivants concernent plus de la modélisation que des types de données à proprement parler, mais il est important de considérer les types range dès lors que l’on souhaite stocker un couple « date de début/date de fin ». Nous aurons l’occasion de revenir sur ces types.
Types chaînes
- Texte à longueur variable
- Binaires
En général, on choisira une chaîne de longueur variable.
(Nous ne parlerons pas ici du type char (à taille fixe), qu’on ne renconte plus guère que dans de très vieilles bases, et qui n’a même pas d’avantage de performance.)
Types chaînes : caractères
varchar(_n_),text- Représentent une chaîne de caractères
- Valident l’encodage
- Valident la longueur maximale de la chaîne
- la taille est une contrainte
- Utilisation :
- stocker des chaînes de caractères non binaires
Un champ de type varchar(10) stocke une chaîne d’au plus 10 caractères. Une chaîne plus grande sera rejetée, et non tronquée (sauf si ce sont des espaces à la fin, c’est une exigence du standard). 10 est ici une limite, une plus petite chaîne consommera moins de mémoire et d’espace disque.
Il faut considérer la longueur d’une chaîne comme une contrainte fonctionnelle. Si la limite n’est pas vraiment définie (champ commentaire d’un blog, ou même un champ de nom de famille…), préférez un type text à une limite arbitraire.
text ne figure pas dans le standard SQL mais se rencontre fréquemment. C’est un équivalent de varchar sans limite de taille. La limite de taille théorique de 1 Go sera en pratique plus basse, mais un champ text de 200 Mo, par exemple, est possible. Ce n’est pas forcément une bonne idée.
Types chaînes : binaires
bytea- Stockage de données binaires
- encodage en hexadécimal ou séquence d’échappement
- Utilisation :
- stockage de courtes données binaires
- Cas déconseillés :
- stockage de fichiers binaires
Le type bytea permet de stocker des données binaires dans une base de données PostgreSQL.
Voir le module de formation sur les types avancés.
Collation
- L’ordre de tri dépend des langues & de conventions variables
- Collation par colonne / index / requête
L’ordre de tri des chaînes de caractère (« collation ») peut varier suivant le contenu d’une colonne. Rien que parmi les langues européennes, il existe des spécificités propres à chacune, et même à différents pays pour une même langue. Si l’ordre des lettres est une convention courante, il existe de nombreuses variations propres à chacune (comme é, à, æ, ö, ß, å, ñ…), avec des règles de tri propres. Certaines lettres peuvent être assimilées à une combinaison d’autres lettres. De plus, la place relative des majuscules, celles des chiffres, ou des caractères non alphanumérique est une pure affaire de convention.
La collation dépend de l’encodage (la manière de stocker les caractères), de nos jours généralement UTF8 (standard Unicode). PostgreSQL utilise par défaut UTF8 et il est chaudement conseillé de ne pas changer cela. De vieilles bases peuvent avoir conservé un encodage plus ancien.
La collation par défaut dans une base est définie à sa création, et est visible avec \l (ci-dessous pour une installation en français). Le type de caractères est généralement identique.
Parmi les collations que l’on peut rencontrer, il y a par exemple en_US.UTF-8 (la collation par défaut de beaucoup d’installations), ou C, basée sur les caractères ASCII et les valeurs des octets. De vieilles installations peuvent encore contenir fr_FR.iso885915@euro.
Si le tri par défaut ne convient pas, on peut le changer à la volée dans la requête SQL, au besoin après avoir créé la collation.
Exemple avec du français :
Noter que les caractères « æ » et « ß » sont correctement assimilés à « ae » et « ss ». (Ce serait aussi le cas avec en_US.utf8 ou de_DE.utf8).
Avec la collation C, l’ordre est plus basique, soit celui des codes UTF-8 :
Un intérêt de la collation C est qu’elle est plus simple et se repose sur la glibc du système, ce qui lui permet d’être souvent plus rapide qu’une des collations ci-dessus. Il suffit donc parfois de remplacer ORDER BY champ_texte par ORDER BY champ_text COLLATE "C", à condition bien sûr que l’ordre ASCII convienne.
Il est possible d’indiquer dans la définition de chaque colonne quelle doit être sa collation par défaut :
Pour du danois :
Dans cette langue, les majuscules viennent traditionnellement avant les minuscules, et « å» et « aa » viennent après le « z ».
Avec une collation précisée dans la requête, un index peut ne pas être utilisable. En effet, par défaut, il est trié sur disque dans l’ordre de la collation de la colonne. Un index peut cependant se voir affecter une collation différente de celle de la colonne, par exemple pour un affichage ou une interrogation dans plusieurs langues :
La collation n’est pas qu’une question d’affichage. Le tri joue aussi dans la sélection quand il y a des inégalités, et le français et le danois renvoient ici des résultats différents :
Collation & sources
Source des collations :
- le système : installations séparées nécessaires, différences entre OS
- librairie externe ICU
CREATE COLLATION danois (provider = icu, locale = 'da-x-icu') ;
Des collations comme en_US.UTF-8 ou fr_FR.UTF-8 sont dépendantes des locales installées sur la machine. Cela implique qu’elles peuvent subtilement différer entre deux systèmes, même entre deux versions d’un même système d’exploitation ! De plus, la locale voulue n’est pas forcément présente, et son mode d’installation dépend du système d’exploitation et de sa distribution…
Pour éliminer ces problèmes tout en améliorant la flexibilité, PostgreSQL 10 a introduit les collations ICU, c’est-à-dire standardisées et versionnées dans une librairie séparée. En pratique, les paquets des distributions l’installent automatiquement avec PostgreSQL. Les collations linguistiques sont donc immédiatement disponibles via ICU :
La librairie ICU fournit d’autres collations plus spécifiques liées à un contexte, par exemple l’ordre d’un annuaire ou l’ordre suivant la casse. Par exemple, cette collation très pratique tient compte de la valeur des chiffres (« tri naturel ») :
Alors que, par défaut, « 02 » précéderait « 1 » :
Pour d’autres exemples et les détails, voir ce billet de Peter Eisentraut et la documentation officielle.
Pour voir les collations disponibles, consulter pg_collation :
Les collations installées dans la base sont visibles avec \dO sous psql :
Types avancés
- PostgreSQL propose des types plus avancés
- faiblement structurés (JSON)
- intervalle
- géométriques
- tableaux
Types faiblement structurés
- PostgreSQL propose plusieurs types faiblement structurés :
hstore: clé/valeur historique- XML : stockage, sans plus
- JSON
Des types faiblement structurés peuvent apporter une souplesse que ne possède pas un schéma de base de données, par nature assez rigide.
Pour un type clé/valeur simple, hstore peut parfaitement faire l’affaire. Mais PostgreSQL sait manier du JSON depuis des années, qui est plus puissant et plus répandu.
Pour les détails, voir le module de formation sur les types avancés.
JSON
json- stockage sous forme d’une chaîne de caractère
- valide un document JSON sans modification
jsonb- à préférer
- stockage binaire optimisé
- beaucoup plus de fonctions (dont JSONPath)
Pour manipuler du JSON dans PostgreSQL, préférer le type jsonb, compressé et offrant de nombreuses fonctionnalités et possibilités d’indexation. Le type json est historique et plus dédié à l’archivage à l’identique de documents JSON.
Pour les détails, voir le module de formation sur les types avancés.
Types intervalle de valeurs
- Représentation d’intervalle
- utilisable avec plusieurs types : entiers, dates, timestamps, etc.
- contrainte d’exclusion
Range
- Représente un intervalle de valeurs continues
- entre deux bornes
- incluses ou non
- Plusieurs types natifs
int4range,int8range,numrangedaterange,tsrange,tstzrange
Les intervalles de valeurs (range) représentent un ensemble de valeurs continues comprises entre deux bornes. Ces dernières sont entourées par des crochets [ et ] lorsqu’elles sont incluses, et par des parenthèses ( et ) lorsqu’elles sont exclues. L’absence de borne est admise et correspond à l’infini.
[0,10]: toutes les valeurs comprises entre 0 et 10 ;(100,200]: toutes les valeurs comprises entre 100 et 200, 100 exclu ;[2021-01-01,): toutes les dates supérieures au 1er janvier 2021 inclus ;empty: aucune valeur ou intervalle vide.
Le type abstrait anyrange se décline en int4range (int), int8range (bigint), numrange (numeric), daterange (date), tsrange (timestamp without timezone), tstzrange (timestamp with timezone).
Range : Manipulation
- Opérateurs spécifiques
*,&&,<@ou@> - Indexation avec GiST ou SP-GiST
- Types personnalisés
Les opérateurs d’inclusion <@ et @> déterminent si une valeur ou un autre intervalle sont contenus dans l’intervalle de gauche ou de droite.
L’opérateur de chevauchement && détermine si deux intervalles du même type disposent d’au moins une valeur commune.
L’opérateur d’intersection * reconstruit l’intervalle des valeurs continues et communes entre deux intervalles.
Pour garantir des temps de réponse acceptables sur les recherches avancées avec les opérateurs ci-dessus, il est nécessaire d’utiliser les index GiST ou SP-GiST. La syntaxe est la suivante :
Enfin, il est possible de créer ses propres types range personnalisés à l’aide d’une fonction de différence. L’exemple ci-dessous permet de manipuler l’intervalle de données pour le type time. La fonction time_subtype_diff() est tirée de la documentation RANGETYPES-DEFINING.
Clés temporelles / contrainte d’exclusion
- Éviter le chevauchement d’intervalles (
range)
- Performances : extension
btree_gist - Avant PG18 : utiliser les clauses d’exclusion
Les clés temporelles apparues avec PostgreSQL 18 permettent d’éviter que des intervalles de temps se chevauchent. Ce souci est assez courant dans les réservations de ressources ou pour gestions de dates de validité de lignes.
Un index de type GiST est obligatoire, et nécessite l’extension btree_gist, livrée avec PostgreSQL :
Dans l’exemple suivant, la période est gérée dans un type intervalle avec des bornes de type timestamp with time zone.
Pour une même salle, les réservations ne doivent pas se recouvrir. Une clé primaire peut donc porter sur la salle et la période :
Si l’on a besoin d’une clé primaire technique, une clé unique, et non primaire, fonctionne de la même manière.
Des réservations successives dans les deux salles s’insèrent ainsi :
Cette réservation empiète par contre sur la deuxième réservation et provoque donc une erreur :
Une clé unique ou primaire permet de créer une clé étrangère pointant dessus. Cette table gère les inscriptions des élèves aux cours. Ceux-ci ne peuvent s’inscrire que pendant les périodes qui existent, ou une fraction du cours, et pas assister à plusieurs cours en même temps. Noter le mot-clé PERIOD nécessaire dans la définition.
Deux inscriptions au même cours réussissent :
Le cours doit exister dans la bonne période :
Deux inscriptions simultanées de la même personne échouent, y compris pour une période légèrement différente :
Des périodes de taille inférieure comprises dans celles de la clé sont possibles, pour une absence en milieu de période par exemple :
Pour gérer ce dernier cas avec plusieurs intervalles disjoints, on pourrait même utiliser des types multirange. Une clé temporelle fonctionne aussi avec eux. Pour cela, remplacer tstzrange par tstzmultirange dans les deux tables, et utiliser une syntaxe comme :
Les index créés automatiquement sur les tables sont ceux-ci :
Avant PostgreSQL 18, il est possible d’arriver presque au même résultat avec une autre fonctionnalité, les contraintes d’exclusion. Elles gèrent tout type dont les occurences ne doivent pas se recouper, par exemple des objets géométriques. Les périodes de temps n’en sont qu’un cas particulier.
Types géométriques
- Plusieurs types natifs 2D :
point,line,lseg(segment),polygon,circle,box,path
- Utilisation :
- stockage de géométries simples, sans référentiel de projection
- Pour la géographie :
- extension PostGIS
Certaines applications peuvent profiter des types géométriques. Voir la documentation officielle :
Pour de la cartographie, l’extension PostGIS est la référence. Une fois installée, elle apporte de nombreux types et fonctions dédiés.
Types utilisateurs
- Plusieurs types définissables par l’utilisateur
- types composites
- domaines
- enums
Types composites
- Regroupe plusieurs attributs
- la création d’une table implique la création d’un type composite associé
- Utilisation :
- déclarer un tableau de données composites
- en PL/pgSQL, déclarer une variable de type enregistrement
Les types composites sont assez difficiles à utiliser, car ils nécessitent d’adapter la syntaxe spécifiquement au type composite. S’il ne s’agit que de regrouper quelques attributs ensemble, autant les lister simplement dans la déclaration de la table.
En revanche, il peut être intéressant pour stocker un tableau de données composites dans une table.
Type énumération
- Ensemble fini de valeurs possibles
- uniquement des chaînes de caractères
- 63 caractères maximum
- Équivalent des énumérations des autres langages
- Utilisation :
- listes courtes figées (statuts…)
- évite des jointures
Référence :
Conclusion
- Des types de base assez simples
- Le choix du type est capital
Quiz
3 Création d’objets et mises à jour
Création d’objets et mises à jour
Introduction
- DDL, gérer les objets
- DML, écrire des données
- Gérer les transactions
Le module précédent nous a permis de voir comment lire des données à partir de requêtes SQL. Ce module a pour but de présenter la création et la gestion des objets dans la base de données (par exemple les tables), ainsi que l’ajout, la suppression et la modification de données.
Une dernière partie sera consacrée aux transactions.
Menu
- DDL (Data Definition Language)
- DML (Data Manipulation Language)
- TCL (Transaction Control Language)
Objectifs
- Savoir créer, modifier et supprimer des objets
- Savoir utiliser les contraintes d’intégrité
- Savoir mettre à jour les données
- Savoir utiliser les transactions
DDL
- DDL
- Data Definition Language
- langage de définition de données
- Permet de définir des objets dans la base de données
Les ordres DDL (acronyme de Data Definition Language) permettent de définir des objets dans la base de données et notamment la structure de base du standard SQL : les tables.
Objets d’une base de données
- Objets définis par la norme SQL :
- schémas
- séquences
- tables
- contraintes
- domaines
- vues
- fonctions
- triggers
La norme SQL définit un certain nombre d’objets standards qu’il est possible de créer en utilisant les ordres DDL. D’autres types d’objets existent bien entendu, comme les domaines. Les ordres DDL permettent également de créer des index, bien qu’ils ne soient pas définis dans la norme SQL.
La seule structure de données possible dans une base de données relationnelle est la table.
Créer des objets
- Ordre
CREATE - Syntaxe spécifique au type d’objet
- Exemple :
La création d’objet passe généralement par l’ordre CREATE. La syntaxe dépend fortement du type d’objet. Voici trois exemples :
Pour créer un objet, il faut être propriétaire du schéma ou de la base auquel appartiendra l’objet ou avoir le droit CREATE sur le schéma ou la base.
Modifier des objets
Ordre
ALTERSyntaxe spécifique pour modifier la définition d’un objet
Exemple :
- renommage
ALTER type_objet ancien_nom RENAME TO nouveau_nom ;
- changement de schéma
Modifier un objet veut dire modifier ses propriétés. On utilise dans ce cas l’ordre ALTER. Il faut être propriétaire de l’objet pour pouvoir le faire.
Deux propriétés sont communes à tous les objets : le nom de l’objet et son propriétaire. Deux autres sont fréquentes et dépendent du type de l’objet : le schéma et le tablespace. Les autres propriétés dépendent directement du type de l’objet.
Supprimer des objets
Ordre
DROPExemples :
- supprimer un objet :
DROP type_objet nom_objet ;
Seul un propriétaire peut supprimer un objet. Il utilise pour cela l’ordre DROP. Pour les objets ayant des dépendances, l’option CASCADE permet de tout supprimer d’un coup. C’est très pratique, et c’est en même temps très dangereux : il faut donc utiliser cette option à bon escient.
Si un objet dépendant de l’objet à supprimer a lui aussi une dépendance, sa dépendance sera également supprimée. Ainsi de suite jusqu’à la dernière dépendance.
Schéma
- Identique à un espace de nommage
- Permet d’organiser les tables de façon logique
- Possibilité d’avoir des objets de même nom dans des schémas différents
- Pas d’imbrication (contrairement à des répertoires par exemple)
- Schéma
public- existe par défaut dans une base PostgreSQL
GRANT CREATEnécessaire pour y écrire- parfois supprimé pour la sécurité
La notion de schéma dans PostgreSQL est à rapprocher de la notion d’espace de nommage (ou namespace) de certains langages de programmation. Le catalogue système qui contient la définition des schémas dans PostgreSQL s’appelle d’ailleurs pg_namespace.
Les schémas sont utilisés pour répartir les objets de façon purement logique, suivant un schéma interne à l’organisation. Ils servent aussi à faciliter la gestion des droits (il suffit de révoquer le droit d’utilisation d’un schéma à un utilisateur pour que les objets contenus dans ce schéma ne soient plus accessibles à cet utilisateur).
Un schéma public est créé par défaut dans toute nouvelle base de données.
Attention
Par défaut, un simple utilisateur ne peut écrire dans public. Le droit d’écriture doit être donné explicitement :
(Jusque PostgreSQL 14 inclus, tout le monde pouvait y créer des objets. Cela posait des problèmes de sécurité, donc ce droit était souvent révoqué, ou le schéma public supprimé.)
Il existe des schémas système masqués, par exemple pour des tables temporaires ou les tables système (schéma pg_catalog).
Gestion d’un schéma
CREATE SCHEMA nom_schémaALTER SCHEMA nom_schéma- renommage
- changement de propriétaire
DROP SCHEMA [ IF EXISTS ] nom_schéma [ CASCADE ]
L’ordre CREATE SCHEMA permet de créer un schéma. Il suffit de lui spécifier le nom du schéma. CREATE SCHEMA offre d’autres possibilités qui sont rarement utilisées.
L’ordre ALTER SCHEMA nom_schema RENAME TO nouveau_nom_schema permet de renommer un schéma. L’ordre ALTER SCHEMA nom_schema OWNER TO proprietaire permet de changer le propriétaire d’un schéma.
Enfin, l’ordre DROP SCHEMA permet de supprimer un schéma si il est vide. La clause IF EXISTS permet d’éviter la levée d’une erreur si le schéma n’existe pas (très utile dans les scripts SQL). La clause CASCADE permet de supprimer le schéma ainsi que tous les objets qui sont positionnés dans le schéma.
Exemples
Création d’un schéma reference :
Une table peut être créée dans ce schéma :
La suppression directe du schéma ne fonctionne pas car il porte encore la table communes :
L’option CASCADE permet de supprimer le schéma et ses objets dépendants :
Accès aux objets
- Nommage explicite
nom_schema.nom_objet
- Chemin de recherche de schéma
- paramètre
search_path SET search_path = schema1,schema2,public;- par défaut :
$user, public
- paramètre
Le paramètre search_path permet de définir un chemin de recherche pour pouvoir retrouver les tables dont le nom n’est pas qualifié par le nom de son schéma. PostgreSQL procèdera de la même façon que le système avec la variable $PATH : il recherche la table dans le premier schéma listé. S’il trouve une table portant ce nom dans le schéma, il préfixe le nom de table avec celui du schéma. S’il ne trouve pas de table de ce nom dans le schéma, il effectue la même opération sur le prochain schéma de la liste du search_path. S’il n’a trouvé aucune table de ce nom dans les schémas listés par search_path, PostgreSQL lève une erreur.
Comme beaucoup d’autres paramètres, le search_path peut être positionné à différents endroits. Par défaut, il est assigné à $user, public, c’est-à-dire que le premier schéma de recherche portera le nom de l’utilisateur courant, et le second schéma de recherche est public.
Il est possible de vérifier la configuration de la variable search_path à l’aide de la commande SHOW :
Pour obtenir une configuration particulière, la variable search_path peut être positionnée dans le fichier postgresql.conf :
Cette variable peut aussi être positionnée au niveau d’un utilisateur. Chaque fois que l’utilisateur se connectera, il prendra le search_path de sa configuration spécifique :
Cela peut aussi se faire au niveau d’une base de données. Chaque fois qu’un utilisateur se connectera à la base, il prendra le search_path de cette base, sauf si l’utilisateur a déjà une configuration spécifique :
La variable search_path peut également être positionnée pour un utilisateur particulier, dans une base particulière :
Enfin, la variable search_path peut être modifiée dynamiquement dans la session avec la commande SET :
Séquences
- Séquence
- génère une séquence de nombres
- Paramètres
- valeur minimale
MINVALUE - valeur maximale
MAXVALUE - valeur de départ
START - incrément
INCREMENT - cache
CACHE - cycle autorisé
CYCLE
- valeur minimale
Les séquences sont des objets standards qui permettent de générer des séries de valeur. Elles sont utilisées notamment pour générer un numéro unique pour un identifiant ou, plus rarement, pour disposer d’un compteur informatif, mis à jour au besoin.
Le cache de la séquence a pour effet de générer un certain nombre de valeurs en mémoire afin de les mettre à disposition de la session qui a utilisé la séquence. Même si les valeurs pré-calculées ne sont pas consommées dans la session, elles seront consommées au niveau de la séquence. Cela peut avoir pour effet de créer des trous dans les séquences d’identifiants et de consommer très rapidement les numéros de séquence possibles. Le cache de séquence n’a pas besoin d’être ajusté sur des applications réalisant de petites transactions. Il permet en revanche d’améliorer les performances sur des applications qui utilisent massivement des numéros de séquences, notamment pour réaliser des insertions massives.
Création d’une séquence
La syntaxe complète est donnée dans le slide.
Le mot clé TEMPORARY ou TEMP permet de définir si la séquence est temporaire. Si tel est le cas, elle sera détruite à la déconnexion de l’utilisateur.
Le mot clé INCREMENT définit l’incrément de la séquence, MINVALUE, la valeur minimale de la séquence et MAXVALUE, la valeur maximale. START détermine la valeur de départ initiale de la séquence, c’est-à-dire juste après sa création. La clause CACHE détermine le cache de séquence. CYCLE permet d’indiquer au SGBD que la séquence peut reprendre son compte à MINVALUE lorsqu’elle aura atteint MAXVALUE. La clause NO CYCLE indique que le rebouclage de la séquence est interdit, PostgreSQL lèvera alors une erreur lorsque la séquence aura atteint son MAXVALUE. Enfin, la clause OWNED BY détermine l’appartenance d’une séquence à une colonne d’une table. Ainsi, si la colonne est supprimée, la séquence sera implicitement supprimée.
Exemple de séquence avec rebouclage :
Modification d’une séquence
- Il est aussi possible de modifier
- le propriétaire
- le schéma
Les propriétés de la séquence peuvent être modifiées avec l’ordre ALTER SEQUENCE.
La séquence peut être affectée à un nouveau propriétaire :
Elle peut être renommée :
Enfin, elle peut être positionnée dans un nouveau schéma :
Suppression d’une séquence
Voici la syntaxe complète de DROP SEQUENCE :
Le mot clé CASCADE permet de supprimer la séquence ainsi que tous les objets dépendants (par exemple la valeur par défaut d’une colonne).
Séquences, utilisation
- Obtenir la valeur suivante
nextval('nom_sequence')
- Obtenir la valeur courante
currval('nom_sequence')- mais
nextval()doit être appelé avant dans la même session
- Ne pas utiliser pour une numérotation « sans trou » !
La fonction nextval() permet d’obtenir le numéro de séquence suivant. Son comportement n’est pas transactionnel. Une fois qu’un numéro est consommé, il n’est pas possible de revenir dessus, malgré un ROLLBACK de la transaction. La séquence est le seul objet à avoir un comportement de ce type. C’est cependant nécessaire, notamment pour des raisons de performance.
La fonction currval() permet d’obtenir le numéro de séquence courant, mais son usage nécessite d’avoir utilisé nextval() dans la même session.
Il est possible d’interroger une séquence avec une requête SELECT. Cela permet d’obtenir des informations sur la séquence, dont la dernière valeur utilisée dans la colonne last_value. Cet usage n’est pas recommandé en production et doit plutôt être utilisé à titre informatif.
Exemples
Utilisation d’une séquence simple :
Utilisation d’une séquence simple avec cache :
Déconnexion et reconnexion de l’utilisateur :
Suppression en cascade d’une séquence :
Attention
Une séquence n’est pas le bon outil s’il vous faut générer des suites de nombres « sans trou », par exemple des numéros de factures. Une séquence est conçue d’abord pour livrer des numéros uniques, et certaines valeurs peuvent être « perdues ».
Une suite unique réclame des techniques plus complexes nécessitant un verrouillage plus lourd.
Type SERIAL
- Type
serial/bigserial/smallserial- séquence générée automatiquement
- valeur par défaut
nextval(…)
- Préférer un entier avec
IDENTITY
Certaines bases de données offrent des colonnes auto-incrémentées (autoincrement de MySQL ou identity de SQL Server).
PostgreSQL possède identity à partir de PostgreSQL 10. Il était déjà possible d’utiliser serial, un équivalent qui s’appuie sur les séquences et la possibilité d’appliquer une valeur par défaut à une colonne.
Par exemple, si l’on crée la table suivante :
On s’aperçoit que la table a été créée telle que demandé, mais qu’une séquence a aussi été créée. Elle porte un nom dérivé de la table associé à la colonne correspondant au type serial, terminé par seq :
En examinant plus précisément la définition de la table, on s’aperçoit que la colonne id porte une valeur par défaut qui correspond à l’appel de la fonction nextval() sur la séquence qui a été créée implicitement :
smallserial et bigserial sont des variantes de serial s’appuyant sur des types d’entiers plus courts ou plus longs.
Domaines
- Permet d’associer
- un type standard
- et une contrainte (optionnelle)
Un domaine est un type standard (numérique, texte…) auquel ont été ajoutées des contraintes particulières.
Les domaines sont utiles pour ne pas définir les mêmes contraintes sur plusieurs colonnes. La maintenance en est ainsi facilitée.
Les domaines sont utiles pour ramener la définition de contraintes communes à plusieurs colonnes sur un seul objet. La maintenance en est ainsi facilitée.
L’ordre CREATE DOMAIN permet de créer un domaine, ALTER DOMAIN permet de modifier sa définition, et enfin, DROP DOMAIN permet de supprimer un domaine.
Exemples : gestion d’un domaine salaire :
Commençons par le domaine et une table d’exemple :
Insérons des données dans la table :
L’erreur ci-dessus est logique vu qu’on ne peut avoir qu’un entier strictement positif.
Tous les employés doivent avoir un salaire. Il faut donc modifier la contrainte pour s’assurer qu’aucune valeur NULL (vide) ne soit saisie
En effet, une ligne avec NULL est déjà présente, il faut la corriger pour pouvoir ajouter la contrainte.
La contrainte est donc bien vérifiée, et la ligne avec NULL rejetée.
Supprimons maintenant la contrainte :
Il n’est pas possible de supprimer le domaine car il est référencé dans une table. Il faut donc utiliser l’option CASCADE pour détruire aussi les objets qui dépendent du domaine.
Attention
Soyez très prudent en supprimant des objets avec CASCADE !
Le domaine a été supprimée ainsi que toutes les colonnes de ce type :
Exemples : création et utilisation d’un domaine code_postal_us :
Tables
- Équivalent ensembliste d’une relation
- Composé principalement de
- colonnes ordonnées
- contraintes
La table est l’élément de base d’une base de données. Elle est composée de colonnes (à sa création) et est remplie avec des enregistrements (lignes de la table). Sa définition peut aussi faire intervenir des contraintes, qui sont au niveau table ou colonne.
Création d’une table
- Définition de son nom
- Définition de ses colonnes
- nom, type, contraintes éventuelles
- Clauses de stockage
CREATE TABLE
Pour créer une table, il faut donner son nom et la liste des colonnes. Une colonne est définie par son nom et son type, mais aussi des contraintes optionnelles.
Des options sont possibles pour les tables, comme les clauses de stockage. Dans ce cas, on sort du contexte logique pour se placer au niveau physique.
CREATE TABLE
La création d’une table passe par l’ordre CREATE TABLE. La définition des colonnes et des contraintes sont entre parenthèse après le nom de la table.
Définition des colonnes
Les colonnes sont indiquées l’une après l’autre, en les séparant par des virgules.
Deux informations sont obligatoires pour chaque colonne : le nom et le type de la colonne. Dans le cas d’une colonne contenant du texte, il est possible de fournir le collationnement de la colonne. Quelle que soit la colonne, il est ensuite possible d’ajouter des contraintes.
Valeur par défaut
DEFAULT- affectation implicite
- Utiliser directement par les types sériés
La clause DEFAULT permet d’affecter une valeur par défaut lorsqu’une colonne n’est pas référencée dans l’ordre d’insertion ou si une mise à jour réinitialise la valeur de la colonne à sa valeur par défaut.
Les types sériés définissent une valeur par défaut sur les colonnes de ce type. Cette valeur est le retour de la fonction nextval() sur la séquence affectée automatiquement à cette colonne.
Exemples
Assignation d’une valeur par défaut :
Copie de la définition d’une table
- Création d’une table à partir d’une autre table
CREATE TABLE … (LIKE table clause_inclusion)
- Avec les valeurs par défaut des colonnes :
INCLUDING DEFAULTS
- Avec ses autres contraintes :
INCLUDING CONSTRAINTS
- Avec ses index :
INCLUDING INDEXES
L’ordre CREATE TABLE permet également de créer une table à partir de la définition d’une table déjà existante en utilisant la clause LIKE en lieu et place de la définition habituelle des colonnes. Par défaut, seule la définition des colonnes avec leur typage est repris.
Les clauses INCLUDING permettent de récupérer d’autres éléments de la définition de la table, comme les valeurs par défaut (INCLUDING DEFAULTS), les contraintes d’intégrité (INCLUDING CONSTRAINTS), les index (INCLUDING INDEXES), les clauses de stockage (INCLUDING STORAGE) ainsi que les commentaires (INCLUDING COMMENTS). Si l’ensemble de ces éléments sont repris, il est possible de résumer la clause INCLUDING à INCLUDING ALL.
La clause CREATE TABLE suivante permet de créer une table archive_evenements_2010 à partir de la définition de la table evenements :
Elle est équivalente à :
Modification d’une table
ALTER TABLE- Définition de la table
- renommage de la table
- ajout/modification/suppression d’une colonne
- déplacement dans un schéma différent
- changement du propriétaire
- Définition des colonnes
- renommage d’une colonne
- changement de type d’une colonne
- Définition des contraintes
- ajout/suppression d’une contrainte
Pour modifier la définition d’une table (et non pas son contenu), il convient d’utiliser l’ordre ALTER TABLE. Il permet de traiter la définition de la table (nom, propriétaire, schéma, liste des colonnes), la définition des colonnes (ajout, modification de nom et de type, suppression… mais pas de changement au niveau de leur ordre), et la définition des contraintes (ajout et suppression).
Conséquences des modifications d’une table
- Contention : verrous
- Vérification des données : durée
- Performance : possible réécriture de la table
Suivant la modification de la table, les verrous posés ne sont pas les mêmes, même si le verrou par défaut est un verrou exclusif. Par exemple, renommer une table nécessite un verrou exclusif, mais changer la taille de l’échantillon statistiques bloque uniquement certaines opérations de maintenance (comme VACUUM et ANALYZE) et certaines opérations DDL. L’utilisation de la commande ALTER TABLE sur un serveur en production doit donc souvent passer par une opération de maintenance planifiée.
Certaines opérations nécessitent de vérifier que les données satisfassent les nouvelles contraintes. C’est évident lors de l’ajout d’une clé primaire ou d’une contrainte NOT NULL, par exemple : il faut vérifier que les lignes existantes respectent la nouvelle contrainte. Or, relire une grosse table peut être très coûteux ! Toutefois, PostgreSQL sait parfois éviter un contrôle inutile, par exemple lors d’une conversion de varchar(10) en varchar(20).
Certaines opérations nécessitent une réécriture de la table. Par exemple, convertir une colonne de type varchar(5) vers le type int impose une réécriture de la table car il n’y a pas de compatibilité binaire entre les deux types.
Il convient donc d’être très prudent lors de l’utilisation de la commande ALTER TABLE. Elle peut poser des problèmes de performances, à cause de verrous posés par d’autres commandes, de verrous qu’elle réclame, de la vérification des données, voire de la réécriture de la table.
Suppression d’une table
- Supprimer une table :
- Supprimer une table et tous les objets dépendants :
L’ordre DROP TABLE permet de supprimer une table. L’ordre DROP TABLE … CASCADE permet de supprimer une table ainsi que tous ses objets dépendants. Il peut s’agir de séquences rattachées à une colonne d’une table, à des colonnes référençant la table à supprimer, etc.
Contraintes d’intégrité
- ACID
- Cohérence
- une transaction amène la base d’un état stable à un autre
- Assurent la cohérence des données
- unicité des enregistrements
- intégrité référentielle
- vérification des valeurs
- identité des enregistrements
- règles sémantiques
Les données dans les différentes tables ne sont pas indépendantes mais obéissent à des règles sémantiques mises en place au moment de la conception du modèle de données. Les contraintes d’intégrité ont pour principal objectif de garantir la cohérence des données entre elles, et donc de veiller à ce qu’elles respectent ces règles sémantiques. Si une insertion, une mise à jour ou une suppression viole ces règles, l’opération est purement et simplement annulée.
Clé primaire d’une table
- Identifie une ligne de manière unique
- Une seule clé primaire par table
- Une ou plusieurs colonnes
- À choisir parmi les clés candidates
- clé naturelle ou artificielle (technique, invisible)
- les autres clés possibles peuvent être
UNIQUE
- Index automatique
Une « clé primaire » permet d’identifier une ligne de façon unique.
Il n’existe qu’une seule clé primaire par table.
Une clé primaire exige que toutes les valeurs de la ou des colonnes qui composent cette clé soient uniques et non nulles. La clé peut être composée d’une seule colonne ou de plusieurs colonnes, selon le besoin.
La clé primaire est déterminée au moment de la conception du modèle de données. Cette clé peut être « naturelle » et visible de l’utilisateur, ou purement technique et non visible. Le débat entre les deux modélisations a longtemps fait rage.
Clé primaire naturelle :
Par exemple, une table des factures peut avoir comme clé primaire « naturelle » le numéro de la facture. C’est le plus intuitif.
De nombreuses applications utilisent des « clés naturelles », par exemple un numéro de commande ou de Sécurité Sociale. Ces clés peuvent même être composées de plusieurs champs.
Cela peut poser des soucis techniques. Par exemple, il y a des contraintes légales sur l’incrémentation des numéros de facture qui obligent à les générer tard dans le processus. Enregistrer une facture incomplète sans son numéro devient compliqué. Un numéro provisoire est possible, mais le changer implique de modifier aussi toutes les tables qui y font référence.
Attention
De manière générale, on évitera toujours de modifier une clé primaire, car elle sert d’identifiant vers la ligne dans d’autres tables, et une modification serait à répercuter dans toutes ces tables !
Liée à notre table des factures, une table des lignes de facture aurait alors comme clé primaire composée le numéro de la facture et le numéro de la ligne. Cela fonctionne, mais une clé composée, d’ailleurs souvent de type texte, est moins performante pour les jointures qu’un champ monocolonne numérique.
Clé primaire technique :
Astuce
Les bonnes pratiques conseillent plutôt d’identifier chaque ligne de chaque table par une clé technique monocolonne et numérique, de valeur arbitraire et sans aucune signification métier.
Cette surrogate keys est donc une clé primaire destinée à résoudre les soucis techniques des clés primaires naturelles.
L’utilisateur final de l’application ne doit jamais la voir.
Cette clé technique est souvent un entier produit avec une séquence, ou un UUID (quasi-aléatoire) généré par une fonction dédiée ou fourni par l’applicatif. Ce qui compte est l’unicité.
La clé technique n’a pas à être modifiée puisque sa valeur n’a pas de sens fonctionnel.
Les jointures se font alors sur cet unique champ numérique, de manière efficace.
Les clés « naturelles » restent présentes sous forme d’un champ d’une table, avec une contrainte d’unicité. Si cette clé naturelle doit être modifiée pour une raison ou une autre, il suffit de changer la valeur dans le champ de la table, et il n’y a aucune modification à faire dans les tables possédant une clé étrangère vers cette table, puisqu’elles utilisent l’identifiant technique.
Dans notre exemple, la table des factures porte une clé primaire numérique facture_id arbitraire, et un champ numero_facture, unique, qui, lui, peut être modifié ou être temporairement vide. La table des lignes de facture porte une clé primaire technique facture_ligne_id sans lien, et une clé étrangère (non composée) reprenant facture_id, et un champ unique numero_ligne.
Exemple 2 :
Pour un assureur automobile ou un garagiste, une table des véhicules ne peut pas avoir pour clé primaire la plaque d’immatriculation : elle peut changer, elle peut être inconnue, provisoire, absente, voire fausse.
Un identifiant technique est largement préférable.
Exemple 3 :
Une table des clients ne peut pas porter de clé primaire naturelle liée aux nom, prénom, date de naissance… à cause des nombreuses homonymies, et des changements et corrections d’état-civil possibles.
Un code client est plus envisageable, mais il pourrait changer aussi (migration de logiciel, fusion de bases clients…). Le code client peut devenir une clé unique dans une table des clients, dont la clé primaire est purement technique.
Exemple 4 :
Une table de personnes identifiées par le numéro de Sécurité Sociale ne peut utiliser ce dernier comme clé naturelle : valeur parfois absente ou inconnue, changement possible, voire doublons (!), sans parler de la confidentialité.
Un code de personne propre à l’application est plus pertinent.
Là encore, on crée une clé technique, et le code de la personne et le code de Sécurité Sociale sont juste des champs uniques.
Exemple 5 :
Une table des commandes clients porte une référence vers une table des adresses. Cette table des adresses doit impérativement porter une clé technique : il n’y a guère de sens à créer un « code adresse » et, surtout, les clients changent régulièrement d’adresse.
Un changement d’adresse d’un client consiste à créer une nouvelle ligne dans la table des adresses et à modifier l’identifiant d’adresse dans la table des clients. Les anciennes commandes et factures doivent en effet conserver l’identifiant des anciennes adresses.
Exemple 6 :
La table des adresses possède un champ renvoyant à une table des pays.
Un code pays ISO est ce qui se rapproche le plus d’une clé naturelle acceptable comme clé technique : courte (FR, DE), normalisée et sans risque de changement (le code reste identique et n’est pas recyclé).
Index :
Astuce
La création d’une clé primaire crée implicitement un index sur le champ, pour des raisons de performance.
Astuce
Si la clé techique est un UUID, il est recommandé qu’il soit généré avec la norme UUID v7, pour des raisons techniques liées à l’effet de cache trop longues à développer ici.
Déclaration d’une clé primaire
Construction :
- Séquence
serialGENERATED ALWAYS BY IDENTITY- UUID
Exemple avec clé technique manuelle :
La clé primaire est forcément NOT NULL : ceci va être rejeté :
Exemple avec séquence :
La séquence génère des identifiants que l’on peut utiliser :
Noter que cette dernière erreur va « consommer » un numéro de séquence, ce qui en fait n’a pas d’importance pour une clé technique.
Exemples avec serial :
Noter que serial est considéré comme un type (il existe aussi bigserial). Il y a création d’une séquence en arrière-plan, utilisée de manière transparente.
Interférer avec l’autoincrémentation est une très mauvaise idée :
Exemple avec IDENTITY :
Le maniement est identique au serial. Il faut préférer l’identité pour des raisons de respect de standard SQL et à cause de quelques spécificités dans la gestion automatique des séquences sous-jacentes.
Exemple avec une clé composée :
Nous verrons plus loin un exemple avec une clé primaire composée, qui doit se déclarer alors après les colonnes :
Contrainte d’unicité
- Garantit l’unicité des valeurs d’une ou plusieurs colonnes
- Clause
UNIQUE - Contrainte
UNIQUE!= indexUNIQUE
Une contrainte d’unicité permet de garantir que les valeurs de la ou des colonnes sur lesquelles porte la contrainte sont uniques.
Une contrainte d’unicité peut être créée simplement en créant un index UNIQUE approprié. Ceci est fortement déconseillé du fait que la contrainte ne sera pas référencée comme telle dans le schéma de la base de données. Il sera donc très facile de ne pas la remarquer au moment d’une reprise du schéma pour une évolution majeure de l’application. Une colonne possédant juste l’index UNIQUE peut malgré tout être référencée par une clé étrangère.
Les contraintes d’unicité créent implicitement et obligatoirement un index pour implémenter cette unicité.
Déclaration d’une contrainte d’unicité
Construction :
Voici un exemple complet.
Sans contrainte d’unicité, on peut insérer plusieurs fois la même valeur, sans erreur :
Ce n’est plus le cas en déclarant une contrainte d’unicité :
Le cas de NULL est un peu particulier. Par défaut, plusieurs valeurs NULL peuvent figurer dans un index car elles ne sont pas considérées comme égales, mais de valeur inconnue (unknown). Par exemple, une table de personnes physiques peut contenir un champ numero_secu qui ne doit pas contenir de doublon, mais n’est pas forcément rempli, donc contient de nombreuses valeurs nulles.
Ici, on peut insérer plusieurs valeurs NULL :
Ce comportement est modifiable en version 15, et une seule valeur NULL sera tolérée. Lors de la création de la contrainte, il faut préciser ce nouveau comportement :
Intégrité référentielle
- Contrainte d’intégrité référentielle
- ou Clé étrangère
- Référence une clé primaire ou un groupe de colonnes
UNIQUEetNOT NULL - Garantit l’intégrité des données
FOREIGN KEY
Une clé étrangère sur une table fait référence à une clé primaire ou une contrainte d’unicité d’une autre table. La clé étrangère garantit que les valeurs des colonnes de cette clé existent également dans la table portant la clé primaire ou la contrainte d’unicité. On parle de contrainte référentielle d’intégrité : la contrainte interdit les valeurs qui n’existent pas dans la table référencée. Toute insertion ou modification qui viole cette règle est rejetée.
C’est ce mécanisme qui permet de garantir qu’une commande sera liée à un client existant dans la table des clients, ou que le pays dans une adresse existe bien dans la table des pays. Et à l’inverse, on ne pourra supprimer un pays ou un client dans les tables des commandes ou adresses qui possèdent une contrainte d’intégrité dessus.
À titre d’exemple nous allons utiliser la base cave. Si vous ne l’avez pas déjà, la base cave (dump de 2,6 Mo, pour 71 Mo sur le disque au final) peut être téléchargée et restaurée ainsi :
Le schéma suivant montre les différentes tables de la base :

