7 Analyses et diagnostics
La première illustration de ce chapitre est la Figure 7-1.

7/ Analyses et diagnostics
7.1 INTRODUCTION
- Deux types de supervision
- occasionnelle
- automatique
- Superviser le matériel et le système
- Superviser PostgreSQL et ses statistiques
- Utiliser les bons outils
Superviser un serveur de bases de données consiste à superviser le moteur lui-même, mais aussi le système d’exploitation et le matériel. Ces deux derniers sont importants pour connaître la charge système, l’utilisation des disques ou du réseau, qui pourraient expliquer des lenteurs au niveau du moteur. PostgreSQL propose lui aussi des informations qu’il est important de surveiller pour détecter des problèmes au niveau de l’utilisation du SGBD ou de sa configuration. Ce module a pour but de montrer comment effectuer une supervision occasionnelle (au cas où un problème surviendrait, savoir comment interpréter les informations fournies par le système et par PostgreSQL).
7.1.1 Menu
- Supervision occasionnelle système
- Linux
- Windows
- Supervision occasionnelle PostgreSQL
- Outils
7.2 SUPERVISION OCCASIONNELLE SOUS UNIX
- Nombreux outils
- Les tester pour les sélectionner
Il existe de nombreux outils sous Unix permettant de superviser de temps en temps le système. Cela passe par des outils comme ps ou top pour surveiller les processus à iotop ou vmstat pour les disques. Il est nécessaire de les tester, de comprendre les indicateurs et de se familiariser avec tout ou partie de ces outils afin d’être capable d’identifier rapidement un problème matériel ou logiciel.
7.2.1 Unix - ps
- ps est l’outil de base pour les processus
- Exemples
- ps aux
- ps f -f -u postgres
ps est l’outil le plus connu sous Unix. Il permet de récupérer la liste des processus en cours d’exécution. Les différentes options de ps peuvent avoir des définitions différentes en fonction du système d’exploitation (GNU/Linux, UNIX ou BSD) Par exemple, l’option f active la présentation sous forme d’arborescence des processus. Cela nous donne ceci:
10149 pts/5 S 0:00 _ postmaster
| 10165 ? Ss 0:00 | _ postgres: checkpointer |
|---|---|
| 10166 ? Ss 0:00 | _ postgres: background writer |
| 10168 ? Ss 0:00 | _ postgres: wal writer |
| 10169 ? Ss 0:00 | _ postgres: autovacuum launcher |
| 10171 ? Ss 0:00 | _ postgres: logical replication launcher |
Les options aux permettent d’avoir une idée de la consommation processeur (colonne %CPU de l’exemple suivant) et mémoire (colonne %MEM ) de chaque processus:
[…]
Attention à la colonne RSS. Elle indique la quantité de mémoire utilisée par chaque processus, en prenant aussi en compte la mémoire partagée lue par le processus. Il peut donc arriver qu’en additionnant les valeurs de cette colonne, on arrive à une valeur bien plus importante que la mémoire physique, ce qui est donc normal. La valeur de la colonne VSZ comprend toujours l’intrégralité de la mémoire partagée allouée initialement par le processus postmaster.
Dernier exemple:
Il est à noter que la commande ps affiche un grand nombre d’informations sur le processus seulement si le paramètre update_process_title est activé. Un processus d’une session affiche ainsi la base, l’utilisateur et, le cas échéant, l’adresse IP de la connexion. Il affiche aussi la commande en cours d’exécution et si cette commande est bloquée en attente d’un verrou ou non.
| 4563 pts/0 | S | 0:00 | _ postmaster |
|---|---|---|---|
| 4569 ? Ss 0:00 | _ postgres: checkpointer | ||
| 4570 ? Ss 0:00 | _ postgres: background writer | ||
| 4571 ? Ds 0:00 | _ postgres: wal writer | ||
| 4572 ? Ss 0:00 | _ postgres: autovacuum launcher | ||
| 4574 ? Ss 0:00 | _ postgres: logical replication launcher | ||
| 4610 ? Ss 0:00 | _ postgres: u1 b2 [local] idle in transaction | ||
| 4614 ? Ss 0:00 | _ postgres: u2 b2 [local] DROP TABLE waiting | ||
| 4617 ? Ss 0:00 | _ postgres: u3 b1 [local] INSERT | ||
| 4792 ? Ss 0:00 | _ postgres: u1 b2 [local] idle |
Dans cet exemple, quatre sessions sont ouvertes. La session 4610 n’exécute aucune requête mais est dans une transaction ouverte (c’est potentiellement un problème, à cause des verrous tenus pendant l’entièreté de la transaction et de la moindre efficacité des VACUUM). La session 4614 affiche le mot-clé waiting: elle est en attente d’un verrou, certainement détenu par une session en cours d’exécution d’une requête ou d’une transaction. Le DROP TABLE a son exécution mise en pause à cause de ce verrou non acquis. La session 4617 est en train d’exécuter un INSERT (la requête réelle peut être obtenue avec la vue pg_stat_activity qui sera abordée plus loin dans ce chapitre). Enfin, la session 4792 n’exécute pas de requête et ne se trouve pas dans une transaction ouverte. u1, u2 et u3 sont les utilisateurs pris en compte pour la connexion, alors que b1 et b2 sont les noms des bases de données de connexion. De ce fait, la session 4614 est connectée à la base de données b2 avec l’utilisateur u2.
Les processus des sessions ne sont pas les seuls à fournir quantité d’informations. Les processus de réplication et le processus d’archivage indiquent le statut et la progression de leur activité.
7.2.2 Unix - top
- Principal intérêt : %CPU et %MEM
- Intérêts secondaires
- charge CPU
- consommation mémoire
- Autres outils
- atop , htop
top est un outil utilisant ncurses pour afficher un bandeau d’informations sur le système, la charge système, l’utilisation de la mémoire et enfin la liste des processus. Les informations affichées ressemblent beaucoup à ce que fournit la commande ps avec les options « aux ». Cependant, top rafraichit son affichage toutes les trois secondes (par défaut), ce qui permet de vérifier si le comportement détecté reste présent. top est intéressant pour connaître rapidement le processus qui consomme le plus en termes de processeur (touche P) ou de mémoire (touche M). Ces touches permettent de changer l’ordre de tri des processus. Il existe beaucoup plus de tris possibles, la sélection complète étant disponible en appuyant sur la touche F. Parmi les autres options intéressantes, la touche c permet de basculer l’affichage du processus entre son nom seulement ou la ligne de commande complète. La touche u permet de filtrer les processus par utilisateur. Enfin, la touche 1 permet de basculer entre un affichage de la charge moyenne sur tous les processeurs et un affichage détaillé de la charge par processeur. Exemple: top - 11:45:02 up 3:40, 5 users, load average: 0.09, 0.07, 0.10
Cpu0: 6.7%us, 3.7%sy, 0.0%ni, 88.3%id, 1.0%wa, 0.3%hi, 0.0%si, 0.0%st Cpu1: 3.3%us, 2.0%sy, 0.0%ni, 94.0%id, 0.0%wa, 0.3%hi, 0.3%si, 0.0%st Cpu2: 5.6%us, 3.0%sy, 0.0%ni, 91.0%id, 0.0%wa, 0.3%hi, 0.0%si, 0.0%st Cpu3: 2.7%us, 0.7%sy, 0.0%ni, 96.3%id, 0.0%wa, 0.3%hi, 0.0%si, 0.0%st
PID PR NI VIRT RES SHR S %CPU %MEM COMMAND
Attention à la valeur de la colonne free. La mémoire réellement disponible correspond plutôt à la soustraction total - (used + buffers + cached) ( cached étant le cache disque mémoire du noyau). En réalité, c’est un peu moins, car tout ce qu’il y a dans cache ne peut être libéré sans recourir au swapping. Les versions plus modernes de top affichent une colonne avail Mem, équivalent de la colonne available de la commande free, et qui correspond beaucoup mieux à l’idée de « mémoire disponible ».
top n’existe pas directement sur Solaris. L’outil par défaut sur ce système est prstat.
7.2.3 Unix - iotop
- Principal intérêt : %IO
- Accès root nécessaire
iotop est l’équivalent de top pour la partie disque. Il affiche le nombre d’octets lus et écrits par processus, avec la commande complète. Cela permet de trouver rapidement le processus à l’origine de l’activité disque:
1007 be/3 root 0.00 B/s 810.43 B/s 0.00 % 2.41 % [jbd2/sda3-8] 7892 be/4 guill 14.25 K/s 229.52 K/s 0.00 % 1.93 % postgres: wal writer
| 445 be/3 root | 0.00 B/s | 3.17 K/s 0.00 % 1.91 % [jbd2/sda2-8] |
|---|---|---|
| 8642 be/4 guill | 0.00 B/s | 7.08 M/s 0.00 % 0.76 % postgres: gui formation |
[local] INSERT 7891 be/4 guill 0.00 B/s 588.83 K/s 0.00 % 0.00 % postgres: background writer
1 be/4 root 0.00 B/s 0.00 B/s 0.00 % 0.00 % init
Comme top, il s’agit d’un programme ncurses dont l’affichage est rafraîchi fréquemment (toutes les secondes par défaut). Cet outil ne peut être utilisé qu’en tant qu’administrateur (root).
7.2.4 Unix - vmstat
- Outil le plus fréquemment utilisé
- Principal intérêt
- lecture et écriture disque
- iowait
- Intérêts secondaires
- nombre de processus en attente
vmstat est certainement l’outil système de supervision le plus fréquemment utilisé parmi les administrateurs de bases de données PostgreSQL. Il donne un condensé d’informations système qui permet de cibler très rapidement le problème. Contrairement à top ou iotop, il envoie l’information directement sur la sortie standard, sans utiliser une interface particulière.
Cette commande accepte plusieurs options en ligne de commande, mais il faut fournir au minimum un argument indiquant la fréquence de rafraichissement. En l’absence du deuxième argument count, la commande s’exécute en permanence jusqu’à son arrêt avec un Ctrl-C. Ce comportement est identique pour les commandes iostat et sar notamment.
procs———–memory———- —swap– —–io—- –system– —–cpu—-r b swpd free buff cache si so bi bo in cs us sy id wa st
^C
Parmi les colonnes intéressantes:
- procs r, nombre de processus en attente de temps d’exécution
- procs b, nombre de processus bloqués, ie dans un sommeil non interruptible
- free, mémoire immédiatement libre
- si, nombre de blocs lus dans le swap
- so, nombre de blocs écrits dans le swap
- buff et cache, mémoire cache du noyau Linux
- bi, nombre de blocs lus sur les disques
- bo, nombre de blocs écrits sur les disques
- us, pourcentage de la charge processeur sur une activité utilisateur
- sy, pourcentage de la charge processeur sur une activité système
- id, pourcentage d’inactivité processeur
- wa, attente d’entrées/sorties
- st, pourcentage de la charge processeur volé par un superviseur dans le cas d’une machine virtuelle
Les informations à propos des blocs manipulés (si/so et bi/bo) sont indiquées du point de vue de la mémoire. Ainsi, un bloc écrit vers le swap sort de la mémoire, d’où le so, comme swap out.
7.2.5 Unix - iostat
- Une ligne par partition
- Intéressant pour connaître la partition la plus concernée par
- les lectures
- ou les écritures
iostat fournit des informations plus détaillées que vmstat. Il est généralement utilisé quand il est intéressant de connaître le disque sur lequel sont fait les lectures et/ou écritures. Cet outil affiche des statistiques sur l’utilisation CPU et les I/O.
- L’option -d permet de n’afficher que les informations disque, l’option -c permettant de n’avoir que celles concernant le CPU.
- L’option -k affiche des valeurs en ko/s au lieu de blocs/s. De même, -m pour des Mo/s.
- L’option -x permet d’afficher le mode étendu. Ce mode est le plus intéressant.
- Les deux derniers arguments en fin de commande ont la même sémantique que pour vmstat .
Comme la majorité de ces types d’outils, la première mesure retournée est une moyenne depuis le démarrage du système. Il ne faut pas la prendre en compte. Exemple d’affichage de la commande en mode étendu compact:
| Device | tps | kB/s | rqm/s | await | areq-sz | aqu-sz | %util |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| sdb | 76.0 | 324.0 | 4.0 | 0.8 | 4.3 | 0.1 | 1.2 |
| Device | tps | kB/s | rqm/s | await | areq-sz | aqu-sz | %util |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| sdb | 192.0 | 139228.0 | 49.0 | 8.1 | 725.1 | 1.5 | 28.0 |
| Device | tps | kB/s | rqm/s | await | areq-sz | aqu-sz | %util |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| sdb | 523.0 | 364236.0 | 86.0 | 9.0 | 696.4 | 4.7 | 70.4 |
Les colonnes ont les significations suivantes:
- Device : le périphérique
- rrqm/s et wrqm/s : read request merged per second et write request merged per second , c’est-à-dire fusions d’entrées/sorties en lecture et en écriture. Cela se produit dans la file d’attente des entrées/sorties, quand des opérations sur des blocs consécutifs sont demandées…
par exemple un programme qui demande l’écriture de 1 Mo de données, par bloc de 4 ko. Le système fusionnera ces demandes d’écritures en opérations plus grosses pour le disque, afin d’être plus efficace. Un chiffre faible dans ces colonnes (comparativement à w/s et r/s) indique que le système ne peut fusionner les entrées/sorties, ce qui est signe de beaucoup
d’entrées/sorties non contiguës (aléatoires). La récupération de données depuis un parcours d’index est un bon exemple.
