Indexation et SQL Avancés
Indexation et SQL Avancés
PERF2 · Indexation et SQL avancés
État : Manuel français complet publié, révision 26.09.
Présentation
Synthèse de la fiche : Cette formation présente en profondeur les techniques d’indexation et les fonctionnalités avancées de PostgreSQL : types d’index, indexation avancée, types complexes, partitionnement et correction des mauvaises pratiques.
Informations clés
| Rubrique | Détails |
|---|---|
| Durée | 2 jours (14 heures) en présentiel, ou 4 matinées (14 heures) à distance. |
| Tarifs | Inter-entreprises : 1530 € HT par stagiaire Intra-entreprise : 6180 € HT pour 8 stagiaires maximum |
| Révision du manuel | 26.09 |
| Source | Page de formation Dalibo |
Objectifs
- Connaître les index de PostgreSQL
- Maîtriser les techniques d’indexation avancées
- Maîtriser les types avancés
- Partitionner les données
- Corriger les mauvaises pratiques
Public concerné
Ce programme s’adresse aux utilisateurs·rices confirmé·es et aux administrateurs·rices de bases de données (DBA) ayant déjà une bonne connaissance de PostgreSQL.
Prérequis
Pour toute demande d’inscription, un test QCM sera envoyé par email avant la formation afin de vérifier les prérequis suivants :
- Notions de base en langage SQL
- Bonne connaissance de PostgreSQL
La formation Dalibo PERF1 ou DEVPG est conseillée.
Thèmes abordés
- Index B-tree, GIN, GiST, BRIN, hash
- Index partiels, fonctionnels et couvrants
- Extensions PostgreSQL
- Types avancés : UUID, tableaux, hstore, JSON, XML et objets binaires
- Partitionnement déclaratif, maintenance et sharding
- Tables temporaires, JIT et recherche plein texte
Statistiques du manuel complet
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Pages PDF | 396 |
| Pages techniques couvertes | 13-392, avec les pages éditoriales 9-11 |
| Chapitres autonomes | 8, numérotés de 00 à 07 |
| Figures locales | 12 PNG dans /images/perf2/manual/ |
| Exemples de code ou sorties | 776 |
| Tableaux ou sorties tabulaires | 438 |
| Formules | 1 formule TeX numérotée |
| Travaux pratiques | 6 énoncés |
| Solutions | 6 chapitres de solutions |
Le texte publié provient du PDF complet et conserve les énoncés de TP ainsi que les solutions. Le fichier no-tp sert de comparaison éditoriale : il compte 308 pages et conserve les énoncés, mais ne contient pas les six chapitres de solutions.
Documents Markdown
Ces deux pages reprennent le contenu des petits PDF dans le format de lecture OINK ; la mise en page de formulaire est adaptée au Markdown.
Documents locaux
- Manuel complet PDF, 396 pages
- Manuel PDF sans TP, 308 pages
- Fiche descriptive PDF
- Questionnaire des besoins PDF
Sources originales
- Page de formation
- Répertoire public du manuel
- HTML original
- PDF complet
- EPUB original
- PDF sans TP
- EPUB original sans TP
- Fiche descriptive PDF originale
- Questionnaire original
- Lien court du PDF complet
- Informations pratiques
- Licence CC BY-NC-SA 2.0 France
Chapitres du manuel
Les chapitres suivent l’ordre original du PDF complet et restent séparés pour permettre une lecture, une impression et une navigation indépendantes.
- 00 · Avant-propos, licence et versions couvertes
- 01 · Techniques d’indexation — PDF pages 13-84
- 02 · Indexation avancée — PDF pages 85-142
- 03 · Extensions PostgreSQL pour la performance — PDF pages 143-204
- 04 · Partitionnement sous PostgreSQL — PDF pages 205-268
- 05 · Types avancés — PDF pages 269-354
- 06 · Fonctionnalités avancées pour la performance — PDF pages 355-390
- 07 · Les formations Dalibo — PDF pages 391-392
Différence entre le manuel complet et la version sans TP
| Élément | Manuel complet | Version no-tp |
|---|---|---|
| Révision PDF | 26.09 | 26.09 |
| Pages | 396 | 308 |
| Blocs de travaux pratiques | 6 | 6 |
| Chapitres de solutions | 6 | 0 |
Dans cette collection, le nom no-tp ne signifie généralement pas « aucun TP » : les énoncés des travaux pratiques restent présents, tandis que les chapitres de solutions sont retirés. Les pages et certains numéros de section sont ensuite recomposés.
- Le manuel complet convient à une formation en salle, aux ateliers pratiques et à la correction autonome des exercices.
- La version
no-tpconvient à une lecture plus courte lorsque les corrigés ne sont pas nécessaires. - Les deux fichiers suivent la même trame pédagogique générale ; la version courte n’est pas une nouvelle formation.
Voir la comparaison détaillée des versions.
Formations liées
Avant-propos, licence et versions couvertes
Avant-propos, licence et versions couvertes
Les pages éditoriales du manuel complet PERF2 sont conservées ici avant les chapitres techniques.
Sur ce document
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Formation | Formation PERF2 |
| Titre | Indexation & SQL Avancé |
| Révision | 26.09 |
| ISBN | N/A |
| PDF court | https://dali.bo/perf2_pdf |
| EPUB | https://dali.bo/perf2_epub |
| HTML | https://dali.bo/perf2_html |
| Slides | https://dali.bo/perf2_slides |
Vous trouverez en ligne les différentes versions complètes de ce document. Les solutions de TP ne figurent pas forcément dans la version imprimée, mais sont dans les versions numériques (PDF ou HTML).
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Au-delà du contenu technique en lui-même, notre intention est de transmettre les valeurs qui animent et unissent les développeurs de PostgreSQL depuis toujours : partage, ouverture, transparence, créativité, dynamisme… Le but premier de nos formations est de vous aider à mieux exploiter toute la puissance de PostgreSQL mais nous espérons également qu’elles vous inciteront à devenir un membre actif de la communauté en partageant à votre tour le savoir-faire que vous aurez acquis avec nous.
Nous mettons un point d’honneur à maintenir nos manuels à jour, avec des informations précises et des exemples détaillés.
Toutefois, malgré nos efforts et nos multiples relectures, il est probable que ce document contienne des oublis, des coquilles, des imprécisions ou des erreurs. Si vous constatez un souci, n’hésitez pas à le signaler via l’adresse formation@dalibo.com !
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Forme de ce manuel
Les versions PDF, EPUB ou HTML de ce document sont structurées autour des slides de nos formations. Le texte suivant chaque slide contient le cours et de nombreux détails qui ne peuvent être donnés à l’oral.
Licence Creative Commons CC-BY-NC-SA
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Paternité
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Marques déposées
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Versions de PostgreSQL couvertes
Ce document ne couvre que les versions supportées de PostgreSQL au moment de sa rédaction, soit les versions 14 à 18.
Sur les versions précédentes susceptibles d’être encore rencontrées en production, seuls quelques points très importants sont évoqués, en plus éventuellement de quelques éléments historiques.
Sauf précision contraire, le système d’exploitation utilisé est Linux.
Sources du chapitre
- Source : manuel complet PDF, révision 26.09, pages PDF 9-11.
- Le manuel complet conserve les six énoncés de TP et leurs six chapitres de solutions.
1 Techniques d'indexation
1/ Techniques d’indexation
Ce chapitre reprend l’intégralité des pages PDF 13-84 du manuel complet PERF2, y compris les énoncés de travaux pratiques et les solutions.

Photo de Maksym Kaharlytskyi, Unsplash licence
1.1 Introduction
- Qu’est-ce qu’un index ?
- Comment indexer une base ?
- Les index B-tree dans PostgreSQL
1.1.1 Objectifs
- Comprendre ce qu’est un index
- Maîtriser le processus de création d’index
- Connaître les différents types d’index B-tree et leurs cas d’usages
1.1.2 Introduction aux index
- Uniquement destinés à l’optimisation
- À gérer d’abord par le développeur
- SQL Performance Explained (Markus Winand)
- Use the index, Luke : https://use-the-index-luke.com (id.)
Les index ne sont pas des objets qui font partie de la théorie relationnelle. Ils sont des objets physiques qui permettent d’accélérer l’accès aux données. Et comme ils ne sont que des moyens d’optimisation des accès, les index ne font pas non plus partie de la norme SQL. C’est d’ailleurs pour cette raison que la syntaxe de création d’index est si différente d’une base de données à une autre.
La création des index est à la charge du développeur ou du DBA, leur création n’est pas automatique, sauf exception.
Pour Markus Winand, c’est d’abord au développeur de poser les index, car c’est lui qui sait comment ses données sont utilisées. Un DBA d’exploitation n’a pas cette connaissance, mais il connaît généralement mieux les différents types d’index et leurs subtilités, et voit comment les requêtes réagissent en production. Développeur et DBA sont complémentaires dans l’analyse d’un problème de performance.
Le site de Markus Winand, Use the index, Luke, propose une version en ligne de son livre SQL Performance Explained, centré sur les index B-tree (les plus courants). Une version française est par ailleurs disponible sous le titre SQL : au cœur des performances.
1.1.3 Utilités d’un index
- Un index permet de :
- trouver un enregistrement dans une table directement
- récupérer une série d’enregistrements dans une table
- voire tout récupérer dans l’index (Index Only Scan)
- Un index facilite :
- certains tris
- certains agrégats
- Obligatoires et automatique pour clés primaires & unicité
- conseillé pour clés étrangères (FK)
Les index ne changent pas le résultat d’une requête, mais l’accélèrent. L’index permet de pointer l’endroit de la table où se trouve une donnée, pour y accéder directement. Parfois c’est toute une plage de l’index, voire sa totalité, qui sera lue, ce qui est généralement plus rapide que lire toute la table.
Le cas le plus favorable est l’Index Only Scan : toutes les données nécessaires sont contenues dans l’index, lui seul sera lu et PostgreSQL ne lira pas la table elle-même.
PostgreSQL propose différentes formes d’index :
- index classique sur une seule colonne d’une table ;
- index composite sur plusieurs colonnes d’une table ;
- index partiel, en restreignant les données indexées avec une clause
WHERE; - index fonctionnel, en indexant le résultat d’une fonction appliquée à une ou plusieurs colonnes d’une table ;
- index couvrants, contenant plus de champs que nécessaire au filtrage, pour ne pas avoir besoin de lire la table, et obtenir un Index Only Scan.
La création des index est à la charge du développeur. Seules exceptions : ceux créés automatiquement quand on déclare des contraintes de clé primaire ou d’unicité. La création est alors automatique.
Les contraintes de clé étrangère imposent qu’il existe déjà une clé primaire sur la table pointée, mais ne crée pas d’index sur la table portant la clé.
1.1.4 Index et lectures
Un index améliore les SELECT
- Sans index :
- Avec index :
L’index est une structure de données qui permet d’accéder rapidement à l’information recherchée. À l’image de l’index d’un livre, pour retrouver un thème rapidement, on préférera utiliser l’index du livre plutôt que lire l’intégralité du livre jusqu’à trouver le passage qui nous intéresse. Dans une base de données, l’index a un rôle équivalent. Plutôt que de lire une table dans son intégralité, la base de données utilisera l’index pour ne lire qu’une faible portion de la table pour retrouver les données recherchées.
Pour la requête d’exemple (avec une table de 20 millions de lignes), on remarque que l’optimiseur n’utilise pas le même chemin selon que l’index soit présent ou non. Sans index, PostgreSQL réalise un parcours séquentiel de la table :
Lorsqu’il est présent, PostgreSQL l’utilise car l’optimiseur estime que son parcours ne récupérera qu’une seule ligne sur les 20 millions que compte la table :
Mais l’index n’accélère pas seulement la simple lecture de données, il permet également d’accélérer les tris et les agrégations, comme le montre l’exemple suivant sur un tri :
1.1.5 Index : inconvénients
- L’index n’est pas gratuit !
- Ralentit les écritures
- maintenance
- Place disque
- Compromis à trouver
La présence d’un index ralentit les écritures sur une table. En effet, il faut non seulement ajouter ou modifier les données dans la table, mais il faut également maintenir le ou les index de cette table.
Les index dégradent surtout les temps de réponse des insertions. Les mises à jour et les suppressions (UPDATE et DELETE) tirent en général parti des index pour retrouver les lignes concernées par les modifications. Le coût de maintenance de l’index est secondaire par rapport au coût de l’accès aux données.
Soit une table test2 telle que :
La table est chargée avec pour seul index présent celui sur la clé primaire :
Un index supplémentaire est créé sur une colonne de type entier :
Un index supplémentaire est encore créé, mais cette fois sur une colonne de type texte :
On peut comparer ces temps à l’insertion dans une table similaire dépourvue d’index :
La table test2 a été vidée préalablement pour chaque test.
Enfin, la place disque utilisée par ces index n’est pas négligeable :
Pour ces raisons, on ne posera pas des index systématiquement avant de se demander s’ils seront utilisés. L’idéal est d’étudier les plans de ses requêtes et de chercher à optimiser.
1.1.6 Index : contraintes pratiques à la création
- Lourd…
- Si fragmentation :
- Paramètres :
maintenance_work_mem(sinon : fichier temporaire !)max_parallel_maintenance_workers
Création d’un index :
Bien sûr, la durée de création de l’index dépend fortement de la taille de la table. PostgreSQL va lire toutes les lignes et trier les valeurs rencontrées. Ce peut être lourd et impliquer la création de fichiers temporaires.
Si l’on utilise la syntaxe classique, toutes les écritures sur la table sont bloquées (mises en attente) pendant la durée de la création de l’index (verrou ShareLock). Les lectures restent possibles, mais cette contrainte est parfois rédhibitoire pour les grosses tables.
Clause CONCURRENTLY :
Ajouter le mot clé CONCURRENTLY permet de rendre la table accessible en écriture. Malheureusement, cela nécessite au minimum deux parcours de la table, et donc alourdit et ralentit la construction de l’index. Dans quelques cas défavorables (entre autres l’interruption de la création de l’index), la création échoue et l’index existe mais est invalide :
L’index est inutilisable et doit être supprimé et recréé, ou bien réindexé. Pour les détails, voir la documentation officielle.
Une supervision peut détecter des index invalides avec cette requête, qui ne doit jamais rien ramener :
Réindexation :
Comme les tables, les index sont soumis à la fragmentation. Celle-ci peut cependant monter assez haut sans grande conséquence pour les performances. De plus, le nettoyage des index est une des étapes des opérations de VACUUM.
Une reconstruction de l’index est automatique lors d’un VACUUM FULL de la table.
Certaines charges provoquent une fragmentation assez élevée, typiquement les tables gérant des files d’attente. Une réindexation reconstruit totalement l’index. Voici quelques variantes de l’ordre :
Il existe là aussi une clause CONCURRENTLY :
(En cas d’échec, on trouvera là aussi des index invalides, suffixés avec _ccnew, à côté des index préexistants toujours fonctionnels et que PostgreSQL n’a pas détruits.)
Paramètres :
La rapidité de création d’un index dépend essentiellement de la mémoire accordée, définie dans maintenance_work_mem. Si elle ne suffit pas, le tri se fera dans des fichiers temporaires plus lents. Sur les serveurs modernes, le défaut de 64 Mo est ridicule, et on peut monter aisément à :
Attention de ne pas saturer la mémoire en cas de création simultanée de nombreux gros index (lors d’une restauration avec pg_restore notamment).
Si le serveur est bien doté en CPU, la parallélisation de la création d’index peut apporter un gain en temps appréciable. La valeur par défaut est :
et devrait même être baissée sur les plus petites configurations.
1.1.7 Types d’index dans PostgreSQL
- Défaut : B-tree classique (équilibré)
UNIQUE(préférer la contrainte)- Mais aussi multicolonnes, fonctionnel, partiel, couvrant
- Index spécialisés : hash, GiST, GIN, BRIN, HNSW….
Par défaut un CREATE INDEX créera un index de type B-tree, de loin le plus courant. Il est stocké sous forme d’arbre équilibré, avec de nombreux avantages :
- les performances se dégradent peu avec la taille de l’arbre (les temps de recherche sont en $\mathcal{O}(\log n)$, donc fonction du logarithme du nombre d’enregistrements dans l’index) ;
- l’accès concurrent est excellent, avec très peu de contention entre processus qui insèrent simultanément.
Toutefois les B-tree ne permettent de répondre qu’à des questions très simples, portant sur la colonne indexée, et uniquement sur des opérateurs courants (égalité, comparaison). Cela couvre tout de même la majorité des cas.
Contrainte d’unicité et index :
Un index peut être déclaré UNIQUE pour provoquer une erreur en cas d’insertion de doublons. Mais on préférera généralement déclarer une contrainte d’unicité (notion fonctionnelle), qui techniquement, entraînera la création d’un index.
Par exemple, sur cette table personne :
on peut créer un index unique :
La contrainte d’unicité est alors implicite. La suppression de l’index se fait sans bruit :
Définissons une contrainte d’unicité sur la colonne plutôt qu’un index :
Un index est également créé. La contrainte empêche sa suppression :
Le principe est le même pour les clés primaires.
Indexation avancée :
Il faut aussi savoir que PostgreSQL permet de créer des index B-tree :
- sur plusieurs colonnes ;
- sur des résultats de fonction ;
- sur une partie des valeurs indexées ;
- intégrant des champs non indexés mais souvent récupérés avec les champs indexés (index couvrants).
D’autres types d’index que B-tree existent, destinés à certains types de données ou certains cas d’optimisation précis.
1.2 Fonctionnement d’un index

1.2.1 Structure d’un index
- Structure associant des clés (termes) à des localisations (pages)
- Structure de données spécialisée, plusieurs types
- Séparée de la table
- Analogies :
- fiches en carton des bibliothèques avant l’informatique (B-tree)
- index d’un livre technique (GIN)
Les fiches en carton des anciennes bibliothèques sont un bon équivalent du type d’index le plus courant utilisé par les bases de données en général et PostgreSQL en particulier : le B-tree.
Lorsque l’on recherche des ouvrages dans la bibliothèque, il est possible de parcourir l’intégralité du bâtiment pour chercher les livres qui nous intéressent. Ceci prend énormément de temps. La bibliothèque peut être triée, mais ce tri ne permet pas forcément de trouver facilement le livre. Ce type de recherche trouve son analogie sous la forme du parcours complet d’une table (Seq Scan).
Une deuxième méthode pour localiser l’ouvrage consiste à utiliser un index. Sur fiche carton ou sous forme informatique, cet index associe par exemple le nom d’auteur à un ensemble de références (emplacements dans les rayonnages) où celui-ci est présent. Ainsi, pour trouver les œuvres de Proust avec l’index en carton, il suffit de parcourir les fiches, dont l’intégralité tient devant l’utilisateur. La fiche indique des références dans plusieurs rayons et il faudra aller se déplacer pour trouver les œuvres, en allant directement aux bons rayons.
Dans une base de données, le fonctionnement d’un index est très similaire. En effet, comme dans une bibliothèque, l’index est une structure de données à part, qui n’est pas strictement nécessaire à l’exploitation des informations, et qui est principalement utilisée pour la recherche dans l’ensemble de données. Cette structure de données possède un coût de maintenance, dans les deux cas : toute modification des données entraîne des modifications de l’index afin de le maintenir à jour. Et un index qui n’est pas à jour peut provoquer de gros problèmes. Dans le doute, on peut jeter l’index et le recréer de zéro sans problème d’intégrité des données originales.
Il peut y avoir plusieurs index suivant les besoins. L’index trié par auteur ne permet pas de trouver un livre dont on ne connaît que le titre (sauf à lire toutes les fiches). Il faut alors un autre index classé par titre.
Pour filer l’analogie : un index peut être multicolonnes (les fiches en carton triées par auteur le sont car elles contiennent le titre, et pas que la référence dans les rayons). L’index peut répondre à une demande à lui seul : il suffit pour compter le nombre de livres de Marcel Proust (c’est le principe des Index Only Scans). Une fiche d’un index peut contenir des informations supplémentaires (dates de publication, éditeur…) pour faciliter d’autres recherches sans aller dans les rayons (index « couvrant »).
Dans la réalité comme dans une base de données, il y a un dilemme quand il faut récupérer de très nombreuses données : soit aller chercher de nombreux livres un par un dans les rayons, soit balayer tous les livres systématiquement dans l’ordre où ils viennent pour éviter trop d’allers-retours.
Autres types d’index non informatiques similaires au B-tree :
- les tables décennales de l’État civil, qui pointent vers un endroit précis des registres des actes de naissance, mariage ou décès d’une commune ;
- l’index d’un catalogue papier.
L’index d’un livre technique ou d’un livre de recettes cible des parties des données et non les données elles-mêmes (comme le titre). Il s’approche plus d’un autre type d’index, le GIN, qui existe aussi dans PostgreSQL.
Un annuaire téléphonique papier présente les données sous un mode strictement ordonné. Cette intégration entre table et index n’a pas d’équivalent sous PostgreSQL mais existe dans d’autres moteurs de bases de données.
1.2.2 Un index n’est pas magique
- Un index ne résout pas tout
- Importance de la conception du schéma de données
- Importance de l’écriture de requêtes SQL correctes
Bien souvent, la création d’index est vue comme le remède à tous les maux de performance subis par une application. Il ne faut pas perdre de vue que les facteurs principaux affectant les performances vont être liés à la conception du schéma de données, et à l’écriture des requêtes SQL.
Pour prendre un exemple caricatural, un schéma EAV (Entity-Attribute-Value, ou entité-clé-valeur) ne pourra jamais être performant, de part sa conception. Bien sûr, dans certains cas, une méthodologie pertinente d’indexation permettra d’améliorer un peu les performances, mais le problème réside là dans la conception même du schéma. Il est donc important dans cette phase de considérer la manière dont le modèle va influer sur les méthodes d’accès aux données, et les implications sur les performances.
De même, l’écriture des requêtes elles-mêmes conditionnera en grande partie les performances observées sur l’application. Par exemple, la mauvaise pratique (souvent mise en œuvre accidentellement via un ORM) dite du « N+1 » ne pourra être corrigée par une indexation correcte : celle-ci consiste à récupérer une collection d’enregistrement (une requête) puis d’effectuer une requête pour chaque enregistrement afin de récupérer les enregistrements liés (N requêtes). Dans ce type de cas, une jointure est bien plus performante. Ce type de comportement doit encore une fois être connu de l’équipe de développement, car il est plutôt difficile à détecter par une équipe d’exploitation.
De manière générale, avant d’envisager la création d’index supplémentaires, il convient de s’interroger sur les possibilités de réécriture des requêtes, voire du schéma.
1.2.3 Index B-tree
- Type d’index le plus courant
- et le plus simple
- Utilisable pour les contraintes d’unicité
- Supporte les opérateurs :
<,<=,=,>=,> - Supporte le tri
- Ne peut pas indexer des colonnes de plus de 2,6 ko
L’index B-tree est le plus simple conceptuellement parlant. Sans entrer dans les détails, un index B-tree est par définition équilibré : ainsi, quelle que soit la valeur recherchée, le coût est le même lors du parcours d’index. Ceci ne veut pas dire que toute requête impliquant l’index mettra le même temps ! En effet, si chaque clé n’est présente qu’une fois dans l’index, celle-ci peut être associée à une multitude de valeurs, qui devront alors être cherchées dans la table.
L’algorithme utilisé par PostgreSQL pour ce type d’index suppose que chaque page peut contenir au moins trois valeurs. Par conséquent, chaque valeur ne peut excéder un peu moins d’1⁄3 de bloc, soit environ 2,6 ko. La valeur en question correspond donc à la totalité des données de toutes les colonnes de l’index pour une seule ligne. Si l’on tente de créer ou maintenir un index sur une table ne satisfaisant pas ces prérequis, une erreur sera renvoyée, et la création de l’index (ou l’insertion/mise à jour de la ligne) échouera. Ces champs sont souvent des longs textes ou des champs composés dont on cherchera plutôt des parties, et un index B-tree n’est de toute façon pas adapté. Si un index de type B-tree est tout de même nécessaire sur les colonnes en question, pour des recherches sur l’intégralité de la ligne, les index de type hash sont plus adaptés (mais ils ne supportent que l’opérateur =).
1.2.4 Exemple de structure d’un index B-tree

SELECT name FROM ma_table WHERE id = 22
Ce schéma présente une vue très simplifiée d’une table (en blanc, avec ses champs id et name) et d’un index B-tree sur id (en bleu), tel que le créerait :
Un index B-tree peut contenir trois types de nœuds :
- la racine : elle est unique c’est la base de l’arbre ;
- des nœuds internes : il peut y en avoir plusieurs niveaux ;
- des feuilles : elles contiennent :
- les valeurs indexées (triées !) ;
- les valeurs incluses (si applicable) ;
- les positions physiques (
ctid), ici entre parenthèses et sous forme abrégée, car la forme réelle est (numéro de bloc, position de la ligne dans le bloc) ; - l’adresse de la feuille précédente et de la feuille suivante.
La racine et les nœuds internes contiennent des enregistrements qui décrivent la valeur minimale de chaque bloc du niveau inférieur et leur adresse (ctid).
Lors de la création de l’index, il ne contient qu’une feuille. Lorsque cette feuille se remplit, elle se divise en deux et un nœud racine est créé au-dessus. Les feuilles se remplissent ensuite progressivement et se séparent en deux quand elles sont pleines. Ce processus remplit progressivement la racine. Lorsque la racine est pleine, elle se divise en deux nœuds internes, et une nouvelle racine est crée au-dessus. Ce processus permet de garder un arbre équilibré.
Recherchons le résultat de :
en passant par l’index.
- En parcourant la racine, on cherche un enregistrement dont la valeur est strictement supérieure à la valeur que l’on recherche. Ici, 22 est plus petit que 24 : on explore donc le nœud de gauche.
- Ce nœud référence trois nœuds inférieurs (ici des feuilles). On compare de nouveau la valeur recherchée aux différentes valeurs (triées) du nœud : pour chaque intervalle de valeur, il existe un pointeur vers un autre nœud de l’arbre. Ici, 22 est plus grand que 12, on explore donc le nœud de droite au niveau inférieur.
- Un arbre B-tree peut bien évidemment avoir une profondeur plus grande, auquel cas l’étape précédente est répétée.
- Une fois arrivé sur une feuille, il suffit de la parcourir pour récupérer l’ensemble des positions physiques des lignes correspondants au critère. Ici, la feuille nous indique qu’à la valeur 22 correspondent deux lignes aux positions 2 et 17. Lorsque la valeur recherchée est supérieure ou égale à la plus grande valeur du bloc, PostgreSQL va également lire le bloc suivant. Ce cas de figure peut se produire si PostgreSQL a divisé une feuille en deux avant ou même pendant la recherche que nous exécutons. Ce serait par exemple le cas si on cherchait la valeur 30.
- Pour trouver les valeurs de
name, il faut aller chercher dans la table même les lignes aux positions trouvées dans l’index. D’autre part, les informations de visibilité des lignes doivent aussi être trouvées dans la table. (Il existe des cas où la recherche peut éviter cette dernière étape : ce sont les Index Only Scan.)
Même en parcourant les deux structures de données, si la valeur recherchée représente une assez petite fraction des lignes totales, le nombre d’accès disques sera donc fortement réduit. En revanche, au lieu d’effectuer des accès séquentiels (pour lesquels les disques durs classiques sont relativement performants), il faudra effectuer des accès aléatoires, en sautant d’une position sur le disque à une autre. Le choix est fait par l’optimiseur.
Supposons désormais que nous souhaitions exécuter une requête sans filtre, mais exigeant un tri, du type :
L’index peut nous aider à répondre à cette requête. En effet, toutes les feuilles sont liées entre elles, et permettent ainsi un parcours ordonné. Il nous suffit donc de localiser la première feuille (la plus à gauche), et pour chaque clé, récupérer les lignes correspondantes. Une fois les clés de la feuille traitées, il suffit de suivre le pointeur vers la feuille suivante et de recommencer.
L’alternative consisterait à parcourir l’ensemble de la table, et trier toutes les lignes afin de les obtenir dans le bon ordre. Un tel tri peut être très coûteux, en mémoire comme en temps CPU. D’ailleurs, de tels tris débordent très souvent sur disque (via des fichiers temporaires) afin de ne pas garder l’intégralité des données en mémoire.
Pour les requêtes utilisant des opérateurs d’inégalité, on voit bien comment l’index peut là aussi être utilisé. Par exemple, pour la requête suivante :
Il suffit d’utiliser la propriété de tri de l’index pour parcourir les feuilles, en partant de la borne inférieure, jusqu’à la borne supérieure.
Dernière remarque : ce schéma ne montre qu’une entrée d’index pour 22, bien qu’il pointe vers deux lignes. PostgreSQL sait dédupliquer les entrées pour économiser de la place.
1.2.5 Index multicolonnes
- Possibilité d’indexer plusieurs colonnes :
- Ordre des colonnes primordial
- accès direct aux premières colonnes de l’index
- pour les autres, PostgreSQL lira tout l’index ou ignorera l’index
Il est possible de créer un index sur plusieurs colonnes. Il faut néanmoins être conscient des requêtes supportées par un tel index. Admettons que l’on crée une table d’un million de lignes avec un index sur trois champs :
L’index est optimal pour répondre aux requêtes portant sur les premières colonnes de l’index :
Et encore plus quand l’index permet de répondre intégralement au contenu de la requête :
Mais si les premières colonnes de l’index ne sont pas spécifiées, alors l’index devra être parcouru en grande partie.
Cela reste plus intéressant que parcourir toute la table, surtout si l’index est petit et contient toutes les données du SELECT. Mais le comportement dépend alors de nombreux paramètres, comme les statistiques, les estimations du nombre de lignes ramenées et les valeurs relatives de seq_page_cost et random_page_cost :
Noter que tout l’index a été lu.
Mais pour limiter les aller-retours entre index et table, PostgreSQL peut aussi décider d’ignorer l’index et de parcourir directement la table :
Concernant les range scans (requêtes impliquant des opérateurs d’inégalité, tels que <, <=, >=, >), celles-ci pourront être satisfaites par l’index de manière quasi optimale si les opérateurs d’inégalité sont appliqués sur la dernière colonne requêtée, et de manière sub-optimale s’ils portent sur les premières colonnes.
Cet index pourra être utilisé pour répondre aux requêtes suivantes de manière optimale :
Il pourra aussi être utilisé, mais de manière bien moins efficace, pour les requêtes suivantes, qui bénéficieraient d’un index sur un ordre alternatif des colonnes :
Le plan de cette dernière requête est :
Les index multicolonnes peuvent aussi être utilisés pour le tri comme dans les exemples suivants. Il n’y a pas besoin de trier (ce peut être très coûteux) puisque les données de l’index sont triées. Ici le cas est optimal puisque l’index contient toutes les données nécessaires :
Le plan de cette dernière requête est :
Il est donc nécessaire d’avoir une bonne connaissance de l’application (ou de passer du temps à observer les requêtes consommatrices) pour déterminer comment créer des index multicolonnes pertinents pour un nombre maximum de requêtes.
1.2.6 Nœuds des index
- Index Scan
- Bitmap Scan
- Index Only Scan
- idéal pour les performances
- et les variantes parallélisées
L’optimiseur a le choix entre plusieurs parcours pour utiliser un index, principalement suivant la quantité d’enregistrements à récupérer :
Index Scan
Un Index Scan est optimal quand il y a peu d’enregistrements à récupérer. Noter qu’il comprend l’accès à l’index et celui à la table ensuite.
Bitmap Scan
Le Bitmap Scan est utile quand il y a plus de lignes, ou quand on veut lire plusieurs index d’une même table pour satisfaire plusieurs conditions de filtre.
Il se décompose en deux nœuds : un Bitmap Index Scan qui récupère des blocs d’index, et un Bitmap Heap Scan qui va chercher les blocs dans la table.
Typiquement, ce nœud servira pour des recherches de plages de valeurs ou de grandes quantités de lignes.
Conseil.
Une bonne corrélation des données avec leur emplacement physique favorise un Index Scan par rapport à un Bitmap Scan, et un Bitmap Scan par rapport à un Seq Scan. Une estimation de cette corrélation est consultable, pour chaque colonne de chaque table, dans la vue
pg_stats, champcorrelation(des valeurs proches de -1 ou 1 indiquent une bonne corrélation).
Index Only Scan
L’Index Only Scan est utile quand les champs de la requête correspondent aux colonnes de l’index. Ce nœud permet d’éviter la lecture de tout ou partie de la table et est donc très performant.
Autre intérêt de l’Index Only Scan : les enregistrements cherchés sont contigus dans l’index (puisqu’il est trié), et le nombre d’accès disque est bien plus faible. Il est tout à fait possible d’obtenir dans des cas extrêmes des gains de l’ordre d’un facteur 10 000.
Si peu de champs de la table sont impliqués dans la requête, il faut penser à viser un Index Only Scan.
Parallélisation
Chacun de ses nœuds a une version parallélisable si l’index est assez grand et que l’optimiseur pense que paralléliser est utile. Il apparaît alors un nœud Gather pour rassembler les résultats des différents workers.
1.3 Méthodologie de création d’index
- On indexe pour une requête
- ou idéalement une collection de requêtes
- Et pas « une table »
La première chose à garder en tête est que l’on indexe pas le schéma de données, c’est-à-dire les tables, mais en fonction de la charge de travail supportée par la base, c’est-à-dire les requêtes. En effet, comme nous l’avons vu précédemment, tout index superflu a un coût global pour la base de données, notamment pour les opérations DML.
1.3.1 L’index ? Quel index ?
- Identifier les requêtes nécessitant un index
- Créer les index permettant de répondre à ces requêtes
- Valider le fonctionnement, en rejouant la requête avec :
La méthodologie elle-même est assez simple. Selon le principe qu’un index sert à une (ou des) requête(s), la première chose à faire consiste à identifier celle(s)-ci. L’équipe de développement est dans une position idéale pour réaliser ce travail : elle seule peut connaître le fonctionnement global de l’application, et donc les colonnes qui vont être utilisées, ensemble ou non, comme cible de filtres ou de tris. Au delà de la connaissance de l’application, il est possible d’utiliser des outils tels que pgBadger, pg_stat_statements et PoWA pour identifier les requêtes particulièrement consommatrices, et qui pourraient donc potentiellement nécessiter un index. Ces outils seront présentés plus loin dans cette formation.
Une fois les requêtes identifiées, il est nécessaire de trouver les index permettant d’améliorer celles-ci. Ils peuvent être utilisés pour les opérations de filtrage (clause WHERE), de tri (clauses ORDER BY, GROUP BY) ou de jointures. Idéalement, l’étude portera sur l’ensemble des requêtes, afin notamment de pouvoir décider d’index multicolonnes pertinents pour le plus grand nombre de requêtes, et éviter ainsi de créer des index redondants.
1.3.2 Index et clés étrangères
- Indexation des colonnes faisant référence à une autre
- Performances des DML
- Performances des jointures
De manière générale, l’ensemble des colonnes étant la source d’une clé étrangère devraient être indexées, et ce pour deux raisons.
La première concerne les jointures. Généralement, lorsque deux tables sont liées par des clés étrangères, il existe au moins certaines requêtes dans l’application joignant ces tables. La colonne « cible » de la clé étrangère est nécessairement indexée, c’est un prérequis dû à la contrainte unique nécessaire à celle-ci. Il est donc possible de la parcourir de manière triée.
La colonne source devrait être indexée elle aussi : en effet, il est alors possible de la parcourir de manière ordonnée, et donc de réaliser la jointure selon l’algorithme Merge Join (comme vu lors du module sur les plans d’exécution), et donc d’être beaucoup plus rapide. Un tel index accélérera de la même manière les Nested Loop, en permettant de parcourir l’index une fois par ligne de la relation externe au lieu de parcourir l’intégralité de la table.
De la même manière, pour les DML sur la table cible, cet index sera d’une grande aide : pour chaque ligne modifiée ou supprimée, il convient de vérifier, soit pour interdire soit pour « cascader » la modification, la présence de lignes faisant référence à celle touchée.
S’il n’y a qu’une règle à suivre aveuglément ou presque, c’est bien celle-ci : les colonnes faisant partie d’une clé étrangère doivent être indexées !
Deux exceptions : les champs ayant une cardinalité très faible et homogène (par exemple, un champ homme/femme dans une population équilibrée) ; et ceux dont on constate l’inutilité après un certain temps, par des valeurs à zéro dans pg_stat_user_indexes.
1.4 Index inutilisé
C’est souvent tout à fait normal
- Utiliser l’index est-il rentable ?
- La requête est-elle compatible ?
- Bug de l’optimiseur : rare
C’est l’optimiseur SQL qui choisit si un index doit ou non être utilisé. Il est tout à fait possible que PostgreSQL décide qu’utiliser un index donné n’en vaut pas la peine par rapport à d’autres chemins. Il faut aussi savoir identifier les cas où l’index ne peut pas être utilisé.
L’optimiseur possède forcément quelques limitations. Certaines sont un compromis par rapport au temps que prendrait la recherche systématique de toutes les optimisations imaginables. Il y aussi le problème des estimations de volumétries, qui sont d’autant plus difficiles que la requête est complexe.
Quant à un vrai bug, si le cas peut être reproduit, il doit être remonté aux développeurs de PostgreSQL. D’expérience, c’est rarissime.
1.4.1 Index utilisable mais non utilisé
- L’optimiseur pense qu’il n’est pas rentable
- sélectivité trop faible
- meilleur chemin pour remplir d’autres critères
- index redondant
- Index Only Scan nécessite un
VACUUMfréquent
- Les estimations de volumétries doivent être assez bonnes !
- statistiques récentes, précises
Il existe plusieurs raisons pour que PostgreSQL néglige un index.
Sélectivité trop faible, trop de lignes :
Comme vu précédemment, le parcours d’un index implique à la fois des lectures sur l’index, et des lectures sur la table. Au contraire d’une lecture séquentielle de la table (Seq Scan), l’accès aux données via l’index nécessite des lectures aléatoires. Ainsi, si l’optimiseur estime que la requête nécessitera de parcourir une grande partie de la table, il peut décider de ne pas utiliser l’index : l’utilisation de celui-ci serait alors trop coûteux.
Autrement dit, l’index n’est pas assez discriminant pour que ce soit la peine de faire des allers-retours entre lui et la table. Le seuil dépend entre autres des volumétries de la table et de l’index et du rapport entre les paramètres random_page_cost et seq_page_cost (respectivement 4 et 1 pour un disque dur classique peu rapide, et souvent 1 et 1 pour du SSD, voire moins).
Il y a un meilleur chemin :
Un index sur un champ n’est qu’un chemin parmi d’autres, en aucun cas une obligation, et une requête contient souvent plusieurs critères sur des tables différentes. Par exemple, un index sur un filtre peut être ignoré si un autre index permet d’éviter un tri coûteux, ou si l’optimiseur juge que faire une jointure avant de filtrer le résultat est plus performant.
Index redondant :
Il existe un autre index doublant la fonctionnalité de celui considéré. PostgreSQL favorise naturellement un index plus petit, plus rapide à parcourir. À l’inverse, un index plus complet peut favoriser plusieurs filtres, des tris, devenir couvrant…
VACUUM trop ancien :
Dans le cas précis des Index Only Scan, si la table n’a pas été récemment nettoyée, il y aura trop d’allers-retours avec la table pour vérifier les informations de visibilité (heap fetches). Un VACUUM permet de mettre à jour la Visibility Map pour éviter cela.
Statistiques périmées :
Il peut arriver que l’optimiseur se trompe quand il ignore un index. Des statistiques périmées sont une cause fréquente. Pour les rafraîchir :
Si cela résout le problème, ce peut être un indice que l’autovacuum ne passe pas assez souvent (voir pg_stat_user_tables.last_autoanalyze). Il faudra peut-être ajuster les paramètres autovacuum_analyze_scale_factor ou autovacuum_analyze_threshold sur les tables.
Statistiques pas assez fines :
Les statistiques sur les données peuvent être trop imprécises. Le défaut est un histogramme de 100 valeurs, basé sur 300 fois plus de lignes. Pour les grosses tables, augmenter l’échantillonnage sur les champs aux valeurs peu homogènes est possible :
La valeur 500 n’est qu’un exemple. Monter beaucoup plus haut peut pénaliser les temps de planification. Ce sera d’autant plus vrai si on applique cette nouvelle valeur globalement, donc à tous les champs de toutes les tables (ce qui est certes le plus facile).
Estimations de volumétries trompeuses :
Par exemple, une clause WHERE sur deux colonnes corrélées (ville et code postal par exemple), mène à une sous-estimation de la volumétrie résultante par l’optimiseur, car celui-ci ignore le lien entre les deux champs. Vous pouvez demander à PostgreSQL de calculer cette corrélation avec l’ordre CREATE STATISTICS (voir le module de formation J2 ou la documentation officielle).
Compatibilité :
Il faut toujours s’assurer que la requête est écrite correctement et permet l’utilisation de l’index.
Un index peut être inutilisable à cause d’une fonction plus ou moins explicite, ou encore d’un mauvais typage. Il arrive que le critère de filtrage ne peut remonter sur la table indexée à cause d’un CTE matérialisé (explicitement ou non), d’un DISTINCT, ou d’une vue complexe.
Nous allons voir quelques problèmes classiques.
1.4.2 Index inutilisable à cause d’une fonction
- Pas le bon type (
CASTplus ou moins explicite)
- Utilisation de fonctions, comme :
Voici quelques exemples d’index incompatible avec la clause WHERE :
Mauvais type :
Cela peut paraître contre-intuitif, mais certains transtypages ne permettent pas de garantir que les résultats d’un opérateur (par exemple l’égalité) seront les mêmes si les arguments sont convertis dans un type ou dans l’autre. Cela dépend des types et du sens de conversion. Dans les exemples suivants, le champ client_id est de type bigint. PostgreSQL réussit souvent à convertir, mais ce n’est pas toujours parfait.
De même, les conversions entre date et timestamp/timestamptz se passent généralement bien.
Autres exemples :
- Dans une jointure, si les deux champs joints n’ont pas le même type, il est possible que de simples index ne soient pas utilisables, ou un seul d’entre eux. Il faudra corriger l’incohérence, ou créer des index fonctionnels incluant le transtypage.
- Un index B-tree sur un tableau ou un JSON ne peut servir pour une recherche sur un de ses éléments. Il faudra s’orienter vers un index plus spécialisé, par exemple GIN ou GiST.
Utilisation de fonction :
Si une fonction est appliquée sur la colonne à indexer, comme dans cet exemple classique :
alors PostgreSQL n’utilisera pas l’index sur ma_date. Il faut réécrire la requête ainsi :
Dans l’exemple suivant, on cherche les commandes dont la date tronquée au mois correspond au 1er janvier, c’est-à-dire aux commandes dont la date est entre le 1er et le 31 janvier. Pour un humain, la logique est évidente, mais l’optimiseur n’en a pas connaissance.
Il faut plutôt écrire :
Dans certains cas, la réécriture est impossible (fonction complexe, code non modifiable…). Nous verrons qu’un index fonctionnel peut parfois être la solution.
Ces exemples semblent évidents, mais il peut être plus compliqué de trouver dans l’urgence la cause du problème dans une grande requête d’un schéma mal connu.
1.4.3 Index inutilisable à cause d’un LIKE ‘…%’
- Solution :
Si vous avez un index « normal » sur une chaîne texte, certaines recherches de type LIKE n’utiliseront pas l’index. En effet, il faut bien garder à l’esprit qu’un index est basé sur un opérateur précis. Ceci est généralement indiqué correctement dans la documentation, mais pas forcément très intuitif.
Si un opérateur non supporté pour le critère de tri est utilisé, l’index ne servira à rien :
Nous verrons qu’il existe d’autre classes d’opérateurs, permettant d’indexer correctement la requête précédente, et que varchar_pattern_ops est l’opérateur permettant d’indexer la requête précédente.
1.4.4 Index inutilisable car invalide
CREATE INDEX ... CONCURRENTLYpeut échouer
Dans le cas où un index a été construit avec la clause CONCURRENTLY, nous avons vu qu’il peut arriver que l’opération échoue et l’index existe mais reste invalide, et donc inutilisable. Le problème ne se pose pas pour un échec de REINDEX ... CONCURRENTLY, car l’ancienne version de l’index est toujours là et utilisable.
1.5 Indexation B-tree avancée
De nombreuses possibilités d’indexation avancée :
- Index partiels
- Index fonctionnels
- Index couvrants
- Classes d’opérateur
1.5.1 Index partiels
- N’indexe qu’une partie des données :
- Ne sert que si la clause est logiquement équivalente !
- ou partie de la clause (inégalités,
IN)
- ou partie de la clause (inégalités,
- Intérêt : index beaucoup plus petit
Un index partiel est un index ne couvrant qu’une partie des enregistrements. Ainsi, l’index est beaucoup plus petit. En contrepartie, il ne pourra être utilisé que si sa condition est définie dans la requête.