Ainsi, la base cave définit une table region et une table appellation. Une appellation d’origine est liée au terroir, et par extension à son origine géographique. La table appellation est donc liée par une clé étrangère à la table region : la colonne region_id de la table appellation référence la colonne id de la table region.
Cette contrainte permet d’empêcher les utilisateurs d’entrer dans la table appellation des identifiants de région (region_id) qui n’existent pas dans la table region.
Déclaration d’une clé étrangère
Exemples :
Définition de la table stock :
Cette table possède une clé primaire composée : il ne peut exister qu’une seule ligne pour un trio vin, contenant, année précis.
Création d’une table « mère » et d’une table « fille ». La table fille possède une clé étrangère qui référence la table mère :
Ces trois dernières options sont optionnelles, et les valeurs par défaut sont différentes (voir plus bas).
L’ajout de données dans la table fille qui font bien référence à la table mere est accepté :
L’ajout de données dans la table fille qui ne font pas référence à la table mère est refusé :
Mettre à jour la référence dans la table mère ne fonctionnera pas car la contrainte a été définie pour refuser les mises à jour (ON UPDATE NO ACTION) :
Par contre, la suppression d’une ligne de la table mère référencée dans la table fille va propager la suppression jusqu’à la table fille (ON DELETE CASCADE) :
Vérification simple ou complète
- Vérification complète ou partielle d’une clé étrangère
MATCHMATCH FULL(complète)MATCH SIMPLE(partielle)
La directive MATCH permet d’indiquer si la contrainte doit être entièrement vérifiée (MATCH FULL) ou si la clé étrangère autorise des valeurs NULL (MATCH SIMPLE). MATCH SIMPLE est la valeur par défaut.
Avec MATCH FULL, toutes les valeurs des colonnes qui composent la clé étrangère de la table référençant doivent avoir une correspondance dans la table référencée.
Avec MATCH SIMPLE, les valeurs des colonnes qui composent la clé étrangère de la table référençant peuvent comporter des valeurs NULL. Dans le cas des clés étrangères multicolonnes, toutes les colonnes peuvent ne pas être renseignées. Dans le cas des clés étrangères sur une seule colonne, la contrainte autorise les valeurs NULL.
Exemples
Les exemples reprennent les tables mere et fille créées plus haut.
Clé primaire et colonne identité
- Identité d’un enregistrement
GENERATED … AS IDENTITYALWAYSBY DEFAULT
- Préférer à
serial - Ne dispense pas d’ajouter la contrainte de clé primaire !
La syntaxe GENERATED … AS IDENTITY permet d’avoir une colonne dont la valeur est incrémentée automatiquement, soit en permanence (clause ALWAYS), soit quand aucune valeur n’est saisie (clause BY DEFAULT). GENERATED … AS IDENTITY est apparue dans PostgreSQL après le pseudo-type serial, d’utilisation similaire, mais il en corrige certains défauts.
Astuce
Pour les raisons qui suivent, préférez l’utilisation de GENERATED … AS IDENTITY à celle de serial, lequel peut se rencontrer encore dans de nombreuses applications.
Tout d’abord, GENERATED … AS IDENTITY fait partie du standard SQL, alors que le pseudo-type serial est propre à PostgreSQL.
serial n’est en effet qu’un raccourci pour créer à la fois une séquence, un champ entier et un DEFAULT nextval() pour alimenter ce champ, et cela peut poser quelques soucis. Notamment, le DDL saisi par l’utilisateur diffère de celui stocké en base ou sorti par pg_dump, ce qui n’est pas idéal. Ou encore, l’ordre de copie de structure de tables CREATE TABLE … LIKE (INCLUDING ALL) copie le serial sans en changer la séquence ni en créer une autre : on a alors une séquence partagée par deux tables ! Il n’est pas non plus possible d’ajouter ou de supprimer un pseudo-type serial avec l’instruction ALTER TABLE. La suppression de la contrainte DEFAULT d’un type serial ne supprime pas la séquence associée. Tout ceci fait que la définition d’une colonne d’identité est préférable à l’utilisation du pseudo-type serial.
Il reste obligatoire de définir une clé primaire ou unique si l’on tient à l’unicité des valeurs, car même une clause GENERATED ALWAYS AS IDENTITY peut être contournée avec une mise à jour portant la mention OVERRIDING SYSTEM VALUE.
Exemple :
Mise à jour de la clé primaire
- Que faire en cas de mise à jour d’une clé primaire ?
- les clés étrangères seront fausses
ON UPDATEON DELETE- Définition d’une action au niveau de la clé étrangère
- interdiction
- propagation de la mise à jour
- NULL
- valeur par défaut
Si des valeurs d’une clé primaire sont mises à jour ou supprimées, cela peut entraîner des incohérences dans la base de données si des valeurs de clés étrangères font référence aux valeurs de la clé primaire touchées par le changement.
Afin de pouvoir gérer cela, la norme SQL prévoit plusieurs comportements possibles. La clause ON UPDATE permet de définir comment le SGBD va réagir si la clé primaire référencée est mise à jour. La clause ON DELETE fait de même pour les suppressions.
Les actions possibles sont :
NO ACTION(ouRESTRICT), qui produit une erreur si une ligne référence encore le ou les lignes touchées par le changement ;CASCADE, pour laquelle la mise à jour ou la suppression est propagée aux valeurs référençant le ou les lignes touchées par le changement ;SET NULL, la valeur de la colonne devientNULL;SET DEFAULT, pour lequel la valeur de la colonne prend la valeur par défaut de la colonne.
Astuce
Le comportement par défaut est NO ACTION, ce qui est habituellement recommandé pour éviter les suppressions en chaîne mal maîtrisées.
Exemples
Les exemples reprennent les tables mere et fille créées plus haut.
Tentative d’insertion d’une ligne dont la valeur de mere_id n’existe pas dans la table mere :
Mise à jour d’une ligne de la table mere pour modifier son id. La clé étrangère est déclarée ON UPDATE NO ACTION, donc la mise à jour devrait être interdite :
Suppression d’une ligne de la table mere. La clé étrangère sur fille est déclarée ON DELETE CASCADE, la suppression sera donc propagée aux tables qui référencent la table mere :
Vérifications
- Présence d’une valeur
NOT NULL- NB : obligatoire dans une clé primaire
- Vérification de la valeur d’une colonne
CHECK
La clause NOT NULL permet de s’assurer que la valeur de la colonne portant cette contrainte est renseignée. Dit autrement, elle doit obligatoirement être renseignée. Par défaut, une colonne peut avoir une valeur NULL, donc n’est pas obligatoirement renseignée. Rappelons qu’une clé primaire ne peut pas être à NULL.
La clause CHECK spécifie une expression de résultat booléen que les nouvelles lignes ou celles mises à jour doivent satisfaire pour qu’une opération d’insertion ou de mise à jour réussisse. Les expressions de résultat TRUE ou NULL réussissent. Si une des lignes de l’opération d’insertion ou de mise à jour produit un résultat FALSE, une exception est levée et la base de données n’est pas modifiée. Une contrainte de vérification sur une colonne ne fait référence qu’à la valeur de la colonne tandis qu’une contrainte sur la table fait référence à plusieurs colonnes. Une fonction définie par l’utilisateur peut être utilisée à condition de respecter ces mêmes règles.
Actuellement, les expressions CHECK ne peuvent ni contenir des sous-requêtes ni faire référence à des variables autres que les colonnes de la ligne courante. C’est techniquement réalisable, mais non supporté.
Cet exemple est inspiré de la documentation officielle, page Contraintes de vérification.
Vérifications différées
- Vérifications après chaque ordre SQL
- problèmes de cohérence
- Différer les vérifications de contraintes
- clause
DEFERRABLE,NOT DEFERRABLE INITIALLY DEFERED,INITIALLY IMMEDIATE
- clause
Par défaut, toutes les contraintes d’intégrité sont vérifiées lors de l’exécution de chaque ordre SQL de modification, y compris dans une transaction. Cela peut poser des problèmes de cohérences de données : insérer dans une table fille alors qu’on n’a pas encore inséré les données dans la table mère, la clé étrangère de la table fille va rejeter l’insertion et annuler la transaction.
Le moment où les contraintes sont vérifiées est modifiable dynamiquement par l’ordre SET CONSTRAINTS :
mais ce n’est utilisable que pour les contraintes déclarées comme déferrables.
Voici quelques exemples :
- avec la définition précédente des tables
mereetfille:
- cette erreur survient aussi dans le cas où on demande que la vérification des contraintes soit différée pour cette transaction :
- il faut que la contrainte soit déclarée comme étant différable :
Vérifications plus complexes
- Un trigger
- si une contrainte porte sur plusieurs tables
- si sa vérification nécessite une sous-requête
- Préférer les contraintes déclaratives
Les contraintes d’intégrités du SGBD ne permettent pas d’exprimer une contrainte qui porte sur plusieurs tables ou simplement si sa vérification nécessite une sous-requête. Dans ce cas là, il est nécessaire d’écrire un trigger spécifique qui sera déclenché après chaque modification pour valider la contrainte.
Attention
Il ne faut toutefois pas systématiser l’utilisation de triggers pour valider des contraintes d’intégrité. Cela aurait un fort impact sur les performances et sur la maintenabilité de la base de données. Il vaut mieux privilégier les contraintes déclaratives et les colonnes générées, et n’utiliser les triggers qu’en dernier recours.
Colonnes par défaut et générées
DEFAULT: expressions très simples, modifiablesGENERATED- fonctions « immutables », ne dépendant que de la ligne
- (avant v17) difficilement modifiables
- peuvent porter des contraintes
Les champs DEFAULT sont très utilisés, mais PostgreSQL supporte les colonnes générées (ou calculées).
DEFAULT …
Les champs avec une clause DEFAULT sont remplis automatiquement à la création de la ligne quand une valeur n’est pas fournie dans l’ordre INSERT (celui-ci peut ne renseigner que certains champs).
Seules sont autorisées avec DEFAULT des expressions simples, sans variable, ni utilisation de champs de la ligne, ni sous-requête. Sont acceptées des constantes, certains calculs ou fonctions simples, comme now(), ou un appel à nextval ('nom_séquence').
Attention
Ajouter une clause DEFAULT sur un champ existant calcule les valeurs pour toutes les lignes pré-existantes de la table, ce qui peut entraîner la réécriture de la table ! Une optimisation évite de tout réécrire si les anciennes lignes se retrouvent toutes avec la même valeur constante.
La valeur par défaut peut être écrasée, par déclaration explicite du champ lors de l’INSERT, ou plus tard avec UPDATE.
Changer l’expression d’une clause DEFAULT est possible :
mais cela n’a pas d’impact sur les lignes existantes, juste les nouvelles.
GENERATED ALWAYS AS ( … ) STORED
La syntaxe est :
Les colonnes générées sont recalculées à chaque fois que les champs sur lesquels elles sont basées changent, donc aussi lors d’un UPDATE. Ces champs calculés sont impérativement marqués ALWAYS, c’est-à-dire obligatoires et non modifiables, et STORED, c’est-à-dire stockés sur le disque (et non recalculés à la volée comme dans une vue). Ils ne doivent pas se baser sur d’autres champs calculés.
Un intérêt est que les champs calculés peuvent porter des contraintes, par exemple la clause CHECK ci-dessous, mais encore des clés étrangères ou unique.
Exemple :
Expression immutable :
Avec GENERATED, l’expression du calcul doit être « immutable », c’est-à-dire ne dépendre que des autres champs de la même ligne, n’utiliser que des fonctions elles-mêmes immutables, et rien d’autre. Il n’est donc pas possible d’utiliser des fonctions comme now(), ni des fonctions de conversion de date dépendant du fuseau horaire, ou du paramètre de formatage de la session en cours (toutes choses autorisées avec DEFAULT), ni des appels à d’autres lignes ou tables…
La colonne calculée peut être convertie en colonne « normale » :
Modifier l’expression n’est pas possible avant PostgreSQL 17, sauf à supprimer la colonne générée et en créer une nouvelle. Il faut alors recalculer toutes les lignes et réécrire toute la table, ce qui peut être très lourd.
À partir de PostgreSQL 17, l’expression est modifiable avec cette syntaxe :
Attention, la table est totalement bloquée le temps de la réécriture (verrou AccessExclusiveLock).
Utilisation d’une fonction :
Il est possible de créer sa propre fonction pour l’expression, qui doit aussi être immutable :
Attention
Attention : modifier la fonction ne réécrit pas spontanément la table, il faut forcer la réécriture avec par exemple :
et ceci dans la même transaction que la modification de fonction. On pourrait imaginer de négliger cet UPDATE pour garder les valeurs déjà présentes qui suivraient d’anciennes règles… mais ce serait une erreur. En effet, les valeurs calculées ne figurent pas dans une sauvegarde logique, et en cas de restauration, tous les champs sont recalculés avec la dernière formule !
On préférera donc gérer l’expression dans la définition de la table dans les cas simples.
Attention
Un autre piège : il faut résister à la tentation de déclarer une fonction comme immutable sans la certitude qu’elle l’est bien (penser aux paramètres de session, aux fuseaux horaires…), sous peine d’incohérences dans les données.
Cas d’usage :
Les colonnes générées économisent la création de triggers, ou de vues de « présentation ». Elles facilitent la dénormalisation de données calculées dans une même table tout en garantissant l’intégrité.
Un cas d’usage courant est la dénormalisation d’attributs JSON pour les manipuler comme des champs de table classiques :
L’accès au champ est notablement plus rapide que l’analyse systématique du champ JSON.
Par contre, les colonnes GENERATED ne sont pas un bon moyen pour créer des champs portant la dernière mise à jour. Certes, PostgreSQL ne vous empêchera pas de déclarer une fonction (abusivement) immutable utilisant now() ou une variante. Mais ces informations seront perdues en cas de restauration logique. Dans ce cas, les triggers restent une option plus complexe mais plus propre.
DML : mise à jour des données
SELECTpeut lire les données d’une table ou plusieurs tables- mais ne peut pas les mettre à jour (sauf fonction)
- Ajout de données dans une table
INSERT
- Modification des données d’une table
UPDATE
- L’un ou l’autre
MERGE
- Suppression des données d’une table
DELETE
L’ordre SELECT permet de lire une ou plusieurs tables, sans modification. Il faut toutefois savoir que SELECT peut aussi servir à appeler des fonctions, et que celles-ci sont susceptibles de faire à peu près n’importe quoi dans la base.
Les mises à jours utilisent des ordres distincts. L’ordre INSERT permet d’ajouter ou insérer des données dans une table. L’ordre UPDATE permet de modifier des lignes déjà existantes.
Depuis PostgreSQL 15, il existe un ordre MERGE (conforme au standard SQL) permettant par exemple de mettre à jour une ligne dont la clé existe, ou de l’insérer au besoin. L’utilisation peut être complexe.
Enfin, l’ordre DELETE permet de supprimer des lignes.
Ces derniers ordres ne peuvent modifier qu’une seule table à la fois. Si on souhaite par exemple insérer des données dans deux tables, il est nécessaire de réaliser deux ordres INSERT distincts.
Noter qu’il est possible de regrouper plusieurs SELECT/DELETE/INSERT/etc. dans une même requête, grâce aux Common Table Expressions, que nous n’aborderons pas ici.
Ajout de données : INSERT
- Ajoute des lignes à partir des données de la requête
- Ajoute des lignes à partir d’une requête
SELECT - Syntaxe :
- Précisez toujours les champs à renseigner
L’ordre INSERT insère de nouvelles lignes dans une table. Il permet d’insérer une ou plusieurs lignes spécifiées par les expressions de valeur, ou zéro ou plusieurs lignes provenant d’une requête.
La liste des noms des colonnes est optionnelle. L’ordre des noms des colonnes dans la liste n’a pas d’importance particulière, il suffit de nommer les colonnes mises à jour.
Si la liste n’est pas spécifiée, alors PostgreSQL utilisera implicitement la liste de toutes les colonnes de la table dans l’ordre de leur déclaration, ou les N premiers noms de colonnes si seules N valeurs de colonnes sont fournies dans la clause VALUES ou dans la requête.
Astuce
Cette dernière pratique est à éviter car elle rend votre code sensible aux modifications de structures : ajout de champs, modification de l’ordre des champs… Cela arrive plus facilement qu’on ne le croit.
Prenez l’habitude de nommer les champs à renseigner.
Chaque colonne absente de la liste, implicite ou explicite, se voit attribuer sa valeur par défaut, s’il y en a une ou NULL dans le cas contraire. Les expressions de colonnes qui ne correspondent pas au type de données déclarées sont transtypées automatiquement dans la mesure du possible. Si vous avez défini des triggers avant insertion, ils se déclencheront aussi.
Dans l’exemple suivant, seules deux colonnes sur cinq sont renseignées à l’insertion :
INSERT avec liste d’expressions
La clause VALUES permet de définir une liste d’expressions qui va constituer la ligne à insérer dans la base de données. Les éléments de cette liste d’expression sont séparés par une virgule. Cette liste d’expression est composée de constantes ou d’appels à des fonctions retournant une valeur, pour obtenir par exemple la date courante ou la prochaine valeur d’une séquence. Les valeurs fournies par la clause VALUES ou par la requête sont associées à la liste explicite ou implicite des colonnes de gauche à droite.
Exemples
Insertion d’une ligne dans la table stock :
Insertion d’une ligne dans la table vin :
INSERT à partir d’un SELECT
L’ordre INSERT peut aussi prendre une requête SQL en entrée. Dans ce cas, INSERT va insérer autant de lignes dans la table d’arrivée qu’il y a de lignes retournées par la requête SELECT. L’ordre des colonnes retournées par SELECT doit correspondre exactement à l’ordre précisé dans l’ordre INSERT. Leur type de données doit également correspondre.
Exemple :
Insertion dans une table stock2 à partir d’une requête SELECT sur la table stock1 :
Mise à jour de données : UPDATE
- Met à jour une ou plusieurs colonnes d’une même ligne
- à partir des valeurs de la requête
- à partir des anciennes valeurs
- à partir d’une requête
SELECT - à partir de valeurs d’une autre table
L’ordre de mise à jour de lignes s’appelle UPDATE.
Construction d’UPDATE
L’ordre UPDATE permet de mettre à jour les lignes d’une table.
L’ordre UPDATE ne met à jour que les lignes qui satisfont les conditions de la clause WHERE. La clause SET permet de définir les colonnes à mettre à jour. Le nom des colonnes mises à jour doivent faire partie de la table mise à jour.
Les valeurs mises à jour peuvent faire référence aux valeurs avant mise à jour de la colonne, dans ce cas on utilise la forme nom_colonne = expression. La partie de gauche référence la colonne à mettre à jour, la partie de droite est une expression qui permet de déterminer la valeur à appliquer à la colonne. La valeur à appliquer peut bien entendu être une référence à une ou plusieurs colonnes et elles peuvent être dérivées par une opération arithmétique.
La clause FROM ne fait pas partie de la norme SQL mais certains SGBDR la supportent, dont PostgreSQL. Elle permet de réaliser facilement la mise à jour d’une table à partir des valeurs d’une ou plusieurs tables annexes. La norme SQL permet aussi de réaliser des mises à jour en utilisant une sous-requête, sans clause FROM.
Exemples :
Mise à jour du prix d’un livre particulier :
Augmentation de 5 % du prix des livres :
Mise à jour d’une table employees à partir des données d’une table bonus_plan :
La même requête avec une sous-requête, conforme à la norme SQL :
Lorsque plusieurs colonnes doivent être mises à jour à partir d’une jointure, il est possible d’utiliser ces deux écritures :
et :
Suppression de données : DELETE
- Supprime les lignes répondant au prédicat
- Syntaxe :
L’ordre DELETE supprime l’ensemble des lignes qui répondent au prédicat de la clause WHERE.
Exemples :
Suppression d’un livre épuisé du catalogue :
Suppression de tous les livres :
Attention
N’oubliez jamais de préciser la clause WHERE !
Astuce
Pour des raisons techniques, il faut savoir qu’il est beaucoup plus rapide de vider une table avec l’ordre TRUNCATE TABLE livres ; qu’avec un DELETE sans clause WHERE.
Clause RETURNING
- Spécifique à PostgreSQL
- Permet de retourner les lignes complètes ou partielles résultants de
INSERT,UPDATEouDELETE - Ancienne (
OLD) et nouvelle version (NEW) (v18+) - Syntaxe :
La clause RETURNING est une syntaxe propre à PostgreSQL et très pratique. Elle permet de retourner les lignes insérées, mises à jour ou supprimées par un ordre DML de modification. Il est également possible de dériver une valeur retournée.
L’emploi de la clause RETURNING peut nécessiter des droits complémentaires sur les objets de la base.
Exemple :
Mise à jour du nombre de bouteilles en stock :
À partir de la version 18, il est possible de récupérer l’ancienne et/ou la nouvelle valeur de chaque champ en utilisant les pseudo-tables OLD et NEW :
Transactions
- ACID
- Atomicité
- un traitement se fait en entier…
- …ou pas du tout
- TCL pour Transaction Control Language
- ouvrir une transaction :
BEGIN - valide une transaction :
COMMIT - annule une transaction :
ROLLBACK - points de sauvegarde :
SAVEPOINT
- ouvrir une transaction :
Les transactions sont une partie essentielle du langage SQL. Elles permettent de rendre atomiques un certain nombre de requêtes. Le résultat de toutes les requêtes regroupées dans une transaction est validé ou pas, mais on ne peut pas enregistrer d’état intermédiaire.
Un client qui ouvre une transaction et déroule des ordres, est isolé des autres sessions, dans le sens où les autres sessions ne voient pas ses modifications avant la validation par COMMIT.
Astuce
Pour les autres sessions, même appartenant au même utilisateur, les données sont soit telles qu’elles étaient avant la transaction, soit telles qu’elles sont devenues après validation.
L’utilisateur qui fait les modifications peut voir les éventuels états intermédiaires d’une transaction entre deux ordres (il peut faire des SELECT sur ce qu’il vient de modifier), mais uniquement depuis la session de la transaction.
Il est impossible de voir les étapes intermédiaires d’un ordre SQL, car une session exécute séquentiellement les ordres, et attend la fin de chaque ordre avant de poursuivre.
Par défaut, une transaction en cours voit les modifications validées dans d’autres sessions parallèles. Ce « niveau d’isolation » peut se changer pour que la transaction ne voit pas les modifications d’autres transaction, comme si la base était figée pendant sa durée.
Le langage SQL définit qu’une transaction peut être ouverte avec BEGIN, et à la fin être validée ou annulée. Ce sont respectivement les ordres COMMIT et ROLLBACK. Il est aussi possible de faire des points de reprise ou de sauvegarde dans une transaction. Ils se font en utilisant l’ordre SAVEPOINT.
Auto-commit et transactions
- Par défaut, PostgreSQL fonctionne en autocommit
- à moins d’ouvrir explicitement une transaction
- Ouvrir une transaction
BEGIN ;
Une transaction débute toujours par un BEGIN ;. (BEGIN TRANSACTION et START TRANSACTION sont des synonymes, mais se rencontrent très peu.)
PostgreSQL fonctionne en autocommit. Autrement dit, sans BEGIN, une requête est considérée comme une transaction complète et n’a donc pas besoin de COMMIT. Celui-ci est implicite.
Pour l’utilisateur, cela est en fait géré par l’outil client, qui ajoute des BEGIN invisibles si on le configure avec autocommit à off. La transaction ne finira qu’avec un COMMIT, un ROLLBACK ou la déconnexion (le ROLLBACK est alors implicite).
Validation ou annulation d’une transaction
- Valider une transaction
COMMIT ;
- Annuler une transaction
ROLLBACK ;
- Sans validation, une transaction est forcément annulée
- Quasi-instantané sous PostgreSQL
Une transaction est toujours terminée par un COMMIT ; quand on veut que les modifications soient définitivement enregistrées. END ; existe aussi mais est rarissime et moins clair.
ROLLBACK quitte la transaction en annulant toutes les modifications qui y ont été faites, donc en revenant à l’état précédant la transaction. D’autres transactions ont pu faire d’autres actions pendant ce temps, elles ne seront pas annulées.
Attention
Ce retour à l’état initial doit se comprendre d’un point de vue logique et pas physique.
Les modifications au sein d’une transaction annulée par un ROLLBACK ont quand même eu une incidence sur le stockage de vos données. Il peut y avoir eu de nombreux changements sur le disque, à nettoyer plus tard par PostgreSQL, avec un impact sur les performances.
N’abusez donc pas des ROLLBACK si vous pouvez l’éviter.
Astuce
Contrairement à certains produits concurrents, PostgreSQL exécute presque instantanément les ordres COMMIT et ROLLBACK.
En simplifiant, PostgreSQL se limite à noter que la transaction est valide ou pas, et que dans le futur les modifications concernées dans les fichiers de données doivent être prises en compte ou ignorées.
Si une session se termine, quelle que soit la raison, la transaction en cours sans COMMIT et sans ROLLBACK est considérée comme annulée.
Exemple :
Avant de retirer une bouteille du stock, on vérifie tout d’abord qu’il reste suffisamment de bouteilles en stock :
Programmation
- Certains langages implémentent des méthodes de gestion des transactions
- PHP, Java, etc.
- Utiliser ces méthodes prioritairement
La plupart des langages permettent de gérer les transactions à l’aide de méthodes ou fonctions particulières. Il est recommandé de les utiliser.
En Java, ouvrir une transaction revient à désactiver l’autocommit :
La transaction est confirmée (COMMIT) avec la méthode suivante :
À l’inverse, elle est annulée (ROLLBACK) avec la méthode suivante :
Points de sauvegarde
- Certains traitements dans une transaction peuvent être annulés
- mais la transaction est atomique
- Définir un point de sauvegarde
SAVEPOINT nom_savepoint ;
- Valider le traitement depuis le dernier point de sauvegarde
RELEASE SAVEPOINT nom_savepoint ;
- Annuler le traitement depuis le dernier point de sauvegarde
ROLLBACK TO SAVEPOINT nom_savepoint ;- et on continue dans la même transaction
Au sein d’une transaction, les points de sauvegarde (ordre SAVEPOINT nom ;) permettent d’encadrer un traitement sur lequel on peut vouloir revenir sans quitter la transaction (par exemple, selon le retour d’un test), ou au cas où un ordre tombe en erreur.
Revenir à l’état du point de sauvegarde se fait avec ROLLBACK TO SAVEPOINT nom ; pour annuler uniquement la partie du traitement voulue, ou pour revenir à l’état d’avant l’erreur, sans annuler le début de la transaction. On peut ensuite continuer.
Les savepoints n’existent qu’au sein de la transaction ; on ne peut bien sûr revenir sur une validation par COMMIT qu’une fois celui-ci terminé.
L’ordre RELEASE SAVEPOINT nom ; permet de « libérer » (oublier) un savepoint précédent ainsi que ceux posés après. C’est surtout utile pour libérer quelques ressources dans des transactions complexes.
Les points de sauvegarde sont des éléments nommés, il convient donc de leur affecter un nom particulier. Leur nom doit être unique dans la transaction courante.
Astuce
N’abusez pas des SAVEPOINT : ils complexifient le code, et trop de ROLLBACK partiels peuvent entraîner des soucis de performance. Les SAVEPOINT sont rarement nécessaires quand on crée des transactions vraiment atomiques en « tout ou rien ». Réservez-les aux transactions vraiment complexes.
Exemple :
Transaction avec un point de sauvegarde et la gestion de l’erreur :
Conclusion
- SQL : toujours un traitement d’ensembles d’enregistrements
- c’est le côté relationnel
- Pour les définitions d’objets
CREATE,ALTER,DROP
- Pour les données
INSERT,UPDATE,DELETE
Le standard SQL permet de traiter des ensembles d’enregistrements, que ce soit en lecture, en insertion, en modification et en suppression. Les ensembles d’enregistrements sont généralement des tables qui, comme tous les autres objets, sont créées (CREATE), modifiées (ALTER) et/ou supprimées (DROP).
Questions
Quiz
Travaux pratiques
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/s30_solutions.
Cet exercice utilise la base tpc. Si vous ne l’avez pas déjà, la base tpc (dump de 31 Mo, pour 267 Mo sur le disque au final) et ses utilisateurs peuvent être installés comme suit :
Les mots de passe sont dans le script /tmp/tpc_roles.sql. Pour vous connecter :
Pour cet exercice, les modifications de schéma doivent être effectuées par un rôle ayant suffisamment de droits pour modifier son schéma. Le rôle tpc_admin a les droits suffisants.
Ajouter une colonne
textà la tablecontacts. Cette colonne va permettre de stocker l’adresse e-mail des clients et des fournisseurs. Ajouter également un commentaire décrivant cette colonne dans le catalogue de PostgreSQL (utiliser la commandeCOMMENT).
Mettre à jour la table des contacts pour indiquer l’adresse e-mail de Client6657 qui est
client6657@dalibo.com.
Ajouter une contrainte d’intégrité qui valide que la valeur de la colonne
@).
Valider que la contrainte fonctionne dans une transaction de test.
Déterminer quels sont les contacts qui disposent d’une adresse e-mail et affichez leur nom ainsi que le code de leur pays.
La génération des numéros de commande est actuellement réalisée à l’aide de la séquence
commandes_commande_id_seq. Cette méthode ne permet pas de garantir que tous les numéros de commande se suivent. Proposer une solution pour sérialiser la génération des numéros de commande. Autrement dit, proposer une méthode pour obtenir un numéro de commande sans avoir de « trou » dans la séquence en cas d’échec d’une transaction.
Noter le nombre de lignes de la table
pieces. Dans une transaction, majorer de 5% le prix des pièces de moins de 1500 € et minorer de 5 % le prix des pièces dont le prix actuel est égal ou supérieur à 1500 €. Vérifier que le nombre de lignes mises à jour au total correspond au nombre total de lignes de la tablepieces.
Dans une même transaction, créer un nouveau client en incluant l’ajout de l’ensemble des informations requises pour pouvoir le contacter. Un nouveau client a un solde égal à 0.
Créer une nouvelle table
mode_expeditionavec deux colonnes :
mode_exp_idun entier auto incrémenté qui sera la clé primaire de la table ;nomune chaîne de 10 charactères maximum, non nulle.
Insérer les différentes valeurs possible de
lignes_commandes.mode_expeditiondans la nouvelle table et afficher les données insérées.
Ajouter une colonne
mode_exp_idàlignes_commandes, l’alimenter avec les bons id et créer une clé etrangère entrelignes_commandes.mode_exp_idetmode_expedition.mode_exp_id
Travaux pratiques (solutions)
Cet exercice utilise la base tpc. Si vous ne l’avez pas déjà, la base tpc (dump de 31 Mo, pour 267 Mo sur le disque au final) et ses utilisateurs peuvent être installés comme suit :
Les mots de passe sont dans le script /tmp/tpc_roles.sql. Pour vous connecter :
Ajouter une colonne
textà la tablecontacts. Cette colonne va permettre de stocker l’adresse e-mail des clients et des fournisseurs. Ajouter également un commentaire décrivant cette colonne dans le catalogue de PostgreSQL (utiliser la commandeCOMMENT).
Mettre à jour la table des contacts pour indiquer l’adresse e-mail de Client6657 qui est
client6657@dalibo.com.
Vérifier les résultats :
Ajouter une contrainte d’intégrité qui valide que la valeur de la colonne
@).
Cette expression régulière est simplifiée et simpliste pour les besoins de l’exercice. Des expressions régulières plus complexes permettent de valider réellement une adresse e-mail.
Voici un exemple un tout petit peu plus évolué en utilisant une expression rationnelle simple, ici pour vérifier que la chaîne précédant le caractère @ contient au moins un caractère, et que la chaîne le suivant est une chaîne de caractères contenant un point :
Valider que la contrainte fonctionne dans une transaction de test.
Démarrer la transaction :
Tenter de mettre à jour la table contacts avec une adresse e-mail ne répondant pas à la contrainte :
L’ordre UPDATE retourne l’erreur suivante, indiquant que l’expression régulière est fonctionnelle :
La transaction doit être ensuite annulée :
Note: lorsqu’une transaction échoue comme ici, PostgreSQL exécutera un ROLLBACK même si la commande COMMIT lui est envoyée.
Déterminer quels sont les contacts qui disposent d’une adresse e-mail et affichez leur nom ainsi que le code de leur pays.
La génération des numéros de commande est actuellement réalisée à l’aide de la séquence
commandes_commande_id_seq. Cette méthode ne permet pas de garantir que tous les numéros de commande se suivent. Proposer une solution pour sérialiser la génération des numéros de commande. Autrement dit, proposer une méthode pour obtenir un numéro de commande sans avoir de « trou » dans la séquence en cas d’échec d’une transaction.
La solution la plus simple pour imposer la sérialisation des numéros de commandes est d’utiliser une table de séquences. Une ligne de cette table correspondra au compteur des numéros de commande.
L’obtention d’un nouveau numéro de commande sera réalisé dans la transaction de création de la commande de la façon suivante :
L’ordre UPDATE pose un verrou exclusif sur la ligne mise à jour. Tant que la mise à jour n’aura pas été validée ou annulée par COMMIT ou ROLLBACK, le verrou posé va bloquer toutes les autres transactions qui tenteraient de mettre à jour cette ligne. De cette façon, toutes les transactions seront sérialisées.
Concernant la génération des numéros de séquence, si la transaction est annulée, alors le compteur sequence retrouvera sa valeur précédente et la transaction suivante obtiendra le même numéro de séquence. Si la transaction est validée, alors le compteur sequence est incrémenté. La transaction suivante verra alors cette nouvelle valeur et non plus l’ancienne. Cette méthode garantit qu’il n’y ait pas de rupture de séquence.
Il va de soi que les transactions de création de commandes doivent être extrêmement courtes. Si une telle transaction est bloquée, toutes les transactions suivantes seront également bloquées, paralysant ainsi tous les utilisateurs de l’application.
Le fait qu’une sequence peut avoir des trous n’est généralement pas un problème.
Noter le nombre de lignes de la table
pieces. Dans une transaction, majorer de 5% le prix des pièces de moins de 1500 € et minorer de 5 % le prix des pièces dont le prix actuel est égal ou supérieur à 1500 €. Vérifier que le nombre de lignes mises à jour au total correspond au nombre total de lignes de la tablepieces.
Au total, la transaction a mis à jour 214200 (99922+114278) lignes, soit 14200 lignes de trop mises à jour.
Annuler la mise à jour :
Explication : Le premier UPDATE a majoré de 5 % les pièces dont le prix est inférieur à 1500 €. Or, tous les prix supérieurs à 1428,58 € passent la barre des 1500 € après le premier UPDATE. Le second UPDATE minore les pièces dont le prix est égal ou supérieur à 1500 €, ce qui inclue une partie des prix majorés par le précédent UPDATE. Certaines lignes ont donc subies deux modifications au lieu d’une. L’instruction CASE du langage SQL, qui sera abordée dans le prochain module, propose une solution à ce genre de problématique :
ou plus simplement :
Dans une même transaction, créer un nouveau client en incluant l’ajout de l’ensemble des informations requises pour pouvoir le contacter. Un nouveau client a un solde égal à 0.
Créer une nouvelle table
mode_expeditionavec deux colonnes :
mode_exp_idun entier auto incrémenté qui sera la clé primaire de la table ;nomune chaine de 10 charactères maximum non nulle.
Insérer les différentes valeurs possible de
lignes_commandes.mode_expeditiondans la nouvelle table et afficher les données insérées.
Ajouter une colonne
mode_exp_idàlignes_commandes, l’alimenter avec les bons id et créer une clé etrangère entrelignes_commandes.mode_exp_idetmode_expedition.mode_exp_id
Afin de supprimer la colonne mode_expedition la commande suivante peut être utilisée. Nous ne le ferons pas ici afin d’éviter d’interférer avec d’autres TP.
4 Plus loin avec SQL
Plus loin avec SQL
Préambule
- Après la définition des objets, leur lecture et leur écriture
- Aller plus loin dans l’écriture de requêtes avec :
- les jointures
- les sous-requêtes
- les vues
- les fonctions
Maintenant que nous avons vu comment définir des objets, comment lire des données provenant de relation et comment écrire des données, nous allons pousser vers les perfectionnements du langage SQL. Nous allons notamment aborder la lecture de plusieurs tables en même temps, que ce soit par des jointures ou par des sous-requêtes.
Menu
- Valeur
NULL - Agrégats
GROUP BY,HAVING - Sous-requêtes
- Jointures
JOIN - Expression conditionnelle
CASE - Opérateurs ensemblistes :
UNION,EXCEPT,INTERSECT
Menu (suite)
- Fonctions de base
- Vues
- Requêtes préparées
Objectifs
- Comprendre l’intérêt du
NULL - Savoir écrire des requêtes complexes
Les exemples suivants utilisent souvent la base cave. Si vous ne l’avez pas déjà, la base cave (dump de 2,6 Mo, pour 71 Mo sur le disque au final) peut être téléchargée et restaurée ainsi :
Valeur NULL
- Comment représenter une valeur que l’on ne connaît pas ?
- valeur
NULL
- valeur
- Trois sens possibles pour
NULL:- valeur inconnue
- valeur inapplicable
- absence de valeur
- Logique à 3 états
Le standard SQL définit très précisément la valeur que doit avoir une colonne dont on ne connaît pas la valeur. Il faut utiliser le mot clé NULL. En fait, ce mot clé est utilisé dans trois cas : pour les valeurs inconnues, pour les valeurs inapplicables et pour une absence de valeurs.
Avertissement
- Chris J. Date a écrit :
- La valeur
NULLtelle qu’elle est implémentée dans SQL peut poser plus de problèmes qu’elle n’en résout. Son comportement est parfois étrange et est source de nombreuses erreurs et de confusions.
- La valeur
- Éviter d’utiliser
NULLle plus possible- utiliser
NULLcorrectement lorsqu’il le faut
- utiliser
Il ne faut utiliser NULL que lorsque cela est réellement nécessaire. La gestion des valeurs NULL est souvent source de confusions et d’erreurs, ce qui explique qu’il est préférable de l’éviter tant qu’on n’entre pas dans les trois cas vu ci-dessus (valeur inconnue, valeur inapplicable, absence de valeur).
Assignation de NULL
- Assignation de
NULLpourINSERTetUPDATE - Explicitement :
NULLest indiqué explicitement dans les assignations
- Implicitement :
- la colonne n’est pas affectée par
INSERT - et n’a pas de valeur par défaut
- la colonne n’est pas affectée par
- Empêcher la valeur
NULL- contrainte
NOT NULL
- contrainte
Il est possible de donner le mot-clé NULL pour certaines colonnes dans les INSERT et les UPDATE. Si jamais une colonne n’est pas indiquée dans un INSERT, elle aura comme valeur sa valeur par défaut (très souvent, il s’agit de NULL). Si jamais on veut toujours avoir une valeur dans une colonne particulière, il faut utiliser la clause NOT NULL lors de l’ajout de la colonne. C’est le cas pour les clés primaires par exemple.
Voici quelques exemples d’insertion et de mise à jour :
L’affichage (null) dans psql est obtenu avec la méta-commande :
Calculs avec NULL
- Utilisation dans un calcul
- propagation de
NULL
- propagation de
NULLest inapplicable- le résultat vaut
NULL
- le résultat vaut
La valeur NULL est définie comme inapplicable. Ainsi, si elle présente dans un calcul, elle est propagée sur l’ensemble du calcul : le résultat vaudra NULL.
Exemples de calcul
Calculs simples :
Calcul à partir de l’âge :
Exemple d’utilisation de NULL dans une concaténation :
L’affichage (null) est obtenu avec la méta-commande \pset null (null) du shell psql.
NULL et les prédicats
- Dans un prédicat du
WHERE:- opérateur
IS NULLouIS NOT NULL
- opérateur
AND:- vaut
falsesiNULL AND false - vaut
NULLsiNULL AND trueouNULL AND NULL
- vaut
OR:- vaut
truesiNULL OR true - vaut
NULLsiNULL OR falseouNULL OR NULL
- vaut
Les opérateurs de comparaisons classiques ne sont pas fonctionnels avec une valeur NULL. Du fait de la logique à trois états de PostgreSQL, une comparaison avec NULL vaut toujours NULL, ainsi expression = NULL vaudra toujours NULL et de même pour expression <> NULL vaudra toujours NULL. Cette comparaison ne vaudra jamais ni vrai, ni faux.
De ce fait, il existe les opérateurs de prédicats IS NULL et IS NOT NULL qui permettent de vérifier qu’une expression est NULL ou n’est pas NULL.
Pour en savoir plus sur la logique ternaire qui régit les règles de calcul des prédicats, se conformer à la page Wikipédia sur la logique ternaire.
Exemples
Comparaison directe avec NULL, qui est invalide :
L’opérateur IS NULL permet de retourner les lignes dont la date de naissance n’est pas renseignée :
NULL et les agrégats
- Opérateurs d’agrégats
- ignorent
NULL - sauf
count(*)
- ignorent
Les fonctions d’agrégats ne tiennent pas compte des valeurs NULL :
Sauf count(*) et uniquement count(*). La fonction count(_expression_) tient quant à elle compte des valeurs NULL :
COALESCE
- Remplacer
NULLpar une autre valeurCOALESCE(attribut, …);
Cette fonction permet de tester une colonne et de récupérer sa valeur si elle n’est pas NULL et une autre valeur dans le cas contraire. Elle peut avoir plus de deux arguments. Dans ce cas, la première expression de la liste qui ne vaut pas NULL sera retournée par la fonction.
Voici quelques exemples :
Remplace les prénoms non-renseignés par la valeur X dans le résultat :
Cette fonction est efficace également pour la concaténation précédente :
Agrégats
- Regroupement de données
- Calculs d’agrégats
Comme son nom l’indique, l’agrégation permet de regrouper des données, qu’elles viennent d’une ou de plusieurs colonnes. Le but est principalement de réaliser des calculs sur les données des lignes regroupées.
Regroupement de données
Regroupement de données :
GROUP BY expression [, …]
compte les lignes :
count(*)- compte les valeurs renseignées :
count (colonne)
- compte les valeurs renseignées :
Valeur minimale :
min (expression)
La fonction count() permet de compter les éléments. La fonction est appelée de deux façons.
La première forme consiste à utiliser count(*) qui revient à transmettre la ligne complète à la fonction d’agrégat. Ainsi, toute ligne transmise à la fonction sera comptée, même si elle n’est composée que de valeurs NULL. On rencontre parfois une forme du type count(1), qui transmet une valeur arbitraire à la fonction, et qui permettait d’accélérer le temps de traitement sur certains SGBD mais qui reste sans intérêt avec PostgreSQL.
La seconde forme consiste à utiliser une expression, par exemple le nom d’une colonne : count(nom_colonne). Dans ce cas-là, seules les valeurs renseignées, donc non NULL, seront prises en compte. Les valeurs NULL seront exclues du comptage.
La fonction min() permet de déterminer la valeur la plus petite d’un ensemble de valeurs données. La fonction max() permet à l’inverse de déterminer la valeur la plus grande d’un ensemble de valeurs données. Les valeurs NULL sont bien ignorées. Ces deux fonctions permettent de travailler sur des données numériques, mais fonctionnent également sur les autres types de données comme les chaînes de caractères.
La documentation de PostgreSQL permet d’obtenir la liste des fonctions d’agrégats disponibles.
Exemples :
Différences entre count(*) et count(colonne) :
Déterminer la date de naissance de la personne la plus jeune :
Calculs d’agrégats
Moyenne :
avg (expression)
Écart-type :
stddev (expression)
La fonction avg() permet d’obtenir la moyenne d’un ensemble de valeurs données. La fonction sum() permet, quant à elle, d’obtenir la somme d’un ensemble de valeurs données. Enfin, les fonctions stddev() et variance() permettent d’obtenir respectivement l’écart-type et la variance d’un ensemble de valeurs données.
Ces fonctions retournent NULL si aucune donnée n’est applicable. Elles ne prennent en compte que des valeurs numériques.
La documentation de PostgreSQL permet d’obtenir la liste des fonctions d’agrégats disponibles.
Exemples
Quel est le nombre total de bouteilles en stock par millésime ?
Calcul de moyenne avec des valeurs NULL :
Agrégats sur plusieurs colonnes
- Possible d’avoir plusieurs paramètres sur la même fonction d’agrégat
- Quelques exemples
- pente :
regr_slope(Y,X) - intersection avec l’axe des ordonnées :
regr_intercept(Y,X) - indice de corrélation :
corr (Y,X)
- pente :
Une fonction d’agrégat peut aussi prendre plusieurs variables.
Par exemple concernant la méthode des « moindres carrés » :
- pente :
regr_slope(Y,X) - intersection avec l’axe des ordonnées :
regr_intercept(Y,X) - indice de corrélation :
corr (Y,X)
Voici un exemple avec un nuage de points proches d’unefonction affine :
Clause HAVING
- Filtrer sur des regroupements
HAVING
WHEREs’applique sur les lignes luesHAVINGs’applique sur les lignes groupées
La clause HAVING permet de filtrer les résultats sur les regroupements réalisés par la clause GROUP BY. Il est possible d’utiliser une fonction d’agrégat dans la clause HAVING.
La clause HAVING est toujours accompagnée de la clause GROUP BY. La clause GROUP BY quant à elle n’est pas toujours accompagnée de la clause HAVING.
Il faudra néanmoins faire attention à ne pas utiliser la clause HAVING comme clause de filtrage des données lues par la requête. La clause HAVING ne doit permettre de filtrer que les données traitées par la requête.
Ainsi, si l’on souhaite connaître le nombre de vins rouge référencés dans le catalogue. La requête va donc exclure toutes les données de la table vin qui ne correspondent pas au filtre type_vin = 3. Pour réaliser cela, on utilisera la clause WHERE.
En revanche, si l’on souhaite connaître le nombre de vins par type de cépage si ce nombre est supérieur à 2030, on utilisera la clause HAVING.
Exemples
Si la colonne correspondant à la fonction d’agrégat est renommée avec la clause AS, il n’est pas possible d’utiliser le nouveau nom au sein de la clause HAVING. Par exemple :
Sous-requêtes
- Corrélation requête/sous-requête
- Sous-requêtes retournant une seule ligne
- Sous-requêtes retournant une liste de valeur
- Sous-requêtes retournant un ensemble
- Sous-requêtes retournant un ensemble vide ou non-vide
Corrélation requête/sous-requête
- Fait référence à la requête principale
- Peut utiliser une valeur issue de la requête principale
Une sous-requête peut faire référence à des variables de la requête principale. Ces variables seront ainsi transformées en constante à chaque évaluation de la sous-requête.
La corrélation requête/sous-requête permet notamment de créer des clauses de filtrage dans la sous-requête en utilisant des éléments de la requête principale.
Qu’est-ce qu’une sous-requête ?
- Une requête imbriquée dans une autre requête
- Le résultat de la requête principale dépend du résultat de la sous-requête
- Encadrée par des parenthèses :
(et)
Une sous-requête consiste à exécuter une requête à l’intérieur d’une autre requête. La requête principale peut être une requête de sélection (SELECT) ou une requête de modification (INSERT, UPDATE, DELETE). La sous-requête est obligatoirement un SELECT.
Le résultat de la requête principale dépend du résultat de la sous-requête. La requête suivante effectue la sélection des colonnes d’une autre requête, qui est une sous-requête. La sous-requête effectue une lecture de la table appellation. Son résultat est transformé en un ensemble qui est nommé requete_appellation :
Utiliser une seule ligne
- La sous-requête ne retourne qu’une seule ligne
- sinon une erreur est levée
- Positionnée
- au niveau de la liste des expressions retournées par
SELECT - au niveau de la clause
WHERE - au niveau d’une clause
HAVING
- au niveau de la liste des expressions retournées par
La sous-requête peut être positionnée au niveau de la liste des expressions retournées par SELECT. La sous-requête est alors généralement un calcul d’agrégat qui ne donne en résultat qu’une seule colonne sur une seule ligne. Ce type de sous-requête est peu performant. Elle est en effet appelée pour chaque ligne retournée par la requête principale.
La requête suivante permet d’obtenir le cumul du nombre de bouteilles année par année.
Une telle sous-requête peut également être positionnée au niveau de la clause WHERE ou de la clause HAVING.
Par exemple, pour retourner la liste des vins rouge :
Utiliser une liste de valeurs
- La sous-requête retourne
- plusieurs lignes
- sur une seule colonne
- Positionnée
- avec une clause
IN - avec une clause
ANY - avec une clause
ALL
- avec une clause
Les sous-requêtes retournant une liste de valeur sont plus fréquemment utilisées. Ce type de sous-requête permet de filtrer les résultats de la requête principale à partir des résultats de la sous-requête.
Clause IN
- L’expression de gauche est évaluée et vérifiée avec la liste de valeurs de droite
INvauttrue- si l’expression de gauche correspond à un élément de la liste de droite
INvautfalse- si aucune correspondance n’est trouvée et la liste ne contient pas
NULL
- si aucune correspondance n’est trouvée et la liste ne contient pas
INvautNULL- si l’expression de gauche vaut
NULL - si aucune valeur ne correspond et la liste contient
NULL
- si l’expression de gauche vaut
La clause IN dans la requête principale permet alors d’exploiter le résultat de la sous-requête pour sélectionner les lignes dont une colonne correspond à une valeur retournée par la sous-requête.
L’opérateur IN retourne true si la valeur de l’expression de gauche est trouvée au moins une fois dans la liste de droite. La liste de droite peut contenir la valeur NULL dans ce cas :
Si aucune correspondance n’est trouvée entre l’expression de gauche et la liste de droite, alors IN vaut false :
Mais IN vaut NULL si aucune correspondance n’est trouvée et que la liste de droite contient au moins une valeur NULL :
IN vaut également NULL si l’expression de gauche vaut NULL :
Exemples
La requête suivante permet de sélectionner les bouteilles du stock de la cave dont la contenance est comprise entre 0,3 litre et 1 litre. Pour répondre à la question, la sous-requête retourne les identifiants de contenant qui correspondent à la condition. La requête principale ne retient alors que les lignes dont la colonne contenant_id correspond à une valeur d’identifiant retournée par la sous-requête.
Clause NOT IN
- L’expression de droite est évaluée et vérifiée avec la liste de valeurs de gauche
NOT INvauttrue- si aucune correspondance n’est trouvée et la liste ne contient pas
NULL
- si aucune correspondance n’est trouvée et la liste ne contient pas
NOT INvautfalse- si l’expression de gauche correspond à un élément de la liste de droite
NOT INvautNULL- si l’expression de gauche vaut
NULL - si aucune valeur ne correspond et la liste contient
NULL
- si l’expression de gauche vaut
À l’inverse, la clause NOT IN permet dans la requête principale de sélectionner les lignes dont la colonne impliquée dans la condition ne correspond pas aux valeurs retournées par la sous-requête.
La requête suivante permet de sélectionner les bouteilles du stock dont la contenance n’est pas inférieure à 2 litres.
Il est à noter que les requêtes impliquant les clauses IN ou NOT IN peuvent généralement être réécrites sous la forme d’une jointure.
De plus, les optimiseurs SQL parviennent difficilement à optimiser une requête impliquant NOT IN. Il est préférable d’essayer de réécrire ces requêtes en utilisant une jointure.
Avec NOT IN, la gestion des valeurs NULL est à l’inverse de celle de la clause IN :
Si une correspondance est trouvée, NOT IN vaut false :
Si aucune correspondance n’est trouvée, NOT IN vaut true :
Si aucune correspondance n’est trouvée mais que la liste de valeurs de droite contient au moins un NULL, NOT IN vaut NULL :
Si l’expression de gauche vaut NULL, alors NOT IN vaut NULL également :
Les sous-requêtes retournant des valeurs NULL posent souvent des problèmes avec NOT IN. Il est préférable d’utiliser EXISTS ou NOT EXISTS pour ne pas avoir à se soucier des valeurs NULL.
Clause ANY
- L’expression de gauche est comparée au résultat de la sous-requête avec l’opérateur donné
- La ligne de gauche est retournée
- si le résultat d’au moins une comparaison est vraie
- La ligne de gauche n’est pas retournée
- si aucun résultat de la comparaison n’est vrai
- si l’expression de gauche vaut
NULL - si la sous-requête ramène un ensemble vide
La clause ANY, ou son synonyme SOME, permet de comparer l’expression de gauche à chaque ligne du résultat de la sous-requête en utilisant l’opérateur indiqué. Ainsi, la requête de l’exemple avec la clause IN aurait pu être écrite avec = ANY de la façon suivante :
Clause ALL
- L’expression de gauche est comparée à tous les résultats de la sous-requête avec l’opérateur donné
- La ligne de gauche est retournée
- si tous les résultats des comparaisons sont vrais
- si la sous-requête retourne un ensemble vide
- La ligne de gauche n’est pas retournée
- si au moins une comparaison est fausse
- si au moins une comparaison est
NULL
La clause ALL permet de comparer l’expression de gauche à chaque ligne du résultat de la sous-requête en utilisant l’opérateur de comparaison indiqué.
La ligne de la table de gauche sera retournée si toutes les comparaisons sont vraies ou si la sous-requête retourne un ensemble vide. En revanche, la ligne de la table de gauche sera exclue si au moins une comparaison est fausse ou si au moins une comparaison est NULL.
La requête d’exemple de la clause NOT IN aurait pu être écrite avec <> ALL de la façon suivante :
Utiliser un ensemble
- La sous-requête retourne
- plusieurs lignes
- sur plusieurs colonnes
- Positionnée au niveau de la clause
FROM - Nommée avec un alias de table
La sous-requête peut être utilisée dans la clause FROM afin d’être utilisée comme une table dans la requête principale. La sous-requête devra obligatoirement être nommée avec un alias de table. Lorsqu’elles sont issues d’un calcul, les colonnes résultantes doivent également être nommées avec un alias de colonne afin d’éviter toute confusion ou comportement incohérent.
La requête suivante permet de déterminer le nombre moyen de bouteilles par année :
Clause EXISTS
- Intéressant avec une corrélation
- La clause
EXISTSvérifie la présence ou l’absence de résultats- vrai si l’ensemble est non vide
- faux si l’ensemble est vide
EXISTS présente peu d’intérêt sans corrélation entre la sous-requête et la requête principale.
Le prédicat EXISTS est en général plus performant que IN. Lorsqu’une requête utilisant IN ne peut pas être réécrite sous la forme d’une jointure, il est recommandé d’utiliser EXISTS en lieu et place de IN. Et à l’inverse, une clause NOT IN sera réécrite avec NOT EXISTS.
La requête suivante permet d’identifier les vins pour lesquels il y a au moins une bouteille en stock :
Jointures
- Conditions de jointure dans
JOINou dansWHERE? - Produit cartésien
- Jointure interne
- Jointures externes
- Jointure ou sous-requête ?
Les jointures permettent d’écrire des requêtes qui impliquent plusieurs tables. Elles permettent de combiner les colonnes de plusieurs tables selon des critères particuliers, appelés conditions de jointures.
Les jointures permettent de tirer parti du modèle de données dans lequel les tables sont associées à l’aide de clés étrangères.
Conditions de jointure : dans JOIN ou dans WHERE ?
- Jointure dans clause
JOIN- séparation nette jointure et filtrage
- plus lisible et maintenable
- jointures externes propres
- facilite le travail de l’optimiseur
- Jointure dans clause
WHERE- historique
Bien qu’il soit possible de décrire une jointure interne sous la forme d’une requête SELECT portant sur deux tables dont la condition de jointure est décrite dans la clause WHERE, cette forme d’écriture n’est pas recommandée. Elle est essentiellement historique et se retrouve surtout dans des projets migrés sans modification.
En effet, les conditions de jointures se trouvent mélangées avec les clauses de filtrage, rendant ainsi la compréhension et la maintenance difficiles. Il arrive aussi que, noyé dans les autres conditions de filtrage, l’utilisateur oublie la configuration de jointure, ce qui aboutit à un produit cartésien, n’ayant rien à voir avec le résultat attendu, sans même parler de la lenteur de la requête.
Il est recommandé d’utiliser la syntaxe SQL:92 et d’exprimer les jointures à l’aide de la clause JOIN. D’ailleurs, cette syntaxe est la seule qui soit utilisable pour exprimer simplement et efficacement une jointure externe. Cette syntaxe facilite la compréhension de la requête mais facilite également le travail de l’optimiseur SQL qui peut déduire beaucoup plus rapidement les jointures qu’en analysant la clause WHERE pour déterminer les conditions de jointure et les tables auxquelles elles s’appliquent le cas échéant.
Comparer ces deux exemples d’une requête typique d’ERP pourtant simplifiée :
et :
Produit cartésien
- Clause
CROSS JOIN - Réalise toutes les combinaisons entre les lignes d’une table et les lignes d’une autre
- À éviter dans la mesure du possible
- peu de cas d’utilisation
- peu performant
Le produit cartésien peut être exprimé avec la clause de jointure CROSS JOIN :
Ou plus simplement, en listant les deux tables dans la clause FROM sans indiquer de condition de jointure :
Voici un autre exemple utilisant aussi un NOT EXISTS :
Jointure interne
- Clause
INNER JOIN- meilleure lisibilité
- facilite le travail de l’optimiseur
- Joint deux tables entre elles
- Selon une condition de jointure