- r/s et w/s : nombre de lectures et d’écritures par seconde. Il ne s’agit pas d’une taille en blocs, mais bien d’un nombre d’entrées/sorties par seconde. Ce nombre est le plus proche
d’une limite physique, sur un disque (plus que son débit en fait): le nombre d’entrées/sorties par seconde faisable est directement lié à la vitesse de rotation et à la performance des actuateurs des bras. Il est plus facile d’effectuer des entrées/sorties sur des cylindres proches que sur des cylindres éloignés, donc même cette valeur n’est pas parfaitement fiable. La somme de r/s et w/s devrait être assez proche des capacités du disque. De l’ordre de 150 entrées/sorties par seconde pour un disque 7200 RPMS (SATA), 200 pour un 10 000 RPMS, 300 pour un 15 000 RPMS, et 10000 pour un SSD.
- rkB/s et wkB/s : les débits en lecture et écriture. Ils peuvent être faibles, avec un disque pourtant à 100 %.
- areq-sz ( avgrq-sz dans les anciennes versions) : taille moyenne d’une requête. Plus elle est proche de 1 (1 ko), plus les opérations sont aléatoires. Sur un SGBD, c’est un mauvais signe :
dans l’idéal, soit les opérations sont séquentielles, soit elles se font en cache.
- aqu-sz : taille moyenne de la file d’attente des entrées/sorties. Si ce chiffre est élevé, cela signifie que les entrées/sorties s’accumulent. Ce n’est pas forcément anormal, mais cela entrainera des latences. Si une grosse écriture est en cours, ce n’est pas choquant (voir le second
exemple).
- await : temps moyen attendu par une entrée/sortie avant d’être totalement traitée. C’est le temps moyen écoulé, vu d’un programme, entre la soumission d’une entrée/sortie et la récupération des données. C’est un bon indicateur du ressenti des utilisateurs : c’est le temps moyen
qu’ils ressentiront pour qu’une entrée/sortie se fasse (donc vraisemblablement une lecture, vu que les écritures sont asynchrones, vues par un utilisateur de PostgreSQL).
- %util : le pourcentage d’utilisation. Une valeur proche de 100 indique une saturation pour les disques rotatifs classiques, mais pas forcément pour les système RAID ou les disques SSD
qui peuvent traiter plusieurs requêtes en parallèle.
Exemple d’affichage de la commande lors d’une copie de 700 Mo:
Device: rrqm/s wrqm/s r/s w/s rkB/s wkB/s avgrq-sz avgqu-sz await svctm %util
sda 60,7 1341,3 156,7 24,0 17534,7 2100,0 217,4 34,4 124,5 5,5 99,9
Device: rrqm/s wrqm/s r/s w/s rkB/s wkB/s avgrq-sz avgqu-sz await svctm %util
sda 20,7 3095,3 38,7 117,3 4357,3 12590,7 217,3 126,8 762,4 6,4 100,0
Device: rrqm/s wrqm/s r/s w/s rkB/s wkB/s avgrq-sz avgqu-sz await svctm %util
sda 30,7 803,3 63,3 73,3 8028,0 6082,7 206,5 104,9 624,1 7,3 100,0
Device: rrqm/s wrqm/s r/s w/s rkB/s wkB/s avgrq-sz avgqu-sz await svctm %util
sda 55,3 4203,0 106,0 29,7 12857,3 6477,3 285,0 59,1 504,0 7,4 100,0
Device: rrqm/s wrqm/s r/s w/s rkB/s wkB/s avgrq-sz avgqu-sz await svctm %util
sda 28,3 2692,3 56,0 32,7 7046,7 14286,7 481,2 54,6 761,7 11,3 100,0
7.2.6 Unix - sysstat
- Outil le plus ancien
- Récupère des statistiques de façon périodique
- Permet de lire les statistiques datant de plusieurs heures, jours, etc.
sysstat est un paquet logiciel comprenant de nombreux outils permettant de récupérer un grand nombre d’informations système, notamment pour le système disque. Il est capable d’enregistrer ces informations dans des fichiers binaires, qu’il est possible de décoder par la suite. Sur les distributions Linux modernes intégrant systemd, une fois sysstat installé, il faut configurer son exécution automatique pour récupérer des statistiques périodiques avec:
Il est par ailleurs recommandé de positionner la variable SADC_OPTIONS à “-S XALL” dans le fichier de configuration ( /etc/sysstat/sysstat pour Debian).
Le paquet sysstat dispose notamment de l’outil pidstat. Ce dernier récupère les informations système spécifiques à un processus (et en option à ses fils). Pour plus d’information, consultez le readme 1.
7.2.7 Unix - free
- Principal intérêt : connaître la répartition de la mémoire
Cette commande indique la mémoire totale, la mémoire disponible, celle utilisée pour le cache, etc.
total used free shared buff/cache available
Ce serveur dispose de 251 Go de mémoire d’après la colonne total. Les applications utilisent 9 Go de mémoire. Seuls 15 Go ne sont pas utilisés. Le système utilise 226 Go de cette mémoire pour son cache disque (et un peu de bufferisation au niveau noyau), comme le montre la colonne buff/cache. La colonne available correspond à la quantité de mémoire libre, plus celle que le noyau est capable de libérer sans recourir au swapping. On voit ici que c’est un peu inférieur à la somme de free et buff/cache. 1 https://github.com/sysstat/sysstat
7.3 SUPERVISION OCCASIONNELLE SOUS WINDOWS
- Là aussi, nombreux outils
- Les tester pour les sélectionner
Bien qu’il y ait moins d’outils en ligne de commande, il existe plus d’outils graphiques, directement utilisables. Un outil très intéressant est même livré avec le système: les outils performances.
7.3.1 Windows - tasklist
- ps et grep en une commande
Il permet de récupérer la liste des processus en cours d’exécution. Les colonnes affichées sont modifiables par des options en ligne de commande et les processus sont filtrables (option /fi ).
Le format de sortie est sélectionnable avec l’option /fo.
La commande suivante permet de ne récupérer que les processus postgres.exe:
Voir le site officiel 2 pour plus de détails.
7.3.2 Windows - Process Monitor
- Surveillance des processus
- Filtres
- Récupération de la ligne de commande, identificateur de session et utilisateur
- https://docs.microsoft.com/en-us/sysinternals/downloads/procmon
Process Monitor permet de lister les appels système des processus, comme le montre la copie d’écran ci-dessous: 2 https://docs.microsoft.com/en-us/windows-server/administration/windows-commands/tasklist

Il affiche en temps réel l’utilisation du système de fichiers, de la base de registre et de l’activité des processus. Il combine les fonctionnalités de deux anciens outils, FileMon et Regmon, tout en ajoutant un grand nombre de fonctionnalités (filtrage, propriétés des événements et des processus, etc.). Process Monitor permet d’afficher les accès aux fichiers (DLL et autres) par processus.
7.3.3 Windows - Process Explorer
Ce logiciel est un outil de supervision avancée sur l’activité du système et plus précisément des processus. Il permet de filtrer les processus affichés, de les trier, le tout avec une interface graphique facile à utiliser.

La copie d’écran ci-dessus montre un système Windows avec deux instances PostgreSQL démarrées. L’utilisation des disques et de la mémoire est visible directement. Quand on demande les propriétés d’un processus, on dispose d’un dialogue avec plusieurs onglets, dont trois essentiels:
- le premier, « Image », donne des informations de base sur le processus :


le deuxième, « Performances » fournit des informations textuelles sur les performances :
le troisième affiche quelques graphes :

Il existe aussi sur cet outil un bouton System Information. Ce dernier affiche une fenêtre à quatre onglets, avec des graphes basiques mais intéressants sur les performances du système.
7.3.4 Windows - Outils Performances
- Semblable à sysstat
- Mais avec plus d’informations
- Et des graphes immédiats
Cet outil permet d’aller plus loin en termes de graphes. Il crée des graphes sur toutes les données disponibles, fournies par le système. Cela rend la recherche des performances plus simples dans un premier temps sur un système Windows.
7.4 SURVEILLER L’ACTIVITÉ DE POSTGRESQL
- Plusieurs aspects à surveiller :
- activité de la base
- activité sur les tables
- requêtes SQL
- écritures
Superviser une instance PostgreSQL consiste à surveiller à la fois ce qui s’y passe, depuis quelles sources, vers quelles tables, selon quelles requêtes et comment sont gérées les écritures. PostgreSQL offre de nombreuses vues internes pour suivre cela.
Certains champs des vues ne sont remplis que si track_io_timing est à on, off étant sa valeur par défaut. Avant de l’activer, vérifiez les capacités et la configuration de la machine avec l’outil pg_test_timing.
pg_test_timing 3 est livré avec PostgreSQL et mesure les performances de l’horloge système. Si le temps de mesure renvoyé sur la deuxième ligne n’est que de quelques dizaines de nanosecondes, la machine est suffisamment rapide pour que track_io_timing renvoie des résultats précis et sans ralentir la requête. C’est le cas sur presque toutes les machines et systèmes d’exploitation actuels, mais il y a parfois des surprises, par exemple dans certaines machines virtuelles ou selon la source de l’horloge système. Sinon, éviter d’activer track_io_timing sur un serveur de production. Sur une machine de test ou de formation, ce n’est pas un problème.
7.4.1 Vue pg_stat_database
- Des informations globales à chaque base
- Nombre de sessions
- Nombre de transactions validées/annulées
- Nombre d’accès blocs
- Nombre d’accès enregistrements
- Taille et nombre de fichiers temporaires
- Erreurs de checksums
- Temps d’entrées/sorties
3 https://docs.postgresql.fr/current/pgtesttiming.html
Vue « pg_catalog.pg_stat_database »
| Colonne | Type | … |
|---|---|---|
| datid | oid | |
| datname | name | |
| numbackends | integer | |
| xact_commit | bigint | |
| xact_rollback | bigint | |
| blks_read | bigint | |
| blks_hit | bigint | |
| tup_returned | bigint | |
| tup_fetched | bigint | |
| tup_inserted | bigint | |
| tup_updated | bigint | |
| tup_deleted | bigint | |
| conflicts | bigint | |
| temp_files | bigint | |
| temp_bytes | bigint | |
| deadlocks | bigint | |
| checksum_failures | bigint | |
| checksum_last_failure | timestamp with time zone | |
| blk_read_time | double precision | |
| blk_write_time | double precision | |
| session_time | double precision | |
| active_time | double precision | |
| idle_in_transaction_time | double precision | |
| sessions | bigint | |
| sessions_abandoned | bigint | |
| sessions_fatal | bigint | |
| sessions_killed | bigint | |
| parallel_workers_to_launch | bigint | |
| parallel_workers_launched | bigint | |
| stats_reset | timestamp with time zone |
Voici la signification des différentes colonnes:
- datid / datname : l’ OID et le nom de la base de données ;
- numbackends : le nombre de sessions en cours;
- xact_commit : le nombre de transactions ayant terminé avec commit sur cette base;
- xact_rollback : le nombre de transactions ayant terminé avec rollback sur cette base;
- blks_read : le nombre de blocs demandés au système d’exploitation;
- blks_hit : le nombre de blocs trouvés dans la cache de PostgreSQL ;
- tup_returned : le nombre d’enregistrements réellement retournés par les accès aux tables;
- tup_fetched: le nombre d’enregistrements interrogés par les accès aux tables (ces deux compteurs seront explicités dans la vue sur les index);
- tup_inserted : le nombre d’enregistrements insérés en base;
- tup_updated : le nombre d’enregistrements mis à jour en base;
- tup_deleted : le nombre d’enregistrements supprimés en base;
- conflicts : le nombre de conflits de réplication (sur un serveur secondaire);
- temp_files : le nombre de fichiers temporaires (utilisés pour le tri) créés par cette base depuis son démarrage;
- temp_bytes : le nombre d’octets correspondant à ces fichiers temporaires : permet de trouver les bases effectuant beaucoup de tris sur disque;
- deadlocks : le nombre de deadlocks (interblocages);
- checksum_failures : le nombre d’échecs lors de la vérification d’une somme de contrôle;
- checksum_last_failure : l’horodatage du dernier échec ;
- blk_read_time et blk_write_time : le temps passé à faire des lectures et des écritures sur le disque (si track_io_timing = on );
- session_time : temps passé par les sessions sur cette base, en millisecondes;
- active_time : temps passé par les sessions à exécuter des requêtes SQL dans cette base;
- idle_in_transaction_time : temps passé par les sessions dans une transaction mais sans exécuter de requête;
- sessions : nombre total de sessions établies sur cette base;
- sessions_abandoned : nombre total de sessions sur cette base abandonnées par le client ;
- sessions_fatal : nombre total de sessions terminées par des erreurs fatales sur cette base;
- sessions_killed : nombre total de sessions terminées par l’administrateur;
- parallel_workers_to_launch : nombre total de workers de parallélisation prévus ;
- parallel_workers_launched : nombre total de workers de parallélisation réellement lancés;
- stats_reset : la date de dernière remise à zéro des compteurs de cette vue.