Pour prendre un exemple simple, imaginons un système de « queue », dans lequel des événements sont entrés, et qui disposent d’une colonne traite indiquant si oui ou non l’événement a été traité. Dans le fonctionnement normal de l’application, la plupart des requêtes ne s’intéressent qu’aux événements non traités :
Typiquement, différents applicatifs vont être intéressés par des événements d’un certain type, mais les événements déjà traités ne sont quasiment jamais accédés, du moins via leur état (une requête portant sur traite IS true sera exceptionnelle et ramènera l’essentiel de la table : un index est inutile).
Ainsi, on peut souhaiter indexer le type d’événement, mais uniquement pour les événements non traités :
Si on recherche les événements dont le type est « FACTURATION », sans plus de précision, l’index ne peut évidemment pas être utilisé :
En revanche, si la condition sur l’état de l’événement est précisée, l’index sera utilisé :
Sur ce jeu de données, on peut comparer la taille de deux index, partiels ou non :
Un index composé sur (is_traite,type) serait efficace, mais inutilement gros.
Clauses de requête et clause d’index :
Attention.
Attention ! Les clauses de l’index et du
WHEREdoivent être logiquement équivalentes ! (et de préférence identiques)
Par exemple, dans les requêtes précédentes, un critère traite IS FALSE à la place de NOT traite n’utilise pas l’index (en effet, il ne s’agit pas du même critère à cause de NULL : NULL = false renvoie NULL, mais NULL IS false renvoie false).
Par contre, des conditions mathématiquement plus restreintes que l’index permettent son utilisation :
Mais cet index partiel ne sera pas utilisé pour un critère précédant 2015.
De la même manière, si un index partiel contient une liste de valeurs, IN ()ou NOT IN (), il est en principe utilisable :
1.5.2 Index partiels : cas d’usage
- Données chaudes et froides
- Index dédié à une requête avec une condition fixe
Le cas typique d’utilisation d’un index partiel est celui de l’exemple précédent : une application avec des données chaudes, fréquemment accédées et traitées, et des données froides, qui sont plus destinées à de l’historisation ou de l’archivage. Par exemple, un système de vente en ligne aura probablement intérêt à disposer d’index sur les commandes dont l’état est différent de clôturé : en effet, un tel système effectuera probablement des requêtes fréquemment sur les commandes qui sont en cours de traitement, en attente d’expédition, en cours de livraison mais très peu sur des commandes déjà livrées, qui ne serviront alors plus qu’à de l’analyse statistique.
De manière générale, tout système est susceptible de bénéficier des index partiels s’il doit gérer des données à état dont seul un sous-ensemble de ces états est activement exploité par les requêtes à optimiser. Par exemple, toujours sur cette même table, des requêtes visant à faire des statistiques sur les expéditions pourraient tirer parti de cet index :
Nous avons mentionné précédemment qu’un index est destiné à satisfaire une requête ou un ensemble de requêtes. Donc, si une requête présente fréquemment des critères de ce type :
alors il peut être intéressant de créer un index partiel pour les lignes satisfaisant le critère :
Ces critères sont généralement très liés au fonctionnel de l’application : du point de vue de l’exploitation, il est souvent difficile d’identifier des requêtes dont une valeur est toujours fixe. Encore une fois, l’appropriation des techniques d’indexation par l’équipe de développement permet d’améliorer grandement les performances de l’application.
1.5.3 Index partiels : utilisation
- Éviter les index de type :
- Préférer :
En général, un index partiel doit indexer une colonne différente de celle qui est filtrée (et donc connue). Ainsi, dans l’exemple précédent, la colonne indexée (type) n’est pas celle de la clause WHERE. On pose un critère, mais on s’intéresse aux types d’événements ramenés. Un autre index partiel pourrait porter sur id WHERE NOT traite pour simplement récupérer une liste des identifiants non traités de tous types.
L’intérêt est d’obtenir un index très ciblé et compact, et aussi d’économiser la place disque et la charge CPU de maintenance. Il faut tout de même que les index partiels soient notablement plus petits que les index « génériques » (au moins de moitié). Avec des index partiels spécialisés, il est possible de « précalculer » certaines requêtes critiques en intégrant leurs critères de recherche exacts.
1.5.4 Index fonctionnels : principe
- Un index sur
aest inutilisable pour :
- Indexer le résultat de la fonction :
À partir du moment où une clause WHERE applique une fonction sur une colonne, un index sur la colonne ne permet plus un accès à l’enregistrement.
C’est comme demander à un dictionnaire Anglais vers Français : « Quels sont les mots dont la traduction en français est ‘fenêtre’ ? ». Le tri du dictionnaire ne correspond pas à la question posée. Il nous faudrait un index non plus sur les mots anglais, mais sur leur traduction en français.
C’est exactement ce que font les index fonctionnels : ils indexent le résultat d’une fonction appliquée à l’enregistrement.
L’exemple classique est l’indexation insensible à la casse : on crée un index sur UPPER (ou LOWER) de la chaîne à indexer, et on recherche les mots convertis à la casse souhaitée.
1.5.5 Index fonctionnels : conditions
- Critère identique à la fonction dans l’index
- Fonction impérativement
IMMUTABLE!- délicat avec les conversions de dates/heures
- Ne pas espérer d’Index Only Scan
Il est facile de créer involontairement des critères comportant des fonctions, notamment avec des conversions de type ou des manipulations de dates. Il a été vu plus haut qu’il vaut mieux placer la transformation du côté de la constante. Par exemple, la requête suivante retourne toutes les commandes de l’année 2011, mais la fonction extract est appliquée à la colonne date_commande (type date) et l’index est inutilisable.
L’optimiseur ne peut donc pas utiliser un index :
En réécrivant le prédicat, l’index est bien utilisé :
C’est la solution la plus propre.
Mais dans d’autres cas, une telle réécriture de la requête sera impossible ou très délicate. On peut alors créer un index fonctionnel, dont la définition doit être strictement celle du WHERE :
Ceci fonctionne si date_commande est de type date ou timestamp without timezone.
Fonction immutable :
Cependant, n’importe quelle fonction d’indexation n’est pas utilisable, ou pas pour tous les types. La fonction d’indexation doit être notée IMMUTABLE : cette propriété indique à PostgreSQL que la fonction retournera toujours le même résultat quand elle est appelée avec les mêmes arguments.
En d’autres termes : le résultat de la fonction ne doit dépendre :
- ni du contenu de la base (pas de
SELECTdonc) ; - ni de la configuration, ni de l’environnement (variables d’environnement, paramètres de session, fuseau horaire, formatage…) ;
- ni du temps (
now()ouclock_timestamp()sont interdits, et indirectement les calculs d’âge) ; - ni d’une autre fonction non-déterministe (comme
random()) ou plus généralement non immutable.
Sans ces restrictions, l’endroit dans lequel la donnée est insérée dans l’index serait potentiellement différent à chaque exécution, ce qui est évidemment incompatible avec la notion d’indexation.
Fonction immutable pour un index fonctionnel sur l’année :
Pour revenir à l’exemple précédent : pour calculer l’année, on peut aussi imaginer un index avec la fonction to_char, une autre fonction hélas fréquemment utilisée pour les conversions de date. Au moment de la création d’un tel index, PostgreSQL renvoie l’erreur suivante :
En effet, to_char() n’est pas immutable, juste « stable » et cela dans toutes ses variantes :
magasin=# \df+ to_char
Liste des fonctions
... Nom |...résultat| Type de données des paramètres |...|Volatibilité|...
+--------+---------+----------------------------------+-+------------+-
...to_char | text | bigint, text | | stable |...
...to_char | text | double precision, text | | stable |...
...to_char | text | integer, text | | stable |...
...to_char | text | interval, text | | stable |...
...to_char | text | numeric, text | | stable |...
...to_char | text | real, text | | stable |...
...to_char | text | timestamp without time zone, text| | stable |...
...to_char | text | timestamp with time zone, text | | stable |...
(8 lignes)
La raison est que to_char accepte des paramètres de formatage qui dépendent de la session (nom du mois, virgule ou point décimal…). Ce n’est pas une très bonne fonction pour convertir une date ou heure en nombre.
La fonction extract, elle, est bien immutable quand il s’agit de convertir commande.date_commande de date vers une année, comme dans l’exemple plus haut.
De même, extract est immutable avec une entrée de type timestamp without time zone.
Les choses se compliquent si l’on manipule des heures avec fuseau horaire. En effet, il est conseillé de toujours privilégier la variante timestamp with time zone. Cette fois, l’index fonctionnel basé avec extract va poser problème :
En effet la fonction extract n’est pas immutable pour le type timestamp with time zone :
Pour certains timestamps autour du Nouvel An, l’année retournée dépend du fuseau horaire. Le problème se poserait bien sûr aussi si l’on extrayait les jours ou les mois.
Il est possible de « tricher » en figeant le fuseau horaire dans une fonction pour obtenir un type intermédiaire timestamp without time zone, qui ne posera pas de problème :
Ce contournement impose de modifier le critère de la requête. Tant qu’on y est, il peut être plus clair d’enrober l’appel dans une fonction que l’on définira immutable.
Le nom de la fonction est aussi une indication pour les utilisateurs dans d’autres fuseaux.
Certes, on a ici modifié le code de la requête, mais il est parfois possible de contourner ce problème en passant par des vues qui masquent la fonction.
Signalons enfin la fonction date_part : c’est une alternative possible à extract, avec les mêmes soucis et contournement.
À partir de PostgreSQL 16, une autre possibilité existe avec date_trunc car la variante avec timestamp without time zoneest devenue immutable :
Fonction immutable & unaccent :
Il est courant de faire une recherche sur un champ texte « nettoyé », c’est-à-dire débarrassé de ses accents, et généralement converti en minuscule ou majuscules. L’extension unaccent fournie avec PostgreSQL est alors fréquemment utilisée. La fonction du même nom fait un peu plus que supprimer les accents et caractères diacritiques :
Indexer lower (unaccent (nom_champ)) est à première vue impossible car unaccent() est une fonction stable, pas immutable. En effet, elle dépend d’un dictionnaire qui peut être changé par l’utilisateur.
Il est cependant possible de figer le dictionnaire, nommé aussi unaccent, en le fournissant en premier paramètre de la fonction unaccent(). Pour se faciliter la vie, on enrobe tout cela dans une fonction que l’on déclare immutable et que l’on peut indexer :
Noter que le paramètre fixe nettoie ('Ä') a été exécuté avant la planification et donne a dans la requête.
Le fichier unaccent.rules fourni avec PostgreSQL change à chaque version majeure notamment suite aux évolutions d’Unicode.
Attention.
Comme lors de tout changement de comportement de la fonction sous-jacente, l’index doit donc être reconstruit à chaque migration.
change à chaque version majeure
Index Only Scan & index fonctionnel :
Obtenir un Index Only Scan est une optimisation importante pour les requêtes critiques avec peu de champs sur la table.
Attention.
Hélas, en raison d’une limitation du planificateur, les index fonctionnels ne peuvent servir qu’à la sélection de lignes et ne permettent pas d’Index Only Scan.
Par exemple, on aurait pu espérer un Index Only Scan ici :
Il ne faut pas lire le plan trop vite. Un Index Only Scan peut apparaître si le champ paramètre de la fonction est aussi indexé, alors que l’index sur le résultat de la fonction est ignoré. Ci-dessous, l’index sur date_commande est intégralement parcouru :
Comme lors d’un Seq Scan, on a alors un recalcul pour chaque valeur de date_commande, ce qui peut être très consommateur.
Comme solution, il est possible de sacrifier un peu d’espace disque pour une colonne générée stockée et son index. Une colonne générée stockée est mise à jour en même temps que le(s) champ(s) source. Elle s’indexe et s’utilise comme une colonne normale :
L’Index Only Scan apparaît bien ici.
Avec un champ JSON, où la fonction champ->>'attribut' est couramment utilisée, cette astuce peut être très utile.
1.5.6 Index fonctionnels : maintenance
- Ne pas oublier
ANALYZEaprès création d’un index fonctionnel- les statistiques peuvent même être l’intérêt majeur
- La fonction ne doit jamais tomber en erreur
- Si modification de la fonction
- réindexation
Statistiques :
Après la création de l’index fonctionnel, un ANALYZE nom_table est conseillé : en effet, l’optimiseur ne peut utiliser les statistiques déjà connues pour le résultat d’une fonction. Par contre, PostgreSQL peut créer des statistiques sur le résultat de la fonction pour chaque ligne. Ces statistiques seront visibles dans la vue système pg_stats (tablename contient le nom de l’index, et non celui de la table !).
Ces statistiques à jour sont d’ailleurs un des intêrêts de l’index fonctionnel, même si l’index lui-même est superflu. Dans ce cas, on pourra utiliser CREATE STATISTICS sur l’expression pour ne pas avoir à créer et maintenir un index entier.
Avertissements :
Prudence.
La fonction ne doit jamais tomber en erreur ! Il ne faut pas tester l’index qu’avec les données en place, mais aussi avec toutes celles susceptibles de se trouver dans le champ concerné. Sinon, il y aura des refus d’insertion ou de mise à jour. Des
ANALYZEouVACUUMpourraient aussi échouer, avec de gros problèmes sur le long terme.
Prudence.
Si le contenu de la fonction est modifié avec
CREATE OR REPLACE FUNCTION, il faudra impérativement réindexer, car PostgreSQL ne le fera pas automatiquement. Sans cela, les résultats des requêtes différeront selon qu’elles utiliseront ou non l’index !
1.5.7 Index couvrants : principe
Les index couvrants :
- répondent à la clause
WHERE - puis ajoutent toutes les colonnes pour la requête :
- But : obtenir un Index Only Scan
Exemple d’index couvrant
Un index couvrant (covering index) cherche à favoriser le nœud d’accès le plus rapide, l’Index Only Scan : l’index doit contenir non seulement les champs servant de critères de recherche, mais aussi tous les champs résultats. Ainsi, il n’y a plus besoin d’interroger la table.
Pour optimiser la requête suivante, un premier index peut porter sur le critère de recherche type_client, ce qui fonctionnera.
Le nœud Index Scan ne précise pas d’où viennent les 909 blocs lus. En fait, une bonne partie provient de la table (précisons que l’index ne fait que 87 blocs). En effet, PostgreSQL doit aller chercher la valeur de client_id dans la table même. Rappelons que l’index ne contient que la valeur et un identifiant d’emplacement physique.
Si l’on ajoute en dernière colonne de l’index le champ client_id, PostgreSQL n’a en principe plus besoin d’aller chercher la valeur du champ résultat dans la table. Le nombre de blocs lus chute alors drastiquement, ce qui est toujours une bonne chose :
Clause INCLUDE
Un index couvrant peut aussi être déclaré avec la clause INCLUDE pour le même résultat :
L’intérêt principal de la clause INCLUDE est de pouvoir se greffer sur des index uniques ou de clés primaires ou étrangères, pour économiser la création et la maintenance d’un index supplémentaire. Accessoirement, aucun CPU n’est gaspillé à trier les champs du INCLUDE. En pratique, cette clause est peu utilisée.
1.5.8 Index couvrants : limites
- D’abord les critères, puis les champs
- L’index devient souvent trop gros
VACUUMfréquent nécessaire !- Pas tous les types d’index
Taille de l’index
L’index doit commencer par les champs servant à la sélection. Les champs liés au résultat doivent être les derniers, ou dans la clause INCLUDE.
Il faut garder à l’esprit que l’ajout de colonnes à un index (avec ou sans clause INCLUDE) augmente sa taille, et qu’elle peut vite devenir rédhibitoire pour le planificateur. Un index couvrant n’est donc utile qu’avec très peu de colonnes dans le résultat.
Ajouter des champs peut avoir un impact sur les performances des requêtes qui n’utilisent pas les colonnes supplémentaires. Il peut donc être nécessaire d’avoir plusieurs index dont les champs se recouvrent pour répondre efficacement à des requêtes différentes.
La taille des enregistrements avec les colonnes incluses ne doit pas dépasser 2,6 ko : au-delà, les insertions ou mises à jour échouent.
La déduplication de l’index n’est pas active sur les index avec INCLUDE, ce qui a un impact supplémentaire sur la taille de l’index, sur le disque et en cache. Ça n’a pas d’importance si l’index principal contient surtout des valeurs différentes (clé primaire…), mais, s’il y a peu de valeurs différentes, il est dommage de perdre l’intérêt de la déduplication. Le planificateur peut là aussi ignorer un index trop gros.
Index couvrant & VACUUM
Dans les plans ci-dessus, la mention Heap Fetches: 0 indique que le nœud n’a pas eu à aller dans la table vérifier que la ligne trouvée est bien vivante. En effet, les informations de visibilité d’une ligne ne figurent pas dans l’index, mais dans la table. Celle-ci possède une visibility map qui désigne les blocs sans ligne morte, où la vérification est inutile. Elle est mise à jour lors d’un VACUUM.
Sur une table active, les Heap Fetches peuvent devenir nombreux et annihiler l’intérêt de l’Index Only Scan.
Attention.
Un
VACUUMfréquent est donc nécessaire pour garantir que la visibility map de la table est à jour, et pour que les Heap Fetches soient très peu nombreux.
Pour rendre l’autovacuum plus agressif sur une table, consulter le module M5 - VACUUM & autovacuum.
Types d’index pouvant être couvrants
Enfin, les méthodes d’accès aux index doivent inclure le support de cette fonctionnalité. C’est le cas pour le B-tree, le GiST et le SP-GiST.
1.5.9 Classes d’opérateurs
Un index utilise des opérateurs de comparaison
Texte : différentes collations = différents tris… complexes
- Index inutilisable sur :
Solution : opérateur
varchar_pattern_ops:- force le tri caractère par caractère, sans la collation
- Plus généralement :
- nombreux autres opérateurs pour d’autres types d’index
Un opérateur sert à indiquer à PostgreSQL comment il doit manipuler un certain type de données. Il y a beaucoup d’opérateurs par défaut, mais il est parfois possible d’en prendre un autre.
Pour l’indexation, il est notamment possible d’utiliser un jeu « alternatif » d’opérateurs de comparaison.
Le cas d’utilisation le plus fréquent dans PostgreSQL est la comparaison de chaîne LIKE 'chaine%'. L’indexation texte « classique » utilise la collation par défaut de la base (en France, généralement fr_FR.UTF-8 ou en_US.UTF-8) ou la collation de la colonne de la table si elle diffère. Cette collation contient des notions de tri. Les règles sont différentes pour chaque collation. Et ces règles sont complexes.
Par exemple, le ß allemand se place entre ss et t (et ce, même en français). En danois, le tri est très particulier car le å et le aa apparaissent après le z.
Il faut être conscient que cela a une influence sur le résultat d’un filtrage :
Il serait donc très complexe de réécrire le LIKE en un BETWEEN, comme le font habituellement tous les SGBD. Certes, en ASCII, ce critère
peut être réécrit ainsi :
mais un tri linguistique est bien plus complexe. Même si l’index est dans la bonne collation, il n’est alors pas facilement utilisable :
La classe d’opérateurs varchar_pattern_ops sert à changer ce comportement :
Ce nouvel index est alors construit sur la comparaison brute des valeurs octales de tous les caractères qu’elle contient. Il devient alors trivial pour l’optimiseur de faire la réécriture :
Cela convient pour un LIKE 'critère%', car le début est fixe, et l’ordre de tri n’influe pas sur le résultat. (Par contre cela ne permet toujours pas d’indexer LIKE %critère%.) Noter la clause Filter qui filtre en deuxième intention ce qui a pu être trouvé dans l’index.
Il existe quelques autres cas d’utilisation d’opclass alternatives, notamment pour utiliser d’autres types d’index que B-tree. Deux exemples :
- indexation d’un JSON (type
jsonb) par un index GIN :
- indexation de trigrammes de textes avec le module
pg_trgmet des index GiST :
Pour plus de détails à ce sujet, se référer à la section correspondant aux classes d’opérateurs.
Conseil.
Ne mettez pas systématiquement
varchar_pattern_opsdans tous les index de chaînes de caractère. Cet opérateur est adapté auLIKE 'critère%mais ne servira pas pour un tri sur la chaîne (ORDER BY). Selon les requêtes et volumétries, les deux index peuvent être nécessaires.
1.6 Conclusion
- Responsabilité de l’indexation
- Compréhension des mécanismes
- Différents types d’index, différentes stratégies
L’indexation d’une base de données est souvent un sujet qui est traité trop tard dans le cycle de l’application. Lorsque celle-ci est gérée à l’étape du développement, il est possible de bénéficier de l’expérience et de la connaissance des développeurs. La maîtrise de cette compétence est donc idéalement transverse entre le développement et l’exploitation.
Le fonctionnement d’un index B-tree est somme toute assez simple, mais il est important de bien l’appréhender pour comprendre les enjeux d’une bonne stratégie d’indexation.
PostgreSQL fournit aussi d’autres types d’index moins utilisés, mais très précieux dans certaines situations : BRIN, GIN, GiST, etc.
1.7 Quiz
1.8 Installation de PostgreSQL depuis les paquets communautaires
L’installation est détaillée ici pour Rocky Linux 8 et 9 (similaire à Red Hat et à d’autres variantes comme Oracle Linux et Fedora), et Debian/Ubuntu.
Elle ne dure que quelques minutes.
Sur Rocky Linux 8, 9 ou 10
Attention.
ATTENTION : Red Hat, CentOS, Rocky Linux fournissent souvent par défaut des versions de PostgreSQL qui ne sont plus supportées. Ne jamais installer les packages
postgresql,postgresql-clientetpostgresql-server! L’utilisation des dépôts du PGDG est fortement conseillée.
Installation du dépôt communautaire :
Les dépôts de la communauté sont sur https://yum.postgresql.org/. Les commandes qui suivent sont inspirées de celles générées par l’assistant sur https://www.postgresql.org/download/linux/redhat/. Il n’y a guère que les informations de version qui diffèrent en fonction de :
- la version majeure de PostgreSQL (ici la 18) ;
- la distribution (ici Rocky Linux 9) ;
- l’architecture (ici x86_64, la plus courante).
Les commandes sont à lancer sous root :
Installation de PostgreSQL 18 (client, serveur, librairies, extensions) :
Les outils clients et les librairies nécessaires seront automatiquement installés.
Une fonctionnalité avancée optionnelle, le JIT (Just In Time compilation), nécessite un paquet séparé.
Création d’une première instance :
C’est optionnel, mais il est conseillé de déclarer PGSETUP_INITDB_OPTIONS, notamment pour forcer les traces en anglais. Depuis la version 18, les sommes de contrôle sont automatiquement activées.
Ce dernier fichier permet de vérifier que tout s’est bien passé et doit finir par :
Chemins :
| Objet | Chemin |
|---|---|
| Binaires | /usr/pgsql-18/bin |
| Répertoire de l’utilisateur postgres | /var/lib/pgsql |
PGDATA par défaut | /var/lib/pgsql/18/data |
| Fichiers de configuration | dans PGDATA/ |
| Traces | dans PGDATA/log |
Configuration :
Modifier postgresql.conf est facultatif pour un premier lancement.
Commandes d’administration habituelles :
Démarrage, arrêt, statut, rechargement à chaud de la configuration, redémarrage :
Test rapide de bon fonctionnement et connexion à psql :
Démarrage de l’instance au lancement du système d’exploitation :
Ouverture du firewall pour le port 5432 :
Voir si le firewall est actif :
Si c’est le cas, autoriser un accès extérieur :
(Rappelons que listen_addresses doit être également modifié dans postgresql.conf.)
Création d’autres instances :
Si des instances de versions majeures différentes doivent être installées, il faut d’abord installer les binaires pour chacune (adapter le numéro dans dnf install ...) et appeler le script d’installation de chaque version. l’instance par défaut de chaque version vivra dans un sous-répertoire numéroté de /var/lib/pgsql automatiquement créé à l’installation. Il faudra juste modifier les ports dans les postgresql.conf pour que les instances puissent tourner simultanément.
Si plusieurs instances d’une même version majeure (forcément de la même version mineure) doivent cohabiter sur le même serveur, il faut les installer dans des PGDATA différents.
- Ne pas utiliser de tiret dans le nom d’une instance (problèmes potentiels avec systemd).
- Respecter les normes et conventions de l’OS : placer les instances dans un nouveau sous-répertoire de
/var/lib/pgsqsl/18/(ou l’équivalent pour d’autres versions majeures).
Pour créer une seconde instance, nommée par exemple infocentre :
- Création du fichier service de la deuxième instance :
- Modification de ce dernier fichier avec le nouveau chemin :
- Option 1 : création d’une nouvelle instance vierge :
Option 2 : restauration d’une sauvegarde : la procédure dépend de votre outil.
Adaptation de
/var/lib/pgsql/18/infocentre/postgresql.conf(port surtout).Commandes de maintenance de cette instance :
- Ouvrir le nouveau port dans le firewall au besoin.
Sur Debian / Ubuntu
L’installation ne varie quasiment pas selon les versions de Debian et Ubuntu. Ce qui suit a été testé sur Debian 10 à 13 et Ubuntu LTS 22.04 et 24.04.
Sauf précision, tout est à effectuer en tant qu’utilisateur root.
Référence : https://apt.postgresql.org/
Installation du dépôt communautaire :
L’installation des dépôts du PGDG est prévue dans le paquet Debian postgresql-common :
Ce dernier ordre créera le fichier du dépôt /etc/apt/sources.list.d/pgdg.list adapté à la distribution en place.
Installation de PostgreSQL 18 :
La méthode la plus propre consiste à modifier la configuration par défaut avant l’installation :
Dans /etc/postgresql-common/createcluster.conf, paramétrer au moins les traces en anglais. Depuis la version 18, les sommes de contrôle sont automatiquement activées.
Puis installer les paquets serveur et clients et leurs dépendances :
La première instance est automatiquement créée, avec un nom (main par défaut`), déclarée comme service à lancer au démarrage du système, puis démarrée.
L’utilisateur système postgres peut y accéder immédiatement.
Chemins :
| Objet | Chemin |
|---|---|
| Binaires | /usr/lib/postgresql/18/bin/ |
| Répertoire de l’utilisateur postgres | /var/lib/postgresql |
| PGDATA de l’instance par défaut | /var/lib/postgresql/18/main |
| Fichiers de configuration | dans /etc/postgresql/18/main/ |
| Traces | dans /var/log/postgresql/ |
Configuration
Modifier postgresql.conf est facultatif pour un premier essai.
Démarrage/arrêt de l’instance, rechargement de configuration :
Debian fournit ses propres outils, qui demandent en paramètre la version et le nom de l’instance :
Démarrage de l’instance avec le serveur :
C’est en place par défaut, et modifiable dans /etc/postgresql/18/main/start.conf.
Ouverture du firewall :
Debian et Ubuntu n’installent pas de firewall par défaut.
Statut des instances du serveur :
Test rapide de bon fonctionnement et connexion à psql :
Destruction d’une instance :
Création d’autres instances :
Ce qui suit est valable pour remplacer l’instance par défaut par une autre, par exemple pour activer les sommes de contrôles (checksums) avant la version v18 :
- optionnellement,
/etc/postgresql-common/createcluster.confpermet de mettre en place tout d’entrée les messages en anglais, le format des traces, l’emplacement séparé pour les journaux ou les checksums pour une version inférieure à 18 :
- créer une instance :
Il est également possible de préciser certains paramètres du fichier postgresql.conf, voire les chemins des fichiers (il est conseillé de conserver les chemins par défaut) :
adapter au besoin
/etc/postgresql/18/infocentre/postgresql.conf;démarrage :
Accès à l’instance depuis le serveur même (toutes distributions)
Par défaut, l’instance n’est accessible que par l’utilisateur système postgres, qui n’a pas de mot de passe. Un détour par sudo est nécessaire :
Ce qui suit permet la connexion directement depuis un utilisateur du système :
Pour des tests (pas en production !), il suffit de passer à trust le type de la connexion en local dans le pg_hba.conf :
La connexion en tant qu’utilisateur postgres (ou tout autre) n’est alors plus sécurisée :
Une authentification par mot de passe est plus sécurisée :
- dans
pg_hba.conf, paramétrer une authentification par mot de passe pour les accès depuislocalhost(déjà en place sous Debian) :
(Ne pas oublier de recharger la configuration en cas de modification.)
- ajouter un mot de passe à l’utilisateur
postgresde l’instance :
- Pour se connecter sans taper le mot de passe à une instance, un fichier
.pgpassdans le répertoire personnel doit contenir les informations sur cette connexion :
Ce fichier doit être protégé des autres utilisateurs :
- Pour n’avoir à taper que
psql, on peut définir ces variables d’environnement dans la session voire dans~/.bashrc:
Rappels :
- en cas de problème, consulter les traces (dans
/var/lib/pgsql/18/data/logou/var/log/postgresql/) ; - toute modification de
pg_hba.confoupostgresql.confimpliquant de recharger la configuration peut être réalisée par une de ces trois méthodes en fonction du système :
1.9 Travaux pratiques
Les corrigés détaillés sont disponibles dans la section Travaux pratiques (solutions).
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/j4_solutions.
Tous les TP se basent sur la configuration par défaut de PostgreSQL, sauf précision contraire.
Cette série de question utilise la base magasin. Si vous ne l’avez pas déjà, la base magasin (dump de 96 Mo, pour 667 Mo sur le disque au final) peut être téléchargée et restaurée comme suit dans une nouvelle base magasin :
Les données sont dans deux schémas, magasin et facturation. Penser au search_path.
Pour ce TP, figer les paramètres suivants :
1.9.1 Index « simples »
But : Mettre en avant un cas d’usage d’un index « simple »
Considérons le cas d’usage d’une recherche de commandes par date. Le besoin fonctionnel est le suivant : renvoyer l’intégralité des commandes passées au mois de janvier 2014.
Créer la requête affichant l’intégralité des commandes passées au mois de janvier 2014.
Afficher le plan de la requête , en utilisant
EXPLAIN (ANALYZE, BUFFERS). Que constate-t-on ?
Nous souhaitons désormais afficher les résultats à l’utilisateur par ordre de date croissante.
Réécrire la requête par ordre de date croissante. Afficher de nouveau son plan. Que constate-t-on ?
Maintenant, nous allons essayer d’optimiser ces deux requêtes.
Créer un index permettant de répondre à ces requêtes.
Afficher de nouveau le plan des deux requêtes. Que constate-t-on ?
Maintenant, étudions l’impact des index pour une opération de jointure. Le besoin fonctionnel est désormais de lister toutes les commandes associées à un client (admettons, dont le client_id vaut 3), avec les informations du client lui-même.
Écrire la requête affichant
commandes.numero_commandeetclients.type_clientpourclient_id = 3. Afficher son plan. Que constate-t-on ?
Créer un index pour accélérer cette requête.
Afficher de nouveau son plan. Que constate-t-on ?
1.9.2 Sélectivité
But : Comprendre la sélectivité des index.
Écrire une requête renvoyant l’intégralité des clients qui sont du type entreprise (‘E’), une autre pour l’intégralité des clients qui sont du type particulier (‘P’).
Ajouter un index sur la colonne
type_client, et rejouer les requêtes précédentes.
Afficher leurs plans d’exécution. Que se passe-t-il ? Pourquoi ?
1.9.3 Index partiels
But : Mettre en avant un cas d’usage d’un index partiel
Sur la base fournie pour les TPs, les lots non livrés sont constamment requêtés. Notamment, un système d’alerte est mis en place afin d’assurer un suivi qualité sur les lots expédié depuis plus de 3 jours (selon la date d’expédition), mais non réceptionné (date de réception à NULL).
Écrire la requête correspondant à ce besoin fonctionnel (il est normal qu’elle ne retourne rien).
Afficher le plan d’exécution.
Quel index partiel peut-on créer pour optimiser ?
Afficher le nouveau plan d’exécution et vérifier l’utilisation du nouvel index.
1.9.4 Index fonctionnels
But : Cas d’usage d’un index fonctionnel
Pour répondre aux exigences de stockage, l’application a besoin de pouvoir trouver rapidement les produits dont le volume est compris entre certaines bornes (nous négligeons ici le facteur de forme, qui est problématique dans le cadre d’un véritable stockage en entrepôt !).
Écrire une requête permettant de renvoyer l’ensemble des produits (table
magasin.produits) dont le volume ne dépasse pas 1 litre (les unités de longueur sont en mm, 1 litre = 1 000 000 mm3).
Quel index permet d’optimiser cette requête ? (Utiliser une fonction est possible, mais pas obligatoire.)
1.9.5 Cas d’index non utilisés
But : Mettre en avant des cas d’index inutilisés
Un développeur cherche à récupérer les commandes dont le numéro d’expédition est 190774 avec cette requête :
Afficher le plan de la requête.
Créer un index pour améliorer son exécution.
L’index est-il utilisé ? Quel est le problème ?
Écrire une requête pour obtenir les commandes dont la quantité est comprise entre 1 et 8 produits.
Créer un index pour améliorer l’exécution de cette requête.
Pourquoi celui-ci n’est-il pas utilisé ? (Conseil : regarder la vue
pg_stats)
Faire le test avec les commandes dont la quantité est comprise entre 1 et 4 produits.
1.10 Travaux pratiques (solutions)
Tout d’abord, nous positionnons le search_path pour chercher les objets des schémas magasin et facturation :
Index « simples »
Considérons le cas d’usage d’une recherche de commandes par date. Le besoin fonctionnel est le suivant : renvoyer l’intégralité des commandes passées au mois de janvier 2014.
Créer la requête affichant l’intégralité des commandes passées au mois de janvier 2014.
Pour renvoyer l’ensemble de ces produits, la requête est très simple :
Afficher le plan de la requête , en utilisant
EXPLAIN (ANALYZE, BUFFERS). Que constate-t-on ?
Le plan de celle-ci est le suivant :
Réécrire la requête par ordre de date croissante. Afficher de nouveau son plan. Que constate-t-on ?
Ajoutons la clause ORDER BY :
On constate ici que lors du parcours séquentiel, 980 854 lignes ont été lues, puis écartées car ne correspondant pas au prédicat, nous laissant ainsi avec un total de 19 146 lignes. Les valeurs précises peuvent changer, les données étant générées aléatoirement. De plus, le tri a été réalisé en mémoire. On constate de plus que 10 200 blocs ont été parcourus, ici depuis le cache, mais ils auraient pu l’être depuis le disque.
Créer un index permettant de répondre à ces requêtes.
Création de l’index :
Afficher de nouveau le plan des deux requêtes. Que constate-t-on ?
Le temps d’exécution a été réduit considérablement : la requête est 7 fois plus rapide. On constate notamment que seuls 221 blocs ont été parcourus.
Pour la requête avec la clause ORDER BY, nous obtenons le plan d’exécution suivant :
Celui-ci est identique ! En effet, l’index permettant un parcours trié, l’opération de tri est ici « gratuite ».
Écrire la requête affichant
commandes.numero_commandeetclients.type_clientpourclient_id = 3. Afficher son plan. Que constate-t-on ?
Créer un index pour accélérer cette requête.
Afficher de nouveau son plan. Que constate-t-on ?
On constate ici un temps d’exécution divisé par 400 : en effet, on ne lit plus que 13 blocs pour la commande (3 pour l’index, 10 pour les données) au lieu de 10 200.
Sélectivité
Écrire une requête renvoyant l’intégralité des clients qui sont du type entreprise (‘E’), une autre pour l’intégralité des clients qui sont du type particulier (‘P’).
Les requêtes :
Ajouter un index sur la colonne
type_client, et rejouer les requêtes précédentes.
Pour créer l’index :
Afficher leurs plans d’exécution. Que se passe-t-il ? Pourquoi ?
Les plans d’éxécution :
L’optimiseur sait estimer, à partir des statistiques (consultables via la vue pg_stats), qu’il y a approximativement 89 000 clients particuliers, contre 8 000 clients entreprise.
Dans le premier cas, la majorité de la table sera parcourue, et renvoyée : il n’y a aucun intérêt à utiliser l’index.
Dans l’autre, le nombre de lignes étant plus faible, l’index est bel et bien utilisé (via un Bitmap Scan, ici).
Index partiels
Sur la base fournie pour les TPs, les lots non livrés sont constamment requêtés. Notamment, un système d’alerte est mis en place afin d’assurer un suivi qualité sur les lots expédié depuis plus de 3 jours (selon la date d’expédition), mais non réceptionné (date de réception à NULL).
Écrire la requête correspondant à ce besoin fonctionnel (il est normal qu’elle ne retourne rien).
La requête est la suivante :
Afficher le plan d’exécution.
Le plans (ci-dessous avec ANALYZE) opère un Seq Scan parallélisé, lit et rejette toutes les lignes, ce qui est évidemment lourd :
Quel index partiel peut-on créer pour optimiser ?
On peut optimiser ces requêtes sur les critères de recherche à l’aide des index partiels suivants :
Afficher le nouveau plan d’exécution et vérifier l’utilisation du nouvel index.
Il est intéressant de noter que seul le test sur la condition indexée (date_expedition) est présent dans le plan : la condition date_reception IS NULL est implicitement validée par l’index partiel.
Attention, il peut être tentant d’utiliser une formulation de la sorte pour ces requêtes :
D’un point de vue logique, c’est la même chose, mais l’optimiseur n’est pas capable de réécrire cette requête correctement. Ici, le nouvel index sera tout de même utilisé, le volume de lignes satisfaisant au critère étant très faible, mais il ne sera pas utilisé pour filtrer sur la date :
La ligne importante et différente ici concerne le Filter en lieu et place du Index Cond du plan précédent. Ici tout l’index partiel (certes tout petit) est lu intégralement et les lignes testées une à une.
C’est une autre illustration des points vus précédemment sur les index non utilisés.
Index fonctionnel
Ce TP utilise la base magasin.
Écrire une requête permettant de renvoyer l’ensemble des produits (table
magasin.produits) dont le volume ne dépasse pas 1 litre (les unités de longueur sont en mm, 1 litre = 1 000 000 mm3).
Concernant le volume des produits, la requête est assez simple :
Quel index permet d’optimiser cette requête ? (Utiliser une fonction est possible, mais pas obligatoire.)
L’option la plus simple est de créer l’index de cette façon, sans avoir besoin d’une fonction :
En général, il est plus propre de créer une fonction. On peut passer la ligne entière en paramètre pour éviter de fournir 3 paramètres. Il faut que cette fonction soit IMMUTABLE pour être indexable :
(Elle est même PARALLEL SAFE pour la même raison qu’elle est IMMUTABLE : elle dépend uniquement des données de la table.)
On peut ensuite indexer le résultat de cette fonction :
Il est ensuite possible d’écrire la requête de plusieurs manières, la fonction étant ici écrite en SQL et non en PL/pgSQL ou autre langage procédural :
En effet, l’optimiseur est capable de « regarder » à l’intérieur de la fonction SQL pour déterminer que les clauses sont les mêmes, ce qui n’est pas vrai pour les autres langages.
En revanche, la requête suivante, où la multiplication est faite dans un ordre différent, n’utilise pas l’index :
et c’est notamment pour cette raison qu’il est plus propre d’utiliser la fonction.
De part l’origine « relationnel-objet » de PostgreSQL, on peut même écrire la requête de la manière suivante :
Cas d’index non utilisés
Afficher le plan de la requête.
Le moteur fait un parcours séquentiel et retire la plupart des enregistrements pour n’en conserver que 6.
Créer un index pour améliorer son exécution.
L’index est-il utilisé ? Quel est le problème ?
L’index n’est pas utilisé à cause de la conversion bigint vers numeric. Il est important d’utiliser les bons types :
Sans conversion la requête est bien plus rapide. Faites également le test sans index, le Seq Scan sera également plus rapide, le moteur n’ayant pas à convertir toutes les lignes parcourues.
Écrire une requête pour obtenir les commandes dont la quantité est comprise entre 1 et 8 produits.
Créer un index pour améliorer l’exécution de cette requête.
Pourquoi celui-ci n’est-il pas utilisé ? (Conseil : regarder la vue
pg_stats)
La table pg_stats nous donne des informations de statistiques. Par exemple, pour la répartition des valeurs pour la colonne quantite:
Ces quelques lignes nous indiquent qu’il y a 10 valeurs distinctes et qu’il y a environ 10 % d’enregistrements correspondant à chaque valeur.
Avec le prédicat quantite BETWEEN 1 and 8, le moteur estime récupérer environ 80 % de la table. Il est donc bien plus coûteux de lire l’index et la table pour récupérer 80 % de la table. C’est pourquoi le moteur fait un Seq Scan qui moins coûteux.
Faire le test avec les commandes dont la quantité est comprise entre 1 et 4 produits.
Cette fois, la sélectivité est différente et le nombre d’enregistrements moins élevé. Le moteur passe donc par un parcours d’index.
Cet exemple montre qu’on indexe selon une requête et non selon une table.
Source : manuel complet PDF, révision 26.09, pages PDF 13-84. Les énoncés de TP et les solutions proviennent de la version complète.
2 Indexation avancée
2/ Indexation avancée
Ce chapitre reprend l’intégralité des pages PDF 85-142 du manuel complet PERF2, y compris les énoncés de travaux pratiques et les solutions. Les rappels du chapitre 1 sont accessibles dans Fonctionnement d’un index.

2.1 Index Avancés
De nombreuses fonctionnalités d’indexation sont disponibles dans PostgreSQL :
- Index B-tree
- multicolonnes
- fonctionnels
- partiels
- couvrants
- Classes d’opérateurs
- Indexation GIN, GiST, BRIN, hash, bloom
- Indexation de motifs
- Indexation multicolonnes
PostgreSQL fournit de nombreux types d’index, afin de répondre à des problématiques de recherches complexes.
2.2 Index B-tree (rappels)
Index B-tree fonctionnel, multicolonnes, partiel, couvrant :
- requête cible :
- index dédié :
- Rappel : un index est coûteux à maintenir !
Rappelons que l’index classique est créé comme ceci :
B-tree (en arbre équilibré) est le type d’index le plus fréquemment utilisé.
Toutes les fonctionnalités vues précédemment peuvent être utilisées simultanément.
Il est parfois tentant de créer des index très spécialisés pour des requêtes, comme dans l’exemple ci-dessus, et c’est possible pour des requêtes vraiment critiques. Mais il ne faut surtout pas perdre de vue qu’un index est une structure lourde à mettre à jour, comparativement à une table. Une table avec un seul index est environ 3 fois plus lente qu’une table nue, et chaque index ajoute le même surcoût. Il est donc souvent plus judicieux d’avoir des index pouvant répondre à plusieurs requêtes différentes, et de ne pas trop les spécialiser. Il faut trouver un juste compromis entre le gain à la lecture et le surcoût à la mise à jour. Une base de BI contiendra généralement beaucoup plus d’index qu’une base opérationnelle.
2.3 Index GIN
Un autre type d’index
- Définition
- Utilisation avec des données non structurées
- Utilisation avec des données scalaires
- Création
- Mise à jour
Les index B-tree sont les plus utilisés, mais PostgreSQL propose d’autres types d’index. Le type GIN est l’un des plus connus.
2.3.1 GIN : définition & données non structurées

GIN : Generalized Inverted iNdex
- Index inversé généralisé
- les champs sont décomposés en éléments (par API)
- l’index associe une valeur à la liste de ses adresses
- Pour chaque entrée du tableau
- liste d’adresses où le trouver
- Utilisation principale : données non scalaires
- tableaux, listes, non structurées…
Un index inversé est une structure classique, utilisée le plus souvent dans l’indexation Full Text. Le principe est de décomposer un document en sous-structures, et ce sont ces éléments qui seront indexées. Par exemple, un document sera décomposé en la liste de ses mots, et chaque mot sera une clé de l’index. Cette clé fournira la liste des documents contenant ce mot. C’est l’inverse d’un index B-tree classique, qui va lister chacune des occurrences d’une valeur et y associer sa localisation.
Par analogie : dans un livre de cuisine, un index classique permettrait de chercher « Crêpes au caramel à l’armagnac » et « Sauce caramel et beurre salé », alors qu’un index GIN contiendrait « caramel », « crêpes », « armagnac », « sauce », « beurre »…
Pour plus de détails sur la structure elle-même, cet article Wikipédia est une lecture conseillée.
Dans l’implémentation de PostgreSQL, un index GIN est construit autour d’un index B-tree des éléments indexés, et à chacun est associé soit une simple liste de pointeurs vers la table (posting list) pour les petites listes, soit un pointeur vers un arbre B-tree contenant ces pointeurs (posting tree). La pending list est une optimisation des écritures (voir plus bas).
Les index GIN de PostgreSQL sont « généralisés », car ils sont capables d’indexer n’importe quel type de données, à partir du moment où on leur fournit les différentes fonctions d’API permettant le découpage et le stockage des différents items composant la donnée à indexer. En pratique, ce sont les opérateurs indiqués à la création de l’index, parfois implicites, qui contiendront la logique nécessaire.