Une jointure interne est considérée comme un produit cartésien accompagné d’une clause de jointure pour ne conserver que les lignes qui répondent à la condition de jointure. Les SGBD réalisent néanmoins l’opération plus simplement.
La condition de jointure est généralement une égalité, ce qui permet d’associer entre elles les lignes de la table à gauche et de la table à droite dont les colonnes de condition de jointure sont égales.
La jointure interne est exprimée à travers la clause INNER JOIN ou plus simplement JOIN. En effet, si le type de jointure n’est pas spécifié, l’optimiseur considère la jointure comme étant une jointure interne.
Syntaxe d’une jointure interne
Condition de jointure par prédicats :
table1 [INNER] JOIN table2 ON prédicat […]
Liste des colonnes de même nom (dangereux) :
table1 NATURAL [INNER] JOIN table2
Condition de jointure implicite par liste des colonnes impliquées :
table1 LEFT [OUTER] JOIN table2 USING (colonne [, …])
Il existe trois écritures différentes d’une jointure externe à gauche. La clause NATURAL permet de réaliser la jointure entre deux tables en utilisant les colonnes qui portent le même nom sur les deux tables comme condition de jointure.
Les voici en exemple :
par prédicat :
SELECT article.art_titre, auteur.aut_nom FROM article LEFT JOIN auteur ON (article.aut_id=auteur.aut_id) ;
Syntaxe d’une jointure externe à droite
Condition de jointure par prédicats :
table1 RIGHT [OUTER] JOIN table2 ON prédicat […]
Liste des colonnes implicites :
table1 NATURAL RIGHT [OUTER] JOIN table2
Condition de jointure implicite par liste des colonnes impliquées :
table1 FULL OUTER JOIN table2 USING (colonne [, …])
Jointure ou sous-requête ?
- Jointures
- algorithmes très efficaces
- ne gèrent pas tous les cas
- Sous-requêtes
- parfois peu performantes
- répondent à des besoins non couverts par les jointures
Les sous-requêtes sont fréquemment utilisées mais elles sont moins performantes que les jointures. Ces dernières permettent d’utiliser des optimisations très efficaces.
Expressions CASE
- Équivalent à l’instruction
switchen C ou Java - Emprunté au langage Ada
- Retourne une valeur en fonction du résultat de tests
CASE permet de tester différents cas. Il s’utilise de la façon suivante :
CASE simple
Il est possible de tester le résultat d’une expression avec CASE. Dans ce cas, chaque clause WHEN reprendra la valeur à laquelle on souhaite associer une expression particulière :
CASE sur expressions
Une expression peut être évaluée pour chaque clause WHEN. Dans ce cas, l’expression CASE retourne la première expression qui est vraie. Si une autre peut satisfaire la suivante, elle ne sera pas évaluée.
Par exemple :
Spécificités de CASE
- Comportement procédural
- les expressions sont évaluées dans l’ordre d’apparition
- Transtypage
- le type du retour de l’expression dépend du type de rang le plus élevé de toute l’expression
- Imbrication
- des expressions
CASEà l’intérieur d’autres expressionsCASE
- des expressions
- Clause
ELSE- recommandé
Il est possible de placer plusieurs clauses WHEN. Elles sont évaluées dans leur ordre d’apparition.
Le type de données renvoyé par l’instruction CASE correspond au type indiqué par l’expression au niveau des THEN et du ELSE. Ce doit être le même type. Si les types de données ne correspondent pas, alors PostgreSQL retournera une erreur :
La clause ELSE n’est pas obligatoire mais fortement recommandé. En effet, si une expression CASE ne comporte pas de clause ELSE, alors la base de données ajoutera une clause ELSE NULL à l’expression.
Ainsi l’expression suivante :
Sera implicitement transformée de la façon suivante :
Opérateurs ensemblistes
UNIONINTERSECTEXCEPT
Regroupement de deux ensembles
- Regroupement avec dédoublonnage :
- Regroupement sans dédoublonnage :
L’opérateur ensembliste UNION permet de regrouper deux ensembles dans un même résultat.
Le dédoublonnage peut être particulièrement coûteux car il implique un tri des données.
Exemples
La requête suivante assemble les résultats de deux requêtes pour produire le résultat :
Intersection de deux ensembles
- Intersection de deux ensembles avec dédoublonnage :
- Intersection de deux ensembles sans dédoublonnage :
L’opérateur ensembliste INTERSECT permet d’obtenir l’intersection du résultat de deux requêtes.
Le dédoublonnage peut être particulièrement coûteux car il implique un tri des données.
Exemples
L’exemple suivant n’a pas d’autre intérêt que de montrer le résultat de l’opérateur INTERSECT sur deux ensembles simples :
Différence entre deux ensembles
- Différence entre deux ensembles avec dédoublonnage :
- Différence entre deux ensembles sans dédoublonnage :
L’opérateur ensembliste EXCEPT est l’équivalent de l’opérateur MINUS d’Oracle. Il permet d’obtenir la différence entre deux ensembles : toutes les lignes présentes dans les deux ensembles sont exclues du résultat.
Le dédoublonnage peut être particulièrement coûteux car il implique un tri des données.
Exemples :
L’exemple suivant n’a pas d’autre intérêt que de montrer le résultat de l’opérateur EXCEPT sur deux ensembles simples. La première requête retourne l’ensemble des lignes de la table region alors que la seconde requête retourne la ligne qui correspond au prédicat id = 3. Cette ligne est ensuite retirée du résultat car elle est présente dans les deux ensembles de gauche et de droite :
Fonctions de base
- Transtypage
- Manipulation de chaînes
- Manipulation de types numériques
- Manipulation de dates
- Génération de jeu de données
PostgreSQL propose un nombre conséquent de fonctions permettant de manipuler les différents types de données disponibles. Les étudier de façon exhaustive n’est pas l’objet de ce module. Néanmoins, le manuel de PostgreSQL établit une liste complète des fonctions disponibles dans le SGBD.
Transtypage
- Conversion d’un type de données vers un autre type de données
CAST (expression AS type)expression::type
Les opérateurs de transtypages permettent de convertir une donnée d’un type particulier vers un autre type. La conversion échoue si les types de données sont incompatibles.
Exemples
Transtypage incorrect d’une chaîne de caractères vers un entier :
Astuce
PostgreSQL est volontairement peu flexible pour éviter certaines erreurs subtiles liées à une conversion trop hâtive.
Opérations simples sur les chaînes
- Concaténation :
chaîne1 || chaîne2 - Longueur de la chaîne :
char_length(chaîne) - Conversion en minuscules :
lower(chaîne) - Conversion en majuscules :
upper(chaîne)
L’opérateur de concaténation permet de concaténer deux chaînes de caractères :
Il permet aussi de concaténer une chaîne de caractères avec d’autres types de données :
La fonction char_length() permet de connaître la longueur d’une chaîne de caractères :
Les fonctions lower et upper permettent de convertir une chaîne respectivement en minuscule et en majuscule :
Manipulations de chaînes
- Extrait une chaîne à partir d’une autre :
substring(chaîne [from int] [for int])
- Emplacement d’une sous-chaîne :
position(sous-chaîne in chaîne)
La fonction substring permet d’extraire une chaîne de caractères à partir d’une chaîne en entrée. Il faut lui indiquer, en plus de la chaîne source, la position de départ, et la longeur de la sous-chaîne. Par exemple :
Notez que vous pouvez aussi utiliser un appel de fonction plus standard :
La fonction position indique la position d’une chaîne de caractères dans la chaîne indiquée. Par exemple :
La combinaison des deux est intéressante :
Manipulation de types numériques
- Opérations arithmétiques
- Manipulation de types numériques
- Génération de données
Opérations arithmétiques
- Addition :
+ - Soustraction :
- - Multiplication :
* - Division :
/- entière si implique des entiers !
- Reste (modulo) :
%
Ces opérateurs sont classiques. L’ensemble des opérations arithmétiques disponibles sont documentées dans le manuel.
La principale surprise vient de / qui est par défaut une division entière si des entiers sont seuls impliqués :
Fonctions numériques courantes
Arrondi :
round (numeric)Troncature :
trunc (numeric [, precision])Entier le plus petit :
floor (numeric)Entier le plus grand :
ceil (numeric)
Ces fonctions sont décrites dans la documentation.
Génération de données
La fonction generate_series est spécifique à PostgreSQL et permet de générer une suite d’entiers compris entre une borne de départ et une borne de fin :
Avec un incrément pour chaque itération :
Cette fonction est aussi utilisée pour générer des lignes à volonté :
La fonction random() génère un nombre aléatoire, de type double precision (synonyme de float et float8), compris entre 0 et 1.
Pour générer un entier compris entre 0 et 100, il suffit de réaliser la requête suivante :
Depuis PostgreSQL 17, il existe une version plus pratique avec deux bornes, et qui peut renvoyer, selon les paramètres, un integer, un bigint, ou un numeric :
Il est possible de contrôler la graine du générateur de nombres aléatoires en positionnant le paramètre de session seed :
ou à l’aide de la fonction setseed() :
La graine est un flottant compris entre -1 et 1.
Ces fonctions sont décrites dans le manuel de PostgreSQL.
Manipulation de dates
- Obtenir la date et l’heure courante
- Manipuler des dates
- Opérations arithmétiques
- Formatage de données
Date et heure courante
- Retourne la date courante :
current_date - Retourne l’heure courante :
current_time - Retourne la date et l’heure courante :
current_timestamp/now()
Les fonctions current_date et current_time permettent d’obtenir respectivement la date courante et l’heure courante. La première fonction retourne le résultat sous la forme d’un type date et la seconde sous la forme d’un type time with time zone.
Préférer current_timestamp et son synonyme now() pour obtenir la date et l’heure courante, le résultat étant de type timestamp with time zone.
Exceptionnellement, les fonctions current_date, current_time et current_timestamp n’ont pas besoin d’être invoquée avec les parenthèses ouvrantes et fermantes typiques de l’appel d’une fonction. En revanche, l’appel de la fonction now() requiert ces parenthèses.
Il est possible d’utiliser ces variables comme valeur par défaut d’une colonne :
Manipulation des données
- Âge
- Par rapport à la date courante :
age (timestamp) - Par rapport à une date de référence :
age (timestamp, timestamp)
- Par rapport à la date courante :
La fonction age(timestamp) permet de déterminer l’âge de la date donnée en paramètre par rapport à la date courante. L’âge sera donné sous la forme d’un type interval.
La forme age(timestamp, timestamp) permet d’obtenir l’âge d’une date par rapport à une autre date, par exemple pour connaître l’âge de Gaston Lagaffe au 5 janvier 1997 :
Tronquer et extraire
- Troncature d’une date :
date_trunc(text, timestamp)- ex :
date_trunc('month' from date_naissance)
- ex :
- Composante de la date :
extract(text, timestamp)- ex :
extract('year' from date_naissance)
- ex :
La fonction date_trunc(text, timestamp) permet de tronquer la date à une précision donnée. La précision est exprimée en anglais, et autorise les valeurs suivantes :
microsecondsmillisecondssecondminutehourdayweekmonthquarteryeardecadecenturymillennium
La fonction date_trunc() peut agir sur une donnée de type timestamp, date ou interval. Par exemple, pour arrondir l’âge de Gaston Lagaffe de manière à ne représenter que le nombre d’années :
La fonction extract(text from timestamp) permet d’extraire uniquement une composante donnée d’une date, par exemple l’année. Elle retourne un type de données flottant double precision.
Arithmétique sur les dates
- Opérations arithmétiques sur
timestamp,timeoudatedate/time - date/time = intervaldate/time + time = date/timedate/time + interval = date/time
- Opérations arithmétiques sur
intervalinterval * numeric = intervalinterval / numeric = intervalinterval + interval = interval
La soustraction de deux types de données représentant des dates permet d’obtenir un intervalle qui représente le délai écoulé entre ces deux dates :
L’addition entre deux types de données est plus restreinte. En effet, l’expression de gauche est obligatoirement de type timestamp ou date et l’expression de droite doit être obligatoirement de type time. Le résultat de l’addition permet d’obtenir une donnée de type timestamp, avec ou sans information sur le fuseau horaire selon que cette information soit présente ou non sur l’expression de gauche.
L’addition d’une donnée datée avec une donnée de type interval permet d’obtenir un résultat du même type que l’expression de gauche :
Une donnée de type interval peut subir des opérations arithmétiques. Le résultat sera de type interval :
Date vers chaîne
- Conversion d’une date en chaîne de caractères
to_char(timestamp, text)- ex :
to_char(current_timestamp, 'DD/MM/YYYY HH24:MI:SS')
La fonction to_char() permet de restituer une date selon un format donné :
Chaîne vers date
- Conversion d’une chaîne de caractères en date :
to_date(text, text)to_date('05/12/2000', 'DD/MM/YYYY')
- Conversion d’une chaîne de caractères en timestamp :
to_timestamp(text, text)to_timestamp('05/12/2000 12:00:00', 'DD/MM/YYYY HH24:MI:SS')
- Paramètre
datestyle
Quant à la fonction to_date(), elle permet de convertir une chaîne de caractères dans une donnée de type date. La fonction to_timestamp() permet de réaliser la même mais en donnée de type timestamp.
Ces fonctions sont détaillées dans la section concernant les fonctions de formatage de données du manuel.
Le paramètre DateStyle contrôle le format de saisie et de restitution des dates et heures. La documentation de ce paramètre permet de connaître les différentes valeurs possibles. Il reste néanmoins recommandé d’utiliser les fonctions de formatage de date qui permettent de rendre l’application indépendante de la configuration du SGBD.
La norme ISO impose le format de date « année/mois/jour ». La norme SQL est plus permissive et permet de restituer une date au format « jour/mois/année » si le paramètre DateStyle est égal à 'SQL, DMY'.
Génération de données
- Générer une suite de timestamp :
generate_series (timestamp_debut, timestamp_fin, intervalle)
La fonction generate_series(date_debut, date_fin, interval) permet de générer des séries de dates :
Vues
- Tables virtuelles
- définies par une requête
SELECT - définition stockée dans le catalogue de la base de données
- définies par une requête
- Objectifs
- masquer la complexité d’une requête
- masquer certaines données à l’utilisateur
- Vues ≠ vues matérialisées
Les vues sont des « tables virtuelles » qui permettent d’obtenir le résultat d’une requête SELECT. Sa définition est stockée dans le catalogue système de la base de données. Le SELECT est exécuté quand la vue est appelée.
De cette façon, il est possible de créer une vue à destination de certains utilisateurs pour combler différents besoins :
- permettre d’interroger facilement une vue qui exécute une requête complexe ou lourde à écrire ;
- masquer certaines lignes ou certaines colonnes aux utilisateurs, pour amener un niveau de sécurité complémentaire ;
- rendre les données plus intelligibles, en nommant mieux les colonnes d’une vue et/ou en simplifiant la structure de données ;
- assurer la compatibilité avec d’anciennes requêtes après des modifications…
En plus de cela, les vues permettent d’obtenir facilement des valeurs dérivées d’autres colonnes. Ces valeurs dérivées pourront alors être utilisées simplement en appelant la vue plutôt qu’en réécrivant systématiquement le calcul de dérivation à chaque requête qui le nécessite.
Les vues classiques équivalent à exécuter un SELECT. Il existe des « vues matérialisées », qui ne seront pas développées ici, qui sont des vraies tables créées à partir d’une requête (et rafraîchies uniquement sur demande explicitement).
Création d’une vue
- Une vue porte un nom au même titre qu’une table
- elle sera nommée avec les mêmes règles
- Création d’une vue :
Bien qu’une vue n’ait pas de représentation physique directe, elle est accédée au même titre qu’une table avec SELECT et dans certains cas avec INSERT, UPDATE et DELETE. La vue logique ne distingue pas les accès à une vue des accès à une table. De cette façon, une vue doit utiliser les mêmes conventions de nommage qu’une table.
Une vue est créée avec l’ordre SQL CREATE VIEW :
Le mot clé CREATE VIEW permet de créer une vue. Si elle existe déjà, il est possible d’utiliser CREATE OR REPLACE VIEW qui aura pour effet de créer la vue si elle n’existe pas ou de remplacer la définition de la vue si elle existe déjà. Attention, dans ce dernier cas, les colonnes et les types de données retournés par la vue ne doivent pas changer d’ordre par rapport à l’ordre CREATE original.
La clause nom permet de nommer la vue. La clause nom_colonne, … permet lister explicitement les colonnes retournées par une vue, cette clause est optionnelle mais recommandée pour mieux documenter la vue.
La clause requete correspond simplement à la requête SELECT exécutée lorsqu’on accède à la vue.
Exemple :
Lecture d’une vue
- Une vue est lue comme une table
SELECT * FROM vue;
Une vue est lue de la même façon qu’une table. On utilisera donc l’ordre SELECT pour le faire. L’optimiseur de PostgreSQL remplacera l’appel à la vue par la définition de la vue pendant la phase de réécriture de la requête. Le plan d’exécution prendra alors compte des particularités de la vue pour optimiser les accès aux données.
Exemples
Sécurisation d’une vue
- Sécuriser une vue
- droits avec
GRANTetREVOKE
- droits avec
- Utiliser les vues comme moyen de filtrer les lignes est dangereux
- option
security_barrier
- option
Il est possible d’accorder (ou de révoquer) à un utilisateur les mêmes droits sur une vue que sur une table :
Le droit SELECT autorise un utilisateur à lire une table. Les droits INSERT, UPDATE et DELETE permettent de contrôler les accès en mise à jour à une vue.
Les droits TRUNCATE et REFERENCES n’ont pas d’utilité avec une vue. Ils ne sont tout simplement pas supportés car TRUNCATE n’agit que sur une table et une clé étrangère ne peut être liée d’une table qu’à une autre table.
Les vues sont parfois utilisées pour filtrer les lignes pouvant être lues par l’utilisateur. Cette protection peut être contournée si l’utilisateur a la possibilité de créer une fonction. L’option security_barrier permet d’éviter ce problème.
Exemple :
La table elements contient cinq lignes, dont trois considérés comme privés. Nous allons donc créer une vue ne permettant de voir que les lignes publiques.
La connexion avec l’utilisateur u1 suppose que la configuration nécessaire a été faite par le DBA.
Tentative de lecture de la table puis de la vue :
L’utilisateur u1 n’a pas le droit de lire directement la table elements mais a le droit d’y accéder via la vue elements_public, uniquement pour les lignes dont le champ prive est à false.
Cependant, u1 peut révéler le contenu de elements à travers une fonction spécifique. Cette fonction peut divulguer les informations des lignes de données qu’elle traite avant même qu’elles ne soient filtrées par la vue :
Que s’est-il passé ? pour comprendre, il suffit de regarder le plan d’exécution de cette requête avec la commande EXPLAIN :
La requête contient deux filtres : celui dans la vue, celui dans la fonction abracadra. On a déclaré un coût si faible pour cette dernière que PostgreSQL, pour optimiser, l’exécute avant le filtre de la vue. Du coup, la fonction voit toutes les lignes de la table et peut trahir leur contenu.
Pour interdire l’optimisation malvenue du planificateur, ajouter à la vue l’option security_barrier :
Il peut y avoir un impact en performance : le filtre de la vue s’applique d’abord, et peut donc forcer l’optimiseur à s’écarter du chemin optimal.
Sur security_barrier, Robert Haas a écrit un très bon article de blog.
Mise à jour des vues
- Updatable view
WITH CHECK OPTION- Mises à jour non triviales : trigger
INSTEAD OF
Le moteur permet de mettre à jour les données dans des vues simples, ou, plus exactement, de mettre à jour les tables sous-jacentes au travers de la vue. Les critères déterminant si une vue peut être mise à jour ou non sont assez simples à résumer : la vue doit reprendre la définition de la table, avec au plus une clause WHERE pour restreindre les résultats.
La clause WITH CHECK OPTION empêche l’utilisateur d’insérer des données qui ne satisfont pas les critères de filtrage de la vue. En effet, par défaut, il est par exemple possible d’insérer un numéro de téléphone privé alors que la vue ne permet pas d’afficher les numéros privés. WITH CHECK OPTION doit être demandée explicitement.
Pour gérer les cas plus complexes, PostgreSQL permet de créer des triggers INSTEAD OF sur des vues. Un trigger INSTEAD OF permet de déclencher une fonction utilisateur lorsqu’une opération de mise à jour est déclenchée sur une vue. Le code de la fonction sera exécuté en lieu et place de la mise à jour.
Exemples
Attention
Une alternative aux triggers serait d’utiliser le système de règles (rules), mais son utilisation est fortement déconseillée en raison de la difficulté de débogage et de maintenance.
Mauvaises utilisations des vues
- Prolifération des vues
- créer une vue doit se justifier
- ne pas créer une vue par table
- Vues trop complexes utilisées comme interface
- Vues empilées
La création d’une vue doit être pensée préalablement et doit se justifier du point de vue de l’application ou d’une règle métier. Toute vue créée doit être documentée, au moins en plaçant un commentaire sur la vue.
Bien qu’une vue n’ait pas de représentation physique, elle occupe malgré tout un peu d’espace disque. En effet, le catalogue système comporte une entrée pour chaque vue créée, autant d’entrées qu’il y a de colonnes à la vue, etc. Trop de vues entraîne donc malgré tout l’augmentation de la taille du catalogue système, donc une empreinte mémoire plus importante car ce catalogue reste en général systématiquement présent en cache.
Un problème fréquent est celui de vues complexes calculant beaucoup de choses pour le confort de l’usager… au prix des performances quand l’utilisateur n’a pas besoin de ces informations. L’optimiseur ne peut pas forcément tout élaguer.
Pour cette raison, et pour des raisons de facilité de maintenance, il faut aussi éviter d’empiler les vues.
Requêtes préparées
- Exécution en deux temps
- préparation du plan d’exécution de la requête
- exécution de la requête en utilisant le plan préparé
- Objectif :
- éviter simplement les injections SQL
- améliorer les performances
Les requêtes préparées, aussi appelées requêtes paramétrées, permettent de séparer la phase de préparation du plan d’exécution de la phase d’exécution. Le plan d’exécution qui est alors généré est générique car les paramètres de la requêtes sont inconnus à ce moment là.
L’exécution est ensuite commandée par l’application, en passant l’ensemble des valeurs des paramètres de la requête. De plus, ces paramètres sont passés de façon à éviter les injections SQL.
L’exécution peut être ensuite commandée plusieurs fois, sans avoir à préparer le plan d’exécution. Cela permet un gain important en terme de performances car l’étape d’analyse syntaxique et de recherche du plan d’exécution optimal n’est plus à faire.
L’utilisation de requêtes préparées peut toutefois être contre-performant si les sessions ne sont pas maintenues et les requêtes exécutées qu’une seule fois. En effet, l’étape de préparation oblige à un premier aller-retour entre l’application et la base de données et l’exécution oblige à un second aller-retour, ajoutant ainsi une surcharge qui peut devenir significative.
Utilisation
PREPARE, préparation du plan d’exécution d’une requêteEXECUTE, passage des paramètres de la requête et exécution réelle- L’implémentation dépend beaucoup du langage de programmation utilisé
- le connecteur JDBC supporte les requêtes préparées
- le connecteur PHP/PDO également
L’ordre PREPARE permet de préparer le plan d’exécution d’une requête. Le plan d’exécution prendra en compte le contexte courant de l’utilisateur au moment où la requête est préparée, et notamment le search_path. Tout changement ultérieur de ces variables ne sera pas pris en compte à l’exécution.
L’ordre EXECUTE permet de passer les paramètres de la requête et de l’exécuter.
La plupart des langages de programmation mettent à disposition des méthodes qui permettent d’employer les mécanismes de préparation de plans d’exécution directement. Les paramètres des requêtes seront alors transmis un à un à l’aide d’une méthode particulière.
Voici comment on prépare une requête :
Le test suivant montre le gain en performance qu’on peut attendre d’une requête préparée :
- préparation de la table :
- préparation de deux scripts SQL, une pour les requêtes standards, l’autre pour les requêtes préparées :
- exécution du test (deux fois pour s’assurer que les temps d’exécution sont réalistes) :
Le gain est de 16 % dans cet exemple. Il peut être bien plus important. En lisant 500 000 lignes (et non pas 100 000), on arrive à 25 % de gain.
Conclusion
- Possibilité d’écrire des requêtes complexes
- C’est là où PostgreSQL est le plus performant
Le standard SQL va bien plus loin que ce que les requêtes simplistes laissent penser. Utiliser des requêtes complexes permet de décharger l’application d’un travail conséquent et le développeur de coder quelque chose qui existe déjà. Cela aide aussi la base de données car il est plus simple d’optimiser une requête complexe qu’un grand nombre de requêtes simplistes.
Questions
N’hésitez pas, c’est le moment !
Quiz
Travaux pratiques
Ces TP utilisent la base tpc. Si vous ne l’avez pas déjà, la base tpc (dump de 31 Mo, pour 267 Mo sur le disque au final) et ses utilisateurs peuvent être installés comme suit :
Les mots de passe sont dans le script /tmp/tpc_roles.sql. Pour vous connecter :
Le schéma suivant montre les différentes tables de la base :