7.5 GÉRER LES CONNEXIONS
- qui est connecté?
- qui fait quoi ?
- qui est bloqué ?
- qui bloque les autres?
- comment arrêter une requête?
7.5.1 Vue pg_stat_activity
- Liste des processus
- sessions (backends)
- processus en tâche de fond
- Requête en cours/dernière exécutée
- query_id
- idle in transaction : attention!
- Sessions en attente : wait_events
pg_stat_activity est une des vues les plus utilisées et est souvent le point de départ d’une recherche. Elle donne la liste des processus en cours sur l’instance, en incluant entre autres:
- le numéro de processus sur le serveur ( pid );
- la base de données, le nom dutilisateur, l’adresse et le port du client ;
- les dates de début d’ordre, de transaction ou de session ;
- son statut (active ou non) ;
- la requête en cours, ou la dernière requête si la session ne fait rien ;
- le nom de l’application s’il a été renseigné avec le paramètre application_name ;
- le type de processus : session d’un utilisateur (client backend), processus interne…
SELECT datname, pid, usename, application_name, backend_start, state, backend_type, query
| -[ RECORD 1 ]—-+————————————————————datname | ¤ |
|---|---|
| pid | 26378 |
| usename | ¤ |
| backend_start | 2019-10-24 18:25:28.236776+02 |
| state | ¤ |
| backend_type | autovacuum launcher |
| query | |
| -[ RECORD 2 ]—-+————————————————————datname | ¤ |
| pid | 26380 |
|---|---|
| usename | postgres |
| backend_start | 2019-10-24 18:25:28.238157+02 |
| state | ¤ |
| backend_type | logical replication launcher |
| query | |
| -[ RECORD 3 ]—-+————————————————————datname | pgbench |
| pid | 22324 |
| usename | test_performance |
| application_name | pgbench |
| backend_start | 2019-10-28 10:26:51.167611+01 |
| state | active |
| backend_type | client backend |
| query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + -3810 WHERE… |
| -[ RECORD 4 ]—-+————————————————————datname | postgres |
| pid | 22429 |
| usename | postgres |
| application_name | psql |
| backend_start | 2019-10-28 10:27:09.599426+01 |
| state | active |
| backend_type | client backend |
| query | select datname, pid, usename, application_name, backend_start… |
| -[ RECORD 5 ]—-+————————————————————datname | pgbench |
| pid | 22325 |
| usename | test_performance |
| application_name | pgbench |
| backend_start | 2019-10-28 10:26:51.172585+01 |
| state | active |
| backend_type | client backend |
| query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + 4360 WHERE… |
| -[ RECORD 6 ]—-+————————————————————datname | pgbench |
| pid | 22326 |
| usename | test_performance |
| application_name | pgbench |
| backend_start | 2019-10-28 10:26:51.178514+01 |
| state | active |
| backend_type | client backend |
| query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + 2865 WHERE… |
| -[ RECORD 7 ]—-+————————————————————datname | ¤ |
| pid | 26376 |
| usename | ¤ |
| backend_start | 2019-10-24 18:25:28.235574+02 |
| state | ¤ |
| backend_type | background writer |
| query | |
| -[ RECORD 8 ]—-+————————————————————datname | ¤ |
| pid | 26375 |
| usename | ¤ |
| backend_start | 2019-10-24 18:25:28.235064+02 |
|---|---|
| state | ¤ |
| backend_type | checkpointer |
| query | |
| -[ RECORD 9 ]—-+————————————————————datname | ¤ |
| pid | 26377 |
| usename | ¤ |
| backend_start | 2019-10-24 18:25:28.236239+02 |
| state | ¤ |
| backend_type | walwriter |
| query |
Les textes des requêtes sont tronqués à 1024 caractères: c’est un problème courant. Il est conseillé de monter le paramètre track_activity_query_size à plusieurs kilooctets. Cette vue fournit aussi les wait events, qui indiquent ce qu’une session est en train d’attendre. Cela peut être très divers et inclut la levée d’un verrou sur un objet, celle d’un verrou interne, la fin d’une entrée-sortie… L’absence de wait event indique que la requête s’exécute. À noter qu’une session avec un wait event peut rester en statut active.
Les détails sur les champs wait_event_type (type d’événement en attente) et wait_event (nom de l’événement en attente) sont disponibles dans le tableau des événements d’attente 4. de la documentation. À partir de PostgreSQL 17, la vue pg_wait_events peut être directement jointe à pg_stat_activity, et son champ description évite d’aller voir la documentation:
SELECT datname, application_name, pid, wait_event_type, wait_event, query, w.description
AND wait_event IS NOT NULL ORDER BY wait_event DESC LIMIT 4 \gx
| -[ RECORD 1 ]—-+————————————————————datname | pgbench_20000_hdd |
|---|---|
| application_name | pgbench |
| pid | 786146 |
| wait_event_type | LWLock |
| wait_event | WALWrite |
| query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + 4055 WHERE… |
| description | Waiting for WAL buffers to be written to disk |
| -[ RECORD 2 ]—-+————————————————————datname | pgbench_20000_hdd |
| application_name | pgbench |
| pid | 786190 |
| wait_event_type | IO |
| wait_event | WalSync |
| query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + -1859 WHERE… |
4 https://docs.postgresql.fr/current/monitoring-stats.html#WAIT-EVENT-TABLE
| description | Waiting for a WAL file to reach durable storage |
|---|---|
| -[ RECORD 3 ]—-+————————————————————datname | pgbench_20000_hdd |
| application_name | pgbench |
| pid | 786145 |
| wait_event_type | IO |
| wait_event | DataFileRead |
| query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + 3553 WHERE… |
| description | Waiting for a read from a relation data file |
| -[ RECORD 4 ]—-+————————————————————datname | pgbench_20000_hdd |
| application_name | pgbench |
| pid | 786143 |
| wait_event_type | IO |
| wait_event | DataFileRead |
| query | UPDATE pgbench_accounts SET abalance = abalance + 1929 WHERE… |
| description | Waiting for a read from a relation data file |
Le processus de la ligne 2 attend une synchronisation sur disque du journal de transaction (WAL), et les deux suivants une lecture d’un fichier de données. Pour entrer dans le détail des champs liés aux connexions:
- backend_type est le type de processus : on filtrera généralement sur client backend , mais on y trouvera aussi des processus de tâche de fond comme checkpointer , walwriter , autovacuum launcher et autres processus de PostgreSQL, ou encore des workers lancés par
des extensions;
- datname est le nom de la base à laquelle la session est connectée, et datid est son identifiant (OID);
- pid est le processus du backend, c’est-à-dire du processus PostgreSQL chargé de discuter avec le client, qui durera le temps de la session (sauf parallélisation);
- usename est le nom de l’utilisateur connecté, et usesysid est son OID dans pg_roles ;
- application_name est un nom facultatif, et il est recommandé que l’application cliente le renseigne autant que possible avec SET application_name TO ’nom_outil_client’ ;
- client_addr est l’adresse IP du client connecté ( NULL si connexion sur socket Unix), et client_hostname est le nom associé à cette IP, renseigné uniquement si log_hostname a
été passé à on (cela peut ralentir les connexions à cause de la résolution DNS);
- client_port est le numéro de port sur lequel le client est connecté, toujours s’il s’agit d’une connexion IP.
Une requête parallélisée occupe plusieurs processus, et apparaîtra sur plusieurs lignes de pid différents. Le champ leader_pid indique le processus principal. Les autres processus disparaîtront dès la requête terminée. Pour les champs liés aux durées de session, transactions et requêtes:
- backend_start est le timestamp de l’établissement de la session ;
- xact_start est le timestamp de début de la transaction;
- query_start est le timestamp de début de la requête en cours, ou de la dernière requête exécutée;
- status vaut soit active , soit idle (la session ne fait rien) soit idle in transaction (en attente pendant une transaction);
- backend_xid est l’identifiant de la transaction en cours, s’il y en a une ;
- backend_xmin est l’horizon des transactions visibles, et dépend aussi des autres transactions en cours.
Rappelons qu’une session durablement en statut idle in transaction bloque le fonctionnement de l’autovacuum car backend_xmin est bloqué. Cela peut mener à des tables fragmentées et du gaspillage de place disque. pg_stat_activity contient un champ query_id, c’est-à-dire un identifiant de requête normalisée (dépouillée des valeurs de paramètres). Il faut que le paramètre compute_query_id soit à on ou auto (le défaut, et alors une extension peut l’activer). Ce champ est utile pour retrouver une requête dans la vue de l’extension pg_stat_statements, par exemple.
Certains champs de cette vue ne sont renseignés que si le paramètre track_activities est à on (valeur par défaut, qu’il est conseillé de laisser ainsi). À noter qu’il ne faut pas interroger pg_stat_activity au sein d’une transaction, son contenu pourrait sembler figé.
7.5.2 Arrêter une requête ou une session
- Annuler une requête
- pg_cancel_backend (pid int)
- pg_ctl kill INT pid (éviter)
- kill -SIGINT pid , kill -2 pid (éviter)
- Fermer une connexion
- pg_terminate_backend(pid int, timeout bigint)
- pg_ctl kill TERM pid (éviter)
- kill -SIGTERM pid , kill -15 pid (éviter)
- Jamais kill -9 ou kill -SIGKILL !!
Les fonctions pg_cancel_backend et pg_terminate_backend sont le plus souvent utilisées. Le paramètre est le numéro du processus auprès de l’OS. La première permet d’annuler une requête en cours d’exécution. Elle requiert un argument, à savoir le numéro du PID du processus postgres exécutant cette requête. Généralement, l’annulation est immédiate. Voici un exemple de son utilisation. L’utilisateur, connecté au processus de PID 10901 comme l’indique la fonction pg_backend_pid, exécute une très grosse insertion:
pg_backend_pid —————- 10901
Supposons qu’on veuille annuler l’exécution de cette requête. Voici comment faire à partir d’une autre connexion:
pg_cancel_backend ——————- t
L’utilisateur qui a lancé la requête d’insertion verra ce message apparaître:
Si la requête du INSERT faisait partie d’une transaction, la transaction elle-même devra se conclure par un ROLLBACK à cause de l’erreur. À noter cependant qu’il n’est pas possible d’annuler une transaction qui n’exécute rien à ce moment. En conséquence, pg_cancel_backend ne suffit pas pour parer à une session en statut idle in transaction.
Il est possible d’aller plus loin en supprimant la connexion d’un utilisateur. Cela se fait avec la fonction pg_terminate_backend qui se manie de la même manière:
SELECT pid, datname, usename, application_name,state
| procpid | datname | usename | application_name | state |
|---|---|---|---|---|
| 13267 | b1 | u1 | psql | idle |
| 10901 | b1 | guillaume | psql | active |
pg_terminate_backend ———————- t
SELECT pid, datname, usename, application_name, state
| procpid | datname | usename | application_name | state |
|---|---|---|---|---|
| 10901 | b1 | guillaume | psql | active |
L’utilisateur de la session supprimée verra un message d’erreur au prochain ordre qu’il enverra. psql se reconnecte automatiquement mais cela n’est pas forcément le cas d’autres outils client.
FATAL: terminating connection due to administrator command la connexion au serveur a été coupée de façon inattendue Le serveur s’est peut-être arrêté anormalement avant ou durant le traitement de la requête. La connexion au serveur a été perdue. Tentative de réinitialisation: Succès. Temps: 7,309 ms
Par défaut, pg_terminate_backend renvoie true dès qu’il a pu envoyer le signal, sans tester son effet. Il est possible de préciser une durée comme deuxième argument de pg_terminate_backend. Dans l’exemple suivant, on attend 2 s (2000 ms) avant de constater, ici, que le processus visé n’est toujours pas arrêté, et de renvoyer false et un avertissement:
pg_terminate_backend ———————- f
Ce message ne veut pas dire que le processus ne s’arrêtera pas finalement, plus tard. Depuis la ligne de commande du serveur, un kill <pid> (c’est-à-dire kill -SIGTERM ou kill -15) a le même effet qu’un SELECT pg_terminate_backend(<pid>). Cette méthode n’est pas recommandée car il n’y a pas de vérification que vous tuez bien un processus postgres. pg_ctl
dispose d’une action kill pour envoyer un signal à un processus. Malheureusement, là-aussi, pg_ctl ne fait pas de différence entre les processus postgres et les autres processus.