Les index GIN sont des structures lentes à la mise à jour. Par contre, elles sont extrêmement efficaces pour les interrogations multicritères, ce qui les rend très appropriées pour l’indexation Full Text, des champs jsonb…
2.3.2 GIN et les tableaux
Quels tableaux contiennent une valeur donnée ?
- Opérateurs :
@>,<@,=,&&,?,?|,?&
- Champs concaténés : transformer en tableaux
GIN et champ structuré :
Comme premier exemple d’indexation d’un champ structuré, prenons une table listant des voitures, dont un champ caracteristiques contient une liste d’attributs séparés par des virgules. Ceci ne respecte bien entendu pas la première forme normale.
Cette liste peut être transformée facilement en tableau avec regexp_split_to_array. Des opérateurs de manipulation peuvent alors être utilisés, comme : @> (contient), <@ (contenu par), && (a des éléments en communs). Par exemple, pour chercher les voitures possédant deux caractéristiques données, la requête est :
avec ce plan :
Pour accélérer la recherche, le tableau de textes peut être directement indexé avec un index GIN, ici un index fonctionnel :
On ne précise pas d’opérateur, celui par défaut pour les tableaux convient.
Le plan devient :
GIN et tableau :
GIN supporte nativement les tableaux des types scalaires (int, float, text, date…) :
Un index B-tree classique permet de rechercher un tableau identique à un autre, mais pas de chercher un tableau qui contient une valeur scalaire à l’intérieur du tableau :
L’indexation GIN permet de chercher des valeurs figurant à l’intérieur des champs indexés :
pour un résultat beaucoup plus efficace :
2.3.3 GIN pour les JSON et les textes
- JSON :
- opérateur
jsonb_path_opsoujsonb_ops
- opérateur
- Indexation de trigrammes
- extensions
pg_trgm(opérateur dédiégin_trgm_ops)
- extensions
- Recherche Full Text
- indexe les vecteurs
Le principe est le même pour des JSON, s’ils sont bien stockés dans un champ de type jsonb. Les recherches de l’existence d’une clé à la racine du document ou tableau JSON sont réalisées avec les opérateurs ?, ?| et ?&.
Les recherches sur la présence d’une valeur dans un document JSON avec les opérateurs @>, @? ou @@ peuvent être réalisées avec la classe d’opérateur par défaut (json_ops), mais aussi la classe d’opérateur jsonb_path_ops, donc au choix :
La classe jsonb_path_ops est plus performante pour ce genre de recherche et génère des index plus compacts lorsque les clés apparaissent fréquemment dans les données. Par contre, elle ne permet pas d’effectuer efficacement des recherches de structure JSON vide du type : { "a" : {} }. Dans ce dernier cas, PostgreSQL devra faire, au mieux, un parcours de l’index complet, au pire un parcours séquentiel de la table. Le choix de la meilleure classe pour l’index dépend fortement de la typologie des données.
La documentation officielle entre plus dans le détail.
L’extension pg_trgm utilise aussi les index GIN, pour permettre des recherches de type :
L’extension fournit un opérateur dédié pour l’indexation (voir plus loin).
La recherche Full Text est généralement couplée à un index GIN pour indexer les tsvector (voir le module S80).
2.3.4 GIN & données scalaires
- Données scalaires aussi possibles
- avec l’extension
btree_gin
- avec l’extension
- GIN compresse quand les données se répètent
- alternative à bitmap !
Grâce à l’extension btree_gin, fournie avec PostgreSQL, l’indexation GIN peut aussi s’appliquer aux scalaires. Il est ainsi possible d’indexer un ensemble de colonnes, par exemple d’entiers ou de textes (voir exemple plus loin). Cela peut servir dans les cas où une requête multicritères peut porter sur de nombreux champs différents, dont aucun n’est obligatoire. Un index B-tree est là moins adapté, voire inutilisable.
Un autre cas d’utilisation traditionnel est celui des index dits bitmap. Les index bitmap sont très compacts, mais ne permettent d’indexer que peu de valeurs différentes. Un index bitmap est une structure utilisant 1 bit par enregistrement pour chaque valeur indexable. Par exemple, on peut définir un index bitmap sur le sexe : deux valeurs seulement (voire quatre si on autorise NULL ou non-binaire) sont possibles. Indexer un enregistrement nécessitera donc un ou deux bits. Le défaut des index bitmap est que l’ajout de nouvelles valeurs est très peu performant car l’index nécessite d’importantes réécritures à chaque ajout. De plus, l’ajout de données provoque une dégradation des performances puisque la taille par enregistrement devient bien plus grosse.
Les index GIN permettent un fonctionnement sensiblement équivalent au bitmap : chaque valeur indexable contient la liste des enregistrements répondant au critère, et cette liste a l’intérêt d’être compressée. Par exemple, sur une base créée avec pgbench, de taille 100, avec les options par défaut :
Dans ce cas précis qui renvoie de nombreuses lignes, l’utilisation du GIN est même aussi efficace que le B-tree ci-dessous, car l’index GIN est mieux compressé et a besoin de lire moins de blocs :
L’index GIN est en effet environ 5 fois plus compact que le B-tree dans cet exemple simple, avec 100 valeurs distinctes de bid :
Ce ne serait pas le cas avec des valeurs toutes différentes. (Avant la version 13, la différence de taille était encore plus importante car les index B-tree ne disposaient pas encore de la déduplication des clés.)
Avant de déployer un index GIN, il faut vérifier l’impact du GIN sur les performances en insertions et mises à jour et l’impact sur les requêtes.
2.3.5 GIN : création et mise à jour
- Création lourde
maintenance_work_memélevé- mais parallélisation possible (v18+)
- Mise à jour lente
- d’où l’option
fastupdate - … à désactiver si temps de réponse instable !
- d’où l’option
Les index GIN sont lourds à créer et à mettre à jour. Une valeur élevée de maintenance_work_mem est conseillée.
À partir de PostgreSQL 18, la création d’un index GIN peut être parallélisée. Comme cet index est intéressant surtout sur de grosses tables, la durée est sérieusement réduite. Le nombre de processus parallèles est réglé par max_parallel_maintenance_workers. Dans les versions précédentes, un seul processeur est malheureusement utilisable lors de la création.
L’option fastupdate permet une mise à jour bien plus rapide. Elle est activée par défaut. PostgreSQL stocke alors les mises à jour de l’index dans une pending list qui est intégrée en bloc, notamment lors d’un VACUUM. Sa taille peut être modifiée par le paramètre gin_pending_list_limit, par défaut à 4 Mo, et au besoin surchargeable sur chaque index.
L’inconvénient de cette technique est que le temps de réponse de l’index devient instable : certaines recherches peuvent être très rapides et d’autres très lentes. Le seul moyen d’accélérer ces recherches est de désactiver fastupdate. Cela permet en plus d’éviter la double écriture dans les journaux de transactions. Mais il y a un impact : les mises à jour de l’index sont bien plus lentes.
Il faut donc faire un choix. Si l’on conserve l’option fastupdate, il faut surveiller la fréquence de passage de l’autovacuum. L’appel manuel à la fonction gin_clean_pending_list() est une autre option.
Pour les détails, voir la documentation.
2.4 Index GiST
GiST : Generalized Search Tree
- Arbre de recherche généralisé
- Indexation non plus des valeurs mais de la véracité de prédicats
- Moins performants que B-tree (moins sélectifs)
- Moins lourds que GIN
Initialement, les index GiST sont un produit de la recherche de l’université de Berkeley. L’idée fondamentale est de pouvoir indexer non plus les valeurs dans l’arbre B-tree, mais plutôt la véracité d’un prédicat : « ce prédicat est vrai sur telle sous-branche ». On dispose donc d’une API permettant au type de données d’informer le moteur GiST d’informations comme : « quel est le résultat de la fusion de tel et tel prédicat » (pour pouvoir déterminer le prédicat du nœud parent), quel est le surcoût d’ajout de tel prédicat dans telle ou telle partie de l’arbre, comment réaliser un split (découpage) d’une page d’index, déterminer la distance entre deux prédicats, etc.
Tout ceci est très virtuel, et rarement re-développé par les utilisateurs. Par contre, certaines extensions et outils intégrés utilisent ce mécanisme.
Il faut retenir qu’un index GiST est moins performant qu’un B-tree si ce dernier est possible.
L’utilisation se recoupant en partie avec les index GIN, il faut noter que :
- les index GiST ont moins tendance à se fragmenter que les GIN, même si cela dépend énormément du type de mises à jour ;
- les index GiST sont moins lourds à maintenir ;
- mais généralement moins performants.
2.4.1 GiST : cas d’usage
Le GiST indexe à peu près n’importe quoi
- géométries (PostGIS)
- intervalles, adresses IP, FTS…
D’autres usages recouvrent en partie ceux de GIN.
Un index GiST permet d’indexer n’importe quoi, quelle que soit la dimension, le type, tant qu’on peut utiliser des prédicats sur ce type.
Il est disponible pour les types natifs suivants :
- géométriques (
box,circle,point,poly) : le projet PostGIS utilise les index GiST massivement, pour répondre efficacement à des questions complexes telles que « quelles sont les routes qui coupent le Rhône ? », « quelles sont les villes adjacentes à Toulouse ? », « quels sont les restaurants situés à moins de 3 km de la Nationale 12 ? » ; range(d’int, detimestamp…) ;- adresses IP/CIDR.
- Full Text Search.
Une partie des cas d’utilisation des index GiST recouvre ceux des index GIN. Nous verrons que les index GiST sont notamment utilisés par :
- les contraintes d’exclusion ;
- les recherches multicolonnes ;
- l’extension
pg_trgm(dans ce cas, GiST est moins efficace que GIN pour la recherche exacte, mais permet de rapidement trouver les N enregistrements les plus proches d’une chaîne donnée, sans tri, et est plus compact).
2.4.2 GiST et KNN
KNN = K-Nearest neighbours (K-plus proches voisins)
- c’est-à-dire :
Très utile pour la recherche de mots ressemblants, géographique
- Exemple :
Les index GiST et SP-GiST supportent les requêtes de type K-plus proche voisins, et permettent donc de répondre extrêmement rapidement à des requêtes telles que :
- quels sont les dix restaurants les plus proches d’un point particulier ?
- quels sont les 5 mots ressemblant le plus à « éphélant » ? afin de proposer des corrections à un utilisateur ayant commis une faute de frappe (par exemple).
Une convention veut que l’opérateur distance soit généralement nommé « <-> », mais rien n’impose ce choix.
On peut prendre l’exemple d’indexation ci-dessus, avec le type natif point :
Pour trouver les 4 points les plus proches du point ayant pour coordonnées (18,36), on peut utiliser la requête suivante :
Cette requête utilise bien l’index GiST créé plus haut :
2.4.3 GiST et contraintes d’exclusion
Contrainte d’exclusion : une extension du concept d’unicité
Contrainte d’exclusion :
n-uplet1 op n-uplet2interdit dans une tableopest n’importe quel opérateur indexable par GiST
Exemple 1 : recouvrements géométriques
Exemple 2 : réservations de salles
- (v18) préférer les clés temporelles
Une contrainte UNIQUE avec un index B-tree permet de s’assurer qu’il n’existe pas de valeur strictement identique. Elle ne permet pas d’interdire le chevauchement (même partiel) d’enregistrements de type intervalle, ou géométrique.
Une contrainte d’exclusion s’apparente à une contrainte d’unicité, mais pour des intervalles de valeurs. Le principe est d’identifier les chevauchements entre deux lignes pour prévenir l’insertion d’un doublon sur un intervalle commun.
Une contrainte d’exclusion s’appuie sur des index de type GiST ou SP-Gist, et surtout des opérateurs autres que l’égalité, ce qui permet de couvrir des cas que les contraintes d’unicité habituelles ne savent pas traiter.
L’exemple suivante implémente la contrainte que deux objets de type circle (cercle) ne se chevauchent pas. Or ce type ne s’indexe qu’avec du GiST, et il faut utiliser l’opérateur de recouvrement && :
Il n’est pas possible de créer ainsi une vraie clé unique, primaire ou étrangère sur une contrainte d’exclusion
Les versions de PostgreSQL antérieures à la 18 ne supportent pas encore les clés temporelles (voir plus bas). Les contraintes d’exclusion permettent de répondre au besoin. Dans la table suivante, deux lignes ne pourront exister avec la même salle et deux périodes de temps qui se chevauchent :
L’extension btree_gist permet d’utiliser l’opérateur = avec un index GiST, ce qui nous permet d’utiliser = dans une contrainte d’exclusion.
Il est quasiment impossible d’obtenir la même fonctionnalité sans contrainte d’exclusion, à part en verrouillant intégralement la table, ou en utilisant le mode d’isolation serializable, qui a des implications plus profondes sur le fonctionnement de l’application.
Enfin, précisons que les contraintes d’exclusion supportent toutes les fonctionnalités avancées que l’on est en droit d’attendre d’un système comme PostgreSQL : mode différé (deferred), application de la contrainte à un sous-ensemble de la table (permet une clause WHERE), ou utilisation de fonctions/expressions en place de références de colonnes.
2.4.4 GiST et clés temporelles
- Éviter le chevauchement d’intervalles (
range)
- Performances : extension
btree_gist - Avant PG18 : utiliser les clauses d’exclusion
Les clés temporelles apparues avec PostgreSQL 18 permettent d’éviter que des intervalles de temps se chevauchent. Ce souci est assez courant dans les réservations de ressources ou pour gestions de dates de validité de lignes.
Un index de type GiST est obligatoire, et nécessite l’extension btree_gist, livrée avec PostgreSQL :
Dans l’exemple suivant, la période est gérée dans un type intervalle avec des bornes de type timestamp with time zone.
Pour une même salle, les réservations ne doivent pas se recouvrir. Une clé primaire peut donc porter sur la salle et la période :
Si l’on a besoin d’une clé primaire technique, une clé unique, et non primaire, fonctionne de la même manière.
Des réservations successives dans les deux salles s’insèrent ainsi :
Cette réservation empiète par contre sur la deuxième réservation et provoque donc une erreur :
Une clé unique ou primaire permet de créer une clé étrangère pointant dessus. Cette table gère les inscriptions des élèves aux cours. Ceux-ci ne peuvent s’inscrire que pendant les périodes qui existent, ou une fraction du cours, et pas assister à plusieurs cours en même temps. Noter le mot-clé PERIOD nécessaire dans la définition.
Deux inscriptions au même cours réussissent :
Le cours doit exister dans la bonne période :
Deux inscriptions simultanées de la même personne échouent, y compris pour une période légèrement différente :
Des périodes de taille inférieure comprises dans celles de la clé sont possibles, pour une absence en milieu de période par exemple :
Pour gérer ce dernier cas avec plusieurs intervalles disjoints, on pourrait même utiliser des types multirange. Une clé temporelle fonctionne aussi avec eux. Pour cela, remplacer tstzrange par tstzmultirange dans les deux tables, et utiliser une syntaxe comme :
Les index créés automatiquement sur les tables sont ceux-ci :
2.5 GIN, GiST & pg_trgm
Indexation des recherches
LIKE '%critère%'Similarité basée sur des trigrammes
- Indexation (GIN ou GiST) :
Ce module permet de décomposer en trigramme les chaînes qui lui sont proposées :
Une fois les trigrammes indexés, on peut réaliser de la recherche floue, ou utiliser des clauses LIKE malgré la présence de jokers (%) n’importe où dans la chaîne. À l’inverse, les indexations simples, de type B-tree, ne permettent des recherches efficaces que dans un cas particulier : si le seul joker de la chaîne est à la fin de celle ci (LIKE 'hello%' par exemple). Contrairement à la Full Text Search, la recherche par trigrammes ne réclame aucune modification des requêtes.
Cette dernière requête passe par l’index test_trgm_idx, malgré le % initial :
On peut aussi utiliser un index GIN (comme pour le Full Text Search). Les index GIN ont l’avantage d’être plus efficaces pour les recherches exhaustives. Mais l’indexation pour la recherche des k éléments les plus proches (on parle de recherche k-NN) n’est disponible qu’avec les index GiST .
nous retourne par exemple les deux enregistrements les plus proches de « hello » dans la table test_trgm.
2.6 Indexation multicolonnes : GIN, GiST & bloom
- Multicolonnes dans n’importe quel ordre
- GIN ou GiST
- extensions
btree_gistoubtree_gin
- extensions
- Ou bloom ?
- Sous-index logiques ? (v18)
- Quel est le meilleur ?
- ça dépend…
GiST comme GIN sont intéressants si on a besoin d’indexer plusieurs colonnes, sans trop savoir quelles colonnes seront interrogées.
Pour indexer des scalaires, il faut utiliser les extensions btree_gist ou btree_gin.
Ce premier jeu de données utilisera des données qui se répètent beaucoup (de basse cardinalité) et les requêtes ramèneront de nombreuses lignes :
Même en ne fournissant pas la première colonne des index, les index GIN et GiST sont utilisables :
L’index GIN est ici plus efficace car le nombre de blocs d’index balayés est plus bas. En effet, avec une basse cardinalité, la compression du GIN joue à plein. (Pour ces tables identiques de 97 Mo sous PostgreSQL 16, l’index GiST fait 62 Mo, et le GIN 19 Mo seulement.)
Si la première colonne i était systématiquement fournie à la requête, on pourrait se contenter d’un index B-tree (30 Mo ici) ; mais il serait peu efficace pour les autres requêtes. Avant PostgreSQL 18, la requête précédente donnerait souvent lieu à un Seq Scan parallélisé, bien que parfois un Bitmap Scan puisse apparaître avec des performances satisfaisantes. À partir de PostgreSQL 18, un index B-tree sur (i,j,k,l) reste utilisable même s’il manque i (index skip scan), mais il est obligé de faire à peu près autant de recherches qu’il y a de valeurs de i, ce qui n’est pas optimal.
Toujours dans ce cas précis, le temps de création de l’index GIN est aussi meilleur que le GiST d’un facteur deux au moins (et équivalent au B-tree), mais ce temps est très sensible aux valeurs de maintenance_work_mem et (à partir de PostgreSQL 18) max_parallel_maintenance_workers.
À l’inverse, le GiST est bien plus performant que le GIN dans d’autres types de requêtes comme celle-ci avec BETWEEN :
Un index GiST permet aussi l’Index Scan et parfois l’Index Only Scan, au contraire d’un index GIN, qui se limitera toujours à un Bitmap Scan. L’intérêt varie selon les requêtes :
Si la cardinalité est élevée (les données sont toutes différentes), l’index GIN perd son avantage en taille. En effet, si l’on remplace les données précédentes par un jeu de données toutes différentes :
la taille de l’index GIN passe à 218 Mo (plus que la table), alors que l’index GiST ne monte qu’à 85 Mo (et un index B-tree resterait à 30 Mo). Cela ne rend pas forcément l’index GIN moins efficace dans l’absolu, mais a un effet défavorable sur le cache.
Index bloom :
Il existe encore un type d’index, rarement utilisé : l’index Bloom, qui réclame l’installation de l’extension bloom (livrée avec PostgreSQL). Cet index est basé sur les filtres bloom, de nature probabiliste. Les lignes retournées par l’index doivent être revérifiées dans la table, ce qui impose un Recheck systématique. L’index est rapide à générer, et encore plus petit que les index ci-dessus (15 Mo ici), mais cet index doit être complètement parcouru. Les performances sont donc moins bonnes qu’avec GiST ou GIN. Il est aussi limité aux entiers et chaînes de caractères, et à une recherche sur l’égalité (et donc inadapté aux critères BETWEEN et LIKE). Si ses performances suffisent, un index bloom peut être utile dans le cas où de nombreuses colonnes sont susceptibles d’être interrogées, car il évite de créer d’autres index B-tree ou GIN coûteux en place. Sur une table identique à celles ci-dessus, le plan est :
Choix du type d’index pour une indexation multicolonnes :
Les exemples ci-dessus viennent d’une instance avec la configuration par défaut de PostgreSQL. Rappelons que les paramètres effective_io_concurrency, seq_page_cost et random_page_cost (liés aux disques) et effective_cache_size (lié à la mémoire), influent fortement sur le choix d’un parcours Index Scan, Bitmap Scan ou Seq Scan quand la requête balaie beaucoup de lignes. La répartition physique des données joue aussi (sur l’efficacité du cache comme sur celle des Index Scan et Bitmap Scan.) Le type de données à indexer, leur longueur, l’opérateur… a aussi une importance.
Au final, pour une indexation multicolonnes d’une table, il faudra tester les types d’index disponibles avec la charge, le paramétrage et les requêtes réelles, des données réelles, et arbitrer en tenant compte des tailles des index (donc de l’impact sur le cache), des durées de génération, des performances pures et des performances en pratique acceptables…
2.7 Index BRIN
BRIN : Block Range INdex
- Valeurs corrélées à leur emplacement physique
- Calcule des plages de valeur par groupe de blocs
- index très compact
- Pour :
- grosses volumétries
- corrélation entre emplacement et valeur
- retrier la table avec
CLUSTER?
Un index BRIN ne stocke pas les valeurs de la table, mais quelles plages de valeurs se rencontrent dans un ensemble de blocs. Cela réduit la taille de l’index et permet d’exclure un ensemble de blocs lors d’une recherche.
Exemple
Soit une table brin_demo de 2 millions de personnes, triée par âge :
Un index BRIN va contenir une plage des valeurs pour chaque bloc. Dans notre exemple, l’index contiendra la valeur minimale et maximale de plusieurs blocs. La conséquence est que ce type d’index prend très peu de place et il peut facilement tenir en RAM (réduction des opérations des disques). Il est aussi plus rapide à construire et maintenir.
On peut consulter le contenu de cet index, et constater que chacune de ses entrées liste les valeurs de age par paquet de 128 blocs (cette valeur peut se changer) :
La colonne blknum indique le début de la tranche de blocs, et value la plage de valeurs rencontrées. Les personnes de 87 ans sont donc présentes uniquement entre les blocs 8448 à 8575, ce qui se vérifie :
Testons une requête avec uniquement ce petit index BRIN :
On constate que l’index n’est consulté que sur 2 blocs. Le nœud Bitmap Index Scan renvoie les 128 blocs contenant des valeurs entre 86 et 88, et ces blocs sont récupérés dans la table (heap). 6716 lignes sont ignorées, et 22 212 conservées. Le temps de 4,8 ms est bon.
Certes, un index B-tree, bien plus gros, aurait fait encore mieux dans ce cas précis, qui est modeste. Mais plus la table est énorme, plus une requête en ramène une proportion importante, plus les aller-retours entre index et table sont pénalisants, et plus l’index BRIN devient compétitif, en plus de rester très petit.
Par contre, si la table se fragmente, même un peu, les lignes d’un même age se retrouvent réparties dans toute la table, et l’index BRIN devient bien moins efficace :
3060 blocs et 686 444 lignes, la plupart inutiles, ont été lus dans la table (en gros, un tiers de celles-ci). Cela ne devient plus très intéressant par rapport à un parcours complet de la table.
Pour rendre son intérêt à l’index, il faut reconstruire la table avec les données dans le bon ordre avec la commande CLUSTER. Hélas, c’est une opération au moins aussi lourde et bloquante qu’un VACUUM FULL. De plus, le tri de la table ne peut se faire par l’index BRIN, et il faut recréer un index B-tree au moins le temps de l’opération.
On revient alors à la situation de départ.
Utilité d’un index BRIN
Pour qu’un index BRIN soit utile, il faut donc :
- que les données soit naturellement triées dans la table, et le restent (série temporelle, décisionnel avec imports réguliers…) ;
- que la table soit à « insertion seule » pour conserver l’ordre physique ;
- ou que l’on ait la disponibilité nécessaire pour reconstruire régulièrement la table avec
CLUSTERet éviter que les performances se dégradent au fil du temps.
Sous ces conditions, les BRIN sont indiqués si l’on a des problèmes de volumétrie, ou de temps d’écritures dus aux index B-tree, ou pour éviter de partitionner une grosse table dont les requêtes ramènent une grande proportion.
Index BRIN sur clé composée
Prenons un autre exemple avec plusieurs colonnes et un type text :
La colonne id sera corrélée (c’est une séquence), la colonne md5 ne sera pas du tout corrélée. L’index BRIN porte sur les deux colonnes :
Pour une table de 651 Mo, l’index ne fait ici que 104 ko.
Pour voir son contenu :
La colonne attnum correspond au numéro d’attribut du champ dans la table. L’id est bien corrélé aux numéros de bloc, contrairement à la colonne val. Ce que nous confirme bien la vue pg_stats :
Si l’on teste la requête suivante, on s’aperçoit que PostgreSQL effectue un parcours complet (Seq Scan) de façon parallélisée ou non, et n’utilise donc pas l’index BRIN. Pour comprendre pourquoi, essayons de l’y forcer :
83 334 blocs sont lus (651 Mo) soit l’intégralité de la table ! Il est donc logique que PostgreSQL préfère d’entrée un Seq Scan (parcours complet).
Pour que l’index BRIN soit utile pour ce critère, il faut là encore trier la table avec une commande CLUSTER, ce qui nécessite un index B-tree :
Notons au passage que cet index B-tree est presque aussi gros que notre table !
Après la commande CLUSTER, notre table est bien corrélée avec val (mais plus avec id) :
La requête après le cluster utilise alors l’index BRIN :
22 400 blocs sont lus dans la table, soit 175 Mo. Dans la table triée, l’index BRIN devient intéressant. Cette remarque vaut aussi si PostgreSQL préfère un Index Scan au plan précédent (notamment si random_page_cost vaut moins du 4 par défaut).
On supprime notre index BRIN et on garde l’index B-tree :
La durée est ici similaire, mais le nombre de blocs lus est double, ce qui est une conséquence de la taille de l’index.
Création
À partir de PostgreSQL 17, la création d’un index BRIN peut être parallélisée. Comme cet index est intéressant surtout sur de grosses tables, la durée est sérieusement réduite. Le nombre de processus parallèles est réglé par max_parallel_maintenance_workers. Dans les versions précédentes, un seul processeur est malheureusement utilisable lors de la création.
Maintenance et consultation
Les lignes ajoutées à la table après la création de l’index ne sont pas forcément intégrées au résumé tout de suite. Il faut faire attention à ce que le VACUUM passe assez souvent. Cela dit, la maintenance d’un BRIN lors d’écritures est plus légères qu’un gros B-tree.
Pour modifier la granularité de l’index BRIN, il faut utiliser le paramètre pages_per_range à la création :
Les calculs de plage de valeur se feront alors par paquets de 16 blocs, ce qui est plus fin tout en conservant une volumétrie dérisoire. Sur la table brin_demo, l’index ne fait toujours que 56 ko. Par contre, la requête d’exemple parcourra un peu moins de blocs inutiles. La plage est à ajuster en fonction de la finesse des données et de leur répartition.
Pour consulter la répartition des valeurs comme nous l’avons fait plus haut, il faut utiliser pageinspect. Pour une table brin_demo dix fois plus grosse, et des plages de 16 blocs :
On retrouve le paramètre de plages de 16 blocs, et la range map commence au bloc 5. Par ailleurs, pg_class.relpages indique 20 blocs. Nous avons donc les bornes des pages de l’index à consulter :
Plus d’informations sur les BRIN
Conférence d’Adrien Nayrat au PGDay France 2016 (Lille, 31 mai 2016) : vidéo,
2.8 Index hash
- Basés sur un hash
- Tous types de données, quelle que soit la taille
- Ne gèrent que
=- donc ni
<,>,!=…
- donc ni
- Mais plus compacts
Les index hash contiennent des hachages de tout type de données. Cela leur permet d’être relativement petits, même pour des données de gros volume, et d’être une alternative aux index B-tree qui ne peuvent pas indexer des objets de plus de 2,7 ko.
Une conséquence de ce principe est qu’il est impossible de parcourir des plages de valeurs, seule l’égalité exacte à un critère peut être recherchée. Cet exemple utilise la base du projet Gutenberg :
Les index hash restent plus longs à créer que des index B-tree. La création n’est pas parallélisée. Ils ne sont plus petits qu’eux que si les champs indexés sont gros. Par exemple, dans la même table texte, de 3 Go, le nom de l’œuvre (livre) est court, mais une ligne de texte (contenu) peut faire 3 ko (ici, on a dû purger les trois lignes trop longues pour être indexées par un B-tree) :
On réservera donc les index hash à l’indexation de grands champs, éventuellement binaires, notamment dans des requêtes recherchant la présence d’un objet. Ils peuvent vous éviter de gérer vous-même un hachage du champ.
2.9 Outils
- Pour identifier des requêtes
- Pour identifier des prédicats et des requêtes liées
- Pour valider un index
Différents outils permettent d’aider le développeur ou le DBA à identifier plus facilement les index à créer. On peut classer ceux-ci en trois groupes, selon l’étape de la méthodologie à laquelle ils s’appliquent.
Tous les outils suivants sont disponibles dans les paquets diffusés par le PGDG sur yum.postgresql.org ou apt.postgresql.org.
2.9.1 Identifier les requêtes
- pgBadger
- pg_stat_statements
- PoWA
Pour identifier les requêtes les plus lentes, et donc potentiellement nécessitant une réécriture ou un nouvel index, pgBadger permet d’analyser les logs une fois ceux-ci configurés pour tracer toutes les requêtes. Des exemples figurent dans notre formation DBA1.
Pour une vision cumulative, voire temps réel, de ces requêtes, l’extension pg_stat_statements, fournie avec les « contrib » de PostgreSQL, permet de garder trace des N requêtes les plus fréquemment exécutées, et calcule le temps d’exécution total de chacune d’entre elles, ainsi que les accès au cache de PostgreSQL ou au système de fichiers. Son utilisation est détaillée dans notre module X2.
Le projet PoWA exploite ces statistiques en les historisant, et en fournissant une interface web permettant de les exploiter.
2.9.2 Identifier les prédicats et des requêtes liées
- Extension pg_qualstats
- avec PoWa
Pour identifier les prédicats (clause WHERE ou condition de jointure à identifier en priorité), l’extension pg_qualstats permet de pousser l’analyse offerte par pg_stat_statements au niveau du prédicat lui-même. Ainsi, on peut détecter les requêtes filtrant sur les mêmes colonnes, ce qui peut aider notamment à déterminer des index multicolonnes ou des index partiels.
De même que pg_stat_statements, cette extension peut être historisée et exploitée par le biais du projet PoWA.
2.9.3 Extension HypoPG
- Extension PostgreSQL
- Création d’index hypothétiques pour tester leur intérêt
- avant de les créer pour de vrai
- Limitations : surtout B-Tree, statistiques
Cette extension est disponible sur GitHub et dans les paquets du PGDG. Il existe trois fonctions principales et une vue :
hypopg_create_index()pour créer un index hypothétique ;hypopg_drop_index()pour supprimer un index hypothétique particulier ouhypopg_reset()pour tous les supprimer ;hypopg_list_indexespour les lister.
Un index hypothétique n’existe que dans la session, ni en mémoire ni sur le disque, mais le planificateur le prendra en compte dans un EXPLAIN simple (évidemment pas un EXPLAIN ANALYZE). En quittant la session, tous les index hypothétiques restants et créés sur cette session sont supprimés.
L’exemple suivant est basé sur la base dont le script peut être téléchargé sur https://dali.bo/tp_employes_services.
Le cas idéal d’utilisation est l’index B-Tree sur une colonne. Un index fonctionnel est possible, mais, faute de statistiques disponibles avant la création réelle de l’index, les estimations peuvent être fausses. Les autres types d’index sont moins bien ou non supportées.
2.9.4 Étude des index à créer
- PoWA peut utiliser HypoPG
Le projet PoWA propose une fonctionnalité, encore rudimentaire, de suggestion d’index à créer, en se basant sur HypoPG, pour répondre à la question « Quel serait le plan d’exécution de ma requête si cet index existait ? ».
L’intégration d’HypoPG dans PoWA permet là aussi une souplesse d’utilisation, en présentant les plans espérés avec ou sans les index suggérés.
Ensuite, en ouvrant l’interface de PoWA, on peut étudier les différentes requêtes, et les suggestions d’index réalisées par l’outil. À partir de ces suggestions, on peut créer les nouveaux index, et enfin relancer le bench pour constater les améliorations de performances.
2.10 Quiz
2.11 Travaux pratiques
Les corrigés détaillés sont disponibles dans la section Travaux pratiques (solutions).
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/j5_solutions.
Tous les TP se basent sur la configuration par défaut de PostgreSQL, sauf précision contraire.
2.11.1 Indexation de motifs avec les varchar_patterns et pg_trgm
But : Indexer des motifs à l’aide de l’opérateur varchar_pattern_ops et de l’extension pg_trgm
Ces exercices nécessitent une base contenant une quantité de données importante.
On utilisera donc le contenu de livres issus du projet Gutenberg. Si vous ne l’avez pas déjà, la base gutenberg est disponible en deux versions : complète sur https://dali.bo/tp_gutenberg (dump de 0,5 Go, table de 21 millions de lignes dans 3 Go) ou https://dali.bo/tp_gutenberg10 pour un extrait d’un dizième. Le dump peut se restaurer par exemple dans une nouvelle base, et contient juste une table nommée textes.
Pour obtenir des plans plus lisibles, on désactive JIT et parallélisme :
Créer un index simple sur la colonne
contenude la table.
Rechercher un enregistrement commençant par « comme disent » : l’index est-il utilisé ?
Créer un index utilisant la classe
text_pattern_ops. Refaire le test.
On veut chercher les lignes finissant par « Et vivre ». Indexer
reverse(contenu)et trouver les lignes.
Installer l’extension
pg_trgm, puis créer un index GIN spécialisé de recherche dans les chaînes. Rechercher toutes les lignes de texte contenant « Valjean » de façon sensible à la casse, puis insensible.
Si vous avez des connaissances sur les expression rationnelles, utilisez aussi ces trigrammes pour des recherches plus avancées. Les opérateurs sont :
| opérateur | fonction |
|---|---|
| ~ | correspondance sensible à la casse |
| ~* | correspondance insensible à la casse |
| !~ | non-correspondance sensible à la casse |
| !~* | non-correspondance insensible à la casse |
Rechercher toutes les lignes contenant « Fantine » OU « Valjean » : on peut utiliser une expression rationnelle.
Rechercher toutes les lignes mentionnant à la fois « Fantine » ET « Valjean ». Une formulation d’expression rationnelle simple est « Fantine puis Valjean » ou « Valjean puis Fantine ».
2.11.2 Index GIN comme bitmap
But : Comparer l’utilisation des index B-tree et GIN
Ce TP utilise la base magasin. Si vous ne l’avez pas déjà, la base magasin (dump de 96 Mo, pour 667 Mo sur le disque au final) peut être téléchargée et restaurée comme suit dans une nouvelle base magasin :
Les données sont dans deux schémas, magasin et facturation. Penser au search_path.
Pour ce TP, figer les paramètres suivants :
Créer deux index sur
lignes_commandes(quantite):
- un de type B-tree
- et un GIN.
- puis deux autres sur
lignes_commandes(fournisseur_id).
Comparer leur taille.
Comparer l’utilisation des deux types d’index avec
EXPLAINavec des requêtes surfournisseur_id = 1014, puis surquantite = 4.
2.11.3 Index GIN et critères multicolonnes
But : Comparer l’utilisation des index B-tree et GIN sur des critères multicolonnes
Créer une table avec 4 colonnes de 50 valeurs :
Créer un index B-tree et un index GIN sur ces 4 colonnes.
Comparer l’utilisation pour des requêtes portant sur
i,j,k&l, puisi&k, puisj&l.
2.11.4 HypoPG
But : Créer un index hypothétique avec HypoPG
Pour la clarté des plans, désactiver le JIT.
Créer la table suivante, où la clé
iest très déséquilibrée :(Ne pas oublier
VACUUM ANALYZE.)
- On se demande si créer un index sur
i,(i,j)ou(j,i)serait utile pour les deux requêtes suivantes :
- Installer l’extension
hypopg(les paquets dépendent de votre version de PostgreSQL et de la distribution, par exemplehypopg_17oupostgresql-17-hypopg).- Créer des index hypothétiques (y compris un partiel) et choisir un seul index.
Comparer le plan de la deuxième requête avant et après la création réelle de l’index.
Créer un index fonctionnel hypothétique pour faciliter la requête suivante :
Quel que soit le résultat, le créer quand même et voir s’il est utilisé.
2.12 Travaux pratiques (solutions)
Indexation de motifs avec les varchar_patterns et pg_trgm
Créer un index simple sur la colonne
contenude la table.
Il y aura une erreur si la base gutenberg est dans sa version complète, un livre de Marcel Proust dépasse la taille indexable maximale :
Pour l’exercice, on supprime ce livre avant d’indexer la colonne :
Rechercher un enregistrement commençant par « comme disent » : l’index est-il utilisé ?
Le plan exact peut dépendre de la version de PostgreSQL, du paramétrage exact, d’éventuelles modifications à la table. Dans beaucoup de cas, on obtiendra :
C’est un Seq Scan : l’index n’est pas utilisé !
Dans d’autres cas, on aura ceci (avec PostgreSQL 12 et la version complète de la base ici) :
C’est un Index Scan mais il ne faut pas crier victoire : l’index est parcouru entièrement (50 000 blocs !). Il ne sert qu’à lire toutes les valeurs de contenu en lisant moins de blocs que par un Seq Scan de la table. Le choix de PostgreSQL entre lire cet index et lire la table dépend notamment du paramétrage et des tailles respectives.
Le problème est que l’index sur contenu utilise la collation C et non la collation par défaut de la base, généralement en_US.UTF-8 ou fr_FR.UTF-8. Pour contourner cette limitation, PostgreSQL fournit deux classes d’opérateurs : varchar_pattern_ops pour varchar et text_pattern_ops pour text.
Créer un index utilisant la classe
text_pattern_ops. Refaire le test.
On constate que comme l’ordre choisi est l’ordre ASCII, l’optimiseur sait qu’après « comme disent », c’est « comme disenu » qui apparaît dans l’index.
Noter que Index Cond contient le filtre utilisé pour l’index (réexprimé sous forme d’inégalités en collation C) et Filter un filtrage des résultats de l’index.
On veut chercher les lignes finissant par « Et vivre ». Indexer
reverse(contenu)et trouver les lignes.
Cette recherche n’est possible avec un index B-Tree qu’en utilisant un index sur fonction :
Il faut ensuite utiliser ce reverse systématiquement dans les requêtes :
On constate que le résultat de reverse(contenu) a été directement utilisé par l’optimiseur. La requête est donc très rapide. On peut utiliser une méthode similaire pour la recherche insensible à la casse, en utiliser lower() ou upper().
Toutefois, ces méthodes ne permettent de filtrer qu’au début ou à la fin de la chaîne, ne permettent qu’une recherche sensible ou insensible à la casse, mais pas les deux simultanément, et imposent aux développeurs de préciser reverse, lower, etc. partout.
Installer l’extension
pg_trgm, puis créer un index GIN spécialisé de recherche dans les chaînes. Rechercher toutes les lignes de texte contenant « Valjean » de façon sensible à la casse, puis insensible.
Pour installer l’extension pg_trgm :
Pour créer un index GIN sur la colonne contenu :
Recherche des lignes contenant « Valjean » de façon sensible à la casse :
Puis insensible à la casse :
On constate que l’index a été nettement plus long à créer, et que la recherche est plus lente. La contrepartie est évidemment que les trigrammes sont infiniment plus souples. On constate aussi que le LIKE a dû encore filtrer 1 enregistrement après le parcours de l’index : en effet l’index trigramme est insensible à la casse, il ramène donc trop d’enregistrements, et une ligne avec « VALJEAN » a dû être filtrée.
Rechercher toutes les lignes contenant « Fantine » OU « Valjean » : on peut utiliser une expression rationnelle.
Rechercher toutes les lignes mentionnant à la fois « Fantine » ET « Valjean ». Une formulation d’expression rationnelle simple est « Fantine puis Valjean » ou « Valjean puis Fantine ».
Index GIN comme bitmap
Ce TP utilise la base magasin. Si vous ne l’avez pas déjà, la base magasin (dump de 96 Mo, pour 667 Mo sur le disque au final) peut être téléchargée et restaurée comme suit dans une nouvelle base magasin :
Les données sont dans deux schémas, magasin et facturation. Penser au search_path.
Pour ce TP, figer les paramètres suivants :
Créer deux index sur
lignes_commandes(quantite):
- un de type B-tree
- et un GIN.
- puis deux autres sur
lignes_commandes(fournisseur_id).
Il est nécessaire d’utiliser l’extension btree_gin afin d’indexer des types scalaires (int…) avec un GIN, sinon vous aurez cette erreur :
Comparer leur taille.
Ces index sont compressés, ainsi la clé n’est indexée qu’une fois. Le gain est donc intéressant dès lors que la table comprend des valeurs identiques.
Noter qu’il y a peu de valeurs différentes de quantite, et beaucoup plus de fournisseur_id, ce qui explique les différences de tailles d’index :
Les index GIN sont donc plus compacts. Sont-il plus efficace à l’utilisation ?
Comparer l’utilisation des deux types d’index avec
EXPLAINavec des requêtes surfournisseur_id = 1014, puis surquantite = 4.
Pour récupérer une valeur précise avec peu de valeurs, PostgreSQL préfère les index B-Tree :
À l’inverse, la recherche sur les quantités ramène plus de valeurs, et, là, PostgreSQL estime que le GIN est plus favorable :
En cas de suppression de l’index GIN, l’index B-Tree reste utilisable. Il sera plus long à lire. Cependant, en fonction de sa taille, de celle de la table, de la valeur de random_page_cost et seq_page_cost, PostgreSQL peut décider de ne pas l’utiliser.
Index GIN et critères multicolonnes
Créer une table avec 4 colonnes de 50 valeurs :
Les 264 Mo de cette table contiennent 6,25 millions de lignes.
Comme après tout import, ne pas oublier d’exécuter un VACUUM :
Créer un index B-tree et un index GIN sur ces 4 colonnes.
Là encore, btree_gin est obligatoire pour indexer un type scalaire, et on constate que l’index GIN est plus compact :
Comparer l’utilisation pour des requêtes portant sur
i,j,k&l, puisi&k, puisj&l.
Le premier critère porte idéalement sur toutes les colonnes de l’index B-tree : celui-ci est très efficace et réclame peu d’accès. Toutes les colonnes retournées font partie de l’index : on profite donc en plus d’un Index Only Scan :
Tant que la colonne i est présente dans le critère, l’index B-tree reste avantageux même s’il doit balayer plus de blocs (582 ici !) :
Par contre, dès que la première colonne de l’index B-tree (i) manque, celui-ci devient beaucoup moins intéressant (quoique pas inutilisable, mais il y a des chances qu’il faille le parcourir complètement). L’index GIN devient alors intéressant par sa taille réduite :
L’index GIN est obligé d’aller vérifier la visibilité des lignes dans la table, il ne supporte pas les Index Only Scan.
Sans lui, la seule alternative serait un Seq Scan qui parcourrait les 33 784 blocs de la table :
HypoPG
Pour la clarté des plans, désactiver le JIT.
Créer la table suivante, où la clé
iest très déséquilibrée :(Ne pas oublier
VACUUM ANALYZE.)
Cette table fait 11,1 millions de lignes et presque 4 Go.
- On se demande si créer un index sur
i,(i,j)ou(j,i)serait utile pour les deux requêtes suivantes :
- Installer l’extension
hypopg(les paquets dépendent de votre version de PostgreSQL et de la distribution, par exemplehypopg_17oupostgresql-17-hypopg).- Créer des index hypothétiques (y compris un partiel) et choisir un seul index.
D’abord installer le paquet de l’extension. Sur Rocky Linux et autres dérivés Red Hat :
Sur Debian, Ubuntu et dérivés :
Puis installer l’extension dans la base concernée :
Création des différents index hypothétiques qui pourraient servir :
On vérifie qu’ils sont tous actifs dans cette session :
Les deux requêtes n’utilisent pas le même index. Le partiel (<78056>btree_log10_j) ne conviendra évidemment pas à toutes les requêtes, on voit donc ce qui se passe sans lui :
C’est presque aussi bon. L’index sur (i,j) semble donc convenir aux deux requêtes.
Comparer le plan de la deuxième requête avant et après la création réelle de l’index.
Bien sûr, un EXPLAIN (ANALYZE) négligera ces index qui n’existent pas réellement :
Et le nouveau plan est cohérent avec l’estimation d’HypoPG :
Créer un index fonctionnel hypothétique pour faciliter la requête suivante :
Quel que soit le résultat, le créer quand même et voir s’il est utilisé.
Si on simule la présence de cet index fonctionnel :
on constate que l’optimiseur le néglige.
Si on le crée quand même, sans oublier de mettre à jour les statistiques :
on constate qu’il est alors utilisé :
La différence tient à la volumétrie attendue qui a doublé après l’ANALYZE : il y a à présent des statistiques sur les résultats de la fonction qui n’étaient pas disponibles sans la création de l’index, comme on peut le constater avec :
NB : on peut penser aussi à un index couvrant :
en fonction des requêtes réelles à optimiser.