TP n°1
Affichez, par pays, le nombre de fournisseurs.
Sortie attendue :
Affichez, par continent (
regions), le nombre de fournisseurs.
Sortie attendue :
Affichez le nombre de commandes triées selon le nombre de lignes de commandes au sein de chaque commande.
Sortie attendue :
Pour les 30 premières commandes (selon la date de commande), affichez le prix total de la commande, en appliquant la remise accordée sur chaque article commandé. La sortie sera triée de la commande la plus chère à la commande la moins chère.
Sortie attendue :
Affichez, par année, le total des ventes. La date de commande fait foi. La sortie sera triée par année.
Sortie attendue :
Pour toutes les commandes, calculez le temps moyen de livraison, depuis la date d’expédition. Le temps de livraison moyen sera exprimé en jours, arrondi à l’entier supérieur (fonction
ceil()).
Sortie attendue :
Pour les 30 commandes les plus récentes (selon la date de commande), calculez le temps moyen de livraison de chaque commande, depuis la date de commande. Le temps de livraison moyen sera exprimé en jours, arrondi à l’entier supérieur (fonction
ceil()).
Sortie attendue :
Déterminez le taux de retour des marchandises (l’état à
Rindiquant qu’une marchandise est retournée).
Sortie attendue :
Déterminez le mode d’expédition qui est le plus rapide, en moyenne.
Sortie attendue :
Un bug applicatif est soupçonné, déterminez s’il existe des commandes dont la date de commande est postérieure à la date d’expédition des articles.
Sortie attendue :
Écrivez une requête qui corrige les données erronés en positionnant la date de commande à la date d’expédition la plus ancienne des marchandises. Vérifiez qu’elle soit correcte. Cette requête permet de corriger des calculs de statistiques sur les délais de livraison.
Écrivez une requête qui calcule le délai total maximal de livraison de la totalité d’une commande donnée, depuis la date de la commande.
Sortie attendue pour la commande n°1 :
Écrivez une requête pour déterminer les 10 commandes réalisées en 2011 dont le délai de livraison, entre la date de commande et la date de réception, est le plus important.
Sortie attendue :
Un autre bug applicatif est détecté. Certaines commandes n’ont pas de lignes de commandes. Écrivez une requête pour les retrouver.
Écrivez une requête pour supprimer ces commandes. Vérifiez le travail avant de valider.
Écrivez une requête pour déterminer les 20 pièces qui ont eu le plus gros volume de commande.
Sortie attendue :
Affichez les fournisseurs des 20 pièces qui ont été le plus commandées sur l’année 2011.
Sortie attendue :
Affichez le pays qui a passé, en nombre, le plus de commandes sur l’année 2011.
Sortie attendue :
Affichez pour les commandes passées en 2011, la liste des continents (
régions) et la marge brute d’exploitation réalisée par continents, triés dans l’ordre décroissant.
Sortie attendue :
Affichez le nom, le numéro de téléphone et le pays des fournisseurs qui ont un commentaire contenant le mot clé
Complaints.
Sortie attendue :
Déterminez le top 10 des fournisseurs ayant eu le plus long délai de livraison, entre la date de commande et la date de réception, pour les commandes passées en 2011 uniquement.
Sortie attendue :
TP n°2
Ajouter une adresse mail à chaque contact avec la concaténation du nom avec le texte « @dalibo.com ».
Concaténer nom et adresse mail des contacts français sous la forme « nom <mail> ».
Même demande mais avec le nom en majuscule et l’adresse mail en minuscule.
Ajouter la colonne
prix_totalde typenumeric(10,2)à la tablecommandes.
Écrivez une requête qui calcul la somme d’une commande en fonction de la quantité, le prix unitaire ainsi que la remise d’un produit. Vous trouverez ces informations dans la table
lignes_commandes.
Mettre à jour la colonne
prix_totalde la tablecommandesavec la somme récupérée de la tablelignes_commandes.
Récupérer le montant total des commandes par mois pour l’année 2010. Les montants seront arrondis à deux décimales.
Supprimer les commandes de mai 2010.
Ré-exécuter la requête trouvée à la septième question.
Qu’observez-vous ?
Corriger le problème rencontré.
Créer une vue calculant le prix total de chaque commande.
Réécrire la requête de la question 7 pour utiliser la vue créée au point 10.
Travaux pratiques (solutions)
Ces TP utilisent la base tpc. Si vous ne l’avez pas déjà, la base tpc (dump de 31 Mo, pour 267 Mo sur le disque au final) et ses utilisateurs peuvent être installés comme suit :
Les mots de passe sont dans le script /tmp/tpc_roles.sql. Pour vous connecter :
Le schéma suivant montre les différentes tables de la base :