N’utilisez jamais kill -9 <pid> (ou kill -SIGKILL), ou (sous Windows) taskkill /f /pid <pid> pour tuer une connexion : l’arrêt est alors brutal, et le processus principal n’a aucun moyen de savoir pourquoi. Pour éviter une corruption de la mémoire partagée, il va arrêter et redémarrer immédiatement tous les processus, déconnectant tous les utilisateurs au passage !
L’utilisation de pg_terminate_backend() et pg_cancel_backend() n’est disponible que pour les utilisateurs appartenant au même rôle que l’utilisateur à déconnecter, les utilisateurs membres du rôle pg_signal_backend et bien sûr les superutilisateurs.
7.5.3 pg_stat_ssl
Quand le SSL est activé sur le serveur, cette vue indique pour chaque connexion cliente les informations suivantes:
- SSL activé ou non
- Version SSL
- Suite de chiffrement
- Nombre de bits pour algorithme de chiffrement
- Compression activée ou non
- Distinguished Name (DN) du certificat client
La définition de la vue est celle-ci: \d pg_stat_ssl
Vue « pg_catalog.pg_stat_ssl »
| Colonne | Type | Collationnement | NULL-able | Par défaut |
|---|---|---|---|---|
| pid | integer | |||
| ssl | boolean | |||
| version | text | |||
| cipher | text | |||
| bits | integer | |||
| compression | boolean | |||
| client_dn | text | |||
| client_serial | numeric | |||
| issuer_dn | text |
- pid : numéro du processus du backend, c’est-à-dire du processus PostgreSQL chargé de discuter avec le client;
- ssl : ssl activé ou non ;
- version : version ssl utilisée, null si ssl n’est pas utilisé ;
- cipher : suite de chiffrement utilisée, null si ssl n’est pas utilisé ;
- bits : nombre de bits de la suite de chiffrement, null si ssl n’est pas utilisé ;
- compression : compression activée ou non, null si ssl n’est pas utilisé ;
- client_dn : champ Distinguished Name (DN) du certificat client, null si aucun certificat client n’est utilisé ou si ssl n’est pas utilisé ;
- client_serial : numéro de série du certificat client, null si aucun certificat client n’est utilisé ou si ssl n’est pas utilisé ;
- issuer_dn : champ Distinguished Name (DN) du constructeur du certificat client, null si aucun certificat client n’est utilisé ou si ssl n’est pas utilisé ;
7.6 VERROUS
- Visualisation des verrous en place
- Tous types de verrous sur objets
- Complexe à interpréter
- verrous sur enregistrements pas directement visibles
- https://kb.dalibo.com/utilisation/verrouillage
La vue pg_locks est une vue globale à l’instance. Voici la signification de ses colonnes:
- locktype : type de verrou, les plus fréquents étant relation (table ou index), transactionid (transaction), virtualxid (transaction virtuelle, utilisée tant qu’une transaction n’a pas eu à
modifier de données, donc à stocker des identifiants de transaction dans des enregistrements).
- database : la base dans laquelle ce verrou est pris.
- relation : si locktype vaut relation (ou page ou tuple ), l’ OID de la relation cible.
- page : le numéro de la page dans une relation cible (quand verrou de type page ou tuple ).
- tuple : le numéro de l’enregistrement cible (quand verrou de type tuple ).
- virtualxid : le numéro de la transaction virtuelle cible (quand verrou de type virtualxid ).
- transactionid : le numéro de la transaction cible.
- classid : le numéro d’ OID de la classe de l’objet verrouillé (autre que relation) dans pg_class . Indique le catalogue système, donc le type d’objet, concerné. Aussi utilisé pour
les advisory locks.
- objid : l’ OID de l’objet dans le catalogue système pointé par classid.
- objsubid : l’ID de la colonne de l’objet objid concerné par le verrou.
- virtualtransaction : le numéro de transaction virtuelle possédant le verrou (ou tentant de l’acquérir si granted est à f ).
- pid : le pid de la session possédant le verrou.
- mode : le niveau de verrouillage demandé.
- granted : acquis ou non (donc en attente).
- fastpath : information utilisée pour le débuggage surtout. Fastpath est le mécanisme d’acquisition des verrous les plus faibles.
La plupart des verrous sont de type relation, transactionid ou virtualxid. Une transaction qui démarre prend un verrou virtualxid sur son propre virtualxid. Elle acquiert des verrous faibles ( ACCESS SHARE ) sur tous les objets sur lesquels elle fait des SELECT, afin de garantir que leur structure n’est pas modifiée sur la durée de la transaction. Dès qu’une modification doit être faite, la transaction acquiert un verrou exclusif sur le numéro de transaction qui vient de lui être affecté. Tout objet modifié (table) sera verrouillé avec ROW EXCLUSIVE, afin d’éviter les CREATE INDEX non concurrents, et empêcher aussi les verrouillage manuels de la table en entier ( SHARE ROW EXCLUSIVE ).
7.6.1 Trace sur les verrous
- Attente de plus d’une seconde
- paramètre log_lock_waits à on
- rapport pgBadger disponible
Le paramètre log_lock_waits permet d’activer la trace des attentes de verrous. Toutes les attentes ne sont pas tracées, seules les attentes qui dépassent le seuil indiqué par le paramètre deadlock_timeout. Ce paramètre indique à partir de quand PostgreSQL doit résoudre les deadlocks potentiels entre plusieurs transactions. Comme il s’agit d’une opération assez lourde, elle n’est pas déclenchée lorsqu’une session est mise en attente, mais lorsque l’attente dure plus d’une seconde, si l’on reste sur la valeur par défaut du paramètre. En complément de cela, PostgreSQL peut tracer les verrous qui nécessitent une attente et qui ont déclenché le lancement du gestionnaire de deadlock. Une nouvelle trace est émise lorsque la session a obtenu son verrou. À chaque fois qu’une requête est mise en attente parce qu’une autre transaction détient un verrou, un message tel que le suivant apparaît dans les logs de PostgreSQL:
DETAIL: Process holding the lock: 2127. Wait queue: 2103. CONTEXT: while locking tuple (1,3) in relation “clients”
Lorsque le client obtient le verrou qu’il attendait, le message suivant apparaît dans les logs:
CONTEXT: while locking tuple (1,3) in relation “clients”
L’inconvénient de cette méthode est qu’il n’y a aucune trace de la session qui a mis une ou plusieurs autres sessions en attente. Si l’on veut obtenir le détail de ce que réalise cette session, il est nécessaire d’activer la trace des requêtes SQL. Quant au paramètre log_lock_failures, s’il est activé, tout verrou refusé pour un SELECT … FOR UPDATE NOWAIT est tracé (à partir de PostgreSQL 18).
7.6.2 Trace des connexions
- Message dans les traces
- à chaque connexion/déconnexion
- paramètre log_connections et log_disconnections
- rapport pgBadger disponible
Les paramètres log_connections et log_disconnections permettent d’activer les traces de toutes les connexions réalisées sur l’instance. La connexion d’un client, lorsque sa connexion est acceptée, entraîne la trace suivante:
Si la connexion est rejetée, l’événement est également tracé:
FATAL: pg_hba.conf rejects connection for host “[local]”, user “postgres”, database “postgres”, SSL off
Une déconnexion entraîne la production d’une trace de la forme suivante:
Ces traces peuvent être exploitées par des outils comme pgBadger. Toutefois, pgBadger n’ayant pas accès à l’instance observée, il ne sera pas possible de déterminer quels sont les utilisateurs qui sont connectés de manière permanente à la base de données. Cela permet néanmoins de déterminer le volume de connexions réalisées sur la base de données, par exemple pour évaluer si un pooler de connexion serait intéressant.
7.7 SURVEILLER L’ACTIVITÉ SUR LES TABLES
- Quelle taille font mes objets?
- Quel est leur taux de fragmentation?
- Comment sont-ils accédés?
7.7.1 Obtenir la taille des objets
- Pour une table :
- pg_relation_size : heap
- pg_table_size : + TOAST + divers
- Index : pg_indexes_size
- Table + index : pg_total_relation_size
- Plus lisibles avec pg_size_pretty
Une table comprend différents éléments: la partie principale ou main (ou heap); pas toujours la plus grosse; des objets techniques comme la visibility map ou la Free Space Map ou l’init; parfois des données dans une table TOAST associée; et les éventuels index. La « taille » de la table dépend donc de ce que l’on entend précisément. pg_relation_size donne la taille de la relation, par défaut de la partie main, mais on peut demander aussi les parties techniques. Elle fonctionne aussi pour la table TOAST si l’on a son nom ou son OID. pg_total_relation_size fournit la taille totale de tous les éléments, dont les index et la partie TOAST. pg_table_size renvoie la taille de la table avec le TOAST et les parties techniques, mais sans les index (donc essentiellement les données). pg_indexes_size calcule la taille totale des index d’une table.
Toutes ces fonctions acceptent en paramètre soit un OID soit le nom en texte. Voici un exemple d’une table avec deux index avec les quatre fonctions :
La fonction pg_size_pretty est souvent utilisée pour renvoyer un texte plus lisible :
Ajoutons des données peu compressibles pour la partie TOAST :
| -[ RECORD 1 ]——-+———-relid | 10837034 |
|---|---|
| schemaname | public |
| relname | demo_bloat |
6 https://docs.postgresql.fr/current/pgstattuple.html
| seq_scan | 1 |
|---|---|
| seq_tup_read | 1000000 |
| idx_scan | |
| idx_tup_fetch | |
| n_tup_ins | 1000000 |
| n_tup_upd | 0 |
| n_tup_del | 899999 |
| n_tup_hot_upd | 0 |
| n_live_tup | 100001 |
| n_dead_tup | 899999 |
| n_mod_since_analyze | 1899999 |
| n_ins_since_vacuum | 1000000 |
| last_vacuum | |
| last_autovacuum | |
| last_analyze | |
| last_autoanalyze | |
| vacuum_count | 0 |
| autovacuum_count | 0 |
| analyze_count | 0 |
| autoanalyze_count | 0 |
n_dead_tup (lignes mortes) est ici très élevé.
L’estimation retournée par la requête d’estimation proposée plus haut est ici très proche de la réalité car les statistiques sont fraîches:
\x on \i./pgsql-bloat-estimation/table/table_bloat.sql
(…)
| -[ RECORD 41 ]—+———————–current_database | postgres |
|---|---|
| schemaname | public |
| tblname | demo_bloat |
| real_size | 44285952 |
| extra_size | 39870464 |
| extra_pct | 90.02959674435812 |
| fillfactor | 100 |
| bloat_size | 39870464 |
| bloat_pct | 90.02959674435812 |
(…)
Le bloat et l’espace « en trop » (extra) sont tous les deux à 90 %car le fillfactor est de 100 %. Avec pgstattuple(), les colonnes free_space et free_percent donnent la taille et le pourcentage d’espace libre:
| -[ RECORD 1 ]——+——table_len | 44285952 |
|---|---|
| tuple_count | 100001 |
| tuple_len | 3900039 |
| tuple_percent | 8.81 |
| dead_tuple_count | 899999 |
| dead_tuple_len | 35099961 |
| dead_tuple_percent | 79.26 |
|---|---|
| free_space | 134584 |
| free_percent | 0.3 |
Il n’y a presque pas d’espace libre (free) car beaucoup de lignes sont encore mortes ( dead_tuple_percent indique 79 % de lignes mortes). La fonction d’approximation est ici plus rapide (deux fois moins de blocs lus dans ce cas précis) pour le même résultat:
| -[ RECORD 1 ]——–+——————table_len | 44285952 |
|---|---|
| scanned_percent | 100 |
| approx_tuple_count | 100001 |
| approx_tuple_len | 3900039 |
| approx_tuple_percent | 8.80649240644076 |
| dead_tuple_count | 899999 |
| dead_tuple_len | 35099961 |
| dead_tuple_percent | 79.2575510175326 |
| approx_free_space | 134584 |
| approx_free_percent | 0.3038977235941546 |
Si on nettoie la table, on retrouve 90 % d’espace réellement libre:
| -[ RECORD 1 ]——+——table_len | 44285952 |
|---|---|
| tuple_count | 100001 |
| tuple_len | 3900039 |
| tuple_percent | 8.81 |
| dead_tuple_count | 0 |
| dead_tuple_len | 0 |
| dead_tuple_percent | 0 |
| free_space | 39714448 |
| free_percent | 89.68 |
(La fonction approximative renverra presque les mêmes chiffres:
| -[ RECORD 1 ]——–+——————table_len | 44285952 |
|---|---|
| scanned_percent | 0 |
| approx_tuple_count | 100001 |
| approx_tuple_len | 4584480 |
| approx_tuple_percent | 10.351996046059934 |
| dead_tuple_count | 0 |
| dead_tuple_len | 0 |
| dead_tuple_percent | 0 |
| approx_free_space | 39701472 |
| approx_free_percent | 89.64800395394006 |
Le résultat de la requête d’estimation ne changera pas, indiquant toujours 90 % de bloat. Le choix de la bonne requête dépendra de ce que l’on veut. Si l’on cherche juste à savoir si un VACUUM FULL est nécessaire, l’estimation suffit généralement et est très rapide. Si l’on suspecte que l’estimation est fausse et que l’on a plus de temps, les deux fonctions de pgstattuple sont plus précises.