Source : manuel complet PDF, révision 26.09, pages PDF 85-142. Les énoncés de TP et les solutions proviennent de la version complète.
3 Extensions PostgreSQL pour la performance
3/ Extensions PostgreSQL pour la performance
Ce chapitre reprend l’intégralité des pages PDF 143-204 du manuel complet PERF2, y compris les énoncés de travaux pratiques et les solutions.

3.1 Préambule
Ce module présente des extensions plus spécifiquement destinées à améliorer les performances.
3.2 pg_trgm
Indexation des recherches
LIKE '%critère%'Similarité basée sur des trigrammes
- Indexation (GIN ou GiST) :
Ce module permet de décomposer en trigramme les chaînes qui lui sont proposées :
Une fois les trigrammes indexés, on peut réaliser de la recherche floue, ou utiliser des clauses LIKE malgré la présence de jokers (%) n’importe où dans la chaîne. À l’inverse, les indexations simples, de type B-tree, ne permettent des recherches efficaces que dans un cas particulier : si le seul joker de la chaîne est à la fin de celle ci (LIKE 'hello%' par exemple). Contrairement à la Full Text Search, la recherche par trigrammes ne réclame aucune modification des requêtes.
Cette dernière requête passe par l’index test_trgm_idx, malgré le % initial :
On peut aussi utiliser un index GIN (comme pour le Full Text Search). Les index GIN ont l’avantage d’être plus efficaces pour les recherches exhaustives. Mais l’indexation pour la recherche des k éléments les plus proches (on parle de recherche k-NN) n’est disponible qu’avec les index GiST .
nous retourne par exemple les deux enregistrements les plus proches de « hello » dans la table test_trgm.
3.3 pg_stat_statements
Capture en temps réel des requêtes
- Normalisation
- Par base/utilisateur/requête :
- nombre d’exécutions
- nombre d’enregistrements retournés
- temps cumulé d’exécution et de planification
- lectures/écritures en cache, demandées au système, tris
- temps de lecture/écriture (
track_io_timing) - fichiers temporaires
- écritures dans les journaux de transactions
- utilisation du JIT (v15)
- suivi des workers parallélisés (v18)
Cette extension est fournie avec PostgreSQL et est parmi les plus populaires et les plus utiles.
Une fois installé, pg_stat_statements capture, à chaque exécution de requête, tous les compteurs ci-dessus et d’autres associés à cette requête (champ query), ci-dessous avec PostgreSQL 18 :
# table pg_stat_statements \gdesc
Column | Type
----------------------------+--------------------------
userid | oid
dbid | oid
toplevel | boolean
queryid | bigint
query | text
plans | bigint
total_plan_time | double precision
min_plan_time | double precision
max_plan_time | double precision
mean_plan_time | double precision
stddev_plan_time | double precision
calls | bigint
total_exec_time | double precision
min_exec_time | double precision
max_exec_time | double precision
mean_exec_time | double precision
stddev_exec_time | double precision
rows | bigint
shared_blks_hit | bigint
shared_blks_read | bigint
shared_blks_dirtied | bigint
shared_blks_written | bigint
local_blks_hit | bigint
local_blks_read | bigint
local_blks_dirtied | bigint
local_blks_written | bigint
temp_blks_read | bigint
temp_blks_written | bigint
shared_blk_read_time | double precision
shared_blk_write_time | double precision
local_blk_read_time | double precision
local_blk_write_time | double precision
temp_blk_read_time | double precision
temp_blk_write_time | double precision
wal_records | bigint
wal_fpi | bigint
wal_bytes | numeric
wal_buffers_full | bigint
jit_functions | bigint
jit_generation_time | double precision
jit_inlining_count | bigint
jit_inlining_time | double precision
jit_optimization_count | bigint
jit_optimization_time | double precision
jit_emission_count | bigint
jit_emission_time | double precision
jit_deform_count | bigint
jit_deform_time | double precision
parallel_workers_to_launch | bigint
parallel_workers_launched | bigint
stats_since | timestamp with time zone
minmax_stats_since | timestamp with time zone
(52 lignes)
Dans les versions précédentes, quelques champs peuvent manquer (il en apparaît à chaque version majeure), ou porter un autre nom.
Les requêtes d’une même base et d’un même utilisateur sont normalisées (reconnues comme identiques même avec des paramètres différents).
Les champs sont détaillés dans https://dali.bo/h2_html#pg_stat_statements.
3.3.1 pg_stat_statements : mise en place
- Vue en mémoire partagée (volumétrie contrôlée)
- Pas d’échantillonnage, seulement des compteurs cumulés
pg_stat_statements_reset()ou PoWA
Installation et réinitialisation
Ce module nécessite un espace en mémoire partagée. Pour l’installer, il faut donc renseigner le paramètre suivant avant de redémarrer l’instance :
Il faut installer l’extension dans au moins une base (dont une à laquelle les développeurs auront aussi accès, car l’information les concerne au premier chef) :
La vue pg_stat_statements retourne un instantané des compteurs au moment de l’interrogation depuis l’installation, depuis le dernier arrêt brutal, ou depuis la dernière réinitialisation des statistiques d’exécution avec SELECT pg_stat_statements_reset();. Cette dernière fonction remet à zéro les compteurs (cette fonction accepte des paramètres permettant de limiter la remise à zéro à un utilisateur, une requête ou une base).
Les données de l’extension sont stockées dans le PGDATA, sous pg_stat_tmp (même pour les versions récentes de PostgreSQL qui ne l’utilisent plus pour le stats collector), et un arrêt brutal peut mener à la perte du contenu.
Exploitation
La première méthode pour l’exploiter est d’effectuer un reset au début d’une période puis d’interroger la vue pg_stat_statements après un certain temps. Quelques requêtes figurent ci-dessous.
La deuxième est de capturer à intervalles réguliers le contenu de pg_stat_statements et de calculer et visualiser les changements dans les compteurs.
L’outil recommandé pour une exploitation complète est PoWA.
Beaucoup plus rustique, pg_profile génère des rapports sans graphique avec du code PL/pgSQL. Il peut suffire.
Paramétrage
pg_stat_statements possède quelques paramètres, dont les plus importants suivent.
pg_stat_statements.track est par défaut à top. Dès lors que l’extension est chargée en mémoire, la capture des compteurs est donc enclenchée. Avec la valeur all, les requêtes imbriquées, notamment à l’intérieur des fonctions sont tracées. pg_stat_statements.track = none arrête la capture. On peut donc activer/désactiver la capture à la demande, au cas où l’on juge que la charge n’est pas acceptable (cas d’instances OLTP avec énormément de requêtes).
pg_stat_statements.track_planning est par défaut à off. Il sert à tracer le temps de planification des requêtes, parfois utile.
Conseil.
Il est conseillé d’activer
pg_stat_statements.track = 'all'et les autres options autant que possible, au moins le temps d’un audit périodique, en surveillant le CPU et les points suivants.
Limitations et points d’attention
Comme dit plus haut, la réinitialisation périodique est à la charge du DBA.
Avant PostgreSQL 18, pg_stat_statements ne sait pas normaliser les ordres SET, ce qui peut gonfler artificiellement la table.
La table peut également devenir énorme si vous avez de nombreuses requêtes gigantesques, par exemple des INSERT d’un grand nombre de valeurs à la fois, et variable.
Sur un serveur chargé, il est déconseillé de réduire pg_stat_statements.max (nombre de requêtes différentes suivies, à 5000 par défaut), car le coût d’une désallocation n’est pas négligeable. Le nombre de ces désallocations peut être suivi dans la vue pg_stat_statements_info :
Si vous calculez que vous avez plusieurs désallocations par minute, vous avez un souci.
3.3.2 pg_stat_statements : exemple 1
Requêtes les plus longues en temps cumulé :
La requête ci-dessus affiche les dix requêtes les plus longues en cumulé (même avec des paramètres différents), le nombre d’appels, le temps total, le temps moyen par appel. Les temps sont en millisecondes.
3.3.3 pg_stat_statements : exemple 2
Requêtes les plus fréquemment appelées :
Cette requête affiche les dix requêtes les plus fréquentes en nombre d’appels, et le temps moyen. Exemple de sortie, avec un peu de formatage :
On voit qu’il y a beaucoup de requêtes de supervision, ce qui est logique. Il est donc conseillé de dédier un utilisateur à la supervision pour pouvoir filtrer aisément.
3.3.4 pg_stat_statements : exemple 3
Requêtes les plus consommatrices et hit ratio :
Cette requête calcule le hit ratio, c’est-à-dire la proportion des blocs lus depuis le cache de PostgreSQL, pour les cinq plus grosses requêtes en temps cumulé. Dans l’idéal, ce ratio serait à 100 %.
3.3.5 pg_stat_statements : exemple 4
Cette requête cherche quels ordres génèrent le plus de fichiers temporaires, en excluant les ordres de création d’index ou de réindexation.
Le résultat montre qu’il y a bien d’autres opérations de maintenance à exclure.
3.3.6 pg_stat_statements : autres possibilités
Mais encore :
parallel_workers_to_launchvsparallel_workers_launched(v18)wal_records,wal_bytes: journauxjit*time: JIT*plan_time: planification
Suivre le ratio entre parallel_workers_to_launch vs parallel_workers_launched (à partir de PostgreSQL 18) permet de savoir si les workers demandés par les requêtes sont bien tous attribués. Si ce n’est pas le cas, le parallélisme est sans doute mal paramétré (pas assez de workers, nombre de workers par requête excessif…).
Les champs wal_records et wal_bytes mesurent la quantité de journaux de transactions.
Le temps passé par le JIT à compiler des requêtes peut être mis en rapport avec le temps d’exécution de la requête, pour repérer celles où il est contre-performant.
De même, le temps de planification des requêtes est peut-être un souci : le champ mean_plan_time peut être comparé à mean_exec_time.
3.4 auto_explain
Tracer les plans des requêtes lentes automatiquement
Contrib officielle
Mise en place globale (traces) :
- globale :
- session :
Principe :
L’outil auto_explain est habituellement activé quand on a le sentiment qu’une requête devient subitement lente à certains moments, et qu’on suspecte que son plan diffère entre deux exécutions. Elle permet de tracer dans les journaux applicatifs, voire dans la console, le plan de la requête dès qu’elle dépasse une durée configurée.
C’est une « contrib » officielle de PostgreSQL (et non une extension). Tracer systématiquement le plan d’exécution d’une requête fréquente prend de la place, et est assez coûteux. C’est donc un outil à utiliser parcimonieusement, qui par défaut ne trace rien (paramètre auto_explain.log_min_duration à -1).
Activation et utilisation dans une session :
Pour utiliser auto_explain dans la session en cours, il faut activer quelques options similaires à celles d’EXPLAIN :
Les plans se retrouvent dans les traces de l’instance. Pour les afficher aussi dans la session en cours, il faut descendre le niveau des messages affichés à LOG (le défaut de auto_explain) :
Ensuite, lancer la requête à analyser : le plan apparaît suivi du résultat de la requête.
Autres paramètres :
L’outil a d’autres options, qui reprennent souvent les paramètres habituels d’EXPLAIN. Leurs valeurs par défaut sont les suivantes :
Voir la documentation pour ce qui n’est pas traité ici.
Utilisation au niveau global et précautions :
Pour utiliser auto_explain globalement, il faut charger la bibliothèque au démarrage dans le fichier postgresql.conf via le paramètre shared_preload_libraries.
Après un redémarrage de l’instance, il est possible de configurer les paramètres de capture des plans d’exécution par base de données. Dans l’exemple ci-dessous, l’ensemble des requêtes sont tracées sur la base de données bench, qui est utilisée par pgbench.
Prudence.
Attention ! L’activation des traces complètes sur une base de données avec un fort volume de requêtes, et/ou des requêtes aux plans complexes, peut faire gonfler énormément les traces (
postgresql.log). N’activez doncauto_explainque de manière limitée.
Conseil.
Pour ne tracer qu’un échantillonnage des requêtes, déclarer par exemple :
Prudence.
Un autre problème, rare mais déjà rencontré, est l’activation simultanée du paramètre
track_io_timing, alors que le test avecpg_test_timingindique que c’est problématique. L’impact sur les performances peut être sévère.
pg_test_timing est livré avec PostgreSQL et mesure les performances de l’horloge système. Si le temps de mesure renvoyé sur la deuxième ligne n’est que de quelques dizaines de nanosecondes, la machine est suffisamment rapide pour que track_io_timing renvoie des résultats précis et sans ralentir la requête. C’est le cas sur presque toutes les machines et systèmes d’exploitation actuels, mais il y a parfois des surprises, par exemple dans certaines machines virtuelles ou selon la source de l’horloge système. Sinon, éviter d’activer track_io_timing sur un serveur de production. Sur une machine de test ou de formation, ce n’est pas un problème.
Exemple de résultat :
Un petit benchmark pgbench est lancé :
Les plans d’exécution de l’ensemble des requêtes exécutées apparaissent alors dans les traces de l’instance.
2025-04-30 09:52:05.360 UTC [78782] LOG: duration: 0.038 ms plan:
Query Text: SELECT abalance FROM pgbench_accounts WHERE aid = 445977;
Index Scan using pgbench_accounts_3_pkey on pgbench_accounts_3 pgbench_accounts (cost=0.42..8.44 rows=1 width=4) (actual time=0.032..0.033 rows=1 loops=1)
Index Cond: (aid = 445977)
2025-04-30 09:52:05.360 UTC [78782] LOG: duration: 0.237 ms statement: SELECT abalance FROM pgbench_accounts WHERE aid = 445977;
2025-04-30 09:52:05.361 UTC [78782] LOG: duration: 0.028 ms plan:
Query Text: UPDATE pgbench_tellers SET tbalance = tbalance + 4529 WHERE tid = 33;
Update on pgbench_tellers (cost=0.00..1.63 rows=0 width=0) (actual time=0.027..0.027 rows=0 loops=1)
-> Seq Scan on pgbench_tellers (cost=0.00..1.63 rows=1 width=10) (actual time=0.015..0.017 rows=1 loops=1)
Filter: (tid = 33)
Rows Removed by Filter: 49
2025-04-30 09:52:05.361 UTC [78782] LOG: duration: 0.154 ms statement: UPDATE pgbench_tellers SET tbalance = tbalance + 4529 WHERE tid = 33;
2025-04-30 09:52:05.361 UTC [78782] LOG: duration: 0.012 ms plan:
Query Text: UPDATE pgbench_branches SET bbalance = bbalance + 4529 WHERE bid = 3;
Update on pgbench_branches (cost=0.00..1.06 rows=0 width=0) (actual time=0.011..0.011 rows=0 loops=1)
-> Seq Scan on pgbench_branches (cost=0.00..1.06 rows=1 width=10) (actual time=0.005..0.006 rows=1 loops=1)
Filter: (bid = 3)
Rows Removed by Filter: 4
2025-04-30 09:52:05.361 UTC [78782] LOG: duration: 0.101 ms statement: UPDATE pgbench_branches SET bbalance = bbalance + 4529 WHERE bid = 3;
2025-04-30 09:52:05.361 UTC [78782] LOG: duration: 0.011 ms plan:
Query Text: INSERT INTO pgbench_history (tid, bid, aid, delta, mtime) VALUES (33, 3, 445977, 4529, CURRENT_TIMESTAMP);
Insert on pgbench_history (cost=0.00..0.01 rows=0 width=0) (actual time=0.011..0.011 rows=0 loops=1)
-> Result (cost=0.00..0.01 rows=1 width=116) (actual time=0.003..0.004 rows=1 loops=1)
2025-04-30 09:52:05.361 UTC [78782] LOG: duration: 0.096 ms statement: INSERT INTO pgbench_history (tid, bid, aid, delta, mtime)
VALUES (33, 3, 445977, 4529, CURRENT_TIMESTAMP);
...
Utilisation pour des fonctions :
auto_explain est aussi un moyen de suivre les plans au sein de fonctions. Par défaut, un plan n’indique que les compteurs de blocs hit, read, temp… de l’appel global à la fonction.
Par exemple, on veut le plan à l’exécution de cette fonction en PL/pgSQL, qui récupère le solde le plus élevé dans la table pgbench_accounts :
Un EXPLAIN ANALYZE ne permet pas d’obtenir le plan de la requête de la fonction, car il est masqué au sein d’un nœud Result :
(Exception : certaines fonctions très simples en SQL, et non PL/pgSQL, peuvent être intégrées dans la requête appelante et n’ont pas de plan propre.)
Par défaut, auto_explain ne va pas capturer plus d’information que la commande EXPLAIN ANALYZE. Le fichier log de l’instance capture le même plan lorsque la fonction est exécutée.
Le paramètre auto_explain.log_nested_statements permet de tracer les plans des requêtes à l’intérieur des fonctions, de préférence uniquement dans la ou les sessions concernées :
Les deux plans (celui de la requête de la fonction, puis de la fonction) sont alors visibles dans les traces de l’instance :
2025-04-30 09:54:27.301 UTC [78790] LOG: duration: 85.188 ms plan:
Query Text: SELECT max(abalance)
FROM pgbench_accounts
Finalize Aggregate (cost=13702.88..13702.89 rows=1 width=4) (actual time=85.182..85.184 rows=1 loops=1)
-> Gather (cost=13702.67..13702.88 rows=2 width=4) (actual time=85.175..85.178 rows=1 loops=1)
Workers Planned: 2
Workers Launched: 0
-> Partial Aggregate (cost=12702.67..12702.68 rows=1 width=4) (actual time=85.173..85.175 rows=1 loops=1)
-> Parallel Append (cost=0.00..12181.84 rows=208332 width=4) (actual time=0.029..63.662 rows=500000 loops=1)
-> Parallel Seq Scan on pgbench_accounts_1 (cost=0.00..3713.39 rows=98039 width=4) (actual time=0.028..14.006 rows=166667 loops=1)
-> Parallel Seq Scan on pgbench_accounts_2 (cost=0.00..3713.39 rows=98039 width=4) (actual time=0.026..9.567 rows=166667 loops=1)
-> Parallel Seq Scan on pgbench_accounts_3 (cost=0.00..3713.39 rows=98039 width=4) (actual time=0.007..9.687 rows=166666 loops=1)
2025-04-30 09:54:27.301 UTC [78790] CONTEXT: SQL statement "SELECT max(abalance)
FROM pgbench_accounts"
PL/pgSQL function f_max_balance() line 5 at SQL statement
2025-04-30 09:54:27.302 UTC [78790] LOG: duration: 85.520 ms plan:
Query Text: SELECT f_max_balance();
Result (cost=0.00..0.26 rows=1 width=4) (actual time=85.511..85.511 rows=1 loops=1)
2025-04-30 09:54:27.302 UTC [78790] LOG: duration: 85.795 ms statement: SELECT f_max_balance();
Utilisation avec pgBadger :
pgBadger est capable de lire les plans tracés par auto_explain, de les intégrer à son rapport et d’inclure un lien vers explain.depesz.com pour une version plus lisible.
3.5 pg_buffercache
Qu’y a-t’il dans le cache de PostgreSQL ?
Fournit une vue :
- Pour chaque bloc de l’instance
- fichier (donc objet) associé, base
- fork (0 : table, 1 : FSM, 2 : VM)
- numéro de bloc
isdirtyusagecount(0-5)
- Pour : utilisation du cache, hot blocks
pg_buffercache_evict()(v17+)
pg_buffercache est une extension faisant partie de PostgreSQL, à installer dans chaque base au besoin.
Pour chaque entrée (bloc, par défaut de 8 ko) du cache disque de PostgreSQL, une vue nous fournit les informations suivantes :
- le fichier d’où provient ce bloc (donc indirectement le nom de la table ou de l’index…) ;
- le numéro de bloc dans ce fichier ;
- si ce bloc est synchronisé avec le disque (
isdirtyàfalse) ; - s’il est « sale » (dirty, modifié en mémoire mais non synchronisé sur disque) ;
- et si ce bloc a été utilisé récemment, selon la valeur de
usagecount, de 0 (« n’est plus utilisé dernièrement ») à 5 (« récemment et fréquemment utilisé ») (voir les notions de buffer pin et clocksweep).
Contenu du cache de PostgreSQL :
pg_buffercache permet donc d’abord de voir ce qui est dans le cache de PostgreSQL. À titre d’exemple, cette requête affiche les plus gros objets de la base en cours en mémoire cache (dont, ici, un index) :
Conseil.
Il faut être dans la bonne base de données pour que les noms des tables soient accessibles (d’où le
LEFT OUTER JOINet les noms àNULL, qui sont des blocs soit libres, soit utilisés par d’autres bases).
Il y a parfois des surprises. Par exemple, certains index sur des UUID v4 peuvent avoir tendance à monopoliser le cache.
Rappelons que certains processus (VACUUM, ANALYZE, COPY, un parcours de table…) ont leur propre ring buffer, et donc n’apparaîtront pas immédiatement dans pg_buffercache.
Hot blocks :
pg_buffercache permet aussi de déterminer les hot blocks de la base, ou d’avoir une idée un peu plus précise du bon dimensionnement du cache. Si aucun bloc n’atteint un usagecount de 5, le cache est manifestement trop petit : il n’est pas capable de détecter les pages devant impérativement rester en cache. Inversement, si vous avez énormément d’entrées à 0 et quelques pages avec des usagecount très élevés, toutes ces pages à 0 sont égales devant le mécanisme d’éviction du cache. Elles sont donc supprimées à peu près de la même façon que du cache du système d’exploitation. Le cache de PostgreSQL dans ce cas fait « double emploi » avec lui, et pourrait être réduit.
Attention toutefois avec les expérimentations sur les caches : il existe des effets de seuils. Un cache trop petit peut de la même façon qu’un cache trop grand avoir une grande fraction d’enregistrements avec un usagecount à 0. Par ailleurs, le cache bouge extrêmement rapidement par rapport à notre capacité d’analyse. Nous ne voyons qu’un instantané, qui peut ne pas refléter toute la réalité. Le cache peut aussi avoir un comportement complètement différent selon le moment de la journée.
isdirty indique si un buffer est synchronisé avec le disque ou pas. Il est intéressant de vérifier qu’une instance dispose en permanence d’un certain nombre de buffers pour lesquels isdirty vaut false et pour lesquels usagecount vaut 0. Ces blocs n’ont pas à être écrits sur disque, et ils n’ont pas été utilisés depuis un certain temps : ils peuvent être remplacés immédiatement par d’autres blocs. S’il n’y a pas assez de tels blocs, c’est le signe :
- que
shared_buffersest probablement trop petit (il n’arrive pas à contenir les modifications) ; - et/ou que le
background_writern’est pas assez agressif.
On peut suivre la quantité de blocs dirty et l’usagecount avec une requête de ce genre, ici juste après une petite mise à jour de la table test :
Évincer des blocs du cache :
Depuis PostgreSQL 17, la fonction pg_buffercache_evict() permet de libérer un bloc du cache. Dans les versions précédentes, nettoyer le cache impose de redémarrer PostgreSQL, ou de charger une très grosse table avec pg_prewarm. Cette fonctionnalité est utile par exemple pour tester des requêtes ou du paramétrage de manière reproductible, sans être perturbé par l’effet de cache.
Il faut appeler pg_buffercache_evict() pour chaque bloc, avec l’identifiant du bloc en paramètre, . Le code retour de la fonction est un booléen, à true en général, sauf si le buffer pointé n’existe pas, était utilisé (pinned) ou s’il a été sali (dirtied).
Pour supprimer du cache de PostgreSQL tous les blocs de la relation pgbench_accounts dans la base en cours :
ou de manière plus synthétique :
À l’appel suivant, la table devra être relue hors du cache de PostgreSQL (mention read) :
Cache de Linux :
Le cache de Linux est complémentaire de celui de PostgreSQL. Pour des tests, il ne faut pas oublier de le purger aussi :
Pour étudier le comportement du cache de Linux, il existe l’extension pg_stat_kcache.
3.6 pg_prewarm
- Charge des blocs en cache :
- Ne pas oublier les index !
- N’interdit pas l’éviction
- Récupération du cache au redémarrage (v11)
- avec un petit paramétrage
Grâce à l’extension pg_prewarm, intégrée à PostgreSQL, il est possible de pré-charger une table ou d’autres objets dans la mémoire de PostgreSQL, ou celle du système d’exploitation, pour améliorer les performances par la suite.
Par exemple, on charge la table pgbench_accounts dans le cache de PostgreSQL ainsi, et on le vérifie avec pg_buffercache :
La valeur retournée correspond aux blocs chargés.
Il faut rappeler qu’une table ne se résume pas à ses données ! Il est au moins aussi intéressant de récupérer les index de la table en question :
Si le cache de PostgreSQL ne suffit pas, celui du système peut être aussi préchargé :
Charger une table en cache ne veut pas dire qu’elle va y rester ! Si les blocs chargés ne sont pas utilisés, ils seront évincés quand PostgreSQL aura besoin de faire de la place dans le cache, comme n’importe quels autres blocs.
Automatisation :
Cette extension peut sauvegarder le contenu du cache à intervalles réguliers ou lors de l’arrêt (propre) de PostgreSQL et le restaurer au redémarrage. Pour cela, paramétrer ceci :
Les blocs concernés sont sauvés dans un fichier autoprewarm.blocks dans le répertoire PGDATA. Un worker nommé autoprewarm leader apparaîtra.
L’intérêt est de réduire énormément la phase de rechargement en cache des donnés actives après un redémarrage, accidentel ou non. En effet, une grosse base très active et aux disques un peu lents peut mettre longtemps à re-remplir son cache et à retrouver des performances acceptables. De plus, ne seront rechargées que les données en cache précédemment, donc à priori les parties de tables réellement actives.
Autres possibilités :
La documentation décrit également comment charger :
- d’autres parties de la table comme la visibility map ;
- certains blocs précis.
3.7 Langages procéduraux
- Procédures & fonctions en différents langages
- Par défaut : SQL, C et PL/pgSQL
- Extensions officielles : Perl, Python
- Mais aussi Java, Ruby, Javascript…
- Intérêts : fonctionnalités, performances
Les langages officiellement supportés par le projet sont :
Voici une liste non exhaustive des langages procéduraux disponibles, à différents degrés de maturité :
Le wiki PostgreSQL contient un tableau des langages supportés.
Pour qu’un langage soit utilisable, il doit être activé au niveau de la base où il sera utilisé. Les trois langages activés par défaut sont le C, le SQL et le PL/pgSQL. Les autres doivent être ajoutés à partir des paquets de la distribution ou du PGDG, ou compilés à la main, puis l’extension installée dans la base :
Ces fonctions peuvent être utilisées dans des index fonctionnels et des triggers comme toute fonction SQL ou PL/pgSQL.
Chaque langage a ses avantages et inconvénients. Par exemple, PL/pgSQL est très simple à apprendre mais n’est pas performant quand il s’agit de traiter des chaînes de caractères. Pour ce traitement, il est souvent préférable d’utiliser PL/Perl, voire PL/Python. Évidemment, une routine en C aura les meilleures performances mais sera beaucoup moins facile à coder et à maintenir, et ses bugs seront susceptibles de provoquer un plantage du serveur.
Par ailleurs, les procédures peuvent s’appeler les unes les autres quel que soit le langage. S’ajoute l’intérêt de ne pas avoir à réécrire en PL/pgSQL des fonctions existantes dans d’autres langages ou d’accéder à des modules bien établis de ces langages.
3.7.1 Avantages & inconvénients
- PL/pgSQL plus performant pour l’accès aux données
- Chaque langage a son point fort
- Performances :
- latence (pas d’allers-retours)
- accès aux données depuis les fonctions
- bibliothèques de chaque langage
- index
- Langages trusted / untrusted
Il est courant de considérer que la logique métier (les fonctions) doit être intégralement dans l’applicatif, et pas dans la base de données. Même si l’on adopte ce point de vue, il faut savoir faire des exceptions pour prendre en compte les performances : une fonction, en PL/pgSQL ou un autre langage, exécutée dans la base de données économisera des aller-retours entre la base et le serveur applicatif, ce qui peut avoir un impact énorme (latence due à de nombreux ordres, ou durée de transfert des résultats intermédiaires).
Une fonction en Perl ou Python complexe peut servir aussi de critère d’indexation, pour des gains parfois énormes.
Le PL/pgSQL est le mieux intégré des langages (avec le C), D’autres langages peuvent subir une pénalité due à la communication avec l’interpréteur (car c’est bien celui présent sur le serveur qui est utilisé). Cependant, ils peuvent apporter des fonctionnalités qui manquent à PostgreSQL : PL/R, bibliothèques numériques NumPy et Scipy de Python…
Pour des raisons de sécurité, on distingue des langages trusted et untrusted. Un langage trusted est disponible pour tous les utilisateurs de la base, n’autorise pas l’accès à des données normalement inaccessibles à l’utilisateur, mais quelques fonctionnalités ont pu être supprimées (interaction avec l’environnement notamment). Un langage untrusted n’a pas ces limites et les fonctions ne peuvent être créées que par un super-utilisateur. PL/pgSQL est trusted. PL/Python n’existe qu’en untrusted (l’extension pour la version 3 se nomme plpython3u). PL/Perl existe dans les deux versions (extensions plperl et plperlu).
3.8 hll
COUNT(DISTINCT)est notoirement lent- Principe d’HyperLogLog :
- travail sur des hachages, avec perte
- estimation statistique
- non exact, mais beaucoup plus rapide
- Exemple :
- Type
hllpour pré-agréger des données
Les décomptes de valeurs distinctes sont une opération assez courante dans certains domaines : décompte de visiteurs distincts d’un site web ou d’un lieu, de patients d’un hôpital, de voyageurs, etc. Or COUNT(DISTINCT) est notoirement lent quand on fait face à un grand nombre de valeurs distinctes, à cause de la déduplication des valeurs, du maintien d’un espace pour le décompte, du besoin fréquent de fichiers temporaires…
Le principe de HyperLogLog est de ne pas opérer de calculs exacts, mais de calculer une estimation statistique, en utilisant une quantité de mémoire très faible et constante. En effet, dans beaucoup de contexte, il n’est pas forcément utile de connaître le nombre exact de clients, de passagers… Une approximation peut répondre à beaucoup de besoins. En fonction de l’imprécision acceptée, on peut économiser beaucoup de mémoire et de temps (un gain d’un facteur supérieur à 10 est fréquent).
Une extension dédiée existe, à présent maintenue par Citusdata. Le source est sur Github, et on trouvera les paquets dans les dépôts communautaires habituels.
La bibliothèque doit être préchargée dans chaque session pour être exécuté par l’optimiseur pour influencer les plans générés :
Puis charger l’extension dans la base concernée :
On peut alors immédiatement remplacer un COUNT(DISTINCT id) par cet équivalent :
Concrètement, l’identifiant à trier est haché (il y a une fonction dédiée par type). Puis un compteur statistique (un registre) est calculé ou mis à jour avec la fonction hll_add() (hll_add_agg(), dans l’exemple ci-dessus, est à hll_add() ce que la fonction d’agrégat sum() est à l’opérateur +). Les premiers bits du hachage servent à définir le registre à initier ou mettre à jour, et sur les bits restant on va compter le nombre de 0 avant le premier 1, l’idée étant que ce nombre a une probablité exponentiellement faible d’être grand, et que le maximum (sur tous les appels à hll_add()) va donner une bonne indication du nombre de valeurs différentes. En effet, il faut beaucoup de valeurs distinctes pour avoir une probabilité non négligeable de tomber sur un haché dont la représentation binaire contient une longue suite de zéros, à un offset donné.
La quantité de mémoire consommée est bornée par le nombre total de registres possibles. Avec les paramètres par défaut, on a 2048 registres de 5 bits, soit 1,2 ko.
Enfin, la fonction hll_cardinality() estime le nombre de valeurs distinctes originales à partir de ces registres, ce qui est une opération très rapide (essentiellement, le calcul d’une moyenne harmonique des registres).
Le paramétrage par défaut est déjà pertinent pour des cardinalités jusqu’au billion (1012) d’après la documentation, avec une erreur de l’ordre du pour cent. La précision de l’estimation peut être ajustée de manière générale, ou bien comme paramètre à la fonction de création de l’ensemble, comme dans ces exemples (ici avec les valeurs par défaut) :
Les deux premiers paramètres sont les plus importants : le nombre de registres utilisés (de 4 à 31, chaque incrément de 1 doublant la taille mémoire requise), et la taille des registres en bits (de 1 à 8). Des valeurs trop grandes risquent de rendre l’estimation inutilisable (résultat NaN).
Dans le monde décisionnel, il est fréquent de créer des tables d’agrégat avec des résultats pré-calculés sur un jour ou un mois. Cela ne fonctionne que partiellement pour des COUNT(DISTINCT) : par exemple, on ne peut sommer le nombre de voyageurs distincts de chaque mois pour calculer celui sur l’année, ce sont peut-être les mêmes clients toute l’année. L’extension apporte donc aussi un type hll destiné à stocker des résultats agrégés issus d’un appel à hll_add_agg(). On agrège le contenu de ces champs hll avec la fonction hll_union_agg(), et on peut procéder à l’estimation sur l’ensemble avec hll_cardinality.
3.9 Quiz
3.10 Travaux pratiques
Les corrigés détaillés sont disponibles dans la section Travaux pratiques (solutions).
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/x2_solutions.
3.10.1 Indexation de pattern avec les varchar_patterns et pg_trgm
But : Indexer des patterns avec les varchar_patterns et pg_trgm
Ces exercices nécessitent une base contenant une quantité de données importante.
On utilisera donc le contenu de livres issus du projet Gutenberg. Si vous ne l’avez pas déjà, la base gutenberg est disponible en deux versions : complète sur https://dali.bo/tp_gutenberg (dump de 0,5 Go, table de 21 millions de lignes dans 3 Go) ou https://dali.bo/tp_gutenberg10 pour un extrait d’un dizième. Le dump peut se restaurer par exemple dans une nouvelle base, et contient juste une table nommée textes.
Pour obtenir des plans plus lisibles, on désactive JIT et parallélisme :
Créer un index simple sur la colonne
contenude la table.
Rechercher un enregistrement commençant par « comme disent » : l’index est-il utilisé ?
Créer un index utilisant la classe
text_pattern_ops. Refaire le test.
On veut chercher les lignes finissant par « Et vivre ». Indexer
reverse(contenu)et trouver les lignes.
Installer l’extension
pg_trgm, puis créer un index GIN spécialisé de recherche dans les chaînes. Rechercher toutes les lignes de texte contenant « Valjean » de façon sensible à la casse, puis insensible.
Si vous avez des connaissances sur les expression rationnelles, utilisez aussi ces trigrammes pour des recherches plus avancées. Les opérateurs sont :
| opérateur | fonction |
|---|---|
| ~ | correspondance sensible à la casse |
| ~* | correspondance insensible à la casse |
| !~ | non-correspondance sensible à la casse |
| !~* | non-correspondance insensible à la casse |
Rechercher toutes les lignes contenant « Fantine » OU « Valjean » : on peut utiliser une expression rationnelle.
Rechercher toutes les lignes mentionnant à la fois « Fantine » ET « Valjean ». Une formulation d’expression rationnelle simple est « Fantine puis Valjean » ou « Valjean puis Fantine ».
3.10.2 auto_explain
But : Capturer les plans d’exécutions automatiquement avec auto_explain
Installer le module
auto_explain(documentation : https://docs.postgresql.fr/current/auto-explain.html).
Exécuter des requêtes sur n’importe quelle base de données, et inspecter les traces générées.
Passer le niveau de messages de sa session (
client_min_messages) àlog.
3.10.3 pg_stat_statements
But : Analyser les performances des requêtes avec pg_stat_statements
- pg_stat_statements nécessite une bibliothèque préchargée. La positionner dans le fichier
postgresql.conf, redémarrer PostgreSQL et créer l’extension.
- Inspecter le contenu de l’extension
pg_stat_statements(\dxet\dx+).
- Vérifier que le serveur est capable d’activer la mesure de la durée des entrées-sorties avec
pg_test_timing. Puis l’activer (track_io_timing), sans oublier de redémarrer PostgreSQL.- Depuis un autre terminal, créer une base pgbench (si pas déjà disponible), l’initialiser (même si elle existait), et lancer une activité dessus en arrière-plan :
- Dans la vue
pg_stat_statements, récupérer les 5 requêtes les plus gourmandes en temps cumulé sur l’instance et leur nombre de lignes.
Quelle est la requête générant le plus d’écritures directes sur disques (written) ? Et en temps d’écriture ?
Quel est le hit ratio des requêtes les plus fréquentes ?
3.10.4 PL/Python, import de page web et compression
But : Importer et stocker une page web au format compressé avec PL/Python
Sur la base du code suivant en python 3 utilisant un des modules standard (documentation : https://docs.python.org/3/library/urllib.request.html), créer une fonction PL/Python récupérant le code HTML d’une page web avec un simple
SELECT pageweb('https://www.postgresql.org/'):
Stocker le résultat dans une table.
Puis stocker cette page en compression maximale dans un champ
bytea, en passant par une fonction python inspirée du code suivant (documentation : https://docs.python.org/3/library/bz2.html) :
Écrire la fonction de décompression avec la fonction python
bz2.decompress.
Utiliser ensuite
convert_from( bytea, 'UTF8')pour récupérer untext.
3.10.5 PL/Perl et comparaison de performances
But : Exécuter un traitement performant avec PL/Perl
Ce TP s’inspire d’un billet de blog de Daniel Vérité, qui a publié le code des fonctions sur le wiki PostgreSQL sous licence PostgreSQL. Le principe est d’implémenter un remplacement en masse de nombreuses chaînes de caractères par d’autres. Une fonction codée en PL/perl peut se révéler plus rapide qu’une autre en PL/pgSQL.
Il utilise la base de données contenant des livres issus du projet Gutenberg, dans sa version complète qui contient Les Misérables de Victor Hugo. Si vous ne l’avez pas déjà, la base gutenberg est disponible en deux versions : complète sur https://dali.bo/tp_gutenberg (dump de 0,5 Go, table de 21 millions de lignes dans 3 Go) ou https://dali.bo/tp_gutenberg10 pour un extrait d’un dizième. Le dump peut se restaurer par exemple dans une nouvelle base, et contient juste une table nommée textes.
Créer la fonction
multi_replaceen PL/pgSQL à partir du wiki PostgreSQL : https://wiki.postgresql.org/wiki/Multi_Replace_plpgsql
Récupérer la fonction en PL/perl sur le même wiki : https://wiki.postgresql.org/wiki/Multi_Replace_Perl.
Vérifier que les deux fonctions ont le même nom mais des types de paramètres différents.
Le test va consister à transposer tous les noms et lieux des Misérables de Victor Hugo dans une version américaine :
- charger la base du projet Gutenberg si elle n’est pas déjà en place.
- créer une table
miserablesreprenant tous les livres dont le titre commence par « Les misérables ».
Tester le bon fonctionnement avec ces requêtes :
Pour faciliter la modification, prévoir une table pour stocker les critères :
Insérer par exemple les données suivantes :
Copier le contenu sous forme de tableau de caractères dans les autres champs :
Comparer la performance des deux fonctions suivantes :
3.10.6 hll
But : Estimer le nombre de valeurs distinctes plus rapidement avec hll
Installer l’extension
hlldans la base de données de test :le paquet est
hll_18oupostgresql-18-hll(adapter le numéro à votre version de PostgreSQL) selon la distribution ;l’extension se nomme
hll;elle nécessite d’être préalablement déclarée dans
shared_preload_libraries.
- Créer un jeu de données simulant des voyages en transport en commun, par passager selon la date :
- Activer l’affichage du temps (
timing).- Désactiver JIT.
- Passer la mémoire de tri à 64 Mo.
- Précharger la table dans le cache de PostgreSQL.
- Calculer, par mois, le nombre exact de voyages, et de passagers distincts.
- D’après le plan de la requête, quelle est la consommation mémoire ? Et la consommation de fichiers temporaires ?
- Calculer, pour toute l’année, le nombre exact de passagers distincts.
- Recompter les passagers dans les deux cas en remplaçant le
COUNT(DISTINCT)par cette expression :hll_cardinality(hll_add_agg(hll_hash_text(passager_id)))::int
- Réexécuter la requête mensuelle, en utilisant le nombre maximal de registres (17, contre 11 par défaut) :
SELECT date_trunc('month', d)::date AS mois, COUNT(*) AS nb_voyages, hll_cardinality(hll_add_agg(hll_hash_text(passager_id), 17))::int AS nb_d_passagers_mois FROM voyages GROUP BY 1 ORDER BY 1 ;
- Créer une table d’agrégat par mois avec un champ d’agrégat
hllet la remplir.
À partir de cette table d’agrégat :
- calculer le nombre moyen mensuel de passagers distincts,
- recalculer le nombre de passagers distincts sur l’année à partir de cette table d’agrégat.
3.11 Travaux pratiques (solutions)
Indexation de pattern avec les varchar_patterns et pg_trgm
Créer un index simple sur la colonne
contenude la table.
Il y aura une erreur si la base gutenberg est dans sa version complète, un livre de Marcel Proust dépasse la taille indexable maximale :
Pour l’exercice, on supprime ce livre avant d’indexer la colonne :
Rechercher un enregistrement commençant par « comme disent » : l’index est-il utilisé ?
Le plan exact peut dépendre de la version de PostgreSQL, du paramétrage exact, d’éventuelles modifications à la table. Dans beaucoup de cas, on obtiendra :
C’est un Seq Scan : l’index n’est pas utilisé !
Dans d’autres cas, on aura ceci (avec PostgreSQL 12 et la version complète de la base ici) :
C’est un Index Scan mais il ne faut pas crier victoire : l’index est parcouru entièrement (50 000 blocs !). Il ne sert qu’à lire toutes les valeurs de contenu en lisant moins de blocs que par un Seq Scan de la table. Le choix de PostgreSQL entre lire cet index et lire la table dépend notamment du paramétrage et des tailles respectives.
Le problème est que l’index sur contenu utilise la collation C et non la collation par défaut de la base, généralement en_US.UTF-8 ou fr_FR.UTF-8. Pour contourner cette limitation, PostgreSQL fournit deux classes d’opérateurs : varchar_pattern_ops pour varchar et text_pattern_ops pour text.
Créer un index utilisant la classe
text_pattern_ops. Refaire le test.
On constate que comme l’ordre choisi est l’ordre ASCII, l’optimiseur sait qu’après « comme disent », c’est « comme disenu » qui apparaît dans l’index.
Noter que Index Cond contient le filtre utilisé pour l’index (réexprimé sous forme d’inégalités en collation C) et Filter un filtrage des résultats de l’index.
On veut chercher les lignes finissant par « Et vivre ». Indexer
reverse(contenu)et trouver les lignes.
Cette recherche n’est possible avec un index B-Tree qu’en utilisant un index sur fonction :
Il faut ensuite utiliser ce reverse systématiquement dans les requêtes :
On constate que le résultat de reverse(contenu) a été directement utilisé par l’optimiseur. La requête est donc très rapide. On peut utiliser une méthode similaire pour la recherche insensible à la casse, en utiliser lower() ou upper().
Toutefois, ces méthodes ne permettent de filtrer qu’au début ou à la fin de la chaîne, ne permettent qu’une recherche sensible ou insensible à la casse, mais pas les deux simultanément, et imposent aux développeurs de préciser reverse, lower, etc. partout.
Installer l’extension
pg_trgm, puis créer un index GIN spécialisé de recherche dans les chaînes. Rechercher toutes les lignes de texte contenant « Valjean » de façon sensible à la casse, puis insensible.
Pour installer l’extension pg_trgm :
Pour créer un index GIN sur la colonne contenu :
Recherche des lignes contenant « Valjean » de façon sensible à la casse :
Puis insensible à la casse :
On constate que l’index a été nettement plus long à créer, et que la recherche est plus lente. La contrepartie est évidemment que les trigrammes sont infiniment plus souples. On constate aussi que le LIKE a dû encore filtrer 1 enregistrement après le parcours de l’index : en effet l’index trigramme est insensible à la casse, il ramène donc trop d’enregistrements, et une ligne avec « VALJEAN » a dû être filtrée.
Rechercher toutes les lignes contenant « Fantine » OU « Valjean » : on peut utiliser une expression rationnelle.
Rechercher toutes les lignes mentionnant à la fois « Fantine » ET « Valjean ». Une formulation d’expression rationnelle simple est « Fantine puis Valjean » ou « Valjean puis Fantine ».
auto_explain
Installer le module
auto_explain(documentation : https://docs.postgresql.fr/current/auto-explain.html).
Dans le fichier postgresql.conf, chargement du module et activation globale pour toutes les requêtes (ce qu’on évitera de faire en production) :
Redémarrer PostgreSQL.
Exécuter des requêtes sur n’importe quelle base de données, et inspecter les traces générées.
Le plan de la moindre requête (même un \d+) doit apparaître dans la trace.