TP n°1
Affichez, par pays, le nombre de fournisseurs.
Affichez, par continent (
regions), le nombre de fournisseurs.
Affichez le nombre de commandes trié selon le nombre de lignes de commandes au sein de chaque commande.
Pour les 30 premières commandes (selon la date de commande), affichez le prix total de la commande, en appliquant la remise accordée sur chaque article commandé. La sortie sera triée de la commande la plus chère à la commande la moins chère.
Affichez, par année, le total des ventes. La date de commande fait foi. La sortie sera triée par année.
Pour toutes les commandes, calculez le temps moyen de livraison, depuis la date d’expédition. Le temps de livraison moyen sera exprimé en jours, arrondi à l’entier supérieur (fonction
ceil()).
Pour les 30 commandes les plus récentes (selon la date de commande), calculez le temps moyen de livraison de chaque commande, depuis la date de commande. Le temps de livraison moyen sera exprimé en jours, arrondi à l’entier supérieur (fonction
ceil()).
Note : la colonne date_commande de la table commandes n’a pas de contrainte NOT NULL, il est donc possible d’avoir des commandes sans date de commande renseignée (ici ce n’est pas le cas). Dans ce cas, ces commandes vont remonter par défaut en haut de la liste, puisque la clause ORDER BY renvoie les NULL après les valeurs les plus grandes, et que l’on inverse le tri. Pour éviter que ces commandes ne faussent les résultats, il faut donc les exclure de la sous-requête, de la façon suivante :
Une autre solution est d’utiliser la clause NULLS LAST de ORDER BY comme ceci :
Il est intéressant de constater que cette sous-requête ne ramène pas le même résultat que les autres. En effet, aucune des trois requêtes ne spécifie l’ordre des lignes pour lesquelles la date est égale.
Déterminez le taux de retour des marchandises (l’état à
Rindiquant qu’une marchandise est retournée).
La clause FILTER des fonctions d’agrégation permet d’écrire une telle requête plus facilement :
Déterminez le mode d’expédition qui est le plus rapide, en moyenne.
Un bug applicatif est soupçonné, déterminez s’il existe des commandes dont la date de commande est postérieure à la date d’expédition des articles.
Écrivez une requête qui corrige les données erronés en positionnant la date de commande à la date d’expédition la plus ancienne des marchandises. Vérifiez qu’elle soit correcte. Cette requête permet de corriger des calculs de statistiques sur les délais de livraison.
Afin de se protéger d’une erreur de manipulation, on ouvre une transaction :
La requête réalisée précédemment doit à présent retourner 0 :
Si c’est le cas, on valide la transaction :
Si ce n’est pas le cas, il doit y avoir une erreur dans la transaction, on l’annule :
Note: on peut aussi utiliser la syntaxe suivante.
Depuis la version 18, il est possible de retourner les anciennes et nouvelles valeurs d’une colonne avec la clause RETURNING. En ajoutant ceci à la fin de la requête, on peut voir l’ancienne et la nouvelle date pour chaque commande modifiée :
Écrivez une requête qui calcule le délai total maximal de livraison de la totalité d’une commande donnée, depuis la date de la commande.
Par exemple pour la commande dont le numéro de commande est le 1 :
Écrivez une requête pour déterminer les 10 commandes réalisées en 2011 dont le délai de livraison, entre la date de commande et la date de réception, est le plus important.
Un autre bug applicatif est détecté. Certaines commandes n’ont pas de lignes de commandes. Écrivez une requête pour les retrouver.
Pour réaliser cette requête, il faut effectuer une jointure spéciale, nommée « Anti-jointure ». Il y a plusieurs façons d’écrire ce type de jointure. Les différentes méthodes sont données de la moins efficace à la plus efficace.
La version la moins performante est la suivante, avec NOT IN :
Il n’y a aucune corrélation entre la requête principale et la sous-requête. PostgreSQL doit donc vérifier pour chaque ligne de commandes que numero_commande n’est pas présent dans l’ensemble retourné par la sous-requête. Il est préférable d’éviter cette syntaxe.
Autre écriture possible, avec LEFT JOIN :
Enfin, l’écriture généralement préférée pour sa lisibilité, avec NOT EXISTS :
Écrivez une requête pour supprimer ces commandes. Vérifiez le travail avant de valider.
Afin de se protéger d’une erreur de manipulation, on ouvre une transaction :
La requête permettant de supprimer ces commandes est dérivée de la version NOT EXISTS de la requête ayant permis de trouver le problème :
Pour vérifier que le problème est corrigé :
Si la requête ci-dessus remonte 0, alors la transaction peut être validée :
Écrivez une requête pour déterminer les 20 pièces qui ont eu le plus gros volume de commande.
Affichez les fournisseurs des 20 pièces qui ont été le plus commandées sur l’année 2011.
Affichez le pays qui a passé, en nombre, le plus de commandes sur l’année 2011.
Affichez pour les commandes passées en 2011, la liste des continents (
régions) et la marge brute d’exploitation réalisée par continents, triés dans l’ordre décroissant.
Affichez le nom, le numéro de téléphone et le pays des fournisseurs qui ont un commentaire contenant le mot clé
Complaints.
Déterminez le top 10 des fournisseurs ayant eu le plus long délai de livraison, entre la date de commande et la date de réception, pour les commandes passées en 2011 uniquement.
TP n°2
Ajouter une adresse mail à chaque contact avec la concaténation du nom avec le texte « @dalibo.com ».
La colonne a été ajoutée dans un TP précédent, si nécessaire créer la colonne avec la commande :
Note : pour éviter de mettre à jour les contacts ayant déjà une adresse mail, il suffit d’ajouter une clause WHERE :
Concaténer nom et adresse mail des contacts français sous la forme « nom <mail> ».
Alternativement, on peut utiliser format() :
Même demande mais avec le nom en majuscule et l’adresse mail en minuscule.
Ajouter la colonne
prix_totalde typenumeric(10,2)à la tablecommandes.
Écrivez une requête qui calcul la somme d’une commande en fonction de la quantité, le prix unitaire ainsi que la remise d’un produit. Vous trouverez ces informations dans la table
lignes_commandes.
Mettre à jour la colonne
prix_totalde la tablecommandesavec la somme récupérée de la tablelignes_commandes.
Une autre variante de cette requête serait :
Bien que cette dernière variante soit moins lisible, elle est bien plus rapide sur un gros volume de données.
Récupérer le montant total des commandes par mois pour l’année 2010. Les montants seront arrondis à deux décimales.
Attention : il n’y a pas de contrainte NOT NULL sur le champ date_commande, donc s’il existe des commandes sans date de commande, celles-ci seront agrégées à part des autres, puisque extract() renverra NULL pour ces lignes.
Supprimer les commandes de mai 2010.
Le problème de l’approche précédente est d’effectuer l’opération en deux temps. Il est possible de réaliser la totalité des suppressions dans les deux tables lignes_commandes et commandes en une seule requête en utilisant une CTE :
Ré-exécuter la requête trouvée à la septième question.
Qu’observez-vous ?
La ligne correspondant au mois de mai a disparu.
Corriger le problème rencontré.
Notez l’utilisation de la fonction coalesce() dans le SELECT, afin d’affecter la valeur 0.0 aux lignes « ajoutées » par le LEFT JOIN qui n’ont par défaut aucune valeur (NULL).
Créer une vue calculant le prix total de chaque commande.
Réécrire la requête de la question 7 pour utiliser la vue créée au point 10.
5 SQL avancé pour le transactionnel
SQL avancé pour le transactionnel
Préambule
- SQL et PostgreSQL proposent de nombreuses fonctionnalités avancées
- normes SQL:99, 2003, 2008 et 2011
- parfois, extensions propres à PostgreSQL
La norme SQL a continué d’évoluer et a bénéficié d’un grand nombre d’améliorations. Beaucoup de requêtes qu’il était difficile d’exprimer avec les premières incarnations de la norme sont maintenant faciles à réaliser avec les dernières évolutions.
Ce module a pour objectif de voir les fonctionnalités pouvant être utiles pour développer une application transactionnelle.
Menu
LIMIT/OFFSET- Jointures
LATERAL UPSERT:INSERTouUPDATE- Common Table Expressions
- Serializable Snapshot Isolation
Objectifs
- Aller au-delà de SQL:92
- Concevoir des requêtes simples pour résoudre des problèmes complexes
Beaucoup de personnes écrivant du SQL ne connaissent que les bases du SQL:92. Le langage a cependant de nombreuses fonctionnalités très puissantes à connaître.
LIMIT
- Clause
LIMIT - ou syntaxe en norme SQL :
FETCH FIRST xx ROWS - Utilisation :
- limite le nombre de lignes du résultat
La clause LIMIT, ou sa déclinaison normalisée par le comité ISO FETCH FIRST xx ROWS, permet de limiter le nombre de lignes résultant d’une requête SQL. La syntaxe LIMIT est cependant plus connue et est plus concise.
LIMIT : exemple
L’exemple ci-dessous s’appuie sur un jeu d’essai créé ainsi :
Il faut faire attention au fait que ces fonctions ne permettent pas d’obtenir des résultats stables si les données ne sont pas triées explicitement. En effet, le standard SQL ne garantit en aucune façon l’ordre des résultats à moins d’employer la clause ORDER BY, et que l’ensemble des champs sur lequel on trie soit unique et non NULL.
Si une ligne était modifiée, changeant sa position physique dans la table, le résultat de la requête ne serait pas le même. Par exemple, en réalisant une mise à jour fictive de la ligne correspondant au matricule 00000001 :
L’ordre du résultat n’est pas garanti :
L’application d’un critère de tri explicite permet d’obtenir la sortie souhaitée :
OFFSET
- Clause OFFSET
- à utiliser avec
LIMIT
- à utiliser avec
- Utilité :
- pagination de résultat
- sauter les n premières lignes avant d’afficher le résultat
Ainsi, en reprenant le jeu d’essai utilisé précédemment :
OFFSET : exemple (1/2)
- Sans offset :
OFFSET : exemple (2/2)
- En sautant les deux premières lignes :
OFFSET : problèmes
OFFSETest problématique- beaucoup de données lues
- temps de réponse dégradés
- Alternative possible
- utilisation d’un index sur le critère de tri
- critère de filtrage sur la page précédente
- https://use-the-index-luke.com/fr/no-offset
Cependant, sur un jeu de données conséquent et une pagination importante, ce principe de fonctionnement peut devenir contre-performant. En effet, la base de données devra lire malgré tout les enregistrements qui n’apparaîtront pas dans le résultat de la requête, simplement dans le but de les compter.
Soit la table posts suivante (téléchargeable sur https://dali.bo/tp_posts, à laquelle on ajoute un index sur (id_article_id, id_post)) :
Si l’on souhaite récupérer les 10 premiers enregistrements :
On obtient le plan d’exécution suivant :
La requête est rapide car elle profite d’un index bien trié et elle ne lit que peu de données, ce qui est bien.
En revanche, si l’on saute un nombre conséquent d’enregistrements grâce à la clause OFFSET, la situation devient problématique :
Le plan n’est plus le même :
Pour répondre à la requête, PostgreSQL choisit la lecture de l’ensemble des résultats, puis leur tri, pour enfin appliquer la limite. En effet, LIMIT et OFFSET ne peuvent s’opérer que sur le résultat trié : il faut lire les 910 posts avant de pouvoir choisir les 10 derniers.
Le problème de ce plan est que, plus le jeu de données sera important, plus les temps de réponse seront importants. Ils seront encore plus importants si le tri n’est pas utilisable dans un index, ou si l’on déclenche un tri sur disque. Il faut donc trouver une solution pour les minimiser.
Les problèmes de l’utilisation de la clause OFFSET sont parfaitement expliqués dans cet article.
Dans notre cas, la solution revient à créer un index qui contient le critère ainsi que le champ qui fixe la pagination (l’index existant convient). Puis on mémorise à quel post_id la page précédente s’est arrêtée, pour le donner comme critère de filtrage (ici 12900). Il suffit donc de récupérer les 10 articles pour lesquels id_article = 12 et id_post > 12900 :
RETURNING
- Clause
RETURNING - Utilité :
- récupérer les enregistrements modifiés
INSERT,UPDATE,DELETE
- À partir de la v18
- ancienne version :
OLD - nouvelle version :
NEW
- ancienne version :
La clause RETURNING permet de récupérer les valeurs modifiées par un ordre DML.
On a ainsi une modification et la récupération des valeurs générées, modifiées ou supprimées en un seul ordre.
RETURNING : exemple
Dans l’exemple ci-dessus, l’insertion d’une ligne mène à la génération d’une clé par la séquence associée au pseudo-type serial. La clause RETURNING permet de récupérer cette valeur dans la même commande que celle d’insertion.
RETURNING permet également de récupérer les valeurs des colonnes mises à jour :
Associée à l’ordre DELETE, RETURNING renvoie les lignes supprimées :
Ce qui suit illustre les nouveautés de la version 18 et l’utilisation d’une CTE :
UPSERT (INSERT … ON CONFLICT)
INSERTouUPDATE?INSERT … ON CONFLICT DO { NOTHING | UPDATE }
- Utilité :
- mettre à jour en cas de conflit sur un
INSERT - ne rien faire en cas de conflit sur un
INSERT
- mettre à jour en cas de conflit sur un
- Plutôt préférer
MERGE
Par upsert, on entend la syntaxe INSERT … ON CONFLICT DO { NOTHING | UPDATE } qui permet d’insérer une ligne, ou de la mettre à jour si elle existe déjà (c’est-à-dire si la clé qui sert à l’identifier est mise à jour).
L’implémentation de PostgreSQL de ON CONFLICT DO UPDATE est une opération atomique, c’est-à-dire que PostgreSQL garantit que l’une ou l’autre seulement des conditions sera effectuée, sans souci en cas de traitements en parallèle et de suppression (sauf erreur pour une autre raison). En comparaison, plusieurs approches naïves présentent des problèmes de concurrences d’accès. (Voir les différentes approches décrites dans cet article de Depesz).
Il faut évidemment qu’il y ait une contrainte d’unicité pour l’identification des lignes.
Une bonne conception évitera autant que possible de modifier les mêmes lignes par des traitements simultanés, ne serait-ce que pour éviter des ralentissements à cause de verrous. Mais ce n’est pas toujours possible.
La clause INSERT … ON CONFLICT est très proche de la commande MERGE (voir plus bas), plus proche du standard, mais qui n’est apparue dans PostgreSQL que plus tard.
UPSERT : problème à résoudre
- Insérer une ligne déjà existante provoque une erreur :
Si l’on souhaite insérer une ligne contenant un matricule déjà existant, une erreur de clé dupliquée est levée et toute la transaction est annulée.
ON CONFLICT DO NOTHING
- La clause
ON CONFLICT DO NOTHINGévite d’insérer une ligne existante :
Les données n’ont pas été modifiées :
La transaction est toujours valide.
ON CONFLICT DO NOTHING : syntaxe
Il suffit d’indiquer à PostgreSQL de ne rien faire en cas de conflit sur une valeur dupliquée avec la clause ON CONFLICT DO NOTHING placée à la fin de l’ordre INSERT qui peut poser problème.
Dans ce cas, si une rupture d’unicité est détectée, alors PostgreSQL ignorera l’erreur, silencieusement. En revanche, si une erreur apparaît sur une autre contrainte, l’erreur sera levée.
En prenant l’exemple suivant :
L’insertion d’une valeur dupliquée provoque bien une erreur d’unicité :
L’erreur d’unicité est bien ignorée si la ligne existe déjà, le résultat est INSERT 0 0 qui indique qu’aucune ligne n’a été insérée :
L’insertion est aussi ignorée si l’on tente d’insérer des lignes rompant la contrainte d’unicité mais ne comportant pas les mêmes valeurs pour d’autres colonnes :
Si l’on insère une valeur interdite par la contrainte CHECK, une erreur est bien levée :
ON CONFLICT DO UPDATE
La clause ON CONFLICT permet de déterminer une colonne sur laquelle le conflit peut arriver. Cette colonne ou ces colonnes doivent porter une contrainte d’unicité ou une contrainte d’exclusion, c’est à dire une contrainte portée par un index. La clause DO UPDATE associée fait référence aux valeurs rejetées par le conflit à l’aide de la pseudo-table excluded. Les valeurs courantes sont accessibles en préfixant les colonnes avec le nom de la table. L’exemple montre cela.
Avec la requête de l’exemple, on voit que le salaire du directeur n’a pas été modifié, mais son nom l’a été :
La clause ON CONFLICT permet également de définir une contrainte d’intégrité sur laquelle on réagit en cas de conflit :
On remarque que seul le salaire du directeur a changé :
ON CONFLICT DO UPDATE
- Avec plusieurs lignes insérées :
Bien sûr, on peut insérer plusieurs lignes, INSERT ON CONFLICT réagira uniquement sur les doublons :
La nouvelle employée, Moizelle Jeanne a été intégrée dans la table employes, et Lebrac a été traité comme un doublon, en appliquant la règle de mise à jour vue plus haut : seul le nom est mis à jour et le salaire est inchangé.
À noter que la clause SET salaire = employes.salaire est inutile, c’est ce que fait PostgreSQL implicitement.
ON CONFLICT DO UPDATE : syntaxe
- Colonne(s) portant(s) une contrainte d’unicité
- Pseudo-table excluded
Si l’on choisit de réaliser une mise à jour plutôt que de générer une erreur, on utilisera la clause ON CONFLICT DO UPDATE. Il faudra dans ce cas préciser là ou les colonnes qui portent une contrainte d’unicité. Cette contrainte d’unicité permettra de détecter la duplication de valeur, PostgreSQL pourra alors appliquer la règle de mise à jour édictée.
La règle de mise à jour permet de définir très finement les colonnes à mettre à jour et les colonnes à ne pas mettre à jour. Dans ce contexte, la pseudo-table excluded représente l’ensemble rejeté par l’INSERT. Il faudra explicitement indiquer les colonnes dont la valeur sera mise à jour à partir des valeurs que l’on tente d’insérer, reprise de la pseudo-table excluded :
En alternative, il est possible d’indiquer un nom de contrainte plutôt que le nom d’une colonne portant une contrainte d’unicité :
De plus amples informations quant à la syntaxe sont disponibles dans la documentation.
MERGE
MERGE est très voisin de INSERT … ON CONFLICT mais n’est apparu qu’avec PostgreSQL 15. Leurs mécanismes diffèrent complètement et les deux syntaxes ont leur utilité.
MERGE est conforme au standard SQL (avec quelques extensions de syntaxe propres à PostgreSQL), a une syntaxe plus complexe et permet aussi des DELETE dans la table cible.
Attention
MERGE ne s’appuie pas sur les contraintes d’unicité et est plus susceptible de mener à des erreurs en cas de concurrence d’accès forte, au contraire de INSERT … ON CONFLICT.
Lors de son exécution, la commande commence par réaliser une jointure entre la source de donnée et la table cible. La source de donnée peut être une table ou une requête quelconque. La condition de jointure ne doit contenir que des colonnes des tables source et cible qui participent à la jointure, et la jointure ne doit produire qu’une ligne pour chaque ligne candidate.
Chaque ligne candidate se voit assigner le statut [NOT] MATCHED, suivant que la jointure a été un succès ou non. Ensuite, les clauses WHEN sont évaluées dans l’ordre où elles sont spécifiées. Seule l’action associée à la première clause WHEN qui renvoie « vrai » est exécutée.
Lorsqu’elles sont exécutées, les actions ont les mêmes effets que des ordres INSERT, UPDATE ou DELETE classiques. La syntaxe est similaire, à la différence prêt qu’il n’y a ni clause FROM ni clause WHERE. Les actions agissent sur la cible, utilisent les lignes courantes de la jointure et agissent sur la cible.
Il est possible de spécifier DO NOTHING si on souhaite ignorer la ligne en cours. Ce résultat peut également être obtenu si aucune clause n’est évaluée à vrai.
INSERT … ON CONFLICT UPDATE garantit l’exécution atomique d’un INSERT ou d’un UPDATE même en cas de forte concurrence d’accès. La commande MERGE n’a pas ce genre de garantie. Si un INSERT est exécutée en même temps que le MERGE, il est possible que le MERGE ne la voit pas et choisisse d’utiliser son action INSERT, ce qui aboutira à une erreur de violation de contrainte d’unicité. C’est la raison pour laquelle la commande MERGE avait été initialement refusée et remplacée par INSERT … ON CONFLICT.
Pour les détails et les différences avec INSERT … ON CONFLICT, voir :
- Notre workshop de la version 15, avec l’exemple ci-dessus complet ;
- la documentation de PostgreSQL.
LATERAL
- Jointures
LATERAL- SQL:99
- équivalent d’une boucle
foreach
LATERAL apparaît dans la révision de la norme SQL de 1999. Elle permet d’appliquer une requête ou une fonction sur le résultat d’une table. L’implémentation dans la plupart des SGBD reste cependant relativement récente.
C’est une manière d’introduire une forme de fonctionnement procédural, alors que le SQL est de nature ensembliste. Ce peut être très utile dans certains cas.
LATERAL : utilité
- Utilité :
- Top-N à partir de plusieurs tables
- jointure avec une fonction retournant un ensemble
- exemple : afficher les 5 derniers messages des 5 derniers sujets actifs d’un forum
LATERAL permet d’utiliser les données de la requête principale dans une sous-requête. La sous-requête sera appliquée à chaque enregistrement retourné par la requête principale.
LATERAL : exemple
L’exemple ci-dessus montre comment afficher les 5 derniers messages postés sur les 5 derniers sujets actifs d’un forum avec la clause LATERAL.
Une autre forme d’écriture emploie le mot clé JOIN, inutile dans cet exemple. Il peut avoir son intérêt si l’on utilise une jointure externe (LEFT JOIN par exemple si un sujet n’impliquait pas forcément la présence d’un message) :
Il aurait été possible de réaliser cette requête par d’autres moyens, mais LATERAL permet d’obtenir la requête la plus performante. Une autre approche quasiment aussi performante aurait été de faire appel à une fonction retournant les 5 enregistrements souhaités.
Astuce
À noter qu’une colonne date_modification a été ajouté à la table sujets afin de déterminer rapidement les derniers sujets modifiés. Sans cela, il faudrait parcourir l’ensemble des sujets, récupérer la date de publication des derniers messages avec une jointure LATERAL et récupérer les 5 derniers sujets actifs. Cela nécessite de lire beaucoup de données. Un trigger positionné sur la table messages permettra d’entretenir la colonne date_modification sur la table sujets sans difficulté. Il s’agit donc ici d’une entorse aux règles de modélisation en vue d’optimiser les traitements.
Astuce
Un index sur les colonnes sujet_id et date_publication permettra de minimiser les accès pour cette requête :
LATERAL : principe