7.7.3 Vue pg_stat_user_tables
- Statistiques niveau «ligne»
- Nombre de lignes insérées/mises à jour/supprimées
- Type et nombre d’accès
- Opérations de maintenance
- Détection des tables mal indexées ou très accédées
Contrairement aux vues précédentes, cette vue est locale à chaque base. Voici la définition de ses colonnes:
- relid , relname : OID et nom de la table concernée;
- schemaname : le schéma contenant cette table;
- seq_scan : nombre de parcours séquentiels sur cette table;
- last_seq_scan : timestamp du dernier parcours séquentiel sur cette table;
- seq_tup_read : nombre d’enregistrements accédés par ces parcours séquentiels ;
- idx_scan : nombre de parcours d’index sur cette table;
- last_idx_scan : timestamp du dernier parcours d’index sur cette table;
- idx_tup_fetch : nombre d’enregistrements accédés par ces parcours séquentiels ;
- n_tup_ins , n_tup_upd , n_tup_del : nombre d’enregistrements insérés, mis à jour (y compris ceux comptés dans n_tup_hot_upd et n_tup_newpage_upd ) ou supprimés ;
- n_tup_hot_upd : nombre d’enregistrements mis à jour par mécanisme HOT (c’est-à-dire chaînés au sein d’un même bloc) ;
- n_tup_newpage_upd : nombre de mises à jour ayant nécessité d’aller écrire la nouvelle ligne dans un autre bloc, faute de place dans le bloc d’origine (à partir de PostgreSQL 16) ;
- n_live_tup : estimation du nombre d’enregistrements « vivants » ;
- n_dead_tup : estimation du nombre d’enregistrements « morts » (supprimés mais non nettoyés) depuis le dernier VACUUM ;
- n_mod_since_analyze : nombre d’enregistrements modifiés depuis le dernier ANALYZE ;
- n_ins_since_vacuum : estimation du nombre d’enregistrements insérés depuis le dernier VACUUM ;
- last_vacuum : timestamp du dernier VACUUM ;
- last_autovacuum : timestamp du dernier VACUUM automatique;
- last_analyze : timestamp du dernier ANALYZE ;
- last_autoanalyze : timestamp du dernier ANALYZE automatique;
- vacuum_count : nombre de VACUUM manuels;
- autovacuum_count : nombre de VACUUM automatiques;
- analyze_count : nombre d’ ANALYZE manuels ;
- autoanalyze_count : nombre d’ ANALYZE automatiques;
- total_vacuum_time : durée totale des VACUUM manuels ;
- total_autovacuum_time : durée totale des VACUUM automatiques;
- total_analyze_time : durée totale des ANALYZE manuels;
- total_autoanalyze_time : durée totale des ANALYZE automatiques.
Contrairement aux autres colonnes, les colonnes n_live_tup, n_dead_tup et n_mod_since_analyze sont des estimations. Leur valeurs changent au fur et à mesure de l’exécution de commandes INSERT, UPDATE, DELETE. Elles sont aussi recalculées complètement lors de l’exécution d’un VACUUM et d’un ANALYZE. De ce fait, leur valeur peut changer entre deux VACUUM même si aucune écriture de ligne n’a eu lieu.
7.7.4 Vue pg_stat_user_indexes
- Vue par index
- Nombre d’accès et efficacité
Voici la liste des colonnes de cette vue:
- relid , relname : OID et nom de la table qui possède l’index
- indexrelid , indexrelname : OID et nom de l’index en question
- schemaname : schéma contenant l’index
- idx_scan : nombre de parcours de cet index
- idx_tup_read : nombre d’enregistrements retournés par cet index
- idx_tup_fetch : nombre d’enregistrements accédés sur la table associée à cet index
idx_tup_read et idx_tup_fetch retournent des valeurs différentes pour plusieurs raisons:
- Un parcours d’index peut très bien accéder à des enregistrements morts. Dans ce cas, la valeur de idx_tup_read sera supérieure à celle de idx_tup_fetch .
- Un parcours d’index peut très bien ne pas entraîner d’accès direct à la table :
- si c’est un Index Only Scan, on accède moins fortement (voire pas du tout) à la table puisque toutes les colonnes accédées sont dans l’index
- si c’est un Bitmap Index Scan, on va éventuellement accéder à plusieurs index, faire une fusion (Or ou And) et ensuite seulement accéder aux enregistrements (moins nombreux si
c’est un And). Dans tous les cas, ce qu’on surveille le plus souvent dans cette vue, c’est tout d’abord les index ayant idx_scan à 0. Ils sont le signe d’un index qui ne sert probablement à rien. La seule exception éventuelle étant un index associé à une contrainte d’unicité (et donc aussi les clés primaires), les parcours de l’index réalisés pour vérifier l’unicité n’étant pas comptabilisés dans cette vue. Les autres indicateurs intéressants sont un nombre de tup_read très grand par rapport aux parcours d’index, qui peuvent suggérer un index trop peu sélectif, et une grosse différence entre les colonnes idx_tup_read et idx_tup_fetch. Ces indicateurs ne permettent cependant pas de conclure quoi que ce soit par eux-même, ils peuvent seulement donner des pistes d’amélioration.
7.7.5 Vues pg_statio_user_tables & pg_statio_user_indexes
- Opérations au niveau bloc
- Demandés au système ou trouvés dans le cache de PostgreSQL
- Pour calculer des hit ratios :
idx_blks_hit::float / (idx_blks_read + idx_blks_hit)
Voici la description des différentes colonnes de pg_statio_user_tables:
Vue « pg_catalog.pg_statio_user_tables »
| Colonne | Type | Collationnement | NULL-able | Par défaut |
|---|---|---|---|---|
| relid | oid | |||
| schemaname | name | |||
| relname | name | |||
| heap_blks_read | bigint | |||
| heap_blks_hit | bigint | |||
| idx_blks_read | bigint | |||
| idx_blks_hit | bigint | |||
| toast_blks_read | bigint | |||
| toast_blks_hit | bigint | |||
| tidx_blks_read | bigint | |||
| tidx_blks_hit | bigint |
- relid , relname : OID et nom de la table;
- schemaname : nom du schéma contenant la table;
- heap_blks_read : nombre de blocs accédés de la table demandés au système d’exploitation. Heap signifie tas, et ici données non triées, par opposition aux index;
- heap_blks_hit : nombre de blocs accédés de la table trouvés dans le cache de PostgreSQL;
- idx_blks_read : nombre de blocs accédés de l’index demandés au système d’exploitation;
- idx_blks_hit : nombre de blocs accédés de l’index trouvés dans le cache de PostgreSQL;
- toast_blks_read , toast_blks_hit , tidx_blks_read , tidx_blks_hit : idem que précédemment, mais pour la partie TOAST des tables et index.
Et voici la description des différentes colonnes de pg_statio_user_indexes:
Vue « pg_catalog.pg_statio_user_indexes »
| Colonne | Type | Collationnement | NULL-able | Par défaut |
|---|---|---|---|---|
| relid | oid | |||
| indexrelid | oid | |||
| schemaname | name | |||
| relname | name | |||
| indexrelname | name | |||
| idx_blks_read | bigint | |||
| idx_blks_hit | bigint |
- indexrelid , indexrelname : OID et nom de l’index;
- idx_blks_read : nombre de blocs accédés de l’index demandés au système d’exploitation;
- idx_blks_hit : nombre de blocs accédés de l’index trouvés dans le cache de PostgreSQL.
Pour calculer un hit ratio, qui est un indicateur fréquemment utilisé, on utilise la formule suivante (cet exemple cible uniquement les index):
SELECT schemaname, indexrelname, relname, idx_blks_hit::float/CASE idx_blks_read+idx_blks_hit WHEN 0 THEN 1 ELSE idx_blks_read+idx_blks_hit END
Notez que idx_blks_hit::float convertit le numérateur en type float, ce qui entraîne que la division est à virgule flottante (pour ne pas faire une division entière qui renverrait souvent 0), et que le CASE est destiné à éviter une division par zéro.
7.7.6 Vue pg_stat_io
Vue synthétique des opérations disques selon:
- le type de backend
- backend, autovacuum, checkpointer…
- le type d’objet
- table ou table temporaire
- le contexte
- normal, vacuum, bulkread/bulkwrite…
Penser à activer track_io_timing
La nouvelle vue pg_stat_io permet d’obtenir des informations sur les opérations faites sur disques. Il y a différents compteurs: reads (lectures), writes (écritures), read_time et write_time (durées associées aux précédents), extends (extensions de fichiers), hits (lecture en cache de PostgreSQL), evictions (éviction du cache), etc. Ils sont calculés pour chaque combinaison de type de backend, objet I/O cible et contexte I/O. Les définitions des colonnes et des compteurs peuvent être trouvées dans la la documentation officielle 7. Comme la plupart des vues statistiques, les données sont cumulatives. Une remise à zéro s’effectue avec:
Les champs *_time ne sont alimentés que si le paramètre track_io_timing a été activé. Ne sont pas tracées certaines opérations qui ne passent pas par le cache disque, comme les déplacements de table entre tablespace. Exemples: Si nous voulons connaître les opérations qui ont les durées de lectures hors du cache les plus longues: SELECT backend_type, object, context, reads, read_time
ORDER BY read_time DESC NULLS LAST LIMIT 3;
| backend_type | object | context | reads | read_time |
|---|---|---|---|---|
| client backend | relation | normal | 640840357 | 738717779.603 |
| autovacuum worker | relation | vacuum | 117320999 | 16634388.118 |
| background worker | relation | bulkread | 44481246 | 9749622.473 |
Le résultat indique que ce temps est essentiellement dépensé par des backends client, sur des tables non temporaires, dans un contexte « normal » (via les shared buffers). La présence de reads massifs indique peut-être des shared buffers trop petits (si les requêtes sont optimisées). Une requête similaire pour les écritures est:
| backend_type | object | context | writes | write_time |
|---|---|---|---|---|
| checkpointer | relation | normal | 435117 | 14370 |
| background writer | relation | normal | 74684 | 1049 |
| client backend | relation | vacuum | 25941 | 123 |
Ici, les écritures sont faites essentiellement par les checkpoints, accessoirement le background writer, ce qui est idéal. Par contre, si la même requête renvoie ceci:
7 https://docs.postgresql.fr/16/monitoring-stats.html#MONITORING-PG-STAT-IO-VIEW
| backend_type | object | context | writes | write_time |
|---|---|---|---|---|
| client backend | relation | normal | 82556667 | 3770829 |
| autovacuum worker | relation | vacuum | 94262005 | 1847367 |
| checkpointer | relation | normal | 74210966 | 632146 |
| client backend | relation | bulkwrite | 47901524 | 206759 |
| background writer | relation | normal | 10315801 | 147621 |
on en déduit que les backends écrivent beaucoup par eux-mêmes, un peu plus en nombre d’écritures que le checkpointer. Cela suggère que le background writer n’est pas assez agressif. Noter que les autovacuum workers procèdent aussi eux-mêmes à leurs écritures. Enfin le contexte bulkwrite indique l’utilisation de modes d’écritures en masse (par exemple des CREATE TABLE … AS … ).
7.8 SURVEILLER L’ACTIVITÉ SQL
- Quelles sont les requêtes lentes?
- Quelles sont les requêtes les plus fréquentes?
- Quelles requêtes génèrent des fichiers temporaires?
- Quelles sont les requêtes bloquées ?
- et par qui ?
- Progression d’une requête
7.8.1 Trace des requêtes exécutées
log_min_duration_statement = <temps minimal d’exécution>- 0 permet de tracer toutes les requêtes
- trace des paramètres
- traces exploitables par des outils tiers
- pas d’informations sur les accès, ni des plans d’exécution
log_min_duration_sample = <temps minimal d’exécution>- log_statement_sample_rate et/ou log_transaction_sample_rate
- trace d’un ratio des requêtes
- D’autres paramètres existent mais sont peu intéressants
Le paramètre log_min_duration_statement permet d’activer une trace sélective des requêtes lentes. Le paramètre accepte plusieurs valeurs:
- -1 pour désactiver la trace,
- 0 pour tracer systématiquement toutes les requêtes exécutées,
- une durée en millisecondes pour tracer les requêtes que l’on estime être lentes.
Si le temps d’exécution d’une requête dépasse le seuil défini par le paramètre log_min_duration_statement, PostgreSQL va alors tracer le temps d’exécution de la requête, ainsi que ces paramètres éventuels. Par exemple:
c.date_commande, lots.numero_lot, lots.numero_suivi FROM commandes c
Ces traces peuvent ensuite être exploitées par l’outil pgBadger qui pourra établir un rapport des requêtes les plus fréquentes, des requêtes les plus lentes, etc.