Passer le niveau de messages de sa session (
client_min_messages) àlog.
Il est possible de recevoir les messages directement dans sa session. Tous les messages de log sont marqués d’un niveau de priorité. Les messages produits par auto_explain sont au niveau log. Il suffit donc de passer le paramètre client_min_messages au niveau log.
Positionner le paramètre de session comme ci-dessous, ré-exécuter la requête.
pg_stat_statements
- pg_stat_statements nécessite une bibliothèque préchargée. La positionner dans le fichier
postgresql.conf, redémarrer PostgreSQL et créer l’extension.
Le paramètre à modifier est shared_preload_libraries :
Si une autre extension (ici auto_explain) est également présente, on peut les déclarer ensemble ainsi :
Redémarrer PostgreSQL.
Dans la base postgres (par exemple), créer l’extension :
- Inspecter le contenu de l’extension
pg_stat_statements(\dxet\dx+).
L’extension installe divers objets, mais seule la vue pg_stat_statements nous intéressera ici.
- Vérifier que le serveur est capable d’activer la mesure de la durée des entrées-sorties avec
pg_test_timing. Puis l’activer (track_io_timing), sans oublier de redémarrer PostgreSQL.
pg_test_timing est livré avec PostgreSQL.
(Sur Debian & dérivé, le chemin est /usr/lib/postgresql/17/bin/pg_test_timing).
pg_test_timing est livré avec PostgreSQL et mesure les performances de l’horloge système. Si le temps de mesure renvoyé sur la deuxième ligne n’est que de quelques dizaines de nanosecondes, la machine est suffisamment rapide pour que track_io_timing renvoie des résultats précis et sans ralentir la requête. C’est le cas sur presque toutes les machines et systèmes d’exploitation actuels, mais il y a parfois des surprises, par exemple dans certaines machines virtuelles ou selon la source de l’horloge système. Sinon, éviter d’activer track_io_timing sur un serveur de production. Sur une machine de test ou de formation, ce n’est pas un problème.
Dans le fichier postgresql.conf, positionner :
Changer ce paramètre nécessite aussi de redémarrer PostgreSQL.
- Depuis un autre terminal, créer une base pgbench (si pas déjà disponible), l’initialiser (même si elle existait), et lancer une activité dessus en arrière-plan :
On a donc 5 clients qui vont mettre à jour la base à raison de 2000 transactions par seconde (valeur très dépendante des CPUs et des disques).
- Dans la vue
pg_stat_statements, récupérer les 5 requêtes les plus gourmandes en temps cumulé sur l’instance et leur nombre de lignes.
Le résultat va dépendre de l’historique de votre instance, et du temps déroulé depuis le lancement de pgbench, mais c’est probablement proche de ceci :
Noter que l’unique ordre COPY pour créer la base dure plus que la centaine de milliers d’occurences de la cinquième requête.
Quelle est la requête générant le plus d’écritures directes sur disques (written) ? Et en temps d’écriture ?
Pour les written, il faut tenir compte des trois sources : blocs du cache partagé, blocs des backends, fichiers temporaires.
(Cette requête est valable pour PostgreSQL 17 ; auparavant les champs shared_blk_write_time et local_blk_write_time étaient regroupés dans un champ blk_write_time.)
Il y a donc beaucoup d’écritures directes (champs *_written). C’est le signe que le cache en écriture de PostgreSQL est insuffisant (la base fait 2 Go, à peu près intégralement balayée, et le shared_buffers par défaut ne fait que 128 Mo), ou que le background writer doit être modifié pour nettoyer plus souvent les blocs dirty.
On note que l’UPDATE et le COPY ont écrit des blocs qui auraient dû passer uniquement par le cache, alors le ALTER TABLE, lui, a essentiellement écrit un fichier temporaire (champs temp_*), ce qui est logique lors d’une création d’index.
Avec des shared buffers plus importants, les shared_written sont quasiment absents. Ils proviennent essentiellement d’ordres lourds comme COPY.
Quel est le hit ratio des requêtes les plus fréquentes ?
On constate que le hit ratio est parfait, sauf la première requête. C’est logique, car la table pgbench_accounts ne tient pas dans le cache par défaut et elle est balayée à peu près entièrement par les requêtes de pgbench.
PL/Python, import de page web et compression
Sur la base du code suivant en python 3 utilisant un des modules standard (documentation : https://docs.python.org/3/library/urllib.request.html), créer une fonction PL/Python récupérant le code HTML d’une page web avec un simple
SELECT pageweb('https://www.postgresql.org/'):
Il faut bien évidemment que PL/Python soit installé. D’abord le paquet, ici sous Rocky Linux 8 avec PostgreSQL 17 (le nom du paquet doit être adapté à la version de PostgreSQL) :
Sur Debian, Ubuntu et dérivés ce sera :
Puis, dans la base de données concernée :
La fonction PL/Python est :
Évidemment, il ne s’agit que d’un squelette ne gérant pas les erreurs, les redirections, etc.
Stocker le résultat dans une table.
On vérifie ainsi le bon fonctionnement :
Puis stocker cette page en compression maximale dans un champ
bytea, en passant par une fonction python inspirée du code suivant (documentation : https://docs.python.org/3/library/bz2.html) :
Même si la page récupérée est en texte, la fonction python exige du binaire, donc le champ en entrée sera du bytea :
On peut faire la conversion depuis text à l’appel ou modifier la fonction pour qu’elle convertisse d’elle-même. Mais le plus confortable est de créer une fonction SQL de même nom qui se chargera de la conversion. Selon le type en paramètre, l’une ou l’autre fonction sera appelée.
Compression de la page :
Conseil.
NB : PostgreSQL stocke déjà les textes longs sous forme compressée (mécanisme du TOAST).
Tout ceci n’a donc d’intérêt que pour gagner quelques octets supplémentaires, ou si le
.bz2doit être réutilisé directement. Noter que l’on utilise ici uniquement des fonctionnalités standards de PostgreSQL et python3, sans module extérieur à la fiabilité inconnue.De plus, les données ne quittent pas le serveur, épargnant du trafic réseau.
Écrire la fonction de décompression avec la fonction python
bz2.decompress.
Utiliser ensuite
convert_from( bytea, 'UTF8')pour récupérer untext.
Vérification que l’on obtient au final le même texte qu’avant compression :
PL/Perl et comparaison de performances
Créer la fonction
multi_replaceen PL/pgSQL à partir du wiki PostgreSQL : https://wiki.postgresql.org/wiki/Multi_Replace_plpgsql
Le code sur le wiki est le suivant :
Récupérer la fonction en PL/perl sur le même wiki : https://wiki.postgresql.org/wiki/Multi_Replace_Perl.
Évidemment, il faudra l’extension dédiée au langage Perl :
Le code de la fonction est :
Vérifier que les deux fonctions ont le même nom mais des types de paramètres différents.
PostgreSQL sait quelle fonction appeler selon les paramètres fournis.
Le test va consister à transposer tous les noms et lieux des Misérables de Victor Hugo dans une version américaine :
Le test va consister à transposer tous les noms et lieux des Misérables de Victor Hugo dans une version américaine :
- charger la base du projet Gutenberg si elle n’est pas déjà en place.
- créer une table
miserablesreprenant tous les livres dont le titre commence par « Les misérables ».
Cette table fait 68 000 lignes.
Tester le bon fonctionnement avec ces requêtes :
Le texte affiché doit comporter « Jean Valjohn » et « Lucy ».
Pour faciliter la modification, prévoir une table pour stocker les critères :
Insérer par exemple les données suivantes :
Copier le contenu sous forme de tableau de caractères dans les autres champs :
On vérifie le contenu :
Comparer la performance des deux fonctions suivantes :
Selon les performances de la machine, les résultats peuvent varier, mais la première (en PL/perl) est probablement plus rapide. La fonction en PL/perl montre son intérêt quand il y a beaucoup de substitutions.
hll
Installer l’extension
hlldans la base de données de test :le paquet est
hll_18oupostgresql-18-hll(adapter le numéro à votre version de PostgreSQL) selon la distribution ;l’extension se nomme
hll;elle nécessite d’être préalablement déclarée dans
shared_preload_libraries.
Sur Rocky Linux et autres dérivés Red Hat :
Sur Debian, Ubuntu et dérivés :
Modifier postgresql.conf ainsi afin que la bibliothèque soit préchargée dès le démarrage du serveur :
Redémarrer PostgreSQL.
Installer l’extension dans la base :
- Créer un jeu de données simulant des voyages en transport en commun, par passager selon la date :
Cette table de 10 millions de voyages étalés de janvier à décembre 2026 pèse 498 Mo.
À cause de la partie aléatoire, vos résultats peuvent s’écarter légèrement de ceux qui suivent.
- Activer l’affichage du temps (
timing).- Désactiver JIT.
- Passer la mémoire de tri à 64 Mo.
- Précharger la table dans le cache de PostgreSQL.
- Calculer, par mois, le nombre exact de voyages, et de passagers distincts.
- D’après le plan de la requête, quelle est la consommation mémoire ? Et la consommation de fichiers temporaires ?
Le plan de cette même requête avec EXPLAIN (ANALYZE, BUFFERS) est :
L’essentiel du temps est passé dans l’opération de tri. work_mem n’est pas assez haut pour que celle-ci se fasse en mémoire, des fichiers temporaires sont donc utilisés pour un total de 200 Mo sur disque. Avec un disque performant, ce n’est pas forcément un problème en matière de temps d’exécution (comme ici), mais cela réprésente tout de même une consommation d’I/O qui peut participer à la charge générale du serveur. Pour la consommation mémoire, ce n’est pas indiqué explicitement dans le plan, mais le processus backend a utilisé la totalité de work_mem, donc 64 Mo, car il a découpé l’ensemble à trier par batchs de 64 Mo, triant ceux-ci un par un en mémoire, et les sauvegardants en fichiers temporaires au fur et à mesure.
- Calculer, pour toute l’année, le nombre exact de passagers distincts.
On a donc environ 800 000 voyages chaque mois, répartis sur environ 500 000 passagers mensuels, mais il n’y a en fait qu’un million de personnes distinctes.
- Recompter les passagers dans les deux cas en remplaçant le
COUNT(DISTINCT)par cette expression :hll_cardinality(hll_add_agg(hll_hash_text(passager_id)))::int
Les ID des passagers sont hachés, agrégés, et le calcul de cardinalité se fait sur l’ensemble complet.
L’accélération par rapport à la première requête est notable (facteur 8 ici, mais cela dépend beaucoup des caractéristiques du serveur). Les chiffres sont différents, mais très proches (écart souvent inférieur à 1 %, au maximum 2,8 %).
Le plan est parallélisé. Aucun fichier temporaire n’est produit, et la consommation mémoire est faible : moins de 2 Mo par processus, donc moins de 6 Mo au total.
Pour l’année, on a un résultat similaire :
L’écart est de 0,7 % pour une durée réduite d’un facteur 16. La perte en précision est-elle acceptable pour les besoins applicatifs ? C’est un choix fonctionnel. On peut d’ailleurs agir dessus.
- Réexécuter la requête mensuelle, en utilisant le nombre maximal de registres (17, contre 11 par défaut) :
SELECT date_trunc('month', d)::date AS mois, COUNT(*) AS nb_voyages, hll_cardinality(hll_add_agg(hll_hash_text(passager_id), 17))::int AS nb_d_passagers_mois FROM voyages GROUP BY 1 ORDER BY 1 ;
La requête mensuelle dure à peine plus longtemps pour un écart par rapport à la réalité de l’ordre de 0,02 à 0,6 %.
Selon les cas et après des tests soigneux, on testera donc l’intérêt de modifier ces paramètres tels que décrits sur le site du projet : https://github.com/citusdata/postgresql-hll
- Créer une table d’agrégat par mois avec un champ d’agrégat
hllet la remplir.
Cette table d’agrégat n’a que 12 lignes mais contient un champ de type hll agrégeant les passager_id de ce mois. Sa taille n’est que d’1 Mo :
À partir de cette table d’agrégat :
- calculer le nombre moyen mensuel de passagers distincts,
- recalculer le nombre de passagers distincts sur l’année à partir de cette table d’agrégat.
La fonction pour agréger des champs de type hll est hll_union_agg. La requête est donc :
L’extension HyperLogLog permet donc d’utiliser des tables d’agrégat pour un COUNT(DISTINCT). De manière presque instantanée, on retrouve la même estimation presque parfaite que ci-dessus. Il aurait été impossible de la recalculer depuis la table d’agrégat (au contraire de la moyenne par mois, ou d’une somme du nombre de voyages).
Source : manuel complet PDF, révision 26.09, pages PDF 143-204. Les énoncés de TP et les solutions proviennent de la version complète.
4 Partitionnement sous PostgreSQL
4/ Partitionnement sous PostgreSQL
Ce chapitre reprend l’intégralité des pages PDF 205-268 du manuel complet PERF2, y compris les énoncés de travaux pratiques et les solutions.

4.1 Principe & intérêts du partitionnement
- Principes et intérêts
- Historique
- Les différents types
- applicatif
- par héritage (historique)
- déclaratif (à favoriser)
Le partitionnement est une technique consistant à scinder des grosses tables en plusieurs « partitions », d’abord pour des raisons de place et de maintenance. Dans l’idéal, la table partitionnée reste utilisable en tant que table unique, de manière plus ou moins transparente.
Un partitionnement entièrement géré par le moteur n’existe réellement que depuis la version 10 de PostgreSQL.
Jusqu’à la version 9.6, PostgreSQL ne connaissait que le partitionnement « par héritage », nettement moins flexible et performant. Bien sûr, il existe encore beaucoup d’applications qui « partitionnent » les données elles-mêmes, sans utiliser les mécanismes du moteur.
4.1.1 Pourquoi partitionner ?
- Faciliter la maintenance de gros volumes
VACUUM(FULL), réindexation, déplacements, sauvegarde logique…
- Gain en performance
- parcours complet sur de plus petites tables
- statistiques par partition plus précises
- purge par partitions entières
pg_dumpparallélisable- tablespaces différents (données froides/chaudes)
- Attention à la maintenance sur le code
Maintenir de très grosses tables peut devenir fastidieux, voire impossible. Ce genre de problème peut survenir :
VACUUM FULLtrop longs voire impossibles à cause d’un espace disque insuffisant ;- autovacuum pas assez réactif sur les grosses tables ;
- index trop gros et réindexations interminables ;
pg_dumpne sait pas paralléliser la sauvegarde d’une table volumineuse ;- purge de grandes quantité de données très longue ;
- statistiques plus assez fines (et augmenter l’échantillonnage ne suffit pas forcément) ;
- dilution des lignes actives dans la table au détriment du hit ratio et des I/O ;
- mauvaise corrélation de lignes récupérées ensembles ;
- impossibilité de séparer données actives et inactives au niveau physique (tablespaces).
Certains outils existent pour mitiger ces problèmes (index partiels, index BRIN, autovacuum plus agressif…) mais ne sont pas des solutions définitives.
Le partitionnement consiste à scinder une table en plusieurs sous-tables (partitions) elles-mêmes manipulables en tant que tables à part entière.
Maintenance
La maintenance s’effectue sur les partitions plutôt que sur l’ensemble complet des données. En particulier, un VACUUM FULL ou une réindexation peuvent s’effectuer partition par partition, ce qui permet de limiter les interruptions en production, et lisser la charge.
pg_dump peut sauvegarder les différentes partitions d’une même table en parallèle.
Le partitionnement est aussi un préalable au déplacement d’une partie des données dans un autre tablespace pour des raisons de place, ou pour déporter les parties les moins utilisées de la table vers des disques plus lents et moins chers. Cependant, il faut mettre en balance le coût de migration du modèle existant avec l’économie réalisée sur les disques.
Parcours complet de partitions
Certaines requêtes (notamment décisionnelles) ramènent tant de lignes, ou ont des critères si complexes, qu’un parcours complet de la table est souvent privilégié par l’optimiseur.
Un partitionnement, souvent par date, permet de ne parcourir qu’une ou quelques partitions au lieu de l’ensemble des données. C’est le rôle de l’optimiseur de choisir la partition (partition pruning), par exemple celle de l’année en cours, ou des mois sélectionnés.
Suppression des partitions
La suppression de données parmi un gros volume peut poser des problèmes d’accès concurrents ou de performance, par exemple dans le cas de purges. En configurant judicieusement les partitions, on peut résoudre cette problématique en supprimant une partition (ici en partitionnement déclaratif) :
ou en la détachant :
pour l’archiver (et la réattacher au besoin) ou la supprimer ultérieurement.
D’autres optimisations sont décrites dans ce billet de blog d’Adrien Nayrat : statistiques plus précises au niveau d’une partition, réduction plus simple de la fragmentation des index, jointure par rapprochement des partitions…
La principale difficulté d’un système de partitionnement consiste à partitionner avec un impact minimal sur la maintenance du code par rapport à une table classique.
4.2 Partitionnement applicatif
…ou la réinvention de la roue
4.2.1 Partitionnement applicatif
- Gestion au niveau applicatif, table par table
- Complexité pour le développeur
- Intégrité des données ?
L’application peut gérer le partitionnement elle-même, par exemple en créant des tables numérotées par mois, année… Le moteur de PostgreSQL ne voit que des tables classiques et ne peut assurer l’intégrité entre ces données.
Sur le principe, c’est très simple. Mais le développeur doit réinventer la roue :
- choix de la table dans chaque requête ;
- cohérence des schémas de données entre chaque table/partition ;
- gestion des index sur chacune… La lecture des données qui concerne plusieurs tables peut devenir délicate.
Ce modèle extrêmement fréquent est bien sûr à éviter, Ce modèle est bien sûr à éviter, mais on le rencontre encore fréquemment.
4.3 Partitionnement par héritage
Historique, ou pour un cas très spécifique
4.3.1 Partitionnement par héritage
- Table mère :
- définie normalement, peut contenir des lignes
- Tables filles :
- héritent des propriétés de la table mère
- …mais pas des contraintes, index et droits
- colonnes supplémentaires possibles
- Insertion applicative ou par trigger (lent !)
Cette technique était assez utilisée, faute de mieux, pour partitionner avant PostgreSQL 10. Des applications l’utilisant peuvent encore se rencontrer.
Principe du partitionnement par héritage :
PostgreSQL permet de créer des tables qui héritent les unes des autres. L’héritage d’une table mère transmet les propriétés suivantes à la table fille :
- les colonnes, avec le type et les valeurs par défaut ;
- les contraintes
CHECK.
Les tables filles peuvent ajouter leurs propres colonnes. Par exemple :
La table poissons possède les champs des tables dont elle hérite :
On peut créer toute une hiérarchie avec des branches parallèles, chacune avec ses colonnes propres :
On remarquera que la clé primaire manque. En effet, l’héritage ne transmet pas :
- les contraintes d’unicité et référentielles ;
- les index ;
- les droits.
Chaque table possède ses propres lignes :
Par défaut une table affiche aussi le contenu de ses tables filles et les colonnes communes :
Pour ne consulter que le contenu de la table sans ses filles :
Limites et problèmes :
En conséquence, on a bien affaire à des tables indépendantes. Rien n’empêche d’avoir des doublons entre la table mère et la table fille. Cela empêche aussi bien sûr la mise en place de clé étrangère, puisqu’une clé étrangère s’appuie sur une contrainte d’unicité de la table référencée. Lors d’une insertion, voire d’une mise à jour, le choix de la table cible se fait par l’application ou un trigger sur la table mère.
Il faut être vigilant à bien recréer les contraintes et index manquants ainsi qu’à attribuer les droits sur les objets de manière adéquate. L’une des erreurs les plus fréquentes est d’oublier de créer les contraintes, index et droits qui n’ont pas été transmis.
Ce type de partitionnement est un héritage des débuts de PostgreSQL, à l’époque de la mode des « bases de donnée objet ». Dans la pratique, dans les versions antérieures à la version 10, l’héritage était utilisé pour mettre en place le partitionnement. La maintenance des index, des contraintes et la nécessité d’un trigger pour aiguiller les insertions vers la bonne table fille, ne facilitaient pas la maintenance. Les performances en écritures étaient bien en-deçà des tables classiques ou du partitionnement déclaratif apparu ensuite.
Table partitionnée en détournant le partitionnement par héritage :
Noter qu’il reste encore à gérer les mises à jour de lignes… À cause de ce trigger, le temps d’insertion peut être allègrement multiplié par huit ou dix par rapport à une insertion dans une table normale ou dans une table avec le partitionnement déclaratif moderne.
La même table en partitionnement déclaratif par liste est :
Attention.
Si le partitionnement par héritage fonctionne toujours sur les versions récentes de PostgreSQL, il est déconseillé pour les nouveaux développements.
4.4 Partitionnement déclaratif
4.4.1 Partitionnement déclaratif
- Mise en place et administration simplifiées, intégrées au moteur
- Gestion automatique des lectures et écritures
- et rapide
- Partitions
- attacher/détacher une partition
- contrainte implicite de partitionnement
- expression possible pour la clé de partitionnement
- sous-partitions possibles
- partition par défaut
Le partitionnement déclaratif est le système à privilégier de nos jours. Apparu en version 10, il a été grandement amélioré dans les versions 11 à 13, en fonctionnalités comme en performances. Des améliorations continuent à arriver à chaque version : préférez les versions récentes de PostgreSQL. Son but est de permettre une mise en place et une administration simples des tables partitionnées. Des clauses spécialisées ont été ajoutées aux ordres SQL, comme CREATE TABLE et ALTER TABLE, pour attacher (ATTACH PARTITION) et détacher des partitions (DETACH PARTITION).
Grosse simplification par rapport à l’ancien partitionnement par héritage : il n’est pas nécessaire d’ajouter des triggers pour gérer les insertions et mises à jour. Le routage est géré de façon automatique en fonction de la définition des partitions, au besoin vers une partition par défaut, et sans pénalité notable en performances.
Contrairement au partitionnement par héritage, la table partitionnée ne contient pas elle-même de ligne, ce n’est qu’une coquille vide.
4.4.2 Partitionnement par liste

4.4.3 Partitionnement par liste : implémentation
Liste de valeurs par partition
- statut, client, pays, année ou mois…
Clé de partitionnement forcément mono-colonne
Syntaxe :
Il est possible de partitionner une table par valeurs. Ce type de partitionnement fonctionne uniquement avec une clé de partitionnement mono-colonne (on verra qu’il est possible de sous-partitionner). Il faut que le nombre de valeurs soit assez faible pour être listé explicitement. Le partitionnement par liste est adapté par exemple au partitionnement par :
- type d’un objet ;
- client final (si peu de clients) ;
- géographie : pays, entité commerciale, entrepôt… ;
- statut d’un objet, pour isoler les données froides dans leur partition ;
- année ou mois (ne pas oublier de créer régulièrement de nouvelles partitions) pour faciliter les purges.
Voici un exemple de création d’une table partitionnée par liste et de ses partitions :
Les noms des partitions sont à définir par l’utilisateur, il n’y a pas d’automatisme ni de convention particulière.
Lors de l’insertion, les données sont correctement redirigées vers leur partition, comme le montre cette requête :
Il est aussi possible d’interroger directement une partition (ici t1_a et non t1) :
Si aucune partition correspondant à la clé insérée n’est trouvée et qu’aucune partition par défaut n’est déclarée, une erreur se produit.
Si la clé de partitionnement d’une ligne est modifiée par un UPDATE, la ligne change automatiquement de partition (sauf en version 10, où ce n’est pas implémenté, et l’on obtient une erreur).
4.4.4 Partitionnement par intervalle

4.4.5 Partitionnement par intervalle : implémentation
- Clé de partitionnement mono- ou multicolonnes
- dates, id…
- Bornes :
- supérieure exclue
MINVALUE/MAXVALUEpour infinis
- Syntaxe :
Le partitionnement par intervalle est très courant quand il y a de nombreuses valeurs différentes de la clé de partitionnement, ou qu’elle doit être multicolonnes, par exemple :
- selon une tranche de dates, notamment pour faciliter des purges ;
- selon des plages d’identifiants d’objets : client final, produit…
Voici un exemple de création de la table partitionnée et de deux partitions :
Le MAXVALUE indique la valeur maximale du type de données : t2_2 acceptera donc tous les entiers supérieurs ou égaux à 100.
Attention.
Noter que les bornes supérieures des partitions sont exclues ! La valeur 100 ira donc dans la seconde partition.
Lors de l’insertion, les données sont redirigées vers leur partition, s’il y en a une :
La colonne système tableoid permet de connaître la partition d’où provient une ligne :
4.4.6 Partitionnement par hachage

4.4.7 Partitionnement par hachage : principe
Pour une répartition uniforme des données :
Hachage de valeurs par partition
- indiquer un modulo et un reste
Clé de partitionnement mono- ou multicolonnes
Syntaxe :
Si la clé de partitionnement n’est pas évidente et que le besoin est surtout de répartir la volumétrie en partitions de tailles équivalentes, le partitionnement par hachage est adapté. Voici comment partitionner par hachage une table en trois partitions :
Une grosse insertion de données répartira les données de manière équitable entre les différentes partitions :
4.4.8 Clé de partitionnement multicolonnes
- Clé sur plusieurs colonnes :
- si partitionnement par intervalle ou hash (pas par liste)
- et si 1er champ toujours présent
- Syntaxe :
Avec le partitionnement par intervalle, il est possible de créer les partitions en utilisant plusieurs colonnes. On profitera de l’exemple ci-dessous pour montrer l’utilisation conjointe de tablespaces différents. Commençons par créer les tablespaces :
Créons maintenant la table partitionnée et deux partitions :
La borne supérieure étant exclue, la valeur (100, '2017-08-11') fera donc partie de la seconde partition. Si les valeurs sont bien comprises dans les bornes, tout va bien :
Mais si la valeur pour c1 est trop petite :
De même, si la valeur pour c3 (colonne de type date) est antérieure :
Les valeurs spéciales MINVALUE et MAXVALUE permettent de ne pas indiquer de valeur de seuil limite. Les partitions t2_0 et t2_3 pourront par exemple être déclarées comme suit et permettront d’insérer les lignes qui étaient ci-dessus en erreur.
Enfin, on peut consulter la table pg_class afin de vérifier la présence des différentes partitions :
Performances :
Si le premier champ de la clé de partitionnement n’est pas fourni, il semble que l’optimiseur ne sache pas cibler correctement les partitions. Il balaiera toutes les partitions. Ce peut être gênant si ce premier champ n’est pas systématiquement présent dans les requêtes.
Le sous-partitionnement est une alternative à étudier, également plus souple.
Il faut faire attention à ce que le nombre de combinaisons possibles ne mène pas à trop de partitions.
4.4.9 Sous-partitionnement
S’il y a deux chemins d’accès privilégiés :
- Plus souple que le partitionnement multicolonnes
Principe :
Les partitions sont des tables à part entière, qui peuvent donc être elles-mêmes partitionnées. Ce peut être utile si les requêtes alternent entre deux schémas d’accès.
Exemple :
L’exemple ci-dessus crée deux partitions selon statut (objets_123 et objets_45). La première partition est elle-même sous-partitionnée par année (objets_123_2023 et objets_123_2024). Cela permet par exemple, de faciliter la purge des données ou d’accélérer le temps de traitement si l’on requête sur une année entière. Il n’a pas été jugé nécessaire de sous-partitionner la seconde partition objets_45 (par exemple parce qu’elle est petite).
Il n’est pas obligatoire de sous-partitionner avec la même technique (liste, intervalle, hachage…) que le partitionnement de plus haut niveau.
Il n’y a pas besoin de fournir la première clé de partitionnement pour que les sous-partitions soient directement accessibles :
Fournir uniquement la première clé de partitionnement entraînera le parcours de toutes les sous-partitions concernées :
Bien sûr, l’idéal est de fournir les deux clés de partitionnement pour n’accéder qu’à une partition :
Cette fonctionnalité peut être ponctuellement utile, mais il ne faut pas en abuser en raison de la complexité supplémentaire. Toutes les clés de partitionnement devront se retrouver dans les clés primaires techniques des tables. Le nombre de partitions peut devenir très important.
Comparaison avec le partitionnement multicolonnes :
Le partitionnement multicolonnes est conceptuellement plus simple. Pour un même besoin, le nombre de partitions est identique. Mais le sous-partitionnement est plus souple :
- mélange possible des types de partitionnement (par exemple un partitionnement par liste sous-partitionné par intervalle de dates) ;
- type de sous-partitionnement différent possible selon les partitions.
4.4.10 Partition par défaut
- Pour le partitionnement par liste ou par intervalle
- Toutes les données n’allant pas dans les partitions définies iront dans la partition par défaut
- La conserver petite
Ajouter une partition par défaut permet de ne plus avoir d’erreur au cas où une partition n’est pas définie. Par exemple :
Comme la partition par défaut risque d’être parcourue intégralement à chaque ajout d’une nouvelle partition, il vaut mieux la garder de petite taille.
Un partitionnement par hachage ne peut posséder de table par défaut puisque les données sont forcément aiguillées vers une partition ou une autre.
4.4.11 Attacher une partition
- La table doit préexister
- Vérification du respect de la contrainte par les données existantes
- parcours complet de la table : lent !
- …sauf si contrainte
CHECKidentique déjà ajoutée
- Si la partition par défaut a des données qui iraient dans cette partition :
- erreur à l’ajout de la nouvelle partition
- détacher la partition par défaut
- ajouter la nouvelle partition
- déplacer les données de l’ancienne partition par défaut
- ré-attacher la partition par défaut
Ajouter une table comme partition d’une table partitionnée est possible mais cela nécessite de vérifier que la contrainte de partitionnement est valide pour toute la table attachée, et que la partition par défaut ne contient pas de données qui devraient figurer dans cette nouvelle partition. Cela résulte en un parcours complet de la table attachée, et de la partition par défaut si elle existe, ce qui sera d’autant plus lent qu’elles sont volumineuses.
Ce peut être très coûteux en disque, mais le plus gros problème est la durée du verrou sur la table partitionnée, pendant toute cette opération. Il est donc conseillé d’ajouter une contrainte CHECK adéquate avant l’ATTACH : la durée du verrou sera raccourcie d’autant. Pour que cette contrainte soit prise en compte, il faut faire attention aux bornes exactes en partitionnement par intervalle, et préciser IS NOT NULL si le champ n’est pas NOT NULL.
Si des lignes pour cette nouvelle partition figurent déjà dans la partition par défaut, des opérations supplémentaires sont à réaliser pour les déplacer. Ce n’est pas automatique.
Exemple :
4.4.12 Détacher une partition
- Simple et rapide
- Mais nécessite un verrou exclusif
- option
CONCURRENTLY
- option
Détacher une partition est beaucoup plus rapide qu’en attacher une. En effet, il n’est pas nécessaire de procéder à des vérifications sur les données des partitions.
Cependant, il reste nécessaire d’acquérir un verrou exclusif sur la table partitionnée, ce qui peut prendre du temps si des transactions sont en cours d’exécution. L’option CONCURRENTLY mitige le problème malgré quelques restrictions, notamment : pas d’utilisation dans une transaction, incompatibilité avec la présence d’une partition par défaut, et nécessité d’une commande FINALIZE si l’ordre a échoué ou été interrompu.
La partition détachée devient alors une table tout à fait classique. Elle perd la contrainte de partitionnement, mais elle conserve les autres contraintes, les index, etc. hérités de la table partitionnée originale, ou directement posés sur la table quand elle était une partition, voire posés avant que la table soit attachée comme partition à la table partitionnée.
4.4.13 Changer la définition d’une partition
- Si pas de conflit entre partitions :
- Sinon : déplacement de données manuel
Modifier la définition d’une partition n’est pas directement prévu. S’il s’agit d’élargir une partition (liste ou intervalle), sans avoir à gérer un recouvrement avec une autre partition, il est possible de détacher la partition, puis de la réattacher avec sa nouvelle définition, le tout au sein d’une partition. La re-vérification des données prendra cependant du temps. L’astuce du CHECK redondant avec la contrainte de partitionnement, posé avant le DETACH, fonctionne là aussi et réduit la durée du verrou.
S’il faut couper une partition en deux (split), ou fusionner des partitions (merge), il faudra migrer les données manuellement, si possible dans une seule transaction.
4.4.14 Supprimer une partition
Une partition étant une table, supprimer la table revient à supprimer la partition, en détruisant bien sûr les données qu’elle contient. Il n’y a pas besoin de détacher la table auparavant. L’opération est simple et rapide, mais demande un verrou exclusif.
Il est fréquent de partitionner par date pour profiter de cette facilité dans la purge des vieilles données. La durée en est énormément réduite, ainsi que les écritures de journaux puisqu’il n’y a plus de DELETE.
4.4.15 Fonctions de gestion et vues système
- Sous psql :
\dP pg_partition_tree ('logs'): liste entière des partitionspg_partition_root ('logs_2019'): racine d’une partitionpg_partition_ancestors ('logs_201901'): parents d’une partition
Voici le jeu de tests pour l’exemple qui suivra. Il illustre également l’utilisation de sous-partitions (ici sur la même clé, mais cela n’a rien d’obligatoire).
Et voici le test des différentes fonctions :
Noter les propriétés de « feuille » (leaf) et le niveau de profondeur dans le partitionnement.
Sous psql, \d affichera toutes les tables, partitions comprises, ce qui peut vite encombrer l’affichage. \dP affiche uniquement les tables et index partitionnés :
La table système pg_partitioned_table permet des requêtes plus complexes. Le champ pg_class.relpartbound contient les définitions des clés de partitionnement.
Conseil.
Pour masquer les partitions dans certains outils, il peut être intéressant de déclarer les partitions dans un schéma différent de la table principale.
Dans un cadre « multitenant » avec de nombreux schémas, et des partitions de même noms chacune dans son schéma, positionner
search_pathpermet de sélectionner implicitement la partition, facilitant la vie au développeur ou permettant de « mentir » à l’application.
4.4.16 Clé primaire et clé de partitionnement
La clé primaire doit contenir toutes les colonnes de la clé de partitionnement.
- Idem pour une contrainte unique
- Idem pour les clés étrangères vers la table partitionnée
- Pas un problème si on partitionne selon la clé
- Plus gênant si partitionnement par date, statut…
- Relâcher l’intégrité ? Séparer en deux tables ? UUID v7 ?
Clé de partitionnement incluse dans la clé primaire
Le partitionnement impose une contrainte importante sur la modélisation : la clé de partitionnement doit impérativement faire partie de la clé primaire (et des contraintes uniques).
En effet, PostgreSQL ne maintient pas d’index global couvrant toutes les partitions. Chaque index est lié à une seule partition. PostgreSQL ne peut donc garantir l’unicité d’un champ qu’au sein de chaque partition.
Dans beaucoup de cas cela ne posera pas de problème, notamment si on partitionne justement sur tout ou partie de cette clé primaire. Par exemple, avec une table partitionnée par hachage ou plage de valeurs de sa clé primaire, il n’y aura aucun impact. L’unicité reste garantie par le partitionnement et les index de chaque partition.
Conséquences du changement de clé primaire
Dans d’autres cas, c’est plus gênant. Si l’on partitionne par année, on remplace une clé primaire id par la clé (id,annee) : rien n’interdit plus à deux lignes de même id d’exister dans deux partitions par année différentes.
Le risque d’un doublon reste limité si la « vraie » clé primaire id est un identifiant géré par la base à l’insertion (serial ou IDENTITY). Mais avec des identifiants générés côté applicatif, il y a un risque d’introduire un doublon. Le problème est indépendant du type de l’identifiant (entier, UUID…).
Il peut être décidé d’accepter le risque. Rajouter des clés uniques sur l’identifiant dans chaque partition peut au moins garantir son unicité au sein de chaque partition.
Partitionner a aussi un impact sur les clés étrangères pointant vers la table partitionnée : elles doivent aussi contenir les deux colonnes (id,annee). C’est un peu plus fastidieux (surtout en cas de migration d’un existant important), et peut être le signe que la table concernée doit être partitionnée aussi.
Contournement avec une table supplémentaire
Une solution assez complexe est de créer une autre table non partitionnée avec la clé primaire réelle, et une contrainte de clé étrangère de la table partitionnée vers cette table.
Conceptuellement, cela revient à ne pas partitionner une grosse table, mais à en « sortir » la plupart des champs utilisés dans une autre table partitionnée portant une contrainte.
Il n’y aura pas forcément besoin d’utiliser une jointure supplémentaire dans les requêtes. Il faut estimer aussi la taille de la table non partitionnée portant juste les identifiants.
Exemple :
À la suppression, il ne faut pas oublier de supprimer des lignes dans les deux tables, dans le bon ordre :
(Une alternative serait de passer par un ON DELETE CASCADE sur factures_ref.)
Si l’on tient à être totalement propre pour garantir la cohérence des id entre les deux tables, une contrainte dans l’autre sens est possible. Par contre, toute suppression ou insertion impose de lever la contrainte dans la transaction.
Si l’on ne veut pas d’une contrainte deferrable ni d’un ON DELETE CASCADE, il y a aussi la possibilité d’insérer ou supprimer dans les deux tables à la fois en une seule transaction :
Enfin, une table des lignes de facture peut être déclarée ainsi avec la clé étrangère sur id :
au lieu de cette version qui doit intégrer la clé de partitionnement complète dans sa clé étrangère :
Astuce des clés primaires signifiantes
Pour éviter de créer de nouvelles colonnes, une astuce est de remplacer la clé primaire par une chaîne servant au partitionnement, finissant par l’identifiant réel. Cela donnerait par exemple des valeurs de clé comme FR00000001234 pour un partitionnement par pays, ou 2025061200001234 pour un partitionnement par date. Générer des partitions par plage de valeurs de l’identifiant est alors assez simple. Cela ne fonctionne pas si la clé de partitionnement doit évoluer (partitionnement par statut), ce ne serait plus une clé primaire.
Mais cette technique est fragile, car elle réclame un peu de développement pour générer les clés. Conceptuellement, des clés signifiantes sont à éviter, même si cela se retrouve encore dans de vieilles applications. De plus, des identifiants sous forme de chaînes de caractères deviennent souvent trop gros, avec un impact sur les performances, surtout s’il y a des jointures. Et il faut réécrire les clés étrangères vers les tables partitionnées.
Astuce des UUID v7
Pour le cas particulier, très fréquent, d’un partitionnement par date, une astuce nettement plus propre consiste à utiliser des UUID en version 7 comme identifiant de ligne.
Non seulement les UUID v7 évitent les gros soucis des UUID des versions précédentes liés au cache, mais ils contiennent leur date de génération (attention au fuseau horaire). Il est donc possible de partitionner selon des valeurs d’UUID correspondant à des dates précises. La table partitionnée conserve une clé primaire monocolonne, même s’il faut la réécrire. Dans une requête, pour réduire un accès à une partition, il faut réutiliser la fonction de conversion d’une date vers un UUID, ou d’une tranche de dates vers une tranches d’UUID, ce qui alourdit le code.
Un exemple détaillé est présenté dans un billet de Florent Jardin, inspiré entre autres notamment par ce billet de blog de Daniel Vérité.
PostgreSQL 18 devrait contenir les fonctions nécessaires pour créer des UUID, y compris pour une date précise, mais ces fonctions peuvent être installées sur les versions précédentes.
Sur les UUID et leur manipulation, voir https://dali.bo/s22_html#uuid
4.4.17 Indexation
- Propagation automatique
- Index supplémentaires par partition possibles
- Clés étrangères entre tables partitionnées
Les index sont propagés de la table mère aux partitions : tout index créé sur la table partitionnée sera automatiquement créé sur les partitions existantes. Toute nouvelle partition disposera des index de la table partitionnée. La suppression d’un index se fait sur la table partitionnée et concernera toutes les partitions. Il n’est pas possible de supprimer un tel index d’une seule partition.
Gérer des index manuellement sur certaines partitions est possible. Par exemple, on peut n’avoir besoin de certains index que sur les partitions de données récentes, et ne pas les créer sur des partitions de données d’archives.
Une clé primaire ou unique peut exister sur une table partitionnée (mais elle devra contenir toutes les colonnes de la clé de partitionnement) ; ainsi qu’une clé étrangère d’une table partitionnée vers une table normale.
Il est possible de créer une clé étrangère vers une table partitionnée de la même manière qu’entre deux tables normales. Par exemple, si les tables ventes et lignes_ventes sont toutes deux partitionnées :
4.4.18 Planification & performances
- Mettre la clé dans la requête autant que possible
- ou : cibler les partitions directement
- Temps de planification
- nombre de tables, d’index, leurs statistisques…
- max ~ 100 partitions
- À activer ?
enable_partitionwise_aggregateenable_partitionwise_join
Cibler la partition par la clé :
Si la clé de partitionnement n’est pas fournie, l’exécution concernera toutes les partitions, qu’elles soient accédées par Seq Scan ou Index Scan.
Attention.
Autant que possible, le développeur doit fournir la clé de partitionnement dans chaque requête, et le plan ciblera directement la bonne partition.
Comme avec les index, il faut vérifier que la clé est bien claire pour PostgreSQL. Si ce n’est pas le cas toutes les partitions seront lues :
alors que si PostgreSQL reconnaît la clé de partitionnement :
Partition pruning :
Dans le cas où la clé de partitionnement dépend du résultat d’un calcul, d’une sous-requête ou d’une jointure, PostgreSQL prévoit un plan concernant toutes les partitions, mais élaguera à l’exécution les appels aux partitions non concernées. Ci-dessous, seule pgbench_accounts_8 est interrogé (et ce peut être une autre partition si l’on répète la requête) :
Temps de planification :
Une limitation sérieuse du partitionnement tient au temps de planification qui augmente très vite avec le nombre de partitions, même petites. En effet, chaque partition ajoute ses statistiques et souvent plusieurs index aux tables système. Par exemple, dans le cas le plus défavorable d’une session qui démarre :
La section Planning indique le nombre de blocs qu’une session qui démarre doit mettre en cache, liés notamment aux tables systèmes et statistiques (ce phénomène est encore une raison d’éviter des sessions trop courtes). Dans cet exemple, sur la base partitionnée, il y a presque six fois plus de ces blocs, et on triple le temps de planification, qui reste raisonnable.
Conseil.
En général, on considère qu’il ne faut pas dépasser 100 partitions si l’on ne veut pas pénaliser les transactions courtes. Les dernières versions de PostgreSQL sont cependant meilleures sur ce point.
Ce problème de planification est moins gênant pour les requêtes longues (analytiques).
Pour contourner cette limite, il est possible d’utiliser directement les partitions, s’il est facile pour le développeur (ou le générateur de code…) de trouver leur nom, en plus de toujours fournir la clé. Interroger directement une partition est en effet aussi rapide à planifier qu’interroger une table monolithique :
Utiliser directement les partitions est particulièrement économe si leur nombre est grand, mais on perd alors le côté « transparent » du partitionnement, et on augmente la complexité du code applicatif.
Paramètres « partitionwise » :
Dans des cas plus complexes, notamment en cas de jointure entre tables partitionnées, le temps de planification peut exploser. Par exemple, pour la requête suivante où la table partitionnée est jointe à elle-même, le plan sur la table non partitionnée, cache de session chaud, renvoie :
Avec cent partitions, le temps de planification est ici multiplié par 50 :
Ce plan est perfectible : il récupère tout pgbench_accounts et le joint à toute la table. Il serait plus intelligent de travailler partition par partition puisque la clé de jointure est celle de partitionnement. Pour que PostgreSQL cherche à faire ce genre de chose, un paramètre doit être activé :
Les jointures se font alors entre partitions :
Le temps d’exécution passe de 1,2 à 0,2 s, ce qui justifie les quelques millisecondes perdues en plus en planification.
Un autre paramètre est à activer si des agrégations sur plusieurs partitions sont à faire :
enable_partitionwise_aggregate et enable_partitionwise_join sont désactivés par défaut à cause de leur coût en planification sur les petites requêtes, mais les activer est souvent rentable. Avec SET, cela peut se décider requête par requête.
4.4.19 Opérations de maintenance
- Tablespace par partition
- autovacuum/analyze
- sur les partitions (comme sur toute table)
VACUUM,VACUUM FULL,ANALYZE,REINDEX…- sur table mère : redescendent sur les partitions
- Statistiques pour toute la table partitionnée
ANALYZEouANALYZE ONLY(v18)
L’intérêt majeur du partitionnement est de pouvoir scinder les opérations en autant d’étapes qu’il y a de partitions.
Des données « froides » peuvent être déplacées dans un autre tablespace sur des disques moins chers, partition par partition, ce qui est impossible avec une table monolithique :
L’autovacuum et l’autoanalyze fonctionnent normalement et indépendamment sur chaque partition, comme pour des tables classiques. Ainsi ils peuvent se déclencher plus souvent sur les partitions actives, et même plus rapidement. Par rapport à une grosse table monolithique, il y a moins souvent besoin de régler l’autovacuum.
Les ordres ANALYZE et VACUUM sont généralement effectués sur une partition. Les statistiques sont calculées par partition, elles sont donc plus précises.