Si nous n’avions pas la clause LATERAL, nous pourrions être tentés d’écrire la requête suivante :
Cependant, la norme SQL interdit une telle construction, il n’est pas possible de référencer la table principale dans une sous-requête. Mais avec la clause LATERAL, la sous-requête peut faire appel à la table principale.
LATERAL : avec une fonction
- Utilisation avec une fonction retournant un ensemble
- clause
LATERALoptionnelle
- clause
- Utilité :
- extraire les données d’un tableau ou d’une structure JSON sous forme tabulaire
- utiliser une fonction métier qui retourne un ensemble X selon un ensemble Y fourni
L’exemple ci-dessous montre qu’il est possible d’utiliser une fonction retournant un ensemble (SRF pour Set Returning Functions).
LATERAL : exemple avec une fonction
La fonction get_top_5_messages() est la suivante :
La clause LATERAL n’est pas obligatoire, mais elle s’utiliserait ainsi :
Common Table Expressions (CTE)
- Common Table Expressions
- clauses
WITHetWITH RECURSIVE
- clauses
- Utilité :
- factoriser des sous-requêtes
CTE et SELECT
- Utilité
- factoriser des sous-requêtes
- améliorer la lisibilité d’une requête
Les Common Table Expressions, ou CTE, permettent de factoriser la définition d’une sous-requête qui pourrait être appelée plusieurs fois.
Une CTE est exprimée avec la clause WITH. Cette clause permet de définir des « vues éphémères » qui seront utilisées les unes après les autres, éventuellement en cascade, et au final utilisées dans la requête principale.
CTE et SELECT : exemple
La première utilité d’une CTE est de factoriser la définition d’une sous-requête commune, comme resultat dans l’exemple ci-dessus.
Cela est logiquement équivalent à écrire une vue resultat de même définition et à l’utiliser dans la requête. La CTE évite la création, la maintenance et la suppression de ces vues. La souplesse et, nous le verrons, même les performances peuvent y gagner. Évidemment, si la définition de resultat est utilisée dans plusieurs requêtes, une vue à part entière sera plus pertinente.
L’exemple suivant illustre une réutilisation multiple d’une même CTE. Il utilise la base d’exemple magasin. Si vous ne l’avez pas déjà, la base magasin (dump de 96 Mo, pour 667 Mo sur le disque au final) peut être téléchargée et restaurée comme suit dans une nouvelle base magasin :
Les données sont dans deux schémas, magasin et facturation. Penser au search_path.
Pour ce TP, figer les paramètres suivants :
La CTE commandes_2014 définit un ensemble de commandes, et ce jeu de données est utilisé deux fois, dans chacun des membres du UNION ALL.
Le plan d’exécution de la requête ci-dessous peut être obtenu en précédant la requête de EXPLAIN (ANALYZE, COSTS OFF, SUMMARY OFF). Une vision graphique plus complète est visible sur https://explain.dalibo.com/plan/92hce934hg875a80.
Ce plan montre que la vue commandes_2014 est exécutée une seule fois, au début. Son résultat est ensuite relu par les deux opérations de regroupements définies dans la requête principale (voir les mentions CTE Scan on commandes_2014) :
Sans CTE, il aurait fallu décrire deux fois la même sous-requête, ou créer une vue commandes_2014 qui aurait été appelée deux fois. Le coût d’exécution aurait été multiplié par deux, car il aurait fallu exécuter la sous-requête deux fois au lieu d’une.
Le temps de la requête, le résultat de la CTE peut être stocké en mémoire ou sur disque : PostgreSQL s’en occupe. Dans l’exemple ci-dessus, le résultat de la CTE est matérialisé (en mémoire ou sur disque) pour être relu. Cette méthode évite souvent le recours à des alternatives beaucoup plus lourdes comme les vues matérialisées ou les tables de travail temporaires. De nombreuses CTE ne nécessitent pas de matérialisation.
CTE et SELECT : syntaxe
On utilise aussi les CTE pour améliorer la lisibilité des requêtes complexes.
On peut enchaîner plusieurs vues les unes à la suite des autres comme dans l’exemple ci-dessous.
Il est donc possible de définir un jeu de données en plusieurs étapes dans la même requête, dans plusieurs clauses séparées, avec par exemple une première CTE pour une sélection des données, puis de l’utiliser dans une deuxième CTE pour une jointure, puis faire l’agrégat dans une troisième CTE, avec un SELECT final ne procédant qu’à un formatage. Une requête plus complexe peut devenir plus lisible. PostgreSQL, en interne, sait rassembler toutes ces vues en une requête unique.
CTE, MATERIALIZED, et barrière d’optimisation
- Clause
MATERIALIZEDpour forcer une barrière d’optimisation - Normalement automatique, et pour le meilleur
- Parfois un souci
Normalement, PostgreSQL « fusionne » le contenu d’un CTE avec les autres de la même requête pour choisir la manière dont il va récupérer les données
Il pourrait y avoir des cas où le planificateur de PostgreSQL échoue à comprendre le bon plan. Un CTE peut permettre de le forcer à exécuter les CTE dans l’ordre qui a été précisé. Cela s’appelle une « barrière d’optimisation », et cela peut se faire grâce au mot-clé MATERIALIZED :
La CTE est alors intégralement exécutée avec son filtre propre, matérialisée, puis son contenu est relu dans un autre nœud et le deuxième filtre appliqué .
En général, ce genre de manipulation n’est pas nécessaire.
À l’inverse, PostgreSQL peut choisir de « matérialiser » une CTE, notamment quand elle est utilisée plusieurs fois dans une requête (voir l’exemple plus haut).
CTE en écriture
- CTE avec des requêtes en modification
- avec
INSERT/UPDATE/DELETE - et éventuellement
RETURNING
- avec
- Exemples d’utilisation :
- requête complexe
- écriture dans plusieurs tables
- déplacement de données (archivage…)
Les CTE peuvent contenir des ordres d’écriture. Grâce à RETURNING, les données modifiées/insérées/effacées peuvent être réutilisées dans une autre partie de la requête.
Cette technique permet des requêtes très complexes capables d’écrire dans plusieurs lignes, ou déplaçant des données d’une table à une autre, dans un seul ordre. Sans les CTE, il faudrait des transactions plus complexes, avec des tables de travail, du code procédural, voire des curseurs…
CTE en écriture : exemple
La requête d’exemple permet d’archiver des données dans une table dédiée à l’archivage en utilisant une CTE en écriture. L’emploi de la clause RETURNING permet de récupérer les lignes purgées.
En plus de ce cas d’usage simple, il est possible d’utiliser cette fonctionnalité pour déboguer une requête complexe.
On peut également envisager une requête CTE en écriture pour émuler une requête MERGE pour réaliser une intégration de données complexe, là où l’UPSERT ne serait pas suffisant. Il faut toutefois avoir à l’esprit qu’une telle requête présente des problèmes de concurrences d’accès, pouvant entraîner des résultats inattendus si elle est employée alors que d’autres sessions modifient les données. On se contentera d’utiliser une telle requête dans des traitements batchs.
CTE récursive
- SQL permet d’exprimer des récursions
WITH RECURSIVE
- Utilité :
- récupérer une arborescence de menu hiérarchique
- parcourir des graphes (réseaux sociaux, etc.)
Le langage SQL permet de réaliser des récursions avec des CTE récursives. Son principal intérêt est de pouvoir parcourir des arborescences, comme par exemple des arbres généalogiques, des arborescences de service ou des entrées de menus hiérarchiques.
Il permet également de réaliser des parcours de graphes, mais les possibilités en SQL sont plus limitées de ce côté-là. En effet, SQL utilise un algorithme de type Breadth First (parcours en largeur) où PostgreSQL produit tout le niveau courant, et approfondit ensuite la récursion. Ce fonctionnement est à l’opposé d’un algorithme Depth First (parcours en profondeur) où chaque branche est explorée à fond individuellement avant de passer à la branche suivante. Ce principe de fonctionnement de l’implémentation dans SQL peut poser des problèmes sur des recherches de types réseaux sociaux où des bases de données orientées graphes, tel que Neo4J.
CTE récursive : exemple (1/2)
Voici le résultat de cette requête :
L’exécution de cette requête commence avec le SELECT 1 AS valeur (la requête avant le UNION ALL), d’où la première ligne avec la valeur 1. Puis PostgreSQL exécute le SELECT valeur + 1 FROM suite WHERE valeur < 10 tant que cette requête renvoie des lignes. À la première exécution, il additionne 1 avec la valeur précédente (1), ce qui fait qu’il renvoie 2. À la deuxième exécution, il additionne 1 avec la valeur précédente (2), ce qui fait qu’il renvoie 3. Etc. La récursivité s’arrête quand la requête ne renvoie plus de ligne, autrement dit quand la colonne vaut 10.
Cet exemple n’a aucun autre intérêt que de présenter la syntaxe permettant de réaliser une récursion en langage SQL.
CTE récursive : principe
- 1ère étape : initialisation de la récursion