Cependant, tracer toutes les requêtes peut poser problème. Le contournement habituel est de ne tracer que les requêtes dont l’exécution est supérieure à une certaine durée, mais cela cache tout le restant du trafic qui peut être conséquent et avoir un impact sur les performances globales du système. Il est possible de ne tracer qu’un certain ratio de requêtes ou de transactions. Si log_statement_sample_rate est configuré à une valeur strictement supérieure à zéro, la valeur correspondra au pourcentage de requêtes à tracer. Par exemple, en le configuration à 0,5, une requête sur deux sera tracée. Les requêtes réellement tracées dépendent de leur durée d’exécution. Cette durée doit être supérieure ou égale à la valeur du paramètre log_min_duration_sample. Ce comportement est aussi disponible pour les transactions. Pour cela, il faut configurer le paramètre log_transaction_sample_rate.
7.8.2 Trace des fichiers temporaires
log_temp_files = <taille minimale>- 0 trace tous les fichiers temporaires
- associe les requêtes SQL qui les génèrent
- traces exploitable par des outils tiers
Le paramètre log_temp_files permet de tracer les fichiers temporaires générés par les requêtes SQL. Il est généralement positionné à 0 pour tracer l’ensemble des fichiers temporaires, et donc de s’assurer que l’instance n’en génère que rarement. Par exemple, la trace suivante est produite lorsqu’une requête génère un fichier temporaire:
Si une requête nécessite de générer plusieurs fichiers temporaires, chaque fichier temporaire sera tracé individuellement. pgBadger permet de réaliser une synthèse des fichiers temporaires générés et propose un rapport sur les requêtes générant le plus de fichiers temporaires et permet donc de cibler l’optimisation.
7.8.3 pg_stat_statements
- Ajoute la vue statistique pg_stat_statements
- Les requêtes sont normalisées
- Indique les requêtes exécutées
- avec la durée d’exécution, l’utilisation du cache, etc.
Contrairement à pgBadger, pg_stat_statements ne nécessite pas de tracer les requêtes exécutées. Il est connecté directement à l’exécuteur de requêtes qui fait appel à lui à chaque fois qu’il a exécuté une requête. pg_stat_statements a ainsi accès à beaucoup d’informations. Certaines sont placées en mémoire partagée et accessible via une vue statistique appelée pg_stat_statements. Les requêtes sont normalisées (reconnues comme identiques même avec des paramètres différents), et identifiables grâce à un queryid. Une même requête peut apparaître sur plusieurs lignes de pg_stat_statements pour des bases et utilisateurs différents. Par contre, l’utilisation de schémas, implicitement ou pas, force un queryid différent.
L’installation et quelques exemples de requêtes sont proposés dans https://dali.bo/x2_html#pg_stat_statements.
Voici un exemple de requête sur la vue pg_stat_statements:
ORDER BY total_exec_time DESC LIMIT 3;
| -[ RECORD 1 ]—+——————————————————-userid | 10 |
|---|---|
| dbid | 63781 |
| toplevel | t |
| queryid | -1739183385080879393 |
| query | UPDATE branches SET bbalance = bbalance + $1 WHERE bid = $2; |
| plans | 0 |
[…]
| calls | 3000 |
|---|---|
| total_exec_time | 20.716706 |
[…]
rows | 3000 […]
| -[ RECORD 2 ]—+——————————————————-userid | 10 |
|---|---|
| dbid | 63781 |
| toplevel | t |
| queryid | -1737296385080879394 |
| query | UPDATE tellers SET tbalance = tbalance + $1 WHERE tid = $2; |
| plans | 0 |
[…]
| calls | 3000 |
|---|---|
| total_exec_time | 17.1107649999999 |
[…]
rows | 3000 […]
pg_stat_statements possède des paramètres de configuration pour indiquer le nombre maximum d’instructions tracées, la sauvegarde des statistiques entre chaque démarrage du serveur, etc.
7.8.4 Vue pg_stat_statements - métriques 1/5
Métriques intéressantes:
- Durée d’exécution :
- total_exec_time
- min_exec_time / max_exec_time
- stddev_exec_time
- mean_exec_time
- Nombre de lignes retournées : rows
pg_stat_statements apporte des statistiques sur les durées d’exécutions des requêtes normalisées. Notamment:
- total_exec_time : temps d’exécution total;
- min_exec_time et max_exec_time : durées d’exécution minimale et maximale d’une requête normalisée;
- mean_exec_time : durée moyenne d’exécution;
- stddev_exec_time : écart-type de la durée d’exécution, une métrique intéressante pour identifier une requête dont le temps d’exécution varie fortement ;
- rows : nombre total de lignes retournées.
7.8.5 Vue pg_stat_statements - métriques 2/5
- Durée d’optimisation :
- total_plan_time
- min_plan_time / max_plan_time
- stddev_plan_time
- mean_plan_time
pg_stat_statements apporte des statistiques sur les durées d’optimisation des requêtes normalisées. Ainsi, total_plan_time indique le cumul d’optimisation total. min_plan_time et max_plan_time représentent respectivement la durée d’optimisation minimale et maximale d’une requête normalisée. La colonne mean_plan_time donne la durée moyenne d’optimisation alors que la colonne stddev_plan_time donne l’écart-type de la durée d’optimisation. Cette métrique peut être intéressante pour identifier une requête dont le temps d’optimisation varie fortement.
7.8.6 Vue pg_stat_statements - métriques 3/5
- Accès à la mémoire partagée
- shared_blks_hit/read/dirtied/written
- Accès à la mémoire de la session (tables temporaires…)
- local_blks_hit/read/dirtied/written
- Lecture/écriture de fichiers temporaires
- temp_blks_read/written
- Temps d’accès en entrée/sortie
- blk_read_time/blk_write_time
pg_stat_statements fournit également des métriques sur les accès aux blocs.
Lors des accès à la mémoire partagée (shared buffers), les compteurs suivants peuvent être incrémentés:
- shared_blks_hit : nombre de blocs lus directement dans le cache de PostgreSQL;
- shared_blks_read : blocs lus demandés au système d’exploitation (donc lus sur le disque ou dans le cache du système);
- shared_blks_dirtied : nouveaux blocs « sales » générés par la requête par des mises à jour, insertions, suppressions, VACUUM …, et sans compter ceux qui l’étaient déjà auparavant; ces
blocs seront écrits sur disque ultérieurement;
- shared_blks_written : blocs directements écrits sur disque, ce qui peut arriver s’il n’y a plus de place en mémoire partagée (un processus backend peut nettoyer des pages dirty sur disque
pour libérer des pages en mémoire partagée, certaines commandes peuvent être plus agressives).
Des métriques similaires sont local_blks_* pour les accès à la mémoire du backend, pour les objets temporaires (tables temporaires, index sur tables temporaires…). Ces derniers ne nécessitent pas d’être partagés avec les autres sessions.
Les métriques temp_blks_read et temp_blks_written correspondent au nombre de blocs lus et écris depuis le disque dans des fichiers temporaires. Cela survient par exemple lorsqu’un tri ou le retour d’une fonction multiligne ne rentre pas dans le work_mem.
Les métriques finissant par _time sont des cumuls des durées de lectures et écritures des accès sur disques. Il faut activer track_io_timing pour qu’elles soient remplies.
7.8.7 Vue pg_stat_statements - métriques 4/5
- Journaux de transactions :
- wal_records
- wal_fpi
- wal_bytes
pg_stat_statements apporte des statistiques sur les écritures dans les journaux de transactions. wal_records, wal_fpi, wal_bytes correspondent respectivement au nombre d’enregistrements, au nombre de Full Page Images (blocs entiers, de 8 ko généralement, écrits intégralement quand un bloc est écrit pour la première fois après un checkpoint), et au nombre d’octets écrits dans les journaux de transactions lors de l’exécution de cette requête. On peut ainsi suivre les requêtes créant de nombreux journaux.
7.8.8 Vue pg_stat_statements - métriques 5/5
- JIT (v15+)
- jit_functions
- jit_generation_time
- etc
pg_stat_statements apporte des statistiques sur les durées d’optimisation via JIT. Toutes les informations fournies par un EXPLAIN ANALYZE sont disponibles dans cette vue. Cette métrique peut être intéressante pour comprendre si JIT améliore bien la durée d’exécution des requêtes. En effet, le JIT pose parfois problème pour les charges OLTP et est très fréquemment désactivé par défaut. Liste des colonnes disponibles:
- jit_functions
- jit_generation_time
- jit_inlining_count
- jit_inlining_time
- jit_optimization_count
- jit_optimization_time
- jit_emission_count
- jit_emission_time
Toutes ces colonnes ne sont disponibles qu’à partir de la version 15.
7.8.9 Requêtes bloquées
- Vue pg_stat_activity
- colonnes wait_event et wait_event_type
- Vue pg_locks
- colonne granted
- colonne waitstart
- Fonction pg_blocking_pids
Lors de l’exécution d’une requête, le processus chargé de cette exécution va tout d’abord récupérer les verrous dont il a besoin. En cas de conflit, la requête est mise en attente. Cette attente est visible à deux niveaux:
- au niveau des sessions, via les colonnes wait_event et wait_event_type de la vue pg_stat_activity ;
- au niveau des verrous, via la colonne granted de la vue pg_locks .
C’est une vue globale à l’instance: \d pg_locks
Vue « pg_catalog.pg_locks »
| Colonne | Type | … | NULL-able | Par défaut |
|---|---|---|---|---|
| locktype | text | |||
| database | oid | |||
| relation | oid | |||
| page | integer | |||
| tuple | smallint | |||
| virtualxid | text | |||
| transactionid | xid | |||
| classid | oid | |||
| objid | oid | |||
| objsubid | smallint | |||
| virtualtransaction | text | |||
| pid | integer | |||
| mode | text | |||
| granted | boolean | |||
| fastpath | boolean | |||
| waitstart | timestamp with time zone |
Il est ensuite assez simple de trouver qui bloque qui. Prenons par exemple deux sessions, une dans une transaction qui a lu une table:
id (0 rows)
La deuxième session cherche à supprimer cette table:
Elle se trouve bloquée. La première session ayant lu cette table, elle a posé pendant la lecture un verrou d’accès partagé ( AccessShareLock ) pour éviter une suppression ou une redéfinition de la table pendant la lecture. Les verrous étant conservés pendant toute la durée d’une transaction, la transaction restant ouverte, le verrou reste. La deuxième session veut supprimer la table. Pour réaliser cette opération, elle doit obtenir un verrou exclusif sur cette table, verrou qu’elle ne peut pas obtenir vu qu’il y a déjà un autre verrou sur cette table. L’opération de suppression est donc bloquée, en attente de la fin de la transaction de la première session. Comment peut-on le voir? tout simplement en interrogeant les tables pg_stat_activity et pg_locks.
Avec pg_stat_activity, nous pouvons savoir quelle session est bloquée:
| pid | query |
|---|---|
| 17396 | drop table t2; |
Pour savoir de quel verrou a besoin le processus 17396, il faut interroger la vue pg_locks:
| locktype | relation | pid | mode | granted |
|---|---|---|---|---|
| relation | 24581 | 17396 | AccessExclusiveLock | f |
Le processus 17396 attend un verrou sur la relation 24581. Reste à savoir qui dispose d’un verrou sur cet objet:
| locktype | relation | pid | mode | granted |
|---|---|---|---|---|
| relation | 24581 | 17276 | AccessShareLock | t |
Il s’agit du processus 17276. Et que fait ce processus? SELECT usename, datname, state, query
| usename | datname | state | query |
|---|---|---|---|
| postgres | postgres | idle in transaction | select * from t2 limit 1; |
Nous retrouvons bien notre session en transaction. En pratique, il est plus rapide d’utiliser la fonction pg_blocking_pids(), qui renvoie les PID des sessions bloquant une session particulière. SELECT pid, pg_blocking_pids(pid)
| pid | pg_blocking_pids |
|---|---|
| 17396 | {17276} |
Le processus 17276 bloque bien le processus 17396. La colonne waitstart de la vue pg_locks indique depuis combien de temps la session est en attente du verrou.
7.9 PROGRESSION DE CERTAINES COMMANDES
Opération Vue de suivi
VACUUM pg_stat_progress_vacuum ANALYZE pg_stat_progress_analyze CLUSTER pg_stat_progress_cluster VACUUM FULL pg_stat_progress_cluster CREATE INDEX pg_stat_progress_create_index BASE BACKUP pg_stat_progress_basebackup COPY pg_stat_progress_copy
Il est possible de suivre l’exécution d’un VACUUM par l’intermédiaire de la vue pg_stat_progress_vacuum. Elle contient une ligne par VACUUM en cours d’exécution. Voici un exemple de son contenu:
TABLE pg_stat_progress_vacuum \gx
| -[ RECORD 1 ]——+————-pid | 2603780 |
|---|---|
| datid | 1308955 |
| datname | pgbench_100 |
| relid | 1308962 |
| phase | scanning heap |
| heap_blks_total | 163935 |
| heap_blks_scanned | 3631 |
| heap_blks_vacuumed | 0 |
| index_vacuum_count | 0 |
| max_dead_tuple_bytes | 67108864 |
| dead_tuple_bytes | 0 |
| num_dead_item_ids | 0 |
| indexes_total | 0 |
| indexes_processed | 0 |
| delay_time | 0 |
Dans cet exemple, le VACUUM exécuté par le PID 4299 a parcouru 86 665 blocs (soit 68 % de la table), et en a traité 86 664. Noter que le suivi du VACUUM dans les index (les deux derniers champs) nécessite au moins PostgreSQL 17. C’est souvent la partie la plus longue d’un VACUUM. Au fil des versions de PostgreSQL, sont apparues des vues similaires pour suivre les ordres ANALYZE, VACUUM FULL, CLUSTER, les (ré)indexations, les base backups (par exemple avec pg_basebackup ), ou des insertions avec COPY. Ces vues n’affichent que les opérations en cours, elles n’historisent rien. Si aucun de ces ordres n’est en cours, elles n’afficheront rien.