Reconstruire une table partitionnée avec VACUUM FULL se fait généralement partition par partition. Le partitionnement permet ainsi de résoudre les cas où le verrou sur une table monolithique est trop long, ou l’espace disque total insuffisant.
ANALYZE/ANALYZE ONLY sur la table partitionnée :
L’autovacuum ne crée pas spontanément de statistiques sur les données d’une table partitionnée dans son ensemble, mais uniquement sur les partitions isolées. Or, des statistiques sur toute la table partitionnée peuvent être utiles. Il faut les demander explicitement :
L’ordre procède à un échantillonnage réparti sur toutes les partitions. Mais l’ordre est propagé à toutes les partitions, et reprend un échantillon sur chacune d’entre elles. Si elles sont à jour, on peut gagner du temps en se limitant à l’échantillon global avec la clause ONLY (à partir de PostgreSQL 18) :
4.4.20 Sauvegardes
Sauvegarde physique : peu de différence
Avec pg_dump :
--jobs: efficace--load-via-partition-root- exclusion de partitions (v16+) :
--table-and-children--exclude-table-and-children--exclude-table-data-and-children
Grâce au partitionnement, un export par pg_dump --jobs devient efficace puisque plusieurs partitions peuvent être sauvegardées en parallèle.
La parallélisation peut être aussi un peu meilleure avec un outil de sauvegarde physique (comme pgBackRest ou Barman), qui parallélise les copies de fichiers, mais les grosses tables non partitionnées étaient de toute façon déjà découpées en fichier de 1 Go.
pg_dump a des options pour gérer l’export des tables partitionnées :
--load-via-partition-root permet de générer des ordres COPY ciblant la table mère et non la partition. Ce peut être pratique pour restaurer les données dans une base où la table est partitionnée séparément.
À partir de PostgreSQL 16, n’exporter qu’une table partitionnée se fait avec --table-and-children (et non --table/-t qui ne concernerait que la table mère). Exclure des tables partitionnées se fait avec --exclude-table-and-children (et non --exclude-table/-T). Pour exclure uniquement les données d’une table partitionnée en gardant sa structure, on utilisera --exclude-table-data-and-children. Ces trois options acceptent un motif (par exemple : pgbench_accounts_*) et peuvent être répétées dans la commande.
4.4.21 Limitations du partitionnement déclaratif et versions
- Pas de création automatique des partitions
- ni fusion/scission facile
- Planification : 100 partitions max conseillé
- Pas d’héritage multiple, schéma fixe
- sauf ajout d’index/contraintes sur chaque partition
- Partitions distantes : sans propagation d’index
- Clé de partitionnement calculée : pas vraiment possible
- (≤v16)
IDENTITY: uniquement sur la table partitionnée - PostgreSQL récent toujours conseillé
Certaines de ces limites ont été évoquées plus haut.
Limitations générales :
Une table partitionnée ne peut être convertie en table classique, ni vice-versa. (Par contre, une table classique peut être attachée comme partition, ou une partition détachée).
Les partitions ont forcément le même schéma de données que leur partition mère et héritent des contraintes et index de celle-ci. Il est interdit d’ajouter ou de retrancher de champs. L’ajout d’index ou de contraintes supplémentaires directement sur une partition est par contre possible.
Les clés de partition ne doivent évidemment pas se recouvrir.
Les contraintes ne peuvent s’exercer qu’au sein d’une même partition : les clés d’unicité doivent donc inclure toute la clé de partitionnement. Les contraintes d’exclusion ne peuvent vérifier toutes les partitions.
Il n’y a pas de notion d’héritage multiple.
Limitations liées à la création des partitions :
La création des partitions n’est pas automatisée : il faut les créer par avance manuellement ou par script planifié, ou un outil externe comme pg_partman ou pg_cron. Éventuellement prévoir une partition par défaut pour les cas qui ont pu être oubliés.
Changer les limites d’une partition n’est pas directement prévu. Il faut détacher la partition et réattacher la parition.
Il n’est pas possible de fusionner ou scinder des partitions. Il faudra déplacer les données manuellement.
Limitation sur les champs IDENTITY :
Jusque PostgreSQL 16 inclus, un champ GENERATED ALWAYS/BY DEFAULT AS IDENTITY est utilisable uniquement en insérant dans la table partitionnée, pas en insérant dans la partition. Sinon PostgreSQL se plaint que le champ est NULL. PostgreSQL 17 lève la limite.
Cependant les valeurs d’un champ IDENTITY continuent d’être générées par la séquence indépendamment des partitions, les unes à la suite des autres. Si ce champ fait partie de la clé de partitionnement, il y a aura une erreur si la valeur générée ne respecte pas la contrainte de partitionnement.
Limitations sur les clés calculées :
Il serait parfois pratique de partitionner suivant un champ calculé, par exemple par année quand on dispose d’un champ jour. Malheureusement, le moteur a des limites sur ce point :
- techniquement, une table avec
PARTITION BY LIST ((extract ('year' from jour)))fonctionne, mais PostgreSQL ne voudra pas créer de clé primaire incluant ce champ ; - une colonne générée automatiquement (clause
GENERATED ALWAYS AS ... STORED) ne peut faire partie de la clé de partitionnement ; - un trigger
BEFORE INSERTne peut modifier la partition cible d’une ligne ; - un trigger
INSTEAD OFsur une vue utilitaire peut fonctionner, mais complexifie l’interface et, comme tout trigger, pénalise les performances.
Des contournements sont possibles. La clé peut être calculée côté applicatif, même s’il s’agit juste d’appeler une fonction SQL. Le critère de partitionnement est souvent simple : un partitionnement différent peut convenir. Pour reprendre l’exemple du partitionnement par liste par année calculée à partir du jour, un partitionnement par intervalle de date serait tout aussi adapté.
Limitations liées aux performances :
Il faut éviter d’avoir trop de partitions, pour limiter les risques de dérapage du temps de planification. S’il y en a beaucoup, tenter de cibler directement les partitions qui intéressent une requête.
L’ordre CLUSTER, pour réécrire une table dans l’ordre d’un index donné, ne fonctionne pour les tables partitionnées qu’à partir de PostgreSQL 15. Il peut toutefois être exécuté manuellement table par table.
Limitations liées aux tables distantes :
Il est possible d’attacher comme partitions des tables distantes, généralement déclarées avec postgres_fdw, mais la propagation d’index ne fonctionnera pas sur ces tables. Il faudra les créer manuellement sur les instances distantes.
Limitations liées aux triggers :
Les triggers BEFORE UPDATE ... FOR EACH ROW sont possibles, mais il ne permettent pas de modifier la partition de destination.
Conseil.
Beaucoup de ces limitations dépendent des versions de PostgreSQL. Les versions à présent non supportées en avaient bien d’autres, non listées ici. Une version récente reste de toute manière préférable.
4.5 Tables distantes & sharding

- Tables distantes comme partitions : sharding
- Interrogation simultanée asynchrone
Il est possible d’attacher comme partitions des tables distantes (situées sur d’autres serveurs), généralement déclarées avec le Foreign Data Wrapper postgres_fdw.
NB : Dans le reste de ce chapitre, nous nommerons table étrangère (foreign table dans la documentation officielle) l’objet qui sert d’interface pour accéder, depuis l’instance locale, à la table distante (remote table), qui contient réellement les données.
Par exemple, si trois instances en France, Allemagne et Espagne possèdent chacune des tables clients et commandes ne contenant que les données de leur pays, on peut créer une autre instance utilisant des tables étrangères pour accéder aux trois tables, chaque table étrangère étant une partition d’une table partitionnée de cette instance européene.
Pour les instances nationales, cette instance européenne n’est qu’un client comme un autre, qui envoie des requêtes, et ouvre parfois des curseurs (fonctionnement normal de postgres_fdw). Si le pays est précisé dans une requête, la bonne partition est ciblée, et l’instance européenne n’interroge qu’une seule instance nationale.
La maquette suivante donne une idée du fonctionnement :
Une nouveauté de PostgreSQL 14 est ici particulièrement intéressante : l’option async_capable du serveur étranger (éventuellement de la table) peut être passée à on (le défaut est off). Les nœuds Foreign Scan typiques des accès distants sont alors remplacés par des nœuds Async Foreign Scan (asynchrones), et le serveur principal interroge alors simultanément les trois serveurs qui lui renvoient les données. Dans cet extrait des traces, les ordres FETCH sont entremêlés :
Les paramètres enable_partitionwise_join et enable_partitionwise_aggregate doivent impérativement être activés dans cette configuration. L’optimiseur cherche alors à « pousser » les jointures et les agrégations au niveau du nœud (et à les calculer directement sur les serveurs distants) comme dans le plan suivant (voir la version complète) :
Conseil.
Quand on utilise les tables étrangères, il est conseillée d’utiliser
EXPLAIN (VERBOSE), pour afficher les requêtes envoyées aux serveurs distants et vérifier que le minimum de volumétrie transite sur le réseau.
Cet exemple est une version un peu primitive de sharding, à réserver aux cas où les données sont clairement séparées. L’administration d’une configuration « multimaître » peut devenir compliquée : cohérence des différents schémas et des contraintes sur chaque instance, copie des tables de référence communes, risques de recouvrement des clés primaires entre bases, gestion des indisponibilités, sauvegardes cohérentes…
Noter que l’utilisation de partitions distantes rend impossible notamment la gestion automatique des index, il faut retourner à une manipulation table par table.
4.6 Extensions & outils
- Extension pg_partman
- automatisation
- Extensions dédiées à un domaine :
- timescaledb
- citus
L’extension pg_partman, de Crunchy Data, est un complément aux systèmes de partitionnement de PostgreSQL. Elle est apparue d’abord pour automatiser le partitionnement par héritage. Elle peut être utile avec le partitionnement déclaratif, pour simplifier la maintenance d’un partitionnement sur une échelle temporelle ou de valeurs (par range).
PostgresPro proposait un outil nommé pg_pathman, à présent déprécié en faveur du partitionnement déclaratif intégré à PostgreSQL.
timescaledb est une extension spécialisée dans les séries temporelles. Basée sur le partitionnement par héritage, elle vaut surtout pour sa technique de compression et ses utilitaires. La version communautaire sur Github ne comprend pas tout ce qu’offre la version commerciale.
citus est une autre extension commerciale. Le principe est de partitionner agressivement les tables sur plusieurs instances, et d’utiliser simultanément les processeurs, disques de toutes ces instances (sharding). Citus gère la distribution des requêtes, mais pas la maintenance des instances PostgreSQL supplémentaires. L’éditeur Citusdata a été racheté par Microsoft, qui le propose à présent dans Azure. En 2022, l’entièreté du code est passée sous licence libre. Le gain de performance peut être impressionnant, mais attention : certaines requêtes se prêtent très mal au sharding.
4.7 Conclusion
Le partitionnement déclaratif a de gros avantages pour le DBA
- …mais les développeurs doivent savoir l’utiliser
- Préférer une version récente de PostgreSQL
Le partitionnement par héritage n’a plus d’utilité pour la plupart des applications.
Le partitionnement déclaratif apparu en version 10 est mûr dans les dernières versions. Il introduit une complexité supplémentaire, que les développeurs doivent maîtriser, mais peut rendre de grands services quand la volumétrie augmente.
4.8 Quiz
4.9 Travaux pratiques
Les corrigés détaillés sont disponibles dans la section Travaux pratiques (solutions).
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/v1_solutions.
4.9.1 Partitionnement
But : Mettre en place le partitionnement déclaratif
Nous travaillons sur la base cave. Si vous ne l’avez pas déjà, la base cave (dump de 2,6 Mo, pour 71 Mo sur le disque au final) peut être téléchargée et restaurée ainsi :
Nous allons partitionner la table stock sur l’année.
Pour nous simplifier la vie, nous allons limiter le nombre d’années dans stock (cela nous évitera la création de 50 partitions) :
Nous n’avons maintenant que des bouteilles des années 2001 à 2005.
- Renommer
stockenstock_old.- Créer une table partitionnée
stockvide, sans index pour le moment.
- Créer les partitions de
stock, avec la contrainte d’année :stock_2001àstock_2005.
- Insérer tous les enregistrements venant de l’ancienne table
stock.
- Passer les statistiques pour être sûr des plans à partir de maintenant (nous avons modifié beaucoup d’objets).
- Vérifier la présence d’enregistrements dans
stock_2001(syntaxeSELECT ONLY).- Vérifier qu’il n’y en a aucun dans
stock.
- Vérifier qu’une requête sur
stocksur 2002 ne parcourt qu’une seule partition.
- Remettre en place les index présents dans la table
stockoriginale.- Il se peut que d’autres index ne servent à rien (ils ne seront dans ce cas pas présents dans la correction).
- Quel est le plan pour la récupération du stock des bouteilles du
vin_id1725, année 2003 ?
- Essayer de changer l’année de ce même enregistrement de
stock(la même que la précédente). Pourquoi cela échoue-t-il ?
- Supprimer les enregistrements de 2004 pour
vin_id= 1725.- Retenter la mise à jour.
- Pour vider complètement le stock de 2001, supprimer la partition
stock_2001.
- Tenter d’ajouter au stock une centaine de bouteilles de 2006.
- Pourquoi cela échoue-t-il ?
- Créer une partition par défaut pour recevoir de tels enregistrements.
- Retenter l’ajout.
- Tenter de créer la partition pour l’année 2006. Pourquoi cela échoue-t-il ?
- Pour créer la partition sur 2006, au sein d’une seule transaction :
- détacher la partition par défaut ;
- y déplacer les enregistrements mentionnés ;
- ré-attacher la partition par défaut.
4.9.2 Partitionner pendant l’activité
But : Mettre en place le partitionnement déclaratif sur une base en cours d’activité
Préparation
Créer une base pgbench vierge, de taille 10 ou plus.
NB : Pour le TP, la base sera d’échelle 10 (environ 168 Mo). Des échelles 100 ou 1000 seraient plus réalistes.
Dans une fenêtre en arrière-plan, laisser tourner un processus
pgbenchavec une activité la plus soutenue possible. Il ne doit pas tomber en erreur pendant que les tables vont être partitionnées ! Certaines opérations vont poser des verrous, le but va être de les réduire au maximum.
Pour éviter un « empilement des verrous » et ne pas bloquer trop longtemps les opérations, faire en sorte que la transaction échoue si l’obtention d’un verrou dure plus de 10 s.
Partitionnement par hash
Pour partitionner la table
pgbench_accountspar hash sur la colonneaidsans que le traitement pgbench tombe en erreur, préparer un script avec, dans une transaction :
- la création d’une table partitionnée par hash en 3 partitions au moins ;
- le transfert des données depuis
pgbench_accounts;- la substitution de la table partitionnée à la table originale.
Tester et exécuter.
Supprimer l’ancienne table
pgbench_accounts_old.
Partitionnement par valeur
pgbench doit continuer ses opérations en tâche de fond.
La table
pgbench_historyse remplit avec le temps. Elle doit être partitionnée par date (champmtime). Pour le TP, on fera 2 partitions d’une minute, et une partition par défaut. La table actuelle doit devenir une partition de la nouvelle table partitionnée.
- Écrire un script qui, dans une seule transaction, fait tout cela et substitue la table partitionnée à la table d’origine.
NB : Pour éviter de coder des dates en dur, il est possible, avec
psql, d’utiliser une variable :
Exécuter le script, attendre que les données s’insèrent dans les nouvelles partitions.
Purge
- Continuer de laisser tourner
pgbenchen arrière-plan.- Détacher et détruire la partition avec les données les plus anciennes.
Contraintes entre tables partitionnées
- Ajouter une clé étrangère entre
pgbench_accountsetpgbench_history. Voir les contraintes créées.
Si vous n’avez pas déjà eu un problème à cause du
statement_timeout, dropper la contrainte et recommencer avec une valeur plus basse. Comment contourner ?
Index global
On veut créer un index sur
pgbench_history (aid).Pour ne pas gêner les écritures, il faudra le faire de manière concurrente. Créer l’index de manière concurrente sur chaque partition, puis sur la table partitionnée.
4.10 Travaux pratiques (solutions)
Partitionnement
But : Mettre en place le partitionnement déclaratif
Pour nous simplifier la vie, nous allons limiter le nombre d’années dans stock (cela nous évitera la création de 50 partitions).
Nous n’avons maintenant que des bouteilles des années 2001 à 2005.
- Renommer
stockenstock_old.- Créer une table partitionnée
stockvide, sans index pour le moment.
- Créer les partitions de
stock, avec la contrainte d’année :stock_2001àstock_2005.
- Insérer tous les enregistrements venant de l’ancienne table
stock.
- Passer les statistiques pour être sûr des plans à partir de maintenant (nous avons modifié beaucoup d’objets).
- Vérifier la présence d’enregistrements dans
stock_2001(syntaxeSELECT ONLY).- Vérifier qu’il n’y en a aucun dans
stock.
- Vérifier qu’une requête sur
stocksur 2002 ne parcourt qu’une seule partition.
- Remettre en place les index présents dans la table
stockoriginale.- Il se peut que d’autres index ne servent à rien (ils ne seront dans ce cas pas présents dans la correction).
Les autres index ne servent à rien sur les partitions : idx_stock_annee est évidemment inutile, mais idx_stock_vin_annee aussi, puisqu’il est inclus dans l’index unique que nous venons de créer.
- Quel est le plan pour la récupération du stock des bouteilles du
vin_id1725, année 2003 ?
- Essayer de changer l’année de ce même enregistrement de
stock(la même que la précédente). Pourquoi cela échoue-t-il ?
C’est une violation de contrainte unique, qui est une erreur normale : nous avons déjà un enregistrement de stock pour ce vin pour l’année 2004.
- Supprimer les enregistrements de 2004 pour
vin_id= 1725.- Retenter la mise à jour.
- Pour vider complètement le stock de 2001, supprimer la partition
stock_2001.
- Tenter d’ajouter au stock une centaine de bouteilles de 2006.
- Pourquoi cela échoue-t-il ?
Il n’existe pas de partition définie pour l’année 2006, cela échoue donc.
- Créer une partition par défaut pour recevoir de tels enregistrements.
- Retenter l’ajout.
- Tenter de créer la partition pour l’année 2006. Pourquoi cela échoue-t-il ?
Cela échoue car des enregistrements présents dans la partition par défaut répondent à cette nouvelle contrainte de partitionnement.
- Pour créer la partition sur 2006, au sein d’une seule transaction :
- détacher la partition par défaut ;
- y déplacer les enregistrements mentionnés ;
- ré-attacher la partition par défaut.
Partitionner pendant l’activité
But : Mettre en place le partitionnement déclaratif sur une base en cours d’activité
Préparation
Créer une base pgbench vierge, de taille 10 ou plus.
Dans une fenêtre en arrière-plan, laisser tourner un processus
pgbenchavec une activité la plus soutenue possible. Il ne doit pas tomber en erreur pendant que les tables vont être partitionnées ! Certaines opérations vont poser des verrous, le but va être de les réduire au maximum.
L’activité est à ajuster en fonction de la puissance de la machine. Laisser l’affichage défiler dans une fenêtre pour bien voir les blocages.
Pour éviter un « empilement des verrous » et ne pas bloquer trop longtemps les opérations, faire en sorte que la transaction échoue si l’obtention d’un verrou dure plus de 10 s.
Un verrou en attente peut bloquer les opérations d’autres transactions venant après. On peut annuler l’opération à partir d’un certain seuil pour éviter ce phénomène :
Cela ne concerne cependant pas les opérations une fois que les verrous sont acquis. On peut garantir qu’un ordre donné ne durera pas plus d’une certaine durée :
En fonction de la rapidité de la machine et des données à déplacer, cette interruption peut être tolérable ou non.
Partitionnement par hash
Pour partitionner la table
pgbench_accountspar hash sur la colonneaidsans que le traitement pgbench tombe en erreur, préparer un script avec, dans une transaction :
- la création d’une table partitionnée par hash en 3 partitions au moins ;
- le transfert des données depuis
pgbench_accounts;- la substitution de la table partitionnée à la table originale.
Tester et exécuter.
Le champ aid n’a pas de signification, un partitionnement par hash est adéquat.
Le script peut être le suivant :
À la moindre erreur, la transaction tombe en erreur. Il faudra demander manuellement ROLLBACK.
Si la durée fixée par statement_timeout est dépassée, on aura cette erreur :
Surtout, le traitement pgbench reprend en arrière-plan. On peut alors relancer le script corrigé plus tard.
Si tout se passe bien, un \d+ renvoie ceci :
On peut vérifier rapidement que les valeurs de aid sont bien réparties entre les 3 partitions :
Après la validation du script, on voit apparaître les lignes dans les nouvelles partitions :
Supprimer l’ancienne table
pgbench_accounts_old.
Partitionnement par valeur
pgbench doit continuer ses opérations en tâche de fond.
La table
pgbench_historyse remplit avec le temps. Elle doit être partitionnée par date (champmtime). Pour le TP, on fera 2 partitions d’une minute, et une partition par défaut. La table actuelle doit devenir une partition de la nouvelle table partitionnée.
- Écrire un script qui, dans une seule transaction, fait tout cela et substitue la table partitionnée à la table d’origine.
NB : Pour éviter de coder des dates en dur, il est possible, avec
psql, d’utiliser une variable :
La « date frontière » doit être dans le futur (proche). En effet, pgbench va modifier les tables en permanence, on ne sait pas exactement à quel moment la transition aura lieu (et de toute façon on ne maîtrise pas les valeurs de mtime) : il continuera donc à écrire dans l’ancienne table, devenue partition, pendant encore quelques secondes.
Cette date est arbitrairement à 1 minute dans le futur, pour dérouler le script manuellement :
Et on peut réutiliser cette variable ainsi ;
Le script peut être celui-ci :
Exécuter le script, attendre que les données s’insèrent dans les nouvelles partitions.
Pour surveiller le contenu des tables jusqu’à la transition :
Un \d+ doit renvoyer ceci :
Purge
- Continuer de laisser tourner
pgbenchen arrière-plan.- Détacher et détruire la partition avec les données les plus anciennes.
Contraintes entre tables partitionnées
- Ajouter une clé étrangère entre
pgbench_accountsetpgbench_history. Voir les contraintes créées.
NB : les clés étrangères entre tables partitionnées ne sont pas disponibles avant PostgreSQL 12.
On voit que chaque partition porte un index comme la table mère. La contrainte est portée par chaque partition.
Si vous n’avez pas déjà eu un problème à cause du
statement_timeout, dropper la contrainte et recommencer avec une valeur plus basse. Comment contourner ?
Le statement_timeout peut être un problème :
On peut créer les contraintes séparément sur les tables. Cela permet de ne poser un verrou sur la partition active (sans doute pgbench_history_default) que pendant le strict minimum de temps (les autres partitions de pgbench_history ne sont pas utilisées).
La contrainte au niveau global sera alors posée presque instantanément :
Index global
On veut créer un index sur
pgbench_history (aid).Pour ne pas gêner les écritures, il faudra le faire de manière concurrente. Créer l’index de manière concurrente sur chaque partition, puis sur la table partitionnée.
Construire un index de manière concurrente (clause CONCURRENTLY) permet de ne pas bloquer la table en écriture pendant la création de l’index, qui peut être très longue. Mais il n’est pas possible de le faire sur la table partitionnée :
Mais on peut créer l’index sur chaque partition séparément :
S’il y a beaucoup de partitions, on peut générer dynamiquement ces ordres :
Comme lors de toute création concurrente, il faut vérifier que les index sont bien valides : la requête suivante ne doit rien retourner.
Enfin on crée l’index au niveau de la table partitionnée : il réutilise les index existants et sera donc créé presque instantanément :
Source : manuel complet PDF, révision 26.09, pages PDF 205-268. Les énoncés de TP et les solutions proviennent de la version complète.
5 Types avancés
5/ Types avancés
Ce chapitre reprend l’intégralité des pages PDF 269-354 du manuel complet PERF2, y compris les énoncés de travaux pratiques et les solutions.
PostgreSQL offre des types avancés :
- UUID
- Tableaux
- Composés :
hstore- JSON :
json,jsonb - XML
- Pour les objets binaires :
bytea- Large Objects
5.1 UUID
5.1.1 UUID : principe
- Ex:
d67572bf-5d8c-47a7-9457-a9ddce259f05 - Un identifiant universellement unique sur 128 bits
- Type :
uuid - Différentes versions
- Avec des inconvénients…
Les UUID (pour Universally Unique IDentifier) sont nés d’un besoin d’avoir des identifiants uniques au niveau mondial pour divers objets, avec un risque de collision théoriquement négligeable. Ce sont des identifiants sur 128 bits.
Le standard propose (en 2026) huit versions à cause d’un historique déjà long depuis les années 1980, et de différents algorithmes de création ou d’utilisation dans des bases de données. Il existe aussi des versions dérivées liées à certains éditeurs.
Dans une base, les clés primaires « techniques » (surrogate), servent à identifier de manière unique une ligne, sans posséder de sens propre : les UUID peuvent donc parfaitement remplacer les numéros de séquence traditionnels. Ce n’est pas toujours une bonne idée.
Références :
- Pages Wikipédia francophone et anglophone ;
- RFC 4122, ISO/IEC 9834-8:2005 (juillet 2005), définissant les UUID versions 1 à 5 et leurs utilisations ;
- RFC 9562 (mai 2024), définissant les UUID versions 1 à 8 ;
- Un excellent article de Victor Adossi sur le choix de différents types de clés primaires, les différents types d’UUID, et des benchmarks de génération d’UUID en masse (septembre 2022).
5.1.2 UUID : avantages
- Faciles à générer
- Pouvoir désigner des entités arbitrairement
- Pouvoir exporter des données de sources différentes
- au contraire des séquences traditionnelles
- Pouvoir fusionner des bases
- Pour toutes les clés primaires ?
Sous PostgreSQL, de simples fonctions permettent de générer des UUID aussi facilement que des numéros de séquences. Il est bien sûr possible que ces UUID soient fournis par des applications extérieures.
Très souvent, les clés primaires des tables proviennent d’entiers générés successivement avec des séquences (via nextval(), serial, GENERATED ALWAYS AS IDENTITY) et généralement en partant de 1. L’unicité des identifiants dans une colonne est ainsi facilement garantie. Cela ne pose aucun souci jusqu’au jour où les données sont à rapprocher de données d’une autre base. Il y a de bonnes chances que les deux bases utilisent les mêmes identifiants pour des choses différentes. Souvent, une clé fonctionnelle (unique aussi) permet de faire le lien (commande DALIBO-CRA-1234, personne de numéro 25502123123…) mais ce n’est pas toujours le cas, et des erreurs de génération sont possibles.
Un UUID est arbitraire et unique. C’est une solution facile pour nommer n’importe quelle entité logique ou physique sans risque de collision avec les identifiants d’un autre système. Les UUID sont dont parfaits pour fusionner des bases de données issues de plusieurs bases de même structure (contextes distribués ou multitenants).
Hormis ce cas particulier, les UUID sont surtout utiles pour identifier un ensemble de données échangés entre deux systèmes (que ce soit en JSON, CSV ou un autre moyen) : l’UUID devient une sorte de clé primaire publique. En interne, les deux bases peuvent continuer à utiliser des séquences classiques pour leurs jointures.
Il est techniquement possible de pousser la logique jusqu’au bout et de décider que chaque clé primaire d’une ligne sera un UUID et non un entier, et de faire les jointures entre tables sur ces UUID.
Des numéros de séquence consécutifs peuvent se deviner (dans l’URL d’un site web par exemple), ce qui peut être une faille de sécurité. Des UUID (apparemment) aléatoires ne présentent pas ce problème… si l’on a bien choisi la version d’UUID (voir plus loin).
5.1.3 UUID : inconvénients
- Lisibilité
- Temps de génération (mineur)
- Taille
- 16 octets…
- Surtout
- fragmentation des index
- mauvais pour le cache
- amplification des écritures
- sauf UUID v7 (conseillé)
Lisibilité :
Le premier inconvénient n’est pas technique mais humain : il est plus aisé de lire et retenir des valeurs courtes comme un ticket 10023, une commande 2024-67 ou une immatriculation AT-389-RC que « d67572bf-5d8c-47a7-9457-a9ddce259f05 ». Les UUID sont donc à réserver aux clés techniques. De même, un développeur qui consulte une base retiendra et discernera plus facilement des valeurs entre 1 000 et 100 000 que des UUID à première vue aléatoires, et surtout à rallonge.
Pour la base de données, il y a d’autres inconvénients :
Taille :
Le type uuid de PostgreSQL prend 128 bits, donc 16 octets. Les types numériques entiers de PostgreSQL utilisent 2 octets pour un smallint (int2, de -32768 à +32767), 4 pour un integer (de -2 à +2 milliards environ), 8 pour un bigint (int8, de -9.1018 à +9.1018 environ). Ces types entiers suffisent généralement à combler les besoins, tout en permettant de choisir le type le plus petit possible. On a donc une différence de 8 octets par ligne entre uuid et bigint, à multiplier par autant de lignes, parfois des milliards.
Cette différence s’amplifie tout le long de l’utilisation de la clé :
- index plus gros (puisque ces champs sont toujours indexés) ;
- clés étrangères plus grosses, avec leurs index ;
- jointures plus gourmandes en CPU, mémoire, voire disque ;
- avec un impact sur le cache.
Ce n’est pas forcément bloquant si votre utilisation le nécessite.
Prudence.
Le pire est le stockage d’UUID dans un champ
varchar: la taille passe à 36, les jointures sont bien plus lourdes, et la garantie d’avoir un véritable UUID disparaît !
Temps de génération :
Selon l’algorithme de génération utilisé, la création d’un UUID peut être plusieurs fois plus lente que celle d’un numéro de séquence. Mais ce n’est pas vraiment un souci avec les processeurs modernes, qui sont capables de générer des dizaines, voire des centaines de milliers d’UUID, aléatoires ou pas, par seconde.
Fragmentation des index et amplification des écritures :
Le plus gros problème des UUID vient de leur apparence aléatoire. Cela a un impact sur la fragmentation des index et leur utilisation du cache.
Parlons d’abord de l’insertion de nouvelles lignes. Les UUID sont très souvent générés en utilisant la version 4. L’algorithme se base sur des nombres aléatoires. Par conséquent, les UUID produits sont imprévisibles.
À l’insertion, le nouvel UUID est donc susceptible d’être ajouté dans n’importe quel bloc d’index. Or un index est par définition trié, et il n’y pas forcément la place pour ajouter une nouvelle valeur en plein milieu. Cela peut entraîner de fréquents splits des pages d’index (division d’une page pleine qui doit accueillir de nouvelles entrées).
La première conséquence est la fragmentation de l’index, une augmentation de sa taille (avec un effet négatif sur le cache), et l’augmentation du nombre d’accès disques (en lecture et écriture) à chaque insertion. De plus, comme les mises à jour sont réparties sur toute la longueur des index, ceux-ci tendent à rester entièrement dans le cache de PostgreSQL. Si celui-ci est insuffisant, la conséquence est l’augmentation des accès disques aléatoires.
Ces soucis avec les UUID v4 se posent pour toutes les bases de donnés. Ajoutons un autre, propre à PostgreSQL : un bloc modifié, même par une seule ligne, depuis le dernier checkpoint est réécrit intégralement dans les journaux (full page images), sauf dans certains cas. Répartir les modifications dans de nombreux blocs dispersés dans les index fait donc exploser la volumétrie à y écrire, et ce d’autant plus que les index sont gros.
Avec un petit index ou une table statique, ce n’est pas vraiment un problème. Mais dans un modèle où chaque clé de table et chaque clé étrangère est un UUID, il y a intérêt à pouvoir garder tous ces index en mémoire.
À l’inverse, une séquence numérique génère des valeurs strictement croissantes, donc toujours insérées à la fin de l’index dans les mêmes blocs. La fragmentation reste basse, et seule la partie utile de l’index reste en cache. (Évidemment, cela devient plus complexe quand on modifie ensuite les lignes. Mais beaucoup d’applications modifient surtout les lignes récentes, et délaissent les blocs d’index des lignes anciennes.)
Une solution standardisée n’est apparue qu’avec les UUID version 7, standardisés dans la RFC 9562 en 2024. Ces UUID utilisent l’heure de génération et sont donc triés. Les soucis de pollution du cache et de fragmentation d’index disparaissent donc.
Conseil.
Nous recommandons fortement de généraliser l’utilisation des UUID v7.
5.1.4 UUID : utilisation sous PostgreSQL
uuid:- type simple (16 octets)
- garantit le format
- Génération :
uuidv4(aléatoire) (gen_random_uuidavant la v18)uuidv7(v18+)- ou extension (
pg_idkit…) ou fonction SQL (v7)
- ou extension (
- extension
uuid-ossp(v1,3,4,5)
Le type uuid est connu de PostgreSQL, c’est un champ simple de taille fixe. Si l’UUID provient de l’extérieur, le type garantit qu’il s’agit d’un UUID valide.
uuidv4() et gen_random_uuid() :
Générer un UUID depuis le SQL est très simple avec la fonction uuidv4() :
Les UUID générés en version 4 sont totalement aléatoires, avec tous les inconvénients vus ci-dessus.
Avant PostgreSQL 18, la fonction s’appelle gen_random_uuid(). Elle existe toujours par la suite, mais uuidv4() a le mérite d’indiquer clairement la version utilisée.
uuidv7() :
PostgreSQL sait générer des UUID en version 7 à partir de la version 18, avec la fonction uuidv7().
L’exemple ci-dessus montre que les UUID générés consécutivement sont naturellement classés par ordre croissant. Cela signifie que des lignes qui se suivent chronologiquement se suivent aussi physiquement dans l’index, c’est tout l’intérêt de la version 7.
Si vous ne voulez pas trahir la date de génération, contenue dans l’UUID, ajouter un intervalle d’offset est possible. Ce doit être une constante pour un même champ pour conserver l’ordre lexicographique.
Les UUID v7 avant PostgreSQL 18 :
Pour les versions antérieures, il existe plusieurs extensions dédiées, avec les soucis habituels de disponibilité de paquets, maintenance des versions, confiance dans le mainteneur et disponibilité dans un PostgreSQL en SaaS. Par exemple, Supabase propose pg_idkit (versions Rust, et PL/pgSQL).
Le plus simple est sans doute d’utiliser la fonction SQL suivante, de Kyle Hubert, modifiée par Daniel Vérité. Elle est sans doute suffisamment rapide pour la plupart des besoins. Elle fait partie de son extension postgres-uuidv7-sql.
Il existe une version plus lente avec une meilleure précision, inférieure à la milliseconde.
Fonctions utilitaires :
PostgreSQL 17 a introduit une fonction de récupération de la version de l’UUID, uuid_extract_version() :
Depuis PostgreSQL 17 existe aussi uuid_extract_timestamp() pour renvoyer l’heure utilisée pour la génération d’un UUID v7 ou v1 :
Si vous utilisez un UUID v7, vous pouvez ainsi économiser les 8 octets par ligne d’un champ creation_date, que beaucoup de développeurs ajoutent.
Pour PostgreSQL 16 et précédents, le billet de blog de Daniel Vérité ci-dessus offre aussi une version en SQL de cette même fonction :
L’extension uuid-ossp :
L’extension uuid-ossp, fournie avec PostgreSQL, possède plusieurs algorithmes de génération d’UUID avec les fonctions suivantes… sauf en v7 !
Avec uuid_generate_v1(), l’UUID généré est lié à l’adresse MAC de la machine et à l’heure.
Sur une autre machine :
Noter que le problème de fragmentation des index se pose déjà. Utiliser l’extension pg_idkit pour générer un UUID version 6 si la compatibilité avec la version 1 est primordiale, le tri est meilleur.
Attention.
Cette propriété peut faciliter la prédiction de futures valeurs d’UUID, et l’adresse MAC est identifiante. Les UUID v1 (ou v6) peuvent donc être considérés comme une faille de sécurité dans certains contextes.
Il existe une version uuid_generate_v1mc() un peu plus sécurisée (avec une adresse MAC multicast aléatoire).
uuid_generate_v3() et uuid_generate_v5() génèrent des valeurs reproductibles en fonction des paramètres. La version 5 utilise un algorithme plus sûr.
5.1.5 UUID : une indexation facile
L’index B-tree classique convient parfaitement pour trier des UUID. En général on le veut UNIQUE (plus pour parer à des erreurs humaines qu’à de très improbables collisions dans l’algorithme de génération).
Les UUID font de très bonnes clés primaires, c’est leur but.
Rappelons une fois de plus que la version 7 est conseillée hors des plus petites tables.
5.1.6 UUID : résumé
- Si vous avez besoin des UUID, préférez la version 7.
- Les séquences habituelles restent recommandables en interne.
Si des données doivent être échangées avec d’autres systèmes, les UUID sont un excellent moyen de garantir l’unicité d’identifiants universels.
Si vous les générez vous-mêmes, préférez les UUID version 7. Des UUID v4 (totalement aléatoires) restent sinon recommandables, avec les soucis potentiels de cache et de fragmentation évoqués ci-dessus.
Pour les jointures internes à l’applicatif, conservez les séquences habituelles, (notamment avec GENERATED ALWAYS AS IDENTITY), ne serait-ce que pour leur simplicité.
5.2 Types tableaux
5.2.1 Tableaux : principe
- Collection ordonnée d’un même type
- Types
integer[],text[], etc.
Une tableau est un ensemble d’objets d’un même type. Ce type de base est généralement un numérique ou une chaîne, mais ce peut être un type structuré (géométrique, JSON, type personnalisé…), voire un type tableau. Les tableaux peuvent être multidimensionnels.
Un tableau se crée par exemple avec le constructeur ARRAY, avec la syntaxe {...}::type[], ou en agrégeant des lignes existantes avec array_agg. À l’inverse, on peut transformer un tableau en lignes grâce à la fonction unnest. Les syntaxes [numéro] et [début:fin] permettent d’extraire un élément ou une partie d’un tableau. Deux tableaux se concatènent avec ||.
Conseil.
Les tableaux sont ordonnés, ce ne sont pas des ensembles. Deux tableaux avec les mêmes données dans un ordre différent ne sont pas identiques.
Références :
- Documentation officielle :
- syntaxe et exemples ;
- constructeur de tableau ARRAY ;
- fonctions et opérateurs tableau :
array_to_string,string_to_array,unnest,array_agg,array_length,array_cat,array_append,array_prepend,cardinality,array_position/array_positions,array_fill,array_remove,array_shuffle,trim_array…
5.2.2 Tableaux : recherche de valeurs
Recherchons des lignes contenant certaines valeurs :
5.2.3 Tableaux : performances
Quel intérêt par rapport à 1 valeur par ligne ?
- Allège certains modèles en réduisant les jointures
- ex : champ avec des n°s de téléphone
- si pas de contraintes
- Grosse économie en place (time series)
- 24 octets par ligne
- et parfois mécanisme TOAST
- Mais…
- mise à jour compliquée/lente
- indexation moins simple
Une bonne modélisation aboutit en général à des valeurs uniques, chacune dans son champ sur sa ligne. Les tableaux stockent plusieurs valeurs dans un même champ d’une ligne, et vont donc à l’encontre de cette bonne pratique.
Cependant les tableaux peuvent être très pratiques pour alléger la modélisation sans tomber dans de mauvaises pratiques. Typiquement, on remplacera :
par :
Une table des numéros de téléphone serait stricto censu plus propre et flexible, mais induirait des jointures supplémentaires. De plus, il est impossible de poser des contraintes de validation (CHECK) sur des éléments de tableau sans créer un type intermédiaire. (Dans des cas plus complexes où il faut typer le numéro, on peut utiliser un tableau d’un type structuré, ou basculer vers un type JSON, qui peut lui-même contenir des tableaux, mais a un maniement un peu moins évident. L’intérêt du type structuré sur un champ JSON ou hstore est qu’il est plus compact, mais évidemment sans aucune flexibilité.)
Quand il y a beaucoup de lignes et peu de valeurs sur celles-ci, il faut se rappeler que chaque ligne d’une base de données PostgreSQL a un coût d’au moins 24 octets de données « administratives », même si l’on ne stocke qu’un entier par ligne, par exemple. Agréger des valeurs dans un tableau permet de réduire mécaniquement le nombre de lignes et la volumétrie sur le disque et celles des écritures. Par contre, le développeur devra savoir comment utiliser ces tableaux, comment retrouver une valeur donnée à l’intérieur d’un champ multicolonnes, et comment le faire efficacement.
De plus, si le champ concaténé est assez gros (typiquement 2 ko), le mécanisme TOAST peut s’activer et procéder à la compression du champ tableau, ou à son déport dans une table système de manière transparente.
Les tableaux peuvent donc permettre un gros gain de volumétrie. De plus, les données d’un même tableau, souvent utilisées ensemble, restent forcément dans le même bloc. L’effet sur le cache est donc extrêmement intéressant.
Par exemple, ces deux tables contiennent 6,3 millions de valeurs réparties sur 366 jours :
La différence de taille est d’un facteur 1000 :
Ce cas est certes extrême (beaucoup de valeurs par ligne et peu de valeurs distinctes).
Les cas réels sont plus complexes, avec un horodatage moins régulier. Par exemple, l’outil OPM stocke plutôt des tableaux d’un type composé d’une date et de la valeur relevée, et non la valeur seule.
Dans beaucoup de cas, cette technique assez simple évite de recourir à des extensions spécialisées payantes comme TimescaleDB, voire à des bases de données spécialisées.
Attention.
Évidemment, le code devient moins simple. Selon les besoins, il peut y avoir besoin de stockage temporaire, de fonctions de compactage périodique…
Il devient plus compliqué de retrouver une valeur précise. Ce n’est pas trop un souci dans les cas pour une recherche ou pré-sélection à partir d’un autre critère (ici la date, indexée). Pour la recherche dans les tableaux, voir plus bas.
Les mises à jour des données à l’intérieur d’un tableau deviennent moins faciles et peuvent être lourdes en CPU avec de trop gros tableaux.
5.2.4 Tableaux : indexation
- B-tree inutilisable
- GIN plus adapté pour recherche d’une valeur
- opérateurs
&&,@> - mais plus lourd
- opérateurs
Indexer un champ tableau est techniquement possible avec un index B-tree, le type d’index par défaut. Mais cet index est en pratique peu performant. De toute façon il ne permet que de chercher un tableau entier (ordonné) comme critère.
Dans les exemples précédents, les index B-tree sont plutôt à placer sur un autre champ (la date, l’ID), qui ramène une ligne entière.
D’autres cas nécessitent de chercher une valeur parmi celles des tableaux (par exemple dans des listes de propriétés). Dans ce cas, un index GIN sera plus adapté, même si cet index est un peu lourd. Les opérateurs || et @> sont utilisables. La valeur recherchée peut être n’importe où dans les tableaux.
Là encore, on récupère les tableaux entiers qui contiennent la valeur demandée. Selon le besoin, il faudra peut-être reparcourir les éléments récupérés, ce qui coûtera un peu de CPU :
Quant aux recherches sur une plage de valeurs dans les tableaux, elles ne sont pas directement indexables par un index GIN.
Pour les détails sur les index GIN, voir le module J5.
5.3 Types composés
5.3.1 Types composés : généralités
- Un champ = plusieurs attributs
- De loin préférable à une table Entité/Attribut/Valeur
- Uniquement si le modèle relationnel n’est pas assez souple
- 3 types dans PostgreSQL :
hstore: clé/valeurjson: JSON, stockage texte, validation syntaxique, fonctions d’extractionjsonb: JSON, stockage binaire, accès rapide, fonctions d’extraction, de requêtage, indexation avancée
Ces types sont utilisés quand le modèle relationnel n’est pas assez souple, donc s’il est nécessaire d’ajouter dynamiquement des colonnes à la table suivant les besoins du client, ou si le détail des attributs d’une entité n’est pas connu (modélisation géographique par exemple), etc.
La solution traditionnelle est de créer des tables entité/attribut de ce format :
On y stocke dans entite la clé de l’enregistrement de la table principale, dans attribut la colonne supplémentaire, et dans valeur la valeur de cet attribut. Ce modèle présente l’avantage évident de résoudre le problème. Les défauts sont par contre nombreux :
- Les attributs d’une ligne peuvent être totalement éparpillés dans la table
attributs_sup: récupérer n’importe quelle information demandera donc des accès à de nombreux blocs différents. - Il faudra plusieurs requêtes (au moins deux) pour récupérer le détail d’un enregistrement, avec du code plus lourd côté client pour fusionner le résultat des deux requêtes, ou bien une requête effectuant des jointures (autant que d’attributs, sachant que le nombre de jointures complexifie énormément le travail de l’optimiseur SQL) pour retourner directement l’enregistrement complet.
Toute recherche complexe est très inefficace : une recherche multicritère sur ce schéma va être extrêmement peu performante. Les statistiques sur les valeurs d’un attribut deviennent nettement moins faciles à estimer pour PostgreSQL. Quant aux contraintes d’intégrité entre valeurs, elles deviennent pour le moins complexes à gérer.