CTE récursive : principe
- récursion : la requête s’appelle elle-même

CTE récursive : exemple (2/2)
Cet exemple suivant porte sur le parcours d’une arborescence de menu hiérarchique.
Une table entrees_menu est créée :
Elle dispose du contenu suivant :
Nous allons définir une CTE récursive qui va afficher l’arborescence du menu Terminal. La récursion va donc commencer par chercher la ligne correspondant à cette entrée de menu dans la table entrees_menu. Une colonne calculée arborescence est créée, elle servira plus tard dans la récursion :
La requête qui réalisera la récursion est une jointure entre le résultat de l’itération précédente, obtenu par la vue parcours_menu de la CTE, qui réalisera une jointure avec la table entrees_menu sur la colonne entrees_menu.parent_id qui sera jointe à la colonne menu_id de l’itération précédente.
La condition d’arrêt de la récursion n’a pas besoin d’être exprimée. En effet, les entrées terminales des menus ne peuvent pas être jointes avec de nouvelles entrées de menu, car il n’y a pas d’autre correspondance avec parent_id).
On obtient ainsi la requête CTE récursive présentée ci-dessus.
Pour des besoins plus complexes existe l’extension pgRouting, souvent utilisée pour des recherches de chemin d’un point à un autre. À titre d’exemple, voici l’implémentation du jeu des six degrés de Kevin Bacon en utilisant pgRouting et l’algorithme de recherche du plus court chemin de Dijkstra :
Concurrence d’accès
- Problèmes pouvant se poser :
UPDATEperdu- lecture non répétable
- Plusieurs solutions possibles
- versionnement des lignes
SELECT FOR UPDATESERIALIZABLE
Plusieurs problèmes de concurrences d’accès peuvent se poser quand plusieurs transactions modifient les mêmes données en même temps.
Tout d’abord, des UPDATE peuvent être perdus, dans le cas où plusieurs transactions lisent la même ligne, puis la mettent à jour sans concertation. Par exemple, si la transaction 1 ouvre une transaction et effectue une lecture d’une ligne donnée :
La transaction 2 effectue les mêmes traitements :
Après un traitement applicatif, la transaction 1 met les données à jour pour noter l’augmentation de 5 % du salarié. La transaction est validée dans la foulée avec COMMIT :
Après un traitement applicatif, la transaction 2 met également les données à jour pour noter une augmentation exceptionnelle de 100 € :
Le salarié a normalement droit à son augmentation de 100 € ET l’augmentation de 5 %, or l’augmentation de 5 % a été perdue car écrasée par la transaction n°2. Ce problème aurait pu être évité de trois façons différentes :
- en effectuant un
UPDATEutilisant la valeur lue par l’ordreUPDATE(… SET salaire = salaire*1.05 WHERE …) au lieu ; - en verrouillant les données lues avec
SELECT FOR UPDATE: ces verrous peuvent cependant ralentir l’application ; - en utilisant le niveau d’isolation
SERIALIZABLE.
La première solution n’est pas toujours envisageable, il faut donc se tourner vers les deux autres solutions.
Le problème des lectures sales (dirty reads) ne peut pas se poser car PostgreSQL n’implémente pas le niveau d’isolation READ UNCOMMITTED. Si ce niveau d’isolation est sélectionné, PostgreSQL utilise alors le niveau READ COMMITTED.
SELECT FOR UPDATE
SELECT FOR UPDATE- Utilité :
- « réserver » des lignes en vue de leur mise à jour
- éviter les problèmes de concurrence d’accès
L’ordre SELECT FOR UPDATE permet de lire des lignes tout en les réservant en posant un verrou dessus en vue d’une future mise à jour. Le verrou n’interdira pas la lecture par une autre session, mais mettra toute mise à jour en attente.
Reprenons l’exemple précédent et utilisons SELECT FOR UPDATE pour voir si le problème de concurrence d’accès peut être résolu.
Session 1 :
La requête SELECT a retourné les données souhaitées.
Session 2 :
La requête SELECT ne rend pas la main, elle est mise en attente.
Session 3 :
Une troisième session effectue une lecture, sans poser de verrou explicite :
Le SELECT n’a pas été bloqué par la session 1. Seule la session 2 est bloquée car elle tente d’obtenir le même verrou.
Session 1 :
L’application a effectué ses calculs et met à jour les données en appliquant l’augmentation de 5 % :
Les données sont vérifiées :
Enfin, la transaction est validée :
Session 2 :
La session 2 a rendu la main, le temps d’attente a été important pour réaliser ces calculs complexes :
Le salaire obtenu est bien le salaire mis à jour par la session 1. Sur cette base, l’application applique l’augmentation de 100 € :
La transaction est validée :
Les deux transactions ont donc été effectuée de manière sérialisée, l’augmentation de 100 € ET l’augmentation de 5 % ont été accordées à Fantasio. En contrepartie, l’une des deux transactions concurrentes a été mise en attente afin de pouvoir sérialiser les transactions. Cela implique de penser les traitements en verrouillant les ressources auxquelles on souhaite accéder.
L’ordre SELECT FOR UPDATE dispose également d’une option NOWAIT qui permet d’annuler la transaction courante si un verrou ne pouvait être acquis. Si l’on reprend les premières étapes de l’exemple précédent :
Session 1 :
Aucun verrou préalable n’avait été posé, la requête SELECT a retourné les données souhaitées.
Session 2 :
On effectue la même chose sur la session n°2 :
Comme la session n°1 possède déjà un verrou sur la ligne qui nous intéresse, l’option NOWAIT sur le SELECT a annulé la transaction.
Une application bien conçue interceptera l’erreur et décidera d’abandonner ou recommencer plus tard la mise à jour, au lieu d’attendre, peut-être très longtemps, que le verrou soit levé.
Il faut maintenant effectuer un ROLLBACK explicite pour pouvoir recommencer les traitements au risque d’obtenir le message suivant :
SKIP LOCKED
SELECT FOR UPDATE SKIP LOCKED- Utilité :
- files d’attentes parallélisables
Une dernière fonctionnalité intéressante de SELECT FOR UPDATE est idéal dans le cas de différents workers qui consomment des tâches d’une table contenant une file d’attente. Il s’agit de la clause SKIP LOCKED.
En prenant une table représentant la file d’attente suivante, peuplée avec des données générées :
Une première transaction est ouverte et tente d’obtenir un verrou sur les 10 premières lignes :
La session va s’occuper ensuite de ces lignes avant de rendre la main, ce qui peut prendre plus ou moins de temps.
Si on démarre une seconde transaction en parallèle, avec la première transaction toujours ouverte, le fait d’exécuter la requête SELECT FOR UPDATE sans la clause SKIP LOCKED aurait pour effet de la mettre en attente. Le deuxième SELECT ne rendra la main lorsque la transaction n°1 se terminera, et s’apercevra peut-être ensuite que les lignes ont déjà été traitées par la première session.
Avec la clause SKIP LOCKED, les 10 premières verrouillées par la transaction n°1 seront ignorées puisque déjà verrouillées, et ce sont les 10 lignes suivantes qui seront selectionnées, verrouillées et retournées par l’ordre SELECT :
Ensuite, la première transaction supprime les lignes verrouillées et valide la transaction :
De même pour la seconde transaction, qui aura traité d’autres lignes en parallèle de la transaction n°1.
Serializable Snapshot Isolation
SSI : Serializable Snapshot Isolation
- Chaque transaction est seule sur la base
- Si on ne peut maintenir l’illusion
- une des transactions en cours est annulée
- Sans blocage
- On doit être capable de rejouer la transaction
- Toutes les transactions impliquées doivent être
serializable default_transaction_isolation=serializabledans la configuration
PostgreSQL fournit plusieurs modes d’isolation, pour un bon compromis entre fiabilité et performances. Par défaut, en mode READ COMMITTED, une transaction en cours d’exécution peut voir les modifications committés par d’autres transactions parallèles. En mode REPEATABLE READ, une transaction ne voit que les données telles qu’au début de la transaction, et ses propres modifications.
PostgreSQL fournit un autre mode d’isolation appelé SERIALIZABLE. Dans ce mode, toutes les transactions déclarées comme telles s’exécutent comme si elles étaient seules sur la base. Dès que cette garantie ne peut plus être apportée, une des transactions est annulée.
L’intérêt est par exemple de pouvoir garantir que certaines validations touchant d’autres tables pourront s’effectuer sans race conditions, et ce sans poser des verrous trop gênants. L’application doit bien sûr être prête à ce que ses transactions échouent souvent, et à retenter ensuite.
Toute transaction non déclarée comme SERIALIZABLE peut en théorie s’exécuter n’importe quand, ce qui rend inutile le mode SERIALIZABLE sur les autres. C’est donc un mode qui doit être mis en place sur un domaine assez large.
Dans l’exemple suivant, des enregistrements avec une colonne couleur contiennent ‘blanc’ ou ‘rouge’. Deux utilisateurs essayent simultanément de convertir tous les enregistrements vers une couleur unique, mais chacun dans une direction opposée. Un utilisateur veut passer tous les blancs en rouge, et l’autre tous les rouges en blanc.
L’exemple peut être mis en place avec ces ordres :
Session 1 :
Session 2 :
À ce moment, une des deux transaction est condamnée à mourir.
Session 2 :
Le premier à valider gagne.
Session 1 :
Celle-ci s’est exécutée comme si elle était seule.
Une erreur de sérialisation. On annule et on réessaye.
Il n’y a pas de transaction concurrente pour gêner.
La transaction s’est exécutée seule, après l’autre.
Le mode SERIALIZABLE permet de s’affranchir des SELECT FOR UPDATE qu’on écrit habituellement, dans les applications en mode READ COMMITTED. Toutefois, il fait bien plus que ça, puisqu’il réalise du verrouillage de prédicats. Un enregistrement qui « apparaît » ultérieurement suite à une mise à jour réalisée par une transaction concurrente déclenchera aussi une erreur de sérialisation. Il permet aussi de gérer les problèmes ci-dessus avec plus de deux sessions.
Pour des exemples plus complets, le mieux est de consulter la documentation officielle.
Conclusion
- SQL est un langage très riche
- Connaître les nouveautés des versions de la norme depuis 20 ans permet de
- gagner énormément de temps de développemment
- mais aussi de performance
Quiz
Travaux pratiques
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/s60_solutions.
Jointure latérale
Cette série de question utilise la base de TP magasin. Si vous ne l’avez pas déjà, la base magasin (dump de 96 Mo, pour 667 Mo sur le disque au final) peut être téléchargée et restaurée comme suit dans une nouvelle base magasin :
Les données sont dans deux schémas, magasin et facturation. Penser au search_path.
Pour ce TP, figer les paramètres suivants :
Afficher les 10 derniers articles commandés.
Pour chacune des 10 dernières commandes passées, afficher le premier article commandé (ID et nom).
CTE récursive
Si vous ne l’avez pas déjà, la table genealogie peut être téléchargée depuis https://dali.bo/tp_genealogie et restaurée à l’aide de pg_restore :
Voici la description de la table genealogie qui sera utilisée :
À partir de la table
genealogie, déterminer qui sont les descendants de Fernand DEVAUX.
À l’inverse, déterminer qui sont les ancètres de Adèle TAILLANDIER
Réseau social
Si vous ne l’avez pas déjà, la table socialnet peut être téléchargée et restaurée ainsi :
Cet exercice est assez similaire au précédent et propose de manipuler des arborescences.
Astuce
Les tableaux et la fonction unnest() peuvent être utiles pour résoudre plus facilement ce problème.
La table personnes contient la liste de toutes les personnes d’un réseau social.
La table relation contient les connexions entre ces personnes.
Déterminer le niveau de connexions entre Sadry Luettgen et Yelsi Kerluke et afficher le chemin de relation le plus court qui permet de les connecter ensemble.
Dépendance de vues
Les dépendances entre objets est un problème classique dans les bases de données :
- dans quel ordre charger des tables selon les clés étrangères ?
- dans quel ordre recréer des vues ?
- etc.
Le catalogue de PostgreSQL décrit l’ensemble des objets de la base de données. Deux tables vont nous intéresser pour mener à bien cet exercice :
pg_dependliste les dépendances entre objetspg_rewritestocke les définitions des règles de réécritures des vues (RULES)pg_classliste les objets que l’on peut interroger comme une table, hormis les fonctions retournant des ensembles
La définition d’une vue peut être obtenue à l’aide de la fonction pg_get_viewdef.
Pour plus d’informations sur ces tables, se référer à la documentation :
- Catalogue
pg_depend - Catalogue
pg_rewrite - Catalogue
pg_class - Fonctions d’information du catalogue système
L’objectif de se TP consiste à récupérer l’ordre de suppression et de recréation des vues de la base brno2015 en fonction du niveau de dépendances entre chacune des vues. Brno est une ville de Tchéquie, dans la région de Moravie-du-Sud. Le circuit Brno-Masaryk est situé au nord-ouest de la ville. Le Grand Prix moto de Tchéquie s’y déroule chaque année.
Si vous ne l’avez pas déjà, la base brno2015 avec la table du même nom peut être téléchargée et restaurée ainsi :
Retrouver les dépendances de la vue
pilotes_brno. Déduisez également l’ordre de suppression et de recréation des vues.
Travaux pratiques (solutions)
Jointure latérale
Afficher les 10 derniers articles commandés.
Tout d’abord, nous positionnons le search_path pour chercher les objets du schéma magasin :
On commence par afficher les 10 dernières commandes :
Une simple jointure nous permet de retrouver les 10 derniers articles commandés :
Pour chacune des 10 dernières commandes passées, afficher le premier article commandé (ID et nom).
La requête précédente peut être dérivée pour répondre à la question demandée. Ici, pour chacune des dix dernières commandes, nous voulons récupérer le nom du dernier article commandé, ce qui sera transcrit sous la forme d’une jointure latérale :
CTE récursive
À partir de la table
genealogie, déterminer qui sont les descendants de Fernand DEVAUX.
À l’inverse, déterminer qui sont les ancètres de Adèle TAILLANDIER
Réseau social
Déterminer le niveau de connexions entre Sadry Luettgen et Yelsi Kerluke et afficher le chemin de relation le plus court qui permet de les connecter ensemble.
La requête suivante permet de répondre à cette question :
Attention
Cet exemple fonctionne sur une faible volumétrie, mais les limites des bases relationnelles sont rapidement atteintes sur de telles requêtes.
Une solution consisterait à implémenter un algorithme de parcours de graphe avec pgRouting, mais il faudrait présenter les données sous une forme particulière. Pour les problématiques de traitement de graphe, notamment sur de grosses volumétries, une base de données orientée graphe comme Neo4J peut être plus adaptée.
Dépendance de vues
Retrouver les dépendances de la vue
pilotes_brno. Déduisez également l’ordre de suppression et de recréation des vues.
Si la jointure entre pg_depend et pg_rewrite est possible pour l’objet de départ, alors il s’agit probablement d’une vue. En discriminant sur les objets qui référencent la vue pilotes_brno, nous arrivons à la requête de départ suivante :
La présence de doublons nous oblige à utiliser la clause DISTINCT.
Nous pouvons donc créer un graphe de dépendances à partir de cette requête de départ, transformée en requête récursive :
Il faut maintenant résoudre les OID pour déterminer les noms des vues et leur schéma. Pour cela, nous ajoutons une vue resolved telle que :
Nous pouvons maintenant présenter les ordres de suppression et de recréation des vues, dans le bon ordre. Les vues doivent être supprimées selon le numéro d’ordre décroissant et recrées selon le numéro d’ordre croissant :
6 SQL pour l’analyse de données
SQL pour l’analyse de données
Préambule
- Analyser des données est facile avec PostgreSQL
- opérations d’agrégation disponibles
- fonctions OLAP avancées
Menu
- Agrégation de données
- Clause
FILTER - Fonctions
WINDOW GROUPING SETS,ROLLUP,CUBEWITHIN GROUPS
Objectifs
- Écrire des requêtes encore plus complexes
- Analyser les données en amont
- pour ne récupérer que le résultat
Tables d’exemple
- Table
employes - Tables
populationetcontinents
La plupart des exemples utilisent une petite table employes à créer ainsi, dans la base de votre choix :
D’autres exemples utilisent une table des pays avec leur population, que voici :
Agrégats
- SQL dispose de fonctions de calcul d’agrégats
- Utilité :
- calcul de sommes, moyennes, valeur minimale et maximale
- nombreuses fonctions statistiques disponibles
À l’aide des fonctions de calcul d’agrégats, on peut réaliser un certain nombre de calculs permettant d’analyser les données d’une table.
Ainsi, on peut calculer :
- le salaire moyen des employés de la table avec la fonction
avg(); - les salaires maximum et minimum avec les fonctions
max()etmin(); - la somme totale des salaires versés avec la fonction
sum().
Ici, la base de données réalise les calculs sur l’ensemble des données de la table, car il n’y a ni clause WHERE ni jointure. Ne s’affiche que le résultat du calcul, pas les données qui ont été utilisées.
Si l’on applique un filtre sur les données, par exemple pour ne prendre en compte que le service Courrier, alors PostgreSQL réalise le calcul uniquement sur les données issues de la lecture :
Une limitation : il n’est pas possible de référencer d’autres colonnes pour les afficher à côté du résultat d’un calcul d’agrégation à moins de les utiliser comme critère de regroupement avec GROUP BY :
En effet, cela reviendrait à afficher une donnée agrégée (avg()) sur une ligne qui fait partie de l’agrégat. Ce n’est pas prévu par le SQL dans sa version originale. Nous verrons plus loin les fonctions de fenêtrage pour faire rigoureusement ce genre de chose.
Agrégats avec GROUP BY
- agrégat +
GROUP BY - Utilité
- effectue des calculs sur des regroupements : moyenne, somme, comptage, etc.
- regroupement selon un critère défini par la clause
GROUP BY - exemple : calcul du salaire moyen de chaque service
L’opérateur d’agrégat GROUP BY indique à la base de données que l’on souhaite regrouper les données selon les mêmes valeurs d’une colonne.

Des calculs pourront être réalisés sur les données agrégées selon le critère de regroupement donné. Le résultat sera alors représenté en n’affichant que les colonnes de regroupement puis les valeurs calculées par les fonctions d’agrégation :

GROUP BY : principe

L’agrégation est ici réalisée sur la colonne service. En guise de calcul d’agrégation, une somme est réalisée sur les salaires payés dans chaque service.
GROUP BY : syntaxe et exemple
SQL permet depuis le début de réaliser des calculs d’agrégation. Pour cela, la base de données observe les critères de regroupement définis dans la clause GROUP BY de la requête et effectue l’opération sur l’ensemble des lignes qui correspondent au critère de regroupement.
Pour avoir un total sur tous les services, une première technique est de le calculer séparément, et de combiner le résultat des deux requêtes d’agrégation avec UNION ALL, si les lignes retournées sont de même type :
On le verra plus loin, cette dernière requête peut être écrite plus simplement avec les GROUPING SETS.
Agrégats et ORDER BY
- Extension propriétaire de PostgreSQL
ORDER BYdans la fonction d’agrégat
- Utilité :
- ordonner les données agrégées
- surtout utile avec
array_agg,string_aggetxmlagg
Les fonctions array_agg, string_agg et xmlagg permettent d’agréger des éléments dans un tableau, dans une chaîne ou dans une arborescence XML. Autant l’ordre dans lequel les données sont utilisées n’a pas d’importance lorsque l’on réalise un calcul d’agrégat classique, autant cet ordre va influencer la façon dont les données seront produites par les trois fonctions citées plus haut. En effet, le tableau généré par array_agg est composé d’éléments ordonnés, de même que la chaîne de caractères ou l’arborescence XML.
Utiliser ORDER BY avec un agrégat
La requête suivante permet d’obtenir, pour chaque service, la liste des employés dans un tableau, trié par ordre alphabétique :
Créer un tableau avec un agrégat : array_agg
Il est possible de réaliser la même chose mais pour obtenir un tableau plutôt qu’une chaîne de caractère.
Un tableau est un type composé dans PostgreSQL. Plusieurs valeurs peuvent être stockées dans un unique champ d’une ligne. Le maniement ensuite est bien sûr un peu plus compliqué.
Clause FILTER
- Clause
FILTER - Utilité :
- filtrer les données sur les agrégats
- évite les expressions
CASEcomplexes
- SQL:2003
La clause FILTER permet de remplacer des expressions complexes écrites avec CASE et donc de simplifier l’écriture de requêtes réalisant un filtrage dans une fonction d’agrégat.
Filtrer avec CASE
- Syntaxe fastidieuse :
Le premier calcul count(*) compte simplement le nombre de lignes. Le second, count(CASE … ELSE NULL END), compte les pays européens. Pour cela, il utilise un opérateur CASE qui renvoie NULL si le pays n’est pas en Europe, et Oui sinon (n’importe quelle valeur non nulle aurait fait l’affaire), et au final le count renvoie le nombre de valeurs non nulles calculées sur la ligne.
Une variante de cette requête peut s’écrire avec sum(), qui somme des 1 et des 0 selon que le pays est en Europe ou pas :
Le CASE peut devenir arbitrairement complexe.
Cela fonctionne, mais dès que l’on a besoin d’avoir de multiples filtres, ou des filtres plus complexes, la requête devient très rapidement peu lisible et difficile à maintenir. Le risque d’erreur est également élevé.
Filtrer avec FILTER (WHERE…)
- La même requête écrite avec la clause
FILTER:
La clause FILTER (WHERE…) simplifie le calcul. Il suffit d’y préciser le critère de filtrage. Les lignes ne le respectant pas seront ignorées.
La clause WHERE peut elle-même devenir aussi complexe que l’on veut.
Fonctions de fenêtrage
Des fonctionnalités trop peu connues
Fenêtrage et regroupement : premier exemple
Les calculs réalisés par cette requête sont identiques à ceux réalisés avec une agrégation utilisant GROUP BY. La principale différence est que l’on évite ici de perdre le détail des données tout en disposant des données agrégées dans le résultat de la requête.
Les calculs du champ total_salaire_service sont ceux que l’on a déjà pu effectuer ainsi :
Les données sont regroupées par service :

Avec le fenêtrage, le salaire est sommé par service (comme indiqué par la clause OVER), et le résultat est reporté sur chaque ligne correspondant à ce service. La valeur peut se répéter d’une ligne à l’autre.
Ce schéma résume le principe :

Sans les fonctions de fenêtrage, le code SQL est beaucoup plus compliqué. Les possibilités menant au même résultat sont :
- des sous-requêtes effectuées sur chaque ligne :
- des sous-requêtes par ligne effectuées via une clause
LATERAL:
- un pré-calcul par une sous-requête dans le
FROM, ou un CTE comme ici, joint ensuite à la table originale :
Tout cela est plus compliqué, voire illisible et source d’erreurs quand les critères deviennent complexes.
Astuce
Les fonctions de fenêtrage sont optimisées et offrent de bien meilleures performances que les requêtes ci-dessus !
Notamment, la syntaxe avec le fenêtrage ne parcourt la table qu’un fois, au contraire de toutes les requêtes en SQL plus simple ci-dessus, qui la parcourent deux fois ou plus.
Fonctions de fenêtrage : utilisation
- Fonctions de fenêtrage avec
OVER ( … )- travail sur des ensembles de données, regroupés et triés, indépendamment de la requête principale
- Utilisation :
- référence à d’autres lignes de l’ensemble de données
- différents critères d’agrégation dans la même requête
- fonctions de classement
- Exemples :
- ratios entre ligne et ensemble
- sommes courantes, moyennes glissantes
- évolution entre deux lignes
- Performances
L’exemple précédent est très simple mais il montre déjà que les fonctions de fenêtrage permettent de travailler sur un ensemble de lignes, filtrées mais que l’on pourra aussi ordonner, tout en affichant le résultat d’une ligne. Plusieurs fonctions de fenêtrage sont utilisables (par exemple sum() OVER () et avg() SUM OVER()).
La clause OVER permet de définir la façon dont les données sont regroupées uniquement pour la colonne définie. La clause PARTITION BY définit un regroupement mais il y a déjà d’autres possibilités.
Il est déjà possible de calculer un ratio entre une valeur de la ligne et un agrégat par fenêtrage par une simple division. Avec une syntaxe un peu plus complexe, les fonctions de fenêtrage permettent de calculer des sommes courantes, ou l’évolution d’une valeur d’une ligne à l’autre.
La syntaxe est plus simple que des requêtes SQL complexes, et les performances sont meilleures.
Fenêtrage et regroupement : OVER (PARTITION BY …)

- NB : rien à voir avec le partitionnement d’une table
Le terme PARTITION BY permet d’indiquer les critères de regroupement de la fenêtre sur laquelle on souhaite travailler.
Attention
Ne pas confondre cette clause avec le « partitionnement » d’une table, qui consiste, en simplifiant, à découper une grande table en sous-tables physiques plus petites. Les deux concepts n’ont rien à voir. PARTITION BY consiste uniquement à regrouper logiquement des lignes récupérées par la requête.
Fenêtrage et tri : OVER (ORDER BY …)
- Utilité :
- numéroter les lignes :
row_number() - classer des résultats :
rank(),dense_rank() - faire appel à d’autres lignes du résultat :
lead(),lag()
- numéroter les lignes :
- Le tri du fenêtrage est indépendant du
ORDER BYdes lignes
La clause OVER (ORDER BY…) permet de calculer une fonction qui dépend d’un tri comme des fonctions de numérotation de ligne. Cet ordre est indépendant de celui qu’une clause ORDER BY peut imposer aux lignes une fois qu’elles ont toutes été calculées.
Fenêtrage et tri : row_number()
- Pour numéroter des lignes :
- Attention aux performances (vues)
La fonction row_number() permet de numéroter les lignes selon un critère de tri défini dans la clause OVER(). Dans l’exemple ci-dessus, le row_number suit l’ordre alphabétique (Dupuis puis Fantasio puis Lagaffe, etc.), puis les lignes calculées sont ordonnées par matricule.
La clause (ORDER BY …) peut contenir plusieurs colonnes, ou des précisions comme DESC ou NULLS FIRST.
Fenêtrage et tri : numéroter des lignes sans critère
- Attention à l’utilisation d’une vue avec
WHERE- il y a numérotation puis filtrage !
- Une séquence peut-elle suffire ?
Si l’on cherche à numéroter les lignes d’un résultat en fonction d’un ordre précis, il est possible d’utiliser row_number() OVER ().
Attention, la numérotation a lieu ici avant le ORDER BY qui trie par nom. En conséquence, il peut aussi y avoir un piège avec LIMIT :
Si l’on tient à un affichage allant strictement de 1 à N, l’idéal est d’avoir un tri du row_number() cohérent avec l’ORDER BY final.
Si, pour une raison ou une autre, ce n’est pas possible ou facile, un CTE permet d’ajouter row_number() tout à la fin :
Attention
Les row_number() over() dans des vues sont des soucis de performance fréquents : la numérotation a lieu avant tout filtrage depuis la requête appelante !
En effet, une vue est équivalente à une sous-requête et la numérotation des lignes s’effectue donc selon le résultat de cette sous-requête, sans prise en compte d’un critère présent dans la requête.
Prenons un exemple :
En effet, la vue se comporte comme une sous-requête, et la requête avec la vue revient à :
Il est possible d’appeler row_number non dans une vue, mais dans la requête appelante. L’index sera à nouveau utilisé.
Astuce
Si le but est seulement de numéroter les lignes pour les distinguer par la suite, ou si elles sont déjà triées dans l’ordre voulu, le plus simple et économique est l’utilisation d’une séquence (SELECT nextval('nom_seq'), * FROM …). Dans beaucoup de cas, il n’est même pas nécessaire qu’elle commence à 1 (sinon exécuter ALTER SEQUENCE donnees_id_seq RESTART 1 ;).
Fenêtrage et tri : rang
- Rang selon le salaire :
La fonction de fenêtrage rank() renvoie un classement en autorisant des trous dans la numérotation quand il y a ex-aequos, et dense_rank() le classement sans trous.
Ces fonctions seraient beaucoup plus compliquées à écrire en SQL.
Fenêtrage et tri : somme glissante (exemple)
- Calcul d’une somme glissante :
OVER (ORDER BY …) peut aussi être utilisé avec sum(). Là où SUM () OVER (PARTITION BY….) calculait une somme d’un regroupement, SUM() OVER (ORDER BY…) calcule la somme courante selon le tri en cours.
Là encore, attention à la cohérence entre le tri du calcul et celui de l’affichage si cela a une importance :
Fenêtrage et tri : somme glissante (principe)

Lorsque l’on utilise une clause de tri, la portion de données visible par l’opérateur d’agrégat correspond aux données comprises entre la première ligne examinée et la ligne courante.
Par défaut, la fenêtre de calcul intègre les lignes précédant celle en cours, incluse, ce qui correspond à ceci avec la syntaxe complète :
Nous verrons que cette fenêtre peut se changer.
Fenêtrage : regroupement et tri
- On peut combiner :
OVER (PARTITION BY … ORDER BY …)
- Utilité :
- travailler sur des jeux de données ordonnés et isolés les uns des autres
Il est possible de combiner les clauses de fenêtrage PARTITION BY et ORDER BY. Cela permet d’isoler des jeux de données entre eux avec la clause PARTITION BY, tout en appliquant un critère de tri avec la clause ORDER BY. Beaucoup d’applications sont possibles si l’on associe à cela les nombreuses fonctions analytiques disponibles.
Regroupement et tri : exemple
Si l’on applique les deux clauses PARTITION BY et ORDER BY à une fonction de fenêtrage, alors le critère de tri est appliqué dans la partition et chaque partition est indépendante l’une de l’autre.
Ci-dessus, le Nigéria et les États-Unis sont bien les pays les plus peuplés de leur continent respectif.
Voici un extrait plus complet du résultat de la requête présentée ci-dessus :
Regroupement et tri : principe