7.10 PROGRESSION D’UNE REQUÊTE
- Hélas, non
Hélas, PostgreSQL ne permet pas suivre le déroulement d’une requête. Même avec auto_explain, il faut attendre sa fin pour avoir le plan d’exécution. Cette lacune est effectivement gênante. Il existe des extensions ou projets plus ou moins expérimentaux, ou avec un impact notable en performance.
7.11 SURVEILLER LES ÉCRITURES
- Quelle quantité de données sont écrites?
- Quel canal d’écriture est utilisé ?
7.11.1 Trace des checkpoints
- log_checkpoints = on
- Affiche des informations à chaque checkpoint :
- mode de déclenchement
- volume de données écrits
- durée du checkpoint
- Trace exploitable par des outils tiers
Le paramètre log_checkpoints, lorsqu’il est actif, permet de tracer les informations liées à chaque checkpoint déclenché. PostgreSQL va produire une trace de ce type pour un checkpoint déclenché par checkpoint_timeout:
sync files=9, longest=0.004 s, average=0.001 s; distance=464 kB,
Un outil comme pgBadger peut exploiter ces informations.
7.11.2 Vues pg_stat_bgwriter & pg_stat_checkpointer
- pg_stat_bgwriter
- pg_stat_checkpointer (v17)
- Activité des écritures dans les fichiers de données
- Visualisation du volume d’allocations et d’écritures
Cette vue ne comporte qu’une seule ligne. pg_stat_bgwriter stocke les statistiques d’écriture des buffers des background writer, et du checkpointer (jusqu’en version 16 incluse) et des sessions elles-mêmes. On peut ainsi voir si les backends écrivent beaucoup ou peu. À partir de PostgreSQL 17, apparaît pg_stat_checkpointer qui reprend
les champs sur les checkpoints et en ajoute quelques-uns. Cette vue permet de vérifier que les checkpoints sont réguliers, donc peu gênants. Exemple (version 17): TABLE pg_stat_bgwriter \gx
| -[ RECORD 1 ]—-+—————————–buffers_clean | 3004 |
|---|---|
| maxwritten_clean | 26 |
| buffers_alloc | 24399160 |
| stats_reset | 2024-11-05 15:12:27.556173+01 |
TABLE pg_stat_checkpointer \gx
| -[ RECORD 1 ]——-+—————————–num_timed | 685 |
|---|---|
| num_requested | 6 |
| num_done | 574 |
| restartpoints_timed | 0 |
| restartpoints_req | 0 |
| restartpoints_done | 0 |
| write_time | 2366888 |
| sync_time | 9718 |
| buffers_written | 27684 |
| slru_written | 1088 |
| stats_reset | 2026-03-12 21:12:49.178085+01 |
Certaines colonnes indiquent l’activité du checkpointer, afin de vérifier que celui-ci effectue surtout des écritures périodiques, donc bien lissées dans le temps. Les deux premières colonnes notamment permettent de vérifier que la configuration de max_wal_size n’est pas trop basse par rapport au volume d’écriture que subit la base.
- checkpoints_timed : nombre de checkpoints déclenchés par checkpoint_timeout (périodiques);
- checkpoints_req : nombre de checkpoints déclenchés par atteinte de max_wal_size , donc sous forte charge;
- checkpoint_write_time : temps passé par le checkpointer à écrire des données ;
- checkpoint_sync_time : temps passé à s’assurer que les écritures ont été synchronisées sur disque lors des checkpoints.
Le background writer est destiné à nettoyer le cache de PostgreSQL en complément du checkpointer, pour éviter que les backends (processus clients) écrivent eux-mêmes, faute de bloc libérable dans le cache. Il allège aussi la charge du checkpointer. Il a des champs dédiés:
- buffers_checkpoint : nombre de blocs écrits par checkpointer ;
- buffers_clean : nombre de blocs écrits par le background writer ;
- maxwritten_clean : nombre de fois où le background writer s’est arrêté pour avoir atteint la limite configurée par bgwriter_lru_maxpages ;
- buffers_backend : nombre de blocs écrits par les processus backends (faute de buffer disponible en cache);
- buffers_backend_fsync : nombre de blocs synchronisés par les backends;
- buffers_alloc : nombre de blocs alloués dans les shared buffers.
Les colonnes buffers_clean (à comparer à buffers_checkpoint et buffers_backend ) et maxwritten_clean permettent de vérifier que la configuration est adéquate: si maxwritten_clean augmente fortement en fonctionnement normal, c’est que le paramètre bgwriter_lru_maxpages l’empêche de libérer autant de buffers qu’il l’estime nécessaire (ce paramètre sert de garde-fou). Dans ce cas, les backends vont se mettre à écrire eux-mêmes sur le disque et buffers_backend va augmenter. Ce dernier cas n’est pas inquiétant s’il est ponctuel (gros import), mais ne doit pas être fréquent en temps normal, toujours dans le but de lisser les écritures sur le disque. Il faut toutefois prendre tout cela avec prudence: une session qui modifie énormément de blocs n’aura pas le droit de modifier tout le contenu du cache disque, elle sera cantonnée à une toute petite partie. Elle sera donc obligée de vider elle-même ses buffers. C’est le cas par exemple d’une session chargeant un volume conséquent de données avec COPY. Toutes ces statistiques sont cumulatives. Le champs stats_reset indique la date de remise à zéro de cette vue. Pour demander la réinitialisation, utiliser:
7.12 SURVEILLER L’ARCHIVAGE ET LA RÉPLICATION
- Sauvegarde PITR & log shipping :
- pg_stat_archiver
- Réplication :
- pg_stat_replication
- pg_stat_database_conflicts
7.12.1 pg_stat_archiver
- Bon fonctionnement de l’archivage
- Quand et combien d’erreurs d’archivages se sont produites
Cette vue ne comporte qu’une seule ligne.
- archived_count : nombre de WAL archivés;
- last_archived_wal : nom du dernier fichier WAL dont l’archivage a réussi;
- last_archived_time : date du dernier archivage réussi;
- failed_count : nombre de tentatives d’archivages échouées ;
- last_failed_wal : nom du dernier fichier WAL qui a rencontré des problèmes d’archivage;
- last_failed_time : date de la dernière tentative d’archivage échouée ;
- stats_reset : date de remise à zéro de cette vue statistique.
Cette vue peut être spécifiquement remise à zéro par l’appel à la fonction pg_stat_reset_shared(‘archiver’). On peut facilement s’en servir pour déterminer si l’archivage fonctionne bien: SELECT case WHEN (last_archived_time > last_failed_time) THEN ‘OK’ ELSE ‘KO’ END FROM pg_stat_archiver;
7.12.2 pg_stat_replication & pg_stat_database_conflicts
- pg_stat_replication :
- État des serveurs secondaires (streaming)
- Mesure du lag
- pg_stat_database_conflicts :
- nombre de conflits de réplication
- par type
pg_stat_replication permet de suivre les différentes étapes de la réplication.
select * from pg_stat_replication \gx
| -[ RECORD 1 ]—-+—————————–pid | 16028 |
|---|---|
| usesysid | 10 |
| usename | postgres |
| application_name | secondaire |
| client_addr | 192.168.74.16 |
| client_hostname | NULL |
| client_port | 52016 |
| backend_start | 2019-10-28 19:00:16.612565+01 |
| backend_xmin | NULL |
| state | streaming |
| sent_lsn | 0/35417438 |
| write_lsn | 0/35417438 |
| flush_lsn | 0/35417438 |
| replay_lsn | 0/354160F0 |
| write_lag | 00:00:00.002626 |
| flush_lag | 00:00:00.005243 |
| replay_lag | 00:00:38.09978 |
| sync_priority | 1 |
| sync_state | sync |
| reply_time | 2019-10-28 19:04:48.286642+0 |
- pid : numéro de processus du backend discutant avec le serveur secondaire;
- usesysid , usename : OID et nom de l’utilisateur utilisé pour se connecter en streaming replication;
- application_name : application_name de la chaîne de connexion du serveur secondaire; Peut être paramétré dans le paramètre primary_conninfo du serveur secondaire, surtout utilisé
dans le cas de la réplication synchrone;
- client_addr : adresse IP du secondaire (s’il n’est pas sur la même machine, ce qui est vraisemblable);
- client_hostname : nom d’hôte du secondaire (si log_hostname à on ) ;
- client_port : numéro de port TCP auquel est connecté le serveur secondaire;
- backend_start : timestamp de connexion du serveur secondaire
- backend_xmin : l’horizon xmin renvoyé par le standby;
- state : startup (en cours d’initialisation), backup (utilisé par pg_basebackup ), catchup (étape avant streaming, rattrape son retard), streaming (on est dans le mode streaming, les
nouvelles entrées de journalisation sont envoyées au fil de l’eau);
- sent_lsn : l’adresse jusqu’à laquelle on a envoyé le contenu du WAL à ce secondaire;
- write_lsn l’adresse jusqu’à laquelle ce serveur secondaire a écrit le WAL sur disque ;
- flush_lsn : l’adresse jusqu’à laquelle ce serveur secondaire a synchronisé le WAL sur disque (l’écriture est alors garantie);
- replay_lsn : l’adresse jusqu’à laquelle le serveur secondaire a rejoué les informations du WAL (les données sont donc visibles jusqu’à ce point, par requêtes, sur le secondaire);
- write_lag : durée écoulée entre la synchronisation locale sur disque et la réception de la notification indiquant que le standby l’a écrit (mais ni synchronisé ni appliqué) ;
- flush_lag : durée écoulée entre la synchronisation locale sur disque et la réception de la notification indiquant que le standby l’a écrit et synchronisé (mais pas appliqué) ;
- replay_lag : durée écoulée entre la synchronisation locale sur disque et la réception de la notification indiquant que le standby l’a écrit, synchronisé et appliqué ;
- sync_priority : dans le cas d’une réplication synchrone, la priorité de ce serveur (un seul est synchrone, si celui-ci tombe, un autre est promu). Les 3 valeurs 0 (asynchrone), 1 (synchrone)
et 2 (candidat) sont traduites dans sync_state;
- reply_time : date et heure d’envoi du dernier message de réponse du standby.
pg_stat_database_conflicts suit les conflits entre les données provenant du serveur principal et les sessions en cours sur le secondaire: \d pg_stat_database_conflicts
Vue « pg_catalog.pg_stat_database_conflicts »
| Colonne | Type | Collationnement | NULL-able | Par défaut |
|---|---|---|---|---|
| datid | oid | |||
| datname | name | |||
| confl_tablespace | bigint | |||
| confl_lock | bigint | |||
| confl_snapshot | bigint | |||
| confl_bufferpin | bigint | |||
| confl_deadlock | bigint |
- datid , datname : l’OID et le nom de la base;
- confl_tablespace : requêtes annulées pour rejouer un DROP TABLESPACE ;
- confl_lock : requêtes annulées à cause de lock_timeout ;
- confl_snapshot : requêtes annulées à cause d’un snapshot (instantané) trop vieux ; dû à des données supprimées sur le primaire par un VACUUM, rejouées sur le secondaire et y supprimant
des données encore nécessaires pour des requêtes (on peut faire disparaître totalement ce cas en activant hot_standby_feedback );
- confl_bufferpin : requêtes annulées à cause d’un buffer pin , c’est-à-dire d’un bloc de cache mémoire en cours d’utilisation dont avait besoin la réplication. Ce cas est extrêmement
rare: il faudrait un buffer pin d’une durée comparable à max_standby_archive_delay ou max_standby_streaming_delay. Or ceux-ci sont par défaut à 30 s, alors qu’un buffer pin dure quelques microsecondes;
- confl_deadlock : requêtes annulées à cause d’un deadlock entre une session et le rejeu des transactions (toujours au niveau des buffers). Hautement improbable aussi.
Il est possibe de tracer toute attente due à un conflit de réplication en activant le paramètre log_recovery_conflict_waits.
7.13 OUTILS D’ANALYSE
- Différents outils existent autour de PostgreSQL
- Outils d’analyse occasionnel :
- pg_activity
- Outils d’analyse des traces :
- pgBadger
- Outils d’analyse des statistiques :
- pgCluu, pg_stat_statements , PoWA
Différents outils d’analyse sont apparus pour superviser les performances d’un serveur PostgreSQL. Ce sont généralement des outils développés par la communauté, mais qui ne sont pas intégrés au moteur. Par contre, ils utilisent les fonctionnalités du moteur.