Les types hstore, json et jsonb permettent de résoudre le problème autrement. Ils stockent les différentes entités dans un seul champ pour chaque ligne de l’entité. L’accès aux attributs se fait par une syntaxe ou des fonctions spécifiques.
Il n’y a même pas besoin de créer une table des attributs séparée : le mécanisme du TOAST permet de déporter les champs volumineux (texte, JSON, hstore…) dans une table séparée gérée par PostgreSQL, éventuellement en les compressant, et cela de manière totalement transparente. On y gagne donc en simplicité de développement.
5.4 hstore
5.4.1 hstore : principe
Stocker des données non structurées
- Extension
- Stockage Clé/Valeur, uniquement texte
- Binaire
- Indexable
- Plusieurs opérateurs disponibles
hstore est une extension, fournie en « contrib ». Elle est donc systématiquement disponible. L’installer permet d’utiliser le type de même nom. On peut ainsi stocker un ensemble de clés/valeurs, exclusivement textes, dans un unique champ.
Ces champs sont indexables et peuvent recevoir des contraintes d’intégrité (unicité, non recouvrement…).
Les hstore ne permettent par contre qu’un modèle « plat ». Il s’agit d’un pur stockage clé-valeur. Si vous avez besoin de stocker des informations davantage orientées document, vous devrez vous tourner vers un type JSON.
Ce type perd donc de son intérêt depuis que PostgreSQL 9.4 a apporté le type jsonb. Il lui reste sa simplicité d’utilisation.
5.4.2 hstore : exemple
Les ordres précédents installent l’extension, créent une table avec un champ de type hstore, insèrent trois lignes, avec des attributs variant sur chacune, indexent l’ensemble avec un index GiST, et enfin recherchent les lignes où l’attribut carnivore possède la valeur t.
Les différentes fonctions disponibles sont bien sûr dans la documentation.
Par exemple :
Il est possible de convertir un hstore en tableau :
ou en JSON :
L’indexation de ces champs peut se faire avec divers types d’index. Un index unique n’est possible qu’avec un index B-tree classique. Les index GIN ou GiST sont utiles pour rechercher des valeurs d’un attribut. Les index hash ne sont utiles que pour des recherches d’égalité d’un champ entier ; par contre ils sont très compacts.
5.5 JSON
5.5.1 JSON & PostgreSQL
json: format textejsonb: format binaire, à préférerjsonpath: SQL/JSON paths (requêtage)
Le format JSON est devenu extrêmement populaire. Au-delà d’un simple stockage clé/valeur, il permet de stocker des tableaux, ou des hiérarchies, de manière plus simple et lisible qu’en XML. Par exemple, pour décrire une personne, on peut utiliser cette structure :
Historiquement, le JSON est apparu dans PostgreSQL 9.2, mais n’est vraiment utilisable qu’avec l’arrivée du type jsonb (binaire) dans PostgreSQL 9.4. Ce dernier est le type à utiliser. Les opérateurs SQL/JSON path ont été ajoutés dans PostgreSQL 12, suite à l’introduction du JSON dans le standard SQL:2016.
5.5.2 Type json
- Type texte
- avec validation du format
- Réservé au stockage à l’identique
- Préférer
jsonb
Le type natif json, dans PostgreSQL, n’est rien d’autre qu’un habillage autour du type texte. Il valide à chaque insertion/modification que la donnée fournie est une syntaxe JSON valide. Le stockage est exactement le même qu’une chaîne de texte, et utilise le mécanisme du TOAST, qui compresse les grands champs au besoin, de manière transparente pour l’utilisateur. Le fait que la donnée soit validée comme du JSON permet d’utiliser des fonctions de manipulation, comme l’extraction d’un attribut, la conversion d’un JSON en enregistrement, de façon systématique sur un champ sans craindre d’erreur.
Mais on préférera généralement le type binaire jsonb pour les performances, et ses fonctionnalités supplémentaires. Le seul intérêt du type json texte est de conserver un objet JSON sous sa forme originale, y compris l’ordre des clés, les espaces inutiles compris, et les clés dupliquées (la dernière étant celle prise en compte) :
Une partie des exemples suivants avec le type jsonb est aussi applicable au json. Beaucoup de fonctions existent sous les deux formes (par exemple json_build_object et jsonb_build_object), mais beaucoup d’autres sont propres au type jsonb.
5.5.3 Type jsonb
- JSON au format Binaire
- Indexation GIN
- Langage JSONPath
Le type jsonb permet de stocker les données dans un format binaire optimisé. Ainsi, il n’est plus nécessaire de désérialiser l’intégralité du document pour accéder à une propriété.
Les gains en performance sont importants. Par exemple une requête simple comme celle-ci :
passe de 5 à 1,5 s sur une machine en convertissant le champ de json à jsonb (pour 1⁄2 million de champs JSON totalisant 900 Mo environ pour chaque version, ici sans TOAST notable et avec une table intégralement en cache).
Encore plus intéressant : jsonb supporte les index GIN, et la syntaxe JSONPath pour le requêtage et l’extraction d’attributs. jsonb est donc le type le plus intéressant pour stocker du JSON dans PostgreSQL.
5.5.4 Validation du format JSON
- Aussi :
IS JSON WITH/WITHOUT UNIQUE KEYS,IS JSON ARRAY,IS JSON OBJECT,IS JSON SCALAR - PostgreSQL 16+
À partir de PostgreSQL 16 existe le prédicat IS JSON. Il peut être appliqué sur des champs text ou bytea et évidemment sur des champs json et jsonb. Il permet de repérer notamment une faute de syntaxe comme dans le deuxième exemple ci-dessus.
Existent aussi :
- l’opérateur
IS JSON WITH UNIQUE KEYSpour garantir l’absence de clé en doublon :
l’opérateur
IS JSON WITHOUT UNIQUE KEYSpour garantir l’absence de clé unique ;l’opérateur
IS JSON ARRAYpour le bon formatage des tableaux :
- des opérateurs
IS JSON SCALARetIS JSON OBJECTpour valider par exemple le contenu de fragments d’un objet JSON.
Noter que la RFC impose qu’un JSON soit en UTF-8, qui est l’encodage recommandé, mais pas obligatoire, d’une base PostgreSQL.
5.5.5 JSON : Exemple d’utilisation
Un champ de type jsonb (ou json) accepte tout champ JSON directement.
5.5.6 JSON : construction
Pour construire un petit JSON, le transtypage d’une chaîne peut suffire dans les cas simples. jsonb_build_object permet de limiter les erreurs de syntaxe.
Dans un JSON, l’ordre n’a pas d’importance.
5.5.7 JSON : Affichage des attributs
- Attention : pas de contrôle de l’existence de la clé !
- et attention à la casse
Le type json dispose de nombreuses fonctions et opérateurs de manipulation et d’extraction.
Attention au type en retour, qui peut être du texte ou du JSON. Les opérateurs ->> et -> renvoient respectivement une valeur au format texte, et au format JSON :
Pour l’affichage, la fonction jsonb_pretty améliore la lisibilité :
L’équivalent existe avec des chemins, avec #> et #>> :
Une autre syntaxe plus claire est disponible, et qui renvoie du JSON :
Avec cette syntaxe, une petite astuce permet de convertir en texte sans utiliser ->>['city'] (en toute rigueur, ->>0 renverra le premier élément d’un tableau):
Attention.
PostgreSQL ne contrôle absolument pas que les clés JSON (comme ici
firstNameoucity) sont valides ou pas. La moindre faute de frappe (ou de casse !) entraînera une valeurNULLen retour. C’est la conséquence de l’absence de schéma dans un JSON, contrepartie de sa souplesse.
5.5.8 Modifier un JSON
L’opérateur || concatène deux jsonb pour donner un autre jsonb :
Comme d’habitude, le résultat est NULL si l’un des JSON est NULL. Dans le doute, on peut utiliser {} comme élément neutre :
Pour supprimer un attribut d’un jsonb, il suffit de l’opérateur - et d’un champ texte indiquant l’attribut à supprimer. Il existe une variante avec text[] pour supprimer plusieurs attributs :
ainsi que l’opérateur pour supprimer un sous-attribut :
La fonction jsonb_set modifie l’attribut indiqué dans un jsonb :
Attention, le sous-attribut est intégralement remplacé, et non fusionné. Dans cet exemple, le code postal disparaît :
Il vaut mieux indiquer le chemin complet en second paramètre :
5.5.9 JSON, tableaux et agrégation
Manipuler des tableaux :
jsonb_array_elements(),jsonb_array_elements_text()jsonb_agg()(de JSON ou de scalaires)jsonb_agg()_strict(sans les NULL)
Un JSON peut contenir un tableau de texte, nombre, ou autres JSON. Il est possible de déstructurer ces tableaux, mais il est compliqué de requêter sur leur contenu.
jsonb_array_elements permet de parcourir ces tableaux :
Avec la syntaxe JSONPath, le résultat est le même :
Si l’on veut retrouver un type tableau, il faut réagréger, car jsonb_path_query et jsonb_array_elements renvoient un ensemble de lignes. On peut utiliser une clause LATERAL, qui sera appelée pour chaque ligne (ce qui est lent) puis réagréger :
On voit que la fonction jsonb_agg envoie un tableau de JSON.
Si l’on veut un tableau de textes :
Noter que la clause LATERAL supprime les personnes sans téléphone. On peut utiliser LEFT OUTER JOIN LATERAL, ou l’exemple suivant. On suppose aussi que le prénom est une clé de regroupement suffisante ; un identifiant quelconque serait plus pertinent.
Cette autre variante avec un sous-SELECT sera plus performante avec de nombreuses lignes, car elle évite le regroupement :
Il existe une autre fonction d’agrégation des JSON plus pratique, nommée jsonb_agg_strict(), qui supprime les valeurs à null de l’agrégat (mais pas un attribut à null). Pour d’autres cas, il existe aussi jsonb_strip_nulls() pour nettoyer un JSON de toutes les valeurs null si une clé est associée (pas dans un tableau) :
5.5.10 Conversions jsonb / relationnel (1)
- Construire un ensemble de tuples depuis un objet JSON :
jsonb_each()
- Avec des types préexistants :
jsonb_populate_record(),jsonb_populate_recordset
- Types définis à la volée :
jsonb_to_record(),jsonb_to_recordset()
- Construire un JSON depuis une requête :
to_jsonb (<requête>)
- Attention aux types
jsonb_typeof()
Plusieurs fonctions permettant de construire du jsonb, ou de le manipuler de manière ensembliste. (En version 17 ou supérieure, le plus simple et pratique sera souvent la fonction JSON_TABLE présentée plus bas.)
jsonb_each :
jsonb_each décompose les clés et retourne une ligne par clé. Là encore, on multiplie le nombre de lignes.
jsonb_populate_record/jsonb_populate_recordset :
Si les noms des attributs et champs sont bien identiques (casse comprise !) entre JSON et table cible, jsonb_populate_record peut être pratique :
Les attributs du JSON non récupérés sont ignorés, les valeurs absentes du JSON sont à NULL. Il existe une possibilité de créer des valeurs par défaut :
jsonb_populate_recordset sert dans le cas des tableaux de JSON.
Définir un type au lieu d’une table fonctionne aussi.
jsonb_to_record/jsonb_to_recordset :
jsonb_to_record renvoie un enregistrement avec des champs correspondant à chaque attribut JSON, donc bien typés. Pour fonctionner, la fonction exige une clause AS avec les attributs voulus et leur bon type. (Là encore, attention à la casse exacte des noms d’attributs sous peine de se retrouver avec des valeurs à NULL.)
Les autres attributs de notre exemple peuvent être extraits également, ou re-convertis en enregistrements avec une autre clause LATERAL. Si ces attributs sont des tableaux, on peut générer une ligne par élément de tableau avec json_to_recordset :
À l’inverse, transformer le résultat d’une requête en JSON est très facile avec to_jsonb :
jsonb_typeof :
Pour connaître le type d’un attribut JSON :
5.5.11 Conversions jsonb / relationnel (2) : JSON_TABLE
- PostgreSQL 17+
- conversion d’un JSON en vue, avec types
- clause
NESTED PATHpour les tableaux dans le JSON - paramétres : clause
PASSING
À partir de PostgreSQL 17, la fonction JSON_TABLE() permet de présenter des données JSON sous forme de vue. C’est sans doute la manière la plus pratique.
Le premier paramètre que prend la fonction, appelé context_item, est une source JSON sur laquelle sera évaluée l’expression JSON. Il est possible de récupérer des données présentes dans une structure imbriquée, avec la clause NESTED PATH.
Exemple :
Prenons l’exemple suivant d’une table créée à partir d’un fichier JSON. Le fichier d’exemple généré à l’aide de mockaroo.com peut être récupéré sur https://dali.bo/999people.
Voici un exemple d’une ligne contenue dans la table t1 :
Si l’on souhaite récupérer une vue avec uniquement les informations de l’âge et du nom présents dans les lignes de la table t1, la commande suivante peut être utilisée :
JSON_TABLE(utilisateur, '$'indique que toute la source JSON (le champ de nomutilisateur) doit être utilisée lors de l’évaluation. Cette fonction sera appelée une fois pour chaque ligne det1.COLUMNS (age int PATH '$.age', name text PATH '$.name'))est la clause qui permet d’indiquer quelles colonnes seront présentes dans la vue résultante et où retrouver les données associées.- La clause
PATHindique l’emplacement de la donnée dans la donnée JSON.
Le résultat peut être manipulé comme tout résultat de requête : consultation, export, vue…
Attention.
Les champs sont correctement typés (suivant ceux indiqués dans
COLUMNS). En cas d’incohérence, il n’y aura pas d’erreur, mais une valeurNULL.
Filtrage des valeurs :
La clause '$' peut être plus complexe pour ne renvoyer que certaines lignes :
La syntaxe utilisée pour les filtrages et sélections de champs est le JSON path, qui sera détaillée plus loin.
Nested path :
La clause NESTED PATH permet d’exploiter des tableaux à l’intérieur d’un champ JSON tel que celui-ci, ce qui multiplie encore les lignes. Ils peuvent être numérotés avec la clause FOR ORDINALITY.
L’expression d’évaluation est légèrement plus complexe :
Il existe une clause PASSING pour transmettre des critères de recherche proprement. Par exemple, pour connaître les amis de Roach Crosby (paramètre filter1), qui ne commencent pas par « Pitts » (paramètre filter2), et pour calculer un critère booléen sur un critère (filter2) :
Le plan d’exécution d’une telle requête (ici avec VERBOSE) indique un appel de fonction pour chaque ligne (loops=1001), sans détail sur l’exécution de cette fonction :
Documentation :
- Documentation officielle : JSON_TABLE
5.5.12 JSON : performances
Inconvénients par rapport à un modèle normalisé :
- Perte d’intégrité (types, contraintes, FK…)
- Complexité du code
- Pas de statistiques sur les clés JSON !
- Pas forcément plus léger en disque
- clés répétées
- Lire 1 attribut = lire tout le JSON
- voire accès table TOAST
- Mise à jour : tout ou rien
- Indexation délicate
Les attributs JSON sont très pratiques quand le schéma est peu structuré. Mais la complexité supplémentaire de code nuit à la lisibilité des requêtes. En termes de performances, ils sont coûteux, pour les raisons que nous allons voir.
Les contraintes d’intégrité sur les types, les tailles, les clés étrangères… ne sont pas disponibles. Rien ne vous interdit d’utiliser un attribut country au lieu de pays, avec une valeur FR au lieu de France. Les contraintes protègent de nombreux bugs, mais elles sont aussi une aide précieuse pour l’optimiseur.
Chaque JSON récupéré l’est en bloc. Si un seul attribut est récupéré, PostgreSQL devra charger tout le JSON et le décomposer. Cela peut même coûter un accès supplémentaire à une table TOAST pour les gros JSON. Rappelons que le mécanisme du TOAST permet à PostgreSQL de compresser à la volée un grand champ texte, binaire, JSON… et/ou de le déporter dans une table annexe interne, le tout étant totalement transparent pour l’utilisateur. Pour les détails, voir cet extrait de la formation DBA2.
Il n’y a pas de mise à jour partielle : modifier un attribut implique de décomposer tout le JSON pour le réécrire entièrement (et parfois en le détoastant/retoastant). Si le JSON est trop gros, modifier ses sous-attributs par plusieurs processus différents peut poser des problèmes de verrouillage. Pour citer la documentation :
Conseil.
« Les données JSON sont sujettes aux mêmes considérations de contrôle de concurrence que pour n’importe quel autre type de données quand elles sont stockées en table. Même si stocker de gros documents est prévisible, il faut garder à l’esprit que chaque mise à jour acquiert un verrou de niveau ligne sur toute la ligne. Il faut envisager de limiter les documents JSON à une taille gérable pour réduire les contentions sur verrou lors des transactions en mise à jour. Idéalement, les documents JSON devraient chacun représenter une donnée atomique, que les règles métiers imposent de ne pas pouvoir subdiviser en données plus petites qui pourraient être modifiées séparément. »
Un gros point noir est l’absence de statistiques propres aux clés du JSON. Le planificateur va avoir beaucoup de mal à estimer les cardinalités des critères. Nous allons voir des contournements possibles.
Suivant le modèle, il peut y avoir une perte de place, puisque les clés sont répétées entre chaque attribut JSON, et non normalisées dans des tables séparées.
Enfin, nous allons voir que l’indexation est possible, mais moins triviale qu’à l’habitude.
Ces inconvénients sont à mettre en balance avec les intérêts du JSON (surtout : éviter des lignes avec trop d’attributs toujours à NULL, si même on les connaît), les fréquences de lecture et mises à jour des JSON, et les modalités d’utilisation des attributs.
Certaines de ces limites peuvent être réduites par les techniques ci-dessous.
5.5.13 Recherche dans un champ JSON (1)
Sans JSONPath :
Mais comment indexer ?
Pour chercher les lignes avec un champ JSON possédant un attribut d’une valeur donnée, il existe plusieurs opérateurs (au sens syntaxique). Les comparaisons directes de textes ou de JSON sont possibles, mais nous verrons qu’elles ne sont pas simplement indexables.
L’opérateur @> (« contient ») est généralement plus adapté, mais il faut fournir un JSON avec le critère de recherche.
L’opérateur ? permet de tester l’existence d’un attribut dans le JSON (même vide). Plusieurs attributs peuvent être testés avec ?| (« ou » logique) ou ?& (« et » logique).
5.5.14 Recherche dans un champ JSON (2) : SQL/JSON et JSONPath
- SQL:2016 introduit SQL/JSON et le langage JSONPath
- JSONPath :
- langage de recherche pour JSON
- concis, flexible, plus rapide
- étendu à chaque version
JSONPath est un langage de requêtage permettant de spécifier des parties d’un champ JSON, même complexe. Il a été implémenté dans de nombreux langages, et a donc une syntaxe différente de celle du SQL, mais souvent déjà familière aux développeurs. Il évite de parcourir manuellement les nœuds et tableaux du JSON, ce qui est vite fastidieux en SQL.
Le standard SQL:2016 intègre le SQL/JSON. PostgreSQL 12 contenait déjà l’essentiel des fonctionnalités SQL/JSON, y compris JSONPath, mais elles sont complétées dans les versions suivantes.
5.5.15 Recherche dans un champ JSON (3) : Exemples SQL/JSON & JSONPath
Par exemple, une recherche peut se faire ainsi, et elle profitera d’un index GIN :
Les opérateurs @@ et @? sont liés à la recherche et au filtrage. La différence entre les deux est liée à la syntaxe à utiliser. Ces deux exemples renvoient la même ligne :
Il existe des fonctions équivalentes, jsonb_path_exists et jsonb_path_match :
(Pour les détails sur ces opérateurs et fonctions, et des exemples sur des filtres plus complexes (inégalités par exemple), voir par exemple : https://justatheory.com/2023/10/sql-jsonpath-operators/.)
Un autre intérêt est la fonction jsonb_path_query, qui permet d’extraire facilement des parties d’un tableau :
Ici, jsonb_path_query génère une ligne par élément du tableau phoneNumbers inclus dans le JSON.
L’appel suivant effectue un filtrage sur la ville :
Cependant, pour que l’indexation GIN fonctionne, il faudra l’opérateur @? :
Au final, le code JSONPath est souvent plus lisible que celui utilisant de nombreuses fonctions jsonb spécifiques à PostgreSQL. Un développeur le manipule déjà souvent dans un autre langage.
On trouvera d’autres exemples dans la présentation de Postgres Pro dédié à la fonctionnalité lors la parution de PostgreSQL 12, ou dans un billet de Michael Paquier.
5.5.16 jsonb : indexation (1/2)
Index fonctionnel sur un attribut précis
- bonus : statistiques
Colonne générée stockée (dénormalisée) :
- champ normal, indexable, facile à utiliser, rapide à lire
- statistiques
- Préférer
@>et@?que des fonctions
Index fonctionnel :
L’extraction d’une partie d’un JSON est en fait une fonction immutable, donc indexable. Un index fonctionnel permet d’accéder directement à certaines propriétés, par exemple :
Mais il ne fonctionnera que s’il y a une clause WHERE avec cette expression exacte. Pour un attribut fréquemment utilisé pour des recherches, c’est le plus efficace.
Conseil.
On n’oubliera pas de lancer un
ANALYZEpour calculer les statistiques après création de l’index fonctionnel. Même si l’index est peu discriminant, on obtient ainsi de bonnes statistiques sur son critère.
Colonne générée :
Une autre possibilité est de dénormaliser l’attribut JSON intéressant dans un champ séparé de la table, et indexable. Les colonnes générées stockées (pas virtuelles) sont idéales pour cela :
Cette colonne générée est mise à jour quand le JSON est modifié, et n’est pas modifiable autrement. C’est à part cela un champ à part entière, indexable avec un B-tree, et avec ses statistiques propres.
Ce champ coûte certes un peu d’espace disque supplémentaire, mais il améliore la lisibilité du code, et facilite l’usage avec certains outils ou pour certains utilisateurs. Dans le cas des gros JSON, il peut aussi éviter quelques allers-retours vers la table TOAST. Même sans utilisation d’un index, un champ normal est beaucoup plus rapide à lire dans la ligne qu’un attribut extrait d’un JSON.
Ajoutons qu’un Index Only Scan ne fonctionne pas avec les index fonctionnel, mais est utilisable sur une colonne générée stockée.
5.5.17 jsonb : indexation (2/2)
Indexation « schemaless » grâce au GIN :
- attention au choix de l’opérateur
Index GIN :
Les champs jsonb peuvent tirer parti de fonctionnalités avancées de PostgreSQL, notamment les index GIN, et ce via deux classes d’opérateurs.
L’opérateur par défaut de GIN pour jsonb est jsonb_ops. Mais il est souvent plus efficace de choisir l’opérateur jsonb_path_ops. Ce dernier donne des index plus petits et performants sur des clés fréquentes, bien qu’il ne supporte que certains opérateurs de recherche (@>, @? et @@) (voir les détails), ce qui suffit généralement.
jsonb_path_ops supporte notamment l’opérateur « contient » (@>) :
Un index GIN est moins efficace qu’un index fonctionnel B-tree classique, mais il est idéal quand la clé de recherche n’est pas connue, et que n’importe quel attribut du JSON peut être un critère.
Un index GIN ne permet cependant pas d’Index Only Scan.
Surtout, un index GIN ne permet pas de recherches sur des opérateurs B-tree classiques (<, <=, >, >=), ou sur le contenu de tableaux. On est obligé pour cela de revenir au monde relationnel, ou se rabattre sur les index fonctionnels ou colonnes générées vus plus haut. Attention, des fonctions comme jsonb_path_query ne savent pas utiliser les index. Il est donc préférable d’utiliser les opérateurs spécifiques, comme « contient » (@>) ou « existe » en JSONPath (@?).
5.5.18 Pour aller plus loin…
Lire la documentation
- 8.14 Types JSON :
- 9.16 Fonctions & opérateurs JSON :
Les fonctions et opérateurs indiqués ici ne représentent qu’une partie de ce qui existe. Certaines fonctions sont très spécialisées, ou existent en plusieurs variantes voisines. Il est conseillé de lire ces deux chapitres de documentation lors de tout travail avec les JSON. Attention à la version de la page : des fonctionnalités sont ajoutées à chaque version de PostgreSQL.
5.6 XML
5.6.1 XML : présentation
- Type
xml- stocke un document XML
- valide sa structure
- Quelques fonctions et opérateurs disponibles :
XMLPARSE,XMLSERIALIZE,query_to_xml,xmlaggxpath(XPath 1.0 uniquement)
Le type xml, inclus de base, vérifie que le XML inséré est un document « bien formé », ou constitue des fragments de contenu (« content »). L’encodage UTF-8 est impératif. Il y a quelques limitations par rapport aux dernières versions du standard, XPath et XQuery. Le stockage se fait en texte, donc bénéficie du mécanisme de compression TOAST.
Il existe quelques opérateurs et fonctions de validation et de manipulations, décrites dans la documentation du type xml ou celle des fonctions. Par contre, une simple comparaison est impossible et l’indexation est donc impossible directement. Il faudra passer par une expression XPath.
À titre d’exemple : XMLPARSE convertit une chaîne en document XML, XMLSERIALIZE procède à l’opération inverse.
Il existe aussi query_to_xml pour convertir un résultat de requête en XML, xmlagg pour agréger des champs XML, ou xpath pour extraire des nœuds suivant une expression XPath 1.0.
NB : l’extension xml2 est dépréciée et ne doit pas être utilisée dans les nouveaux projets.
5.7 Objets binaires
5.7.1 Objets binaires : les types
Souvent une mauvaise idée…
2 méthodes
bytea: type binaire- Large Objects : manipulation comme un fichier
PostgreSQL permet de stocker des données au format binaire, potentiellement de n’importe quel type, par exemple des images ou des PDF.
Il faut vraiment se demander si des binaires ont leur place dans une base de données relationnelle. Ils sont généralement beaucoup plus gros que les données classiques. La volumétrie peut donc devenir énorme, et encore plus si les binaires sont modifiés, car le mode de fonctionnement de PostgreSQL aura tendance à les dupliquer. Cela aura un impact sur la fragmentation, la quantité de journaux, la taille des sauvegardes, et toutes les opérations de maintenance. Ce qui est intéressant à conserver dans une base sont des données qu’il faudra rechercher, et l’on recherche rarement au sein d’un gros binaire. En général, l’essentiel des données binaires que l’on voudrait confier à une base peut se contenter d’un stockage classique, PostgreSQL ne contenant qu’un chemin ou une URL vers le fichier réel.
PostgreSQL donne le choix entre deux méthodes pour gérer les données binaires :
bytea: un type comme un autre ;- Large Object : des objets séparés, à gérer indépendamment des tables.
5.7.2 bytea
- Un type comme les autres
bytea: tableau d’octets- en texte :
bytea_output=hexouescape
- Récupération intégralement en mémoire !
- Toute modification entraîne la réécriture complète du
bytea - Maxi 1 Go (à éviter)
- en pratique intéressant pour quelques Mo
- compressé/déporté (TOAST)
- Import :
Voici un exemple :
Nous avons inséré la chaîne de caractère « bonjour » dans le champ bytea, en fait sa représentation binaire dans l’encodage courant (UTF-8). Si nous interrogeons la table, nous voyons la représentation textuelle du champ bytea. Elle commence par \x pour indiquer un encodage de type hex. Ensuite, chaque paire de valeurs hexadécimales représente un octet.
Un second format d’affichage est disponible : escape :
Le format de sortie escape ne protège donc que les valeurs qui ne sont pas représentables en ASCII 7 bits. Ce format peut être plus compact pour des données textuelles essentiellement en alphabet latin sans accent, où le plus gros des caractères n’aura pas besoin d’être protégé.
Cependant, le format hex est bien plus efficace à convertir, et est le défaut depuis PostgreSQL 9.0.
Attention.
Avec les vieilles applications, ou celles restées avec cette configuration, il faudra peut-être forcer
bytea_outputàescape, sous peine de corruption.)
Pour charger directement un fichier, on peut notamment utiliser la fonction pg_read_binary_file, exécutée par le serveur PostreSQL :
En théorie, un bytea peut contenir 1 Go. En pratique, on se limitera à nettement moins, ne serait-ce que parce pg_dump tombe en erreur quand il doit exporter des bytea de plus de 500 Mo environ (le décodage double le nombre d’octets et dépasse cette limite de 1 Go).
Les bytea profitent du mécanisme TOAST et sont donc généralement compressés et/ou déplacés dans une table associé à la table principale. Encore plus que d’habitude, il faut proscrire les SELECT *dans votre code pour éviter de lire cette table quand ce n’est pas nécessaire.
La documentation officielle liste les fonctions pour encoder, décoder, extraire, hacher… les bytea.
5.7.3 Large Object
- À éviter…
- préférer
bytea
- préférer
- Maxi 4 To (éviter…)
- Objet indépendant des tables
- OID à stocker dans les tables
- se compresse mal
- Suppression manuelle !
- trigger
lo_unlink&vacuumlo
- Fonction de manipulation, modification
lo_create,lo_importlo_seek,lo_open,lo_read,lo_write…
Un large object est un objet totalement décorrélé des tables. Le code doit donc gérer cet objet séparément :
- créer le large object et stocker ce qu’on souhaite dedans ;
- stocker la référence à ce large object dans une table (avec le type
lob) ; - interroger l’objet séparément de la table ;
- le supprimer explicitement quand il n’est plus référencé : il ne disparaîtra pas automatiquement !
Le large object nécessite donc un plus gros investissement au niveau du code.
En contrepartie, il a les avantages suivant :
- une taille jusqu’à 4 To, ce qui n’est tout de même pas conseillé ;
- la possibilité d’accéder à une partie directement (par exemple les octets de 152 000 à 153 020), ce qui permet de le transférer par parties sans le charger en mémoire (notamment, le driver JDBC de PostgreSQL fournit une classe LargeObject) ;
- de ne modifier que cette partie sans tout réécrire.
Cependant, nous déconseillons son utilisation autant que possible :
- le stockage des large objects ne prévoit pas vraiment de compression : des
byteaprendront moins de place ; - il est facile et fréquent d’oublier de purger des large objects supprimés ;
- une sauvegarde logique partielle les oublie facilement (voir l’option
--large-objectsde--large-objectsdanspg_dump) ; pg_dumpn’est pas optimisé pour sauver de nombreux large objects : la sauvegarde de la tablepg_largeobjectne peut être parallélisée et peut consommer transitoirement énormément de mémoire s’il y a trop d’objets.
Il y a plusieurs méthodes pour nettoyer les large objects devenu inutiles :
- appeler la fonction
lo_unlinkdans le code client - au risque d’oublier ; - utiliser la fonction trigger
lo_managefournie par le module contriblo: (voir documentation, si les large objects ne sont jamais référencés plus d’une fois ; - appeler régulièrement le programme
vacuumlo(là encore un contrib) : il liste tous les large objects référencés dans la base, puis supprime les autres. Ce traitement est bien sûr un peu lourd.
Techniquement, un large object est stocké dans la table système pg_largeobject sous forme de pages de 2 ko. Voir la documentation pour les détails.
5.8 Quiz
5.9 Travaux pratiques
Les corrigés détaillés sont disponibles dans la section Travaux pratiques (solutions).
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/s22_solutions.
5.9.1 UUID
But : Constater l’impact en cache des types d’UUID avec pg_buffercache.
Ce TP étant purement descriptif, allez voir directement la solution.
5.9.2 jsonb
But : Découvrir JSON
Si vous ne l’avez pas déjà, la base personnes_et_dossiers peut être installé ainsi. Elle pèse en version complète 613 Mo, pour 2 Go sur disque au final.
La base personnes contient alors deux schémas json et eav avec les mêmes données sous deux formes différentes.
Chercher la ville et le numéro de téléphones (sous-attribut
villede l’attributadressedu champ JSONpersonne) de Gaston Lagaffe, grâce aux attributsprenometnom. Effectuer de préférence la recherche en cherchant un JSON avec@>(« contient ») (Ne pas chercher encore à utiliser JSONPath).
Créer une requête qui renvoie les attributs
nom,prenom,date_naissance(comme type date) de toutes les personnes avec le nom « Lagaffe ». Utiliser la fonctionjsonb_to_record()etLATERAL. Rajoutervilleetpaysensuite de la même manière.
En supprimant le filtre, comparer le temps d’exécution de la requête précédente avec cette requête plus simple qui récupère les champs plus manuellement :
Créer un index GIN ainsi :
Quelle taille fait-il ?
Retenter les requêtes précédentes. Lesquelles utilisent l’index ?
Récupérer les numéros de téléphone de Léon Prunelle.
Afficher les noms et prénoms de Prunelles, et un tableau de champs texte contenant ses téléphones (utiliser
jsonb_array_elements_text).
Comparer le résultat et les performances de ces deux requêtes, qui récupèrent aussi les numéros de téléphone de Prunelle :
Chercher qui possède le numéro de téléphone
0650041821avec la syntaxe JSONPath.
Compter le nombre de personnes habitant à Paris ou Bruxelles avec :
- la syntaxe
@>et unOR;- une syntaxe JSONPath
@?et un « ou logique (||) ;- une syntaxe JSONPath
@?et une regex@.ville like_regex "^(Paris|Bruxelles)$".
Le compte du nombre de personne par pays doit être optimisé au maximum. Ajouter un index fonctionnel sur l’attribut
pays. Tester l’efficacité sur une recherche, et un décompte de toute les personnes par pays.
Ajouter un champ généré dans
json.personne, correspondant à l’attributpays.
Comparer les temps d’exécution du décompte des pays par l’attribut, et par cette colonne générée.
Créer un index B-tree sur la colonne générée
pays. Consulter les statistiques danspg_stats. Cet index est-il utilisable pour des filtres et le décompte parpays?
(Optionnel) Créer des colonnes générées sur
nom,prenom,date_naissance, etville(en un seul ordre). Reprendre la requête plus haut qui les affiche tous et comparer les performances.
Ajouter l’attribut
animauxà Gaston Lagaffe, avec la valeur 18. Vérifier en relisant la ligne.
Ajouter l’attribut
animauxà 2% des individus au hasard, avec une valeur 1 ou 2.
Compter le nombre de personnes avec des animaux (avec ou sans JSONPath). Proposer un index qui pourait convenir à d’autres futurs nouveaux attributs peu fréquents.
5.9.3 Large Objects
But : Utilisation de Large Objects
- Créer une table
fichiersavec un texte et une colonne permettant de référencer des Large Objects.
- Importer un fichier local à l’aide de psql dans un large object.
- Noter l’
oidretourné.
- Importer un fichier du serveur à l’aide de psql dans un large object.
- Afficher le contenu de ces différents fichiers à l’aide de psql.
- Les sauvegarder dans des fichiers locaux.
5.10 Travaux pratiques (solutions)
UUID
Tout ce qui suit doit se dérouler dans la même base, par exemple :
Ce TP est prévu pour un shared_buffers de 128 Mo (celui par défaut). Si le vôtre est plus gros, le TP devra peut-être durer plus longtemps :
Utilisez au moins une fenêtre pour les ordres shell et une pour les ordres SQL.
Créer avec le script suivants les deux versions d’un petit modèle avec des capteurs, et les données horodatées qu’ils renvoient ; ainsi que les deux procédures pour remplir ces tables ligne à ligne :
Vous devez obtenir ces tables et une séquence :
et ces index :
Créer deux fichiers SQL contenants juste les appels de fonctions, qui serviront pour pgbench :
Dans la même base que les table ci-dessus, installer l’extension pg_buffercache qui va nous permettre de voir ce qu’il y a dans le cache de PostgreSQL :
La vue du même nom contient une ligne par bloc. La requête suivante permet de voir lesquelles de nos tables utilisent le cache :
Cette version semi-graphique est peut-être plus parlante :
Dans une fenêtre, lancer l’une de ces requêtes (dans la bonne base !), puis la répéter toutes les secondes ainsi :
Dans une autre fenêtre, lancer
pgbenchavec deux clients, et le script pour remplir la tabledonnees1:
Le nombre de transactions dépend fortement de la machine, mais peut atteindre plusieurs milliers à la seconde.
Attention.
Les tables peuvent rapidement atteindre plusieurs gigaoctets. N’hésitez pas à les vider ensemble de temps à autre.
Quelle est la répartition des données dans le cache ?
Après peu de temps, la répartition doit ressembler à peu près à ceci :
Et ce, même si la table et ses index ne tiennent plus intégralement dans le cache.
La table donnees1 représente la majorité du cache.
Interrompre
pgbenchet le relancer pour remplirdonnees2:
Noter que le débit en transaction est du même ordre de grandeur : les UUID ne sont pas spécialement lourds à générer.
Que devient la répartition des données dans le cache ?
donnees1 et ses index est chassé du cache par les nouvelles données, ce qui est logique.
Surtout, on constate que la clé primaire de donnnes2 finit par remplir presque tout le cache. Dans ce petit cache, il n’y a plus de place même pour les données de donnees2 !
Interrompre
pgbench, purger les tables et lancer les deux scripts d’alimentation en même temps.
On constate le même phénomène de monopolisation du cache par donnees2, bien que les deux tables de données aient le même nombre de lignes :
Avez-vous remarqué une différence de vitesse entre les deux traitements ?
Ce ne peut être rigoureusement établi ici. Les volumétries sont trop faibles par rapport à la taille des mémoires et il faut tester sur la durée. Le nombre de clients doit être étudié pour utiliser au mieux les capacités de la machine sans monter jusqu’à ce que la contention devienne un problème. Les checkpoints font également varier les débits.
Cependant, si vous laissez le test tourner très longtemps avec des tailles de tables de plusieurs Go, les effets de cache seront très différents :
- dans
donnees1, le débit en insertion devrait rester correct, car seuls les derniers blocs en cache sont utiles ; - dans
donnees2, le débit en insertion doit progressivement baisser : chaque insertion a besoin d’un bloc de l’index de clé primaire différent, qui a de moins en moins de chance de se trouver dans le cache de PostgreSQL, puis dans le cache de Linux.
L’impact sur les I/O augmente donc, et pas seulement à cause de la volumétrie supérieure des tables avec UUID. À titre d’exemple, sur une petite base de formation avec 3 Go de RAM :
Comparer les tailles des tables et index avant et après un
VACUUM FULL. Où était la fragmentation ?
VACUUM FULL reconstruit complètement les tables et aussi les index.
Tables avant le VACUUM FULL :
Après :
Les tailles des tables donnees1 et donnees2 ne bougent pas. C’est normal, il n’y a eu que des insertions à chaque fois en fin de table, et ni modification ni suppression de données.
Index avant le VACUUM FULL :
Index après :
Les index d’horodatage gardent la même taille qu’avant (la différence entre eux est dû à des nombres de lignes différents dans cet exemple). L’index sur la clé primaire de donnees1 (bigint) n’était pas fragmenté. Par contre, donnees2_pkey se réduit de 29% ! Les index UUID (v4) ont effectivement tendance à se fragmenter.
Les UUID générés avec
gen_random_uuidsont de version 4. Créer la fonction suivante pour générer des UUID version 7, l’utiliser dans la fonction d’alimentation dedonnees2, et relancer les deux alimentations :
Après quelques dizaines de secondes :
- les deux tables doivent être présentes dans le cache de manière similaire ;
- les index primaires doivent être présents de manière anecdotique ;
donnees2occupe une taille un peu supérieure à cause de la taille double des UUID par rapport auxbigintdedonnees1:
Relancez
pgbenchpour chargerdonnees2, alternez entre les deux versions de la fonctioninsere_donnees_2.
Le débit en transactions varie ici d’un facteur 2. Noter que la durée des transactions est aussi beaucoup plus stable (stddev).
jsonb : lecture de champs
Si vous ne l’avez pas déjà, la base personnes_et_dossiers peut être installé ainsi. Elle pèse en version complète 613 Mo, pour 2 Go sur disque au final.
La base personnes contient alors deux schémas json et eav avec les mêmes données sous deux formes différentes.
La table json.personnes contient une ligne par personne, un identifiant et un champ JSON avec de nombreux attributs. Elle n’est pas encore indexée :
Chercher la ville et le numéro de téléphone (sous-attribut
villede l’attributadressedu champ JSONpersonne) de Gaston Lagaffe, grâce aux attributsprenometnom. Effectuer de préférence la recherche en cherchant un JSON avec@>(« contient ») (Ne pas chercher encore à utiliser JSONPath).
La recherche peut s’effectuer en convertissant tous les attributs en texte :
On obtient « Bruxelles ».
Autre variante de syntaxe :
Il est plus propre de rechercher grâce à une de ces syntaxes, notamment parce qu’elles seront indexables plus tard :
ou :
Créer une requête qui renvoie les attributs
nom,prenom,date_naissance(comme type date) de toutes les personnes avec le nom « Lagaffe ». Utiliser la fonctionjsonb_to_record()etLATERAL. Rajoutervilleetpaysensuite de la même manière.
jsonb_to_record exige que l’on fournisse le nom de l’attribut et son type :
Avec la ville, qui est dans un sous-attribut, il faut rajouter une clause LATERAL :
En supprimant le filtre, comparer le temps d’exécution de la requête précédente avec cette requête plus simple qui récupère les champs plus manuellement :
Cette dernière requête est nettement plus lente que l’utilisation de jsonb_to_record, même si les I/O sont plus réduites :
La maintenabilité plaide pour la seconde version. Quant à la lisibilité entre les deux versions de la requête, c’est un choix personnel.
jsonb : index GIN jsonb_path_ops
Créer un index GIN ainsi :
Quelle taille fait-il ?
L’index peut être un peu long à construire (plusieurs dizaines de secondes) et est assez gros :
Retenter les requêtes précédentes. Lesquelles utilisent l’index ?
Les requêtes utilisant les égalités (que ce soit sur du texte ou en JSON) n’utilisent pas l’index :
Par contre, la syntaxe @> (« contient ») utilise l’index, quelle que soit la manière dont on construit le JSON critère. Le gain en temps et en I/O (et en CPU) grâce à l’index est assez foudroyant. Et ceci, quelle que soit la manière dont on récupère les champs, puisqu’il n’y a plus qu’une poignée de lignes à analyser :
Les requêtes sans filtre n’utilisent pas l’index, bien sûr.
jsonb et tableaux
Récupérer les numéros de téléphone de Léon Prunelle.
Le sous-attribut telephones est un tableau. La syntaxe ->0 ne renvoie que le premier élément :
Les 4 premières lignes renvoient un jsonb, les trois dernières sa conversion en texte :
Afficher les noms et prénoms de Prunelles, et un tableau de champs texte contenant ses numéros de téléphone (utiliser
jsonb_array_elements_text).
Il vaut mieux ne pas « bricoler » avec des conversions manuelles du JSON en texte puis en tableau. La fonction dédiée est jsonb_array_elements_text.
Cependant on multiplie les lignes par le nombre de numéros de téléphone, et il faut réagréger :
La version suivante fonctionnerait aussi dans ce cas précis (cependant elle sera moins performante s’il y a beaucoup de lignes, car PostgreSQL voudra faire un agrégat global au lieu d’un simple parcours ; il faudra aussi vérifier que la clé d’agrégation tient compte d’homonymes).
(Noter que la fonction sœur jsonb_array_elements() renverrait, elle, des JSON.)
Accès JSONPath
Comparer le résultat et les performances de ces deux requêtes, qui récupèrent aussi les numéros de téléphone de Prunelle :
Le résultat est le même dans les deux cas :
Par contre, le plan et les temps d’exécutions sont totalement différents. La clause jsonb_path_query unique parcourt complètement la table :
Tandis que la séparation du filtrage et de l’affichage permet à PostgreSQL de sélectionner les lignes, et donc de passer par un index avant de procéder à l’affichage.
(À la place de @@, la syntaxe classique @> avec un JSON comme critère, est aussi performante dans ce cas simple.)
Chercher qui possède le numéro de téléphone
0650041821avec la syntaxe JSONPath.
Ces deux syntaxes sont équivalentes :
Dans les deux cas, EXPLAIN montre que l’index GIN est bien utilisé.
Compter le nombre de personnes habitant à Paris ou Bruxelles avec :
- la syntaxe
@>et unOR;- une syntaxe JSONPath
@?et un « ou » logique (||) ;- une syntaxe JSONPath
@?et une regex@.ville like_regex "^(Paris|Bruxelles)$".
Vous devez trouver 63 personnes avec la version complète de la base.
Cet appel va utiliser l’index GIN :
Cet appel aussi :
Par contre, l’index GIN est inutilisable si l’on demande une expression régulière (aussi simple soit-elle) :
Index fonctionnel, colonne générée et JSON
Le compte du nombre de personne par pays doit être optimisé au maximum. Ajouter un index fonctionnel sur l’attribut
pays. Tester l’efficacité sur une recherche, et un décompte de toutes les personnes par pays.
Suivant la syntaxe préférée, l’index peut être par exemple ceci :
L’index contient peu de valeurs et profite de la déduplication, il fait donc au plus 3 Mo.