Cette construction ne pose aucune difficulté syntaxique. La norme impose de placer la clause PARTITION BY avant la clause ORDER BY, c’est la seule chose à retenir au niveau de la syntaxe.
Fonctions analytiques
first_value (),last_value,nth (),lag(),lead()…- À utiliser avec les fonctions de fenêtrage
- Utilité :
- faire référence à d’autres lignes du même ensemble
- évite les auto-jointures complexes et lentes
Sans les fonctions analytiques, il serait difficile en SQL d’écrire des requêtes nécessitant de faire appel à des données provenant d’autres lignes que la ligne courante.
Par exemple, pour renvoyer la liste détaillée de tous les employés ET le salaire le plus élevé du service auquel il appartient, on peut utiliser la fonction first_value() :
lead() et lag() : exemple
L’exemple ci-dessus utilise une fonction de fenêtrage par continent.
Avec lag(), il est possible de ramener la valeur de la ligne précédente selon le tri sur population sur la ligne en cours. NULL est renvoyé lorsque la valeur n’est pas accessible dans la fenêtre de données, comme pour le pays le plus peuplé de chaque continent.
lead() et lag() : principe

first/last/nth_value
first_value(colonne)- retourne la première valeur pour la colonne
last_value(colonne)- retourne la dernière valeur pour la colonne
nth_value(colonne, n)- retourne la n-ème valeur (en comptant à partir de 1) pour la colonne
Figurent plus haut des exemples avec dense_rank ou row_number. Il existe également les fonctions suivantes :
last_value(colonne): renvoie la dernière valeur pour la colonne ;nth_value(colonne, n): renvoie lanᵉ valeur (en comptant à partir de 1) pour la colonne ;lag(colonne, n): renvoie la valeur située ennᵉ position avant la ligne en cours pour la colonne ;lead(colonne, n): renvoie la valeur située ennᵉ position après la ligne en cours pour la colonne ;- pour ces deux fonctions, le
nest facultatif et vaut 1 par défaut :lead(colonne)est équivalente àlead(colonne, 1)etlag(colonne)est équivalente àlag(colonne, 1), pour récupérer les valeurs suivante ou précédente de la colonne ; - ces deux fonctions acceptent un troisième argument facultatif spécifiant la valeur à renvoyer si aucune valeur n’est trouvée en
nᵉ position avant ou après. Par défaut,NULLest renvoyé.
- pour ces deux fonctions, le
La liste complète est dans la documentation.
first/last/nth_value : exemple
Attention
Lorsque la clause ORDER BY est utilisée pour définir une fenêtre, la fenêtre visible depuis la ligne courante commence par défaut à la première ligne de résultat et s’arrête à la ligne courante incluse (clause implicite RANGE BETWEEN UNBOUNDED PRECEDING AND CURRENT ROW).
Cela pose un souci avec last_value() qui récupère la dernière valeur d’une fenêtre où la dernière valeur triée est toujours celle de la ligne :
Nous allons voir qu’il est alors nécessaire de redéfinir le comportement de la fenêtre visible pour que la fonction se comporte comme attendu.
Clause WINDOW
- Pour factoriser la définition d’une fenêtre :
- Plusieurs fenêtres possibles
Il arrive que l’on ait besoin d’utiliser plusieurs fonctions de fenêtrage au sein d’une même requête qui utilisent la même définition de fenêtre (même clause PARTITION BY et/ou ORDER BY). Afin d’éviter de dupliquer cette clause, il est possible de définir une fenêtre nommée et de l’utiliser à plusieurs endroits de la requête. Par exemple, l’exemple précédant des fonctions de classement pourrait s’écrire :
À noter qu’il est possible de définir de multiples définitions de fenêtres au sein d’une même requête, et qu’une définition de fenêtre peut surcharger la clause ORDER BY si la définition parente ne l’a pas définie. Par exemple, la requête SQL suivante est correcte :
Fenêtre de travail
- La fenêtre d’
OVER (ORDER BY …)par défaut est :
- Toutes les lignes :
- Trois modes possibles :
- par
RANGE(par plage ; ci-dessus) - par
ROWS(par nombre de lignes) - par
GROUPS(selon valeurs des lignes)
- par
Lorsque la clause ORDER BY est utilisée pour définir une fenêtre, la fenêtre visible depuis la ligne courante commence par défaut à la première ligne de résultat et s’arrête à la ligne courante incluse (clause implicite RANGE BETWEEN UNBOUNDED PRECEDING AND CURRENT ROW).
La clause RANGE BETWEEN UNBOUNDED PRECEDING AND UNBOUNDED FOLLOWING inclut toutes les lignes avant et après ligne courante (voir plus haut l’exemple avec last_value).
Fenêtre de travail avec RANGE
Intervalle à bornes flou
Borne de départ :
UNBOUNDED PRECEDING: depuis le début de la partitionCURRENT ROW: depuis la ligne courante
Borne de fin :
UNBOUNDED FOLLOWING: jusqu’à la fin de la partitionCURRENT ROW: jusqu’à la ligne courante
OVER (PARTITION BY … ORDER BY … RANGE BETWEEN UNBOUNDED PRECEDING AND UNBOUNDED FOLLOWING )
- Exemple : moyenne glissante
La syntaxe ROWS BETWEEN xxx PRECEDING AND xxx FOLLOWING permet de restreindre la fenêtre à un certain nombre de lignes avant et après la ligne en cours. Un cas d’utilisation est constitué par les moyennes glissantes.
Exemple :
Le jeu de valeur suivant donne un salaire brut sur douze mois qui varie chaque mois. La valeur moyenne du salaire mensuel sur toute l’année se calcule avec avg () OVER (), et est une moyenne sur toutes les données. Avec avg() OVER(ORDER BY mois) se calcule une moyenne sur la fenêtre par défaut, c’est-à-dire depuis le premier mois jusque la ligne courante. Enfin, le dernier champ utilise la syntaxe ROWS pour définir une moyenne mobile arithmétique, c’est-à-dire que la valeur sur la ligne est la moyenne des trois valeurs des lignes précédente, suivante, et en cours (sauf pour les première et dernière lignes qui ne moyennent que deux valeurs).
Noter que l’ordre d’affichage selon le mois n’est qu’un artefact dû à l’algorithme de calcul. Cet ordre n’est pas garanti sans ajout d’une clause ORDER BY finale, qui ne changerait pas les valeurs des données.
Fenêtre de travail avec GROUPS
- Intervalle borné par un groupe de lignes de valeurs identiques défini avant et après la ligne courante
- Borne de départ :
xxx PRECEDING: depuis les xxx groupes de valeurs identiques devant la ligne couranteCURRENT ROW: depuis la ligne courante ou le premier élément identique selonORDER BY
- Borne de fin :
xxx FOLLOWING: depuis les xxx groupes de valeurs identiques derrière la ligne couranteCURRENT ROW: jusqu’à la ligne courante ou le dernier élément identique selonORDER BY
Définition de la fenêtre : EXCLUDE
- Lignes à exclure de la fenêtre de données
EXCLUDE CURRENT ROW: exclut la ligne couranteEXCLUDE GROUP: exclut la ligne courante et le groupe de valeurs identiques dans l’ordreEXCLUDE TIES: exclut les valeurs identiques à la ligne courante dans l’ordre mais pas la ligne couranteEXCLUDE NO OTHERS: pas d’exclusion (par défaut)
La clause EXCLUDE permet d’ignorer des lignes dans la fenêtre, par exemple la ligne courante seule, ou les lignes de même valeur que la valeur courante, avec ou sans la ligne courante.
WITHIN GROUP
WITHIN GROUP- Utilité :
- calcul de médianes, centiles
La clause WITHIN GROUP est une clause pour les agrégats utilisant des fonctions dont les données doivent être triées. Quelques fonctions ont été ajoutées pour profiter au mieux de cette nouvelle clause.
WITHIN GROUP : exemple
Cet exemple permet d’afficher le continent, la médiane de la population par continent et la population du pays le moins peuplé parmi les 5 % de pays les plus peuplés de chaque continent.
Regroupement avancés
GROUPING SETS / ROLLUP / CUBE- Extension de
GROUP BY - Utilité :
- plusieurs agrégations différentes dans la même requête
- moins de requêtes, meilleures performances
Les GROUPING SETS permettent de définir plusieurs clauses d’agrégation GROUP BY. Les résultats seront présentés comme si plusieurs requêtes d’agrégation avec les clauses GROUP BY mentionnées étaient assemblées avec UNION ALL.
GROUPING SETS : données d’exemple
GROUPING SETS : exemple visuel

Le but est ici d’obtenir les totaux indiqués en rouge : des totaux par type de pièces, et par région, indépendamment. La clause GROUPING SETS permet cela en précisant juste les champs.
Émuler les GROUPING SETS avec GROUP BY
Sans GROUPING SET : deux GROUP BY
Le comportement de la clause GROUPING SETS peut être émulée avec deux requêtes utilisant chacune une clause GROUP BY sur les colonnes de regroupement souhaitées et en prévoyant des colonnes vides à NULL pour les champs non calculés.
Surtout, cette requête duplique beaucoup de logique, ce qui va poser souci si elle est plus complexe et est souvent modifiée. De plus, son plan d’exécution ci-dessous indique que PostgreSQL procède à deux lectures séparées. Ce peut être particulièrement coûteux sur une grande table :
GROUPING SETS : exemple
Les GROUPING SETS servent à définir différents champs indépendants de regrouper les données. Dans ce cas précis, l’intérêt est d’abord d’éviter de dupliquer le contenu de la requête.
Le plan d’exécution montre aussi que la table n’est parcourue qu’une seule fois pour calculer les deux agrégats en même temps, il y a donc aussi un intérêt en performances.
ROLLUP
ROLLUP- Utilité :
- calcul de totaux dans la même requête
La clause ROLLUP est une fonctionnalité d’analyse type OLAP du langage SQL. Elle s’utilise dans la clause GROUP BY, tout comme GROUPING SETS
ROLLUP : exemple visuel

Il s’agit à présent d’obtenir des agrégats par type de pièce, puis des détails pour chaque pièce et chaque région, et un total final. ROLLUP va permettre cela.
ROLLUP : exemple et résultat
L’ordre des lignes est comme d’habitude non défini. On pourra rajouter un ORDER BY. Proposer une présentation lisible pour un humain est laissé en général à l’outil de restitution.
Cette requête est équivalente à la requête suivante utilisant GROUPING SETS :
Le plan d’exécution est le même, ROLLUP est donc d’abord une facilité syntaxique intéressante.
Exemple :
Cet exemple utilise la base magasin. Si vous ne l’avez pas déjà, la base magasin (dump de 96 Mo, pour 667 Mo sur le disque au final) peut être téléchargée et restaurée comme suit dans une nouvelle base magasin :
Les données sont dans deux schémas, magasin et facturation. Penser au search_path.
Pour ce TP, figer les paramètres suivants :
Cet exemple calcule des agrégats par type de client ou de montant. Dans la clause ORDER BY finale , on prévoit que les totaux précéderont les détails.
Elle produit le résultat suivant :
CUBE
CUBE- Utilité :
- calcul de totaux dans la même requête
- sur toutes les clauses de regroupement
La clause CUBE est une autre fonctionnalité d’analyse type OLAP du langage SQL. Tout comme ROLLUP, elle s’utilise dans la clause GROUP BY.
CUBE : exemple visuel

CUBE permet de réaliser des regroupements sur l’ensemble des combinaisons possibles des clauses de regroupement indiquées, avec les totaux intermédiaires et le total final. Pour de plus amples détails, se référer à l’article Wikipédia sur le cube OLAP.
CUBE : Syntaxe
On a donc bien les regroupements par type de pièce et par région, ceux par type de pièces, pas région, et un total final.
Cette requête est équivalente à la requête suivante utilisant GROUPING SETS :
En reprenant la requête de l’exemple précédent dans la base magasin :
Par rapport au résultat précédent, on obtient en plus les totaux par pays :
GROUPING SETS, ROLLUP ou CUBE ?
CUBEpeut le plus- mais forcément plus coûteux
On pourrait imaginer qu’il suffit de toujours faire un CUBE en filtrant certaines lignes sur des valeurs NULL, et que les syntaxes ROLLUP ou GROUPING SETS n’ont pas vraiment d’intérêt.
Cependant, CUBE calcule plus de données, et il peut être notablement plus lent, surtout quand les volumétries sont non triviales. ROLLUP et GROUPING SETS permettent de préciser exactement les calculs dont on a besoin.
Filtrer les lignes d’un certain regroupement
Pour que l’application repère les regroupements :
Pour que l’application distingue rigoureusement les lignes appartenant à un certain niveau de regroupement, on peut utiliser la fonction GROUPING. En effet la colonne de regroupement peut posséder des valeurs NULL légitimes, il est alors difficile de les distinguer. L’exemple suivant montre une requête qui exploite cette fonction :
Dans son résultat, la première ligne indique le total. C’est la seule où les booléens g_type_cli et g_code_pays sont à true.
La présentation finale est laissée à la charge de l’application. Elle sera à même de gérer la présentation des résultats en fonction des valeurs des champs grouping, g_type_client ou g_code_pays.
Le résultat de GROUPING peut servir aussi de tri (voir plus bas).
Affichage des tableaux croisés
- PostgreSQL ne renvoie que des lignes
- Dans
psql:\crosstabview - Extension :
tablefunc, fonctioncrosstab (text,text)
PostgreSQL ne renvoie que des lignes au nom de colonne figé. Un tableau croisé, dont les noms de colonnes dépendent des données, va à l’encontre de cette logique. Convertir un jeu de lignes obtenu avec CUBE, par exemple, en tableau croisé est à la charge de l’application (tableur, outil de Business Intelligence, etc…)
Ponctuellement, deux outils intégrés à PostgreSQL peuvent dépanner.
psql et crosstabview :
Cette fonctionnalité existe uniquement dans le client psql. Le maniement est simple :
Ou pour inverser :
Remarquer que modifier l’affichage du NULL en lui substituant TOTAL ne concerne pas les colonnes vides en milieu de tableau. L’ORDER BY GROUPING(…) garantit que les totaux seront à la fin du tableau.
tablefunc :
Il existe une extension fournie avec PostgreSQL nommée tablefunc qui fournit des fonctions dédiées aux tableaux croisés. Leur maniement n’est pas évident. Il est conseillé d’utiliser la fonction crosstab (text,text) qui tient bien compte des valeurs absentes. Cette fonction demande que la requête à formater lui soit fournie comme chaîne de caractère.
Attention à la cohérence entre la deuxième requête et les titres sur la dernière ligne, ce n’est pas dynamique !
Cet exemple utilise aussi $$ à la place des guillemets droits pour délimiter une chaîne, car une requête contient souvent elle-même des chaînes.
- Documentation : tablefunc
Pivot dynamique :
Ce billet de Daniel Vérité de 2018 décrit comment obtenir un tableau croisé réellement dynamique. Cela réclame toutefois d’écrire un peu de code.
Conclusion
- Les fonctions fenêtrées existent depuis SQL:2003
- Ne vous limitez pas au SQL du XXᵉ siècle
Quiz
Travaux pratiques
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/s70_solutions.
Si vous ne l’avez pas déjà, la base brno2015 avec la table du même nom peut être téléchargée et restaurée ainsi :
Le schéma public dispose d’une table pilotes ainsi que les résultats tour par tour de la course de MotoGP de Brno (CZ) de la saison 2015.
La table brno2015 indique pour chaque tour, pour chaque pilote, le temps réalisé dans le tour :
Une table pilotes permet de connaître les détails d’un pilote :
Précisions sur les données à manipuler : la course est réalisée en plusieurs tours ; certains coureurs n’ont pas terminé la course, leur relevé de tours s’arrête donc brutalement.
Agrégation
Quel est le pilote qui a le moins gros écart entre son meilleur tour et son moins bon tour ?
Déterminer quel est le pilote le plus régulier (écart-type).
Window Functions
Afficher la place sur le podium pour chaque coureur.
À partir de la requête précédente, afficher également la différence du temps de chaque coureur par rapport à celui de la première place.
Pour chaque tour, afficher :
- le nom du pilote ;
- son rang dans le tour ;
- son temps depuis le début de la course ;
- dans le tour, la différence de temps par rapport au premier.
Pour chaque coureur, quel est son meilleur tour et quelle place avait-il sur ce tour ?
Déterminer quels sont les coureurs ayant terminé la course qui ont gardé la même position tout au long de la course.
En quelle position a terminé le coureur qui a doublé le plus de personnes ? Combien de personnes a-t-il doublées ?
Grouping Sets
Ce TP s’appuie sur les tables présentes dans le schéma magasin.
En une seule requête, afficher le montant total des commandes par année et pays et le montant total des commandes uniquement par année.
- Ne sélectionnez que les code paysFRetDEet les années 2010 et supérieures.
- Ordonnez les résultats par année et code pays ascendant les nuls présents dans la colonnecode_paysdoivent être placés à la fin.
Ajouter également le montant total des commandes depuis le début de l’activité.
Ajouter également le montant total des commandes par pays.
À partir de la requête précédente, ajouter une colonne par critère de regroupement, de type booléen, qui est positionnée à
truelorsque le regroupement est réalisé sur l’ensemble des valeurs de la colonne.
Travaux pratiques (solutions)
Si vous ne l’avez pas déjà, la base brno2015 avec la table du même nom peut être téléchargée et restaurée ainsi :
Le schéma public dispose d’une table pilotes ainsi que les résultats tour par tour de la course de MotoGP de Brno (CZ) de la saison 2015.
La table brno2015 indique pour chaque tour, pour chaque pilote, le temps réalisé dans le tour :
Une table pilotes permet de connaître les détails d’un pilote :
Précisions sur les données à manipuler : la course est réalisée en plusieurs tours; certains coureurs n’ont pas terminé la course, leur relevé de tours s’arrête donc brutalement.
Agrégation
Quel est le pilote qui a le moins gros écart entre son meilleur tour et son moins bon tour ?
Le coureur :
La requête donne le résultat suivant :
Déterminer quel est le pilote le plus régulier (écart-type).
Nous excluons le premier tour car il s’agit d’une course avec départ arrêté, donc ce tour est plus lent que les autres, ici d’au moins 8 secondes :
Le résultat montre le coureur qui a abandonné en premier :
On s’aperçoit qu’Alex De Angelis n’a pas terminé la course. Il semble donc plus intéressant de ne prendre en compte que les pilotes qui ont terminé la course et toujours en excluant le premier tour (il y a 22 tours sur cette course, on peut le positionner soit en dur dans la requête, soit avec un sous-select permettant de déterminer le nombre maximum de tours) :
Le pilote 19 a donc été le plus régulier :
Window Functions
Afficher la place sur le podium pour chaque coureur.
Les coureurs qui ne franchissent pas la ligne d’arrivée sont dans le classement malgré tout. Il faut donc tenir compte de cela dans l’affichage des résultats.
La requête affiche le résultat suivant :
À partir de la requête précédente, afficher également la différence du temps de chaque coureur par rapport à celui de la première place.
La requête n’est pas beaucoup modifiée, seule la fonction first_value() est utilisée pour déterminer le temps du vainqueur, temps qui sera ensuite retranché au temps du coureur courant.
La requête affiche le résultat suivant :
Pour chaque tour, afficher :
- le nom du pilote ;
- son rang dans le tour ;
- son temps depuis le début de la course ;
- dans le tour, la différence de temps par rapport au premier.
Pour construire cette requête, nous avons besoin d’obtenir le temps cumulé tour après tour pour chaque coureur. Nous commençons donc par écrire une première requête :
Elle retourne le résultat suivant :
Cette requête de base est ensuite utilisée dans une CTE qui sera utilisée par la requête répondant à la question de départ. La colonne temps_tour_glissant est utilisée pour calculer le rang du pilote dans la course, est affiché et le temps cumulé du meilleur pilote est récupéré avec la fonction first_value :
On pouvait également utiliser une simple sous-requête pour obtenir le même résultat :
La requête fournit le résultat suivant :
Pour chaque coureur, quel est son meilleur tour et quelle place avait-il sur ce tour ?
Il est ici nécessaire de sélectionner pour chaque tour le temps du meilleur tour. On peut alors sélectionner les tours pour lequels le temps du tour est égal au meilleur temps :
Ce qui donne le résultat suivant :
Déterminer quels sont les coureurs ayant terminé la course qui ont gardé la même position tout au long de la course.
Elle retourne le résultat suivant :
En quelle position a terminé le coureur qui a doublé le plus de personnes ? Combien de personnes a-t-il doublées ?
Grouping Sets
La suite de ce TP est maintenant réalisé avec la base de formation magasin.
Tout d’abord, nous positionnons le search_path pour chercher les objets du schéma magasin :
En une seule requête, afficher le montant total des commandes par année et pays et le montant total des commandes uniquement par année.
- Ne sélectionnez que les code paysFRetDEet les années 2010 et supérieures.
- Ordonnez les résultats par année et code pays ascendant les nuls présents dans la colonnecode_paysdoivent être placés à la fin.
Le résultat attendu est :
Ajouter également le montant total des commandes depuis le début de l’activité.
L’opérateur de regroupement ROLLUP amène le niveau d’agrégation sans regroupement :
Ajouter également le montant total des commandes par pays.
Cette fois, l’opérateur CUBE permet d’obtenir l’ensemble de ces informations :
À partir de la requête précédente, ajouter une colonne par critère de regroupement, de type booléen, qui est positionnée à
truelorsque le regroupement est réalisé sur l’ensemble des valeurs de la colonne.
Ces colonnes booléennes permettent d’indiquer à l’application comment gérer la présentation des résultats.
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Les formations Dalibo
Retrouvez nos formations et le calendrier sur https://dali.bo/formation. Pour toute information ou question, n’hésitez pas à nous écrire sur contact@dalibo.com.
Cursus des formations

Retrouvez nos formations dans leur dernière version :
- DBA1 : Administration PostgreSQL - https://dali.bo/dba1
- DBA2 : Administration PostgreSQL avancé - https://dali.bo/dba2
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Téléchargement gratuit
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Fiche de formation
Cette page reprend le contenu de la fiche PDF originale de DEV1. La mise en page en colonnes, les pictogrammes et les lignes de formulaire ont été réorganisés en titres, listes et tableaux pour la lecture web.
Formation: Initiation au langage SQL
Objectifs
Cette formation permet d’acquérir des compétences en langage SQL :
- Comprendre le modèle relationnel et la structure d’un schéma
- Ajouter, modifier et supprimer des données
- Extraire et sécuriser les données
- Écrire des requêtes SQL complexes (jointure, union, tri, etc.)
Thèmes abordés
- Typologie des bases
- Création d’objets et mises à jour
- SQL avancé pour le transactionnel
- SQL pour l’analyse de données
Public concerné
Cette formation s’adresse aux utilisateurs·rices de PostgreSQL ayant besoin d’acquérir ou d’améliorer leurs compétences en langage SQL.
Prérequis
Aucune compétence technique particulière n’est requise pour cette formation.
Évaluation
Pendant la formation, des phases de travaux pratiques et de QCM ont lieu afin d’évaluer les acquis des stagiaires.
Organisation
| Rubrique | Détails |
|---|---|
| Référence | DEV1 |
| Fréquence indicative | 4 sessions inter-entreprises par an environ. |
| Durée | 3 jours (21 heures), uniquement en présentiel. |
| Parcours | Cette formation ne fait partie d’aucun cursus prédéterminé. |
Retrouvez les dates de cette formation sur la page de formation.
Modalités
Cette formation se déroule uniquement en présentiel.
Matériel pédagogique
- Inter-entreprises : PC individuel équipé, souris, bloc-notes, stylo, clé USB.
- Intra-entreprise : Une liste vous sera transmise sur simple demande à formation@dalibo.com.
Ressources pédagogiques complémentaires
- Manuel de formation
- Diaporama
- Cahier de TP
- Accès à la plateforme d’apprentissage de DALIBO
Un code vous sera remis à la fin de la formation afin de commander deux manuels de formation au choix. En format papier, ils seront livrés rapidement chez vous.
Parcours de formation
Cette formation ne fait partie d’aucun cursus prédéterminé.
Tarifs
- Inter-entreprises : 2250 € HT par stagiaire
- Intra-entreprise : 9250 € HT pour 8 stagiaires maximum
Plus d’informations
La confirmation d’une session intervient au plus tôt un mois avant le premier jour, sous réserve de la participation de trois stagiaires minimum. Pour annuler votre inscription, contactez-nous 5 jours francs avant la session. Consultez la page des formations pour accéder aux informations suivantes :
- Dates des sessions
- Accès au siège de Dalibo pour les sessions inter-entreprises en présentiel
- Modalités d’évaluation
- Contact du référent Handicap
- Guide stagiaire COVID
- Règlement intérieur
- Conditions générales de vente (CGV)
- Registre public d’accessibilité
- Taux de satisfaction
- Prérequis pour les sessions intra-entreprise
Contact
Contactez notre référente Formation à formation@dalibo.com ou au +33 1 83 64 61 88.
DALIBO — 43 rue du Faubourg Montmartre — 75009 Paris — Tél. : 01 83 64 61 88 — contact@dalibo.com — www.dalibo.com — SARL coopérative à capital variable — SIRET : 483 247 862 00053 — NAF-APE : 6202A — RCS : Paris — numéro de TVA : FR28483247862.
Sources du PDF
Questionnaire des besoins
Cette page reprend le questionnaire PDF original de DEV1. Les cases à cocher et les zones manuscrites sont adaptées à la lecture et à la saisie en Markdown.
Informations administratives
| Champ | À remplir |
|---|---|
| Nom | |
| Prénoms | |
| Entreprise | |
| Date / période de formation souhaitée |
Vos attentes
Classez les objectifs par ordre de priorité (4 étant le plus important) :
| Priorité à renseigner | Objectif |
|---|---|
| Comprendre le modèle relationnel et la structure d’un schéma | |
| Ajouter, modifier et supprimer des données | |
| Extraire et sécuriser les données | |
| Écrire des requêtes SQL complexes (jointure, union, tri, etc.) |
Sujet à traiter
Y a-t-il un sujet en particulier que vous voudriez voir traité ?
Informations ou besoins spécifiques
Y a-t-il une information que vous souhaitez nous transmettre pour faciliter le déroulement de la formation ? Avez-vous des besoins spécifiques (demandes personnelles, handicap…) ?
Votre identité professionnelle
Depuis combien de temps connaissez-vous et utilisez-vous PostgreSQL ?
- Moins de 1 an
- Entre 1 et 3 ans
- Plus de 3 ans
Quelle utilisation de PostgreSQL avez-vous ?
- Développement
- Administration
- ERP
- BI
- Autres :
Quel est l’environnement technique de vos instances PostgreSQL ?
- Bare Metal
- Cloud
- Machines virtuelles
- En local
- Autres :
Quel système d’exploitation utilisez-vous sur vos serveurs PostgreSQL ?
- Linux
- Windows
- MacOS
- Autres :
Quels clients d’administration utilisez-vous ?
- psql
- pgAdmin
- DBeaver
- Autres :
Poste actuellement occupé :
- DBA
- Développeur
- Autres :
Informations professionnelles complémentaires
Support de formation
Les supports de nos formations sont disponibles gratuitement sur notre site à l’adresse https://www.dalibo.com/formations.
Avez-vous pu prendre connaissance du support de votre formation ?
- Oui
- Non
Si ce n’est pas le cas, nous vous recommandons fortement de parcourir ce document afin de vous assurer que le contenu de formation convient à vos attentes personnelles.
Coordonnées de la source
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