7.13.1 pg_activity
- top pour PostgreSQL
- Libre, script en python
- Affiche :
- les requêtes en cours
- les sessions bloquées
- les sessions bloquantes
- https://github.com/dalibo/pg_activity/
pg_activity est un projet libre qui apporte une fonctionnalité équivalent à top, mais appliqué à PostgreSQL. Il affiche trois écrans qui affichent chacun les requêtes en cours, les sessions bloquées et les sessions bloquantes, avec possibilité de tris, de changer le délai de rafraîchissement, de mettre en pause, d’exporter les requêtes affichées en CSV, etc…
Pour afficher toutes les informations, y compris au niveau système, l’idéal est de se connecter en root et superutilisateur postgres:
7.13.2 pgBadger
- Script Perl
- Traite les journaux applicatifs
- Recherche des informations sur les requêtes
- Génération d’un rapport HTML très détaillé
- https://pgbadger.darold.net/
pgBadger est un projet sous licence BSD très actif. Le site officiel se trouve sur https://pgbadger.darold.net/. Voici une liste des options les plus utiles:
- –top : nombre de requêtes à afficher, par défaut 20
- –extension : format de sortie (html, text, bin, json ou tsung)
- –dbname : choix de la base à analyser
- –prefix : permet d’indiquer le format utilisé dans les logs.
7.13.3 pgCluu
- Outils de collectes de métriques de performances
- https://github.com/darold/pgcluu
- génère un rapport HTML complet
- Différents aspects mesurés :
- informations sur le système
- consommation des ressources CPU, RAM, I/O
- utilisation de la base de données
7.13.4 PostgreSQL Workload Analyzer
- Objectif : identifier les requêtes coûteuses
- sans devoir accéder aux logs
- quasi en temps-réel
- Background worker
- dépendant de pg_stat_statements
- https://github.com/powa-team
Aucune historisation n’est en effet réalisée par pg_stat_statements. PoWA a été développé pour
combler ce manque et ainsi fournir un outil équivalent à AWR d’Oracle, permettant de connaître l’activité du serveur sur une période donnée. Sur l’instance de production de Dalibo, la base de données PoWA occupe moins de 300 Mo sur disque, avec les caractéristiques suivantes:
- 10 jours de rétention
- fréquence de capture : 1 min
- 17 bases de données
- 45263 requêtes normalisées
- dont ~28 000 COPY , ~11 000 LOCK
- dont 5048 requêtes applicatives
7.14 CONCLUSION
- Un système est pérenne s’il est bien supervisé
- Les systèmes de supervision automatique ont souvent besoin d’être complétés
- PostgreSQL fourni énormément d’indicateurs utiles à la supervision
- Les outils de supervision ponctuels sont utiles pour rapidement diagnostiquer l’état d’un serveur
Une bonne politique de supervision est la clef de voûte d’un système pérenne. Pour cela, il faut tout d’abord s’assurer que les traces et les statistiques soient bien configurées. Ensuite, s’intéresser à la métrologie et compléter ou installer un système de supervision avec des indicateurs compréhensibles.
7.14.1 Questions
N’hésitez pas, c’est le moment!
7.15 QUIZ
7.16 TRAVAUX PRATIQUES : ANALYSE DE TRACES AVEC PGBADGER
7.16.1 Installation
But: Installation & utilisation de pgBadger
7.16.1.1 Installer pgBadger
On peut installer pgBadger soit depuis les dépôts du PGDG, soit depuis le site de l’auteur https://pgbadger.darold.net/. Le plus simple reste le dépôt du PGDG associé à la distribution:
Comme Gilles Darold fait évoluer le produit régulièrement, il n’est pas rare que le dépôt Github soit plus à jour, et l’on peut préférer cette source. La release 11.8 est la dernière au moment où ceci est écrit.
Dans le répertoire pgbadger-11.8, il n’y a guère que le script pgbadger dont on ait besoin, et que l’on placera par exemple dans /usr/local/bin.
On peut même utiliser un simple git clone du dépôt. Il n’y a pas de phase de compilation.
7.16.1.2 Récupérer les traces à analyser
Elles sont disponibles sur: https://public.dalibo.com/workshop/workshop_supervision/logs_postgresql.tgz. L’archive contient 9 fichiers de traces de 135 Mo chacun:
135M postgresql-11-main.1.log 135M postgresql-11-main.2.log 135M postgresql-11-main.3.log 135M postgresql-11-main.4.log 135M postgresql-11-main.5.log 135M postgresql-11-main.6.log 135M postgresql-11-main.7.log 135M postgresql-11-main.8.log 135M postgresql-11-main.9.log
7.16.2 Générer et étudier des rapports pgBadger
But: Apprendre à générer et analyser des rapports pgBadger.
7.16.2.1 Premier rapport
Créer un premier rapport sur le premier fichier de traces: pgbadger -j 4 postgresql-11-main.1.log.
Lancer tout de suite en arrière-plan la création du rapport complet: pgbadger -j 4 –outfile rapport_complet.html postgresql-11-main.*.log
Pendant ce temps, ouvrir le fichier out.html dans votre navigateur. Parcourir les différents onglets et graphiques. Que montrent les onglets Connections et Sessions?
Que montre l’onglet Checkpoints?
Que montre l’onglet Temp Files?
Que montre l’onglet Vacuums?
Que montre l’onglet Locks?
Que montre l’onglet Queries?
Que montre l’onglet Top dans Time consuming queries et Normalized slowest queries? Quelle est la différence entre les différents ensembles de requêtes présentés?
7.16.2.2 Étude du rapport complet
Une fois la génération de rapport_complet.html terminée, l’ouvrir. Chercher à quel moment et sur quelle base sont apparus principalement des problèmes d’attente de verrous.
Créer un rapport rapport_bank.html ciblé sur les 5 minutes avant et après 16h50, pour cette base de données. Retrouver les locks et identifier la cause du verrou dans les requêtes les plus lentes.
Nous voulons connaître plus précisément les requêtes venant de l’IP 192.168.0.89 et avoir une vue plus fine des graphiques. Créer un rapport rapport_host_89.html sur cette IP avec une moyenne par minute.
7.16.2.3 Mode incrémental de pgBadger
Créer un rapport incrémental (sans HTML) dans /tmp/incr_report à partir du premier fichier avec: pgbadger -j 4 -I –noreport -O /tmp/incr_report/ postgresql-11-main.1.log Que contient le répertoire?
Quelle est la taille de ce rapport incrémental?
Ajouter les rapports incrémentaux avec le rapport HTML sur les 2 premiers fichiers de traces. Quel rapport obtient-on?
7.17 TRAVAUX PRATIQUES : ANALYSE DE TRACES AVEC PGBADGER
(SOLUTION)
7.17.1 Installation
Voir l’énoncé plus haut.
7.17.2 Générer et étudier des rapports pgBadger
7.17.2.1 Premier rapport
Créer un premier rapport sur le premier fichier de traces: pgbadger -j 4 postgresql-11-main.1.log.
Nous allons commencer par créer un premier rapport à partir du premier fichier de logs. L’option -j est à fixer à votre nombre de processeurs:
Le fichier de rapport out.html est créé dans le répertoire courant. Avant de l’ouvrir dans le navigateur, lançons la création du rapport complet:
Lancer tout de suite en arrière-plan la création du rapport complet: pgbadger -j 4 –outfile rapport_complet.html postgresql-11-main.*.log
La ligne de commande suivante génère un rapport sur tous les fichiers disponibles:
Pendant ce temps, ouvrir le fichier out.html dans votre navigateur. Parcourir les différents onglets et graphiques. Que montrent les onglets Connections et Sessions?
On peut observer dans les sections Connections et Sessions un nombre de sessions et de connexions proches. Chaque session doit ouvrir une nouvelle connexion. Ceci est assez coûteux, un processus et de la mémoire devant être alloués. Que montre l’onglet Checkpoints?
La section Checkpoints indique les écritures des checkpointers et background writer. Ils ne s’apprécient que sur une durée assez longue.
Que montre l’onglet Temp Files?
La section Temp Files permet, grâce au graphique temporel, de vérifier si un ralentissement de l’instance est corrélé à un volume important d’écriture de fichiers temporaires. Le rapport permet également de lister les requêtes ayant généré des fichiers temporaires. Suivant les cas, on pourra tenter une optimisation de la requête ou bien un ajustement de la mémoire de travail, work_mem.
Que montre l’onglet Vacuums?
La section Vacuums liste les différentes tables ayant fait l’objet d’un VACUUM.
Que montre l’onglet Locks?
Le section Locks permet d’obtenir les requêtes normalisées ayant le plus fait l’objet d’attente sur verrou. Le rapport pgBadger ne permet pas toujours de connaître la raison de ces attentes. Que montre l’onglet Queries?
La section Queries fournit une connaissance du type d’activité sur chaque base de données: application web, OLTP, data warehouse. Elle permet également, si le paramètre log_line_prefix le précise bien, de connaître la répartition des requêtes selon la base de données, l’utilisateur, l’hôte ou l’application. Que montre l’onglet Top dans Time consuming queries et Normalized slowest queries? Quelle est la différence entre les différents ensembles de requêtes présentés?
La section Top est très intéressante. Elle permet de lister les requêtes les plus lentes unitairement, mais surtout celles ayant pris le plus de temps, en cumulé et en moyenne par requête. Avoir fixé le paramètre log_min_duration_statement à 0 permet de lister toutes les requêtes exécutées. Une requête peut ne mettre que quelques dizaines de millisecondes à s’exécuter et sembler unitairement très rapide. Mais si elle est lancée des millions de fois par heure, elle peut représenter une charge très conséquente. Elle est donc la première requête à optimiser. Par comparaison, une grosse requête lente passant une fois par jour participera moins à la charge de la machine, et sa durée n’est pas toujours réellement un problème.
7.17.2.2 Étude du rapport complet
Une fois la génération de rapport_complet.html terminée, l’ouvrir. Chercher à quel moment et sur quelle base sont apparus principalement des problèmes d’attente de verrous.
La vue des verrous nous informe d’un problème sur la base de données bank vers 16h50.
Créer un rapport rapport_bank.html ciblé sur les 5 minutes avant et après 16h50, pour cette base de données.
Retrouver les locks et identifier la cause du verrou dans les requêtes les plus lentes.
Nous allons réaliser un rapport spécifique sur cette base de données et cette période:
postgresql-11-main.*.log
L’onglet Top affiche moins de requête, et la requête responsable du verrou de 16h50 saute plus rapidement aux yeux que dans le rapport complet:
Nous voulons connaître plus précisément les requêtes venant de l’IP 192.168.0.89 et avoir une vue plus fine des graphiques. Créer un rapport rapport_host_89.html sur cette IP avec une moyenne par minute.
Nous allons créer un rapport en filtrant par client et en calculant les moyennes par minute (le défaut est de 5):
–average 1 postgresql-11-main.*.log
Il est également possible de filtrer par application avec l’option –appname.
7.17.2.3 Mode incrémental de pgBadger
Les fichiers de logs sont volumineux. On ne peut pas toujours conserver un historique assez important. pgBadger peut parser les fichiers de log et stocker les informations dans des fichiers binaires. Un rapport peut être construit à tout moment en précisant les fichiers binaires à utiliser.
Créer un rapport incrémental (sans HTML) dans /tmp/incr_report à partir du premier fichier avec: pgbadger -j 4 -I –noreport -O /tmp/incr_report/ postgresql-11-main.1.log Que contient le répertoire?
Le résultat est le suivant:
/tmp/incr_report
3 directories, 5 files
Le fichier LAST_PARSE stocke la dernière ligne analysée:
2018-11-12 16:36:39 141351476 2018-11-12 16:36:39 CET [17303]: user=banquier,
Dans le cas d’un fichier de log en cours d’écriture, pgBadger commencera son analyse suivante à partir de cette date. Quelle est la taille de ce rapport incrémental?
Le fichier postgresql-11-main.1.log occupe 135 Mo. On peut le compresser pour le réduire à 7 Mo. Voyons l’espace occupé par les fichiers incrémentaux de pgBadger:
340K /tmp/incr_report/
On pourra reconstruire à tout moment les rapports avec la commande:
Ce mode permet de construire des rapports réguliers, journaliers et hebdomadaires. Vous pouvez vous référer à la documentation 8 pour en savoir plus sur ce mode incrémental.
Ajouter les rapports incrémentaux avec le rapport HTML sur les 2 premiers fichiers de traces. Quel rapport obtient-on?
Il suffit d’enlever l’option –noreport:
[========================>] Parsed 282702952 bytes of 282702952 (100.00%), queries: 7738842, events: 33
Les rapports obtenus sont ici quotidiens et hebdomadaires:
/tmp/incr_report
8 http://pgbadger.darold.net/documentation.html#INCREMENTAL-REPORTS