Cet index est utilisable pour une recherche à condition que la syntaxe de l’expression soit rigoureusement identique, ce qui limite les cas d’usage.
Par contre, pour le décompte complet, il n’a aucun intérêt :
En effet, un index fonctionnel ne permet pas un Index Only Scan. Pourtant, il pourrait être très intéressant ici.
Ajouter un champ généré dans
json.personne, correspondant à l’attributpays.
Attention, l’ordre va réécrire la table, ce qui peut être long (de l’ordre de la minute, suivant le matériel) :
Comparer les temps d’exécution du décompte des pays par l’attribut, et par cette colonne générée.
Par contre, la lecture directe du champ est nettement plus rapide :
Le plan est pourtant le même : un Seq Scan, faute de clause de filtrage et d’index, suivi d’un agrégat parallélisé n’utilisant que quelques kilooctets de mémoire.
Le champ généré a donc un premier intérêt en terme de rapidité de lecture des champs, surtout avec des JSON importants comme ici.
Créer un index B-tree sur la colonne générée
pays. Consulter les statistiques danspg_stats. Cet index est-il utilisable pour des filtres et le décompte parpays?
Ces deux ordres ne durent qu’1 ou 2 secondes.
Le gain en temps est appréciable. Mais l’intérêt principal réside ici dans le nombre de blocs lus divisé par 100 ! Le nouvel index ne fait que 3 Mo.
(Optionnel) Créer des colonnes générées sur
nom,prenom,date_naissance, etville(en un seul ordre). Reprendre la requête plus haut qui les affiche tous et comparer les performances.
Un champ va poser problème : la date de naissance. En effet, la date est stockée au format texte, il faudra soi-même faire la conversion. De plus, un simple opérateur ::date ne peut être utilisé dans une expression de GENERATED car il n’est pas « immutable » (pour des raisons techniques).
Un contournement pas très performant est celui-ci :
Une autre possibilité plus performante est d’enrober to_date() dans une fonction immutable, puisqu’il n’y a, dans ce cas précis, pas d’ambiguïté sur le format ISO :
et l’ordre devient :
Les conversions de texte vers des dates sont des sources fréquentes de problèmes. Le conseil habituel est de toujours stocker une date dans un champ de type date ou timestamp/timestamptz. Mais si elle provient d’un JSON, il faudra gérer soi-même la conversion.
Quelle que soit la méthode, la requête suivante :
est beaucoup plus rapide que :
elle-même plus rapide que les extractions manuelles des attributs un à un, comme vu plus haut.
Certes, la table est un peu plus grosse, mais le coût d’insertion des colonnes générées est donc souvent rentable pour les champs fréquemment utilisés.
jsonb et mise à jour
Ajouter l’attribut
animauxà Gaston Lagaffe, avec la valeur 18. Vérifier en relisant la ligne.
Ajouter l’attribut
animauxà 2% des individus au hasard, avec une valeur 1 ou 2.
On utilise ici la fonction jsonb_build_object(), plus adaptée à la construction d’un JSON qui n’est pas une constante. Le choix des individus peut se faire de plusieurs manières, par exemple avec random(), mod()…
Compter le nombre de personnes avec des animaux (avec ou sans JSONPath). Proposer un index qui pourrait convenir à d’autres futurs nouveaux attributs peu fréquents.
Ces requêtes renvoient 10654, mais effectuent toutes un Seq Scan avec une durée d’exécution aux alentours de la seconde :
(Remarquer que les deux dernières requêtes utiliseraient l’index GIN pour des égalités comme (@ == 0) ou (@ == 18), et seraient presque instantanées. Là encore, c’est une limite des index GIN.)
On pourrait indexer (personne->>'animaux')::int, ce qui serait excellent pour la première requête, mais ne conviendrait pas à d’autres critères.
L’opérateur ? ne sait pas utiliser l’index GIN jsonb_path_ops existant. Par contre, il peut profiter de l’opérateur GIN par défaut :
Il est directement utilisable par tout autre attribut :
Cet index avec l’opérateur jsonb_ops a par contre le gros inconvénient d’être encore plus gros que l’index GIN avec jsonb_path_ops (303 Mo contre 235 Mo), et d’alourdir encore les mises à jour. Il peut cependant remplacer ce dernier, de manière un peu moins performante. Il faut aviser selon les requêtes, la place, les écritures…
Large Objects
- Créer une table
fichiersavec un texte et une colonne permettant de référencer des Large Objects.
- Importer un fichier local à l’aide de psql dans un large object.
- Noter l’
oidretourné.
- Importer un fichier du serveur à l’aide de psql dans un large object.
- Afficher le contenu de ces différents fichiers à l’aide de psql.
- Les sauvegarder dans des fichiers locaux.
Source : manuel complet PDF, révision 26.09, pages PDF 269-354. Les énoncés de TP et les solutions proviennent de la version complète.
6 Fonctionnalités avancées pour la performance
6/ Fonctionnalités avancées pour la performance
Ce chapitre reprend l’intégralité des pages PDF 355-390 du manuel complet PERF2, y compris les énoncés de travaux pratiques et les solutions.
6.1 Préambule
Quelques fonctionnalités, généralement liées aux performances.
6.1.1 Au menu
- Tables temporaires
- Tables non journalisées
- Colonnes générées
- JIT
- Recherche Full Text
6.2 Tables temporaires
6.2.1 Tables temporaires : utilité
- N’existent que pendant la session
- Non journalisées : rapides !
Principe :
Sous PostgreSQL, les tables temporaires sont créées dans une session, et disparaissent à la déconnexion. Elles ne sont pas visibles par les autres sessions. Elles ne sont pas journalisées, ce qui est très intéressant pour les performances. Elles s’utilisent comme les autres tables, y compris pour l’indexation, les triggers, etc.
Les tables temporaires semblent donc idéales pour des tables de travail temporaires et « jetables ».
6.2.2 Tables temporaires : limites et paramétrage
- Ne pas en abuser !
- Ignorées par autovacuum
ANALYZEetVACUUMmanuels !
- Paramétrage :
temp_buffers: cache disque pour les objets temporaires, par session, à augmenter ?
Attention.
Cependant, il est déconseillé d’abuser des tables temporaires. En effet, leur création/destruction permanente entraîne une fragmentation importante des tables systèmes (en premier lieu
pg_catalog.pg_class,pg_catalog.pg_attribute…), qui peuvent devenir énormes. Ce n’est jamais bon pour les performances, et peut nécessiter unVACUUM FULLdes tables système !
Attention.
Le démon autovacuum ne voit pas les tables temporaires ! Les statistiques devront donc être mises à jour manuellement avec
ANALYZE, et il faudra penser à lancerVACUUMexplicitement après de grosses modifications.
Aspect technique :
Les tables temporaires sont créées dans un schéma temporaire pg_temp_..., ce qui explique qu’elles ne sont pas visibles dans le schéma public.
Physiquement, par défaut, elles sont stockées sur le disque avec les autres données de la base, et non dans base/pgsql_tmp comme les fichiers temporaires. Il est possible de définir des tablespaces dédiés aux objets temporaires (fichiers temporaires et données des tables temporaires) à l’aide du paramètre temp_tablespaces, à condition de donner des droits CREATE dessus aux utilisateurs. Le nom du fichier d’une table temporaire est reconnaissable car il commence par t. Les éventuels index de la table suivent les même règles.
Exemple :
Cache :
Dans les plans d’exécution avec BUFFERS, l’habituelle mention shared est remplacée par local pour les tables temporaires.
(Les shared hit concernent des accès aux tables systèmes pour la planification.)
En effet, leur cache disque dédié est au niveau de la session, non des shared buffers. Ce cache est défini par le paramètre temp_buffers (exprimé par session, et à 8 Mo par défaut). Ce paramètre peut être augmenté dans la session, avant la création de la table. Bien sûr, on risque de saturer la RAM en cas d’abus ou s’il y a trop de sessions, tout comme avec work_mem. Et comme la mémoire de temp_buffers n’est pas rendue avant la fin de la session, il faut éviter de maintenir inutilement ouvertes des sessions ayant créé des tables temporaires : elles bloquent de la mémoire.
À noter : ce cache n’empêche pas l’écriture des petites tables temporaires sur le disque.
Pour éviter de recréer perpétuellement la même table temporaire, une table unlogged (voir plus bas) sera sans doute plus indiquée. Le contenu de cette dernière sera aussi visible des autres sessions, ce qui est pratique pour suivre la progression d’un traitement, faciliter le travail de l’autovacuum, ou déboguer. Sinon, il est fréquent de pouvoir remplacer une table temporaire par une CTE (clause WITH) ou un tableau en mémoire.
L’extension pgtt émule un autre type de table temporaire dite « globale » pour la compatibilité avec d’autres SGBD.
6.3 Tables non journalisées (unlogged)
6.3.1 Tables non journalisées : utilité
- La durabilité est parfois accessoire :
- tables temporaires et de travail
- caches…
- Tables non journalisées
- non répliquées, non restaurées
- remises à zéro en cas de crash
- Respecter les contraintes
Une table unlogged est une table non journalisée. Comme la journalisation est responsable de la durabilité, une table non journalisée n’a pas cette garantie.
Attention.
La table est systématiquement remise à zéro au redémarrage après un arrêt brutal. En effet, tout arrêt d’urgence peut entraîner une corruption des fichiers de la table ; et sans journalisation, il ne serait pas possible de la corriger au redémarrage et de garantir l’intégrité.
La non-journalisation de la table implique aussi que ses données ne sont pas répliquées vers des serveurs secondaires, et que les tables ne peuvent figurer dans une publication (réplication logique). En effet, les modes de réplication natifs de PostgreSQL utilisent les journaux de transactions. Pour la même raison, une restauration de sauvegarde PITR ne restaurera pas le contenu de la table. Le bon côté est qu’on allège la charge sur la sauvegarde et la réplication.
Les contraintes doivent être respectées même si la table unlogged est vidée : une table normale ne peut donc avoir de clé étrangère pointant vers une table unlogged. La contrainte inverse est possible, tout comme une contrainte entre deux tables unlogged.
À part ces limitations, les tables unlogged se comportent exactement comme les autres. Leur intérêt principal est d’être en moyenne 5 fois plus rapides à la mise à jour. Elles sont donc à réserver à des cas d’utilisation particuliers, comme :
- table de spooling/staging ;
- table de cache/session applicative ;
- table de travail partagée entre sessions ;
- table de travail systématiquement reconstruite avant utilisation dans le flux applicatif ;
- et de manière générale toute table contenant des données dont on peut accepter la perte ou dont on peut régénérer les données aisément.
Les tables unlogged ne doivent pas être confondues avec les tables temporaires (non journalisées et visibles uniquement dans la session qui les a créées). Les tables unlogged ne sont pas ignorées par l’autovacuum (les tables temporaires le sont). Abuser des tables temporaires a tendance à générer de la fragmentation dans les tables système, alors que les tables unlogged sont en général créées une fois pour toutes.
6.3.2 Tables non journalisées : mise en place
Une table unlogged se crée exactement comme une table journalisée classique, excepté le mot UNLOGGED.
6.3.3 Bascule d’une table en/depuis unlogged
- réécriture
- passage du contenu dans les WAL !
Il est possible de basculer une table à volonté de normale à unlogged et vice-versa.
Quand une table classique devient unlogged, on pourrait imaginer que PostgreSQL n’a pas besoin d’y toucher. Malheureusement, pour des raisons techniques, la table doit être réécrite (elle change de refilenode). Elle est aussi défragmentée au passage, comme lors d’un VACUUM FULL.
De plus, cette réécriture génère des journaux supplémentaires quand les sommes de contrôle sont activées, une option qui est recommandée (et activée par défaut à partir de la version 18). Ces journaux semblent inutiles, mais là encore des optimisations manquent.
À l’inverse, quand une table unlogged devient logged (journalisée), la réécriture a aussi lieu, et tout le contenu de la table est journalisé (c’est indispensable pour la sauvegarde PITR et pour la réplication notamment), ce qui génère là encore des journaux et peut prendre du temps.
Tout cela peut être long et coûteux si la table est grosse. Il n’est donc pas si fréquent qu’il soit « rentable » de basculer régulièrement une table de logged en unlogged et vice-versa en espérant économiser des journaux lors des mises à jour.
Par exemple, une table d’abord vide, alimentée et modifiée de manière répétée pendant un batch, peut être définie unlogged pour des raisons de performance, puis basculée en logged en toute fin de traitement pour pérenniser son contenu.
6.4 Colonnes générées
6.4.1 Colonnes générées : principe
6.4.2 Colonnes générées vs DEFAULT
DEFAULT- expressions très simples, modifiables
GENERATED- fonctions « immutables », ne dépendant que de la ligne
- danger sinon (ex : pas pour dates de mises à jour)
- (avant v17) difficilement modifiables
- peuvent porter des contraintes
Les valeurs par défaut sont très connues mais limitées. PostgreSQL connaît aussi les colonnes générées (ou calculées).
La syntaxe est :
Les colonnes générées sont recalculées à chaque fois que les champs sur lesquels elles sont basées changent, donc aussi lors d’un UPDATE. Ces champs calculés sont impérativement marqués ALWAYS, c’est-à-dire obligatoires et non modifiables, et STORED, c’est-à-dire stockés sur le disque (et non recalculés à la volée comme dans une vue). Ils ne doivent pas se baser sur d’autres champs calculés.
Un intérêt est que les champs calculés peuvent porter des contraintes, par exemple la clause CHECK ci-dessous, mais encore des clés étrangères ou unique.
Exemple :
Expression immutable :
Avec GENERATED, l’expression du calcul doit être « immutable », c’est-à-dire ne dépendre que des autres champs de la même ligne, n’utiliser que des fonctions elles-mêmes immutables, et rien d’autre. Il n’est donc pas possible d’utiliser des fonctions comme now(), ni des fonctions de conversion de date dépendant du fuseau horaire, ou du paramètre de formatage de la session en cours (toutes choses autorisées avec DEFAULT), ni des appels à d’autres lignes ou tables…
La colonne calculée peut être convertie en colonne « normale » :
Modifier l’expression n’est pas possible avant PostgreSQL 17, sauf à supprimer la colonne générée et en créer une nouvelle. Il faut alors recalculer toutes les lignes et réécrire toute la table, ce qui peut être très lourd.
À partir de PostgreSQL 17, l’expression est modifiable avec cette syntaxe :
Attention, la table est totalement bloquée le temps de la réécriture (verrou AccessExclusiveLock).
Utilisation d’une fonction :
Il est possible de créer sa propre fonction pour l’expression, qui doit aussi être immutable :
Attention.
Attention : modifier la fonction ne réécrit pas spontanément la table, il faut forcer la réécriture avec par exemple :
et ceci dans la même transaction que la modification de fonction. On pourrait imaginer de négliger cet
UPDATEpour garder les valeurs déjà présentes qui suivraient d’anciennes règles… mais ce serait une erreur. En effet, les valeurs calculées ne figurent pas dans une sauvegarde logique, et en cas de restauration, tous les champs sont recalculés avec la dernière formule !
On préférera donc gérer l’expression dans la définition de la table dans les cas simples.
Attention.
Un autre piège : il faut résister à la tentation de déclarer une fonction comme immutable sans la certitude qu’elle l’est bien (penser aux paramètres de session, aux fuseaux horaires…), sous peine d’incohérences dans les données.
Cas d’usage :
Les colonnes générées économisent la création de triggers, ou de vues de « présentation ». Elles facilitent la dénormalisation de données calculées dans une même table tout en garantissant l’intégrité.
Un cas d’usage courant est la dénormalisation d’attributs JSON pour les manipuler comme des champs de table classiques :
L’accès au champ est notablement plus rapide que l’analyse systématique du champ JSON.
Par contre, les colonnes GENERATED ne sont pas un bon moyen pour créer des champs portant la dernière mise à jour. Certes, PostgreSQL ne vous empêchera pas de déclarer une fonction (abusivement) immutable utilisant now() ou une variante. Mais ces informations seront perdues en cas de restauration logique. Dans ce cas, les triggers restent une option plus complexe mais plus propre.
6.4.3 Valeurs stockées ou virtuelles
STORED- valeur calculée à l’enregistrement
- prennent de l’espace disque
VIRTUAL(v18+)- recalculées à chaque appel
- ne prennent pas de place
- pas de réécriture de la table
- facilement modifiables
- mais : non indexables, pas de statistiques
À partir de la version 18, il est possible de déclarer une colonne générée virtuelle. À la différence d’une colonne générée stockée, la valeur n’est pas enregistrée. Elle est calculée à la lecture. La volumétrie de la table est donc moins importante, mais la lecture est plus lente.
Ce type de colonne se déclare ainsi :
La clause VIRTUAL permet de souligner le côté virtuel de la colonne mais il n’est pas requis. Par défaut, une colonne générée est virtuelle. Elle n’est stockée que si la clause STORED est utilisée.
La table n’a pas besoin d’être réécrite pour ajouter une colonne virtuelle, le verrou est donc bien plus court.
Si la fonction à calculer change, la modification est facile et ne pose pas de souci de cohérence.
Il existe plusieurs limitations à ce type de colonne :
- Comme pour les colonnes générées stockées, les seuls champs utilisables dans l’expression d’une colonne virtuelle sont ceux présents sur la ligne ;
- il n’est malheureusement pas possible d’utiliser une colonne virtuelle comme source d’une autre colonne virtuelle ;
- comme pour les colonnes générées stockées, les fonctions utilisées doivent être « immutables », c’est-à-dire ne pas dépendre d’autre chose que des champs de la ligne (donc pas des paramètres de session comme le fuseau horaire) ;
- il n’est pas possible d’utiliser des fonctions créées par les utilisateurs pour des raisons de sécurité (un superutilisateur pourrait être amené à exécuter des fonctions alors qu’il croit juste consulter une table) ;
- les colonnes virtuelles ne sont jamais répliquées par la réplication logique (alors que l’on peut le forcer dans la publication pour des colonnes stockées).
Plus gênant, les colonnes virtuelles ne peuvent pas non plus être indexées (un index fonctionnel avec la même définition stricte peut cependant répondre au besoin). Et sans index, il n’est pas possible de pointer une contrainte de clé étrangère vers une colonne virtuelle.
Enfin, une colonne virtuelle ne possède pas de statistiques dans pg_stats : PostgreSQL ne sait donc pas estimer la volumétrie renvoyée par un prédicat sur une colonne virtuelle. Il est possible de contourner en demandant la définition d’un objet statistique ou d’un index fonctionnel avec l’expression exacte du champ calculée.
6.5 JIT
6.5.1 JIT : la compilation à la volée
- Compilation Just In Time des requêtes
- Utilise le compilateur LLVM
- Vérifier que l’installation est fonctionnelle
- Activé par défaut
- mais souvent désactivé
Une des fonctionnalités les plus techniquement pointues de PostgreSQL est la « compilation à la volée » (Just In Time compilation, ou JIT) de certaines expressions dans les requêtes SQL.
Dans certaines requêtes, l’essentiel du temps est passé à décoder des enregistrements (tuple deforming), à analyser des clauses WHERE, à effectuer des calculs. En conséquence, l’idée du JIT est de transformer tout ou partie de la requête en un programme natif directement exécuté par le processeur.
Cette compilation est une opération lourde qui ne sera effectuée que pour des requêtes qui en valent le coup, donc qui dépassent un certain coût. Au contraire de la parallélisation, ce coût n’est pas pris en compte par le planificateur (!). La décision d’utiliser le JIT ou pas se fait une fois le plan décidé, si le coût calculé de la requête dépasse un certain seuil.
Le JIT de PostgreSQL s’appuie actuellement sur la chaîne de compilation LLVM, choisie pour sa flexibilité. L’utilisation nécessite un PostgreSQL compilé avec l’option --with-llvm et l’installation des bibliothèques de LLVM.
Sur Debian, avec les paquets du PGDG, les dépendances sont en place dès l’installation.
Sur Rocky Linux/Red Hat 8 et au-delà, l’installation du paquet dédié suffit :
Sur CentOS/Red Hat 7, installer d’abord epel-release.
Si PostgreSQL ne trouve pas les bibliothèques nécessaires, il ne renvoie pas d’erreur et continue sans tenter de JIT. Pour tester si le JIT est fonctionnel sur votre machine, il faut le chercher dans un plan quand on force son utilisation ainsi :
La documentation officielle est assez accessible : https://doc.postgresql.fr/current/jit.html
6.5.2 JIT : qu’est-ce qui est compilé ?
- Tuple deforming
- Évaluation d’expressions :
WHERE- agrégats,
GROUP BY
- Appels de fonctions (inlining)
- Mais pas les jointures
Le JIT ne peut pas encore compiler toute une requête. La version actuelle se concentre sur des goulots d’étranglement classiques :
- le décodage des enregistrements (tuple deforming) pour en extraire les champs intéressants ;
- les évaluations d’expressions, notamment dans les clauses
WHEREpour filtrer les lignes ; - les agrégats, les
GROUP BY…
Les jointures ne sont pas (encore ?) concernées par le JIT.
Le code résultant est utilisable plus efficacement avec les processeurs actuels qui utilisent les pipelines et les prédictions de branchement.
Pour les détails, on peut consulter notamment cette conférence très technique au FOSDEM 2018 par l’auteur principal du JIT, Andres Freund.
6.5.3 JIT : algorithme « naïf »
jit(défaut :on)jit_above_cost(défaut : 100 000)jit_inline_above_cost(défaut : 500 000)jit_optimize_above_cost(défaut : 500 000)- À comparer au coût de la requête… I/O comprises
- Seuils arbitraires !
De l’avis même de son auteur, l’algorithme de déclenchement du JIT est « naïf ». Quatre paramètres existent (hors débogage).
jit = on active le JIT si l’environnement technique évoqué plus haut le permet.
La compilation n’a cependant lieu que pour un coût de requête calculé d’au moins jit_above_cost (par défaut 100 000, une valeur élevée). Puis, si le coût atteint jit_inline_above_cost (500 000), certaines fonctions utilisées par la requête et supportées par le JIT sont intégrées dans la compilation. Si jit_optimize_above_cost (500 000) est atteint, une optimisation du code compilé est également effectuée. Ces deux dernières opérations étant longues, elles ne le sont que pour des coûts assez importants.
Ces seuils sont à comparer avec les coûts des requêtes, qui incluent les entrées-sorties, donc pas seulement le coût CPU. Ces seuils sont un peu arbitraires et nécessitent sans doute un certain tuning en fonction de vos requêtes et de vos processeurs. Il n’y a pas de règle magique permettant de définir les valeurs des différents paramètres.
Des contre-performances dues au JIT ont déjà été observées, notamment sur des requêtes très complexes (donc au coût élevé). Le partitionnement et l’alourdissement de LLVM au fil des versions ont aussi un impact.
Il est donc fréquent de le désactiver par défaut, comme le font souvent les fournisseurs cloud, ou de monter radicalement les seuils de déclenchement.
Un exemple de plan d’exécution sur une grosse table donne :
Le plan d’exécution est complété, à la fin, des informations suivantes :
- le nombre de fonctions concernées ;
- les temps de génération, d’inclusion des fonctions, d’optimisation du code compilé…
Dans l’exemple ci-dessus, on peut constater que ces coûts ne sont pas négligeables par rapport au temps total. Il reste à voir si ce temps perdu est récupéré sur le temps d’exécution de la requête… ce qui en pratique n’a rien d’évident.
Sans JIT, la durée de cette requête était d’environ 17 s. Ici le JIT est rentable.
6.5.4 Quand le JIT est-il utile ?
- Goulot d’étranglement au niveau CPU (pas I/O)
- Requêtes complexes (calculs, agrégats, appels de fonctions…)
- Beaucoup de lignes, filtres
- Assez longues pour « rentabiliser » le JIT
- Analytiques, pas OLTPs
offpar défaut ?
Vu son coût élevé, le JIT n’a d’intérêt que pour les requêtes utilisant beaucoup le CPU et où il est le facteur limitant.
Ce seront donc surtout des requêtes analytiques agrégeant beaucoup de lignes, comprenant beaucoup de calculs et filtres, et non les petites requêtes d’un ERP.
Il n’y a pas non plus de mise en cache du code compilé.
Si gain il y a, il est relativement modeste en deçà de quelques millions de lignes, et devient de plus en plus important au fur et à mesure que la volumétrie augmente, à condition bien sûr que d’autres limites n’apparaissent pas (bande passante…).
Conseil.
Nous conseillons soit de désactiver le JIT par défaut (quitte à le réactiver dans les sessions où il pourrait être utile), ou au moins de monter d’un facteur 10 ses seuils.
Documentation officielle : https://docs.postgresql.fr/current/jit-decision.html
6.6 Recherche plein texte
…ou FTS
6.6.1 Full Text Search : principe
- Recherche « à la Google » ; fonctions dédiées
- On n’indexe plus une chaîne de caractère mais
- les mots (« lexèmes ») qui la composent
- on peut rechercher sur chaque lexème indépendamment
- Les lexèmes sont soumis à des règles spécifiques à chaque langue
- notamment termes courants
- permettent une normalisation, des synonymes…
L’indexation FTS est un des cas les plus fréquents d’utilisation non-relationnelle d’une base de données : les utilisateurs ont souvent besoin de pouvoir rechercher une information qu’ils ne connaissent pas parfaitement, d’une façon floue :
- recherche d’un produit/article par rapport à sa description ;
- recherche dans le contenu de livres/documents…
PostgreSQL doit donc permettre de rechercher de façon efficace dans un champ texte. L’avantage de cette solution est d’être intégrée au SGBD. Le moteur de recherche est donc toujours parfaitement à jour avec le contenu de la base, puisqu’il est intégré avec le reste des transactions.
Le principe est de décomposer le texte en « lexèmes » propres à chaque langue. Cela implique donc une certaine forme de normalisation, et permettent aussi de tenir compte de dictionnaires de synonymes. Le dictionnaire inclue aussi les termes courants inutiles à indexer (stop words) propres à la langue (le, la, et, the, and, der, daß…).
Décomposition et recherche en plein texte utilisent des fonctions et opérateurs dédiés, ce qui nécessite donc une adaptation du code. Ce qui suit n’est qu’un premier aperçu. La recherche plein texte est un chapitre entier de la documentation officielle.
Adrien Nayrat a donné une excellente conférence sur le sujet au PGDay France 2017 à Toulouse (slides).
6.6.2 Full Text Search : exemple
- Décomposition :
- Recherche sur 2 mots :
- Recherche sur une phrase :
phrase_totsquery
to_tsvector analyse un texte et le décompose en lexèmes, et non en mots. Les chiffres indiquent ici les positions et ouvrent la possibilité à des scores de proximité. Mais des indications de poids sont possibles.
Autre exemple de décomposition d’une phrase :
Les mots courts et le verbe « être » sont repérés comme termes trop courants, la casse est ignorée, même l’URL est décomposée en protocole et hôte. On peut voir en détail comment la FTS a procédé :
Si l’on se trompe de langue, les termes courants sont mal repérés (et la recherche sera inefficace) :
Pour construire un critère de recherche, to_tsquery est nécessaire :
Les termes à chercher peuvent être combinés par &, | (ou), ! (négation), <-> (mots successifs), <N> (séparés par N lexèmes). @@ est l’opérateur de correspondance. Il y en a d’autres.
Il existe une fonction phraseto_tsquery pour donner une phrase entière comme critère, laquelle sera décomposée en lexèmes :
6.6.3 Full Text Search : dictionnaires
- Configurations liées à la langue
- basées sur des dictionnaires (parfois fournis)
- dictionnaires filtrants (
unaccent) - synonymes
- Extensible grâce à des sources extérieures
- Configuration par défaut :
default_text_search_config
Les lexèmes, les termes courants, la manière de décomposer un terme… sont fortement liés à la langue.
Des configurations toutes prêtes sont fournies par PostgreSQL pour certaines langues :
La recherche plein texte est donc directement utilisable pour le français ou l’anglais et beaucoup d’autres langues européennes. La configuration par défaut dépend du paramètre default_text_search_config, même s’il est conseillé de toujours passer explicitement la configuration aux fonctions. Ce paramètre peut être modifié globalement, par session ou par un ALTER DATABASE SET.
En demandant le détail de la configuration french, on peut voir qu’elle se base sur des « dictionnaires » pour chaque type d’élément qui peut être rencontré : mots, phrases mais aussi URL, entiers…
On peut lister ces dictionnaires :
Ces dictionnaires sont de type « Snowball », incluant notamment des algorithmes différents pour chaque langue. Le dictionnaire simple n’est pas lié à une langue et correspond à une simple décomposition après passage en minuscule et recherche de termes courants anglais : c’est suffisant pour des éléments comme les URL.
D’autres dictionnaires peuvent être combinés aux existants pour créer une nouvelle configuration. Le principe est que les dictionnaires reconnaissent certains éléments, et transmettent aux suivants ce qu’ils n’ont pas reconnu. Les dictionnaires précédents, de type Snowball, reconnaissent tout et doivent donc être placés en fin de liste.
Par exemple, la contrib unaccent permet de faire une configuration négligeant les accents. La contrib dict_int fournit un dictionnaire qui réduit la précision des nombres pour réduire la taille de l’index. La contrib dict_xsyn permet de créer un dictionnaire pour gérer une liste de synonymes. Mais les dictionnaires de synonymes peuvent être gérés manuellement. Les fichiers adéquats sont déjà présents ou à ajouter dans $SHAREDIR/tsearch_data/ (par exemple /usr/pgsql-14/share/tsearch_data sur Red Hat/CentOS ou /usr/share/postgresql/14/tsearch_data sur Debian).
Par exemple, en utilisant le fichier d’exemple $SHAREDIR/tsearch_data/synonym_sample.syn, dont le contenu est :
on peut définir un dictionnaire de synonymes, créer une nouvelle configuration reprenant french, et y insérer le nouveau dictionnaire en premier élément :
À l’usage :
Les trois versions de « PostgreSQL » ont été reconnues.
Pour une analyse plus fine, on peut ajouter d’autres dictionnaires linguistiques depuis des sources extérieures (Ispell, OpenOffice…). Ce n’est pas intégré par défaut à PostgreSQL mais la procédure est dans la documentation.
Des « thesaurus » peuvent être même être créés pour remplacer des expressions par des synonymes (et identifier par exemple « le meilleur SGBD » et « PostgreSQL »).
6.6.4 Full Text Search : stockage & indexation
- Stocker
to_tsvector (champtexte)- colonne mise à jour par trigger
- ou colonne générée (v12)
- Indexation GIN ou GiST
Principe :
Sans indexation, une recherche FTS fonctionne, mais parcourra entièrement la table. L’indexation est possible, avec GIN ou GiST. On peut stocker le vecteur résultat de to_tsvector dans une autre colonne de la table, et c’est elle qui sera indexée. Jusque PostgreSQL 11, il est nécessaire de le faire manuellement, ou d’écrire un trigger pour cela. À partir de PostgreSQL 12, on peut utiliser une colonne générée (il est nécessaire de préciser la configuration FTS), qui sera stockée sur le disque :
Les critères de recherche porteront sur la colonne vecteur :
Cette colonne sera ensuite indexée par GIN pour avoir des temps d’accès corrects :
Alternative : index fonctionnel
Plus simplement, il peut suffire de créer juste un index fonctionnel sur to_tsvector ('french', contenu). On épargne ainsi l’espace du champ calculé dans la table.
Par contre, l’index devra porter sur le critère de recherche exact, sinon il ne sera pas utilisable. Cela n’est donc pertinent que si la majorité des recherches porte sur un nombre très restreint de critères, et il faudra un index par critère.
Exemple complet de mise en place de FTS :
- Création d’une configuration de dictionnaire dédiée avec dictionnaire français, sans accent, dans une table de dépêches :
- Ajout d’une colonne vectorisée à la table
depeche, avec des poids différents pour le titre et le texte, ici gérée manuellement avec un trigger.
- Création de l’index associé au vecteur :
- Collecte des statistiques sur la table :
- Utilisation basique :
- Tri par pertinenence :
- Cette requête peut s’écrire aussi ainsi :
6.6.5 Full Text Search sur du JSON
- Vectorisation possible des JSON
Une recherche FTS est directement possible sur des champs JSON. Voici un exemple :
La décomposition par FTS donne :
Une recherche sur « papier » donne :
Plus d’information chez Depesz : Full Text Search support for json and jsonb.
6.7 Quiz
6.8 Travaux pratiques
Les corrigés détaillés sont disponibles dans la section Travaux pratiques (solutions).
La version en ligne des solutions de ces TP est disponible sur https://dali.bo/s80_solutions.
6.8.1 Tables non journalisées
But : Tester les tables non journalisées
Afficher le nom du journal de transaction courant.
Créer une base pgbench vierge, de taille 80 (environ 1,2 Go). Les tables doivent être en mode unlogged.
Afficher la liste des objets unlogged dans la base pgbench.
Afficher le nom du journal de transaction courant. Que s’est-il passé ?
Passer l’ensemble des tables de la base pgbench en mode logged.
Afficher le nom du journal de transaction courant. Que s’est-il passé ?
Repasser toutes les tables de la base pgbench en mode unlogged.
Afficher le nom du journal de transaction courant. Que s’est-il passé ?
Réinitialiser la base pgbench toujours avec une taille 80 mais avec les tables en mode logged. Que constate-t-on ?
Réinitialiser la base pgbench mais avec une taille de 10. Les tables doivent être en mode unlogged.
Compter le nombre de lignes dans la table
pgbench_accounts.
Simuler un crash de l’instance PostgreSQL.
Redémarrer l’instance PostgreSQL.
Compter le nombre de lignes dans la table
pgbench_accounts. Que constate-t-on ?
6.8.2 Indexation Full Text
But : Tester l’indexation Full Text
Vous aurez besoin de la base textes. Si vous ne l’avez pas déjà, la base gutenberg est disponible en deux versions : complète sur https://dali.bo/tp_gutenberg (dump de 0,5 Go, table de 21 millions de lignes dans 3 Go) ou https://dali.bo/tp_gutenberg10 pour un extrait d’un dizième. Le dump peut se restaurer par exemple dans une nouvelle base, et contient juste une table nommée textes.
Ce TP utilise la version complète de la base textes basée sur le projet Gutenberg. Un index GIN va permettre d’utiliser la Full Text Search sur la table textes.
Créer un index GIN sur le vecteur du champ
contenu(fonctionto_tsvector).
Quelle est la taille de cet index ?
Quelle performance pour trouver « Fantine » (personnage des Misérables de Victor Hugo) dans la table ? Le résultat contient-il bien « Fantine » ?
Trouver les lignes qui contiennent à la fois les mots « affaire » et « couteau » et voir le plan.
6.9 Travaux pratiques (solutions)
Tables non journalisées
Afficher le nom du journal de transaction courant.
Créer une base pgbench vierge, de taille 80 (environ 1,2 Go). Les tables doivent être en mode unlogged.
Afficher la liste des objets unlogged dans la base pgbench.
Les 3 objets avec le suffixe pkey correspondent aux clés primaires des tables créées par pgbench. Comme elles dépendent des tables, elles sont également en mode unlogged.
Afficher le nom du journal de transaction courant. Que s’est-il passé ?
Comme l’initialisation de pgbench a été réalisée en mode unlogged, aucune information concernant les tables et les données qu’elles contiennent n’a été inscrite dans les journaux de transaction. Donc le journal de transaction est toujours le même.
Passer l’ensemble des tables de la base pgbench en mode logged.
Afficher le nom du journal de transaction courant. Que s’est-il passé ?
Comme toutes les tables de la base pgbench ont été passées en mode logged, une réécriture de celles-ci a eu lieu (comme pour un VACUUM FULL). Cette réécriture additionnée au mode logged a entraîné une forte écriture dans les journaux de transaction. Dans notre cas, 83 journaux de transaction ont été consommés, soit approximativement 1,3 Go d’utilisé sur disque.
Il faut donc faire particulièrement attention à la quantité de journaux de transaction qui peut être générée lors du passage d’une table du mode unlogged à logged.
Repasser toutes les tables de la base pgbench en mode unlogged.
Afficher le nom du journal de transaction courant. Que s’est-il passé ?
Le processus est le même que précedemment, mais, lors de la réécriture des tables, aucune information n’est stockée dans les journaux de transaction.
Réinitialiser la base pgbench toujours avec une taille 80 mais avec les tables en mode logged. Que constate-t-on ?
On constate que le temps mis par pgbench pour initialiser sa base est beaucoup plus long en mode logged que unlogged. On passe de 8,84 secondes en unlogged à 16,60 secondes en mode logged. Cette augmentation du temps de traitement est due à l’écriture dans les journaux de transaction.
Réinitialiser la base pgbench mais avec une taille de 10. Les tables doivent être en mode unlogged.
Compter le nombre de lignes dans la table
pgbench_accounts.
Simuler un crash de l’instance PostgreSQL.
Prudence.
Ne faites jamais un
kill -9sur un processus de l’instance PostgreSQL en production, bien sûr !
Redémarrer l’instance PostgreSQL.
Compter le nombre de lignes dans la table
pgbench_accounts. Que constate-t-on ?
Lors d’un crash, PostgreSQL remet tous les objets unlogged à zéro.
Indexation Full Text
Créer un index GIN sur le vecteur du champ
contenu(fonctionto_tsvector).
Quelle est la taille de cet index ?
La table « pèse » 3 Go (même si on pourrait la stocker de manière beaucoup plus efficace). L’index GIN est lui-même assez lourd dans la configuration par défaut :
Quelle performance pour trouver « Fantine » (personnage des Misérables de Victor Hugo) dans la table ? Le résultat contient-il bien « Fantine » ?
On constate donc que le Full Text Search est très efficace du moins pour le Full Text Search + GIN : trouver 1 mot parmi plus de 100 millions avec 300 enregistrements correspondants dure 1,5 ms (cache chaud).
Si l’on compare avec une recherche par trigramme (extension pg_trgm et index GIN), c’est bien meilleur. À l’inverse, les trigrammes permettent des recherches floues (orthographe approximative), des recherches sur autre chose que des mots, et ne nécessitent pas de modification de code.
Par contre, la recherche n’est pas exacte, « Fantin » est fréquemment trouvé. En fait, le plan montre que c’est le vrai critère retourné par to_tsquery('french','fantine') et transformé en 'fantin'::tsquery. Si l’on tient à ce critère précis il faudra ajouter une clause plus classique contenu LIKE '%Fantine%' pour filtrer le résultat après que le FTS ait « dégrossi » la recherche.
Trouver les lignes qui contiennent à la fois les mots « affaire » et « couteau » et voir le plan.
10 lignes sont ramenées en quelques millisecondes :
Noter que les pluriels « couteaux » et « affaires » figurent parmi les résultats puisque la recherche porte sur les léxèmes 'affair'' & ''couteau'.
Source : manuel complet PDF, révision 26.09, pages PDF 355-390. Les énoncés de TP et les solutions proviennent de la version complète.
7 Les formations Dalibo
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Téléchargement gratuit
Les versions électroniques de nos publications sont disponibles gratuitement sous licence open source ou sous licence Creative Commons.
Source : manuel complet PDF, révision 26.09, pages PDF 391-392.
Fiche de formation
Cette page reprend le contenu de la fiche PDF originale de PERF2. La mise en page en colonnes, les pictogrammes et les lignes de formulaire ont été réorganisés en titres, listes et tableaux pour la lecture web.
Formation: Indexation et SQL Avancés
Objectifs
Cette formation présente en profondeur différentes techniques d’indexation, ainsi que des fonctionnalités avancées offertes par PostgreSQL :
- Connaître les index de PostgreSQL
- Maîtriser les techniques d’indexation avancées
- Maîtriser les types avancés
- Partitionner les données
- Corriger les mauvaises pratiques
Thèmes abordés
- Index B-tree, GiN, GiST, BRIN, hash
- Index partiels, fonctionnels, couvrants
- Extensions PostgreSQL
- Types avancés (JSON, binaires, range, etc.)
Public concerné
Ce programme s’adresse aux utilisateurs·rices confirmé·es et aux administrateurs·rices de bases de données (DBA) ayant déjà une bonne connaissance de PostgreSQL.
Prérequis
Pour toute demande d’inscription, un test QCM sera envoyé par email avant la formation afin de vérifier les prérequis suivants :
- Notions de base en langage SQL
- Bonne connaissance de PostgreSQL
Formation conseillée : La formation Dalibo PERF1 ou DEVPG est conseillée.
Évaluation
Pendant la formation, des phases de travaux pratiques et de QCM ont lieu afin d’évaluer les acquis des stagiaires.
Organisation
| Rubrique | Détails |
|---|---|
| Référence | PERF2 |
| Fréquence indicative | 6 sessions inter-entreprises par an environ. |
| Durée | 2 jours (14 heures) en présentiel, ou 4 matinées (14 heures) à distance. |
| Parcours | PERF2 approfondit les enseignements de PERF1, et peut aussi succéder à DEVPG, du cursus Développement. |
Retrouvez les dates de cette formation sur la page de formation.
Modalités
Cette formation est organisée sur 4 demi-journées, le matin de 9h00 à 12h30. Le rythme des sessions à distance est en effet dicté par celui des apprenant·es. Nous veillons à ce que les objectifs de chaque formation soient respectés. Un test de quelques questions chaque matin, à partir du deuxième jour, permettra de valider les acquis du stagiaire par rapport aux objectifs. La dernière demi-journée est consacrée essentiellement aux Questions / Réponses, ainsi qu’à la présentation des modules complémentaires non essentiels. Comme en présentiel, les sessions à distance alternent présentations théoriques et travaux pratiques. En inter : les serveurs pour faire les TP restent disponibles pour les stagiaires les après-midi.
Matériel pédagogique
- Inter-entreprises : PC individuel équipé, souris, bloc-notes, stylo, clé USB.
- Intra-entreprise : Une liste vous sera transmise sur simple demande à formation@dalibo.com.
Ressources pédagogiques complémentaires
- Manuel de formation
- Diaporama
- Cahier de TP
- Accès à la plateforme d’apprentissage de DALIBO
Un code vous sera remis à la fin de la formation afin de commander deux manuels de formation au choix. En format papier, ils seront livrés rapidement chez vous.
Parcours de formation
PERF2 approfondit les enseignements de PERF1, et peut aussi succéder à DEVPG, du cursus Développement.
Tarifs
- Inter-entreprises : 1530 € HT par stagiaire
- Intra-entreprise : 6180 € HT pour 8 stagiaires maximum
Plus d’informations
La confirmation d’une session intervient au plus tôt un mois avant le premier jour, sous réserve de la participation de trois stagiaires minimum. Pour annuler votre inscription, contactez-nous 5 jours francs avant la session. Consultez la page des formations pour accéder aux informations suivantes :
- Dates des sessions
- Accès au siège de Dalibo pour les sessions inter-entreprises en présentiel
- Modalités d’évaluation
- Contact du référent Handicap
- Guide stagiaire COVID
- Règlement intérieur
- Conditions générales de vente (CGV)
- Registre public d’accessibilité
- Taux de satisfaction
- Prérequis pour les sessions intra-entreprise
Contact
Contactez notre référente Formation à formation@dalibo.com ou au +33 1 83 64 61 88.
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Sources du PDF
Questionnaire des besoins
Cette page reprend le questionnaire PDF original de PERF2. Les cases à cocher et les zones manuscrites sont adaptées à la lecture et à la saisie en Markdown.
Informations administratives
| Champ | À remplir |
|---|---|
| Nom | |
| Prénoms | |
| Entreprise | |
| Date / période de formation souhaitée |
Vos attentes
Classez les objectifs par ordre de priorité (5 étant le plus important) :
| Priorité à renseigner | Objectif |
|---|---|
| Connaître les index de PostgreSQL | |
| Maîtriser les techniques d’indexation avancées | |
| Maîtriser les types avancés | |
| Partitionner les données | |
| Corriger les mauvaises pratiques |
Sujet à traiter
Y a-t-il un sujet en particulier que vous voudriez voir traité ?
Informations ou besoins spécifiques
Y a-t-il une information que vous souhaitez nous transmettre pour faciliter le déroulement de la formation ? Avez-vous des besoins spécifiques (demandes personnelles, handicap…) ?
Votre identité professionnelle
Depuis combien de temps connaissez-vous et utilisez-vous PostgreSQL ?
- Moins de 1 an
- Entre 1 et 3 ans
- Plus de 3 ans
Quelle utilisation de PostgreSQL avez-vous ?
- Développement
- Administration
- ERP
- BI
- Autres :
Quel est l’environnement technique de PostgreSQL ?
- Systèmes d’exploitation
- Bare Metal
- Cloud
- Clients
- Machines virtuelles
- En local
- Autres :
Poste actuellement occupé :
- DBA
- Développeur
- Autres :
Informations professionnelles complémentaires
Support de formation
Les supports de nos formations sont disponibles gratuitement sur notre site à l’adresse https://www.dalibo.com/formations.
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